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Full text of "Journal asiatique"

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JOURNAL  ASIATIQUE 


DIXIEME   SERIE 

TOME  Vlll 


JOURNAL  ASIATIQUE 

ou 

RECUEIL  DE  MÉMOIRES 

D'EXTRAITS  ET  DE  NOTICES 

RELATIFS   À   L'HISTOIRE,  À  LA  PHILOSOPHIE,  AUX  LANGUES 
ET  À  LA  LITTÉRATURE    DES  PEUPLES   ORIENTAUX 

BBDIOÉ 

PAR  HM.  BARBIER  DE  MBÏNABD,   A.  BAHTH  ,  R.    BASSET 

CHAVANNES,     CLEBMONT  -  GANNEAU,     HALÉVT,    HOUDAS  ,      MASPERO 

RUBENS   DUVAL,    É.  SENART,  ETC. 

ET  PUBLIÉ  PAR  LA  SOCIÉTÉ  ASIATIQUE 


DIXIEME   SERIE 
TOME   VIII 


P 
PARIS 

IMPRIMERIE    NATIONALE 


ERNEST  LEROUX,  EDITEUR 

RUE  BONAPARTE,  28 


MDCCCCVI 


V3 


JOURNAL  ASIATIQUE. 

JUILLET-AOÛT  1906. 
PROCÈS-VERBAL 

DE   LA  SÉANCE  GÉNÉRALE  DU  14  JUIN  1906. 


La  séance  est  ouverte  à  3  heures,  sous  la  prési- 
dence de  M.  Senart,  vice-président. 

Etaient  présents  : 

MM.  Barïh,  Basmadjian,  Bourdais,  Bouvat, 
Cabaton,  J.-B.  Chabot,  Cœdès,  Combe,  Dussaud, 
R.  DuvAL,  Fajtlovitch ,  FiNOT,  FossEY,  Galbrun  , 
Gaudefroy-Demombynes  ,  Graffin,  Ismaël  Hamet, 
HouDAs,  Huart,  Labourt,  Lanm an  ,  Isidore  Lévy, 
Macler  ,  Meillet,  Moret,  Thureau-Dangin  ,  membres  : 
Halévy,  secrétaire  adjoint. 

M.  Senart  exprime  à  l'Assemblée  les  regrets  de 
M.  Barbier  de  Meynard,  président  de  la  Société, 
obligé  de  prendre  quelques  jours  de  repos  avant  les 
examens  qu'il  doit  présider  à  l'Ecole  des  Langues 
orientales. 

Il  rappelle  les  deux  pertes  très  sensibles  qu'a  faites 
le  Conseil  au  courant  de  l'année  dans  la  personne 
de  MM.  Oppert  et  Specht.  M.  Barbier  de  Mey- 
nard a  déjà  rendu  un  juste  hommage  h  nos  deux 


6  .lUILLFTT-AOlVr   l'M)(>. 

confrères.  H  faut  qiie  leurs  noms  soient  prononcés 
dans  cette  séance  annuelle,  et  qu'aussi  la  Société  soit 
associée  tout  entière  aux  regrets  que  laissent  parmi 
nous  deux  hommes  qui,  à  des  titres  divers,  ont  h'wu 
mérité  de  la  science  et  de  notre  Société. 

Le  procès-verbal  de  la  séance  amiuelie  du  1 5  juin 
1  9o5  est  lu  et  adopté. 

M.  RuBBNS  DuvAL  lit  le  rapport  de  la  Commission 
des  censeurs.  Des  remerciements  sont  votés  à  la  Com- 
mission des  fonds  et  aux  censeurs. 

Sont  reçus  membres  de  la  Société  : 

MM.  Destaing  (Edmond),  professeur  à  la  Médersa 
de  Tlemcen,  présenté  par  MM.  Barbi«'r 
de  Meynard  et  Basset; 
BKSsiîînES  (René),  élève  diplômé  de  l'Ecole 
du  Louvre,  présenté  par  MM.  Revillout 
et  lïuart. 

La  Société  autorise  l'érhang»'  du  Journal  nsinlùjnc 
avec  les  revues  : 

Anthropos,  deSalzbourg; 

Âteneo,  de  Madrid; 

Le  Monde  oriental ,  d'Upsal. 

Lecture  est  faite  ensuite  d'une  circulaire  annon- 
çant une  fête  cfui  sera  donnée  prochainement  à  I^eide 
à  l'occasion  du  70'  anniversaire  de  notre  éminent 
confrère,  M.  de  Goeje. 


SÉANCE  GÉNÉRALE.  7 

M.  FiNOT  iit  une  étude  sur  le  bouddhisme  en  Indo- 
Chine. 

M.  J.-B.  Chabot  lit  une  note  sur  les  jeux  d'esprit 
chez  les  Syriens.  Il  signale  divers  ouvrages  qui  appar- 
tiennent à  la  catégorie  des  récréations  intellectuelles 
et ,  en  particiilier,  quelques  anciens  recueils  d'énigmes 
composés  en  vue  de  remémorer  l'histoire  sainte  ou 
la  grammaire  aux  écoliers. 

Ces  deux  communications  seront  insérées  dans  le 
Journal  asiatique. 

li  est  ensuite  procédé  au  dépouillement  des  votes 
concernant  les  membres  sortants  du  bureau  et  du 
Conseil  qui  sont  tous  réélus.  Sont  nommés ,  en 
outre  : 

Membre  de  la  Commission  des  fonds,  M.  de  Ciia 
RENCEY,  en  remplacement  de  M.  Specht,  décédé; 

Membre  du  Conseil  pour  1906-1909,  MM.  Re- 
viLLOUT  et  Allotte  de  la  Fuye,  en  remplacement  de 
MM.  Oppert,  décédé,  et  Halévy,  nommé  secrétaire 
adjoint; 

Membres  du  Conseil  pour  1  906-1  907,  MM.  Meil- 
LET  et  Gaudefroy-Demombynes,  en  remplacement 
de  MM.  Huart  et  de  Charencey,  nommés  membres  de 
la  Commission  des  fonds. 

La  séance  est  levée  à  4  heures  et  demie. 


JUILLET-AOÛT  1906. 


RAPPORT 
DE   LA   COMMISSION    DES    CENSEURS 

SUR   LES  COMPTES  DB  LUNNËE    IQOS. 


Messiburs, 

Noire  Société  a  éprouvé  une  perte  sensible  par  la  mort 
survenue  au  coniniencement  de  cette  année  de  noire  regretté 
confrère  Specht,  qui  consacrait  les  loisirs  que  lui  laissaient 
ses  travaux  scientifiques  à  la  gestion  des  finances  de  notre 
Société.  Sa  mémoire  demeurera  vivante  en  nous;  nous  con- 
naissons tous  le  zèle  éclairé  et  infatigable  qu'il  mettait  à  rem- 
plir ses  (onctions.  La  douleur  que  sa  mort  nous  a  laissée  a 
été  atténuée  par  le  dévouement  dont  a  fait  preuve  son  suc- 
cesseur en  acceptant  une  charge  nouvelle  pour  lui.  Les  Cen- 
seurs se  plaisent  à  reconnaître  le  soin  scrupuleux  avec  lequel 
ont  été  rédigés  les  comptes  de  l'exercice  igoS  et  le  rap|)()i1 
de  la  Commission  des  fonds. 

Les  fmances  de  la  Société  se  maintiennent  dans  l'état  pros- 
père que  les  Censeurs  ont  eu  la  satisfaction  de  constater  jos- 
qu'ici  et  qui  est  dû  à  la  vigilance  de  la  Commission  des 
fonds.  Les  dépenses  et  les  recettes  de  igoS  sont  les  mêmes 
que  celles  des  années  précédentes,  sauf  quelques  différences 
portant  sur  les  articles  variables  par  leur  nature  même.  Les 
receltes  ordinaires  se  sont  élevées  à  a/i.ôyS  fr.  78,  offrant 
un  excédent  de  8' a 3a  francs  sur  les  dépenses  ordinaires  qui 
ont  été  de  1 6,346  fr.  20. 

Au  fonds  de  réserve  ont  été  portées  vingt  obligations  Nord 
nouvelles  qui  ont  coûté  9,602  fr.  55.  Cette  somme  a  été 
fournie  par  le  remboursement  s'élevanl  à  3, 5oo  francs  de  sept 
obligations  de  la  Compagnie  des  Wagons-Lits  sorties  au  ti- 


RAPPORT  DE  LA  COMMISSION  DES  CENSEURS.        <) 

rage,  et  par  les  fonds  libres  pour  le  complément,  soit 
6,002  fr.  55.  La  Commission,  en  achetant  des  valeurs  fran- 
çaises de  tout  repos ,  s'est  rangée  à  l'avis  exprimé  précédem- 
ment par  les  Censeurs  sur  ce  sujet. 

En  dehors  des  fonds  de  réserve ,  il  a  été  pris  sur  les  fonds 
disponibles  une  somme  de  2,4.00  francs  pour  les  publications 
scientifiques,  savoir  :  1,300  francs  pour  le  tome  V  de  la  tra- 
duction de  Sse-ma  Ts'ien  par  M.  Chavannes,  et  1,200  francs 
pour  la  publication  du  tome  l"  de  V Agnistoma  par  MM. 
V.  Henry  et  Caland. 

Après  ces  emplois,  il  restait  en  compte  courant  à  la  So- 
ciété générale,  au  3i  décembre  igoS,  une  somme  do 
1 2,7^8  fr.  85 ,  supérieure  au  reliquat  de  1 90/1 ,  qui  n'était  que 
do  9,5x8  fr.  82. 

Nous  vous  proposons.  Messieurs,  de  voter  des  remercie- 
ments à  la  Commission  des  fonds  et,  en  particulier,  à  notre 
confrère,  M.  Clément  Huart,  qui  a  bien  voulu  remplacer 
M.  Specht  dans  cette  délicate  fonction. 

R.  DUVAL.  0.  HOUDAS. 


10  JUILLET-AOÛT   1906. 


RAPPORT  DE  M.  CL.  HUART, 

AU  NOM  DB  LA  COMMISSION  DBS  FONDS, 

ET  COMPTES   DE   L'ANNÉE   1905. 


Messieurs, 

Le  conp  soudain  qui  a  i'rappé  la  Société  en  lui  enlevant  le 
membre  le  plus  actif  de  la  Commission  des  Tonds ,  en  nu^mc 
temps  (ju'il  nous  privait  d'un  savant  auquel  nous  unissaient 
les  liens  d'une  longue  ronlraternité,  n'a  pas  laissé  do  nous 
rauser  quelque  préoccupation.  Il  n'est  pas  toujours  aisé  de 
rcnq)lacer  ex  abrupto  un  confrère  dont  l'expérience  avisée 
était  des  plus  utiles  au  maniement  des  fonds  sociaux;  la  com- 
mission, en  établissant  les  comptes  de  l'année  190,^) ,  (|ue  nous 
pouvions  espérer  voir  M.  Specht  vous  présenter  lui-même, 
croit  avoir  été  fidèle  aux  traditions  qui  ont  fait  et  font  encore 
la  force  de  notre  association. 

Les  dépenses  sont  un  peu  plus  considérables  que  l'an  der- 
nier, car  nous  avons  eu  à  faire  face  aux  subventions  accordées 
à  la  publication  du  tome  I"de  l'/l^ni.v/oma  de  MM.  V.  Henry 
et  Caland  et  à  celle  du  tome  V  de  la  traduction  des  Mémoires 
de  Sse-maTs'ien  par  M.  Chavannes.  Les  a,4oo  francs  qui  ont 
facilité  l'édition  de  ces  deux  volumes  ont  porté  nos  dépenses 
à  16,346  fr.  ao.  En  revanche,  grâce  au  zèle  de  notre  li- 
braire, nous  avons  pu  toucher  le  montant  de  i56  cotisations 
et  en  récupérer  -Sa  d'arriérées.  La  vente  des  publications  est 
assez  faible  et  ne  s'élève  guère  qu'à  870  fr.  5o. 

Les  7  obligations  de  la  Compagnie  des  Wagons-Lits  que 
nous  possédions  sont  sorties  au  tirage  du  1"  avril  1906  et 
nous  ont  été  remboursées  par  3,5oo  francs.  Nous  avons  fait 
remploi  de  cette  somme  ainsi  que  d'un  certain  excédent ,  en 


RAPPORT  DE  LA  COMMISSION  DES  FONDS.  1 1 

achetant  20  obligations  de  la  Compagnie  des  Chemins  de 
fer  du  Nord  (nouvelles),  en  juillet  1906,  pour  la  somme 
de  g,5o2  fr.  55. 

Nos  recettes  s'élèvent  au  chiffre  total  de  a/i.ByS  fr.  78,  et 
l'encaisse  accusé  par  la  comptabilité  de  la  Société  générale 
au  3i  décembre  iQOÔ  se  monte  à  la  somme  de  la.y^S  fr.  85. 


12 


.lUILLKT-AOÛT  1906. 


COMPTES   I)H 


DEPENSES. 

Honoraires  du  Iil>raire,  pour  le  rccoiivrotnonl  îles  coli- 

sationit 60 A'  oo* 

Frais  d'envoi  du  Jijurnul  asiatiijw 893  00 

Port  de  lettres  et  de  paquets  rcriM 3a  85 

Frais  de  bareaa  du  libraire 1 3 1  3o 

Clich4^  d'après  estampages  et  impression  de  quittances.  la'i  10 


Honoraires  du  bibliolh^cairi' .... 
Honoraires  du  secrétaire-adjoint. 
Service  et  étrennes 


1,200  00     < 
i.'ioo  00 
i55  00 


ClianlTage,  éclairage,  frais  de  bnreau th'i  19 

Tlcliure  et    achat  de  livres  nouveaux    pour  compléter 

les  collections f>85  oh 

Souscription  à  divers  ouvrages 3,^00  00 

Contribution  mobilière  et  taxes  municipales 1)9  '•  7 

Contribution  des  portes  et  fenêtres 17  69 

Assurance  contre  rincendif ''7  9^     / 

Frais  d'impression  du  Journal  aiiatique  en  190.!^ 8,295  ^o     ) 

Indemnité  au  rédacteur  du  Journal  asiatique fioo  no     ) 


i.a84'35' 


6,079  ^^ 


Société  générale.  Droits  de  garde ,  timbres ,  etc. 


8,895  3o 

87  :<o 


Total  des  dépenses  de  1905 ir>,.3^6  :to 

AcbJl  de  20  obligations  Nord   nouvelles 9,5os    55 

Espèces  en  compte  courant  n  la  Société  générale  au  3i  décembre  1905.       1  2,7/18  85 


Ensemble 38,597  60 


RAPPORT  DE  LA  COMMISSION  DES  FONDS. 

/ANNÉE   1905. 


13 


RECETTES. 

1 56  cotisations  de  1906 k 

3  2  cotisations  ari-iérées 

1  cotisation  à  vie 

120  abonnements  au  Journal  asiatique 2 

Vente  des  publications  de  la  Société 

Intérêts  des  fonds  placés  : 

1°  Rente  sur  l'Etat  3  p.  0/0 1 

Legs  Sanguinetti  (eu  rente  3  p.  0/0) 

2°   3  0  obligations  de  l'Est  (3  p.  0/0) 

20  obligations  de  l'Est  (nouveau)  [3  p.  0/0].  .  . 

3°  60  obligalioiis  d'Orléans  (3  p.  0/0) 

4°  58  obligations  Lyon-fusion  (3  p.  0/0)  ancien.  . 
Go  obligations  —  —         nouveau. 

5"  60  obligations  de  l'Ouest 

6°   2  o  obligations  Nord 

20         — -  —  (  2°  semestre) 

7°  80  obligations  Crédit  foncier  i883  (3  p.  0/0). .    i 

8°  9  obligations  communales  1880 

y°  3o  obligations  Est-Algérien  (3  p.  0/0)  [nomin.]  . 
8         —  —  —         [au  port.]. 

1 0°  5o  obligations  Mécbéria 

11°  7  obligations  delà  Compagnie  des  Wagons-Lits 

(  1  "^  semestre  ) 

12°   1  obligation  des  Messageries  maritimes  ....... 

i3°  3  obligations  Omnium  russe  (A  p.  0^0) 

ik"  77    obligations    du   Crédit     foncier     égyptien 

(3   1/2  p.  0/0 ) 1 

j  5°  2  actions  du  Crédit  foncier  hongrois 

16°   1 5  obligations  de  la  Compagnie  du  gaz  et  eaux 

de  Tunis 

Intérêts    des    fonds  disponibles   déposés  à    la    Société 
générale 

Souscription  du  Ministère  de  l'instruction  publique ...    2 
Crédit  alloué  par  l'imprimerie  nationale  (pour  190 4) 
en  dégrèvement  des  frais  d'impression  du  Journal 
asiatique ' 'i 


,680' 

00" 

960 

00 

Aoo 

00 

,46o 

00 

370 

5o 

,800 

00 

3oo 

00 

269 

9'' 

288 

00 

86/1 

00 

782 

65 

810 

00 

86/1 

00 

269 

56 

i3/i 

78 

,107 

bo 

120 

54 

432 

00 

108 

08 

676 

20 

70 

00 

1-5 

96 

60 

00 

,347 

5o 

b2 

00 

'•77   5o 


58 

o5 

000 

00 

000 

00 

8,870'  5o' 


10,708  28 


5,000  00 


Total  des  recettes  de  1906 24,678  78 

Remboursement  de  7  obligations  de  la  C'"  des  Wagons-lits 3,5oo  00 

Deux  trimestres  de  1 904  de  la  souscription  du  Ministère  de  l'instruc- 
tion publique  toucliés  en  1905   et  figurant  néanmoins  au  compte 

de  1904 1,000  00 

Espèces  en   compte  courant  à  la  Société  générale  au  3 1  décembre  de 

l'année  précédente  (  1904) 9>5i8  82 


Total  égal  aux  dépenses  et  à  l'encaisse  au  3i  décembre  1906.. .     38,597  60 


14  JUILLET.AOÛT  1906. 

OUVRAGES  OFFERTS  X  LA  SOCIÉTÉ. 

Par  les  AvnTrns  : 

Ë.  von  ZambauR,  Contributions  à  la  numismatique  orientale ^ 
•À*  partie.  —  Vienne,  1906;  in-8'. 

—  KollektioH  Ernst  Prinz  ta  Winditch-Grdtz,  VU,  i.  — 
Vienne,  1906;  in-8". 

Cl.  Madrollb,  Les  Tai  de  la  frontière  sino-tonkinoise  [Ex- 
trait). —  Hanoï,  1906;  gr.  in-8*. 

Ch.  Clkumont-Gannkau  ,  Recueildarchéolotfie orientale ,\\\ , 
i3-i5.  —  Paris,  1906;  in-8*. 

Par  lm  ÉniTscBS  : 

Revue  critique,  io'  année,  n~  iS-ig-ao-ai-aa.  —  Paris, 

1906;  in-8'. 

Mark  Liuzrarski,  Ephemeris  fur  semiùsche  Epiffrupliie ,  11, 
j.  -  Giessen,  1906;  in-8*. 

M.-J.  DR  GoBJii,  Bibliotheca  Geographorum  Arabicoruni  ; 
111,  Descnptio  imperii  modemici,  aaotore  Al-Moqaddusi. 
Eclitio  secunda.  —  Lugduni  Batavoruiii,  1906;  in-8*. 

Polybiblion,  partie  littéraire  et  partie  technique,  mai 
1906.—  Paris,  1906;  in-8*. 

J.  DE  ZwAA\,  7^<f  Treatise  of  Dionysius  Bar  Salibhi  ayuinst 
ike  Jews.  Part    1.  The  Syriac  text.   —  Leiden,  1906;  in-8*. 

Le  Muséon,  nouvelle  série,  VU,  i-a.  —  Louvain,  1906; 
in-8''. 

C.-H.  Becker,  Papyri  Sekott-Heinhardl  I.  . .  mit  i9  Taftfht 
in  Lichtdruch-  —  Heidelberg,  igoC;  gr.  in-8". 

L.  Austine  Waodell,  lÀasa  and  ils  Mysteries.  —  London, 
s.  d.  ;  in-8*. 

Anthropos,  1,3.  —  Salzburg,  1906;  in-8*. 

Haoul  DE  LA  Grasserie,  De  la  catégorie  du  genre.  —  Paris, 
1906;  in-ia. 

Académie  des  Inscriptions  et  Belles-lettres.  Comptes  rendus  des 
Wa/icw,  janvier-février  1906.  —  Paris,  1906;  in-S". 


OUVRAGES  OFFERTS.  15 

Hugo  WiNCfcLKR,  Religionsgeschichtler  und  geschichtlicher 
Orient.  —  Leipzig,  1906;  in-8°. 

Bulletin  de  littérature  eccléiîaxtique ,  mai  190G.  —  Pai'is, 
1 906  ;  in-8°. 

The  Indian  Antiquary ,  March  1906.  —  Bombay,  1906; 
in-8". 

The  American  Journal  of  Philology,  XXVII,  1.  —  Balti- 
more, 1906;  in-8°. 

The  New- York  Review,  I,  1.  —  New- York,  1906,  in-8'. 

Le  Monde  oriental,  I,  i.  —  Uppsaia,  1906;  in-8°. 

Par  la  Sociiri  : 

Journal  asiatique,  janvier-février  1906.  —  Paris,  1906; 
in-8°. 

Memoirs  of  the  Asiatic  Society  of  Bengal,  I,  1-9.  —  Cal- 
cutta, 1906;  in-4.°. 

JivANJi  Jamshedji  Modi  ,  Asiatic  Papers.  —  Bombay,  igoS  ;    • 
in-8°. 

The  Pahlavi  Dinkard,  Book  VII,  lithographied  by  Ma- 
NOGKJi  RusTAMJi  Unvala.  —  Bombay,  190^;  in-4"- 

E.-S.  DE  Klergk,  De  Java-Oorlog  van  i825-iB30,  Vierde 
Deel.  —Batavia,  1906;  in-8''. 

Zeiischrift  der  Deutschen  Morgenlàndischen  Gesellschuft , 
LX,  1.  —  Leipzig,  1906;  in-8°. 

Recueil  de  notices  et  mémoires  de  la  Société  archéologique  da 
département  de  Constantine,  année  1905.  —  Constantine, 
i9o6,in-8°. 

Boletin  de  la  Sociedad  Geogràfica  de  Lima,  tomo  XVI.  — 
Lima^  1904,  in-8°. 

Journal  and  Proceedings  of  the  Asiatic  Society  of  Bengal, 
I,  5-1  o;  and  Extra  Number,  II,  i-3.  —  Calcutta,  1905- 
1906;  in-8°. 

Revue  africaine,  n'  260.  —  Alger,  1906;  in-8°. 

The  Geographical  Journal ,  June  1906.  —  London,  1906; 


Ifi  JUILLET-AOÛT  1906. 

La  Géographie,  XIII,  5.  —  Paris,  1906,  in-8*. 

O  Oriente  Portugaés,  III,  3-4-  —  Nova  Goa,  1906;  in-S". 

Transactions  of  tJie  Asiaiic  Society  of  Japan .  XXIll,  a.  — 
Tokio,  ic)o5;  iu-8°. 

Rendiconti  délia  Reale  Academia  deiLincei,  XIV,  ii-iu.  - 
Roina,  igoS;  in-8*. 

Par  le  MixfSTÈnB  ds  l  Instruction  publique 

KT  DIS  BkaDX-ARTS  : 

Balletin  da  Comité  historique,  année  1905,  n"  3.  —  Paris, 
1906;  in-S*. 

Journal  des  Savants,  mai  1906.  —  Paris,  1906,  in-8". 

Par  lk  Gouybrnbmbnt  esNBRAL  de  l'Algkrib  : 

Aiiou  Am  Ei.-GnAtTHi  BEN  MoiiAMMKu,  Kitùb  kochf  ol- 
kiniï  'an  âlât  as-sim^  (Traité,  en  arabe,  sur  les  instruments 
de  musique).  —  Alger,    190^;  in-8". 

Par  l'Université  db  Leide  : 

M.-J.  DE  GoEJE,  Bibliolheca  Geographorum  Arabicorum  : 
111,  Descriptio  imperii  moslemici,  auctore  Al-Mo(jaddasi. 
Editio  secunda.  —  Lugduni  Batavorum,  1906;  in-8°. 

Par  la  t  Bibliotbca  Nazion ale  GEirrRALE  »  de  Florence  : 

Bollettino  délie  pubblicazioni  italiune  ricevute  per  diritio  di 
slampu,  Num.  65.  —  Firenze,  1906;  in-8". 

Par  L'UrcivERsrrÉ  Saint-Josepu  à  Beyroutu  : 

Al-Machriq,  10*  année,  n°'  10-ii.  —Beyrouth,  1905; 
in-8'. 


TABLEAU  DU  CONSEIL  D'ADMINISTKATION.  17 


TABLEAU 

DU  CONSEIL  D'ADMINISTRATION 

CONFORMÉMENT    AU\    NOMINATIONS    FAITES    DANS    L'ASSEMBLEE    GÉnÉbaLë 
DU     là    JUIN     190G. 


PRESIDENT. 

M.  Barbier  de  Meynard. 

VICE-PRÉSIDENTS. 

MM.  E.  Senaht. 
Maspero. 

SEGRKTAIRE. 
M.    C1IAVANNES. 

SECRÉTAIRE  ADJOINT. 

M.  J.  Halévy. 

TRÉSORIER. 

M.  le  marquis  Meichior  de  Vogué. 

BIBLIOTHÉCAIRE. 

M.  L.  Bouvat. 

COMMISSION   DES    FONDS. 

MM.  Cleumont-Ganneau. 
Clément  Huart. 
de  Gharencey. 

CENSEURS. 

MM.  Rubens  Duval. 

HoUDAS. 


18 


JUILLET-AOÛT   1906. 


I^us  en  1906. 


COMMISSION   DU  JOURNAL. 

MM.  Barbier  de  Meynard,  E.  Senaut,  Maspero, 
Chavannes,  membres  de  droit;  — R.  Duval,  Houdas, 
A.  Bartu,  Sylvain  Lévi,  J.  Halévy,  membres  élus. 
mkmrres  du  conseil  élus  pour  trois  ans. 

MM. Michel  Bréal. 
Ph.  Berger. 
Houdas. 
Gordier. 

ViSSiÈRE. 

Perruchon. 
Revillout. 
Allotte  de  la  Fuye. 

V.  Henry. 

L.  FlNOT. 

Moïse  Scuwad. 

J.  ViNSON. 
GlIMET. 

J.-B.  Chabot. 
Rubens  Duval. 
Decourdemanche. 

Aymonier.  ^ 

A.  Barth. 

H.  Derenbourg. 

Sylvain  LÉvi. 

Carra  de  Vaux. 

FOUCHER. 

Meillet. 
Gaudei'uov-Demombynes 


Élus  en  1905. 


Élus  en  1904. 


LISTE  DES  MEMBRES.  19 


SOCIÉTÉ  ASIATIQUE. 


I 

LISTE  DES  MEMBRES  SOUSCRIPTEURS, 

PAR  ORDRE  ALPHABÉTIQUE 
A     LA     DATE     DU     3o     JUIN     1906. 

Nota.  Les  noms  marqués  d'un  *  sont  ceux  des  Membres  à  vie. 

Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres. 
MM.  Allaoua    BEN   Yaiiia,  interprète  judiciaire ,  à 
Inkermann  (département  d'Oran). 

Allotte  de  La  Fuye,  colonel  du  génie  en 
retraite,  rue  d'Anjou,  2  ,  à  Versailles. 

Alric  (A.),  consul  de  France,  à  Salonique 
(Turquie). 

Amélineau  (E.),  directeur -adjoint  à  l'Ecole 
pratique  des  hautes  études  (sciences  reli- 
gieuses), à  Chateaudim  (Eure-et-Loir). 

Andrews  (James  Brayn),  Reform  Club,  Pall 
Mail,  à  Londres. 

Arakelïan  (Hambartzoum),  membre  de  la 
Société  impériale  de  géographie,  à  Tiflis 
(Russie). 

Assier  de  PoMPfGNAN,  lieutenant  de  vaisseau, 
rue  de  Rennes,  7 5,  à  Paris  (vi"). 
*Aymonier  (Etienne),  résident  supérieur  hono- 


20  JUILLET-AOÛT  1906. 

raire,   membre  du  Conseil    supérieur   îles 
colonies,  rue  de  Berlin,   lo,  à  Paris  (ix*). 

MM.  Baillet  (J.),  rue  d'illiers,  35,  à  Orléans  (Loiret). 

Barbier  de  Meynard  (A.-C),  membre  de  l'In- 
stitut, professeur  au  Collège  de  France, 
administrateur  de  l'Koole  des  langues  orien- 
tales vivantes,  rue  de  Lille,  2 ,  à  Paris  (vn"). 

Barré  de  Lancy,  ministre  plénipotentiaire, 
rue  de  Caumartin,  3a  ,  à  Paris  (ix"). 

Barth  (Auguste),  membre  de  l'Institut,  rue 
Garancière,  10,  à  Paris  (vi*). 

Barthélémy  (Ad.),  secrétaire -interprète  du 
Gouvernement,  rue  de  Grenelle,  188,  à 
Paris  (vu"). 

Barthélémy  (ie  marquis  de),  explorateur,  pas- 
sage Stanislas,  /i,  à  Paris  (vi*). 

Basmadjian  (J.  Karapet),  directeur  de  la  Revue 
arménienne  Banaser,  boulevard  Roche- 
chouart,  1  1  2  ,  à  Paris  (xviii*). 

Basset  (René),  directeur  de  l'Ecole  supérieure 
des  lettres,  rue  Denfert-Rochereau,  20 ,  villa 
Louise,  à  Alger. 

Beauvais  (Jean- Joseph),  vice-consul  de  France, 
à  Hoi-Hao  (île  de  Haïnan,  via  Hong-Kong) 
[Chine]. 

Bel  (Alfred),  directeur  de  la  Médersa,  à 
Tlemcen  (département  d'Oran). 

Ben  Cheneb  (Mohammed),  professeur  à  la 
Médersa,  à  Alger. 


LISTE   DES  MEMBRES.  21 

MM.  Bénédite  (Georges),  conservateur  adjoint  au 
Musée  du  Louvre,  rue  du  Val-de-Grace ,  9, 
à  Paris  (v*). 

*  Berchem  (Max  van),  château  de  Crans,  près 

Genève  (Suisse). 

*  Berger  (Philippe),  membre  de  l'Institut,  séna- 

teur, professeur  au  Collège  de  France,  rue 
Le  Verrier,  5,  à  Paris  (vf). 
M"'    Berthet  (Marie) ,  rue  Boileau  ,75,3  Paris  (  xvi"). 
MM.  BessiÈres  (René),  élève  diplômé  de  l'Ecole  du 
Louvre ,  rue  du  F'aubourg- Poissonnière ,  1  5  5 , 
à  Paris  (ix^). 
Beylié  (Général  L.  de),  rue  Godot-de-Mauroi, 
26,  à  Paris  (ix"). 
Bibliothèque  Ambrosienne,  à  Milan  (Italie). 
Bibliothèque    de   l'Université,    à    Utrecht    (EIol- 

lande). 
Bibliothèque  ducale,  à  Gotha  (Allemagne). 
Bibliothèque  universitaire,  à  Alger. 
MM.  Blochet  (E.),  bibliothécaire  à  la  Bibhothèque 
nationale,  rue  du  Pré -aux -Clercs,   18,  à 
Paris  (vif). 
Blonay  (Godefroy  de),   château  de  Grandson 
(Vaud)  [Suisse]. 
*Bœll  (Paul),  publiciste,  rue  Servandoni,  1  1, 

à  Paris  (vf  ). 
*BoissiER  (Alfred),  Le  Rivage,    à  Chambésy, 
près  Genève  (Suisse). 
Bonaparte  (le  prince  Roland),  avenue  d'féna, 
10,  à  Paris  (xvf). 


n  wjillet-aoOt  iqoô. 

MM.  BoNET  (Jean),  professeur  à  l'École  des  langues 

orientales  vivantes,  avenue  de  Neuilly,  33, 

à  Neuilly  (Seine). 
BouRDAîs  (l'abbé),  rue  de  Bf1l"'"l^:i'ise,  lili,  à 

Paris  (vu"). 
*BouRQUiN  (D'  A.),  à  Denver  (Colorado)  [Klats- 

Unis]. 
BouvAT  (Lucien),  élève  diplômé  de  l'Ecole  des 

langues  orientales  vivantes,  rue  de  Seine, 

63,  à  Paris  (vi'). 
BoYER  (A.-M.),  rue  des  Saints-Pères,  56,  à 

Paris  (vil"). 
Bracco  (Charles),  explorateur  en  Orient,  Sze- 

chuen  Road,  8,  à  Shanghaï  (Chine). 
Bhéal  (Michel),  membre  de  l'Institut,  profes- 

spur  honoraire  au  Collège  de  France ,  boule- 
vard Saint-Michel,  87,  {\  Paris  (y*). 
BivôNNLB  (D'  P.),  73,  Burdett  Avenue ,  Wcst- 

cliff  on  Sea  (Angleterre). 
BuDGE  (E.-A.  Wallis).  litt.  1).  F.  S.  A.,  au  Brit- 

ish  Muséum ,  à  Londres. 
*BuRGEss  (James),  C.  S.  E.,  L.  L.  D.,  Seton 
Place,  2a,  à  Edimbourg  (Ecosse). 
M""    BuTENSCHŒN  (A.),  Martcnstorp ,  à  Kopparberg 

(Suède). 

MM.  Cabaton  (Antoine),  ancien  membre  de  l'Ecole 
française  d'Eixtrême- Orient,  attaché  à  la 
Bibliothèque  nationale,  rue  du  Cardinal- 
Lenioine,  67,  h  Paris  (v*). 


LISTE   DES   MEMBRES.  23 

MM.  Gadière  (Le  R.  P.),  missionnaire,  à  Quang- 
Tri  (Annam). 

Galassanti-Motylinski  (A.  de),  interprète  mili- 
taire de  i"  classe  hors  cadre,  professeur  h 
la  chaire  d'arabe ,  directeur  de  la  Médersa , 
à  Gonstantine  (Algérie). 

Gasanova  (Paul),  directeur  adjoint  de  l'Institut 
français  d'archéologie  orientale,   au  Gaire. 

Gastries  (le  comte  Henry  de)  ,  rue  Vaneau  ,20, 
à  Paris  (vif). 
*Ghabot   (M^'  Alphonse),   curé    de    Pithiviors 
(Loiret). 

*  Ghabot  (l'abbé  J.-B.  ) ,  rue  Glaude-Bernard ,  4 7 , 

à  Paris  (v''). 

Gharencey  (le  comte  de),  président  do  la  S&- 
ciété  philologique,  rue  de  l'Université,  -72, 
à  Paris-  (vn^). 

Chauvin  (Victor),  professeur  d'arabe  â  l'Uni- 
versité de  Liège  (Belgique). 

*  G11AVANNES  (Emmanuel-Edouard),  membre  de 

l'Institut,  professeur  au  GoUège  de  France,  rue 
des  Ecoles,  1,  à Fontenay-aux-Roses  (Seine). 
Ghwolso?^  (D'  D.-A.),  professeur  d'hébreu  à 
l'Université  de  Sainl-Pétersbourg. 

*  GiLLiÈRE  (Alphonse) ,  consul  général  de  France , 

à  Gonstantinople. 
GlaparÈde    (René),   au    Petit-Saconnex ,    près 

Genève  (Suisse). 
Glermont-Ganneau  (Gh.),  membre  de  l'Institut , 

ministre  plénipotentiaire  honoraire,  profes- 


24  JUILLET-AOÛT  1906. 

seur   au    Collège   de   France,    avenue    de 
l'Aima,  1,  à  Paris  (xvi*). 
MM.  CoEDÈs  (Georges),   boulevard  de  Courcelles, 
83,  à  Paris  (vni*). 

Colin  (D'  Gabriel),  professeur  d'arabe  au  Ly- 
cée ,  à  Alger. 

CoLiNBT  (Philippe),  professeur  à  l'Université, 
place  de  l'Université,  8,  àLouvain  (Belgique). 

Collège  français  de  Zi-Ka-Weï,  par  Shanghaï 
(Chine). 

Combe  (Etienne),  élève  de  l'Ecole  pratique  des 
hautes  études,  Pré-du-Marché ,  17,  à  Lau- 
sanne (Suisse). 
*CoRDiER    (Henri),    professeur   à   l'Ecole    des 
♦  langues  orientales  vivantes,  rue  Nicolo,  5/i , 

à  Paris  (xvi'). 

CoRDiER  (D'Palmyr),  médecin-major  de  2'  classe 
au  23*  régiment  d'infanterie  coloniale,  rue 
de  l'Abbé-de-l'Épée,  h ,  à  Paris  (v*). 

CouLBER,  commandant  en  retraite,  me  de 
l'Académie,  à  Bruges  (Belgique). 

Cour  (Auguste),  professeur  à  la  Médersa,  à 
Tlemcen  (département  d'Oran). 

Courant  (Maurice),  secrétaire -interprète  au 
Ministère  des  affaires  étrangères,  professeur 
près  la  Chambre  de  commerce  de  Lyon, 
maître  de  conférences  à  l'Université  de  Lyon , 
chemin  du  Chancelier,  3 ,  à  EcuUy  (Rhône). 
*Croizier  (le  marquis  de),  à  Bayonne  (Basses- 
Pyrénées). 


LISTE   DES   MEMBRES.  25 

MM.  CuiNET  (Marcel),   vice-consul,   interprète  de 
l'Ambassade  de  France,  à  Gonstantinople. 

*Danon   (Abraham),   directeur    du   Séminaire 

israélite,  à  Gonstantinople. 
*  DarricarrÈre  (Théodore-Henri),  numismate, 

à  Beyrouth  (Syrie). 
*DAvrES  (T.  Witton),  B.  A.,  Ph.  D.,  professeur 
de  langues  sémitiques,   Cniversity  Collège, 
à  Bangor  (North  Wales). 
Decourdemanche  (Jean-Adolphe),  rue  Condor- 
cet,  53,  à  Paris  [ix."). 
*Delphin  (G.),  membre  de  la  Délégation  finan- 
cière ,  à  Alger. 
Demiau  (Manceaux),  capitaine  au  A®  régiment 

d'infanterie  de  ligne,  à  Auxcrre  (Yonne). 
Deny  (Jean),  élève  interprète,  attaché  au  Con- 
sulat général,  à  Beyrouth  (Syrie). 
*Derenbourg  (Hartvvig),  membre  de  l'Institut, 
professeur  à  l'Ecole  des  langues  orientales 
vivantes,     avenue    Henri -Martin,     3o,    à 
Paris  (xvf). 
*Des  Michels  (Abel),  boulevard  Riondet,  ih, 
à  Hyères  (Var). 
Destaing  (Edmond),  professeur  à  la  Médersa, 

à  Tlemcen  (département  d'Oran). 
Donner  (D''  Otto)  ;  professeur  de  sanscrit  et  de 
philologie  comparée  à   l'Université,  Norra 
Kogen,  1  2  ,  à  Helsingfors  (Finlande). 
DoLTTÉ    (Edmond),    professeur    aux    Ecoles 


te  JUILLET-AOÛT  1906. 

supérieures    d'Alger,    boulevard     Bru,    à 

Mustapha  Supérieur  (Alger). 
MM.  Duras  (Jules),  rue  de  la  Paix,    lo,  î^   Saint- 
Ci  oud  (Seine-et-Oise). 
DuMON  (Raoul),  élève  diplômé  de  l'Ecole  du 

Louvre,  rue  de  la  Chaise,  lo,  à  Paris  (vu*). 
*DuRiGHELLO  (Joseph-Auge) ,  rue  de  Richelieu, 

3i,  à  Paris  (r). 
DiRoisELLB   (C.),    professeur  de   pâli,   Iligh 

School,  à  Rangoon  (Birmanie). 
*DissAUD  (René),  avenue  de  MalakofF,  i33,  à 

Paris  (xvi'). 
DuvAL   (Rubens),   professeur  au  Collège   de 

France,  avenue  de  la  Grande-Armée,  (36,  à 

Paris  (xvii"). 

Faïtlovitch  (Jacques),  rue  Dauphiiie,  33,  à 
Paris  (vi*). 
*Fai\gdes  (F.),  rue  de  Paris,  8i,  à  Montmo 
roncy  (Seine-et-Oise). 

Farjknel   (F.),   attaché  au    Ministère  des   fi- 
nances, rue  Régis,  6,  à  Paris  (vi*). 

Faure-Biguet  (Général),  avenue  Victor-Hugo , 
128,  à  Valence  (Drôme). 
*  Fa VRE  (  Léopold  ) ,  rue  des  Granges ,  6 ,  à  Genève. 

Fell  (ly  Winand),  professeur  à  l'Académie, 
Sternstrasse ,  aa,  à  Munster  (Prusse). 

Ferrand  (Gabriel),  consul  de  France,  à  Stutt- 
gart (Wurtemberg). 

Ferrieu  (Théodore),  commissaire  de  la  ma- 


LISTE   DES  MEMBRES.  17 

rine,  à  bord  du  Redoutable,  à  Saigon  (Indo- 
Chine). 
MM.  Fevret  (André),  attaché  à  la  Bibliothèque 
nationale,  rue  Renault,  8,  à  Paris  (xi"). 
*FiNOT  (Louis),  ancien  directeur  de  l'Ecole  fran- 
çaise d'Extrême-Orient,  directeur  adjoint  à 
l'Ecole  pratique  des  hautes  études,  rue 
Poussin,  1  1,  à  Paris  (xvi"). 

FossEY  (Ch.) ,  professeur  au  Collège  de  France, 
boulevard  Raspail,  236,  à  Paris  (xiv"). 

FoucHER  (A.),  directeur  de  l'Ecole  française 
d'Extrême-Orient,  à  Hanoï  (Tonkin). 

Galbrun  (Henri),  agrégé  des  sciences  mathé- 
matiques, rue  de  Luynes,  1 1,  à  Paris  {\if). 

*  Gantin  (  J.) ,  ingénieur,  répétiteur  libre  à  l'Ecole 

des  langues  orientales  vivantes,  rue  de  la 
Pépinière,  i ,  à  Paris  [viif). 

Gaudefroy-Demombynes  (M.),  secrétaire  de 
l'Ecole  des  langues  orientales  vivantes ,  pro- 
fesseur à  l'Ecole  coloniale ,  rue  de  Lille ,  2  , 
à  Paris  (vu*). 

Gauthier  (Léon),  chargé  du  cours  de  philo- 
sophie musulmane  à  l'Ecole  supérieure  des 
lettres,  rue  Naudot,  li,  h.  Mustapha  (Alger). 

*  Gautier    (Lucien),    professeur  de    théologie, 

route  de  Chêne,  88,  à  Genève. 
*GoMPEL  (Robert),  élève  diplômé  de  l'Ecole  des 
langues  orientales  vivantes,  quai  Voltaire,  3  , 
à  Paris  (vif). 


M  JUILLET-AOÛT  1906. 

MM.  Graffin  (M^),  professeur  de  syriaque  à  l'Institut 
catholique,  rue  d'Assas,  Uj ,  à  Paris  (vi'). 

Greenup  (Rev.  A.-W.),  The  principal's  Lodge, 
S'  John  s  Hall,   llighhury,  N.,  ii  Londres. 

Grenaru  (F.),  vice-consul  de  France,  à  Erae- 
roum  (Turquie  d'Asie). 

Grimault  (Paul),  cour  Saint-Laud,   \^  bis,  h 
Angers  (Maine-et-Loire). 

GuÉRiNOT  (A.),  docteur  es  lettres,  correcteur 
à  l'Imprimerie  nationale,  quai  des  Célestins, 
3o,  à  Paris  (iv'). 
*GuiEY.ssE  (Paul),  député,  ancien  ministre  des 
colonies,  ingénieur  hydrographe  de  la  ma- 
rine, rue  Dante,  a,  h  Paris  (v*). 

GciGLES   (le  ly  P.),   professeur  à   la   Faculté 

française  de  médecine,  à  Beyrouth  (Syrie). 

*Gdimet  (Emile),  directeur  du  Musée  Guimet, 

place  d'Iéna,  i ,  à  Paris  (xvi"). 
*GiJNZRiRG  (Baron  David  de),  i"  ligne,  n°  A, 
à  Saint-Pétersbourg. 

Guy   (Arthur),    à   l'Agence    diplomatique   de 
France ,  au  Caire. 

*Halévy  (Joseph),  directeur  à  l'Ecole  pratique 

des  hautes  études,  rue  ChampoUion,  9,  à 

Paris  (V). 
Halphen  (Jules),  avenue  Victor-Hugo,  78,  à 

Paris  (xvi*). 
Hamel  (G.),  ingénieur,  à  Astillero,  province 

de  Santander  (Espagne). 


LISTE  DES  MEMBRES.  29 

MM.  Hamet  (Ismaë]),  officier  interprète  principal 
à  i'état-major  de  l'armée,  rue  Bartholdi,  8 ,  à 
Paris  (xv*). 
*  Hamy  (D""  E.-T.),  membre  de  l'Institut,  conser- 
vateur du  Musée  d'ethnographie,  rue  Geof- 
froy-Saint-Hilaire ,  36,  à  Paris  (v*). 
*Harkavy  (Albert),  bibliothécaire  de  la  Biblio- 
thèque impériale  publique,  Pouchkar- 
skaya,  /iy,  à  Saint-Pétersbourg. 

Hebbelyngk  (M^  Adolphe),  recteur  de  l'Uni- 
versité, à  Louvain  (Belgique). 

Henry  (Victor),  professeur  à  la  Faculté  des  lettres 
de  Paris,  rue  Houdan,  gS ,  à  Sceaux  (Seine). 
* HÉRiOT-BuNOUST  (l'abbé  Louis),  à  Rome. 

Hérold  (Ferdinand),  licencié  es  lettres,  an- 
cien élève  de  l'Ecole  des  chartes,  rue  Greuze, 
2  0,  à  Paris  (xvi"). 
*HiLGENFELD  (D'  HeinHch),  professeur  à  l'Uni- 
versité, Fûrstengraben ,  y,  à  léna  (Saxe- 
Weimar). 

HouDAS  (O.),  professeur  à  l'Ecole  des  langues 
orientales  vivantes  et  à  l'Ecole  libre  des 
sciences  politiques ,  avenue  deWagram,  29, 
à  Paris  (xvn*). 

HuART  (Clément) ,  secrétaire-interprète  du  Gou- 
vernement ,  professeur  à  l'Ecole  des  langues 
orientales  vivantes,  rue  Madame,  /i3,  à 
Paris  (vi"). 

HuBER  (Edouard),  membre  de  l'Ecole  française 
d'Extrême-Orient,  à  Hanoï  (Tonkin). 


30  JOILLET-AOOT  1906. 

MM.  Hdbert  (Henry),  maître  de  conférence»  à 
l'École  pratique  des  hautes  études,  rue 
Claude-Bernard ,  7/1 ,  à  Paris  (v*). 
HwERNAT  (l'abbé  Henry),  professeur  à  l'Uni- 
versité catholique,  3/io5  Twelflh,  N.  E. 
(Brooldand),  à  Washington. 

*  Institut  français  DARcuéoLOGiE  orientale  ,  au  Caire. 

MM.  Jeannibr  (A.) ,  vice-consul  de  France,  à  Mogador 
(Maroc). 

*K£MAL  Ali,  secrétaire  d'ambassade,  à  Benha 

Kéraval  (  IV),  médecin  en  chef  à  l'Asile  de 
Ville-Evrard,  avenue  Ledru-Rollin ,  98,  au 
Perreux  (Seine). 

KoKOVSEF  (Paul-Conslanliii),  professeur  d'hé- 
breu à  l'Université  impériale,  à  Saint-Péters-. 
bourg. 

KouRi,  consul  de  France,  à  Harrar  (Abyssinie). 

Labocrt  (l'abbé  Jérôme),  docteur  es  lettres,  rue 

Notre-Dame-des-Champs ,  sq,  à  Paris  (vi"). 
Lacôte  (Félix),  professeur  au  Lycée,  rue  Laka- 

nal,  i,à  Moiitluçon  (Allier). 
La  Jonquière  (Lunet  de),  chef  de  bataillon  au 

3  1*  régiment  d'infanterie  coloniale,  à  Boy- 

rin,  par  Roaillan  (Charente). 
Lambert   (Mayer),   maître   de   conférences   à 

l'École  pratique  des  hautes  études,  avenue 

Trudaine,  27,  à  Paris  (ix*). 


LISTE  DES  MEMBRES.  31 

MM.*Landherg  (Cario ,  comte  de)  ,  docteur  es  lettres, 

au  château  de  Tiitzing  (Haute-Bavière). 
Langdon  (Stephen),  élève  de  l'Ecole  pratique 

des    hautes    études,    rue    d'Assas,    76,    à 

Paris  (vf  ). 
Làvallée  (Alfred),  chef  de  service  du  câble',  à 

J3akar  (Sénégal). 
La  Vallée  Poussin  (Louis  de),  professeur  à 

rUniversité ,  boulevard  du  Parc ,  1 3 ,  à  Gand 

(Belgique). 
LeclÈre    (Adhémar),   résident  de  France  au 

Cambodge,  à  Kratié  (Cambodge). 
Lecomte  (Georges),  vice-consul  de  France,  rue 

des  Petits-Carreaux,  io,-à  Paris  (if  ). 
Ledoulx  (Alphonse),  deuxième  interprète  de 

l'ambassade  de  France,  à  Constantinople. 
Leduc  (Henri),  consul  de  France,  à  Yiin  nan 

fou  (Chine). 
LefÈvre-Pontalis  (Pierre),  secrétaire  d'ambas- 
sade, rue  de  Montalivet,  3,  à  Paris  (viii*). 
*  Lericiie  (Louis),  vice-consul  de  France,  à  Rabat 

(Maroc). 
Leroux  (Ernest),  éditeur,  rue  Bonaparte,  28, 

à  Paris  (vf  ). 
*Le  Strange  (Guy),  via  San  Francesco  Pove- 

rino,  3,  à  Florence  (Italie). 
Levé  (  Ferdinand  ) ,  rue  Cassette ,  1  7 ,  à  Paris  (vf  ). 
LÉvi  (Sylvain  ) ,  professeur  au  Collège  de  France , 

rue  Guy-de-la-Brosse ,  9,  à  Paris  (v^). 
Lévy  (Isidore),  maître  de  conférences  à  l'Ecole 


32  JUILLET-AOUT    1906. 

pratique  des  hautes  études ,  boulevard  Emile- 
Augier,  20,  à  Paris  (xvi*). 
MM.*Loisy  (l'abbé  Alfred),  à  Cemay,  près  Dreux 
(Eure).  ^ 
LoRGEOU  (Edouard),  professeur  à  l'Ecole  des 
langues  orientales  vivantes,  rue  Notre-Dame- 
des-Ghamps,  76,  à  Paris  (vf). 

Macler  (Frédéric),  chargé  de  cours  à  l'Ecole 
des  langues  orientales  vivantes,  rue  Cunin- 
Gridaine,  3,  à  Paris  (m*). 

Madrolle  (G.),  sous-chef  du  Gabinet  du  Gou- 
verneur général,  à  Hanoï  (Tonkin). 

Maigret  (Roger),  gérant  du  Consulat  de 
France,  à  Gasahianca  (Maroc). 

*  Makhanokf  (Michel),  professeur  au  Séminaire 

religieux,  à  Kazan  (Russie). 
Marc  Aïs  (Georges),  architecte,  rampe  Valéc, 

2  j  bis,  h  Alger. 
Marçais  (William),  directeur  de  la  Médersa, 

à  Alger. 
Marchand   (G.),  chargé  de  l'agence  consulaire 

de  France,  à  Larache  (Maroc). 

*  Margoliouth     (  David  -  Samuel) ,      professeur 

d'arabe  à  l'Université,  New-GoUege,  à 
Oxford  (Angleterre). 
^Maspero  (Gaston),  membre  de  l'Institut,  pro- 
fesseur au  GoUège  de  France,  directeur 
général  des  Musées  d'Egypte,  avenue  de 
l'Obsei-vatoire ,  26,  à  Paris  (xiv*). 


LISTE  DES  MEMBRES.  33 

MM.  Mauss  (Marcel),  maître  de  conférences  à 
l'Ecole  pratique  des  hautes  études,  rue 
Saint-Jaccpies ,  3  i ,  à  Paris  (v"). 

Mehren  (D"^  A.-F.)  ,  professeur  de  langues  orien- 
tales, à  Fredensborg,  près  Copenhague. 

Meillet  (Antoine),  professeur  au  Collège  de 
France,    boulevard    Saint -Michel,    aA,    à 
Paris  (vf  ). 
M""    Menant     (Delphine),     rue    Stanislas,     6,     à 

Paris  (vf  )• 
MM.  Mercier  (Ernest),  interprète-traducteur  asser- 
menté ,  membre  associé  de  l'École  des  lettres 
d'Alger,  rue  Desmoyen ,  i  g  ,  à  Constantine 
(Algérie), 

Mersier  (Albert),  avocat  à  la  Cour  d'appel, 
élève  diplômé  de  l'Ecole  des  langues  orientales 
vivantes,  rue  d'Aumale,  19,  à  Paris  (ix"). 

Merx  (D""  A.),  professeur  d'exégèse  à  l'Univer- 
sité, Bunsenstrasse ,  1,  à  Heidelberg  (Bade). 

Mohammed  ben  Braham,  interprète  judiciaire, 
à  Oued-Athménia  (département  de  Constan- 
tine). 

MoNDON-ViDAiLHET  (C),  chargé  de  cours  à 
l'Ecole  des  langues  orientales  vivantes,  ave- 
nue de  Villiers,  20,  à  Paris  (xvn*). 

MoRET  (Alexandre),  maître  de  conférences  à 
l'Ecole  pratique  des  hautes  études,  boule- 
vard Malesherbes,  i  1  2  ,  à  Paris  (xvu"). 

*Nau  (l'abbé  F.),  docteur  es  sciences  mathéma- 
vin.  3 


34  JUILLET-AOÛT    1906. 

tiques ,  professeur  d'analyse  à  l'Institut  catho- 
lique, rue  de  Vaugirard,  76,  à  Paris  (vi"). 
New  York,  public  Libraky,  à  New-York, 
MM.  Nicolas  (A.-L.-M.),  premier  interprète  de  la 
légation  de  France,  à  Téhéran. 

*0sTR0R00  (le  comte  Léon),  conseiller  légiste 
au  Ministère  de  l'agriculture,  des  mines  et 
i'oréts,  à  Constantinople. 

*Ottavi  (Paul),  consul  de  France,  à  Zanzibar. 

Parisot(  Jean),  à  Plombières-les-Bains  (Vosges). 

*  Pelliot  (Paul),  professeur  de  chinois  k  l'Kcole 

française  d'Extrême-Orient,  à  Hanoï,  rue  du 

Roi-de-Sicile,  a 6,  à  Paris  (iv*). 

Pereira  (Estèves),    major  du  génie,  rua  das 

Damas,  4,  à  Lisbonne. 
Pereira  (J.-F.  Marques),  chef  de  section  au 
Ministère  de  la  Marine ,  à  Lisbonne. 
*PEhRiJCHON   (Jules),  élève  diplômé  de  fEcole 
des  hautes  études,  avenue  Duquesne,  ho, 
à  Paris  (vu*"). 
Pflngst    (D'   Arthur),     Gaertnerweg,     2,    à 
Francfort-sur-le-Mein  (Prusse). 
*PiJNAPPEL  (D'  J.),  professeur  honoraire  à  l'Uni- 
versité, à  Middelbourg  (Hollande). 
*PiNART  (Alphonse),  à  Paris. 
P06NON   (Henri),   consul  général,  en  mission 
scientifique,  au  Consulat  de  France,  à  Alep 
(Syrie). 


LISTE  DES  MEMBRES.  35 

MM.  PoNTLS  (Raoul),  capitaine  d'artillerie,  adjoint 
d'état -major,  avenue  d'Auderghem,  36,  à 
Bruxelles. 

PoPEscu-CiocANEL  (Gheorghe),  Gimbasani- 
Coûmberti,  Jalomita,  par  l'Oflice  Slobozia 
(Roumanie). 

PoppER  (William),  University  of  California ,  à 
Berkeley  (Etats-Unis). 

PrvEtorius  (D"^  Frantz),  professeur  à  l'Univer- 
sité,  Freiimfelderstrasse ,  6,  à  Halle  (Prusse). 
*Prym  (D'  E.),  professeur  à  l'Université,  Co- 
bienzerstrasse ,  3 g,  à  Bonn  (Prusse). 

Rapson  (E.-J.),  professeur  de  sanscrit  à  l'Uni- 
versité ,  au  British  Muséum ,  à  Londres. 

Rat  (G.),  secrétaire  de  la  Chambre  de  com- 
merce, à  Toulon  (Var). 

*  Ravaisse  (  Paul) ,  chargé  de  cours  à  l'Ecole  des 

langues   orientales    vivantes,   rue   Antoine- 
Roucher,  6,  à  Paris  (xvf). 
Regnaud   (Paul),  professeur  de  sanscrit  à  la 
Faculté    des  lettres   de   Lyon,   chemin  de 
Saint-Irénée ,  22,  à  Sainte-Foix  (Rhône). 

*  Régnier  (Adolphe),  sous-bibliothécaire  de  l'In- 

stitut, rue  de  Seine,  1 ,  à  Paris  (vf). 
René-Leclerg  (Gh.),  délégué  du  Comité  du 

Maroc,  à  Tanger. 
Rettel  (Stanislas  de),  drogman-chancelier  du 

consulat  de  France,  à  Tauris  (Perse). 
Reuïer  (D'  J.-N.),  docent  de  sanscrit  et  de 

3. 


3ft  JUILLET-AOÛT  1906. 

philologie  comparée  h  l'Université  de  Hel- 
singfors,  Boulevardsgaten ,  h  Holsingfors 
(Finlande). 
MM.*Revillolt  (E.),  consenateur  au  Musée  du 
Louvre,  rue  du  Bac,  128,6  Paris  (vn*). 
HiBiER  (le  D'  Frédéric),  médecin  de  la  Société 
de  construction  du  chemin  de  1er  indo- 
chinois,  à  liai  Duong  (Tonkin), 

*  Rimbaud,    me    de    l'Ermitage,    16,    à   Ver- 

sailles (Seine-et-Oise). 

*  Rolland  (E.  ) ,  rue  des  Ghantirrs ,  5 ,  à  Paris  (v*). 
RoNKLARD  (Arsène),  élèNe-interprète  au  Con- 
sulat d'Alep  (Syrie). 

*RousE  (W.-H.-D.),  Perse  Grammar  School,  à 
Camhridge  (Angleterre). 
RouviER  (le  D'  Jules),  professeur  à  l'Ecole  de 
plein  exercice  de  médecine,  rue  Daguerre, 
5a ,  à  Alger. 

Sabbathier  (Paul),  agrégé  de  l'Université,  rue 
du  Cardinal-Lemoine,  i5,  à  Paris  (v*). 

Salmon  (Georges),  délégué  de  la  Mission 
scientificpie  du  Maroc,  à  Tanger. 

*  Saussure  (L.  de),  lieutenant  de  vaisseau,  à  La 

Baule  (Loire-Inférieure). 
ScHAHTACHTiNSKY  (Mohammed),  rue  Classique, 

8,  à  Tiflis  (Russie). 
ScHMiDT  (Valdemar),  professeur  à  l'Université, 

Musées  royaux,  Frederiksholm  Canal,  12, 

à  Copenhague. 


LISTE  DES  MEMBRES.  M 

MM.  ScHWAii  (Moïse),  bibliothécaire  à  la  Biblio- 
thèque nationale,  rue  de  Provence,  29,  à 
Paris  (ix*"). 

Senart   (Emile),    membre    de   l'Institut,   rue 
François  I",  18,  à  Paris  (vm*). 
*SiM0NSEN  (David),  grand  rabbin,  Skindergade, 
28,  à  Copenhague. 

Si  saïd  boulifa  ,  chargé  de  cours  à  l'École  su- 
périeure des  lettres  d'Alger,  professeur  c^ 
l'Ecole  normale  primaire,  à  la  Bouzaréa, 
près  Alger. 

SouLiÉ  (Georges),  vice-consul  de  France,  bou- 
levard Pereire,  188,  à  Paris  (xvif). 

Spiro  (Jean),  professeur  à  l'Université,  à  Cour, 
près  Lausanne  (Suisse). 

Stein  (D""  m.  Aurel),  Inspector  gênerai  of  Edu- 
cation and  Archœological  Survey,  N.  W. 
Frontier  Province  and  Baluchistan ,  à  Pesha- 
war  (Inde  Britannique). 

Strehly  (G.),  professeur  au  lycée  Louis-le- 
Grand,  rue  de  Vaugirard,  16,  à  Paris  (vf). 

Stumme  (D'  Hans),  professeur  à  l'Université, 
Sùdstrasse,  -72,  11,  à  Leipzig  (Saxe). 

Tamamchef  (Michel),  ancien  directeur  de  la 
Banque  de  ïiflis,  boulevard  Saint-Michel, 
1  1  -y,  à  Paris  (vf). 

Thaïcheu  (G.  W.),  professeur  au  Mansfield 
Collège,  à  Oxford  (Angleterre). 

TiiEiLLET,  au  Consulat  de  France,  à  Alep(  Syrie). 


96  JUILLET-AOÛT  1906. 

MM.  Thdreau-Dangin  (F.),  attaché  au  Musée  du 
Louvre,  rue  Barbet- de -Jouy,   26,  à  Paris 

(VII'). 
TouHAMi   HEN    Larbi  ,  interprète  de   1"  dasse 
près  la  justice  de  paix,  à  Oran  (Algérie). 
*TiiRRETTiNi  (François),  rue  de  i'Hôtei-de-ViHe , 
8,  à  Genève. 

Vadx  (Baron  Carra  de),  professeur  d'arabe  à 
l'Institut  catlioliquo,  rue  de  Ja  TrémoiUe, 
6,  à  Paris  (vin*). 

Vernbs  (Maurice),  directeur  adjoint  h  l'FiCoIe 
pratique  des  hautes  études,  bouJevard  Ras- 
pail,  'i48,  ti  Paris  (xiv'). 

ViLBERT  (Marcel),  secrétaire  générai  à  la 
direction  des  phares  ottomans,  à  Gonstan- 
tinople. 

ViNsoN  (JuHen),  professeur  à  l'École  des 
langues  orientales  vivantes,  rue  de  TUni- 
versité,  58,  à  Paris  (vu'). 

VissiÈRE  (Arnold) ,  consul  de  France ,  secrétaire- 
interprète  du  Gouvernement,  professeur  h 
l'Ecole  des  langues  orientales  vivantes,  rue 
du  Ranelagh,  àU,  à  Paris  (xvi*). 

VoGiJÉ  (le  marquis  Melchior  de),  membre  de 
l'Institut,  ancien  ambassadeur  de  France 
à  Vienne,  rue  Fabert,  2,  à  Paris  (vu"). 

*Weil  (Raymond),  capitaine  du  génie,  rue  de 
Paris,  39,  à  Elbeuf  (Seine-Inférieure). 


LISTE   DES   MEMBRES.  30 

MM.  WiLHELM  ( D"^  Eugen ) ,  professeur  à  i'Université, 
Wagnergasse ,    ii,  à  léna  (Saxe-Weimar). 
*Wyse  (L.-N.  Bonaparte),  villa  Isthmia,  au  Cap- 
Brun,  par  Toulon  (Var). 

Yanni  (G.),  à  Tripoli  de  Syrie. 

ZayÂt    (Habib),    boîte    postale,    n"    A3 5,    à 

Alexandrie  (Egypte). 
ZEFfLiN  (Maurice),  rabbin,  élève  diplômé  de 

l'Ecole  pratique  des  hautes  études,  place  des 

Vosges,  19,  à  Paris  (iv"). 


40  JUILLET-AOOT  1906. 


II 

LISTE  DES  MEMBRES  ASSOCIÉS  ÉTRANGERS 

ADMIS  PAR   LA  SOCIÉTÉ  ASIATIQUE 
DANS    SA     SBANCB     DD     l5     JDIN     igoS. 

MM.  Aston  (W.-G.),  D.  Lit.,  BliiflT,  Boor  (East 
Devon)  [Angleterre]. 

BosHELL  (Dr.  S.-W.),  Shiriey,  Harold  Rond, 
Upper  Norwood ,  à  Londres. 

Chamberlain  (Basil -Hall),  professeur  à  l'Uni- 
versité, à  Tokio. 

Codera  (Francisco),  membre  de  l'Académie 
royale  d'histoire,  professeur  honoraire  h 
l'Université,  San  Vicente  alta,  56,  3",  der. , 
à  Madrid. 

Delitzsch  (D'  Friedrich),  professeur  à  l'Univer- 
sité de  Berlin,  Knesebeckstrasse,  3o,  à 
Charlottenburg  (Prusse). 

Erman  (D'  Adolf),  professeur  à  l'Université  de 
Berlin,  Streglitz,  Friedrichstrasse ,  lo/ii, 
à  Berlin. 

GoEJE  (D'  M.-J.  de),  Interpres  LegatiWarnerii, 
professeur  honoraire  à  l'Université,  Vliet, 
i5,  à  Leide  (Hollande). 

GoLDZiHER  (D' Ignaz),  professeur  à  l'Université, 
Hollo-utcza ,  4  ,  à  Budapest. 

GoLENiscHEF  (W.-S.),  couservateur  au  Musée 
de  l'Ermitage,  à  Saint-Pétersbourg. 


LISTE  DES  MEMBRES  ASSOCIES  ETRANGERS.       41 

MM.  Grierson  (George-A.),  G.  I.  E.,  Rathfarnam, 
Camberley  (Surrey)  [Angleterre]. 

Griffith  (F.-Ll.),  professeur  à  l'Université, 
Norham  Road,   i  2  ,  à  Oxford. 

Grooï  (D'  J.-J.-M.  de),  professeur  à  l'Université 
de  Leide  (Hollande). 

Guidi  (Ignazio),  professeur  à  l'Université, 
Botteghe  oscure,  2  4,  à  Rome. 

HiRTH  (D""  Friedrich) ,  professeur  à  la  Golumbia 
University,   5oi,  West  1  10"',  à  New  York. 

HuLTzscH  (D""  E.),  professeur  à  l'Université, 
Ludvvig  Wuchererstrasse ,  -78,  à  Halle 
(Prusse). 

Kern  (Hendrik),  professeur  à  l'Université, 
à  Leide  (Hollande). 

Lanman  (Charles  Rockwell),  professeur  à  l'Uni- 
versité Harvard,  Farrar  Street,  9,  à  Cam 
bridge,  Massachusetts  (Etats-Unis). 

Naville  (Edouard),  correspondant  de  l'Institut, 
à  Malaguy,  près  Genève  (Suisse). 

NôLDEKE  (D""  Theodor),  professeur  à  l'Univer- 
sité, Kalbgasse,  16,  à  Strasbourg  (Alsace). 

Oldenbourg  (Serge  d'),  professeur  à  l'Univer- 
sité, à  Saint-Pétersbourg. 

PiNCHES  (Theophilus-Goldrige),  conservateur 
au  British  Muséum,  Bioomfield  Road,  38, 
Maida  Hill,  à  Londres. 

PiscHEL  (D' Richard),  professeur  à  fUniversité 
de  Berlin,  Joachim  Friedrichstrasse ,  kq, 
à  Halensee  (Prusse). 


M  JUILLET-AOÛT  1906. 

MM.  Radloff  (D'  W.),  conseiHer  d'Etat,  membre 

tl<'    l'Académie   impériale  des    Sciences,   à 

Saint-Pétersbourg . 
Reiniscii  (D'S.-L.),  professeur  h  l'IJnivei'sité, 

Feldgasse,  3  ,  à  Vienne. 
Rhys  Davids  (T.-W.),  professeur  à  l'Université 

de  Londres,  Harboro  Grange,   Ashton  on 

Mersey  (Angleterre). 
Saciiau  (D""  Ed.),  directeur  du  Séminaire  des 

Langues  orientales,  Wonn^T  Stni^isf.    la, 

à  Berlin. 
SciiiAPARELLi  (Ëmeslo),  directeur  du  R.  Museo 

di  antichità,  à  Turin  (Italie). 
Wellhausen  (l)'  J.),  professeur  à  l'Université, 

Weberstrasse ,  i8a,  à  Gœttingue  (Prusse). 
WiEDEMANN  ( D'  Alfred),  professeur  à  l'Univer- 
sité, Konigstrasse ,  3a,  à  Boim  (Prusse). 


LISTE  DES  SOCIÉTÉS  SAVANTES  ET  DES  REVUES.    43 

III 
LISTE  DES  SOCIÉTÉS  SAVANTES  ET  DES  REVUES 

AVEC  LESQUELLES 

LA  SOCIÉTÉ  ASIATIQUE  ÉCHANGE  SES  PUBLICATIONS. 

Académie  impériale  des  sciences  de  Saint-Péters- 
bourg. 

Académie  royale  des  sciences  de  Lisbonne. 

Accademia  (Reale)  dei  Lincei,  Alla  Lungara,  lo, 
Palazzo  dei  Lincei,  à  Rome. 

American  Journal  of  ARCHiEOLOGY  (M.  le  Professeur 
Harold  N.  Fowler,  Western  Reserve  University, 
directeur),  à  Cieveland  (-Ohio)  [b]tats-Unis]. 

American  Oriental  Society,  à  New-Haven  (Etats- 
Unis). 

Anthropos*  revue  internationale  d'ethnologie  et  de 
linguistique  (P.-W.  Schmidt,  S.  V.  D. ,  direc- 
teur), Zaunrith'  sche  Druck  und  Verlag,  à  Salz- 
bourg  (Autriche). 

Arch^eological  Institute  of  America,  38,  Quincy 
Street,  Cambridge,  Massachusetts  (Etats-Unis). 

Arch/Eological  Survey  Department  of  India,  à  Simla 
(Inde  Britannique). 

Asiatic  Society,  k  Séoul  (Corée). 

Ateneo  cientifico,  literario  y  artistico,  Prado, 
2  1 ,  à  Madrid. 

Bessarione  (M^  Niccolô  Marini,  directeur),  piazza 
S.  Pantaleo,  3,  à  Rome. 

BlBLIOTHliQUE    DES    BÉNÉDICTINS    DE    SoLESMES ,    h    Ap- 


44  JUILLET-AOCT  1906. 

puldurcombe ,  Wroxall  (Isle  of  Wight)  [Angle- 
terre]. 
Bibliothèque  du  Chapitre  métropolitain,  à  l'église 

Notre-Dame,  à  Paris  (iv"). 
BiBLioTHi-:QUE  DE  LA  Socihté  ASIATIQUE,  OU  palais  (le 

l'Institut  {2  ex.). 
Bombay  Branch-  of  the  Royal  Asiatic  Society,  Town 

Hall,  à  Bombay  (Inde  Britannique). 
China  Branch    of    the   Royal    Asiatic  Society,    h 

Shanghaï  (Chine). 
Deutsche  Gesellschaft  fur    Natdr-  und  Voelker- 

KUNDE  Ostasiens,  à  Toido. 
Deutsche  morgenlàndische  Gesellschaft,  Wiliichn- 

strasse,  3 6/3 7,  à  Halle  (Prusse). 
East  India  Association,  Westminster  Chambers,  3, 

Victoria  Street.  S.  W.,  à  Londres. 
Ecole  française  d'Extrême-Orient,  à  Hanoï  (Ton- 

kin). 
Harper's  University  (American  Journal  of  Semitic 

languages  and   literatures),  à   Chicago  (Fitats- 

Unis). 
Indian     Antiquary    (The)     [Sir    Richard    Carnac 

Temple,  directeur],  Bombay  Education  Society 

Press ,  Bycuila ,  à  Bombay  (Inde  BriUmnique). 
Institut  catholique  de  Toulouse  (Haute-Garonne). 
Institut  égyptien  ,  au  Caire. 

Institut  français  d'archéologie  orientale,  au  Caire. 
Japan   Society    (The),    Hannover    Square,    20,    h 

Londres. 
John  Hopkin's  University,  à  Baltimore  (Etats-Unis). 


LISTE  DES  SOCIÉTÉS  SAVANTES  ET  DES  REVUES.    45 

LiTEiiARY  Society,  Pantheon's  Road,  à  Madras  (Inde 

Britannique). 
Mission  scientifique  du  Maroc,  à  Tanger. 
Monde   Oriental   (I^e),    Akadem.    Bokhandeln,    à 

Up.sal  (Suède). 
Musée  Guimet,  place  d'Iéna,  i,  à  Paris  (xvf). 
Peking  Oriental  Society  (The),  à  Pékin. 
PoLYBiBLiON,  Fue  de  Saint-Simon,  5,  à  Paris  (vu"). 
Provincial  Muséum,  à  Lukhnow  (Inde  Britanni(fue). 
Revue  archéologique  (MM.  G.  Perrot  et  S.  Reinach, 

directeurs),  rue  Bonaparte,  28,  à  Paris  (vf). 
Revue  biblique,   au  Couvent  de   Saint -Etienne,   à 

Jérusalem  (Syrie). 
Revue   critique   (M.   Arthur   Chuquet,   directeur), 

rue  Bonaparte,  28,  à  Paris  (vi"). 
Revue  de  l'Histoire  des  religions  (M.  Jean  Réville, 

directeur),  rue  Bonaparte,  28,  à  Paris  (vf). 
Royal  Asiatic  Society  of  Great  Britain  and  Ireland, 

Albemarle  Street,  22,  à  Londres. 
Royal  Asiatic  Society  of  Japan,  à  Tokio. 
Royal  Geographical  Society,  Saviie  Row,  1 ,  Burling- 
ton Gardens,  à  Londres. 
Séminaire  Israélite,  rue  Vauquelin,  9,  à  Paris  (v"). 
Séminaire  des  missions  étrangères,  rue  du  Bac,  128, 

à  Paris  (vu"). 
Séminaire  de  Saint-Sulpice  ,  place  Saint-Sulpice,  9, 

à  Paris  (vi*). 
Seminar   FiJR    orientalische    Spracuen  ,   Dorotheen- 

strasse,  6,  à  Berlin. 
SiAM  Society  (The),  à  Bangkok. 


46  JUILLET-AOÛT    1906. 

SocietX  AsiATicA  Italiana,  piazza  San  Marco,  a,  à 
Florence  (Italie). 

Société  des  arts  et  des  sciences  de  Batavia  (Bata- 
viaasch  Genootschap  van  Kunsten  en  Weten- 
schappen),  à  Batavia  (Indes  Néerlandaises). 

Société  des  Bollandistes,  boulevard  Militaire,  à 
Bruxelles. 

Société  des  Etudes  juives,  rue  Saint -Georges,  17, 
à  Paris  (ix*). 

Société  pinno-odgrienne  (Suomalais-ugrilainen  S«u- 
ra),  à  Helsingfors  (Finlande). 

Société  de  géographie  de  Genève. 

Société  de  géographie  de  Paris,  boulevard  Saint- 
Germain,  18/j  (vi'). 

Société  historique  algérienne,  boulevard  Bon-Ac- 
cueil, i5,  à  Alger. 

Société  impériale  russe  d'archéologie,  h  Saint- 
Pétersbourg. 

Société  de  linguistique,  à  la  Sorbonne,  à  Paris  (v*). 

Société  philologique,  rue  de  Vaugirard,  7/j,  à 
Paris  (vi"). 

StRAITS    BrANCH    OF     THE    ROYAL    AsiATIC    SoClETY,    à 

Singapore  (Straits  Settlements). 
Université  royale,  à  Upsal  (Suède). 
Université  Saint-Josefh,  à  Beyroutb  (Syrie). 


LISTE  DES  BIBLIOTHÈQUES.  47 

IV 

LISTE  DES  BIBLIOTHÈQUES 

ET  AUTRES  ETABLISSEMENTS 

RECEVANT   LE  JOURNAL    ASIATIQUE 

PAR  L'INTERMÉDIAIRE  DU   MINISTÈRE  DE  L'INSTRUCTION  PURLIQUE. 

Bibliothèque    de    l'Arsenal  ,   rue    de   Sully,    i ,    à 

Paris  (iv^). 
Bibliothèque  du  Collège  de  France  ,  place  des  Ecoles, 

à  Paris  (v*). 
Bibliothèque  de  la  Faculté  de  médecine,  à  Mont- 
pellier (Hérault). 
Bibliothèque    Mazarine,    quai    de    Conti,    23,    à 

Paris  (vf). 
Bibliothèque  du  Ministère  de  la  guerre,  boulevard 

Saint-Germain,  23 1,  à  Paris  (vif). 
Bibliothèque  du  Muséum  d'histoire  naturelle,  rue 

de  Buffon,  i ,  à  Paris  (v*). 
Bibliothèque  nationale,   rue  de  Richelieu,  58,  à 

Paris  (if  ). 
Bibliothèque  Sainte-Geneviève,  place  du  Panthéon, 

à  Paris  (v")* 
Bibliothèque   de  l'Université,   à  la   Sorbonne,   à 

Paris  (v*). 
Bibliothèque  de  l'Université  de  Bordeaux  (Gironde). 
Bibliothèque  de  l'Université   de  Lyon  (Rhône). 
Bibliothèques  publiques  d'Aix-en-Provence  (Bouches- 

du-Rhône),  —  d'Ajacgio  (Corse),  —  d'Alger, 


48  JUILLETAOÛT    1906. 

—  d'Amiens  (Somme),  —  d'Angers  (Maine-et- 
Loire),  —  d'Annecy  (Haute-Savoie),  —  d'Arras 
(Pas-de-Calais),  —  d'Aurii.lac  (Cantal),  —  d'Avi- 
gnon (Vaucluse),  —  d'Avranches  (Manche),  — 
DE  Beauvais  (Oise),  —  de  Besançon  (Doubs),  — 
DK  Bordeaux  (Gironde),  —  de  Bourges  (Cher), 
de  Caen  (Calvados),  —  de  Carcassonne  ( Aude), 
DE  Garpentras  (Vaucluse),  —  de  Chambéry  (Sa- 
voie), —  DE  Chartres  (Eure-et-Loir),  —  de 
Clermont-F^errand  (Puy-de-Dôme),  —  de  Cons- 
TANTiNE  (Algérie),  —  de  Dijon  (Côte-d'Or),  — 
DE  Douai  (Nord),  —  de  Grenoble  (Isère),  —  du 
Havre  (Seine-Inférieure),  —  de  l'Île  de  la  Réu- 
nion, —  DE  Laon  (Aisne),  —  de  Lille  (Nord), 

—  de  Metz  (Lorraine),  —  de  Montpellier 
(Hérault),  —  de  Moulins  (Allier),  —  de  Nancy 
(Meurthe-et-Moselle),  —  de  Nantes  ( Loire-lnié- 
rieure),  —  de  Narbonne  (Aifde),  —  de  Nice 
(Alpes-Maritimes),  —  d'Orléans  (Loiret),  —  de 
Pau  (Basses-Pyrénées),  —  de  Périgueux  (Dor- 
dogne),  —  DE  Poitiers  (Vienne),  —  de  Reims 
(Marne),  —  de  Rennes  (I Ile-et-Vilaine),  —  de 
Rouen  (Seine-Inférieure),  —  de  Saint-Malo  (lile- 
et-\ilaine),  —  de  Strasbourg  (Alsace),  —  de 
Toulouse  (Haute-Garonne),  —  de  Tours  (Indre- 
et-Loire),  —  DE  Troyes  (Aube),  —  de  Valen- 
giennes  (Nord),  —  de  Versailles  (Seine-et-Oise), 

Ecole  française  d'Athènes. 

Ecole    normale    supérieure,    rue    d'Ulm,     45,    à 
Paris  (v''). 


LISTE   DI<:S  BIBLIOTHÈQUES.  49 

Ecole  spéciale  des  langues  orientales  vivantes  ,  rue 
de  Liiïe,  2,  à  Paris  (vu"). 

Faculté  de  droit  de  l'Université  de  Paris,  place 
du  Panthéon  (v"). 

LiuRARY  OF  THE  LEGISLATURE,  à  Québcc  (Canada). 

Ministère  de  l'instruction  publique  et  des  beaux- 
arts,  rue  de  Grenelle,  110,  à  Paris  (vu*) 
[6  ex.]. 


VIU. 


50  JUILLET-AOÛT  J906. 

V 

LISTE  DES  OUN'RAGES 

PUBLIÉS   PAR   LA  SOCIÉTÉ   ASIATIQUE. 

Eu  vente  chez  M.  Emest  Leroux ,  éditeur,  rue  Bouaparlc,  38 , 
à  Paris. 

JoLUNAi.  AsiATiQCE,  publié  flepuis  i8aa.  La  collection  est  en 
partie  épuisée. 

Chaque  année 2  5  fr. 

Choix  de  fables  arméniennes  du  docteur  Varlan,  en  itnné- 
nien  et  eu  français,  par  J.  Saint-Martin  et  Zohrab.  Paris, 
i8a5.  in-8' 3  fr. 

Eléments  de  la  grammaire  japonaise,  par  le  P.  Rodriguez, 
traduits  du  portugais  par  M.  G.  Landresse,  etc.  Paris, 
1 8a5 ,  in-8°.  —  Supplément  à  la  grammaire  japonaise ,  etc. 
Pm'is,  i8j6,  in-8°.  (Epuisé.) 7  f r   5o 

Essai  sur  le  Pâli,  ou  langue  sacrée  de  la  presqu'île  au  delà 
du  Gange,  par  MM.  E.  Burnouf  et  Lassen.  Paris,  i8a6, 
in-8°.  (Epuisé.) 1 5  fr. 

Meng-tseu  vel  Mencium,  lalina  interpretatione  ad  inter- 
pretutioiiem  tartaricam  utramque  recensitu  instruxit,  et 
perpetuo  commentario  é  Sinicis  cleprompto  illusiravit  Sta- 
nislas Julien.  Lufctj'œPanj/orttm,  i8a4,  1  vol.  in-8''.  9  fr. 

Yadjnadattabadha,  ou  la  Mort  d'Yadjnadatta,  épisode 
extrait  du  Hâmàyaua,  poème  épique  sanscrit,  donné  avec 
le  texte  gravé,  une  analyse  grammaticale  très  détaillée, 
une  traduction  française  et  des  notes,  par  A.-L.  Chézy,  et 
suivi  d'une  traduction  latine  littérale,  par  J.-L.  Burnouf. 
Paris,  1826,  in-A",  avec  quinze  planches 9  fr. 

Vocabulaire  de  la  langue  géorgienne,  par  J.  Klaproth. 
Paris,  1837,  in-S" 7  fr.  5o 


OUVRAGES  PUBLIÉS  PAR  LA  SOCIÉTÉ  ASIATIQUE.    51 

Elégie  sur  la  Prise  d'Édesse  par  les  Musulmans,  parNer- 
sès  Klaietsi,  patriarche  d'Arménie,  publiée  pour  la  pre- 
mière fois  en  arménien,  revue  par  le  docteur  Zohrab. 
Paris,  1828,  in-8° 4  Tr.  5o 

La  Reconnaissance  de  Sagountalâ,  drame  sanscrit  et  prà- 
crit  de  Càlidâsa ,  publié  pour  la  première  fois  sur  un  ma- 
nuscrit unique  de  la  Bibliothèque  du  Roi,  accompagne 
d'une  traduction  française,  de  noies  philologiques,  cri- 
tiques et  littéraires,  et  suivi  d'un  appendice,  par  A.-L. 
Cliézy.  Paris,  i83o,  in-4'',  avec  une  planche 12  fr. 

Chronique  géorgienne,  traduite  par  M.  Brosset.  Paris,  Im- 
primerie royale,  i83o,  grand  in-S" 9  fr 

Ghrestomathie  chinoise  (publiée  par  Klaproth).  Paris, 
i833,  in-S» 9  fr. 

Elkments  de  la  langue  géorgienne,  par  M.  Brosset.  Paris, 
Imprimerie  royale,  1837,  in-S" 9  fr. 

Géographie  d'Abou'lpéda,  texte  arabe  publié  par  Reinaud 
et  le  baron  de  Slane.  Paris,  Imprimerie  royale,  i84o, 
in-4.° 34  fr. 

Ràdjataranginî,  ou  Histoire  des  rois  du  Kachmîr,  texte 
sanscrit  traduit  en  français,  par  M.  Troyer.  Paris,  Impri- 
merie nationale,  3  forts  vol.  in-S" 20  fr. 


COLLECTION  D'AUTEURS  ORIENTAUX. 

Les  Voyages  d'Ibn  Batoutah,  texte  arabe  et  traduction  par 
MM.  G.  Defrémery,  membre  de  l'Institut,  et  Sanguinetti. 
Paris,  Imprimerie  nationale,  4  vol.  in-S".  Ghaque  vo- 
lume      7  fr.  5o 

Table  alphabétique  des  Voyages  d'Ibn  Batoutah.  Paris, 
1869,  in-8" 2  fr. 

Les  Prairies  d'or  de  Maçoudi,  texte  arabe  et  traduction 
par  M.  Barbier  de  Meynard,  membre  de  l'Institut  (les 

4. 


52  JUILLET-AOCT   1906. 

trois  premiers  volumes  en  collaboration  avec  M.  Pavet  de 
Courteille,  membre  de  l'Institut).  9  vol.  in-8'  (le  tome  IX 
comprenant  l'Index).  Chaque  volume 7  fr.  5o 

Lb  mvhe  de  l'Avertissement  {Kitâb  et-tenbîh),  de  Maçoudi, 
traduit  et  annoté  par  le  baron  Carra  de  Vaux.  1  fort  vol. 
in-S".  1 897 7  fr.  5o. 

Précis  de  lkgislation  musolmane,  suivant  le  rite  malékitc, 
par  Sidi  Khalil.  Nouvelle  édition  (1901) 6  fr. 

Le  Mahàvastu  ,  texte  sanscrit,  publié  pour  la  première  fois, 
avec  des  Intro<luctions  el  un  Commentaire,  par  M.  Em. 
Senarl ,  membre  de  l'Institut.  3  loris  volumes  in-8".  (Ihaque 
volume 2  5  fr. 

Chants  popui.aiues  des  Afghans,  recueillis,  publiés  et  tra- 
duits par  .lames  Darmesteter,  professeur  au  Collège  de 
France.  Précédés  d'une  Introduction  sur  la  langue,  l'his- 
toire et  la  littérature  des  Afghans.  1  fort  vol.  in-8°. .    ao  fr. 

Journal  d'un  voyauk  en  Arabik  (i883-i884),  par  Charles 
Iluber.  Un  fort  volume  in-8*,  illustré  de  dessins  dans  le 
texte  et  accompagné  de  planches  et  croquis 3o  fr. 


Publications  encouragées  par  la  Société  asiati({ue  : 

Les  mémoires  historiques  de  Sse-ma  Ts'ien,  traduits  du 
chinois  et  annotés  par  Edouard  Chavannes,  membre  de 
l'Institut ,  professeur  au  Collège  de  France. 

Tome  I",  in-8° 1 6  fr. 

Tome  II,  in-8* 20  fr. 

Tome  III ,  première  partie ,  in-8* 1  o  fr. 

Tome  III ,  deuxième  partie ,  in-8° 1 6  fr. 

Tome  IV,  in-8* 30  Ir. 

Tome  V,  in-8° 20  fr, 

L'Agnistoma.  Description  complète  de  la  forme  normale 
du  sacrifice  de  Soma  dans  le  culte  védique,  par  W.  Ca- 


OUVRAGES  PUBLIES  PAR  LA  SOCIÉTÉ  ASIATIQUE.     53 

land,  lecteur  de  sanscrit  à  l'Université  d'Utrecht,  et 
V.  Henry,  professevir  do  sanscrit  et  de  grammaire  com- 
parée à  l'Université  de  Paris.  2  vol.  in-8° 20  fr. 

Nota.  Les  Membres  de  la  Société  qui  s'adresseront  directement 
au  libraire  de  la  Société,  M.  Ernest  Leroux,  rue  Bonaparte,  9.8,  à 
Paris,  auront  droit  à  une  remise  de  33  p.  0/0  sur  les  prix  de  tous 
les  ouvrages  ci-dessus,  à  l'exception  du  Journal  asiati(/ae. 


NOTICE  SUR  DES  MANUSCRITS  SYRIAQUES.         55 

NOTICE 

SUR   LKS   MANUSCRITS   SYRIAQUES 

CONSERVÉS 

DANS  L\  BIBLIOTHÈQUE  DU  COUVENT  DES  CHALDÉENS 

DE  NOTRE-DAME-DES-SEMENCES , 

PAR  * 

M*^"  ADDAI  SGHER, 

ARCHEVÊQUK   CHAI.DÉEN    DE    sÉF.RT. 

(suite  ^.) 


V 

DROIT  CANONIQUE. 

CoD.  90.  —  Titre  :  «  CoHection  des  Actes  et  des 
canons  des  conciles  occidentaux  et  orientaux,  faite 
par  Klia  I'"',  patriarche.  » 

La  dernière  clausule  est  celle-ci  :  «  Est  achevée , 
par  le  secours  de  N.-S.  et  de  notre  adorable  Dieu, 
la  collection  des  conciles,  réunie  des  ouvrages  des 
Pères  par  notre  B.  Père  Mar  Elia  1",  catholicos  et  pa- 
triarche. Que  leur  prière  soit  avec  tous  les  fidèles.  » 

Les  documents  contenus  dans  ce  manuscrit  sont 
les  mêmes  que  ceux  qui  sont  renfermés  dans  celui 
du  musée  Borgia  K.  VI,  4  et  décrits  par  Chabot 
[Synodicon  orientale ,  l?iiris ,  1902,  p.  li-io). 

'  Voir  le  numéro  de  mai-juin,  p.  479. 


5(i  JUILLET-AOCT  1900. 

Viennent  ensuite  : 

I.  K^AJi-A-A  T^tYx»~-vcY>  vdra-vjfA  T^ikV\.^.m  v^jtr\ 
vvj^v\  T^Vvrrxyi^^m  r<f^Vrrx=D  ^\»:=nv^-^  :r^^H>»- 

t^-»H  \^  r>  «  Divers  chapitn's  sur  dilVérents  sujets 
touchant^ les  jugements  ecclésiastiques,  composés 
avec  précision  par  Mar  Siméon,  év.  métrop.  de 
Rewarda^ir,  illustre  en  sciences ,  et  traduits  du  persan 
en  araméen  par  un  frère,  moine  du  pays  de  Bcith 
Qalrayê.  »  —  Ce  traité  contient  un  avant-propos  et 
trois  chapitres  suivis  de  vingt-deux  jugements^ 

II.  y^'\  %  '-fc  ^^-A  r^'v  «A  A  ^Tv  KfV<vj..:3Vv.ri..3r> 

tC^xsjAqVvt)  k  Traité  sur  les  jugements,  composé  par 
ISô'bokht,  métrop.  de  Perse,  sur  la  demande  des 
évêques  de  son  archidiocèse ,  et  traduit  du  p«'rsan 
en  syriaque  par  les  ordres  et  les  soins  de  Mar  Ti- 
mothée  (l"),  catholicos.  »  —  Ce  traité  est  divisé  en 
six  sections  ;  les  sept  derniers  chapitres  de  la  sixième 
section  manquent. 

III.  Lois  et  sentences  édictées  par  les  rois  chré- 
tiens Constantin  et  Léon.  —  Elles  sont  au  nombre 
de  75. 


NOTICE  SUR  DES  MANUSCRITS  SYRIAQUES.         57 

IV.  Canon  des  lois  des  rois.  —  Autre  version  qui 
est  plus  riche  que  la  première;  ces  lois  sont  au 
nombre  de  i  58. 

V.  Lois  civiles  des  Romains  faites  par  le  confes- 
seur Ambroise,  sur  la  demande  du  roi  Valentinien. 
—  Ces  lois  sont  au  nombre  de  112. 

VI.  Trois  lettres  de  Timothée  le  Grand. 

VII.  Discussion  du  même  patriarche  avec  le  ca- 
life al-Mahdi. 

VIII.  57  lettres  du  même.  Le  synode  de  ce  même 
patriarche  se  trouve  aussi  dans  cette  collection. 

IX.  Lettre  d'Aprem ,  métrop.  deTJam,  adressée 
à  Gabriel ,  fds  de  Bokhtisô"  :  qu'il  ne  faut  pas  com- 
munier chez  les  Romains  (Grecs)  ni  chez  les  Jacobites. 

X.  Lettre  de  Isô*^  barnoun ,  patriarche ,  adressée  à 
Isaac,  visiteur  du  pays  des  Qatrayê,  contenant 
1  3  canons  et  avertissements  touchant  l'Eucharistie. 

XL  Autres  questions  sur  le  même  sujet,  qui  ne 
sont  pas  de  Isô'barnoun.  (Ici  deux  cahiers  ont  dis- 
paru.) 

XIL  Traité  sur  l'ordre  et  les  espèces  de  l'héritage , 
composé  par  Mar  Elia ,  patriarche.  Bien  des  feuilles 
ont  disparu;  il  paraît  que  le  traité  était  divisé  en 
dix  chapitres.  —  Suit  la  clausule  finale  ^ 

^-=0  r^jc=n-:\-33  r^A-A-iÂ^f^^  ^<J3JAo^^Ja  r^Av^  jÂm 


58  JUILLET-AOÛT  1906. 

XIII,  Compilation  de  Mar  Guiwarguis,  métrop. 
d'Arbèies,  renfermant  des  règles  sm^  les  héritages, 
selon  l'opinion  de  Mar  Timothée,  de  Mar  Isô'bar- 
noun,  et.  .  .  (un  nom  illisible),  catholicos. 

XIV.  Abrégé  du  partage  des  successions,  compilé 
par  Mar  Elia  de  Nisibe.  —  Ce  traité  écrit  en  arabe, 
est  divisé  en  a 5  chapitres;  mais  il  s'y  trouve  beau- 
coup de  lacunes. 

Volume  formé  de  4a  cahiers  de  lo  l'euillets,  mesurant 
39  centimètres  sur  aS.  Chaque  page  est  divisée  en  doux 
colonnes.  Le  premier  cahier,  deux  autre»  avant  le  dernier  cl 
quelques  feuillets  d'autres  cahiers  manquent.  Le  deuxième 
et  le  troisième  cahier  ont  été  intervfi-tis  lors  de  la  reliure  du 
manuscrit. 

Sans  date.  L'écriture  parait  être  antérieure  au  xiv*  siècle. 

CoD.  9 1 .  —  r^ii^-:v2w  T^i»-A  ax::^cv.^^-A  r^VuruA 
X  y  rr—%  t^j^o^-a  .s^cocja  ~->,  ^  ,-S_mA  «^^«^—^^^  -n 
r^jLiCL^-A  \*k  fy>r^  «  LJNre  de  la  Règle  des  jugements 
ecclésiastiques,  composé  par  Mar  'Kbedjésus  de 
Nisibe ,  en  1627  des  Grecs  (  1 3 1 6  ).  » 

.  r^irDCv^^  T^^ôxrar^-A  l^w.u^  Celte  cUusale  altribue-t-eiie 

seulement  le  susdit  traité  (^"^  -y>\<f  ~r>]  à  Mar  Klia  I",  ou 
bien  tonte  la  collection  contenue  clans  h;  manuscrit?  A  mon  avis, 
elle  atteste  pour  la  deuxième  opinion;  les  mots -To\jt. 

1S^oVa^3.^Z73  OOA^QOQL\ctjûo  sont  clairs  et  disent  pourquoi 
quelques  synodes  sont  omis;  d'ailleurs  le  synode  du  patriarche 
Timothée  1"  figure  dans  celte  collection  ainsi  que  nous  l'avons  dit 
ci-dessus.  M.  Chahol  [Sjnndicon  orientale,  p.  12)  et  M.  Guidi 
pen  ent  au  contraire  qae  la  collection  des  i3  premiers  synodes 
aurait  élë  réunie  sous  le  patriarche  Timothée  I",  el  qu'Élia  V  n'au- 
rait fait  qu'ajouter  à  cette  collection  les  décisions  des  patriarches 
postérieurs. 


NOTICE  SUR  DES  MANUSCRITS  SYRIAQUES.         59 

L'ouvrage  est  divisé  en  dix  traités;  chaque  traité 
est  subdivisé  en  un  certain  nombre  de  chapitres. 

A  la  fin  se  trouve  la  lettre  de  Mar  Elia  do  Nisibe 
adressée  aux  évêques  de  la  grande  province  et  aux 
habitants  de  Bagdad,  au  sujet  de  l'élection  du  pa- 
triarche illégitime  Isô'yahb. 

Volume  composé  de  2 4  cahiers  de  10  feuillets,  mesurant 
26  centimèti^es  sur  17. 

Achevé  à  Gazarta ,  en  1 846  (  1 535) ,  du  temps  du  patriarche 
Mar  Siméon,  et  de  Gabriel,  év.  de  Gazarta. 

GoD.  92.  —  Nomocanon  d"Ebedjésus  de  Nisibe. 
(Edité  par  Mai,  Script,  veter.  nova  coUectio,  t.  X.) 

Ecrit  en  1898  de  notre  ère,  par  Guiwarguis,  prêtre. 
CoD.    93.  —    «^Hcnoxo     T^_Aw^cv_x.-A  rîL=>^\_^ 

«Livre  de  questions  et  d'avertissements,  au  sujet  du 
service  de  l'autel,  sans  renvoi.  »  Il  contient  :  1"  120 
questions  avec  réponses  touchant  l'administralion 
des  sacrements.  —  2"  Environ  lio  questions  au  su- 
jet de  l'administration  du  baptême.  —  3°  60  ques- 
tions du  patriarche  [sô'yahb  ('Abdisô''  P"^?),  qui  a  été 
évoque  de  Beith  Nouhdra ,  sur  le  baptême ,  le  saint 
sacrifice  de  la  messe,  le  mariage,  etc.  —  /i°  Ques- 
tions adressées  par  saint  Basile  à  son  frère  Grégoire 
(cod.  82,  3°).  —  5°  Questions  de  Jean  Azraq,  év. 
de  Hirta.  Ces  questions  au  nombre  d'environ  80 
sont  des  énigmes.  —  6"  Discours  d'Apollonius 
sur  la  sagesse.  —  7°  Récit  de  ce  qui  eut  lieu  après 


«0  JUILLET-AOCT  1<J06. 

la  confusion  des  langues,  du  temps  de  Phaleg.  Cette 
fable  parle  encore  de  Romulus  et  de*  la  fondation  de 
Rome.  —  8°  Diverses  (juestions  empruntées  pour 
la  plupart  à  la  Caverne  des  Trésors.  —  9°  Ques- 
tions posées  par  le  diacre  Macaire ,  avec  les  réponses 
de  Isô'barnoun ,  patriarche.  —  1 0°  Les  énigmes  de 
làô'yahb  bar  Mqadam.  —  i  1"  Livre  de  l'exposition 
des  offices  de  l'Eglise,  par  Abraham  bar  liipèh  (cod. 
82,  2°).  —  12°  Questions  de  saint  Grégoire  de 
Nysse.  —  i3°  Poésies  de  Rabban  Behnam.  — 
1  k"  Notice  composée  par  Rabban  Abraham  Slo- 
khaya,  sur  la  récitation  du  Bréviaire. 

Volume  composé  de  18  cahiers  de  10  feuillets,  mesurant 
2 1  centimètres  sui'  1 5. 

Achevé  en  199^  (i683),  dan»  le  couvent  de  R.  Hormezd 
du  temps  de  Mar  Elia,  patriarche,  par  'Abdisô',  prêtre. 

CoD.   94.  —  :i^-\<y5cv_i  r^AV^ '\  -tjlA-a  rd^^Vv-rw 

i^v*"\^  iLc^oj  »  Livre  de  la  lampe  brillante,  traduit 
de  l'arabe  en  syriaque  par  Joseph  IL  » 

Achevé  à  Telia -Zqipa,  en  2io5  (1794),  par  Abraham, 
prêtre,  fils  de  Marbéna. 

A  la  fin ,  une  note  en  arabe  est  ainsi  conçue  :  «  L'Emir  de 
Rawandouz  vint  au  pays  de  Mossoul ,  et  à  'Amadya ,  en  i83a 
de  N.-S.;  le  9  mars,  il  pilla  le  village  de  lltasa,  il  tua 
tous  les  adultes  et  emmena  les  femmes  en  captivité.  Le 
i5  mars,  il  se  dirigea  vers  Alqôs,  y  tua  172  hommes  outre 
les  enfants,  les  femmes  et  les  étrangers,  et  ia  pilla.  Son  frère 
y  retourna  et  la  pilla  une  deuxième  fois.  » 


NOTICE  SUR  DES  MANUSCRITS  SYRIAQUES.         61 

VF 

HAGIOGRAPHIE. 

Coj).  95.  —  «  Histoire  de  Joseph  J3osiiaya  écrite 
par  Jean  bar  Khaldoun.  »  (Traduite  en  français  par 
J.-B.  Chabot,  Paris,  1900.) 

Volume  renfermant  9.0  cahiers  de  10  feuillets,  mesurant 
20  centimètres  sur  i5.  11  s'y  trouve  beaucoup  de  lacunes. 

GoD.  96.  —  «  Histoires  édifiantes  ».  Savoir  : 
Vie  de  saint  Mari ,  apôtre.  —  Histoires  de  Mattai 
et    d'André,    apôtres;    des    huit    frères    dormants; 
de  saint  Yareth  (^"^j,  disciple  de  saint  Eugène;  de 
Malchus  de  Glysma,  disciple  de  saint  Eugène. 

On  trouve  ensuite  :  1°  Lettre  de  Philoxène, 
adressée  aux  moines  de  Tel'addé  ;  le  commencement 
de  cette  lettre  manque.  —  2°  Quelques  hymnes  com- 
posées par  Ablahad  Baqqala,  en  1887  de  notre  ère. 
—  3°  Rapport  représenté  en  i885  de  notre  ère  à 
Sa  B.  Eha  Aboul-Yaunan,  patriarche,  par  Samuel 
Djamil,  sur  son  voyage  dans  le  pays  des  Nestoriens. 

GoD.  97.  —  «  Histoire  de  la  sainte  Vierge.  »  G'est 
une  partie  du  Protévangile  de  saint  Jacques  sur  la 
naissance  et  l'enfance  de  la  Vierge. 

A  la  fm  du  volume  se  trouvent  les  avertissements 
touchant  le  service  de  l'autel,  composés  par  le  pa- 
triarche Jean  bar  Abgarë. 

Achevé  à  Alqôs,  en  2001  des  Grecs  {1690),  du  temps  de 
Mar  Elia,  patriarche,  par  Yalda,  fils  du  prêtre  Daniel. 


6S  JUILLET-AOÛT  1900. 

CoD.  98.  —  -7x^^30  ,^\r3o-^  r^Vu^jcV  «  His- 
toire de  Notre-Dame  Marie.  » 

Légende  d'origine  nestorienne  :  Un  négociant 
délivré  trois  fois  du  naufrage  par  l'intercession  de 
Marie  s'échappe  la  dernière  fois  dans  une  île  déserte  ; 
il  y  trouve  un  ermite  qui  lui  conseille  de  bâtir  une 
église  en  l'honneur  de  Marie.  Un  monstre  marin  lui 
apporte  trois  perles  de  grande  valeur,  et  un  ange  le 
transporte  en  Orient;  aussitôt  ([u'il  le  met  à  terre  : 
«  Regarde  à  ton  côté  •»  (wa^a^  ^û>*),  lui  dit-il.  Le 
négociant  bâtit  là  une  é^isc  en  l'honneur  de  Marie , 
et  dès  iors  le  village  fut  appelé  (r^»A-AScoA). 

Volume  formé  de  11  cahiere  de  10  feuillets,  mesurant 
ao  centimètres  sur  1 4. 

Terminé  par  Kliausabo,  prêtre  d'Alqôs ,  en  1991  (1680); 
il  a  été  écrit  pour  l'église  de  Hourdapna. 

CoD.  99.  —  «  Histoire  [fabuleuse]  d'Alexandre 
le  Grand.  ■  (Publiée  par  Budge,  i  889.) 

Achevé  à  Al<|6s,  en  ao5G  (i^^T)),  du  temps  de  Mar  Elia, 
patriarche,  par  Ilanna,  prêtre,  fîls  du  prêtre  Homo,  lils  du 
prêtre  Daniel .  fds  du  prêtre  Elia  ;  il  a  été  donné  par  Khau- 
sabo  au  couvent  de  Mar  Eugène. 

CoD.  100.  —  «  Histoire  d'Ahiqar,  le  scribe  du  roi 
d'Assyrie,  Sennachérib,  et  de  son  neveu  Nadan.  » 
(Publiée  par  M.  R.  Harris,  en  1898.) 

Terminé  en  i883  de  notre  ère,  par  Etienne  Raïd. 

CoD.  101.  —  Volume  renfermant  : 

1  °  Histoii'e  des  comédiens  qui  furent  martyrisés. 


NOTICE  SUR  DES  MANUSCRITS  SYRIAQUES.         63 

—  2**  Poème  de  Mar  Aprem ,  en  i  2  livres ,  sur  Joseph 
(publié  par  Bedj an,  en  1891). 

Ecrit  au  couvent  de  R.  Hormezd,  en  1876  de  notre  ère, 
par  Aprein ,  moine. 

Coi).  102.  —  «  Actes  du  martyr  Saba.  »  (Publiés 
par  Bedj  an.) 

Volume  formé  de  5  cahiers  de  10  feuillets,  mesurant 
18  centimètres  sur  i3.  —  Sans  date.  Ecriture  du  xiv'  siècle. 

CoD.  103.  —  «Actes  de  Mar  FÀigène.  »  (Publiés 
par  Bedj  an.) 

Achevé  en  2009  (1698),  à  Qodjanès,  par  Ibrahim,  iils  de 
Soulaqa. 

CoD.  104.  —  «Vie  de  Rabban  Bar  'Edta,  com- 
posée par  Abraham  Zabaya,  en  vers  de  sept  syllabes, 
d'après  la  vie  écrite  en  prose  par  Jean  Parsaya.  »  Ce 
poème  est  divisé  en  62  chapitres. 

Volume  composé  de  7  cahiers  de  10  feuillets,  de  3  5  centi- 
mètres sur  1 7 . 

Achevé  en  1891  de  notre  ère,  dans  le  couvent  de  R.  Hor- 
mezd ,  par  André ,  moine. 

CoD.  105.  —  «Histoire  de  Rabban  Hormezd, 
composée  par  Rabban  Siméon,  disciple  de  Mar 
Yozadaq.  » 

Volume  composé  de  i3  cahiers  de  10  feuillets,  mesurant 
26  centimètres  sur  i(). 

Achevé   en   2177    (186G),  au   couvent  de    Mar  Aprem 

des  Syriens,  dans  la  vallée  de  Isla,  dans  le  bas  Tyaré,  par 

^Yaunan,  111s  du  prêtre  Daniel,  fds  du  prêtre  Israël,  fils  du 


64  JUILLET-AOÛT   190(). 

prêtre  Daniel,  lîls  du  prêtre  Israël,  fils  du  prêtre  Daniel,  fils 
du  prêtre  lyar  Maqdsaya,  natif  de  Tkhouina  et  orijfinairc 
d'Arbclcs. 

CoD.  106.  —  «Poème  de  Sarguis  d'Adhorhai- 
djaii  sur  Habban  Uonnezd.  »  (Public  par  M.  13udg«', 
en  189^.) 

Achevé  k  Telképé,  en  189a  de  notre  ère; 

CoD.  107.  —  «Poème  sur  Sabrîso*  de  Beitli 
Qôqa  et  ses  disciples.  »  Ce  poème  est  en  vers  de 
douze  syllabes;  le  style  est  élégant.  L'auteur,  qui  ne 
nous  est  point  connu,  retrace  l'histoire  du  couxcnt  de 
Beith  Qôqa  depuis  le  début  du  vu'  jusqu'à  la  lin 
du  viii"  siècle. 

Au  commencement  du  livre  se  trouve  une  notice 
sur  le  destin,  divisée  en  jq  chapitres,  dont  chacun 
contient  19  phrases  métriques;  la  dernière  dau^ule 
est  celle-ci  :  «  Fin  de  ces  sorts,  qui  ont  été  faits  par  un 
philosophe  appelé  Galienus.  » 

Volume  contenant  1  i  cahiers  de  10  feuillets,  mesurant 
17  centimètres  sur  12. 

Achevé  en  3007  (1696),  du  temps  de  Mar  Siméon,  pa- 
triarche ,  par  Ablahad ,  fds  de  Hormezd ,  originaire  du  village 
de  sarokhya. 

CoD.  108.  —  «  Histoire  du  couvent  de  Babban 
Hormezd  (depuis  1808  de  notre  ère  jusqu'à  1862)  »; 
composée  par  le  prêtre  Elisée,  supérieur  du  même 
couvent. 

Volume  contenant  2  3  cahiers  de  10  feuillets,  mesurant 
36  centimètres  sur  24. 


NOTICE  SUR  DES  MANUSCRITS  SYRIAQUES.         65 

CoD.    109.    —  T^-moT^^-A  v^  y  yr.\-\  rd_=3^^-:^ 

T^lX^rr>-A  «  Liber  Sapcriorum  composé  par  Thomas 
de  Marga.  »  (Publié  par  M.  Budge,  en  iSgS,  et  par 
Bedjan,  en  1901.) 

Volume  composé  de  20  cahiers  de  10  feuillets,  mesurant 
29  centimètres  sur  20. 

Terminé  à  Alqôs,  en  2012  (1701),  du  temps  de  MarElia, 
patriarche,  par  Yalda  prêtre,  fils  du  prêtre  Daniel,  fils  du 
prêtre  Elia ,  fils  du  prêtre  Daniel  d'Alqôs;  il  a  été  donné 
par  Smoni,  lille  de  INa'azar,  à  l'église  de  Mar  Isaac,  du  village 
de  Telia ,  dans  le  pays  de  Marga. 

CoD.  110.  —  Même  ouvrage  que  le  précédent. 

Achevé  au  couvent  de  R.  Hormezd,  en  1880  de  notre  ère, 
par  Aprem,  moine. 

CoD.  111. —  Vie  de  Joseph  Audo,  patriarche 
(18/17-1878),  composée  par  le  prêtre  Ablahad,  du 
couvent  de  R.  Hormezd,  en  1889. 

Volume  contenant  12  cahiers  de  10  feuillets,  mesurant 
36  centimètres  sur  24. 

CoD.  112.  — «  Récits  édifiants  et  vies  des  saints.  » 
Savoir  : 

Actes  de  saint  Thomas ,  l'apôtre  ;  de  Mari ,  l'apôtre. 
—  Histoire  de  Mar  Mikha  Nouhdraya;  de  l'image 
de  N.-S.  —  Vie  de  Mar  Aprem;  de  saint  Etienne;  de 
Mar  Behnam ,  martyr;  de  saint  Jacques  l'Intercis.  — 
Histoire  de  Beith  Slokh  ;  de  Mar  Qardagh ,  martyr  ; 
de  saint  Gyriaque.  —  Apociyphe  des  apôtres  Mattai 
et  André.  —  Légende  de  saint  Georges.  —  Pre- 
vm.  5 


tlPItlVRaiB    «ATIOIlALKi 


M  JUILLET-AOOT  1900. 

mière  et  deuxième  Invention  de  la  Croix.  —  Lé- 
gendes de  la  B.  Thecia,  d'Onésime  et  de  Juliané. 

Achevé  à  Alqôs,  en  i885  de  notre  ère,  par  'Isa,  fils 
d'Isaïe. 

CoD.  113.  —  i^X-xjfex.V-:\  1^=3^^^  «  Histoires 
édifiantes.  »  Savoir  : 

Apocalypse  de  saint  Paul.  —  Histoire  des  Ré- 
chabites,  racontée  par  Zosime.  —  Récit  de  la  der- 
nière résurrection  avec  des  notices  sur  le  Fils  de 
perdition  (Antéchrist).  —  Discours  de  Mar  Aprem 
sur  le  dernier  jugement.  —  Histoire  du  roi  Ar- 
sène; de  saint  Maurice,  roi  de  Rome;  de  saint 
Tnima  ;  de  Papnutius ,  négociant  spirituel  ;  de  Thécla , 
disciple  de  saint  Paul.  —  Première  et  deuxièmt* 
Invention  de  \ix  Croix.  —  Livre  de  Suzanne.  —  Dé- 
couverte du  corps  de  saint  Etienne.  —  Actes  de 
Mar  Behnam  —  Histoire  de  Mar  Yaunan,  disciple 
de  saint  Eugène.  - —  Actes  de  saint  Jacques  l'Inter- 
cis;  de  saint  Ignace  d'Antioche;  de  saint  Pantaléon  et 
ses  compagnons,  martyrs;  de  Sarguis  et  Bacchus, 
martyrs. 

Sans  date.  Dans  le  corps  du  volume  une  note  dit  qu'il 
a  été  donné  par  le  prêtre  Joseph  à  l'église  de  IJourdapna. 

VII 

OUVRAGES  ASCÉTIQUES. 
CoD.    11''].  —  .Vs,    :  «ràvKÎi-A-^    ^j^vicu-A    r^raVvak 
t^^\-*av^k.-A  T^\=>o-A  «  Livre  de  Jean  de  Dalyathé 
sur  la  vie  monastique.  » 


NOTICE  SUR  DES  MANUSCIUTS  SYRIAQUES.        67 

.    Volume  lormé  de  a8  cahiers  de   lo  feuillets,  mesurant 
19  centimètres  sur  i3. 

Achevé  en  1889  de  notre  ère;  il  a  été  copié  sur  un  an- 
cien manuscrit  dont  les  premiers  feuillets  manquaient  et 
dans  lequel  se  trouvaient  bien  des  lacunes. 

GoD.  115.  —  Lettre  de  Philoxène,  adressée  h  un 
de  ses  amis  qui  était  supérieur  ( des  moines)  dans  le 
désert,  sur  la  vie  monastique.  —  Ce  traité  est  divisé 
en  trois  chapitres. 

Ecrit  au  couvent  de  R.  Hormezd,  en  18/io  de  notre  ère. 

CoD.  116.  —  Livre  sans  date  qui  contient  : 

1°  Des  morceaux  choisis  du  V*  volume  d'Isaac  de 
Ninive,  sur  la  Providence  divine.  —  2°  Les  maximes 
de  Babai  le  grand  sur  la  vertu;  ce  traité  comprend 
Il  chapitres.  —  3°  Deux  hymnes  de  Babai  bar 
Nsibnayé  sur  la  pénitence.  —  li°  Six  homéjies  de 
saint  Aprem  sur  la  pénitence,  etc.  —  5°  Une 
hymne  d'Isaac  de  Ninive  sur  la  nature  divine.  — 
6°  Discours  de  Mar  Aprem  contre  Bardesane.  — 
-7°  Poésie  de  R.  Behnam.  —  8"  Hymne  à  chanter 
avant  le  repas.  —  9°  Hymne  à  chanter  pendant  la 
tonsure  des  moines.  —  1  o"  Poésie  de  Jean  bar 
Penkayé  sur  la  crainte  de  Dieu  (cette  poésie  a  été  pu- 
bliée par  M»' Élia  Millos  en  1868).  -—11"  Instruc- 
tion de  Mar  Aprem  sur  l'Incarnation. 

CoD.  117.  —  Même  contenu  que  le  précédent. 
Cou.    118. —  nn.—^s.-n   fv>.».\^Jt.\nn-A    «^.raVv.^ 


68  JUILLET-AOOt  1906. 

i^jâVn  AmcuA  «Livre  du  Diamant,  composé  par 
ie  palriarclic  Joseph  II.  » 

Ce  livre,  divisé  en  deux  sections,  est  une  compi- 
lation de  livres  spirituels,  composés  par  dos  auteurs 
latins. 

Terniini"  en  i8:ji  de  notre  ère,  au  couvent  de  R.  Hor- 
mezd,  par  Joannis,  moine  de  Telképé. 

CoD.  119.  —  Même  ouvrage.  (Sans  date.) 

CoD.  120.  —  Même  ouvrage.  (Sans  date.) 

CoD.  121.  —  ,^jxix*VvjrC^\  r^raVv^  «  Livre  des 
Ethiques»,  composé  par  Barhebraius.  (Publié  par 
P.  Bedjan,  en  1898.) 

Suit  une  homélie  de  Mar  Jacques,  sur  \v  dernier 
jugement. 

Achevé  à  Alqôs,  en  ao33  (1722),  du  temps  de  Mar  EHa, 
patriarche,  et  de  Mar  llnanjésus  (rs^K^>^(V^  "VV-^).  par  le 
prêtre  Guiwarguis,  Dis  du  prêtre  Daniel,  fils  du  prêtre  Elia; 
il  a  été  écrit  pour  Isô',  prêtre  et  moine  du  couvent  de 
R.  Homiezxl. 

CoD.  122.  —  rcr\_=3c»^  VxoS  .  <\3t.^  K:=i»)ï\ri 
y<f  y  \  .fi  -r>  -  vvacvjA  ^fc^-KN^-îx  «  Livre  des  bonnes 
œuvres,  composé  par  Jean  de  Mossoul.  »  Ce  livre, 
en  vers  de  sept  syllabes,  a  été  écrit  en  1  2^5. 

Suivent  :  1  "  Une  poésie  de  Jean  bar  Penkayé ,  sur 
les  vices  des  moines  (cod.  116,1  o").  —  2°  22  poé- 
sies de  Rabban  Paulos  sur  l'amour  de  la  sagesse.  — 
3°  Poème     énigmatique    de     Rabban    Siméon    de 


NOTICE  SUR  DES  MANUSCRITS  SYRIAQUES.         09 

Saqlaband,  commenté  par  *Ebedjésus  de  Nisibe. — 
4"  Autres  poésies  d'un  auteur  anonyme.  — 
5°  Quelques  poésies  de  Mar  Aprem. 

Tout  ce  que  contient  ce  livre,  sauf  les  numéros 
3"  et  5°,  a  été  publié  par  MF  Élia  Millos  [Direc- 
torium  spiritnale,  Rome,  i868). 

Achevé  en  2069  (1768),  du  temps  de  Mar  Elia ,  patriarche , 
et  de  Mar  Isôyahb  (rij.i^-Ka2k.  \\.\). 

GoD.  123.  —  Même  titre  et  même  contenu  que 
le  cod.  précédent. 

Terminé  à  Alqôs  en  197/1  (i663),  au  temps  de  Mar  Elia, 
patriarche,  par  'Abdisô',  prêtre,  (ils  du  prêtre  Hormezd, 
fils  du  prêtre  Israël. 

GoD.  124.  —  T> vv  .  CYV    lA  T^HmT<!=n-^  rù=ik\c^ 

rUciXjt^-^  «  Livre  des  homélies  d'Isaac  de  Ninive.  » 

Ge  volume  contient  26  homélies  en  vers  de  sept 
syllabes;  elles  ont  été  publiées  parBedjan,  en  1908, 
sous  le  nom  d'Isaac  d'Anlioche;  ce  sont  les  ik  pre- 
mières homélies  de  sa  publication.  La  dernière  n'a 
pas  été  publiée. 

Sans  date.  Ecriture  du  xiv'  siècle. 

CoD.  125.  —  Même  titre  et  même  contenu  que 
le  précédent. 

Achevé  en  1886  de  notre  ère,  au  couvent  de  Notre-Dame- 
des-Semences,  par  Joseph  Katlovda. 

GoD.  126.  — rc^^mrDrw-A  r^£û.»^^\^-\  r^ra^^^k. 
«  Parmi isus  Patriim.  » 


70  JUILLET-AOÛT  1906. 

Ce  volume  contient  ITiistoire  de  saint  Antoine,  la 
première  et  la  deuxième  partie  de  l^dladius  et  celle 
de  saint  Jérôme.  (Publi/^  par  Bedjaii  en  1897.) 

CoD.  127.  —  Volume  de  mauvaise  écriture, 
qui  est  la  continuation  du  cod.  précédent  et  qui 
contient  la  troisième  partie  du  Paradisus  Pntrnm 
(publié  par  Bedjan). 

CoD.  128.  —  1^  vv  fc  »  "TSA  — ^  Si,-^  ^^raVv^ 
i^îv_i^^xj-a  KfV\av»V^v3o^  «  Livre  de  'Abdmsiha  : 
conseils  aux  moines  ». 

Ce  volume  contient  55  traités  ou  lettres  sur  divers 
sujets  .ascétiques.  Quelques-unes  de  ces  lettres  sont 
adressées  à  Domat,  confesseur;  h  Siméon  et  h 
Fitienne,  prêtres;  h  Bakkos,  Bokbtzid,  Sarguis  et 
Abraham,  moines;  et  à  Xystarus.  L'auteur  vivait 
après  le  x"  siècle;  car  il  y  cite  le  patriarche  *Abd- 
iàô*  I"  (963-986)  et  la  vie  de  Joseph  Bosnaya  écrite 
par  Jean  bar  Khaldoun. 

Suivent  :  1"  Histoire  de  Mar  Uazqiel,  un  des 
disciples  de  saint  Eugène,  qui  fonda  un  monastère 
à  Daqoq  (à  9  heures  au  sud  de  Kerkouk);  cette  vie 
est  incomplète  au  commencement;  elle  est  copiée 
sur  un  très  ancien  manuscrit  qui  se  trouve  à  l'évéché 
de  Kerkouk.  —  2"  Le  Livre  de  la  Colombe,  com- 
posé par  Barhebraeus. 

Achevé  en  1 887  de  notre  ère. 

CoD.  129.  —  «L=D^tv_a,-A  «^H._mrC^-A   x<!rxx.a^ 


NOTICE  SUR  DES  MANUSCRITS  SYRIAQUES.  71 
v^^ys^  s=i\-\  i<r\maî>-  ,^  ^-=0^^  «  Explication 
des  discours  du  livre  de  l'abbé  Isaïe,  faite  par  Dadisô' 
Qalraya,  (moine)  du  couvent  do  Rabkennaré.  » 

Ce  livre  a  été  copié  sur  le  iiis.  yd  de  Séert.  Voir  l'analyse 
dans  le  Journ.  Asiat.,  janv.-^évr.  1906. 

GoD.  130,  — r^i^_x_v_wo-H  r^A^rw  «La  barque 
spirituelle.  » 

Une  longue  notice ,  placée  dans  le  corps  de  l'ou- 
vrage nous  apprend  :  1"  Que  le  livre  a  été  terminé 
en  1791  des  Grecs  (i48o); —  2"  Que  l'auteur  de 
l'ouvrage,  Mas'oud  (ncvi-xsam),  à  l'âge  de  22  ans, 
se  fit  moine  dans  le  Tour  ^Abdin;  dix  ans  après, 
il  a  été  nommé  supérieur  du  couvent;  en  1792 
(  1  48 1  ) ,  il  a  été  fait  évêque  sous  le  nom  de  Basile , 
pour  le  couvent  de  Mar  Qouriaqos,  dans  le  pays 
de  Hezza  (ce  couvent  est  à  environ  16  heures 
à  l'ouest  de  Séert  :  Deir  Akiran  sur  la  carte  de 
Lynch). 

Volume  formé  de  plus  de  Ao  cahiers  de  1  o  feuillets ,  me- 
surant 20  centimètres  sur  i5.  Les  premiers  et  les  derniers 
calùers  mancjuent.  Ecriture  jacobi te. 

VTII 

GRAMMAIRE    ET    LEXICOGRAPHIE. 

GoD.  131.  —  «  Grammaire  syriaque ,  composée 
par  Jean  bar  Zou'bi.  » 

Volume  en  mauvais  état  ;  les  premiers  et  les  derniers 
cahiers  ont  disparu.  Ecriture  mauvaise. 


72  JUILLET-AOÛT    190C. 

GoD.  132.  —  Même  ouvTage  qiiP  le  cod.  précé- 
dent. A  la  suite  se  trouve  le  discours  de  Jean  bar 
Ma'dani  sur  l'âme,  intitulé  :  «  Discours  sur  l'oiseau.  » 

Cod.  133.  —  rw-iLm-A  rdraVv^  «  i^ivre  des 
Splendeurs»,  ou  grande  grammaire,  composée  par 
Barhebneus. 

Terminé  en  1819  de  notre  ère,  au  couvent  de  Rahhnn 
Ilormezd,  par  Thomas,  moine,  fils  de  Nisan. 

Cod.  134.  —  ^^t>-:\  i^Sa^i^o  rs^ixso^A  r^Wvsr» 
t^\rxs^  -vraA  vdA»—vSi.-:\  i^VvmlSÔa  «  Introduction 
au  Li>re  des  Splendeurs,  suivie  d'un  traité  sur  les 
mots  ambigus,  composée  par  Barliebra'us.  » 

Cet  ouvrage  est  en  vers  de  sept  syllabes;  il  a  été 
publié  par  l'abbé  P.  Martin  ainsi  que  le  précédent. 

Achevé  à  Notre-Danie-des-Semences,  en  187^  de  notre 
ère,  par  le  prêtre  Philippe,  de  la  famille  de  Doudo,  de 
Teiképé.  Le  copiste  déclare  avoir  copié  cet  ouvrage  sur  deux 
manuscrits  du  prêtre  Ahdeikarim  de  Mossoui,  et  de  Mar 
'Abdisô'  de  Gazarta,  qui  lui-même  en  i863  des  Grecs  (i553) 
l'avait  copié  sur  trois  autres  manuscrits.  (Le  manuscrit  de 
Mar 'Abdisô' se  trouve  à  la  bibliothèque  de  l'église  d'Alqôs.) 

Cod.    135.    —   t^T  W  -7x-m   ^-ào^-a   Klra^tv.^ 

,._îij=nA  vv.*VAr^  Xvif  ~->  «  Livre  de  la  grammaire 
Kurde ,  composé  par  le  prêtre  Ablahad  d'Alqôs ,  en 
1 888  de  notre  ère.  • 

Cet  ouvrage  est  très  bien  fait;  il  est  écrit  en  carac- 
tères cbaldéens;  il  est  suivi  de  quelques  proverbes 


NOTICE  SUR  DES  MANUSCRITS  SYRIAQUES.         73 

Kurdes   et  de  quelques  Lectionnaires  traduits   eu 
Kurde. 

GoD.  1 36.  —  AAra-i^-A  :«:rVvs..Hj  .rxracnA  ri^VvA 
r^\r3-v!^x3  .=3a3a.v»  \<jtjoe.xx\  «  Livre  de  la  Fleur 
des  connaissances,  composé  par  le  prêtre  Jacques 
Qtarblciya.  » 

Cet  ouvrage  est  divisé  en  sept  chapitres;  il  con- 
tient les  verbes  syriaques  par  ordre  de  conjugaison. 

Terminé  en  1870  de  notre  ère,  à  Mossoul,  par  Philippe, 
moine. 

CoD.  137.  —  Même  ouvrage  que  le  précédent. 

Achevé  au  couvent  de  Mar  Guiwarguis,  en  1882  de 
noire  ère. 

CoD.  138.  —  Volume  dont  les  premières  feuilles 
manquent.  Il  contient  :  1"  Catalogue  des  écrivains 
nestoriens  par  'Ebedjésus  de  Nisibe.  —  2°  Traité 
des  Définitions  de  toutes  les  choses ,  de  leur  explica- 
tion et  de  leur  division,  compilé  et  abrégé  des 
livres  des  philosophes.  Ce  traité  est  précieux  surtout 
pour  ce  qui  regarde  la  littérature  syriaque;  l'auteur 
est  anonyme.  —  3°  Explication  des  mots  grecs, 
introduits  dans  la  langue  syriaque.  —  [x°  Mots 
équivalents.  —  5°  Explication  des  mots  dilîiciles  et 
obscurs  dans  l'Ecriture,  faite  avec  beaucoup  de 
peine  par  Rabban  'Enanisô',  disciple  de  saint  Jacques 
de  Beith  'Abê.  —  6°  Traité  de  Isô'barnoun ,  patri- 
arche, sur  les  mots  ambigus.  —  7"  Explication 
d'autres  mots.  —  8"  Mots  empruntés  à  la  langue 


74  JUILLKT-AOÛT    1906. 

grecque.  —  9°  Autre  traité  sur  1<'S  mots  ambip;iis. 

—  10"  Proverbes  de  Siméon  de  Saqiawa,  en  \er.s  de 
sept  syllabes  ;  ces  vers  sont  autres  que  ceux  qui  se 
trouvent  dans  les  cod.  123,  3";  1  2 3,  et  qui  ont  été 
publiés  par  le  P.  Qardabi  dans  son  Liber  Thcsnun, 
p.  8g.  —  I  i'  Notice  sur  les  prophètes.  —  i  2"  Mor- 
ceaux choisis  du  livre  d'Klia  d'Anbar.  —  1  3"  Expli- 
cation de  mots  latins,  grecs  et  hébreux.  —  1  /|"  Notes 
sur  la  chronologie,  —  1  5°  But  do  la  ponctuation. 

—  16"  Explication  des  mots  difliciles  dans  l'A.  et 
le  N.  Testament.  —  1  y.  Livre  de  la  Perle,  composé 
par  'Ebedjésus  de  Nisibe  (cod.  ^1;  1^2,  5"). 

Achevé  à  Arandaqnas  (ootua^uÀi^)  en  1790  {i^'jij),^ar 
le  prélre  Aprem ,  fils  du  prêtre  Jacques. 

Cod.  i  39.  —  Volume  qui  contient  : 

1°  JÀber  Canonum  de  œ(jmlitteris ,  de 'EnaniSô*  et 
deHonein. 

2"  Traité  de  'Abdisô'  de  Gazarta  sur  les  mots 
semblables  par  l'écriture  et  différents  par  le  sens 
(ces  deux  opuscules  ont  été  édités  par  Hoffmann). 

3"  Autre  traité  sur  les  mots  aml)ij3^s,  d'un  auteur 
anonyme. 

A"  Abrégé  de  la  grammaire  de  Jean  le  Stylitc. 

Sans  date.  Kcritare  du  xvi*  siècle. 

CoD.  140.  —  Volume  renfermant  : 

1°  Liber  Canonum  de  œqiiilittem  de  'Enanisô*  et 
de  Honein  (cod.  139,  1"). 


NOTICE  SUR  DES  MANUSCRITS  SYRIAQUES.         75 

2*  Réseau  des  points ,  composé  par  I§ô'yahb  bar 
Malkoun. 

3"  Grammaire  d'ÉHa  de  Nisibe. 

Sans  date,  Écriture  du  xviif  siècle. 

CoD.  141.  —  .   fA-y^-A  ..,^xx*  fv>'\03An  T^raVvst. 
AcAoxrs  ïv=3  «  Lexique  de  Hassan   bar  Bahloul  » , 
en  deux  volumes.  (Kdité  par  R.  Duval,  Paris,  1 888 
1896.)  —  Sans  date. 

IX 

OUVRAGES    DIVERS. 

CoD.  142.  —  ^\j  r>aA-A  r^— >^iv^  «Morceaux 
cboisis.  »  Ce  volume  contient  : 

1"  Liber  Canonum  de  œcjiiilitteris  de  'Enanisô'  et 
de  Honein,  et  autre  compilation  du  même  genre 
(cod.  189,  1°;  i4o,  1°).  —  2"  Explication  des 
mots.  —  3"  Explication  de  la  Foi  de  Nicée.  — 
4"  Les  dix  catégories  d'Is(Vbokbt ,  métrop.  de  Rew- 
ardasir  (cod.  62,  5").  —  5°  Livre  de  la  Perle 
(cod.  4i;  i38,  ly").  —  6°  De  la  dilférence  entre 
Mana ,  qnôma  et  tsfpôacàitov.  —  y"  Traité  sur  les  mots 
ambigus.  —  8°  Questions  de  Jean  Azraq  (cod.  98, 
5").  —  9"  Questions  de  saint  Basile  à  son  frère  Gré- 
goire (cod.  82,  3";  93,  4°).  —  10°  Les  songes  et 
leur  explication.  —  11"  Quelques  énigmes.  — 
1  2°  Discours  en  vers  de  douze  syllabes  sur  le  der- 
nier jugement.  —  1 3"  Livre  des  Définitions  com- 
posé par  Michaël  Badoqa  (cod.  82  ,  3"). 


76  JUILLET-AOÛT    1900. 

Volume  formé  de  ii  cahiers  de  lo  leuillets,  mesurant 
a5  centimètres  sur  17. 

Achevé  dans  le  village  de  Bassouri ,  sur  le  bord  du  Tigre , 
en  1 990  des  Grecs  (  1 G79) ,  du  temps  de  Mar  Elia  ,  patriarche , 
et  de  Mar  Joseph  de  Gazarta;  (^crit  par  Homo,  diacre,  fds 
du  prêtre  Daniel,  (ils  du  prêtre  Klia  d'Alqôs. 

CoD.  143.  — ^^.axsojfA  «.^ajaxio-vak-A  rdraVv^ 
ni— »\rvif.-A  «  Chronologie  de  Siméon  de  Sacjlaband.  » 

Cet  ouvrage  est  un  calendrier  et  une  explication 
des  différentes  ères,  par  demandes  et  réponses. 

Volume  composé  de  10  cahiers  de  10  feuillets,  mesurant 
a 5  centimètres  sur  17.  —  Sans  date.  L'éciiture  est  antérieure 
au  xvr  siècle. 

Cod.  144.  —  r^^ocA-=\  r^!r3V^  «  iVIorceaux 
choisis.  >i  Le  volume  contient  :  1"  Note  sur  S<;ikh 
'Adi  (monastère  des  Yézidis).  —  2°  Note  sur  Sigar: 
comment  ses  habitants,  qui  étaient  nestoriens,  em- 
brassèrent le  yézidisme.  —  3°  Note  sur  la  religion 
des  Yézidis,  —  5"  Note  sur  les  Caliphes.  —  4"  His- 
toire de  Sarguis.  —  6°  Controverse  entre  un  arabe 
et  un  moine.  —  7°  Note  sur  les  Syriens  de  Malabar 
(publiée  par  Samuel  Djamil).  —  8°  Lettre  du  pape 
Jules  au  patriarche  Soulaqa.  -r—  9°  Discussion  avec 
les  protestants.  —  10''  Livre  de  la  Chasteté  (publié 
et  traduit  par  J.-B.  Chabot,  Rome,  1  896 ;  le  texte  a 
été  réédité  par  P.  Bedjan  en  1901). 

Sans  date.  Ecriture  du  xrx*  siècle. 
CoD.    145.    —    Kl.ûa»-A-\An  r^^a^^a.    «Paradis 


NOTICE  SUR  DES  MANUSCRITS  SYRIAQUES.         77 

d'Eden»,  composé  en  vers  par  'Ebedjésiis ,  mélrop. 
de  Nisibe  et  d'Arménie. 

Terminé  en  1866  de  notre  ère,  par  Augustin,  prêtre. 

CoD.  146.  —  Même  ouvrage.  —  Sans  date. 

GoD.  147.  —  «:rW2k^on-A  v^znitvci.  «Livre  de 
chants  »,  en  chaldéen  vulgaire. 

Le  volume  contient  cinq  longs  chants  ou  poésies 
sur  la  Vierge  Marie,  l'enfer,  le  royaume  des  cieux, 
la  pénitence  et  les  moines,  composés  par  David 
Cora,  le  prêtre  Damien  d'xAlqôs  et  Thomas  Tektek. 

CoD.    148. —  f^KjX^^  r^\mv^   "73^    rîlraVvw:^ 

«  Livre  du  discours  accouplé.  » 

Discours  en  vers  de  douze  syllabes,  composé  par 
Barhebrœus.  11  traite  de  la  science  divine  et  de  la 
sagesse.  Khamis  bar  Qardahé  a  ajouté  à  chaque 
phrase  métrique  de  Barhebraeus  une  autre  phrase 
sur  le  même  sujet;  d'autres  écrivains  ont  imité 
Khamis,  entre  autres  Isô'yahb  bar  Mqadam  (i/|53), 
le  patriarche  Joseph  II  (1698),  Saumo  de  Pioz 
(vers  1730)  et  Elias  Babaka,  moine  (1882);  de 
sorte  que  chaque  phrase  métrique  de  Barhebraeus 
est  précédée  de  cinq  autres  phrases  pareilles. 

Terminé  à  Telképé  en  1897  de  notre  ère,  parPélros. 

CoD.  149.  —  Même  ouvrage  que  le  précédent, 
sauf  les  })hrases  métriques  d'I^'ilias  Babaka. 

Suit  un  discours  métrique  de  Joseph  II,  sur  l'exil 


78  JUILLET-AOÛT  1906. 

Achevé  à  Telképé",  en  1879  ^®  notre  ère,  par'Abdiâô', 
prêtre. 

T^  ir»y  rv\   ^*.— is..-^  rd\=nrd=n 

i^Vvo-S^c7j"\^  «  Discours  sur  la  connaissancv  de  la 
rhétorique,  composé  par  le  prêtre  Antoine  de  Ta- 
grit.» 

M.  R.  Duval  a  donné  une  analyse  de  cet  ouvrage 
qu'il  publie  actuellement  dans  le  Corpus  Srriptnrum 
Chrislianorum  orientaliiim.  Il  comprend  ciiuj  livres, 
dont  le  premier  est  divisé  en  sept  chapitres. 

Achevé  en  1896  de  notre  ère. 

CoD.  151.  —  Volume  qui  contient  deux  longs 
chants  (i^WxHon)  sur  la  pénitence,  en  chaldéen 
vulgaire,  composés  par  Israël,  prêtre  d'Alqô§,  en 
1922  des  Grecs  (161  i  ) ,  et  par  Mar  Jean. 

GoD.    152.    —  v^-xAr^-^  rcf^orclr^>:^  rClraVvj:^ 

S_=3at^-^   «  Livre  des  Centuries   composé  par   Klia 

d'Anbar.  » 

Volume  composé  de  4o  cahiers  de  10  feuillets,  mesurant 
36  centimètres  sur  17.  —  Sans  date.  Ecriture  du  xvf  siècle. 

GoD.  153.  —  r^lJL=rv_=rx-co-^  r^raVvri.  «  Livre  des 

Médicaments.  » 

L'ouvrage  est  divisé  en  21  chapitres,  qui  traitent 
théoriquement  et  pratiquement  de  toutes  les  mala- 
dies; le  dernier  chapitre  présente  des  lacunes.  L'au- 
teur de  l'ouvrage  est  vraisemblablement  Honein. 


NOTICE  SUR  DES  MANUSCRITS  SYRIAQUES.         79 

Suivent  :  i"  Notice  sur  les  jours  du  mois  de  ta- 
niouz  (juiliet).  —  2°  Compte  des  litres  et  des  mith- 
(jals.  —  3°  Calendrier  dos  mois  lunaires.  —  k" 
Livre  du  Destin.  —  5"  Note  sur  les  constellations  du 
zodiaque.  —  6°  Note  tirée  du  livre  d'Armis  sur  la 
mutabilité  des  jours  et  des  nuits  et  sur  les  songes.  — 
■7°  Livre  des  remèdes  terrestres  (r^JLm  -n  fv>  \a.x5û 

Ce  livre  a  été  copié,  en  i883  de  notre  ère,  sur  un  ancien 
manuscrit  d'Alqôs;  les  deux  premiers  chapitres  manquent 
par  suite  de  la  disparition  des  deux  premiers  cahiers. 

INDEX   ALPHABÉTIQUE 

DES  AUTEURS  ET  DES  OUVRAGES  ANONYMES. 


[  Les  chiffres  indiquent  les  numéros  des  manuscrits. 


Aba  1,22. 

'Ahdiso' de 'Elam,    80;   82,   1°. 
'Abdisô'  (moine),  2^,  5°. 
'Abdisô'  de  Gazarta,  56,  3°;  68; 

69;  70;  139,  2°. 
'Abdisô'  1,93,3°. 
'Abdmsiha,  128. 
Ablaliad   Baqqala,  96,  2"-,  m; 
i35.' 
Abraham    l)ar   Lipêh,    83,    2°; 

93,  11". 
Abraham  de  Beith  Rabban,  22. 
Abraham  Nëthpraya,  2/»,  1°. 
Abraham  Slokhaya,  93,  ià°. 
Abraham  Zabaya,  10/i. 
'Adi  (note  sur  Seikh),  i44,  i"- 


Ahob  Qalraya,  20;  21;  22. 
Ambroise  (s.),  90,  5°. 
Antoine  de  Tagrit,  i5o. 
Apollonius,  93,  6°. 
Apraliat,  22. 
Aprem  (s.),  22;  78;  ici;  116, 

/l°,6°,  11"-,  122,  5°. 

Aprem  de  'Élam,  90,  9°. 
Aristote,  /ig,  2°;  5o. 

Babai  bar  Nsibnayé,  116,  3°. 
Babai  le  Grand,  37;  116,  2°. 
Babai  le  Persan,  22, 
Bar  Bahloul ,  1 A 1 . 
Barhadbsabha  'Arbaya,  02,  7°. 
Barhel)riPOs ,   3o;    /|5;   46;  47; 


80 


JUILLET-AOÛT  1906. 


53,    4";  7».   6";    m;   n8, 
3°;  i33;  iZà;  i48^  1^9. 
Basile  (s.).  8a,  3';  gS.  4;  l'u 

9°- 
Basile,  étéquc  jacobitc,  i3o. 
Belinam    (Rahban),     93,     13°; 

1 1 3 ,  7°. 
Bréviaires,  Sg;  60;  61;  62;  63; 

64;  65;  66;  67;  71;  72;  73; 

74;  78. 
Brikhisô',  disciple  de  Samii,  7a, 

3". 

(^ulipbcs  (notes  sor  les) ,  i44 ,  4*> 
Cufnla  distincla  du  livre  de  saint 

Pierre,  ai ,  h". 
Cmua  Causariun.  5i. 
CJjanLs  (les),  69;  69. 
Chronologie  (note  snr  la),  i38, 

i4. 
Commentaires  sur  les  Ecriture», 

3o  ;  a  1  ;  s  a  ;  a  3  ;  a  4  ;  a  5  ;  a  6  ; 

27  ;  a8;  39;  3o;  3i;  32  ;  33; 
34;  35. 
Constantin,  90;  3*,  4°. 
Controverse   entre   un   aral)e  et 

un  moine,  i44  ,  6°. 

Dadisô' Qalraya ,  139. 
Damien,  prêtre,  55;  147. 
Daniel  bar  Toubanitha,  33. 
David  Cora,  147. 
DéGnitions  (traité  des) ,  i38,  2". 
Denha  (Rabban),  ao;  ai. 
Denlia.  patriarche  (discours  sur 

Mar),  7a,  5°. 
Dialogues  (Livre  des),  48. 

'Ebedji'sus  de  Nisilje,  34,  7°; 
29;  4i;  5/i;  55;  56,  3";  68; 
69;  91;  9a;  122,3°;  123  ;  i38, 
1°,    17°;  i42,  5°;  i45;  i/i6. 


Ëlia  d'Anbar,  i38,  is";  i53. 
Elia  de  Nisibe,  71,  7*;  90,  14°; 

9>- 
Elia  I,  5a  ,  6°;  yo. 
Elia    111    Aboubalim,    57;    7a; 

Elias  Babakka,  i/i8. 

Elisée,    supérieur    du   couvent, 

108. 
Emmanuel,  l'interprète,  35. 
'Euanisô'    (Rabban),    i38,    5°; 

139;  i4o;  i42  ,  1°. 

(îabriel  deMossoul,  7^;  86,  1°. 
Gabriel  Qalraya,  23. 
Galienus,  philosophe,  107. 
Gn'-goirc  (Rabban),  20;  21. 
Grégoire  (s.),  82,   3°;  93,  la"; 

i4a,  9*. 
Guiwarguis  d'Alqôs,  55. 
Giiiwarguis   d'Arbèles,  79;  8a, 

5  ;  90 ,  1 3°. 
Guivvarguis    VVarda,    87;    88; 

89. 

Ilalya,  prêtre,  85,  10°. 
Histoire  d'Ahiciar,  100. 
Histoire  d'Alexandre  le  Grand, 

99- 
Histoires   de   la   sainte   Vierge, 

97^98- 
Histoire    de    Rabban    Sarguis, 

i44,  5". 
Histoires      monastiques,      107; 

108;  109;  110. 
Iluana  d'Adiabènc,  38. 
Iloncin,    iSg;     i4o;    i/|3,     1°; 

i53. 

Innocent,  pape,  84. 
Interprète  (T)  des  Turcs,  39. 


NOTICE  SUR  DES  MANUSCRITS  SYRIAQUES.         81 


Isaac  de   Ninive,    116,    1°,   5'; 

Isaac,  moine,  36. 

Isaac  àbednaya,  34;  7^;  86,  6", 

r- 

Isaî,  38. 

Isô'barnoun,  moine,  24,  6°. 

Isô'barnoun ,  patriarche ,  2  2  ;  90 , 

io«;  93,  9»;  i38,  6». 
Isô'bokhtdeRewardasir,  24,3°; 

52,  5°;  90,  2°;  i42,  4°. 
Isô'dad    de    Hdattha,    22;    23; 

24. 
Isô'dnah  de  Bassorah,  i44  ,  lo*. 
Isô'yahb  bar  Maikoun,  74;  i4o, 

2°. 
Isô'yahb    bar     Mqadam,    i48; 

149. 
Israël,  prêtre   d'Alqos,  55;  56, 

3";  6i;  70;  89;  i5i. 

Jacques  d'Édesse ,  22. 
Jacques  de  Saroug,  72,  2°. 
Jacques  Qtarblaya ,  i36,  137. 
Jean  Azraq,  gS,  5°;  i42,  8°. 
Jean  (Bar),  iSi. 
Jean  bar  Abgarê,  97. 
Jean  bar  Ma'dani,  i33. 
Jean    bar    Penkayé ,    2  5  ;    116, 

10°;  122 ,  1*;  ia3. 
Jean  bar  Zou'bi,  42  ;  82  ,  6°,  7°; 

i3i;  i32. 
Jean  de  Beith  Rabban,  2a. 
Jean  de  Dalyathëh,  1 14> 
Jean  le  stylite,  139,  4". 
Jean  Parsaya,   io4. 
Joseph  II,  44;  70;  83;  94  ;  94; 

118;  119;  130;  i48;  149. 
Joseph,  prêtre  de'Ainkawa,  58. 
Jules,  pape,  i44 ,  8°. 


Khamis,   68;   69;  72,   6*;  74; 

85;  86,  2°,  4°,  5';  i48;  149. 

Kheder,  prêtre  de  Mossoul ,  70. 

Lectionnaires ,  16;  17;  18;   19 
Léon,  empereur,  90,  3",  4*. 
Liturgies,  53,  2°,   3°,   4*;  54; 
55;  56;  58. 

Malabar  (note  sur  les  Syriens 

du),  i44,  7». 
Mari  bar  Msihaya,  87;  88;  89. 
Mari  bar  Souleiman,  39. 
Michaêl   Badoqa,  aa;   38;  5a, 

1",  3»;  i4a,  i3». 
Moïse  (Rabban),  71,  9°. 
Mots  ambigus  (traités  sur  les), 

139,  3°;  i42 ,  7". 
Mots  difficiles  (explication  des),» 

i42,  2»;  i38,  3»,  4°.  7',  i3', 

16°. 

Narsaï,    22;    3i;    3a;    78;   80; 

82,  i". 
Nathniel  de  Saherzor,  20;  21. 
Nicée  (explication  de  la  foi  de), 

i42,3». 

Office  pour  les  défunts,  75;  76; 

77- 
Origène (dispute contre),  ao,  1*, 

4'. 

Paul  fe  Persan  ,  5o. 
Paulos  (Rabban),  122,  2*;  i23. 
Paradisus  Patriun,  126;  127. 
Pénitence  (ordre  et  canons  de  la) , 

81. 
Philosophie   (discours   sur  la), 

22,  a'. 
Philoxène    de    Mabbough,   96, 

i';  ii5. 


62 


JUILLET-AOOT    1900. 


Poème  sur  les  docteurs  syriens , 

87;  88. 
Poème  sur  tous  les  saints,  87; 

88. 
Poème  sur  les  patriarches  nesto- 

rieiis,  87  ;  88. 
Ponctuation    (but  de   la],  i38, 

i5*. 
Possi,  38. 
Probus.  49.  >';  5o. 

Qyoré,  38. 

Récit  de  ce  qui  eut  lieu  après  la 
confusion    des    langues,    93, 

7*. 
Rituels.  53;  54;   55;  56;  57; 

58. 

Sabokbt  Sévère,  5o. 
SabrisÀ'  bar  Paulos,  39. 
àalitla  de  Res'aïna,  73;  7a. 
Salomon   de  Bassorah,  43;  87; 

88;  89. 
Sapor,  prêtre,  66. 
Sarguis,  archiatre,  49,  3*;  5o. 
Sarguis  d'Adborbaidjan ,  1 06. 
Saumo    de    Pioz.  i4;  i5;  33; 

i48;  149. 
Aigar  (note  sur),  i44,  a*. 
Siméon  Asmar,  5. 
Siméon    bar    SabbaV,    6('». 
Siméon  d«*  Rewanlasir,  90,   1*. 
Siméon  de  àaqiaband,  laa,  3*; 

133;  i38,  10°;  i43. 


Sliba,  prêtre  de  Mansourya,  86, 

3*;  88;  89. 
Sliba ,  prêtre  de  Mossoul ,  39. 
Songes  et  leur  explication ,  1 49. 

10*. 
Soublialisô'  (Rahban),  71,  9'. 
Soubbalmaran .  moine,  13. 

Théodore  bar  Kôni,  36. 
Thwdoro  de  Mopsueste,  33;  37. 
Th(^phile  le  Persan,  3  3. 
Thomas  {l'Édesse.  38. 
Thomas  de  Marga,  109;  110. 
Thomas  Tektek ,  147. 
Timothée   1,   59,    3°;  60;  90, 

6*.  7*.  8'. 
Timothée  11,  4o;  8a,  8'. 

Versions  de  l'Ancien  Testament, 

I  ;  9  ;  3  ;  4  ;  5  ;  6  ;  7  ;  8. 
Versions  du  Nouveau  Testament , 

9;  10;  11;  13  ;  i3;  i4 .   i5. 
Vies   des    saints.   96;   96;  97; 

9S;     101;    103;     io3;    to4; 

io5;    106;   107;   111;    113; 

1 13;  ia8,  1". 

Wanla,   prêtre,  fil»  de  La'azar, 
66. 

Valda  (Rabban),  71,  9*. 
Yézidis  (note  sur  les),  i44,  3°. 
Vozadaq  (discours  sur  Mar),  71 , 
4*. 


LE   PAPYRUS  MORAL  DE   LEIDE.  83 


LE 
PAPYRUS  MORAL  DE  LEIDE, 

PAR 

M.  E.  REVILLOUT. 

(suite  ^) 


CHAPITRE  XV. 

COLONNE  1  5  [saite). 

il')  i^vsâir;-^. 

CHAPITRE  XV. 

COLONNE  1  5  {suite). 

(7.)  Quinzième  chemin^.  [Comment  doit  offir  le 
riche.  ) 

(i.)  [Titre.]  Ne  point  faire  acte  de  gloutonnerie^  et 
de  voracité ,  de  peur  que  ton  nom  *  ne  soit  déshonoré  ^. 

'  Voir  le  numéro  de  septembre-octobre  igoS,  p.  278  à  333.  — 
'  tmat  «  moyen  »  est  ici  pris  comme  synonyme  de  tsebat  «  enseigne- 
ment»; voir  ce  que  nous  avons  dit  à  propos  de  v,  19,  de  xi,  3  ,  et 

de  XII ,    1 ,   sur   ce   mot  correspondant   à  {  <2  ^**  et   a 

MCDlx.  —  (3-5)  '  Pour  ce  mot  correspondant  à  .=—l 'a»^,  voir 

ce  que  j'ai  dit  à  propos  de  iv,  8;  cf.  aussi  v,  la  ,  i5;  vi,  17;  xv, 
7,  8,  9,  II,  la,  i3,  17;  XVI,  16,  22;  XTH,  a;  xix,  4;  xxv,  i5. 
Le  mot  I  V— «  ^   lui  sert  de  doublon,  v,  la;  vn,  16,  18.  — 

6. 


84  JUILLET-AOOT  1906. 

(8,11.)  liV^iw'^'-^^^^w^'^— J?> 


(8,  II.)  L'inauguration  de  maison'  du  glouton' 
—  il  y  a  une  flamme*  de  feu*  pour  son  maître* 
(pour  la  dévorer). 

♦  ^^^\=^rAN  inomi.  Le  groiip*'  démotique  r^ultant  «Fune 
ligature  de  «=»  et  de  /m— «  est  rendu  dan»  le  bilingue  de  PamonI, 
tantôt  par  *^^ .  tantôt  par  *^*^  {  V  ^j.  Dan»  le  biliogne  Berger, 
//i  *îU  ^'^  tndnit  parra  tt  tov  «fioti  erofMtM  (voir  iMm  Berger, 
p.  4o).  Dans  Rosnri  (p.  s 8  de  ma  Ckrrstomatku)  et  dus  Caropi 
[ibid..  H7  et  171).  1^  J^  raïu.  J  %.  rnnj  ti  J*fi 
ranu  constituent  les  adjectif*  •  nommée,  nomm^.  nommât  se 
rapportant  à  un  substantif  précédent  R  en  eat  ainsi  souvent  dans 
les  textes ,  et  particulièrement  dans  les  contrab  et  lea  lettres  (  Corpu . 
t.  II,  pi.  i,  I.  17  et  so;  pi.  m.  17,  sS,  t4:  ldnii9,  cuti.  s). 
Avec  le  sens  nominal,  rf.  dans  notre  poème,  xvi,  7;  xm,  9,5, 
et  passim.  —  ^  Pour  ce  mot,  répondant  à  u^i^ou>  et  à  *  ■*> 
V^,  voir  ce  que  nons  avons  dit  à  propos  de  T,  18,  de  u.  •  el  de 
X,  i3  (ix,  3;  XT,  4;  \xvii,  17,  on  a  la  forme  )^enJi*f  ;  v,  18;  x,  i3; 
XIII,  30;  XV,  d;  XXV,  19,  on  a  la  forme  dérivée  j(rnitU). 

'  Voir  ce  que  j'ai  dit  à  propos  de  x ,  s  sur  re  mot  correspondant  au 
copte  XXCMe .  —  •  Comme  en  hîéroj»lyphe«,  c'est  le  m^me  mot  qui 
traduit  la  i  gloutonnerie  »  et  le  f^outon».  — •  Orlbopraplie  cu- 
rieuse de    n  \k    \  ,  auqud  Lévi  a  consacré  nn  bon  article.  — 

*  à  jk  "^-i^  \  =  XOM  ;  voir  ce  que  j*ai  dit  de  ce  mot  i  propos 
de  xin,  16;  cf.  xx,  18.  —  »  MnecNHB  =  "^1^^^;  »oir  ce  que 
j'ai  dit  à  propos  de  xv,  5. 


LE  PAPYRUS  MORAL  DE   LEIDE.  85 

(9, m.)  iMi-ii^^w-lXîâz:- 

(9,  III.)  Le  vol^  du  glouton  —  qu'il  l'amène'^  à 
la  punition  ^  du  jugement  *  ; 

(10,  IV.)  Dieu  donne  des  approvisionnements^  à 
l'homme  sage  ^  pour  ^  mettre  au  large  *  (les  hommes). 

'  L'auteur  traite  de  «  voi  »  l'action  du  glouton  de  ne  songer  qu'à 
soi ,  tandis  que  le  devoir  de  l'homme  sage  est  de  n'user  des  appro- 
visionnements que  pour  mettre  à  l'aise  les  autres  (voir  le  verset 

suivant).  Pour    xttti  [ (l =  i  ^\\ -^  ^  «voler»  répondant 

à  Xioye,  à  3^  Ijk   V-J  ,  voir  notre  document  (xxvii,  2  ).  Voir 
aussi  :   1°  Pamont  (p.  60-61),  qui  traduit  "^  -^  iW  ^' — '  u^ 

--/^j<L^,y±  oe ...::* ..a .f 

9066  citée  dans  Pamont,  p.  61,  note,  ainsi  que  la  tessère  12621 
du  British  Muséum;  3°  la  11"  maxime  du  2'  papyrus  moral  de 
Paçis  [Quelques  textes  traduits  à  ines  cours,  p.  lxxvi).  —  ^  Voir 
ce  que  j'ai  dit  à  propos  de  vi,  1,  et  de  xi,  31,  sur  aS5I\  rempla- 
çant en  démotique  ^  =  eiNe,  et  parfois  NX;  voir  aussi,  pour 
les  transcriptions  bilingues,  les  exemples,  ainsi  que  l'équivalence 
S  2)'  '^*  note  à  propos  de  xii,  4.  —  *  Cf.  la  note  relative  à  xiv, 
5.  —  *  Voir  ma  note  sur  xiv,  1 2.  —  (5-8)  »  Voir  la  note  sur  iv,  8, 
pour  ce  mot  répondant  à  ' — ';  et.  v,  i5;  vi,  10;  vu,  17;  viii,  8; 
XV,  10,    11,  22;  xvr,  12;  xvii,  2;   XIX,  3;   xxiT    20;  XXXI,  10; 


aô  JUILLET-AOÛT   190A. 

(il,  V.)  v^^^— >^)«rr;jfc-='-^ 

(il,  V.)  Beaucoup*  d'approvisionnemenU  (élar- 
gissent (seulement)  les  approvbionnements  du  glou- 
ton. 

xxxn,  i5.  —  •  Voir  U  note  lor  «,  lo.  —  »  eTI6.  —  •  OV«C- 
e(i>N  \P^^:  voir  les  eiemplM  à  x,  i6:  cf.  A«*.  4y..  II.  n, 
pi.  6i;  XI,  p.  178. 

AC^xi,  voir  Anf.  ig..  nr.  83,  8ti,  aoU  ift  t,  19S;  Kmiii,  vi,  iS; 
VII,  i5;  xn,  i4.  *7{  ».  9(  «te;  Poème,  vert  74.  ti,  fw  iSi. 
956  et  Miiv.,  etc.  Pour  ^Acf  ^M^^'*  v<"f  aotn  Jociiwl.  m. 

6,  i5;  xn,  5;  xxn,  ao.  Pour  p^.  0  «3  na<V«,  xxt.  7;  xxix,  7. 
L'adjectif   A^Jr/t   m  trouve  xxun,  9.  (Dan*  le  Koufi.  XK,  «7. 

on  a  aussi  ri  \  ^a!1j  [  ^  eN  A<va>c  et  le  superlatif /Çy  nJ^^uu 

ait  or  xn,  s4).  Le  mot  eYAm-*^!  /!/  ^"5^^-—  ///  ^  - 
est  traduit  par  OOAAÂ  dans   les   deox  vernoaa  du    décret    de 

Canope     dont     l'une     porte  ^5lJ  UiZ'  •  ••  ^O^î^. 

^5/|^(  (eY^<9>«)  Le  gn^  porte  :  EinEIAH. . .  ^BOI 


LE  PAPYRUS  MORAL  DE  LEIDE.  87 

(12,  VI.)  Le  glouton  place ^   le  chagrin^  et^  la 
guerre*  dans  sa  maison^. 

ETEPrETAI  AIATEAOTSIN  HOAAA  KAI  MEFAAA  ETEPPE- 
TOTNTES  TA  KATA  XÛPAN  lEPA.  Les  hier,  ont  ^-^  -^-f-  ^ 
I  ^^  I,  etc.  De  même,  plus  loin,  aii  est  traduit  par  MErAAH  : 

^n^y^mm!^^  ii:)  v/'U   "^^   METAAHS    AA- 

HANHS   KAI   XOPHriAS    i^^  "'^  ®  -^_  O'jls 

— ■—  I  I  I  A  III  I  I  I  I   ^  -^  1 

.   Ailleurs  la   traduction    est   -^K  et   HOAAA  -.    /    Tt      ,, 
III  -^  (l 

v<^     ^     nPOnOAEMÛN   THEP   ATTHS  HPOS  HOAAA 

EONH.  Les  hier,  ont  +'^(^,"*^-  Ailleurs:  (  3  ^  /  ^' 
/..  '^^  f  5//(  =nOAAA  MEN  HPONOneENTES  ^~^ 
^  ^  ^  3l  ^  *  ^•^^^"'"^  P*^  ^^^  OAIPAI  et   ^  «  X  "^ 

^X  (u/<r-^  *^"    ^^^  CV^/^"3  =  OTK  OAirAi: 

TON  HPOSOAON  |    "*    ^^-'  ^'  ^^-'.   Dans  Rosette,   Chrest., 

I  <=»  I    I  I      X      I  i  I 

182,  les  hier,  ont  ^"1  pour  correspondant;  Rhind,  n"  5i,  tra- 
duit jlCuf   p*"*  ■**^- 

(1-5)  .  Pour  5^  =^  ^^  =  ^   T^-;7'  =  XCO. 


voir  IV, 


88  JUILLET-AOÛT  1906. 

9;  u,  6;  X.  10;  w,  i3;xnr.  9.  »5,  a«,  «3;  iv,  i,  A.  i«;  ifm, 
17;  XX,  i3;  xxni.  »4;  xxu.  3;  xxxi.  16;  xxxii.  19.  ao.  si; 
xixin,  ao;  xxxit.  7,  9,  16,  ai;  cf.  poème,  vert  75,  L«  màM 
mot  a  la  forme   ^--K    dan*   le  Koufi   (xn.  8;    ITIU.   19.  ai. 

a5,  etc.)  et  clans  Setmé:  fr-j)  ''■"•  l'^'lihasl  (H  tk.  aS.  t6, 
Q  la  ,  etc.).  Cette  dernière  forme  vicnl  «le  ^^^  =  *  J^  y^ 
ou  \  \^^  (<^f-  ^  =  ^  ^)-  ^"  Ro««"«  [CkrttL.  p.  43, 
h-j,  48),  on  a  £J^  traduit  |Mir  UAPATieËNAI.  BOlHBlNAl 
et  par  ^  {ibi<L.  191),  tandis  que  —  |  "^  «âa- p  1"^.  au- 
quel je  l'avais  d'abord,  comme  Bmgsch,  asatmilé,  eat  traduit  par 
irfy\  ^  («"  i!«f'!îr')  =  "***'**  (CAmt..  1 86).  «l  par 
STHSAl  [ibid..  ào).  Le  même  mot  7  Ol  /  /  '^  "*  *****"•• 
\fhxà,.  p.  57  et  aoo)  avec  la  traduction  XTiiZAJ  et  ^^  8  "^  (ef. 
Cor/>a< .  t  II ,  pi.  4. 1. 1 7)  ;  Setna .  p.  1 55 :  le Corpaj .  t.  Il .  pi.  I V,  1. 1  S. 
3  1,  etc.,  ont  la  forme  graphique  de  Roaeite  pour  x'*  Notons  que, 
Undis  que  A  l^f  "^"'''■'^'O  ( cf.  Koufi .  irni ,  «7 )  remplaçait  P| 
'T'dans  le sena d't  éublir.  etc. s, rancien  0 8 '^n*<Uit  plus oouervA 
en  démotique  qoe  dans  Tacception  de  COSe  tvmftn  •  reprendre 
ou  faire  des  reproches»,  re  qui  s«  rattachait  au  tena  moral  de  fl 
T  ^yT*  *'^^<^''  <^°'  <!"'  "^  tombé».  (>n  ajoute  alors,  dans  notre 
document,  aux  anciens  déterminalifs.  celui  du  Kvre  et  de  riionime 

portant  la  main  à  la  bouche  :  ni  ^'  ~  2)  °"  */  -^  Al  /  ' 
voir  ce  que  j'ai  dit  à  propoa  de  m,  1;  cf.  a,  4;  xi«  71  nT(i  ,iO. 
—  *  ^WlT]  V-.  voir  ma  note  lur  un,  8.  —  *  Ponr  ij\\  I 
V  -'a^,  soit  dans  le  sens  de  la  ropolative  tavecs,  toit  dana  le  sent 
de  I  V  ^ahm  j\  =  xy  c apporter»,  cf.  ce  que  j'ai  dit,  pour  cette 
dernière  forme ,  à  propoa  de  x ,  6 ,  et  lire  la  longue  note  que  j'ai 


LE  PAPYRUS  MORAL  DE   LEIDE.  89 

consacrée  à  ce  sujet  dans  le  dernier  numéro  de  ma  Revue  égypto- 
loçfique,  t.  XI,  n°  4,  p-  192  à  198,  avec  tous  les  bilingues  de  sens 
et  de  son ,  qui  ne  peuvent  laisser  l'ombre  d'un  doute  à  ce  sujet.  — 
*  Ce  mot,  qui  correspond  à  MXxJ)  =  MXX2,  est  écrit  par  méta- 

thèse  dans  notre  document  /o/^  V'  T  ^~  iK  1  -^^*  ^""^  A  °" 
y/çA,     V'    S  3  =  V  1  -**  ^^  ^'  ^°'  ^'  ^^'  *  ^'  '""^'  ^'  ^^^^' 

i4 ,  comme^  /  //  yL  3  —  V  1  -**  I  ^  ^  ^  *^*"*  Rosettb 
[Chrest.,  p.  21).  Dans  Canope  (CArcit. ,  i3i)  et  dans  la  Chronicfue 

dêmotique  (citée  poème,  p.  160),  C  (^"^j/  '\  ~  ik  -**  1  ^"*^ 
^  e/  m/ax  est  traduit  par  Canope  nPOnOAEMflSN.  Cf.  Sctna, 
p.  22,  i52,  i53  et  i55  de  mon  édition;  Pelibast,  H  7,  10,  23; 
Q  17;  S  3i;  V  25;  W  i3,  3o.  —  »  Pour  ^/  ^=^ir:i  = 
Hi  I maison»,  cf.  iv,  23;  vu,  20;  vin.  8;  xv,  i3,  i5,  19;  xvi,  i5; 
XXI,  i5;  XXVI,  6;  XXVII,  23;  xxvin,  18;  xxxi,  6  :    ^  =  >  •  '-•* 

lecture  Hl  (comme  en  copte)  est  certifiée  par  les  papyrus  et  les  ta- 
blettes bilingues  signalés  par  moi  dès  le  commencement  de   ma 

fierue  ég.  Ex.  :  /^/£_yj  U  ^  /  ^  /AJ^TMZTeym 
(Pap.  Londres,  i"  col.)  ;   Çy^   /    £-      ^    C  7  '^    (  (  U 

=  nxzxMH.  (.m  Jy^^^^//[j£c/ 

=  niNncuop  bil.  Berlin);  y^  /  /VA  /  7^  /.  =  neiOYC; 
y%ly  =Hi,  bil.  Rev.,  vi,  60).  Nous  avons  aussi  la  traduction 
OIKIA,  Chrest..  89;  Rev..  II,  n,  18;  Nouv.  Chrest..  89;  Wessely, 
Die  Wiener,  n*  5;  Nouv.  Chrest.  89,  69,  78;  poème,  p.  i58, 
1G4,  166,  169,  171,  2i3,  21?   237,  246;  Koufi,xi,  4;  etc.,  etc. 


90  JUILLET-AOÛT  1900. 

('3,  VU.)  c::w^xT-**a^n"^ 


(i3,  VII.)  Le  glouton  empêche'  la  honte*  et  li 
pitié ^  (le  prendre  puissance*  sur  son  cœur. 

'  ^n^  y  =-a«Qa  ou  jm^a  —  riKe  -  "^  '^ 
(cf.  xiiv,  3,  19;  luii.  II,  11;  XXIV,  6)  M  retrouve  avec  la  inéin« 
orthographe  dan»  5>etna,  p.  99;  dans  le  Koafi  (Itev.  ^..  II.  n, 
pi.  a4).  dans  Moschiun  {\h\A.,  pi.  65  et  70)  et  dan*  Pamont, 
XTm,  30,  49,  et  pasaim,  il  est  écrit  y  ^— ^^■■JM^*^  A  on 
yty^y='^  A.  I>aai  Pamont  :  ^  ^  V  €  Si  "^  )  • 

V///  ^^  ^^L>  -^«je  n'ai  pas  ^rté  l'Iierbe  de  la 
bouche  dea  animaui».  —  *  mine  ^^  ^|l  ^^,  9  V-  ^. 
IX,  7,  a3;  XHi,  4;  XV.   i3;  xxv,    i8.  '    .      2-^5    ^  NX 

mitericordia  (cf.  ^_^_,-<»^)  e»t  •  dialinguer  de  ^.  ^-^  ^  «=  mx 
ire  (hier.  a),  qui  a'i^t  de  méma  «t  dont  iiot»  avons  parié 

dans  une  note  à  propos  de  \i .  j  i.  A  NA  misericorMa,  il  faat  at- 
tribuer xvi,  la;  XVIII.  10.  16;  xwu,  a;  xxfi,  i5;  xxTm,  7ixsix, 
i4,  18;  XXX,  i3;  wxi,  16;  XXXV.  1,  et  non  à  NX  ire.  comme  la 
note  précédemment  citée   le  porte  fautivement.  Dans  le  Corfmi. 

t.  Il,  pi.  m,  1.  6,  ^li  l'yj  irt  %t  retrouve.  —  ♦  XilTor; 
voir  ma  note  sur  xi,  a  3. 


LE  PAPYRUS  MORAL   DE   LEIDE.  91 

i'à.  v.„.)  Ci^-liXT^- Mmin 


(i4,  VIII.)   Le  glouton  fait  être  aussi  ^   la  ruine ^ 
dans  sa  parenté^. 

*  Que  y  ait  la  valeur  K6 ,  tant  ici  que  dans  le  Koufi ,  xii ,  1 8  ; 
xvni,  3o,  cela  n'est  pas  douteux.  Mais  comment  l'expliquer  ?  Faut 
il  songer  au  syllabique  ^et,  dont  j'ai  parlé  plus  haut  à  propos  de 
vn,  9  et  qui  se  fait  de  même  en  démotique?  En  copte,  XGT 
sert  de  doublon  à  Ke  dans  quelques-unes  de  ses  acceptions;  voir 

Peyron,  —  ^  ^tJ /  lil  /^     *®  rapporte  à  la  même  racine  que 

/l^  ^^\^\^  ^*  /(Hy9    î"^'  '^5  ''^"'  ^'  '''''• 

a3;  XX,  13;  xxni,  20;  xxx,  5,  lo;  xxxii,  13;  xxxiv,  22;  xxxv, 
3);  voir  aussi  xviii,  17,  19;  vin,  2.  Dans  Pamont,  m    ff^ 

VIII,  5;  XV,  i4;  XVI,  8,  18;  xxv,  16;  xxvi,  i4,  i5;  xxviii, 
16;  xxxrv,  7.  Cf.  Setna,  p.  3  de  mon  édition.  Terermen,  Rev., 
V,  i-ii ,  pi.  1  et  pi,  1 9  ;  Quelques  textes  traduits  à  mon  cours . 
xxvii;  Petibast,  H  10,  3a;  R  3,  4;  S  32.  Dans  Rhind,  n*  i43  , 

^  W  ^  />/)  j  '^  en  M^'  '"^™®  dans  le  sens  du  avy- 
yepvs  BaaiXtxoi. 


92  JUrLLET-AOOT  1906. 

(i5,  IX.)  ji-xr^w^^-â^ 


[  1 5 ,  IX.)  Le  glouton  n'aime  *  pas  à  donner,  même 
à  celui  qui  lui  donne. 

<  -^^iv  ^"^  MorG.  Me  s'^rit  ^^  «Un»  notre  papyrus 
(il,  4;  III,  9;  T,  30;  vu,  II.  Si;  viit,  9,  S,  i4;  is.  10.  i3{  uv. 
ti;  xy,  i5,  30;  XTI.  8,  i5;  tvii,  8.  la;  ivill.  iS.  si;  tii,'  l8t 
XX,  3;  MT,  18.  aS;  xiTi,  5,  10;  uriii.  II.  17.  18;  Hiï.  17, 
i8;  XXX,  3.  8,  9.  Le  déri»*  de  MCriT  tfrrit  <  (fi  ^  ^' 
XXX,  8;  IV.  ao).  Pwtout  «illeura  a^  j^  «'écrit     |  O^  (|mmmii«'. 

i3i,  164,  3  3i}.Dan«Painont.ontrouvc  ( //i  J  y^  ^^*  MGr»'i* 
pour  t son  père  bien  aimé».  DantCaiioPB(6'Aml.,  iar>)^lAAAKA^Il 
est  rendu  par    '^  T ^  ^.  Ailleor»  (i63),   ^/ /  O     L/'"^ 

23l^  ÏTEPEAÏ.  Ailleurt  (p.  i73).  <  Y  CP  (  ^ 
1^%^   =  BOTAOMENAIZ      ZTlfTBAEUf.      Dan«      Pamont. 

i55,  i58,  169,  etc.,  de  mon  Àlttion.  Dans  Rowtte,  Ckrett..  37, 
J^L'Lîj  l\/cy  ">  ^  ^^^  ^^  NEIAOT  AKABAIIN  = 
TMHpe  =^/~~^.  Notons  que  ce  signe  mer  de  notre  document 
ressemble  beaucoup  au  signe  vu  du  KouG  qui  se  Tait  dans  le  mot 

ii^  \  ^  =  OY">      ^^T^—p'^  '^*"»^'  *'•    '^^  "»•  *' 

liev.  é^.,  iv,  77  et  8a. 


LE   PAPYRUS  MORAL  DE  LEIDE.  93 

(16,   X.)   Ji-«^w|b^<=^^^^]^©i^(2A 

(17,   XI.)    Ji^S£ib2)P^'M.!.^"* 


(  1 6 ,  X.  )  Le  glouton  ne  pense  pas  au  lendemain  ^ 
pour  faire  vivre  ceux  qui  restent^. 

(17,  XI.)  Il  ne  reçoit^  pas  de  rassasiement*  dans 
les  produits  comestibles  ^  à  cause  de  sa  folie  ®. 

1  PACTG;  cf.  VII,  6;  XV,  i5;  XVII,  6;  XIX,  4;  xxi,  3;  XXXIII, 
3  1  etSetnoé.  Lepremiertléterminatifde  >^  îZ—^/w  ?  se  rap- 
porte au  sens  de  ^— /(/  j_  que  l'on  trouve  dans  le  bilingue  Rhind 

(n°  200)  avec  l'équivalence il  ^^  (poeic);  cf.  Poème,  vers 

58  et  p.  148-1/I9.  Dans  notre  document  (xxxi,  10;  xxxii,  11,  i3), 
le  mot  poeiC  «  veillci  s'écrit,  sans  le  t.  avec  les  deux  mêmes  déter- 
minatifs  que  pour  PXCTG.  Parfois  le  — -  est  lié  au  — <►— .  — 
'  ceene  JJq.  —  =>  cyœn  Iilfl  ■  ,  voir  xiii,  4.  —  *  0  V 
j^  cei,  VII,  7,  8,  i5;  XV,  16;  XVI,  3;  xxvii,  10;  xxviii,  1; 
x\ix,  18;  xxxiii.  II,  12;  xxxiv,  20;  cf.  Koufi,  XI,  i5;  Tlev.,  iv, 
77;  Koufi,  XII,  3;  Rev.,  iv,  82  ;  Koufi,  xviii,  i/i,  20;  Poème, 
vers  2  3,  p.  i53-i5'i,  220,  Moschion,  Rev.,  II,  11,  pi.  66;  cf.  bil. 
de  Londres ,  Rev. ,  II ,  11 ,  pi.  66.  —  ^  ^  41 ,  voir  ma  note  à  propos 
de  XI,  3  1.  —  *  coe,  voir  ma  note  à  propos  de  x,  5. 


94  JtILLET-AOOT  l»0«. 

(,8,xii.)  *i«:<£.c::»iij«^x<«^T 

(.9.  xmo^^xî-'M^-n^xiJ 


(18,  XII.)  L'argent'  que  possède  le  glouton,  son 
abus'  ne  prend  pas  fin'. 

(19,  xiii.)  L'aident  et  la  puissance*  qu'a  établies* 

>  f^  '  SAT.  Lemot  (V^MtaMhBÎIéàAPrTPIOireièa^ 
par  Roum,  Cknst.,  iS.  3i,  35.  iSt).  Cf.  PoèaM,  iSt. 
191;  Corpus,  t.  II,  pi.  1, 1.  i>;  voir  aaMi  le  «an  MmuiL  —  ' 
"^^ .  G:  mot  a  dans  notre  «loauBcnt  1«  tant  <!«  •  mal .  àêthommenr, 
excèa,  abusi  :  tu.  la;  Tni.  is;  XV,  18;  ITI.  10;  u»,  1  et  ti; 
XX,  i5;  XXI,  1;  xxiT.  5,  6;  xxt.  5.  8;  xxx,  ao;  xxxi,  9;  xxinr. 

a3.  —    *    MONK.    MOYNK     "'  ^     *     .     •*  ^  "Y,     **  ^ 

^ .  Le  mot  t'écnt  anan  y  'jT  **)  "  ■"■  '3Î*  ^i  '  ^'*'  ' 
p.  1S8  et  siS  de  mon  édition;  Rocrtb.  CkrttL,  36  et  i85;  tmf- 
menk  est  traduit  par  IAPTZATQl  Ea  bi^..  la  traduction  est  '-— ' 

3)f-.D.„.c«o„.Y^  T^Xj/z' 72  •'*'*" 

acromplissant  parole*  est  traduit  par  BOTAETTON  ISPCiMl 
(CkresL,  176).  Dans  la  Chronique  d^motûju*  [Rev..  1R86.  t.  V. 
pi.  I,  i^col.,!.  5)  pmenA  est  pmplojé  pour  T* accomplissement • 
des  destinées.  —  •  ^JV-i,  ^J-fc,  *f^*J  •paJs««iicet,ert 
transcrit  en  démo  tique  dans  kw,  18,  aosai  bien  que  dans  xxxi,  a». 


LE   PAPYRUS   MORAL   DE   LEIDE.  95 

UI®1 


Dieu  sur  la  terre  ^  sont  pour  l'impie  ^  une  préoccu- 
pation^ continuelle^. 

'  21   nieo  .  Le  mot    //)  ^7      est  transcrit  TO  dans  le 

/ 

pap.   bil.   de    Londres  :    {    H-^H    /Il        ^-y        /(    /^   "7 
=  .A,OTeK>.KICTH     (vil,     25);     ^//\   *î    =  TOOY     (iX.     5); 
7^=KOMTO    (vu,     6);    (/(?      p<^    =XTONe    (x,    k)\ 

f       .M-  ,j_  ^ 

•  //A  ?  2^y  =  oyxNxx    [i"   coL);    I  0    l^^if      = 

niXT  iii<  Y  (viMi  8),  Les  planchettes  bilingnes  en  font  autant. 
Dans  notre  document,  voir  xv,  19;  xviii,  i5-,  xx,  ï6,  18;  xxxi, 
23;  xxxii,  6,  10,  i8-,  cf.  Koufi,  xi,  32  ;  Rev..  iv,  79;  Poème,  147, 
i64,  i88,etc.  —  »  n  JI'^^CBOYi.  Le  mot  /A  ^f^^  0 
est  traduit  par  ASEBEI2,  Rosette,  Ckrest..  24,  28.  On  le  re- 
trouve ibid.j  p.  24  et  29.  On  a  aussi  l'abstrait  «impiété», 
ihld.,  p.  29;  cf.  Rev.,  I,  iv,  pi.  16,  deuxième  mémoire  sur  les 
Blemmyes,  pi.  11.  Dans  notre  document  on  le  retrouve  avec  l'ortho- 
graphe ^7  2  ^("  ^-^  7  '  ^^'  9'  ^^'*  ^'  ^'  ■^*'  '^'  *^"'  ^' 
i5;  XIV,  i4;  XV,  1,  18;  XVII,  17;  xvin,  5;  xix,  10,  i3;  xx,  3; 
XXI,  11;  XXIII,  24;  xxviii,  5,  9,  10;  xxix,  10,  18;  xxx,  9,  23; 
XXXI,  3,   7,   18;  XXXII,  i4;  xxxiv,  11;  xxxv,  12.  Le   mot   voisin 


90  JUILLET-AOÛT   1906. 

(20.  XIV.)  ^tâT^P—X!»' ' 

3i!!TÂ-^-**a ''TI'IJ"->»"y•■T"~ 


(ao,  XIV.)  Qu'il  donne  c«la  à  son  bien  aimé*  (à 
son  héritier?),  pour  ^rtpr*  la  pr«^omipation  de 
son  cœur. 

(ai,  XV.)  Celui  qui  est  au  large*,  c'e.st  pour  fairo 
la  nourriture*  (des  autres)  avec  ce  que  la  destinée^ 
lui  a  donné. 

sba  CRO)  •  enseignement • .  qui,  k  TancMnae  époque,  •'écrivait  de 
même,  sauf  les  déterminatifi,  «'^rit  /  H^  yj«  f  l  *'•'*•  »»olre 
(Incuinent;  voir  nolrtî  noie  k  pro|)<)*  He  xiii,  1  et  y  meUre,  après 

qui  est  ie  résultat  d'une  distraction.  —  *  fOOy»),  voir  ma  note 
sur  s,  19.  —  *  /û  ^  ^. 

»  neMMCfiT,  voir  ma  notesur  IV.  i5.  —  •  r>Ke.voirxv,  iS. 
-»  OYecoa>N^p*~*;  voir  x.  16.— (♦-»)  ♦  tre^è^rG  ^ 

a».  Dans  CARom.  le  V/i^  t*?/^  *"*  traduit  ^  •»  et 
TPO<ï>H  (Groff..  47).  Le  ritu.l  bilingue  de  Pamont.  p.  54.  55. 
rend  ^  ^^  ^/^  V*r  ^  <xm .  Ce  mot  y  e»t  fréquent;  cf.  Setna . 
p.    i43.  Notre   document  porte  toujours    ^7  A  1^.    n.    1; 

▼,  SO;  VI,  7,  g.  n;  yn,  6.  7;   XIV,  8;   XV,  ÏI,  Jl;  XVI,   I.   ».    10, 


LE  PAPYRUS  MORAL   DE   LEIDE.  97 

1 3 ,  1  i  ,  1 5  ;  XVII ,  1 3  ,  1 5  ;  XIX ,  '4 ,  2  1  ;  xxiv,  1 8  ;  xxvii ,  7  ;  \xx ,  1  ; 
XXXII,  d,  11,  16,  19;  xwiii,  1.  —  =*  /^///J3  ^  tantôt  les 
sens  (le  HJl!  V    11*^  ou  J^  V    M  ^   «  destinée  » ,  et  tanlùl  les 

sens  (le  IlM  ^  i|  '  LllI  ^  <2 -^"^  *^^Y  «utilité,  etc.».  Dans 
ie  premier  de  ces  sens,  voir  11,  20;  m,  28;  iv,  12;  v,  1,  4,  11; 
vii,  18,  19,  20;  X,  17;  XI,  21;  Mil,  7;  \iv,  2;  \v,  6,  2i;  xvii, 
3;  xviii,  6;  XIX,  5,  22;  x\i,  A ,  6,  2  i;  xxii,  G;  xxv,  12;  xxvii, 
21;  XXIX,  11;  XXX,  i5,  16;  xxxiii,  3,  4,  6;  xxxiv,  1.  Dans  le 
second  sons,  voir  m,  2^;  iv,  7;  vu,  lA;  i\,  i3;  etc.  Le  sai  a  été 
traduit  aussi  par  AyaOoêatficûv  Aiyvitlov  dans  TiTiT  I  I  \ns\A.  ^^ 
/!\,  n"  73  de  Lepsiu*,  lîr.  1224.  ^  TtTtT  I  I  >nnn  a  été  rendu 
par  lie  Seigneur  très  haut»  (Bergmann),  en  le  rapprochant  du 
copte  cycDl  (voir  deuxième  mémoire  sur  les  Blemmyes,  p.  22);  cl". 

^J  (  A)  lJl'3  7  "'^  Soigneur  très  haut»,  titre  donné  à 
Thot  {Rcv..  V,  i-ii,  pi.  ifi).  Rhind,  n"  396,  traduit  fjTni'^y, 

(  son  Altesse  »  par   f  |  '^- —   «  sa  Majesté»  ou  par  ïf  J  * pris  dans 

le  même  sens  (n"  Sgi).  Dans  Pamont,  Ay  /l  ^  ^  f^f^KJ 
est    pris    aussi    dans    le   sens    de    «ta   Majesté»    dans    la   phrase 

///  «  Am(';ne  ta  Majesté  avec  loi  (  ô  Osiris  ) ,  rends  pacifique  Ion  bon 
nom  de  Majesté  pacifique.  Tu  te  ronds  bon  envers  moi  selon  Ion  bon 
nom.»  Ce  qui  est  certain,  c'est  que,  soit  en  qualité  de  «très  haut», 
soit  en  ([ualitéde  «fatum  » ,  le  Àdiest  la  divinité  suprême  de  certaines 
sectes  gnostiques  de  basse  époque  Le  nom  pscnnuii  ou  psennouteru 
VIII.  7 


gS  JUILLET-AOÛT  1906. 

(22,  XVI.)  \^^ja-*r--x\^]'^\ 

COLONNE    16. 

(i,xvn.)  fe->-a-*-**i  >;H«*wnjî> 


{1^,  XVI.)  Quand  le»  upprovisioiHi(>m<>iiU  arri- 
vent', cosl  pour  ((ui  fait  des  nourritures  [sic]  (pour 
les  autres)  de  cela  ; 

COI.ONNK  16. 

(1,  xvu.)  C'est  pour  faire  de»  gacriPices^  de»  li- 
hutions'*  abondantes  en  ce  qui  conct^rne  les  nourri- 
tures ; 

ou  tsenouti  m?  commut-  aviT   /^  1,,   "X  •.  ^^^  *^  7    Ccrcn- 

txic  pi.  bii.  ,7);  ^[i^m^  f^in  3^^2 =*^*^**^'^' 

CXITOC  (pi.  bii.  i5).  Dans  le  Koafi.  le  im.  \r  iraluint.  a  tou- 
jours ce  rôle  de  diunité  luiWme  qui.  par  dca  raÏMin»  retigieoM». 
a  complèteDient  disparu  en  copie;  cf.  1,  i;  v,  3o;  \fiii,  ao;  xil, 
4  et  pastim.  Il  en  est  de  même  dans  le  papyrus  magique  de 
Londres  et  de  I^eidc ,  11 ,  5 ,  3 1 .  aS  ;  lu ,  3  ;  v,  9;  ix  .  1  > .  \  s .  y  el 
passim. 

'  Voir  sur  cet  idëogratnme  ma  note  à  propos  de  xi.  n.  Aui 
exemples  qui  y  sont  cités  sur  sa  valenr  NX .  je  joindrai  ceax-ci  aar 
la  valeur  Gi:x\vi,  s»;  xxTUi,  i4;  xxx,  S;  clc.,  déjà  signalée  par 
moi.  —  ('i-3)  '  ©XIX.  Ce  mot  domotique  est  traduit  daus  Kouttk 


LE   PAPYRUS   MORAL   DE   LEIDE.  99 

(2,   XVIII.)    ^,-«>-_^^,^pîJ^wM^^<2A-- 


(2,  xvni.)  C'est  pour  faire  des  funérailles^  très 
grandes  2  à  cause  de  la  distribution  d'aliments  qui 
s'y  fait; 

{Chrest.,  i5i  et  igS)  par  ^  "^  il  et  par  ©T21A.  On  le  trouve 
aassi  dans  Pamont,  p.  22  de  mon  édition;  dans  Selna,  p.  87  de 
mon  édition;  cf.  pap.  8  de  Boiilaq;  Poème,  i58,  171,  218.  Dans 

le  décret   de  Canope  [Chrcst.,    i5i)    p/X'*^"    est   traduit  par 

6TSIA  et  par  ^  4 ,  qui  lui  répond  exactement.  — ^  oyuiTH 

\  ^S .  Dans  Rosette  ( C/trcit. ,  5 1 ,  iqS),   )/    Il    7     ^^ 

correspond  à  SUONAAS  et  à  0  Q  .^_i^^  .  Dans  Canope  [Chrest., 


..a5),    7^ 


i5i;  GrefF. ,  aS),     ^ ^/  2^'~     ^  '^  même  traduction  grecque; 

cf.  Koufi,  XII,  32;  jRft>.,  IV,  88,  note  5. 

1  KCDB  .Jk/i\.i  .  '  Ce  mot  se  trouve  deux  lois  dans  noire 
document,  xvi,  2  et  xviii,  12;  noukesas  est  traduit  par  TAS 
TA<t>AS  et  par  <=.[J-t]$^^  -^  dans  Rosette  {Chrest..  34  et 
181).  La  même  traduction  TAOH  se  retrouve  pour  le  papyrus  ma- 
gique bilingue  de  Leide,  viii,  26  et  29;  cf.  pap.  gn.  de  Londres, 
m,  35;  IX,  23;  Koufi,  iv,  3i;  Poème,  p.  i56;  Bcv.,  II,  11,  pi.  3; 
Sctna,  80,  9/1;  Pamont,  passim;  lettres  de  Nektmonl,  fils  dePani, 
etc.  —  *  l/lU  C"^  [WKX]  se  retrouve  xvi;  1,  2;  xviii,  i(i; 
XXX,  Il  et  passim.  On  a  aussi  la  forme  Ly-y  ('^xx,  19).  Le  mot 
ai  ainsi  c«-rit  est  traduit  par  et  par  dans  le  pap.  Rhind 


100  JUILLET-AOCT   1006. 


(3,  XIX.)  En  soric  que  le  cœur'  de  Dieu  soil  sa- 
lisfiiit-,  alors  que  le  pauvre'  est  rassasia*  devant  lui. 

(11*37);  par  ^^  et  p;.r  ri  tUn»  \f  »cn»  nommai  jur  i'aiiioiil 
(/KUiim).  Cr.  KiisBirt  [Ckrnt.,  p.  lu  ri  par  17  j.  c|ui  Iv.  traduit 
par  MErAAU;  c(.  Setna.   199;  Koufi.  lit,  9.  Hc 

'  Pour  ce  mot  (  L  ^  ij  -  — '  \\  ♦— »MT;  toir  il.  3,6.  9, 
m;  u,  10; IV,  I,  i8;  V, 3,  7.8;  vi,H;  vm,  3.i3.iS;u.3,8.i«. 
i5,  90;  ui,  3,  10;  XII,  I,  8,  il ,  15,16.17.  18,  19,  to.  Il,  is; 
xiii,  9;  xiT,  6;  w,  à;  etc.  Pamont  Ir  traduit  mii*  ro»«e  |i«r  ^  I  ; 
KosKTTs  [Ckrest,.    i$5)  aiu»i;   le   bilingue  Rltind  (n*  399)  pu 

'9'l,|)ar   -i^'f'H,  et  par  I ^.  L»  bilingue  constitut*  |»ar  la 

conjuration  du  icarnhéc  { Hrr. .  i,  179.  et  pap.  grec  de  UMidrea, 
'171  «*t  sni\.)  le  traduit  |tar  «ap^a;  voir  KouPi .  \i.  ->  1  ;  Hir..  iv. 
79;  Poème,  \erf  8,  *j,  97,  5i,  65,  77,  p.  i  i 
919,  99  1,  etc.  Dans  le  groupe  démotique,  c'est  ^^  qui  joue  le 
rùle  <lc  s)Ilubiquc.  avec  la  «aleur  ^  (voir  la  noti>  Miitanle)  et  la 
itclurc  huli  ztiv  de  ~-^  \\  f-^.  »  Cl  ^  icfl .  !>•  sigiM*  ^^ 
=  ^;cf.  wi,  li.  Pamont,  passim,  lui  donne  la  traduction  ~*!J2, 
Ije  groupe  démoliquc  est  toujours  transcrit  Qf*  dan»  le»  bilingue, 
qui  rendent  (J^/^  par  ep$nt.  etc.   Le  Koufi  a   la   variante 

l'^/yô  ""*«f''  Y».  7;  VIII.  39;  X,  5  et  6;  \l.  ifi; 
Mil,  /♦;  Rev.,  IV.  77.  Brugsch.  I^icl.,  yo5.  a  voulu  voir  là  une 
cruche  à  anses.  —  '  Q  ^^  J  "V-    <^""«^;  ^°"  "»«  "«^  d.i|aiHëe 


LE   PAPYRUS   MORAL   DE   LEIDE.  101 


(4,  XX.)   Kst-ce  que^  ces  biens  ^  ne  sont  pas  à  toi 
pour  en  faire  la  part^  de  Dieu,  la  part  des  pauvres? 

à  propos  de  xi,  20.  —  *  cei   H  1^  ^\  (vil,  7,  8;  xv,  16;  xvi  3, 

XWII,    10;    XWIII,    1-,    XXIX,    18;     XXXIII,    11,    52;     XXXIV,     2o).     Cf. 

Koufi,  XI,  i5;  XII,  3;  Bev..  iv,  77  et  82;  Koiifi,  xviii,  i4  et  20; 
Poème,  vers  22,  p.  i53,  i54,  220;  Moscinon  Rei.,  11,  11,  pi.  66; 
cf.  ibid.,  pi.  62. 

(1-3)  1  A____  (=  \  =  A.N)  est  transcrit  XN  dans  Leide,  x,  25. 
J'ai  prouvr  par  les  formules  des  papyrus  archaïques  que  ^^ 
est  une  ligature  ^  de  1  .  Ce  syllabique  (ou  ce  caractère 
double)  a  le  double  sens  de  l'interrogation  \  \u  «est-ce  que?» 
et  de  la  post-négativé  1  AN  .  On  peut  voir  ce  que  j'en  ai  dit 
dans  le  Poème,  p.  35  et  suiv.,  101,  i3o,  168  (cf.  vers  1",  3i, 
34,  48,  71  ,84);  Corpus,  t.  II,  pi.  i,  1.  9;  pi.  7,  1.  i3;  notre  docu- 
ment est  le  seul  avec  Setmé  qui  ait  distingué  dans  l'écriture  /.^xA 
anna  «est-ce  que?  (iv,  21;  xvi,  4,5,  6;  wii,  12,  i-l;  xix,  7)  de 
^^ A.N  «point»,  post-négation  en  paraUélisme  avec  la  néga- 
tion initiale  2_  =  -1  (la  comparaison  des  formules  des  contrats 
arcltaïques  et  classiques  a  prouvé  que  A  s'écrivait  d'abord  L^_ 
=  J  ),  négation  initiale  qui,  également  en  parallélisme  avec 
la  post-négation  \H ,  est  devenue  N  en  copte.  Pour  la  post-négation 
^  =  XN  ,  voir  VII,  10,  16,  17  ;  viii,   i5,  16,  1  7  ;  ix,   18; 

x ,  I  2  ;  XI ,  1  8  ;  XIII ,  3  ;  xv,  3  ,  4  ,  1  3  ;  Wli ,  1  ;  XIX ,  3  ,  4  ,  8  ;  x\I , 
5;  xxii,  4;  xxm,  17;  xwii,   19;  xvix,   8;  xxx,   i3;  xxxii,    12; 


102  JUILLET-AOOT  I90fl. 

(5,  XX,.)  i,iriri,:,*^iisii::<«nm 

— XM->vMol«ik^:i:c1^-'^- 


(5,  XXI.)  Est-ro  que  des  biens  nombreux  ne  sont 
pas  ù  toi  |X>ur  subvenir  aux  dépenses  '  de  ton  coni« 
patriote'-^  sans  jamais  le  violenter'? 

XKMii.  I.  a.  —  *  Le  mut  C^XvA  ••*  tnuMcnt  nkh  cIsm  le 
pap.  bii.  deLeide,  xui.  3  (cf.  PofnM.  vers  55.  58.  p.  sS3).  Lu 
même  pap.  bil.  de  Leidc  (lonnc  1m  variante»  o4  f  i  3  7  7  *7^ 
(v,  7)  et  t2  ^^^^^2)  ^"*  '^^  ''  ***  ^^'"^  rrrUin  qu'il 
correspond   à   nkx  et  à    "^l-    I^n*    RoftBTTB    (Ckrgtt..    91). 

^/Jjy  \^<<C>  «^  InMluil  par  MKMEIM  Km  TON  UIÛM 
KTH2E11N  (rr.  a,rt$t.,  19).  Voir  QmeUfUft  Uxtta  Umimiu  mm»» 
cours,  p.  XKT,  xu\  et  notre  document,  i.  7;  Ut,  i3,  i4(  Wi.  4. 
5,  lO,    SI,   11;   Xfll,   10;    &YIII,   l;   MXX,  8.  *i,  —  *   TO  »   l^n 

iV»,  4\«  a;  voir  ma  note  sur  »iii,  5. 

(1-3)  ^  Cf.  xwi,  18.  Le  root  en  question  se  retrouve  écrit  de  méone 

dansCANOPK     :     /  ^/|   ^/^  /  ^^  C/A/^^  /^-^ 
///^    META  MKI  AAHl  AAIIAMIl  kAI  XOPIiriAl  {ar«<.. 
i3o).    Dans    Uoskttk   {Chrest.,    ss;.    ^O — //l^^C//yOf 
È//>\  =  AAnANAl  MEFAAAl   AITTHkAl   TK    KAIÏITI- 
KA2;    RoscTTE    (CkreMt. .     11),      ///     t^   ^    O   C^/O/ 

TEeEIKEN    APrrPIKAS    TE    KAI   ilTIkAÏ    Elï   TA    IBPA 


LE   PAPYRUS   MORAL   DE   LEIDE.  lO.i 

(6,  XXII.)  J^'^lJ^^l^o-yv-Jj^^^ 


(6,  xxH.)   Est-ce  que  ta  puissance^  n'existe  pas, 
pour  que  tu  appelles^  celui  qui  est  éloigné^  (ou  qui 

1^)  2^  Y  TnOMEMENHKEN  lAHANAV  HOAAAS 
ENEKA  TOT  AFAEEIN  EI2  ET  AI  A  2  TIIN  AIFTnTON.  Dans 
les  contrats  de  prêts  de  blé  [yow  Chrcsl. ,  ii5,  etc.),  quand  il 
s'agit  du  payement  à  faire  à  la  maison  du  prêteur,  on  ajoute  :  «  sans  » 


\ 


«aucune      dé- 


pense, aucun  frais  au  monde»    (en    grec   EN    lAIOID   ANHAO- 

MASI).  Dans  Rosette  [Chrtst.,  ii),  les  mots    lyi/  ,   Vf/) 

AAIIANAi;  nOAAAS.sont  traduits  dans  la  nouvelle  version  hier,  de 
Rosette    I^  H         "i—  idons   nombreux».   En  copte,   2HY 

veut  dire  tlucrumv,  au  lieu  de  «dépense».  26  s'applique  aux  pro- 
duits de  la  terre  :  2G  BCUN,  26  NOY*^6.  —  -  -j-MG  «»-QI 
Q  t  bourg»;  Koufi ,  V,  3o  et  /)a.ïiim;  Poème,  i53,  220;  Terertnen, 
1.  7,  deuxième  mémoire  sur  les  Blemmyes,  pi.  3 ,  1.  5 ,  etc.  Dans  le 
papyrus  moral,  xix,  16,  17;  xxv,  16;  xxviii,  C,  7,  9,  10,  2/1  ; 
XXIX,  1,  7;  XXXII,  21;  xxxtii,  i3;  xxxiv,  8.  Dans  notre  passage 
(\vi,  5),  timi  est  pris  dans  le  même  sens  que  ©  ^^  ^^^  uut-ti , 
tiré  de  O  «ville».  —  *  |  J  J  3— ^  2BOpKP;  voir  ma  note 
sur  XI,  17.  Le  renvoi  xvi,  5   y  avait  été  oublié. 

(1-3)  '  fi©  V  ♦  ^1 I   cyXGM;  voir  mes  notes  sur  iv,  2  et  xiv, 

i4.  —  -  T  =  CUCi;.  Pour  ce  verbe,  voir  Koufi,  vit,  23,  3i  ; 


104  JUILLKTAOOT  lOOft. 

XII.  'i.  5'r,  Voime,  vers  i6.  Sg.  66,  83,  p.  «o.  itio.  i65.  »o5. 
9.9.  731.  a43.  »U.  «47;  Corpiu.  U  II.  pi.  3.  pi.  5;  S.ln«. 
p.  ,5;  Moschion  Rev..  II.  il.  pi.  68,  7»;  voir  «UMÎ  notre  do- 
cument, XVI.  6.  7,  8;  \l\.  i3;  xwi.  6;  xiw.  5.  Pour  \r  mmpo»* 
ai  ut.  voir  ma  note  de  x,  aa.  -  -  »  oyc  ]^  '  ''^  •  ^' 
XXVIII.  1.7.  i4,  lâ;  Poème,  vers  8.  On  •  «iissi  dan»  le  dot-uiue«)t 

aolud  la  forme  £///  ^\\\^  ("'•   •'^*  ^^'"-  ^''  **""" 
?1].  qui  est  U  plu»  habituelle  dans  les  texte».  D«n«  I1-*  deu»  ver- 

«ions  de  Caîiope  {Ckr0$t..  i3i).  les  deox  formes  C/|    •  »  ^/lli 
s'échangent    pour  oy*:»     m"...(u.    .ur  ^^^  w?/5/^" 

nOAEMÛN  ni»Oï  i;OA AA  E0.NII  KAI TOTS  K.N  ATTOIÏ  ATNA- 

riVtitti  ije  ferai  éloigner t  est  traduit  AIIOlTIIXa  ou  TUOITliXIl 
par  les  bilin<;ues  [Ckrest..  79;  Bil.  Bfrger.  \o).  Le  même  factitif 

se  trouve  dan»  Ca^opk  ,    p.  i  3  '1  :     /  v-  1  /^      (i—  //f  f  "7  I  '/ 

lu  ^^     C^/cr—J^    /x'j      OTKOAirASAETÛNIiPOÏ- 

OAON  TITEPUONTRÏ.  Ton»  li>»  acte»  d.-  ce»sion».  arrompa- 
gnant  ou  non  des  écri.t  pour  argent,  se  servent  de  re  verlic  pour 
marquer  l'abandon-,  voir  aussi  Koufi .  x.  19;  Corpu*.  t.  Il,  pi.  3  et 
pi.  5  ;  Poème .  p.  ?  1  1  ;  lirr. ,  Ifl .  III ,  pi.  1 .  3  .  3 ,  etc. 


LE   PAPYRUS   MOHAL   DE   LEIDE.  105 


(7.  ^^■■■■)  xr^i-XT^^T::; 


s'éloigne)  comme'  celui  ffui  se  tourne-  vers  toi  (qui 
vient  à  toi)P 

(y,  XXIII.)   Celui  qui  appelle  celui  qui  est  éloigné, 
celui-là  son  noiii^  devient  grand*  au  loin. 

'  V  I  i;  voir  ma  note  sur  M,  9;  voir  aussi,  dans  le  dernier 
num«'ro  de  la  lievue  éAjyptoloy'ufue ,  t.  XI,  p.  200,  dans  un  article 
qui  va  de  la  page  10  à  la  page  16  et  a  pour  sujet  la  distinction 
nécessaire  qu'il  faut  établir  entre  le  sjllabique  1  et  le  syllahiquo  * 
eu  démolique,  tout  ce  qui  concerne  ce  mot.  —  ^  A  y\  ;  voir  xiii, 
ifi,  l'y;  \V,  6;  XVI,  () ,  8;  XVII,  52;  XX,  21;  XXVI,  12;  XXVIII,  3; 
x\xv,  5.  —  "'  TfS   PAN;  voir  ma  note  à  propos  de  \v,  i.   — 

*  Voir  ma  noie  sur  xvi,  2;  pour  ai.  La  forme  au,  venant  aussi  de 
w,  se  retrouve  dans  Setna,  p.  i5o;  Bev.,  II,  ii,  pi.  8; 
Poème,  p.  1-48;  et  dans  notre  document,  ii,  5,  9,  1 '1  ;  m,  12, 
16;  IV,  l3;  V,  12,  18;  VI,  19,  22;  VII,  3;  X,  i5,  1  f)  ;  xvii,  9, 
1,9;  XVlll ,  2  1  ;  XIX  ,  9  ;  XX  ,  1  9  ;  XXI ,  8 ,  g  ,  10,  19,  21,  22,23; 
XXII,  5;  xxvill.  G;  XXIX,  3;  XXX,  18;  xxxi,  4;  xxxiii,  24. 


106  JUILLET-AOOT  190».. 

(8.  xxiv.)  xT~axr  J.N-Z: 

(9.  "V.)  XPM-#i — X^i-X 


(S,  XMV.)  Celui  qui  Jiime  celui  <|ui  Papprorlir' 
(vientàiui),  celui-là  conn;ulr;i  une  Jïimili'i'*-  iniiour' 
de  lui. 

(9,  x\v.)  La  bonne  odeur ^  de  riioinine  bon^, 
cello-liH  fuit  (ou  donne)  aussi  un  esprit  ^'  grand  do  teP 
à  tel. 

voir  ma  note  sur  xv,  i.i.  -  *  NIIKCDI'G;  pour  ce  m'iii  partirulirr 
de  la  racine  i  _  A  ,  voir  Rev.  éy.,  xi.  101.  109,  e!  jKMir  le  ten» 
de  V  1  1,  nos  notes  sur  xi,  9  et  sur  \vi.  6.  Ko  rc  qui  con- 
cerne le  sens  verbal  de  kiutc  nca  ^  ^  a  V  V  ^^ 
97;  xxv,  17;  xxTi.  18;  xiviii.  1.  n,  n,  i3;  xxxji,  11;  vxxiii. 
3,  et  Chrest.  dém..  Rn-ue.  1880.  n'  4.  pi.  »;  Ret,.  Tl.  »oi,  ao3. 

—  *  c-f-NOY^e  P  Cv  /^  îi  1'  *^''  ^^^'  "'  9*  "•  ~ 
(5-'')  »  Cf.  11,8, 19;?,  i6;Tin,5;xTi,9;x!(nr,«4;xu,4ct/NW«iM. 
L'équivalence  T  nous  est  donnée  par  la  »er»ion  «lémutique  de  Ro- 
sette [Chrest..  p.  10  et  i84)  comparée  à  la  nouvelle  version  hiéro- 
glyphique el  par  le»  deux  anciennes  versions  (  ihid. ,  p.  1 84  ,  1 85 . 
1S6,  198);  voir  aussi  Rhind,  169.  iG3,  et  Pamont,  pasnm. 
Z-^V^IU    />c(ino/r>? /lof^p  est  tranM-ril  lieTGrie<|>UJTHC 


LE   PAPYRUS  MOIUL  DE   LEIDE.  107 

(i-o,xxvi.)  iw-=>;iv.i.-'^^^rrCTlk 


(lo,  XXVI.)  Une  nourriture  (simple)^  sans  excès 2, 
que  tout  excès  (ou  tonte  méchanceté  )  s'écarte  ^  devant 
elle. 

[Chrest..  83);   f^.     \      |^  ^ /J  =  opceNOY<|>iC   (pi.  hil. 

n°  2/1);  cf.  Poème,  vers  12,  ôa,  p.  i^g,  iC-y,  200;  Koiifi,  \,  ."îi; 
XI,  fi;  etc.  - —  *  W=';  voir  ma  note  sur  11,  12.  —  '  KC  1     1  prend 

TortViograplie  yj^  ~  !  V'  *'*  '''^"  ^^^  Il  '  P'*^^  liahiluolle 
(cf.  \vi,  11;  xxv,  22  et  passim);  comme  I  V  1,  s'écrit  tantôt  /  '' 
tantôt    }  l  I  » 

f  ^pe  ^  (^  TPO<I>H;  voir  ma  note  à  xv,  21.  —  * 
■^^— ;  voir  VII,  22;  VIII,  12,  2'i;  xvi,  10;  xix ,  1  et  21;  x\, 
i5;  \\l,  1,  10;  XXIV,  5,  6;  X\V,  5,  8;  XXX,  26;  XXXI,  9; 
xxMV,  2;^.  /i4— <  ou  j^4—>  a  la  double  valeur  •..«-<  et  ^^  ;  dans 
le  premier  sens,  voir  Caxope  portant  ^i I  y^  ^Ct  /^  ?  ~ 
LU  f^  "^^^^  nOAAA  ETNH.  La  nécropole  s'écrivait  aussi  en 
démotique  par  le  même  syllabique  des  trois  montaii;nes ;  plus  haut, 

V,  ^,^L^li^J  ^  =\\^MZ-=T,  '"^"'•- 

*  pi  KG-,  voir  plus  haut. 


108  JUILLKT-AOÛT    1900. 

(.3.    xxNni.)  V:3)-XlJf  S^^- 


(il,  xwii.  )  Que  Dieu  fasso  ôire  pour  l'un  '  ce  qu'il 
a  donné  à  un  autn»  en  grande  *  on'ninde  '  de  la 
barque*. 

(  I  a ,  xwni.)  Que  Dieu  fasse  être'  pour  lui  des  a|>- 
provisionnements,  afin  (pje  sa  honl»'-''  piiiss»*  faire 
miséricorde". 

Loncirrs  transcrit     ^       p*f   o^a.   I^;   lnlin};iir  litumi   Iranv-rit 

T       (ligature  de   U   précédente)    par  ,  et     ^    (Hminin 

de  l'article  indéGni),  par  m.  —  •  oyiip;  rf.  tiii,  jg; 

\vi,  8,  wiii,  7  el  i8;  \i\.  ».  —  *  ^■— i  J  I  i  ohb  ;  rf.  Roacm, 
Cki-eit..  p.  59.  le  traduit  IlHOBKlKrs:.  Dans  Pamont.  on  le 
trouve   aussi   à  plusieurs  reprise»;  par   ciemplr    :      "l      ///    f 

^^  \^^  o^  VT  ww///  *  ^*  ^■'  f«it  offrande  en  pain,  bière,  Ixeufs,  oies, 
toutes  bonnes  choses.  •  —  ♦  Cf.  wiii,  \,  i3;  xi\,  3,  1 1  pour  cet  idéo- 
gramme ainsi  déterminé  de  la  bartjae  sacrée.  —  (*-')  *  -|-u>ajlM; 
A  *    ^)  =  »,  Rbind,  n'  Sijg;  Pamont,  p.  iC-îy  de  mon  édi- 


LE   PAPYRUS   MORAL    DE   LEIDE.  109 

(.3,xx.x.)  xrt^i»-v,;, — Ka 


^!!^1X:3i^-PwXl^ 


m 


(i3,  XXIX.)   Celui  qui  donne  de  la  nourriture^  au 
pauvre ^  que  Dieu  la  reçoive^  pour*  lui. 

lion;  Canope  [Chrest.,  iS?)  et  texte  hier,  parai.  Le  même  signe 
(lémotique  répond  à  S>^  Rosette,  Clirest.,  199;  Pamont,  p.  G 
de  mon  édition.  Pour  ti)(^t;p  «faire  être,  faire  acquérir  ou  engen- 
drer» (JX.no),  voir  Canope  [Chrest..  p.  i38)  et  textes  parallèles. 
Camope  [Chrest.,  i43,  i44  et  170)  traduit  ■)^ep  par  EINAI  et, 
p.  \^^,  par  TIIAPXEIN.  Cf.  ibid.,  p.  i63  et  passim.  —  "  NOMpc 
î  ;  voir  plus  haut,  à  xvi,  9.  —  '  NA;  voir  ma  note  à  propos 
de  XV,  i3. 

'  ^fe    "^  (^a;  voir  ma  note  à  propos  de  xv,  51,  —  -  cbbg 

Q  jk     j         \  voir  ma  note  à  propos  de  \i,  20.  —  ^   cycDil   TiTiT 

*^ -,  voir  ma  note  à  propos  de  xiii,   18;   voir  aussi,   xv,   17,  le 

même   verbe   avec   le  complément    phonétique   />     , J  2-  •  J^  '  *^'* 

vu,    20;  XIII,    18.    —    '    ZXPOM,    ^APOM      ^    s ;    cf.    RoSETTE 

{Chrest..  16,  21];    jj  jTC^ZÀfOoy;      y  =  zx^OM 

[ibid.,  38);  l^  }  /(  "^  2.VPOC  [ibid.,  p.  48),  Suivi  des  mots 
nabul»  mois,  etc.,  le  mot  démotique  est  traduit  par  KATA,  Ro- 
sette [Chrest.,  18,  42,  5i,56);  Canopk  [ibid.,  i4o,  147,  160). 
Le  papyrus  Rhind  (n°  357)  le  traduit  ^  ;  cf.  poème,  vers  4^; 
Setna,  p.  4o;  Corpus,  t.  II,  pi.  4,1.  5  et  i4;  voir  notre  document, 

V,    12-,   Vlll,   10;    XV,     19;  XVI,    11;    XVU;    9;    XJVilI,    21;  XXXIII,    20. 


110  JUILLET-AOCT  lOOrt. 


(i^,  XXX.)  Que  soit  satisi'ait'  le  cœur  de  Diru 
pour  le  don  de  la  nourriture  fait  d'un  cœur  con- 
tent*. 

'  sort  CT*^*';  <^'  i^ni.  3  (y  »oîr  ma  noie).  -  »  MX-f*. 
Gc  mot  I  ni  ^  *\  *  quatre  m*ih  <lan«  notre  «loninirni  :  criai 
(Pi  étrv  satisfait  •  (  \vi ,  il);!*  cdui  de  ijuair  > .  qiM'  |)os«è(lr  éga- 
leniont  «^ll^a^  (wni.  4):  3*  rdm'  de  «favoraMe»  [\\,  «); 
k'  celui  (le  postidere.  comme  HXTii  (sxiv.  6).  Dans  le  |tremier 
siMis,  ro  mot  s'écrivait  d'aliord     |  il  S    (PoioBe,  ver*  71  et  85, 

p.  ao8.  aog,  ïio);  .  ^  ^ ij-^l  fi 1 1  i  "i  '•^""''^^  ""*" 
cœuri,  qu'on  retrouve  après  le  mot  «ta  M  domië*  dans  tous  les 
contrats  de  vente,  est  iradait  aa^aJaa»— <  daiia  le  hiliiigai*  dt-  la 
thèse  Berger,  |k  33  H  39 .  et  ii«ioin»««  daos  le  bHnigue  publié  p.  HH 
de  ma  Chrettomathir.  Dan<«  le  dcuiirme  sent ,  « élrr  droit ,  être  juate  • , 
le  décret  de  Ca^sopk  [Chrett.,  p.  i56)  traduit  |  */  Il  _^  ^  "T./ 
eti  mati  par  AIQPenvAXOAI.  et  le  décret  dr  RoMTTB  [CkrttU, 

no),       '^/lJ>3//     •fr/'K^     pt   TO    nPOZRKON; 

cf.  Koufi,  XI.  1 5.  16;  XII,  6,  7.  1. S;  tler..  it,  8a.  84;  Motekion 
Het>..  Il,  II,  p.  69,  70,  71;  C'«r/MU.  t.  II.  pi.  i-,  Sclna.  p.  i33. 
Dan»  le  quatrième  sens  «le  HX're  ft»s%iitrt .  on  peut  citer  Uowtts 
[ChretU.  a8),  qui  traduit  y. ..  1,-%  pu-  KATE£XtN  cl 
Qnehiaes  te.rles  traduits  à  met  court,  p.  xivu.  Ce  dernier  mot  s'écrit 
aussi  d'uuc  autre  manière  (voir  une  des  notes  d«  mon  iVlibast;. 


LE  PAPYRUS  MORAL   DE   LEIDE.  111 

(.5.  XXX..)  xr—ât^i—i.,:, 

(.6,xxx...)xrii3i-l«Â-c:::-1 


(i  5,  XXXI.)  Celui  qui  aime  à  donner  de  la  nourri- 
ture à  autrui  fait  s'ouvrir  '  toute  maison  devant  lui. 

(i6,  xxxn.)  Celui  qui  la  cache^  (la  nourriture) 
pour  sa  propre  gloutonnerie,  celui-là  fait  un  grand 
brigandage^  en  cachant  ainsi. 

•  Ici  noire  texte  jwrXe  :  7^  /^  j  ^^  ^  /Jk)  ^  P*"'* 
haut  (x,  6);  //.  \'Z^  i\\  ïù  \)  ^'  Da"^  ""e  noie  annexée  à  ce 
premier  passage,  j'ai  dit  que  /  M/j  était  pour  •  /^  tl  et, 
flans  le  dernier  numéro  de  ma  IXevue  (xi,  p.  igi  et  suiv.),  j'ai 
consacré  un  long  article  à  cette  question,  en  donnant  les  bilingues 
(|ui  établissent  la  prononciation  an  it  la  valeur  «aller»,  etc.  Dans 
les  deux  exemples  de  notre  document ,  le  verbe  en  question  est  en 
connexion  avec  les  mots  «maison»  ou  «demeure».  Ici  le  mot  à  mot 
paraît  être  «fait  aller  toute  maison  devant  lui» ,  comme  plus  liant  : 
«qui  fait  aller  la  maison  (qu'il  gouverne)  par  sa  force».  Pour  ! fAA 
=  Hl  t maison»,  voir  ma  note  sur  xv,  i3.  —  (2-3)  ^  20)11  'TJT" 
Ijk  ;  cf.  xvi,  93;  XXI,  i5;  XXIV,  8;  \XV,  6;  xxxi,  19,  3  3;  XXXll, 
18.  Voir  aussi  Setna,  p.  12 4  de  mon  édition;  Poème,  vers  78, 
p.  164,  1C7,  253;  Koufi,  X,  3o;  xi,  20  ;xviii,  34;  Qael<fues  Icxles, 


112  JOILLET-AOCT    1900. 

p.    .\VU;    |>op.    jfii.   «le    Lridf,    \.     n.    3i     •■(    ptittim.    \a'    pnlprl 

/  -y  O  «^.  O  se  trouve  dans  notre  (loriiroent,  \i\.  i.>. 
**  Cr.  6'OOMG;  pour  rc  mot,  «\ec  l'acception  spéciale  qu'il  a  ici. 
rf.  .\\?iii,  5,  i7;\\i\,8,  y;  \\\ii,  ii.Cc  mot  se  Iroino  «\ec  lo 
même  .s\ilaltique  .>X>i  dans  Koufi.  \,  3i,  comme  dans  Brugsrli, 
i455.  H  en  est  de  même  dans  certains  conIraU  de  Mempliis,  tant 
pour  les  chantres  .«Xj  ^^  [l\rr..  ii,  pi.  33,  {"colonne.  I.  6)  que 
pour  une  expression  plus  obscure  (t&it/. .  p.  i34t  note,  I.  lo),  qui 
s'écrit  f^  .  '9  k^  \irmt^  a« .  comme  l'espreaMon  «isée  dans  notre 
(lucunient,  et  qui  est  alors  rapproché  de    ^ ^^ I/O  •  1"*  /•»••• 

comparé  à   20Y*ti   (ou  oy»©)   m^ttrint  «i   di-   ^^T—  C 

ai  npei  «sans  séparation *,  dans  lequel  j>  . w.„;  au««i  nn  Ttrlus 
non  si'paré  du  sein  de  sa  mère.  J'avais  en  cons«''quence  traduit  |Hir 
JveiUM  moHslrueux,  en  |H*iisant  à  ffOOMCl  dttbnfmrrt.  Mais  tout  ceci 
me  parait  doiileiii  maiiiti-nant.  Notons  que  dans  cet  actes  il' s'agis- 
sait de  morts  »  ensevelir  et  qui  se  trouvaient  dans  certaines  mai- 
sons détcruiinévs.  Dans  le  décret  de  Hos«-tie.  le  mot  Itemm  eat  à 
deux  n>prises  [Ckmt.,  p.  s5  et  «9)  traduit  |i«r  tfOOMO  t  faire  do 

lorlf.  La  seconde  fois.   <^>.?l<lf<    e<tl  tra<luit  par  AAlKH- 

£ANTA£,  la  première  fois;  par  XTNTKTKAEllfliNOI  KAKA 
la  seconde.  Dans  Rhind  (n*  38o),  /^  •%  'XyK/  «-st  traduit 
par  \  ^_,  toujours  dans  le  même  sens.  Dans  le  Koufi,  m, 
a ,  5  et  33  ;  II ,  1 5  ;  ui ,  a ,  on  a  les  variantes    X     .  /  -i  «    * 

C^  ^  "O  C  7  [a  •  "  î  ^^'  i>etna,  p.  306  de  mon  édition; 
Corpus,  t.  Il,  pi.  I,  I.  ,„;  Hcr..  II.  M.  pi.  17  et  «A;  iv,  88, 
note  6 ,  etc. 


I,E   PAPYRUS  MORAL   DE   LEIOE.  113 


(17,  XXXIII.)   Celui  qui   tVuslre^  .ses  gens  meurt' 
sans  qu'ils  prient^  pour  lui. 

'  \  01  "î^'    \  linH"îït-;  ff.  11.  7;  '".  2;  XVI,  17;  wvi, 

MO  Y  .  L'équivalence  mer  est  prouvée  en  démolique  par  ce  fait  que 
ak^    «rlicf»    se   fait   de   même   en    démotique   pour    ^||^  ^  I  [TD 
(Setna,  passim],  pour  i||^  j    ____  (^''*na,  g-?  et  Poème,  vers  86), 
et  pour    fp  /' /  3    <?    «oHîcier»;  Corpus,  t.   11,  pi.    2 ,  pi.  3  et 
pi.  4.  La  prononciation  MOy  îi  réjKMjue  ptolémaïque  est  prouvée 
par  le   bilingue   de   Berlin,  pour  Cl6<|>MOYC  =   /"^   ,,    ••• 
Comme  sens  de  «mort»,  voir  bilingue  Hbind,  n"  121;  cf.  Poème, 
vers  11,  80,  p.  247;  niag.  de  Londres,  m,  27;  de  Leide,  x,  2; 
Koulî,xi,  2  et  22;  Rcv..  iv,  79.  Dans   notre  document,  cf.   \vi , 
17,  1 9 ;  XVII ,6,8,23;  xviii;  6  ;  six ,  2  ,  8 ,  18,  1 9  ;  xx ,  3,6,  7 
8,  10,  21;  XXI,  9;  xxvii,  7,  8;  xxvHi,  2,  3,  4;  xxxii,  i4;  xwiii 
8,17;  XXXIV,  5.  —  *  cyxHX-,  cf.  m,  24;  iv,  4  ;  x,  21;  xii,  6 
19;  XVI,  17;  XVII,  10,  i6-,  XVIII,  20;  XX,  6,  9;  xxiii,  i;  xxvi,  i4 
xxvin,  i5;   voir  aussi  ma  note  à  propos  de  xii,    fi. 


vni. 


8 


It*  JCrLLET-AOOT  l»0«. 

(, 8,  XXXIV.)  X-3!«Vcn«-l-T~X^ 


(i8,  xxxiv.)  Que  soit  une  large  JaniUùi^  ù 
l'homme  sage^  à  celui  qui  pense*  h  la  rélribulion* 
pur  là. 

>  "vQl  V^l  u^u '<  ^<)"'  >"*  ^*^^^  *'"  ''"'"  ^^^ 

^  «Iioiiimk;  sagca,  iT.  il.  i3,  93;  111,  nj\  i\,  ii^;  V,  3.  tt;  VI,  ë} 
vil,  §5;  VIII,  17;  i\,  7,  i4;  t3:  x,  1,  7,  3;  xii.  i5,  «3;  uv.  1, 
19;  XV,  10;  XVI,  18;  \vn.  6,  18,  «3;  tn,  9;  lui,  1.  3,  8,  i.'i; 
wui,  7;  XXV,  10;  xwii,  18;  xxvui«  8.  «I;  XXIX,  3,  5;  x\\t> .  >  ' 

xxw.    II.  Pour  le  verbe  'O^     q     «MToirt  ou  •pouroirt,  voir 

ma  Dote  à  propos  de  ju,  lO;  pour  la  IbimB  ^  ,  cf.,  lUsf 
noiru  ducumenl,  iv,  ao,  si;  xiv.  33;  xvi.  ii;  xvii.  i3;  xviil. 
aa;  xix,  7;  wvin,  6,8;  xxxi,  17;  sxxv,  i«.  Poar  la  rurme  -«». 
^  ,  XVUI,  18;  MX,  6;  XX.  10;  xwii,  «3;  uu,  9;  uui,  iS.  «3; 
xxxii,  as.  —  (»-»)  >  <i>n;iu,A;  \vi.i6t&vui,6.iS:xxit,5;\x, 
3;  xxxiv,  i3;  cf.,  dans  le  mt^me  sens  de  nombre  complô.  Poème, 
p.  537;  Mosckion  Rev.,  U.  11,  p|,  67  et  71;  Corpus,  t.  II,  pi.  sij. 
Dans  le  sens  de  •  pensée  • ,  po^mc ,  1 54  ;  Her. ,  Il .  11 ,  pi.  «7  ;  KouR . 

XVUI,  ao,  a  I.  /    qI  s  I       dans  PamonI,  avec  le  sens  de  •jtif^Tt. 

Dans  Selna,  p.  117  de  mon  lîdiiion,  il  Ai^niTic  •  assigner •; 
tous  «es  sens  sont  coptf»  el  la  plupart  biérugl}pliii|Ufs  pour 
\  „  o"  ^*x3l'  ^'•***  dernière  forme  a  pour  rom>spondanl 
1/)  m  ^4^1^  •j"ge''».  Voir  Pamont,  postim;  Nour.  ChretL , 
p.  81;  Rev..  I,  I,  pj.  1.  Pour  ces  variantes,  les    >^    ..  "^  ^  , 


LE   PAPYRUS  MORAL  DE   LEIDE.  115 

(19,  XXXV.)  vtâi-^x^i^x^i* 
(20,  XXXVI.)  xtâî^itr^âi-"^^*'-^ 


(19,  XXXV.)  Que  la  mort  de  l'homme  sensuel' 
soit  une  fête^  pour  sa  maison  après  lui. 

(20,  XXXVI.)  Que  soit  la  louange^  de  la  rue', 
l'apport^  des  biens''  du  dieu  grand. 

*^Y^  llL''^^  '  ^*^'''  '"'"^  deuxième  mémoire  sur  les  Blem- 
myes,  pL  1  et  6  ;  poème,  167;  Setna,  elc.  —  ''  TCDCURG.  Ce  sens  de 
«rétribulion  mauvaise» ,  de  «punition» ,  se  trouve  souvent  en  copte 
dans  la  correspondance  de  saint  Pesunthius,  etc.  li  est  écrit 
y\f  (.  1 1  ^^fP  dans  leKoufi,  xii,  3;  Rev.,  iv.  83  et  llev..  il, 
II,  pi.  17,  col.  a ,  1.  2  4;  pi.  18,  coL  1,  I.  2  ;  col.  2 ,  1.  1 1;  pi.  19, 
col.  1,  1.  20;  pi.  22,  col.  1,  1.  2;  col.  2,  1.  9;  etc.;  cf.  Poème 
p.    162.    Dans   notre    document,    on    fait   une  distinction    entre 

/y/    ^y  U    «la   punition»   et      A^  Y''^     j^ ^^    "^'^ 

|)ensc»  (car  'rcocuKe  \cut  dire  fondamentalement  «payer»,  et  il 
s'emploie  aussi  dans  ce  sens  dans  les  contrats  flémotiques).  Dans  la 
première  acception,  voir  11,  18;  xvi,  18;  \i\,  9,  ii,  12,  i8;  xxi, 
1,5;  XXIV,  6;  x\x,  12,  23;  xxxiTi,  3,  7,  9,  10,  11;  xxxiv,  2,3,  i3  , 
17.  Dans  ia  seconde,  voir  xxiv,  2. 

(!-<))  I  XHM  XXNG  .XNX^Y;   ^"'^   ^*  "«te  de  XII,    18.   — 

8. 


recom- 


116  juillet-aoCt  i«o«. 

(aa,  xxxïiii.)  Vt3)"^r!<«.I.CÏ*^» 


(•il,  wxMi.)  Qu'uli  pt'U  dr  bien»  (ainsi  donnés) 
soit  pour  la  bénédiction'  puriCM- :i»ii<i.  -  »lu  dieu  (du 
défunt)  en  son  temps'  d'âme 

{•12,  XXXVIII.)  Qu'au coniraire  les  biens  du  glouton 
soient  une  flamme'  derrière  laquelle  est  le  vent*. 

*  '^^•,  Poème,  vers  ga.  J^ .  Dans  R<mbttb,  7  \  C/  '"* 
{ChresU.  p.  3o.  34,  43.  So,  Ss)  est  traduit  par  IIANilI  TPIX. 
Dans  (jiiiopK,  y  fl^  f<  induit  par  EOPTH  {Ckrftt..  p.  U7, 
1^9.  i5i.  iSi  eTTSS);   r*^  =  |  J'«»'  ©.  Rhind.  ii'  3n. 

—  ^  ïOJC  JP^;  «••  la  note  de  II.  a3.  —  *  ^if   ^  --^  ;  »oir 

note  de  x,  17.  —  *  ^— ^.  ^— *.   voir  ma  noie  et  les  r&emnlc»   à 
A       A.  ' 

propos  de  xii,  'i.  --  *  NKX  '^^  J;   voir  ma   note  sur  x,   i. 

'  CMOY  P  V  "^"^  âl'  *•  5'  *'"•  '^'  *"'  *'  *'  '''^'  "'  ''^'' 
3  1;  XVllI,  4o;  XXIII,  6;\XVII,  9;\X\IT,  16.  —  •  0/2'   —  '  COY* 

COY  P  P  0-,  cf.  XVII,  18,  19;  xToi,  6,  16,  *3;  XIX,  »3;  xxxiv. 
16;  xxxY,  8.  Rosette  {Ckre$t.,  p.  18)  traduit  re  mot  ainsi  écrit 
par  XPONOS.  Pamont,  p.  31-33  de  mon  Mition,  le  traduit 
I  ©;  cf.  Poème,  p.  i58  et  pastim.  —  l»-*)  ♦  ^as^i  voir  ma  noie 


LE   PAPYKUS   MORAL   DE   LEIDE.  117 

sur-ii,  12.  —  ^  exzcDB  3Tn. — "  L'idéogramme  jyy  I  ~  ^V 
(xviii,  8]  se  lit  NlMe  et  thy-  La  prononciation  nij'e  est  certaine 
pour  le  sens  de  NIM  6  o^are,  Ao^/are.  Voir   y  j'f    V'i    Hl  / 

tson    soulllei,    Poème,    vers   5;   cf,    p.    69;  /(llJ^  ^  l  *C~. 

^  0  lit  '  /  "M^  ^  «  sa  bouche  soufflant  le  feu  »,  Koufi,  VIII,  1 1- 
12  et  dans  noire  document  même  (xix,  i3-,  xviii,  8);  A    C  ^  y 

Cf  I  «serpent  soufflant  le  venin  de  sa  bouclie».  Voir  aussi 
Pamont.  11  est  donc  probable  que  pV/  C  / 1  (^  «son  souffle» 
[ibid.,  x\\,  24 )  se  prononçait  de  même.  Je  penche  pour  la  même 
prononciation  en  ce  qui  touche  V  ^  T IJ    nNCGM  ^K 

*^^  «marin»  [ibid.,  iv,  i5).  Pour  le  sens  de  «vent»  qu'a  le 
même  idéogramme  (xvi,  22;  xxii,  19;  xxxi,  21),  la  question 
est  plus  douteuse  :  1"  d'abord  parce  que  ce  n'est  pas  le  sens 
de  Nme  en  copte;  2*  parce  que  les  bilingues  démotico-grecs  lui 
donnent  la  prononciation  THY>  comme  à  THy  tventus ,  vent»  en 
copte.  J'en  ai  donné  des  exemples ,  tant  dans  ma  Revue  é^pt. , 
i'"  année,  quand  j'ai  publié  le  bilingue  de  Londres,  que  dans  le 
Poème,    p.     69,     à    propos    de      (-/KO   /j      "  ^^  KeNTGy, 

V^fo  ^  =  KONxev,  Y/hii/^  -  '^"»''- 
-À^ey-  THy  représente  l'ancien  ^^  J  ^p  «venU  des  hiéro- 
glyphes. Eu  hiéroglyphes  aussi,  ]H  semble  avoir  signifié 
tantôt  «vent»  (moins  fort  que  ^  j  ^B).  tantôt  «souffle».  Mais  le 
premier  de  ces  s<;ns  est  tombé  à  la  l)asse  époque.  A  celte  période 


118  JUILLET-AOOT   lOOfi. 


(a3,  XXXIX.)  Pour  celui  qu'on  onsevôlil',  ^ont-ils 
(ces  biens  )  réunis  *  pour  c|ue  la  terre  '  les  cache  *  ? 

nous  trouvons  an  »ontr«ire  fiocorr  7~\  ^fc  «  vml  rnvoraltlr*. 
(lovenu  f/^/  K  7  y  1  dan»  noin*  ilocunieat  ^t\,  a),  H 
Y\  %  (ibid..  xxn^  th).  Notons  que  le  rorreapomlMt  i1«  1^ 
est  emplové  dans  notre  dorumeol  comme  di^terminalirdi'  GIOTC 
tros«'t;f,  \xiv,  a5;df  XXMH  icalmr  plat  » ,  xw,  ai;  d«  CtifXfV 
■  paix»,  x\iii,  lu,  lô.  ifi.  iH;  «Mv.  9  1.  Dans  le  Koufi,  il  en  eM 
ainsi  pour  cyoGiiy  « |»ons<ière • .  xii,  si;  hla  ■  vapeur  de  feu*. 
XII,  îi;  îiDX  «voler»,  xiv,  3;  u;w^>  ■■louffler».  XTlii.  8;  *t 
tljx'r,  avec  le  même  sens,  xn,  ai,  pour  iWnA  f»'mvolert,  xit, 
si;  alal  tvibrer*  [ihid.);  X20M  < gémissement • ,  XT.  Slt;  etr. 

'  OCOMC,  XVI,  a.'J;  \Tlli.  n:  \\i.  i,  —  *  GOyCOT, 
TOY«>T  m  V^fc^at;  III.  5;  V.  17;  vi,  \,  ifi;  vu,  17;  XIT. 
i5;  svi,  a3;   xtiii,    m;   xxvi.  17.   Rosrtti   [Ckrett. ,   sg  et  177) 

traduit  ^^  -Z-^Z  i  }  I /{Cl  Jl^^+'^l  2  •'"  '""P^ 
ayant  nSuni  troupes,  par  TOTI  TE  A<^H^H2AMBN0TS  TON 
AnOïTANTÛN .  et  les  deriiiers  moU  par  "^  *  **  X  *tf  •  '*■*** 
Canofb  (ChreH.,  p.is?),  1  U  /  /  /  =- ÏTNKAPBT- 
SANTES.  Cf.  Votr/Mon  »«..,  Il,  11,  pi.  fig.  V^  ^  rOY<WT 
est  alors  oppos4'   a    1  y    ]     CtOf.    —     '-'       ^^  ^«hb;    xvi, 


LE   PAPYRUS   MORAL   DE   LEIDE.  119 

COLONNE    1  y. 


COLONNE    ly. 

(i ,  XL.)  Ce  qui  est  laissé^  n'est  point  un  parfum - 
qui  fera  ]e  salut -^  (la  conservation  du  corps)  du  dieu 
grand  (du  mort). 

23;  xx\,  G;  XXXII,  i,  lo;  xxxiii,  i3.  L'équivalence  t»^  est 
donnée  plusieurs  fois  par  Pamont.  —  *  2CDII  'TjT'  -,  voir  ma 
note  sur  xvi,  i6. 

'  ccuxn  ;  voir  iv,  9;  v,    16;  vi,  lo;   vu,    i3,  i5:   xvii,   1; 

XVIII,    1,    7,    l'i,    18,    19;   XIX,    2;    XXIV,  20.   -    COGH    MQ 

O  J  y^J  -^    (P-  Londres,  vi,    9);    /^    —  ^p  ^       7 

(J  y  (Leide,  v,  9);  /-V^v.*  T  «parfumeur»;  Rev. ,  II,  11 
(requête  du  taricheule  d'Ibis);  cf.  pap.  Londres,  vi,  9  v";  vi,  6; 
Leide,  xviii,  26  v";  v,  28.  —  •''  cyX-M.  Le  mot  ut'a  est,  en  dé- 
motique, tantôt  employé  pour  V  ^^1  ou  V  \  JU  '  *"' 
tantôt  pour  «^  ou  \  i  ^W  ^  OY-'^^' •  Pour  les  diverses 
nuances  du  premier  sens,  voyez,  dans  noire  document,  vi,  3; 
VI,  23;  VII,  1,5,  12,  i5;  IX,  2.  Pour  le  second,  voir  x,  a;  xii, 
25;  xvn,   1.   Pour   le  premier,  voir  aussi  Clirest.  déni.,  i43,   e% 


120  JUILLET-AOOT  1900. 

(3.  XL...)  Xli.hU'!«-XPjH«^' 


■^  nn  I 
I     nni 


(a ,  xLi.)  Cest  Dieu  qui  a  doiUM»  les  approvision- 
nements au  glouton,  selon  ce  qu'il  a  étibli  '  (dans 
son  plan  providentiel). 

(3,  XI. 11.)  lia  destinée  et  la  lorluiie  (|ui  \i4>niM'nl, 
c'est  Dieu  qui  les  fait  venir. 

Vers  /ia. 

généralement  le  formulaire  «le-t  contraU  de  mariagra,  quand  il 
s'agit  <lu  payement  de  ia  dot.  Four  le  mcoimI,  voir  Canopk,  Ckrc$t., 
i3i;Ro8BrrK,  af««t..  p.  i84;Rhin(l.ii*86.où /|^  X  /-^ 
est  traduit  P*!*  H  \  i  Ik    i;  ('.A«ora  [Ckrfit..  l3S),  qui  traduit 

I  Yy  j)  "^  /  ^  /  par  AIE£Û£AN .  comme  dans  l'autre  pas!ia<i;r 
[Chrett.,  i3i)  par  P*i.i|;  Pamont.  qui  traduit  /  Â^,  tantôt 
par  ^^«^  et  tantôt  par  *"*-';  Èlotchion  Itev..  II.  ii. 
pi.  »,  I.  2;  Poème,  vers  85  et  p.  i65.  Dan»  le  «ens  de  oyox 
•  bien  |iorlant>,  cf.  Setna,  p.  17a. 
•      '  TCDOYN;  voir  ma  note  sur  \i,  »i. 


LE    PAPYRUS   MORAL   DE   LEIDE.  121 

CHAPITRE  XVI. 

CHAPITRE  XVI. 

(A.)  Seizième  route. 

I.  (ïilre.)  Ne  pas  faire  sensualité^  de  tes  chairs-, 
qai  t'ont  été  données  par  le  Dieu  grand. 

(5 ,  II.)  Ce  n'est  pas  un  cœur  élevé ^,  celui  que  le 
trouble*  (ou  la  transgression)  accompagne. 

'  XHN,  .XXNG;  voir  la  note  de  xii,  18.  — ^   XM   I  \  < 

<5_;  cf.  xviii,  10;  Koufî,  X,  4;  xii,  3o;  Selna,  p.  157;  Pormt^ 
vers  56,  Sg,  61,  GA,  88,  98,  p.  i3o;  Rhind,  n"  7;  Paniont, 
pnssim.  —  ^    ^    s.    5  *"^-  xvii,   5,   19-,  Poèm-i,  vers  7,   3G,    90; 

/î.'i. ,  V,  i85;  var.  À  /fii~  '  ^^  °^'''  s'écrit  aussi  i^j  J 1 1  6 
dans  Rhind  (n"  2 '17),  où  il  rend  ^  jk  JT  .  Il  en  est  de  même 
dans  Pamont.  Dans  notre  document,  \  lu  7  (répondant  à 
u;u)i)  se  trouve  aussi  iv,  22;  wvii,  17;  xxxiii,  i3;  xxxiv,  i3.  Le 
déterminalif  de  la  tétc  de  profil,  ^  =  (^,  remplace  partout  Ti  . 
—  ''  r—i  1|^  X..  ou  'l'CDZ;  voir  la  note  de  w,  i/|. 


122  JUILLET-AOÛT   I90f». 

(6,  in.)  JCfsll^-X^TrMl*-® 


(6,  III.)  lia  mort'  pour  le  sage  nst  «iiMiiain'.  Il  ne 
connaît '*  pas  son 

("7,  IV.)  jour*;  et  sa  \i«"''  (cr  qui  esl  lU'crssairo  à 
la  vie)  est  tout  ce  (pu*  rhonune  sagi*  ilemande '*'  (par 
sa  prière). 

'  nMoy.  voir  note  de  xvi,  3i.  —  *  r^Cre,  voir  la  nol«  île 
XVI,  i6.  —  *  ^T"  I,  voir  U  noie  de  xvi;  i8.  »  JOJ)  -  JqO 
200Y  CI  ^  |j|€  ©.  Rbind  n*  358,  ."iôg  donne  réqiii\alin»rc  ©. 
C&HOPK   (ChresL.    173-174)   Iraduil    /    Q/?  /  4^     |»«r   KAS 

HMEPAN,  (f.  iAi</.,p.  197,  Pamoiit,    /  y,  J\  ly  par   G1  V 

O^.  Dans  Rosette (CAr*»t..  53)  0  /  A^n  </  _3  ^  •*•* 
IIMEFA2  HENTE.  Dans  la  Ckiesl.  un  hilinpue,  p.  78-79.  Iradail 
O)  \0  (/  par  TO  ÏHMKPON;  cf.  Setna.  p.  64  et  poMÛN. 

Kotifi,  wiii,  ao  et  /Muiùa';  Cm-ftaM .  t.  II,  pi.  4;  Poème,  vert  n 
rt  .'îo,  p,  if)5,  171,  ao8  et  ai^.  —  >-A)  »  cuNS  xm,  »3;  xtiir, 
1;  XI,  18,  XXIV,  a'i;  XXVI,  n;  xxvii,  a3;  xxn,  1,  7.  8;  \x\ii,  iH, 
21;  xxxiii,  17;  cf.  Hliin<l  (S  /C^«»T  •  ("•  44);  PammU 
de  même;  dans  Rosette  [Cliretl..  a]  (^  1  r  ")    ^j  *'*!  traduit 


LE   PAPYRUS  MORAL   DE   LEIDE.  123 

(8.  V.)  XT—âP^' i^^ 


(8,  V.)  Celui  qui  aime  à  laisser'  l'abondance ^ 
meurt  en  étant  privé  -^ 

par  BIOS;  cf.  Canope  [Chrcst.,  p,  i3].  Dans  le  papyrus  bilingue 
(le  Berlin  où  K  D  1^^ ^  U  est  transcrit  G^coNy^oC; 
Moschion  fier.,  II,  ii,  pi.  71;  poème,  1/18,  i58,  lOo.  Le  même  mol , 
autrement  déterminé,  répond  à  XNxaj  «serment»,  wvi,  ao;  cf. 
Koufi,  XVIII,  19;  Poème,  2^6;  Corpus,  t.  11,  pi.  3,  1.  12.  Enfin  à 
cette  racine  se  réfère  le  copte  CXHO)  nutrire  I  •+■  ^  ;  cf.  pap. 
bil.  (le  Londres  jSi  (^  \0^  =  CXNU^  (verso  v,  5).  C'est  dans 
ce  sens  que  le  mot  aw^^  est  employé  ici.  —  "  tcjdbz  =  .«».  loi, 
^B.  I  \  ^  XXVI,  2,7;  XXXI,  17;  XXXIII,  i6,  dans  une  des  ver- 
si  ns  démotiques  de  Canope  ASIÛSANTEi:  TON  BASIAEA  est 

rendu  par    ^  j    ^£^  )     <^  )      Y  7t    I^  /?  (•  T^''    P^" 

pyrus  bilingue  de  Londres  (v,   i!S)  porte   x/     0  I  )  ^  I  ^y 

>-^  «je  te  prie»  -j^'i'CDBa  MMOK.  11  en  est  de  même  dans 
la  plainte  d'un  esclave.  Corpus,  t.  Il,  pi.  .'S  et  ibùL,  pi.  5,  1.  13 
et  17,  etc. 

'  CCUXn,  cf.  la  note  de  xvii,  1.  —  ^  Le  composé  «r  ka 
(sur  lequel  voir  viii,  17;  la  note  de  xvi,  8;  xviii,  7,  18;  xix,  3) 
est  tirt;  du  mot  =r  ^^  OY^P,  sur  lequel  voir  Koufi,  xii,  3; 

Bev.,  IV,  87  (cf.  XI,  i3;  llev..  iv,  16)  et  de  ha,  sur  lequel  voir  la 
note  de  xv,   i5.  —  ^  aoYPCU    |  \  *^^  V — '    ou    |  V  """^  r»^ 


1^4  JUILLET-AOÛT   1900. 


(9,  VI.)  Une  bonne  durée  de  vie*  est  pour  ««lui 
qui  est  grand ^  de  naissance  (que  sa  naissance  a  fait 
grand  et  riche).  H  ordonne'  de  ce  (|ui  est  en  sa  muin. 

(Mar  Dend,  iv.  Ho)  mot  dëteniuD^  comme  ici  par  le  eroeodiie, 
symbole  de  la  voracilr.  et  qu'on  retrouve  dans  ^  _  .^.^  «»_  .  l'uur 
la  forme  démotique  voir  Mcxa.  un,  i5;XTU.  lé;  «xiii,  iS;  \us. 
li;  xwiii,  la.  20Yru>  veut  dire  privart  ei  fnmdan.  Uaiu  ir 
premier  sens  ivii,  8  et  17;  Qmtlifur$  UxUs.  p.  latv  ;  dans  le  aecund 
Pamont,  p.  66-61  et  pmuim.  qui  ir  traduit  tantôt  par  ,^^-j  Q  \^ 
\  V— i,  tantôt  par  •-~-',^^sV  V— <;le  Koafi,  11,  3  à  pluMeun 
n'jiriîM's, 

'  l^^  Aie.  Il,  li;  IV,  5.8.Cr.  Selna.93,  96.  ir>n:1><Hin«  . 
p.  iSi.  —  '  Pour  an  voir  u,  9;  ui.  la,  16;  iv,  i?>  \ 
VI,  19,  ai;  TU,  3;  X-,  i5.  16;  xfii,  9,  19,  «o;  triu,  3,  si  ;  ux. 
9;  XX,  19;  XXI,  8,  9,  10,  19.  ai.  aa,  a3;  xxii,  5;  xxti,  a3; 
XXVIII,  6; XXIX.  3; XXX.  18;  xxxi.  H;  XXXIII.  tu-,  voir  au<si  à  propos 
de  XVI,  1,  ma  note  sur  ai.  Pour  me$  >■  MIC€  ^0  /^<  ^"ir  nui 
note  à  propos  de  xii.  8  et  dans  notre  document  »ii.  8;  xvii.  a3; 
xix,  7;  xwii,  7;  wxii.  I.  Avec  le  détermina  tir  de  l'argent  dans  le 
sens  de  MHC6,  xxvi,  §6  et  xxxii,  8.  Pour  le  composé  aunmgs  voir 
m,  11;  IV,  1.*^;  VII,  3;  XVII,  9,  19.  Conf.  Rhind  (n*  ko)  et 
Sctna,  p.  199  de  mon  édition.  Dans  Rhind  il  est  traduit  tantôt  par 

►J.  Ce  dernier  sens  est  à  peu  prt^  relui  «le  notr»;  passa<;e.  —  *  t 


LE   PAPYRUS   MOfiAL   DE   LEIDE.  125 


(lO,  VII.)  Celui  qui  est  misérable*,  alors  qu'exis- 
tent les  biens^  du  Dieu  grand,  demande  par  prière •* 
une  part  *  de  ces  biens. 

^.,^.  Ce  mot  est  traduit  par  IIPO^ETASE  dans  les  décrets  tri- 
lingues, qui,  en  démotique,  portent  7^  —  2CUN  aONZGN.Mais 
le  mot    |~|  =:  1  n'en  avait  pas  moins  subsisté  en  dénioti<jue. 

Nous  le  trouvons  deux  fois  (\vi,  9  et  xx\ti,  2)  dans  notre  docu- 
ment. Dans   le   bilingue  de  Pamont  (p.    17  de  mon   édition)   on 

Z^^u'l^'-/ ^1^-^-5  johi!^^    "J"  "''  P*'  °'- 

donné  de  tuer  par  trahisont.  Le  mot  s'écrit  aussi  n  ,  y  ,  Poème, 
p.  13^;  Rev.,  IV,  i-n,  p.  79,  note  i  ;  Koufi ,  xi,  19,  Pour  ///  ^ 
n|  1  <x,^,^  (Rosette,  Chresl.,  p.  20  et  3)  e^t  synonyme  de 
iZ.  ///  7)?  1 ÈÂ  ( P*^^'''**"^ '  ^'  'D)  =  OYC2-CA2rJG, 
cf.  Corpus,  t.  II,  pi.  2 ,  1.  i/|  et  22  ;  et  Corpus,  t.  II,  pi.  in  ,  1.  i , 
2  1  ;  voir  X,  9  2. 

'  eoORe  voir  ma  note  sur  xvi,  3.  — ^  NKH  -^mr^  À  voir  ma 
note  sur  xvi,  4.  —  ^  cyXHX,  voir  ma  note  sur  xii,  19  et  xvii, 
17.  —  *  TO ,  voir  ma  note  sur  xiii,  5. 


120  JUILLET-AOÛT   lUOO. 


(i  I,  VIII.)  C'est  lui  qui  pas.sc  '  ^i»  an»** *3ê "Vie , 
alors  que  ptisse  toute  chosc>  devant  lui'  (à  sonnez 
et  à  sa  barbe). 

'  CINe  '  ^  ,  »oir  m*  note  sur  ktil,  «o.  —  •  ^  je 
(cf.  xviif ,  I,  t ,  3)  est  troHuit  |Nir  les  biiingUM  BTOl  ot  *— ^  I  0. 
Les  renvois  Miraient  itinoinl>ral>le».  On  a  «ussi  en  eapihtles  U  forim; 
^^')  *?  '1'"*"  li^uve  l'ii  léte  i\n  ilnriiiiicnU  olBriel»  et  «les  con- 
trats; \()ir  Casope,  p.  195  d«  ro«  Ckrfttommtkif.  —  '  1 0  3  f /  "** 
dite  partirtilc  compo!iét>  sans  cetse  employée  m  (icniali(|u<*  «>ec  dcu& 
sens  bien  tranches;  t*  •  par  devants  (comme  V»^  M*l'0);  loales 
les  Icllrv^  et  requêtes  adresM*fls  «  des  peraooiMgm  important*  iior- 
lent  c:  iireuiier  mol  on  UHe  d'  l'adresse;  «*  a  sous»  (Bill)  eni> 
ployé  |iour  dix«  àuies  hi^tori(|ues.  Daas  le  premier  sens,  toir 
Il     C   ^  I    traduit  J    et  |tar   ^  dans  PanionI;  par  V    -^ 

dans  RosKTTK  [Chrat..  187)  et  Koufi ,  xi,  \%,  a6;  Hev,,  1*, 
78,  79;  Koufi,  XV,  17;  Poème,  p.  n6  à  i!îj  et  160;  Leiile. 
cc&iv,  I.  I,  i3,  a^,  etc.   Pour  le  second,   voir  ChrttU.  p.  i33  : 

tUJyUi  (v/^j?  KO  «ip/jj 11 -*■■'"■ 

NllN  TliN  lil'OTKPOiN  RKRAlIAKTkOTQN;  rf.  t'.âWi-K.  CArait.. 
102;  dans  un  aun-  |iassage  (même  jiage)   /il  4  II   «si  traduit 

I'"'"   [l^  JV   ©  r^*  •^"^"''  '!"•-  |»»«''o'»  «'■"»  Panionl      C* //    • 


m  me 


le  sens  de    «devant»,     /    ^^V      ^  ||     /'^l 
devant  Osiris»,   ('^  <|(    <^'\  (même  sens  . 


LE   PAPYHUS  MORAL   DE  LEIDE.  127 

('2,1".)  j^'5;;iy«.-^_-^^|-7»j. 
(■3,  X.)  jL^-ï^ii^w  +  ^.^.-^i^,;,- 


(  1  '2  ,  IX.)  Est-ce  que  ^  son  cœur  n'aime  ^  pas  le  vin  •\ 
sans  qu'il  puisse  Loire ^  à  satiété  [mot  à  mot  :  jusqu'à 
ivresse^)  ? 

(i  3  ,  X.)  Est-ce  qu'il  ne  désire  ^  pas  des  aliments^ 
sans  pouvoir  **  en  faire  sa  nourriture  [mot  à  mot  : 
son  action  de  les  manger  ^  )  ? 

'   AU      \    ,  voir  ma  note  sur  xvi,  /|.  —  ^  M6  Mepe   ^^  JS 
^  I  ^=S  Hpn,   xvir,    12;   XIX,  aS;  xxii,   i5; 

Le  mot  // 3    /   1//IÏ    y    I    "f"  «vin»  ne  diffère  que 

j)ar  le  (léterminatif  de  (0  /  ///  ^  /  epiie  «tenaple»,  xiv,  i5; 
wui,  lo;  wxiir,  i4  et  xxxiv,  lo),  sur  lequel  voir  Poème,  p.  253. 
—  *  P  "^^  A~~~A  "j*!  cu>,  (f.  xviii,  19;  Setna,  p.  167;  Poème, 
vers  55,  63,  64,  9I1  p.  38,  56,  i3o-i3i,  186,  253.  Page  38  de 
u)on  édition  du  Poème  j'ai  montré  que  ^ /\   /    /   ~  ^     1      ^^ 

'^^  ■#■)•,  «1.  pa[).  j^u.  de  Londres,  11,  2y;  m,  1;  verso  vui,  8; 
}>ap.  t;n.  doLeide,  vi,  22;  vui,  7;  xiv,  4o-,  xvii,  32.  —  ^  0\ê)  , 

OA2G  0^*=*  .  'xCj^i'  est  rendu  par  ;::C^  i  ^^  j  ^ 
* — '  dans  Rhind,  n"  286,  cf.  Poème,  vers  67,  p.  i3i  et  197; 
Koufi,  x,  3o  et  33;  hev..  iv,  74 ;  Setna,  167,  etc.  —  (6-'J)  "  Pour 


\0U'  XV,   20 
XXXII,   12 


128  JUILLET-AOOT    I90f». 

le  verlie  4'  I  ^a\>  (|i>'>l  ("ul  absolument  distinguer  en  flémotiqiw 
(In  mtIkî  1  S  ,  »oir  la  longiio  note  que  j'ai  ron»arrA«  i  ce  sujet 
«ians  le  dernier  numéro  de  ma  Hevuf  rifyptolotfitfue .  \t,  jv,  p.  ij|8 
à  7oh;  voir  aussi  notre  document  ii,  h',  vu,  1^;  it,  ss;  x,  i3; 
Xi,  8;  XII,  5,  lo,  17;  an;  wii,  i3,  i4;  xu,  8;  xxTii,  7;  MX,  S; 
XXXII,  6;  xxxiy.  6.  —  '  ^re,  ^  «ib,  voir  à  \t.  >i.  —  •  ^' 
I,  ety,  voir  à  xvi,  18.  —  •  Pour  la  pnTomiante  ali»tractitu 
S^TTî  o^  (•^^  jK.j^~^)  "'"'g'"*  •^•'  tfui,  cf.  XVII,  i3;  XX. 
a3;  wiv,  3;  wvi,  17;  XXIX.  0;  S«'ln«.  |i.  \Ct.  .^7.  (lo.  80,  io«». 
Il»,  i(i^,  i6(),  11.");  Kouil .  ^  1'  M,  M'.  1-  /i"' ' . .  i\,  7-, 
78),  XIII,  i5;  XVII.  i^>,  ^^rll,  i;  wii ,  .|  ;  m.  t-,  18;  Poènie, 
\er»  88,  |i.  137,  iGo,  19^,  iii.  Dan»  IUmkttk  ^(Ihmt..  p.  §84). 
%r'l[l  l^s^  «^l  traduit  ^1  J.  |»o"«"  traduire  •  manière  deire 
vraie,  ordre»,  comme  6'X  en  copte;  cf.  Rocnrit,  Chrett.,  p.  19, 
35,  36,  37;  V  Yii  ^  X/  ten  leur  ordre ■  est  traduit  cette 
dernière  fois  ûl  KAOHKR  et  rè|M>nd  aiiaai  à  ^  i  f  <-il<<  |du4  haut. 

Ihid..  p.  i5;  le  mot   7  ^    '  '  ^-y^  ^    ^^(U  'V      

•  en  onire  convcnaMet,  est  tnMinit  KATA  TO  IlPOïHKON. 
Le  sens  «x  tas|)ect,  fa^nt  se  rvlrouve  dan^  Pamunt.  p.  ii; 
Poème,  vers  n.   i3.  Dans  Pomont    p  ,.  t    /-  ^7^  /U    16 

Z)    ///  ^^i'^-—,,    I      vsl  traduit  |iar  ^~    Ô    TTT.  Ailleurs 

Pour  /|3  il  ="  f  ^^l"^*^^"*"  •nïanger»,ef.  IV,  9;xvni, 
19;  dans  Pamonl.  p.  35  et  U  .    ^  1*^   n'pond  à   j-  V^  e«  « 

^  JV  jil  M^'  **"  lï^ovt'  la  trauM-ription  de  ce  syliai)ique  dans 

ln-|..l.il..n.  yOl^^^^-l^^  ,/^^  ^=  ABPApAMK; 


LE   PAPYRUS  MORAL   DE   LEIDE.  129 


[lii,  XI.)  PjSt-ce  que  son  cœur  ne  désire  pus 
femme',  sans  que  son  temps-  (le  temps  de  cette 
femme)  arrive^? 

voir  Poème,  vers  55 ,  56 ,  88,  |).  i3o,  i3i,  i5/i,  i8Q\  Rev.,  n,  ii, 
j»l.  27;  Koufi,  XI,  32;  XII,  li;  Rev.,  iv,  81  et  82;  pap.  gn.  de- 
Londres,  II,  ag;  III,  1;  verso,  vm,  10;  ix,  6;  pap.  gn.  de  Leide, 
vi,  la  ;  xiii,  2  ,  etc. 

'  J  A ,  iii ,  9 ,  1 4 ,  1 6  ;  VII ,  9  2,  23  ;  VIII ,4,5,0,10,  1 4  ,  1 5 , 
18,  19;  XII,  22;  XVII,  i5;  Poème,  i64;  Koufi,  xi,  5,  etc.  — 
-  ''M  ,lL  © ,  JL  0,  X,  22;  XII,  25;  vvii,  i4;xxi,  19;  xxii,  11, 
17;  XXIV,  4»;  XXVI,  3.  Ce  mot  est  écrit  7IA  ou  ^  /j  et  traduit 
ÛPA  dans  le  décret  de  Canopk  [Chrest.,  lôg).  L'expression 
^    I  1  J^^    «en  temps  quelconque»  se  retrouve,  ibid. ,  p.  129, 

avec  la  traduction  I  V  J  ©  ;  plus  loin,  p.  i53,    7?  y\D   K 

«en  un  temps»  est  rendu  par  DOTE,  cf.  Rosette  [Ckr,,  32)  tra- 
duit y 2/)  \p  par  XPONOX,  voir  aussi  ihid. .  3,  /^  T  ?  a) 
traduit  par  AI  A  IIANTOi;  et  (p.  i8i)  par  q|  ©  ^^;  cf.  Poème, 
p.  149,  237;  Corpus ,  t.  II,  pi.  2 ,  1.  21.  —  '  mi  ^  ,  ncU2 ,  IV, 
3;  XVII,  i4;  xviii,  2,  7;  XIX,  20;  xx,  19,  xxi,  12;  xxii,  i6,  19; 
xxui,  7;  XXV,  II;  XXVIII,  16;  XXXIV,  6,  7,  8,  9,  10,  11,  12; 
Setna,  p.  56,  i54,  166;  Poème,  vers  6,  49,  p.  i3i,  i5i,  21  4, 
246;  poh  est  employé  dans  les  textes  juridiques  pour  les  transmis- 
sions héréditaires    /f  (    \j   /      *T>-  "^   •  f^  2     EIIIBAAAON- 


VIII. 


9 


130  JUILLKT-AOOT  1906. 

(i5.xii.)  ^♦!^-^J*î^^>w.;.*'vT 

(,6,xni.)  xr-îMi^n:^i«ij-^r. 

(i5,  XII.)  Vin,  femme  et  nourriture  sonl  les 
choses  qui  prennent  en  gage  '  le  cœur. 

(i6,  xiu.)  Celui  qui  les  obtient  sans  prière^,  ou 
ne  Tinsulte  '  pas  dans  la  rue  ^ 

TON  MOI  XKKPON  O^/W  ^  IIPOÏKITAI  Alf .  liil. 
Berger,  p.  37,  n.  6. 

^  Iç  V— I  r^>*=  xoYU>  «gaget;  coiiip«n*r  wii.  i5;  xwi, 
19,  3u;  wxi,  i5.  I^  mt^ine  expreMion  m  trouve,  «tec  le  (lëlerini- 
natif  du  bras  armé,  mais  Mns  le  riët-rmiitatif  de  l'argciit,  puur 
traduire  rhy|M)tJièque  générale  ou  pcrticulière ,  dans  lous  les  acU;<» 
de  créance,  les  œntraU  de  mariage  cuuslataiit  un  apport  de  la 
femme,  les  locations,  etc.,  de  Téfioque  fHolémaique.  Le  sens 
de  ft'IXOyu)   tvexare,    infestaret    etc.,    qu'a   également   ^«.^  11 

W/2^  it  f-j  -^  dans  X  , '1  ;  \xxii,  i4  .  etc. Cf. dans  le  Koufi 
(wiii,  »,  10,  19,  3o,  etc.)  y/'.  ^y_  "2  M>  J  =  AOY<»>- 
—  '  U)XHX,  voir  à  XII,    ly.  —   '   ci^cuc  ctuty  ccucyM   J8L 


LE  PAPYRUS  MORAL  DE  LEIDE.  131 

(•'7.  XIV.)  XT!M>ihT1-~r 
('8. XV.)  X:éTr->-J3iJ—X 


(17,  XIV.)  Celui  qu'on  a  privé'  d'une  do  ces 
choses  devient  un  impie ^  dans  son  intérieur^. 

(18,  XV.)  L'homme  sage  qui  connaît*  ia  puis- 
sance^ (ou  la  supériorité,  la  richesse),  son  temps** 
(sa  vie)  n'a  pas  de  trébuchement  ^  (ou  de  faute). 

xJL  Vi — I .  Pour  les  renvois,  consulter  la  note  de  x,  19.  On  a  aussi  la 
l'orme    x     i    j^ n  ^^  CCDcyq  dans  Koufi,  xi,  32;  Poème,  200. 

,xvii,  16;  x.xv,  i9;Setna,  1  Sa;  Koufi,  \i,  5  [Rev.,  iv,  75);  Poème, 
p.  16/i.  Les  mots  ^f  \  £^)  y/\/[[{^  J  KJ  '■*^P«"- 
dent  à  PTMH  BASIAIKH,  iVouD.  ckresL,  25,  83,  etc. 

•  20YI*t",  voir  . XVII,  8.  —  *  01  l'n^,  voir  à  xv,  19.  —  ''  ^ht, 
**'^«i,,  V,  12,  i3,  18;  VI,  1,  5,  6,  18,  ig,  21,  22;  VII,  9,  10, 
12;  XVII,  17;  XXVI,  17;  XXVII,  5;  xxviii,  2,  9;  XXXV,  i5. 
Cf.  C^lll  **^^>  Rbind,  n"  3/u  ;  Koufi,  xil,  32;  pap.  gn. 
de  Londres,  m,  12,  i3,  19;  vi,  18,  19;  vu,  i;  ix,  9;  verso,  v, 
3;  VI,  1;  IX,  4 ,  9,  etc.;  voir  ma  note  de  vu,  9,  sur  la  ligature  qui 
a  formé  le  signe  démotique  en  question.  Ici  nJ)HTM  =  NZHTM 
est    pris    dans   le    même    sens    qu'en    copte.    —    (m)  *   ■> — •  =» 

9- 


i3i  juillet-aoOt  ittoe. 

(.9,  XVI.)  iTii^'^^XPP®'!— PJ'';?> 


(19,  xvi.  )  Meilleur  '  est  le  temps  ^  court  '  de  c<>lui 
qui  est  grand  par  naissance*  que  la  vir  longue^  de 
celui  qui  mendie  ^. 

COOYN;  voir  ma  note  à  xii.  th.  —  *  OYU>TI,  tmperure. 
praestaatior  esse;  rf.  T  ^  j  ~^  .  |»our  ce  verbe  dans  se»  diverses 
arceplations,  \oir  vu.  i,  17;  xvii,  18;  luv,  3;  xxtx,  si;  |M>ur 
le  sens  O Y<W''* .  transferre .  voir  dans  (Ianupk  [(.krest, .  1 5o  et  1 3 1  ; 
(iroff,  s4  et  »7)  le  mot  t/  y  j  4.  K  «>"  1*  Lf  ^  traduit 
{*  J^  et  METABAIMEIN.  voir  aussi  Rowm  \Cknti,.  93). 
Poème,  vers  6  et  Ss,  elr.  —  •  0^^.  COYCOy,  voir  à  xn,  ïi. 
—  '  tyoJMT, /a//?r».  \ah\  jMtnlt  pede.  yi,  18;  Tii,  i3;  util, 
18;  XXXII,  i5;  cf.  Motekion  Un..  11,  u.  pi.  68;  Kouli,  i\,  3i; 
M,  s8;  xviii,  93,  xu,  i3;  Un.,  iv,  80. 

'    NXNOY,   "'"'ï^    XNXI;    VIII,    §5;    Xlll,     lO;    Xtll,     16; 

xxviii,  I,  de  cbeau*  a  passé  en  ropte  au  aens  de  «boni;  cf.  Strtna, 
116;  Koufi,  XI,  4,  i3;  Poème,  937;  /le».,  it,  76.  etc.  —  *  | 
Q  ,  X2e,  \oir  à  xvu,  9.  —  '  OOK,  xu,  «3;  xvii,  19,  99; 
VXIV,  99;  XXT,  8;  XXVIII,  l;  XXXIT,  93;  cf.  ^  JJi!i  /|77 
ENOAirOI  XPONÛI,  Romm,  Cknsl..  98;  Koufi.  xviii.  i3; 
Rev..  II,  i,  pi.  9,  etc.  —  *  Voir  la  note  de  xvii,  9.  —  *  A\^ 
"JÇ,  voir  à  xyn,  5.  —  •  -ru>B2,  voir  à  x?i.  à. 


LE   PAPYRUS   MORAL   DE   LEIDE.  133 

(20,  XV...)  X^.«-XI«1P°,1)^I«] 


(20,  XVII.)  La  vie  de  celui  qui  est  abattu  et  sans 
force  ^  de  celui  qui  a  passé  -  sans  qu'on  le  connaisse; 

(21,  xviii.)  La  vie  qui  s'en  va^,  alors  que  les  deux 
tiers  en  sont  perdus  *  ; 

(22,  XIX.)  En  sorte  qu'il  passe  ^  1  o  ans  étant  pelit 
(misérable)  par  naissance '',  sans  qu'on  lui  fasse  con- 
naître^ la  mort^  et  la  vie^; 

'     rr  ^    factitif  de  Q  ^yS,   O'MXN  s'écrit  de  même 

que  [I  Lu  A»~~«\  ^  =  COGH  (xvii,  1),  dans  notre  document,  — - 
^  CING  HiM»  A,  voir  à  xiii,  20.  —  ^  j  7\  .=.  ■— — 1  «s'en  va 
en  haut,  au  ciel»,  c'est-à-dire  a  disparaît».  Pour  hene ,  voir  à  \vi, 
0.  —  *  XKCD,  voir  à  x,  10  et  22.  — *  CINI,  voira  xiii,  20.  — 
"  Prtit  par  naissance  est  le  contraire  de  (jrand  par  naissance  (xix, 
lO),  voir  ibid.,  pour  CBOK.  —  '  COOY'^'i  voir  à  xii,  i/i.  — 
*   IIMOy,   %^'*^,   voir  à   wi,    i-j.  —  »  tl>M2,   ■^'^,   voir  à 

XVII,    /|. 


134  JUILI,ET-A0CT  I»0R. 

(33,  XX.)  v:ac::rv"js-'viî!TV 


(23,  n.)  Et  quil  pas^  10  antres  années  k 
prendre*  le  métier*,  c'est-à-dire  le  seul  enseigne- 
ment' par  lequel  ce  sage  doit  rivre; 

'  XI,  ^  ^— J,  X.  'i;  \i.  n;  un.  1 1  ;  wii.  »3;  wviii.  aS.otr. 
Le  l>iiii)^ie  RhimI.  n*  «go,  le  traduit  par  iC.  f^  i_i  '  ^ 
décret  de  Rosittk  (CkrtMt..  s8).  par  KIABN,  et  |i.  iKi  par  «^ 
J^.    C  ^      =.Xl   esox  Mt  traduit  par  EKORPû  et 

l>ar  9?  V^  *^^  V  ^«.Gnp  dans  CAHont  {Gkr9$l..  i3o  et  i3i). 
Poème,  164.  171,  191.  196,  soc;  Mo$ekion  U«r..  il,  ii,  pi.  60, 
65,  66;  Koufi,  tii,  lu;  Setna,  96,  100,  101,  106,  ut,  \7\, 
is8;  Corpus.  U  II,  pi.  3.  1.  7:  pi.  k .  U  i ,  3;  pi.  5.  I.  i5;  Hn>.. 
Il,  II,  pi.  3  et  6, 'etc.  —  *  Pour  cette  acception  sp^iale  de  tmé 
lion.  rf.  wvi.  1 1 .  Pour  ce  mot  /  y/  ^ -,»*  rattachant  i  MINe(T) 
et  à  ~"  I  I  1,  el  <ii^iiiriant  tpecies ,  tnodus .  elr.  ;  on  en  trouve  dr 
nomltreni  exemples  dans  notre  papyriM,  soit  comme  mot  s«'-|iar/-, 
soit  comme  corres[)ondaiit  de  la  préformaiitc  alistractiveln'JMlll' 
(vi,  10;  VII,  5;  viii,  18;  u,  i3;ui,  7;  XIV,  4,  10;  XVII,  rt3;  xtTI, 
1 1;  XXVII,  10;  XXVIII,  I,  »;  XXX,  4,  ao;  x\xi,  a3;  xxxii,  16,  etc.); 
dans  \c  déirel  de  Rosette  [Chretl.,  ha)  il  est  traduit  |»ar  TON 
TlX)nON;  cf.  Setna,  p.  91,  ii4,  116,  i43.  176;  Koufi,  xii,  6; 
XVI M,  3;  Quelifues  texte.^ .  p,  xxii;  Rev. .  iT,  82,  noie  to;  etc.  — 
^  CBCD,  voir  à  xm 


LE   PAPYRUS  MORAL   DE   LEIDE.  135 

COLONNE    18. 


COLONNE    18. 

(i,xxi.)  Et  qu'il  passe  10  autres  années^  aban- 
donné ^  et  faisant  être  (gagnant  ou  produisant)  les 
choses  dont  il  vit; 

(2,  xxii.)  Puis  10  ans  encore  pour  arriver^  au 
terme'' ,  sans  que  son  cœur  ait  connaissance  ^  de  rien  ; 

(  3 ,  xxiiT.  )  Total  ••  Lio  ans  dans  sa  vie  ''  entière  qu'a 
éciite^  Thot^  pour  l'homme  de  Dieu. 

'  poMne,  voir  à  xvii,  ii.  — ■  ^  co.xn,  voir  à  xvii,  11.  — • 
^  tiCDZ  Jî>,  voir  à  xvii,  l'i.  —  '*  I  1^  ttt ,  ApH.X,  cf.  xix. 
20;  XXIV,  1/4;  xxxin,  20.  —  ^  COOY'^  ,  voir  à  xi,  6.  —  {c>-^)  "  Le 
siglo  1   so  rapproche  beaucoup  du  signe  hiératique  des  sous- 

tractions sep   '       ^  =  'T*' — ^    tel  qu'il  est  donné  par  de  Rougé  , 


136  JLILLETAOÛT    1900. 

CkresU.  t.  II.  pi.  5.  et  que  noas  le  trouvont  «umï  dan*  rerUin* 
comptes  (lémotiques,  pap.  P«*.sah'cqu« ,  etc;  voir  U  grammairr  de 
Brugsch.  Mais  ici  il  Taut  évideuiinent  Mfiger  à  t^  t*'»»» .  «gni- 
fiant  le    i total*,   qui   se  fait   non    stiulenicnt    ^^    ^     ou    '2 

comme  l'a  noté  de  Roagé,  mai»  aassi  <^  C  ^  en  bib- 
lique. —  '  f  ^^~  xiG,  voira  Vfu,  ii.  '  Ml.  ci  ai,  xviii, 
3.  5;jxvi.  »4;  iÇ  j^  eal  Imluit  ^Jt  •»  Χ1  A  pfT 
Rhind  (n'  83).  Dans  la  pi.  ii,  I.  3.  de  Rhind.  il  s'agit  Juttemeni 
de  la  Aurètt  de  vie  ^a*irri%  Tliot  j^  ^  ^  ^  '  i^2  il 
sur  la  boite  (ou  la  bri^e]  de  naissanre  de  Tbomme.  PI.  ni .  I.  i . 
le m^nie  fait  mvlbologiqur  est  reproduit,  (X4     I  ^    •  écrire»  rem- 

place  alors  T  **^  «onlonner».  I^  même  verbe  est  traduit  |iar 
CAXon  [CkresL.i^)  par  KTITA<t>K10AI.  I^srribes  (TPAMM A- 
TEID  =  P4|  I  I  A  ^Ti  i)  sont  aussi  n'iidus  |Kir  le  nH^mc  sjlialiiqne 
{ChresL.  196}  et  texte»  |>arallHes.  Lt*  mol^  TA  KIIIIHMA  TI1£ 

lEPAX  rPAMMATIKHI    M>nt    au<i.M    éri  it.  y/i  (//<  l  1  i>  l 

dans  le  décret  de  Canupk,  Ckmt.,  p.  170,  et  rendus  par  ^^  4j 
^  ^  S ITD  ^  ^  est  rendu  |>ar  SYPITA^H  dans  le  bilingue 
berger,  p.  't6;  \oir  aussi  Pamont,  ptutim.  Mnsrliinn  Ret.,  U,  11, 
pi.  69;  le  bilingue  d'Ahydos  rendant  |>ar  ^  i    1  *^   le  mot  «  topo- 

grammate»;  voir  Poème,  ver»  36,  p.  i58,  i65.  166.  167,  171, 
209,  919;  Corpas.  t.  11,  pi.  3.  I.  7  et  17.  La  lectarc  ^x"  **' 
donnée  par  le  Poème,  vers  19,  «i,  44 ,  45,  comme  j»ar  les  décrets 
triiingnes.  —  »  I  A^  ""^'  Rhind,  n"  »84 .  et  est  traduit  par 
EI'MHS  dans  Rosette  fChrest.  p.  m). 


LE   PAPYRUS  MOISM.   DE   LEIDE.  137 

(•4,  xm.)  7r:)wc3àfe.-|  =  ^eXlJP'kr:^ 

(5, XXV.)  J— XPkVk^H«-)<:it 

(6,  XXVI.)  Xî  — I^Mi>»"T^«^ 


(  k ,  XXIV.)  C'est  son  tour  ^  dans  la  barque  ^  :  et  Dieu 
bénit  ^  celui  qui  les  passe  (les  années)  avec  destinée  * 
juste  ^. 

(5,  XXV.)  L'impie''  ou  l'homme  de  Dieu  ne  con- 
naît'' pas  la  longueur^  de  la  durée  de  vie^  qu'on  a 
écrite"^  pour  lui. 

(  6 ,  XXVI.  )  Le  bon  '^  (l'heureux  !  )  fait  sa  destinée  ^^ 
dans  ses  temps  '^,  celle  qui  a  été  comptée'*  pour  la 
mort  '^  en  eux  (dans  les  temps  en  question); 

>  Cf.  "ÏT  7\,  i  V  y\,  i  V  ^*— ^-  —  '  Voir  à  XVI,  11.  — 
^  CMOY.  voir  à  xvi,  21.  —  *  Llil  Tk  M  ^'  ^°'''  ^  ^^'  ^^*  — 
5  '"- «1]i|.  voir  à  xvi,  i4.  —  '  P  J|^'  ^*^*'*  ^  ''"^^  ^*  — 
'  COOyN  ,  voir  à  XVII,  18.  —  "  "  ,  voir  à  xvii,  9.  —  "I  ^ 
X2e,  voir  à  XVII,  1 1.  —  '"  C2XI ,  voir  à  xviii,  3.  —  "  NOMpG, 
I*  ,  voir  à  XVI,  9.  —  '^  UllI  \k  I  I  J,,  voir  à  xv,  21.  — 
"Pn  ^,  COycOY,  voir  à  XVI,  21. — -^'^  CDU,  \  ^  .  voir  à  xvi, 
18.  —  '^  IIMOY,  4b^    ]L,  voir  à  XVI,  17. 


138  JUILLETAOOT  1900. 

(8,  xxvm.)  xv-jnniwi^^XT-- 

-r  k,  ■ ^ 


(y,  xxvii.)  celle  qui  a  «Ué  comptée  *  pour  jjarcler* 
l'abondance  ^  (|u'a  fait  parvenir  *  à  lui 

(8,  xwiii.)  1«*  grand  Ksprit '*,  le(ju«'l  s»'  iiûte'^de 
faire  raboniiniilion"  (dns  finirniilles)  apr»'s  la  priw  * 
de  souille  '  ; 

'   HH,  \   ^  .  voir  à  \Ti,  i8.  —  '  CCOXn ,  voir  à  XTll,  i.  — 
*  Voira  XT.  lo,  el  i  wn,  8.  —  *  nu>«,   Jfb.  voir  a  xvii,  th. 

==  iJ)  «s  "^  ^  /l^  J  ^''  ^*>^'>***  P*  ''^1^  l'oinunt.  pn*r.  vi  «t  p.tt. 
sim:  pap.  (;n.  de  Londres,  m,  «5;  Ti.  7(  n,  si,  sS;  t,  ■  ;  pap.  ^n. 
fl)>  Initie,  \x,  3;  pap.  g:i.  de  Par. .  m,  «;  Rhind,  n*  h,  qui  traduit 
/k  (p/M./  P*""  •Î^^W  «^  j!|[>"J«i"r.,uilourl.o 
/  ys^  sa  valeur  ^~  iioas  «l  rournic  par  le  bilingue  Rhind 
(n*  76);  (n        est  de  pin»  transcrit  en  grec  à  plusieurs  reprises 

itovtp  par  le  |>apyrus  bilingue  de  Londres,  et  lloHpiC  par  le  bi- 
li.iguc  de  Berlin,  etc.  On  a  ausM  les  i^iiivalence»  ( ^__  \^6  fc-  ' 
OCOp,  OlipiC;  j  Tyl'J  CGNnonpiC,  eU  . .  dans  uni- 
multitude  de  bilingues.    —   (<>-^)  •  ptyopn,   cyopn ,     *    ■  f . 


LE   PAPYRUS   MORAL   DE   LEIDE.  L^9 


(9 ,  XXIX.)  à  savoii^  :  ces  douze  mesures  do  résine  ^ 
de  nitre^,  de  sel^,  de  drogues*  de  cuisson'', 
drogues  destinées  à  ses  plaies  *"' 

(10,  XXX.)  et  qui  viennent"  sans  qu'il  (le  grand 
Esprit)  ait  pitié  ^  de  celui  qui  a  été  frappé  *•*  dans  ses 
chairs  ^°. 

VI,  4;  cf.  Poème,  vefs  88,   t/-  ^  2i-  C   ""    /    J^/  kI^^   est 

traduit  O  IIPOÛPIMOi:  SlIOPOi:  «la  première  semaille»,  dans 
Canopb,  Chrest.,  p.  173.  —  '  rcutc,  I^  V^t,  voir  à  xi, 
10.  ^ —  *  XI ,  ^  ^ — I ,  voir  à  XVII,  2.3.  —  *  Niqe,  voir  à  xvi,  i9.. 
'  ,^  ffj]  f  9  (cON-re)  est  traduit  !  ^^^  •  dansRhind, 
n*  2  23;  voir  aussi  Pamont,  préf. ,  p.  1,  tarichente  d'Ibis;  Rrv.,  II, 
lî,  pi.  3  et  5,  —  2  I  n  *"***  ]  *  20CM,  VI,  9,  xvni,  9;  xix. 
22;  Poème,  p.  199,  pap.  gn.  de  Leide,  v,  12.  Dans  Setna,  p.  9, 
le  même  mot  avec  le  détermiuatif  «funeste»  désigne  les  menstrues 
de  la  femme.  —  "8  ^^  j  *  ZMoy,  cf-  xxix,  22;  pap.  gn.  de 
Londres,  11,  9;  verso,  i,  i  ;  pap.  gn.  de  Leide,  verso,  vi,  1;  iv,  2. 
—    ((i-lO)    4  •     ^    xvill,    23;    XXIV,    2;    X\l\,     16;    XXXII,    12; 

Moschion  Rev..  II,  11,  pi.  70;  Poème,  p.  i54  ;  pap.  gn.  de  Londres, 


140  JUILLETAOIT    l»UC. 

(il,  XXXI.)  J  — --T  J?!I^T«-t^ 
(la,  xxxu.)  v>is.a-X:iHJvv^ 


(i  i,xxxi.)  Celui-ci  ne  peut  dire:*  Arrête 'ta  mu  in'^  * 
dans  l'action  ignominieuse^  de  celui  qui  momifie^ 

(12,  xxxii.l  l«>  cadavre*  de  l'homme  de  Dieu  :  il 
est  enseveli  •'dans  la  inonta^iio  "  av»'r  s»>s  baii(l»'!t'ttos*. 

III,  90,  9  1,  31;  IV,  l.>-,  |>'<l>-  U"<  il*'  Lcnlc,  irr^u,  m.  1  .i  ;  I,  f); 
Vf,  I,  9.  —  *  ^GM,  ^MOM.  \oir  (U^opE  {Chrtst. ,  i34);  Koiin. 
VIII,  II,  elc.  -  •  CAty,  n*V- •  voir  i  xi,  i8.  —  ^  J  a, 
voir  à  XVI,  6.  —  •  NX,  voir  i  XTi,  n.  —  •  Palpel  de  MXU)  ou 
HQQ).  —  ••  XM,  l<J« %..  voir  i  XTII.  h. 

'  ^^'  \  ^'a^'  ^"'•'  *  *^'  "•  —  '  TOOT,  Tii,  «4;  xnr, 
91;  XVIII,  II;  x\i,  3;  xxin.  9^,  «te.;  Poème,  ver*  9.  3^.  69; 
Motckion  Rec..  II,  n,  pi.  68-69.  ^  particule    Al'    riTOOT 

«par  la  main  dei  est  traduite  IIAPA  ou  V  ,m-^  dans  les  bilingues 
Clirest..  197;  Famont,  p.  98;  bil.  Berger,  p.  39.  -  '  BCDTG, 
•  V^^.,  voir  à  \i,  10.  —  ♦  — _  I  "^^  — .  •iDomifieri.  de  H 
1 — •£  t  momie».  —  *  ^*^ ,  ^S  — .  ^  1L  ^T*-  •'""*  '«  '"'• 
Rhind  (n*  34 1)  signifie  tantàl  **^  «ventre»,  tantôt  ^^  •ca- 
davre». Dans  trois  passages  de  notre  document  (xxni,  3;  xwii,  8. 
9)  le  mol  ^}^  est  l'cril  /  Cjft  C  ■  Le  signe  ^^  mpn'-senl*' 
'«    i^"^     biératique.    —  (<*-8)   •  ocuMC,  voir  à   xvi,    93.  — 


LE   PAPYRUS   MORAL   DE   LEIDE.  L'il 

(.3,  xxxm.)  ^I^XT^-^JSf^lf 
(i4,  XXXIV.)   J'- [■^i-ifT°'-'XI«lP 


(i3,  xxxiii.)  Le  maître^  de  la  barque^  funéraire 
(le  défunt)  ne  mettra  pas  les  biens ^  en  réserve*  pour 
les  emporter^  à  la  montagne  avec^  lui. 

(i  4,  XXXIV.)  On  ne  donnera  pas  de  délai  ^  à  celui 
qui  les  laisse^  pour  les  jeter ^  (les  céder)  à  un  autre 
après  lui. 

'  TOOY)  mMa,  voir  Poème,   vers  78,  80,  p.  16,  p.    i6i; 

KouFi,  xii,  12,  20,  22,  25,  28;  XVI,  i5,  3i;  xvii,  9;  xviii.  G, 
20,  Z!\\  Rev.,  IV,  84,  85.  —  ^  KXIC6  de  KCUC  curare  caduvcr, 
^  V— I ,  -^  -— ' ,  Poème ,  vers  \  5  ;  Rt'v. ,  Il ,  11 ,  pL  3  ;  Leide , 
vili,  26,  29,  avec  la  traduction  TAOH.  La  même  traduction  est 
dans  Rosette,  Clirest..  34  ,  181;  Pamont,  passim;  cf.  Setna,  80,  94. 
'  iiNHB,  ■^^^^^,  xvin,  i3;  xix,  3;  xxiv,  16,  21;  xxv,  17; 
xxxji,  2  ,  i3;  xxxiv,  i5.  7  X^  .  I  est  traduit  KTPIOi)  dans  Rosette 
Chrest. ,  p.  2,  par -^^  dans  Pamont,  56,  58  et  Rbind,  n"  i56, 
voir  Poème,  vers  38,  87,  p.  i3i,  147,  2o5,  206;  Setna,  p.  92. 
Il  s  trouve  sous  la  forme  liée  tt^  dans  le  Koufi,  voir  l\ev.,  iv,  8G, 
à  propos  de  Koufi,  xii,  23.  —  *  Voir  à  xvi,  11.  — '    I  ®  .  — 

*  CtDXn,  \oir  à  xvii,   1.  —  '"  XI,  ^  V — 1,  voir  à  xvn,   23.  — 
«   NTOOTM  «dans  sa  main»,  voir  à  xviii,   ii.  —  C-'J)  '  Factitif 


14S  JUILLETAOCT   \996. 

(.5.  XXXV.)  KT^'^-XlJf'^  — V<« 


(i5,   XXXV.)  Celui  qui  compte*  sur  Dieu  et  sa 
force ^,  relui-là  l'aime*  sur  terre*. 

de  f  jfW  z^xB"*^.  xae  idoWe  de  w»,  «ur  lequel  voir 
wii,    II.  Un  autre  farlitir  '!(<   f    «^  •    ^*^  ■*<'  ^^*f  dehouti, 

C02C.  rednnjurrt.  corripere  (m,    i;  U,  4;  XI,  8;  1\TI,   lo).  — 

*  ccuxn,  voir  i  xvit.  i.  —  *  tu>OYi,  n,  3;  XTin,  i4;  sut. 

'7  t^  2'^  6n//Ço  iu  II  *»^  "«•"''  !*••  ""^ 

ITPK-'i'Q  ATTHN,  dans  le  pap.  gn.  de  Ldde,  viu.  s8-3i( 
cf.  Koufi,  xn.  iS,  i8,  aa.  17  [Rn.,  it,  85),  Seina,  43;  Poènie. 
vers  35,  p.  100,  «i4;  Wrr..  Il,  It,  pi.  «l;  pap.  gn.  Hr  T.ondn!«, 
VI,  36;  Corptu.  t  II,  pi.  1.  I.  18,  etc. 

*  *""  ^-^'  *"'''  *  *^''  **•  —  *  fixajTc,  CT^v— I,  voir 
à  xn,  a.  —  'Me  Mcre,  ^**^3^.  voir  i  xv.  i5.  —  *   »••. 

00,  voir  à  XV,  19.  Dans  lortltograplie  ^"^Y  de  notre  docu- 
ment   ^  =  A   remplace   surplombant     \       ™     I       •   ^ 

trait  inférieur  du  caractère  a  fini  par  être  pris  pour  \e  s)ilabi«|ue 
to  qui  était  primitivement  marqué  |»ar  le  trait  supérieur.  ^^  Celui- 
ci  a  été  remplacé  par  un  f  complément  plionétique  de  to .  de  là 
noire  transcription  qui  n'est  exacte  qu'i  ce  point  de  vue  graphi- 
quement ?  =7'  ^■i''  comment  Iranscrirail-on,  quand  f  »  | 
marque  seul  l'idée  de  •••   to  f  terre»  (ce  qui  est  fréquent)? 


LE   PAPYRUS  MORAL  DE   r.EIDE.  143 

(16,  XXXVI.)  T.l.'-Xl  j— X^:iéli 

(,7,  xxxvii.)  »3!XJ«>-1-i:!«11l 


ni 


(16,  XXXVI.)  Le  don  ^  de  Dieu  pour  rhomuie  de 
Dieu  grandit^  et  fortifie  son  cœur^  en  ses  temps* 
de  miséricorde  ^. 

(ly,  XXXVII.)  (Mais)  grande ''est  f  abomination'' de 
ceux  qui  ont  ouvert^  la  route,  pour  établir  que  les 
maisons  soient  laissées  *■'  à  autrui. 

'  u>xii,  III,  19;  X,  10;  XI,  12;  xiii,  4;  XVIII,  i6;  voir  Rosette 
{Chrest.,   12)    <0   O-'^y  V/   «il   lit  don».   nE<I>IAAN0Pf2- 

riHKE,  Moscliion  Bec.  II,  II,  pi.  69;  Setna,  p.  1 1;  Koufi,  xviii,  i5. 
16,  29.  Duns  tous  les  contrats  de  mariage  sep  sert  à  rendre  le  don 
nuptial  (voir  mes  Clirestoinathics).  Sep  signifiant  «don»  est  devenu 
ii)SU  désignant  le  prêt  sans  intérêts  en  copte.  —  -  AI XI ,  cf.  xvi, 
1 ,  2  ;  x\ir ,  2  ;  voir  à  x ,  1 3  -,  xvii ,  9 ,  1 3.  —  ^  2 H  T ,  —^  ■#•  ti^ ,  voir 
à  XVI,  3.  —  *  coycoY  CHY,  0  H  1,  voir  à  xvi,  21.  —  =^  nx, 
voir  à  \vi,  12  etxvui,  10.  —  *  Cf.  xxx,  19. — '  bcotc,  JV^^. 
voir  à  XI,  10.  —  *  XCU  ,  7  ^jk  ,  voir  à  xv,  12.  Dialectalemeiil 

ie  même  verbe  s'écrit  KCD  ,  C-^  ;  Koufi ,  xiv,  8  ;  pap.  gn.  de  Lnide . 
XI,  10.  est  employé  comme  variante  de  T    jk     ^  ;  Masprro, 

Eludes  sur  quehiues  peintures ,  p.  110,  .j_j  =  i    %k     ^  , 

—  9  ccuxu,  voir  à  xvi,  i. 


Itl  JUILI.ET-AOCT  1906. 

(.8,  xxxMii.)  XT--TirM!*'"X 


(i8,  \x\Mii.)  Celui  qui  fait  coniuiUn'  ers  chose» 
sur  rhoinme  de  Dieu  ne  laisse  pas  l'abonclaiicc  '. 

(19,  XXXIX.)  Le  boire',  le  manger*,  sans  IW'rc* 
(|ui  t'ait  laissé*  wla,  sans  père*  ou  mèn*''  <jui  l'en 
ait  rourni*; 

'  >^  •— '.  voir  à  it.  10  et  i  i?n.  8.  —  *  C">»  P^^ 
^.  voir  à  wii,  is.  —  »  oy<M>**,  f  V  2)  ^"'"^  *  **"'  *'' 
—  *  CON,  f .  Le  signe  démoUque  est  traduit  |>ar  I  rt  |Mir 
AAEA<I>Oi:  |>ar  Ca^opb  [Ckntt.,  n5,  i»8).  La  ni^nw  Ira- 
dncUon  I  est  dans  Rhind.  n*  a3a;  on  trouve  la  transcription 
CXN  dans  le  pap.  bil.  de  Ix>ndres  (tu.  sa);  voir  dans  notrr  docu- 
ment x\iv,  i4.  i5;  \ivui,  16;  iiiv,  7;  aussi  bien  que  xviii,  ai; 
cf.Setna.p.  io4;  Corptu.  L  II, pi.  a ,  1.  6  ;  Poèn»e ,  vers  ^i  etAa, 
p.  167,  aai.  La  planchette  bil.  n'  ig  porte  W\.  y  =■■  COHTl ,  et 
la  pi.  bil.  n*  5  (cf.  n*  9607,  9478,  94S3)  transcrit  son  *nan.  I^ 
pi.  bil.   n'  8   H       J     J^^CeN   •^XNCNOTOC.   —   *  cou- 

xn,  voir  à  XVIII,  1.  —  (*-*)  •  eitUT,  l*"^'   (   ^   '^^  t^ 
^.  Ce  mot,  avec  la  double  traduction   l_^   et    IIATHP,  se 

retrou\e  dans  les  deui  versions  de  Canope  (cf.  CkreMl..  137),  et 


LE   PAPYRUS  MOUAL   DE   IJ:iDE.  145 

(20,  \L.)  m©"  I  — >yni)^M^  V^iw-. 

(21,       XLI.)      W<2*2j '^«^-^   I   ^S-^)^/^:— : 


(50,  XL.)  Un  jour  bon  avec  ce  qui  te  suffit  pour 
être  au  large  ' ,  sans  ^  qu'un  autre  nit  été  prié  ^  pour  toi  ; 

(21,  XLI.)  Un  regard^  satisfait  [mot  à  mot  : 
agrandi^)  a\ec  ce  que  tu  aimes ^  sans  cju'un  homme 
sans  vergogne^  ait  rassemblé  pour  toi^; 

dans  Rosette  (  Clirest..  1  (3  )  ;  cf.  Poème ,  1 3o ,  1 3 1 ,  1 3 4  ;  191.  Le  mot 
)\pI  Yi  O   traduit  toujours  OIAOnATiiP.   —  '  MA^y, 

^jlll  ,  voir  dans  les  trilingues  'j  y/  — ^  =  traduit  ^lAO- 
MHTflP.  La  traduction  ^|||  4»  se  trouve  dans  Pamont  et  dans 
Rliind,  n°  117.  Le  bilingue  de  Berlin  porte  l/^  /J  "^  L  = 
iiMoyeic,    L//^/j     nLi    L  =  ©otomoyc;  cF.  Poème, 

vers  4/1 ,  et  tous  les  contrats  portant  pour  ces  parties  le  nom  de  la 
mère  après  celui  du  père.  —  "  CXZNe,  cf.  Moschinn  Bet.,  II,  11, 
|>1.  72.  > 

'  ovecocuN,  V  P  ^  -^ .  voir  à  XVI,  21.  —  {^-^)  -  gmn, 
-^rj  -^  ^  .  Dans  notre  document  ^2— *)  M  «sans»,  11,  6; 
m,    2;   IV,    6;  VI,    23,   24;   vu,   1,    3;    xviii,   19,    20,    21;  est 


146  JUILLET-AOÛT    1906. 

a-:p 


(  a  a ,  XLIL  )  Une  femme  belle  «'t  bonne ,  »'»prouvée  ' , 
iiinsi  que  sa  bonne  nature"  intime,  sans  <|ue  tu  con- 
naisses de  d^honneur"'  à  son  suj«'t; 

(a3,  xliil)   Vr»il;i    1..^   remcîdes*  du    temps    (h>s 

parallèle  à  *%  (/  <  "•  ^«  vi.  is,  i3;  vit,  k  et  panim:  voir  aussi 
pour  aun,  MMOM,  VI,  19;  wvii,  31.  I^>  hilingiii!  Berger  trediiil 
ANET  Kt  par  cyT  (aa  etSg);  Pamoat  '^.cl.  Poème,  v«nài. 
60.  p.  a38.  —  »  QiXHK,  voir  &  m.  19.  —  •  Cf.  m,  ig.'&xTi, 

8;  MIT,  7. 1 1;  Pamonl.  (p.  36)  traduit  ^^  j(  O — T  f»ar]^ 

N«^;CAiiora(CAr..  i63)prOPAllX;cr.Koafi.xi.  i3. a4;xii,  17; 
/?iT. .  IV,  77,  79,  H5.  Pour  la  Iranscriplion  et  la  lecture  voir  une 
longue  note  de  iiioii  Petiliast.  —  *  Voir  xvii,  19.  —  *  ^^  j^ 
Merc,Me,  voir  à  xv,  i.S.  —  '  \\<t  XAXI,  voir  à  \,  h.  — 
»  ooY<UT  •iOY">''' .  •  \  •  \  I,  voir  à  xvi ,  a3. 

'  Xu>NT,  II,  ai;  XII.  i5.  a3;  XIII,  a;  xiv,  4;  xviii.  aa  ;  xwi, 
^\  pap.  gn.  de  Londres,  tt,  la;  v,  3;  Tfil,  la;  pap.  gn.  de  Leidc, 
I,  i4;  VII,  3i.  —  »  I V  M'  "'  ^'  "'  ^'  '•  ^«  9'  '*•♦  ^'"''  9' 
IX,  5,  19,  aa;  XI,  7,  10;  xn,  i'4;  xm,  a;  xir,  16,  a  a;  xv,  3,  5; 
XTiit,  aa;xxii,  8;  xxni,  i4;  xxt,  17;  «n,  i3;  xxtii.  ao;  xxix, 
6.  —  '  CUJU^M.  voira  X,  18,  elàxTii,  i3. —*  *^^    *    .voira 

XVIII,  9. 


LE   PAPYRUS  MORAL  DE   LEIDE.  147 

COLONNE    19. 

(  1 ,  XLIV.  )    i^J^'^'^CT' '^1^'^-^'*^'^* 


contre-poisons  de  la  vie)  pour  que  tu  ne  sois  pas 
foulé  ^  aux  pieds  et  que  le  grandissement^  de  Dieu 
soit  en  ton  cœur. 

COLONNE  1  9. 

(  1 ,  XLIV.)  11  y  a  celui  qui  prend  ^  pour  lui  sa  part  * 
dans  son  existence ,  sans  excès  ^. 

(2,XLV.)  Il  y  a  celui  qui  amasse  pour  laisser ** 
l'abondance^  jusqu'à  ce  que^  la  mort®  arrive'". 

'  zcDCDMe.  —  ^  xixi,  voir  à  wir,  9.  —  '  Xi ,  ^  V— «,  voir 
XVII,  23.  —  ''    ro,  voir  à  xiii,  5.  —  ■'  "V— ,  voira  xvi,  10. 

— '•  ccuxn,  voir  à  xvii,  1.  —  '  ^^  ' — ',  voir  à  xvii,  8.  — 
*  cyxTe,  XIX,  2;  XXX,  12;  XXXI,  i;  Corpus,  t.  II,  pL  2,  L  23. 
Pour  C1)X,  cf.  XII,  20;  Pâment,  passim;  Poème,  201,  2i4,  935  , 
237;  Moschion  Rev.,  II,  II,  pi,  65  et  71,  etc.  —  "  nNOYi  voir  à 
XVI,  17.  —  "•  nu>2,  JK) ,  voir  à  xvn,  i4. 

10. 


148  JtlLLKT-AOÛT   190«.. 

(3,xLvi.)  J,^«XT3t*JE>»"^,S^ 

(5.XLV....)    |«-X"JM^<«XPZM'' 


(3,  XLVi.)  Le  maître  *  de  la  barque'  (le  futur  dé- 
funt) n'est  pour  rien  dans  les  provisions'  (de  cette 
barque),  je  veux  dire  wlui  qui  en  r«'roit*  une  part*. 

(/i,XLvn.)  Ce  n'est  pas  le  glouton*'  qui  prend" 
soin  de  sa  nourriture '^  de  demain^. 

(5,  XLYUi.)  Quand  la  destinée  et  la  fortune  arrivent 
c'est  lui  (Dieu)  qui  les  fait  surgir. 

V  ers  5  I  '0. 

'  riMHB,  '^^^^^  »o«r  à  XVIII,  i3.        '  {^^,  voir  à  \vi,  i  i. 

Il  ^^^ 

—  '  ""*•,  voir  à  XV.  lo.  —  *  Xi.  voir  à  wii,  i3.  —  *  TO,  voir 

à  xni,  5.  —  •  ■*"*.- — I  -ai.^  ,  \()ir  à    w.  7    —  '  poOY^y .  voir  à 

X,  19.  —  *  i)re,    ^  <^,  voir  à  w,  ai.  —  »  pxcTC,  voir 

à  XV,  16.  —  '•  L'addition  est  incxartr.  Manqiie-l-il  3  \«'r'<  nu  rha- 

j)itrp  ? 

[La  mite  an  prochain  cahier.) 


ETUDE   SUR    LA   MUSIQUE    ARARE.  1^0 


ÉTUDE 
SUR   LA   MUSIQUE   ARABE, 


PAR 


M.   COLLANGETTES  S.  J. , 

PllOFESSEUU    DE    PHYSIQUE 
À  L\  FACULTÉ  FRANÇAISE  DE  MEDECINE  A   BEYROUTH  (sVUIE) 


^SECOND  ARTICLE.) 


CHAPITRE  IV. 
LES  GENRES ^ 

Les  sons,  pour  former  un  chant,  doivent  être 
unis  les  uns  aux  autres,  d'après  certaines  lois.  Un 
premier  groupement  formera  «les  genres»,  et,  en 
groupant  les  genres  entre  eux ,  on  obtiendra  «  les 
systèmes»  qui  sont  l'expression  complète,  le  schéma 
d'une  mélodie  de  tonalité  donnée. 

Mais  pour  grouper  les  sons,  il  faut  savoir  calculer 
la  valeur  des  intervalles  nouveaux,  résultant  de  l'ad- 
dition ou  de  la  soustraction  des  intervalles  primitifs. 

Avicenne  et  Safî  ed-Din  nous  donnent  pour  cette 
opération  quelques  règles  pratiques. 

Premier  cas.  Ajouter  deux  intervalles  exprimés 
en  fractions. 


150  JUILLET-AOCiT   1900. 

\je  résultat  donnera  trois  sons  exprimés  par  dos 
nombres  en  proportions  définies.  Le  plus  giand  de 
ces  nombres  s  obtient  en  multipliant  les  numérateurs 
des  intervalles  l'un  par  l'autre.  Le  j)lus  petit  est  égal 
au  produit  des  dénominateurs  ',  et  le  produit  du  dé- 
nominateur de  rintervalie  grave  par  le  numérateur  ^ 
de  l'intervalle  aigu  donne  le  terme  moyen.  I/inlervalle 
total  est  ej^rimé  par  le  produit  des  facteurs. 

I*  Exemple  :  Ajouter  '  |  à  -  du  côté  aigu. 

9X^—36     8x3  — a4     9x3  —  27 
Les  trois  notes  sont  ;  36,  27,  a  A. 

•te  •> 

L'intervalle  résultant  est  — r^-  c'est-à-dire  la 
quinte. 

2"  Exemple  :  .\jouter  |  à  |  du  côté  grave. 

9x4—36     8x3  — a^     /ix8  — 3q 
Les  trois  notes  sont  36,  3i ,  2/1. 
L'intervalle  résultant  est  encore  la  quinte. 

Deuxième  cas.  Diviser^  un  intervalle  en  deux, 
trois  ou  quatre  parties  égales. 

11  faut  multiplier  les  deux  termes  du  rapport  par 
2 ,  3  ou  \  pour  qu'ils  comprennent  un  ou  plusieurs 
nombres  entiers.  Les  nombres  ainsi  obtenus  sont  les 
nombres  demandés. 


^      ETUDE   SUR    [.A   MUSIQUE   ARABE.  151 

Exemple  :  Prendre  le  milieu  de  -, 

4x2  =  8     3x2  =  6. 
[/entier  intermédiaire  est  y.  Les  deux  intervalles 

sont  -  et  |. 

7         6 

Troisième  cas.  Retrancher^  un  intervalle  d'un 
autre.  Si  la  soustraction  se  fait  par  le  côté  grave, 
multiplier  le  numérateur  du  petit  rapport  par  les 
deux  termes  du  grand,  on  aura  les  extrêmes,  puis 
le  dénominateur  du  petit  par  le  numérateur  du 
grand ,  pour  avoir  le  moyen  terme. 

Exemple  :  Retrancher  -  de  -. 

4x3=12     4x2  =  8     3x3  =  9 

Les  notes  sont  12,  9,  8.  L'intervalle  résultant  est 

^  •  1  =  9 
2*38* 

Si  on  soustrait  par  l'extrémité  aiguë,  multiplier 
le  dénominateur  du  petit  rapport  par  les  deux  termes 
du  grand  et  le  numérateur  du  petit  par  le  dénomi- 
nateur du  grand. 

Exemple  :  Retrancher  ^  de  -. 

3x3=9     3x2=6     4x2=8 

Les  notes  sont  9,  8,  6.  Le  quotient  est  encore  |. 

Cela  posé,  abordons  l'étude  des  genres. 

1  Jiki. 


152  JUILLET- AOÛT  1900. 

Al-Farabi,  Vvicenne  et  les  anciens  en  gt^néral 
définissent  le  genre  :  l'ensemble  des  intervalles  ob- 
tenus en  divisant  la  quarte  en  trois  parties.  Le  tétra- 
corde  était  alors  la  base  de  tout  développement. 
On  créa  ensuite  des  genres  par  la  division  du  pcnta- 

corde  et   d'intervalles   moindres  que  -.  Aussi  Sali 

cd-Din  propose-t-il  de  définir  le  genre  :  l'ensemble  des 
sons  dont  les  extrêmes  comprennent  un  intenalle 
moyen,  à  condition  de  définir  les  intervalles  moyens 
ceux  qui  sont  compris  entre  l'octave  et  l'intervalle 

-.  C'est  juste,  ajoute-t-il,  car  les  intervalles  ^»  v»  ? 

sont  d'un  mauvais  effet  dans  la  modulation  et  ne 
doivent  pas  être  appelés  intervalles  de  modulation. 
Parlons  d'abord  des  genres  issus  de  la  quarte. 
Tous  les  auteurs  s'accordent  a  les  diviser  d'abord  en 
genres  forts'  et  en  genres  doux^.  I^e  genre  est  •fort, 
lorsqu'un  des  trois  intervalles  n'est  pas  plus  grand 
que  la  somme  des  deux  autres.  Il  est  doux  dans  le 
cas  contraire.  A  son  tour  le  genre  doux  se  subdivise 
en  ■  nonnal  ■  *  si  le  grand  intervalle  dépasse  le  carré 
de  la  somme  des  deux  autres,  et  en  «coloré»*  et 
«  ordonnateur  »  *  dans  le  cas  contraire.  C'est  là  une 
division  calquée  sur  la  division  des  genrej»  grecs  en 
diatonique,  chromatique  et  enharmonique.  Al-Fa- 
rabi*"'  en  explique  les  termes,  en  disant  quel'ordon- 

*  ^h7.m  ^1  JoLJI.  —  'Le  genre  que  Al-Farabi  appellt;  «onlon- 
natnuri  est  appelé  ■  nonnal  ■  par  Avicenne  et  Saft  c«l-Din. 


ÉTUDE   SUR    UA   MUSIQUE    AHABE.  153 

nateur  est  tellement  doux  ([u'il  ne  fait  quebaucher 
l'impression  dans  l'âme.  Le  genre  coloré  ajoute  le 
coloris  à  cette  esquisse,  et  le  genre  fort  la  burine. 
Mais  la  classification  des  genres  ne  se  borne  pas 
là.  La  musique  arabe  théorique  est  toute  mathéma- 
tique, et  le  catalogue  de  ses  genres  est  une  page  de 
calcul  de  combinaisons  et  de  permutations.  On  re- 
tranche successivement  de  la  quarte  7,  -,  i,   -,  f 

^  il      b      b      ']      o 

et  on  partage  le  reste  en  deux  parties  égales,  ou  bien 
en  son  tiers  et  ses  deux  tiers.  On  passe  alors  aux 
permutations,  et  chacun  de  ces  genres  fournit  six 
espèces ^  Si  le  grand  intervalle  est  au  milieu,  il 
en  résulte  deux  espèces,  dites  «  non  ordonnées  »  -.  Si 
l'ordre  de  grandeur  est  conservé,  on  a  deux  espèces 
M  ordonnées  continues  »  •'.  Sinon ,  les  deux  nouvelles 
espèces  sont  «  ordonnées  non  continues  »  '. 

Viennent  ensuite  les  genres  avec  redoublement^ 
de  la  forme  1-]--,   i-(--,  reste,  et  les  genres  de  la 

forme   i-f--,    1+ — -,  reste.   Chacun   avec  leurs  es- 

(1  li  —  i 

pèces. 

Enfin  quand  on  a  épuisé  la  dissection  de  la  quarte, 
on  passe  à  celle  de  la  quinte  et  à  celle  des  intervalles 
plus  petits  que  -. 

Voici  le  tableau  des  genres  d'après  Safi  ed-Din. 


154 


JUILLET-AOÛT  1906. 


Les  mêmes  intervallos  se  retrouvent ,  quoi(|ue  groupés 
un  peu  différemment  pour  les  genres  doux,  dans  Al- 
Faràbi,  et  dans  Avicenne.  N'oublions  pas  que 
chaque  genre,  en  permutant  les  intervalles,  donne- 
rait six  espèces. 


/    Normal . 


Genr(>!«  doux./  Colora,. 


<)rilonnaU>ur, 


'   Intfirrompas. , 


fîpnres  forts.  ^ 


Avec 

'    redoiihlRmcnt. 


faible ^  ^ 

.         .  .'.   ■>\   ^« 

«énergique ^  -  - 

faibl. -î^- 

.  6    I,')    ï8 

^n^m^u. ;  7T  ;: 

laibli- «  -7  -r 

,         .  7   I»   11 

*«»»K"r»'' 6  -- 

faible .— 

7    ■•    i3 

enereiqiie. .     •  —  -4 

7  19    iS 

i'    f     Ll  1    ^9    '•'1 

faibli-.  -   — 

faible 

9  10  II 

,  10  9    iC 

énergique..    -  -  - 

8  s     «9 
7    7     ^ 

9  9    îT^ 
8    8    i^S 

.,  10  m  81 

9    9    75 


ETUDE   SUR   LA   MUSIQUE   ARABE. 


155 


Genres  forts 


150  jni[,LKT-AO0T    1900. 

Les  genres  issus  de  ia  quarte  divisée  en  quatre, 
delà  quinte  ou  d'intervalles  inférieurs  à  -  s'appoHont 
des  «  isolés  ».  Les  voici  : 

/    i"  isolé  ou  Isfaliai).  .  .      —  -=•  -r  -r-  EnseoiWe  =  ,. 

Il    i.t    i4    iS  3 

a*  isolé  ou  Raliawi  ...      —  -r  -r*   Ensemble  =  -. 
II    |3    il  4 

,    Petit  iMilé  ou  Zirafki'nd  )    it    i.1  3S  9   ■<>     ,,  .,        3 

isoiis.  .  (         Koudjak ^    i3    n   35   8    9  » 

J    >.••••>■    •  1  i    1 3    96     T<  Il  " 

I   P«'lil  i»ol«'  réduit -r  —  rr«  Einemble  =  ^. 

I  i3    11    Sa  .s 

I    (îrand   isolé   ou    Roux-)    i4  s  i3  t\  *<7     n  ii        ^ 

I  ,  J   -r ï  — -.  Ënsemlile  —  -. 

rouk )    iS  7  I*  i3  lis  1 

Comme  nous  l'avons  déjà  fait  remarquer  en  par- 
iant de  la  gamme,  la  pratique  réduit  le  nombre  de 
ces  genres,  soit  en  rejetant  ceux  qui  ne  plaisent  pas, 
comme  les  genres  doux,  soit  en  identifiant  ceux  qui 
sont  voisins. 

Voici,  traduites  en  égalités,  les  identifications  ac- 
ceptées par  Safî  ed-Din. 


'  Prs.:^,U^I. 

»  Prs.:   Os;&l^3  ou  j^Jjrf;. 

*  Prs.:  î)jy^  =  grand. 


ÉTUDE   SUR  LA  MUSIQUE   ARABE.  157 

i"  lort  redoublé  =  2'  fort  redoiib]é=  1"  suivi  = 
1"^  interrompu,  c'est-à-dire  : 

9  9  25G      8  8  ^9      8  9  2b      8   1.)   lA 
882/(0      77^8      7827      713    i3 

3®  fort  redoublé  =  2*  suivi  =  2"  interrompu,  c'est- 
à-dire  : 

10   10  81      8   10   16      9  59  64 
9     9    75      9915      8  54  09 

3"  suivi  =  3^  interrompu,  c'est-à-dire  : 

101112      101112 
9    1011       9    1011 

Le  même  auteur  fait  ensuite  un  remanieipcnl 
purement  pratique,  et,  partant  de  la  tablature  du 
'oud,  donne  un  tableau  de  dix  genres  plus  usités 
de  son  temps.  Les  noms  en  sont  presque  tous 
persans. 

Les  voici;  les  intervalles  sont  représentés  par  les 
chiffres  tirés  du  tableau  synoptique  précédent. 

L  'Ochaq  {(i[ld).  11^,  c'est  le  1^^  fort  re- 
doublé i""  espèce  '. 


^ 


*  Ces  fractions  ne  correspoiulciit  pas  rij^oureusemont  à  la  tabla- 
ture du  'cuti,  mais  les  différences  sont  inappréciables,  nous  les 
avons  adoptées  pour  montrer  le  rapprocbement  entre  les  deux 
classifications. 


158  JUILLKT-AOOT    1006. 

2.  Nawa  {^).  I  4t  5'  c'est  le  i"  fort  red.)ublé 

o   a  i  j   o 

2*  espèce. 


fiatva . 


r  3.  AbousankouBousalik(viM-.î^'ï).  !^  9  i»,  cV-sl 
le  I  "  fort  redoublé  3'  esjjèce. 
abfiusalik  ou  ôouanlfk . 


4.  Rast  (is^\^).  I  II  1^,  c'est  le  a'  interrompu 
faible  i"  espèce. 


i 


i 


i 


1 1   Sso  9 


5.  Nourouz  («iv]-  —  — -  I.     c'est    If    séparé 
tempéré  3"  espèce. 


nouToux 


6.  'Iraq  [^j»).   I7  |  r-.  c'est  le  q*  interrompu 
faible  a*  espèce. 


vmq. 


ETUDE   SIjR  la  MUSIQUE   ARABE.  159 

7.   Isfahan  (,.X^us\).  —  —  L.  i-,  c'est  le  premier 

^^  '         12I.)l4l5 


isolé. 


isfahan 


1(4    4    i3    i4    117 


8.  Bouzrouk   (^f.i).    11  1  1:1  11  m,    c'est   le 
grand  isolé. 


bouzrouk 


9.   Zirafkend  (^J^^IoS)  K  l^-'^l,  c'est  le  petit 
isolé. 

zirafkeyid . 


* 


^ 


10.   Rahawi    (c^rA)-.  -   -^  -^,  c'est  le  second 
isolé. 


^^ 


s 


L'indication  de   ces  noms  est  doublement    pré- 
ieuse,   d'abord  parce    qu'ils  montrent    l'influence 

'   La   tierce  donnée   par  les  chiffres  est  -,  celle  du  doigté  est 


'  La  tierce  naturelle  7  devient  dans  la  notation  la  tierce  pyllia- 
.  .  8.  '^ 

^oricienne  — . 


160  JUILLET-AOCT    1901.. 

graiidissaiile  delà  imisiquc  ptTsaiu',  puis,  parro 
qu'ils  sont  un  trait  d'union  avec  la  musiqur  moderne, 
tous  ces  noms  étant  usités  encore  aujourd'hui  pour 
désigner  des  modes.  La  musique  moderne  a  en 
effet  ses  modes  analogues  aux  systèmes  aneiens, 
mais  elle  ignore  complètement  rimporlaiirr  rie  la 
quarte  et  sa  divi&ion  en  geiu'es. 

CIIAPITRK  V. 
LKS  SYSTÈMES '. 

Lorsqu'un  des  grands  intervalles  e^t  renqdi  par 
des  intervalles  moindres,  l'ensemble  ainsi  formé 
s'appelle  un  «système'».  Ces  intervalles  moindres 
ne  sont  pas  groupés  d'une  façon  qnelconcpie,  mais 
d'après  les  genres.  Aussi  Avicenne  défmit-il  le  sys- 
tème :  l'ensemble  d'intervalles  mélodiques  compre- 
nant plus  d'un  genre.  D'après  cela,  1»  quinte  y)eut 
constituer  un  système,  on  l'appelle  système  impar 
fait  ^.  La  double  octave,  c'est-à-dire  le  groupement 
de  quatre  létracorde»  et  de  deux  tons,  est  regardée 
comme  le  système  absolument  parfait  ^  Introduit 
après  coup,  dit  Avic<»nne,  il  fut  rapidement  adopté. 

Cette  notion  de  systèmes  n'existait  pas  dans  la 
musique  arabe  primitive.  Elle  fut  probablement  in- 
troduite par  Al-Faràbi.  On  sait  que  Isbahani,  dans 
dans  son   Kitâb  al-Aghâni  fait  toujours  suivre  les 


ÉTUDE   SUR  LA   MUSIQUE  ARABE.  161 

chansons  dont  il  parle ,  de  l'indication  de  leur  tona- 
lité et  de  leur  rythme.  Or  les  expressions  désignant 
les  tonalités,  quoique  répétées  des  centaines  de  fois, 
se  réduisent  aux  huit  suivantes  :  • 

Motlaq  fi  majra  al  wosta  '. 
Motlaq  fi  majra  al  bincir  '-. 
Sabbaba  fi  majra  al  wosta  ^. 
Sabbaba  fi  majra  al  bincir  ''. 
Wosta  il  majraha  ''. 
Bincir  fi  majraha  •*. 
Khincir  fi  majra  al  wosta  ^. 
Khincir  fi  majra  al  bincir  *, 

Parfois  les  expressions  sont  simplifiées  : 

Wosta  avec  le  khincir  ^. 

Ou  plus  brièvement  encore  : 

Wosta.  Bincir.         Motlaq. 

On  a  fait  bien  des  conjectures  sur  le  sens  de  ces 
expressions.  Essayons  d'apporter  notre  contribution 
à  la  solution  du  problème.  Que  veut  dire  d'abord  le 
mot  majra  ?  Le  verbe  jara  ^^  signifie  «  couler,  courir, 
avoir  lieu ,  s'exécuter  »  ;  et  majra ,  «  lieu  par  où  se 
fait  fécoulement,  passage,  tuyau,  courant  ».  Ce  sens 
matériel,  appliqué  au  luth,  désignerait  donc  fen- 
droit  où  se  produisent   la   wosta,   la   bincir,  leur 

—  "  '-^'t^  (a»  •f'^^ .  —  '  cr'^rî-"  (Sfs'  <g^  f^^^'^ .  —  "  çjà  j>fl.;-;> 


m  JUILLET-AOÛT   1906. 

touche,  leur  destan.  Sahhaba  Ji  majra  al  bincir  se 
traduirait  mot  à  mot  :  »  l'index  sur  la  touche  de 
l'annulaire».  Cela  pourrait  s'entendre,  soit  on  ad- 
mettant un  genre  doux  nonnal ,  dont  le  premier  in» 
tervalle  est  une  tierce,  soit  en  supposant  la  corde 
réduite  par  un  roulant ,  de  façon  tjue  la  corde  lihn^ 
donne  la  sahhaba  ordinaire.  La  sahhaha  deviendrait 
alors  la  hincir.  Mais  si  cette  hypothèse  peut,  à  la 
rigueur,  être  admise  dans  le  cas  précédent ,  comment 
l'appliquer  à  l'expression  :  moflaq  fi  majra  Ui  bincir? 
La  corde  devrait  ^tre  serr(*e  au  «  destan  »  de  la  hincir, 
et  si  on  ne  démanche  pa»,  il  ve^te  un  demi-ton  à 
chaque  corde,  puisqu'elles  sont  accordées  par 
quartes.  Si  on  démanche,  c'est  une  simple  trans- 
position, et  nous  savons  d'ailleurs  quH  les  Arabes 
n'aimaient  pas  le  déinanchetiient,  puisqu'ils  ajou- 
tèrent une  corde  au  luth,  exprès  pour  l'éviter:  Ce 
sens  matériel  du  mot  majra ,  ne  me  parait  donc  pas 
soutenable. 

Les  auteurs  ancien»  n'expliquent  nulle  part,  à 
ma  connaissance,  l'acception  technique  de  majra; 
quant  au  verbe  jaia  lui-même,  je  ne  l'ai  trouvé 
que  deux  fois  à  un  mode  personnel.  C'est  dans  la 
Rissulal  de  Yahia  ben  *Ali  ben  Yahia.  V^oicî  les 
deux  phrases ,  d'ailleurs  assea  peu  instructive»  :  «  Sur 
cela  est  basé  l'accord  des  sons  dans  les  chants  des 
Arabes,  et  d'après  cela  s'exécutent  toutes  les  espèces 
de  chants  ^  »  —  «  Voilà  l'explication  do  ce  qui  con- 

JLiJI . 


ÉTUDE  SUR   LÀ   MUSIQUE  ARABE.  163 

cerne  iés  sons,  et  ce  qui  en  découle  ^  »  Y  a-t-il  dans 
l'esprit  de  l'auteur  une  relation  entie  iajri  et  le  mot 
technique  majra?  Il  est  difficile  de  le  dire.  Il  ne 
nous  défend  pas ,  en  tout  cas ,  d'écarter  le  sens  ma» 
tériei. 

Rapprochons  et  discutons  quelques  autres  textes. 
Du  même  Yahia,  voici  un  passage,  sinon  absolument 
clair,  du  moins  fort  suggestifs  :  «  Les  sons  de  chaque 
<(  tabaqat  «  forment  deux  «  majra  » ,  l'un  attribué 
à  la  «  wosta  >-  et  l'autre  à  la  «  bincir  »,  et  les  sons  pro- 
duits par  ces  deux  doigts  se  substituent  l'un  à  l'autre 
dans  les  chants,  et  ne  vont  jamais  ensemble.  Il  y  a 
six  sons  concordants  :  corde  «  mathna  »  libre ,  «  sab- 

^    Jl   j-^^ij  fgJa^^\    J!    Cjy«J>j»    l$0^;a.i    y-^^SÎ  y^  *4^   J^^y* 
L«.j_l_<  »J^^.t^  J^.>^,>  %  LiiJi  (fi  yL3LJU^>  yLx.*jio2)|  «J^  [jf  jia  ;  i  .U 

*■»  *  li  OMv..^!  8>>Js  oX^iit  (jU  L^UxSLj  ^xj»  LjUxjI  juJLc  (jiwuJt  ffijJ\ 
(£■)    ?*  *-^   ■J'rï-J^   '-^tiJI   i:vyuaJ!   <^^-«»J_}   ^o-ÀsiJ  (^y^Jl   yO   yuaJuJl  Jl£ 

L-^-X^  JLiixi^!  jo-ijJI  ^-J^i)!   (j*  (jUj>W-"  u^'il!  l-«!j  yL.^^1  l^i! 

Si 


164  JUILLET-AOOT  1906. 

baba  «  et  «  khincir  »  sur  la  mathna ,  bincir  sur  la  corde 
«  7ÀT  ».  Tous  ces  sons  s'accordent  avec  les  deux  inajra , 
et  si  on  combine  ces  six  sons  avec  (la  wosta  ?)  ils  s'ac- 
cordent avec  elle ,  comme  ils  s'accordent  entre  eux. 
Et  si  on  les  combine  avec  la  bincir,  il  en  résulte  le 
_majra  de  la  bincir,  le  cbant  est  attribii»'  ;«  la  bincir, 
et  on  dit  qu'il  y  a  majra  al  hincir.  Quant  aux 
quatre  sons  discordants,  deux  d'entre  eux  ne  s'ac- 
cordent pas  du  tout,  et  ne  se  rencontrent  pas  dans 
le  même  chant  :  ce  sont  la  wosta  et  la  bincir  de  la 
mathna,  auxquelles  sont  attribués  les  deux  majra. 
Les  deux  autres  sons  des  quatre  discordants  sont 
la  wosta  de  la  zir  et  la  bincir  de  la  corde  «  mithlath  > , 
qui  ne  vont  pas  ensemble;  mais  la  wosta  de  la  zir 
s'accorde  avec  la    wosta    de   la    mathna    dans  son 

majra et  la  bincir  de  la    niitlath  s\'t<M-r>nl<> 

avec  la  bincir  de  la  mathna  dans  son  majra 

Al-F^arâbi  de  son  côté  s'exprime  ainsi  •  :«  Le  nombre 
des  «  qouà  ■  (toniques  dans  le  luth)  est  \o  même  que 
celui  indiqué  dans  les  instruments  à  cordes  libres, 
parce  que  si  elles  peuvent  aller  avec  la  bincir,  elles 
ne  peuvent  pas  aller  avec  la  wosta ,  et  si  elles  s'ac- 
cordent avec  la  wosta ,  elle«  ne  s'accordent  pas  avec 
la  bincir.  » 

Et  Al-Khowarezmi  dit  *  :  «  Dans  la  quarte  il  y  a 

\i\f  (^  h  ,M,jJl  l^iu*  ^  ^  y.n;Jl  J^  is^.ym  bt  L4JU  JuLJLk^  ^b^l 

^UlaJI    '■4x4  y-^-J  ^  ts>t  ^  h  i»jJl   ^^JX   c;»,;^  m  . 


ETUDE   SUR  LA  MUSIQUE   ARABE.  165 

quatre  sons  :  motlaq,  sabbaba,  wosta,  khincir,  ou 
bien  motlaq,  sabbaba,  bincir,  khincir,  parce  que 
dans  cette  base  du  chant,  la  wosta  et  la  bincir  ne 
sont  jamais  ensemble.  » 

Dans  le  manuscrit  du  Kîtâb  al-Adouar  de  Safî  ed- 
Din ,  nous  trouvons  cette  note  marginale  :  «  Les  an- 
ciens Arabes  désignaient  les  sons  par  les  touches  du 
luth,  on  les  mélangeait  avec  le  son  d'une  autre 
touche ,  et  on  appelait  cette  combinaison  le  mélange 
des  doigts.  On  disait  par  exemple  :  sabbaba  fi  wosta, 
sabbaba  fd  bincir  ^  » 

Notons  enfin  que  souvent  l'expression  fil  majra 
est  remplacée  par  la  simple  conjonction  «  avec  »: 
wosta  avec  la  khincir. 

De  tout  ce  qui  précède  il  ressort  que  : 

1°  Il  y  a  deux  majra,  celui  de  la  wosta  et  celui 
de  la  bincir,  et  cette  wosta  et  cette  bincir  appar- 
tiennent à  la  corde  mathna. 

2"  Il  y  a  deux  séries  de  gammes  incompatibles, 
celles  où  entre  cette  wosta,  et  celles  où  entre  cette 
bincir. 

3°  Ces  gammes  sont  différenciées  d'une  part  par 

(Ôp-*3;'>-«^  (J^jJ  (^  >>'^l  iji  <y-*^  aMI  .Xi-c  4!  uLJb  c>^l  ^'-*-« 
(Edidit  G.  van  Vloten,  p.  242). 


106  JUILLET-AOOT  190(>. 

la  présence  fie  la  wosta  ou  de  la  bincir,  d'autre  part 
par  une  autre  note. 

.    Les  textes  n'en  disent  pas  davantage,   mais  on 
peut,  il  me  semble,  ajouter  sans  trop  de  témérité  : 

/j°  Cette  note  combiné*;  avec  la  wosta  uu  la  bincir, 
nest  autre  que  la  tunique  de  la  gamme. 

En  d'autres  termes,  il  y  a  deux  «  voies  »,  celle  de 
la  wosta,  où  Ton  rencontre  nécessairement  la  woflta, 
et  celle  de  la  bincir.  Si  nous  désignons  le  doigt,  la 
note,  d'où  nous  partons  poiu*  nous  engager  dans  une 
de  ces  deux  voies,  notre  tonalité  sera  paria itemont 
définie. 

Si  de  simples  rapprocbements  peuvent  tijoulir 
quelque  valeur  aux  arguments  ({ui  précèdent,  voici 
encore  deux  faits  qui  ne  manquent  pas  d'intérêt. 

Al-Farâbi  nous  apprend  que  dans  le  lutb  à  ([uati^. 
cordes,  la  sabbaba  de  la  matbna  correspondait  à  la 
raèse  des  Grecs,  et  la  bincir  à  la  paramèsc,  la  wosta 
était  donc  la  trite  des  conjointes.  Faut-il  en  conclure 
que  les  modes  avec  wosta  étaient  imités  des  systèmes 
conjoints  grecs,  et  ceux  avec  bincir,  des  systèmes  dis- 
joints? Ce  n'est  pas  impossible,  ceperuhmf  l'iitialofrio 
ne  se  poursuit  pas  sans  diffîculté. 

Dans  la  musique  indienne  moderne,  on  classe, 
paraît-il,  les  modes  en  deux  grands  groupes,  en  les 
rapportant  à  la  même  tonique  r/o;les  modes  qui  ont 
le  fa  natui'el  et  ceux  qui  ont  le  fa  dièse.  Beaucoup 
de  modes  indiens,  du  reste,  sont  identiques  à  des 
modes  arabes.  Est-ce  un  rapprochement  fortuit,  ou 


ETUDE  sua  LA  MUSIQUE  ARABE.  16? 

faùt-il  y  voir  la  tracer  d'une  origine  commune  ?  Je  ne 
saurais  ]e  dire. 

Nous  devons,  pour  compléter  cette  discussion, 
voir  si  la  reconstitution  des  systèmes  d'après  notre 
hypothèse  donne  des  résultats  acceptables  au  point 
de  vue  musical.  La  tonique  peut  être  la  note  la  plus 
grave  de  la  gamme,  comme  chez  les  Arabes  mo- 
dernes, ou  bien  la  note  la  plus  aiguë  du  tétracorde 
inférieur,  la  mèse,  comme  chez  les  Grecs.  Cette 
dernière  manière  de  voir  me  paraît  plus  probable, 
soit  comme  conséquence  de  l'influence  grecque,  soit 
à  cause  des  difïicultés  matérielles  que  présente  la 
première. 

Nous  avons  alors,  si  nous  donnons  au  luth  l'ac- 
cord suivant  : 


la 

ri' 

sol 

do 

si 

mi 

la 

râ. 

do 

> 

sih 

mil) 

ré  h 

S0l\) 

si 

mi 

ré 

sol 

do 

/« 

hamm 

1,  mithlath. 

mathna , 

zir. 

motlaq  fi  majra  al   wosta  :  rc ,  mi,  fa,  sol,  la^si^,  do.  ré. 
motlaq  fi  majra  al  bincir  :  ré,  mi,  fa,  sol,  la,  si,  do,  ré. 
sahbaha  fi  majra  al  wosta  :  mi.  fa,  sol,  la,  si^,  do,  ré.  mi. 
sabbaba  fi  majra  al  bincir  :  mi,  fa,  sol,  la,  si,  do,  rc ,  mi. 
wosta  fi   majraba  -.fa,  sol,  la,  si\y,  do,  ré,  lni\),  fa. 

bincir  fi  majraba  :  sol'o,  sol,  la,  si,  do ,  ré,  mi,  sol  \). 

khincir  fi  majra  al  Avosta  :  sol,  la,  si]y.  do,  ré,  mi, fa,  sol. 
khincir  fi  majra  al  bincir  :  sol,  là,  si,  do,  ré,  mi,  fa,  sol, 

11  y  a  d'autres  combinaisons  possibles,  qui  sont 
également  acceptables,  mais  les  unes  et  les  autres 


168  JUILLET-AOCT  1900. 

soulèvent  bien  quelques  objections.  D'abord,  il  y  a 
des  gammes  (jui  se  ressemblent.  I\iis ,  si  la  sabbtiba 
ji  majra  al  bincir  nous  donne  une  gamine  dorienne , 
on  s'attend  à  la  voir  précédée  d'une  gainmo 
phrygienne  et  d'une  gamme  lydienne.  Or,  il  n'en 
est  rien,  l'ordre  des  gammes  n'est  pas  l'ordre  grec. 
Après  tout,  la  musique  arabe,  à  cette  époque-là 
surtout,  n'est  pas  forcément  de  la  musique  grecque 
pure.  Influence  ne  dit  pas  imitation  servile. 

J'ai  recherch»?  enfin  si  dans  le  Kitdb  al-Aghâni,  il 
y  avait  quelque  relation  entre  ces  gammes  et  les 
poésies,  au  point  de  vue  de  Yiiôos.  J'avoue  qu'une 
pareille  statistique  n'offre  pas  beaucoup  de  rigueur. 
Cependant,  si  les  modes  graves,  virils,  s'ap- 
pliquent presque  constamment  à  des  vers  de  même 
caractère;  si,  au  contraire,  des  modes  plus  trou- 
blants ,  comme  le  Mincir  fi  majraha  sont  ordinai- 
rement alliés  à  des  poésies  passionnées,  il  peut  y 
avoir  là  une  indication.  La  concordance  a  été  satis- 
faisante et  l'ensemble  de  ces  arguments  rend  assez 
probable,  je  crois,  Texplication  des  textes  d'Isbabani 
que  j'ai  proposée. 

A  l'époque  d'Al-Farâbi  et  d'Avicenne,  et  jusqu'à 
Safi  ed-Din,  la  musique  arabe  est  franchement  gré- 
cisée ,  au  moins  dans  la  théorie.  Le  système  parfait 
est  un  ensemble  de  quatre  tétracordes  et  de  deux 
tons  séparateurs'. 


ÉTUDE   SUR   LA   MUSIQUE   ARABE.  169 

H  y  a  trois  combinaisons  d'après  Al-Farâbi  : 

tétra,  tétra,  ton,  tétra,  tétra,  ton. 
ton ,  tétra ,  tétra ,  ton ,  tétra ,  tétra. 
tétra,  ton,  tétra,  tétra,  ton,  tétra. 

Si  la  séparante  aiguë  se  trouve  entre  l'octave  in- 
férieure et  les  deux  tétracordes  supérieurs,  le 
système  est  «  disjoint  »^;  dans  le  cas  contraire,  il  est 
«  conjoint  »^.  Le  système,  tant  disjoint  que  conjoint, 
est  dit  «  changé  »  ^  si  les  petits  intervalles  ne  sont  pas 
les  mêmes  dans  les  deux  octaves.  On  peut  même 
varier  les  genres  dans  chaque  tétracorde.  Si,  les 
genres  restant  les  mêmes,  on  se  contente  de  per- 
muter les  petits  intervalles ,  ces  permutations  portent 
le  nom  d'«  espèces  »  *.  La  première  espèce  place  à 
l'extrémité  grave  ou  aiguë  :  dans  la  quarte,  l'inter- 
valle que  nous  avons  mis  en  tête  en  parlant  des 
genres;  dans  la  quinte,  le  ton  excédant  la  quarte,  et 
dans  l'octave  le  ton  séparateur.  Il  y  a  sept  espèces 
pour  l'octave,  dans  le  système  parfait  disjoint. 

Safî  ed-Din  ajoute  quelques  détails,  il  y  a  pour 
lui  neuf  combinaisons  entre  les  tétracordes  et  les 
séparantes  du  système  parfait.  Quatre  d'entre  elles 
ont  des  noms. 

Les  deux  séparantes  sont  : 

aux  extrémités  graves  :  Disjoint  grave  ^; 

aux  extrémités  aiguës  :  Disjoint  aigu®; 

l'une  à  l'extrémité  grave,  l'autre  à  l'extrémité  aiguë  :  Conjoint; 

au  milieu  de  leurs  octaves  :  A  séparantes  moyennes  '. 


1  *Lûi.m  *£i.,ii. 

—  2  m^xU-  - 

-      '     ïyJ^\.     —     "       ^IjJl.      — 

JjLi-^l  J^iUl..  — 

"  js^iii  jkAûijai. 

—   '   ^Ia«j.l!   *A«Li.!|. 

170  JUILLET-AOÛT  1906. 

Chaque  octave  s'appelle  une  ■  périotio  »  daar^. 
Le  genre  du  premier  totrarorde  s'appelle  «  racine  » 
asi-.  Un  ensemble  de  quatre  sons  cons^vutirs  (juel- 
conques  s'appelle  ■  mer  »  hahr^. 

H  y  a  une  expression  qui  revient  fréquemment 
chez  Safi  ed-Din  et  ses  prédécesseurs,  et  qui  ne 
semble  pas  avoir  été  employé»^  avec  toute  la  précision 
désirable.  C'est  le  mot  tabaqat  ^  Al-Faràbi  défuiit  la 
tabaqat  :  l'ordre  de  chaque  son  dans  l'acuité  ou 
dans  la  gravité*;  Al-Kbowarezmi  :  l'ordre  de  l'acMiité 
du  son  ou  de  sa  gravité*.  Pour  Safi  ed-Diu,  les 
quatre  tétracordes  composant  le  système  parfait 
s'appellent  :  première ,  deuxième ,  troisième ,  qua- 
trième tabaqat.  Ailleurs,  chez  le  même  auteur,  les 
tabaqat  sont  les  dix-sept  transpositions  possibles 
d'une  gamme,  quand  on  part  des  différentes  notes 
de  l'échelle  des  dix-sept  sons  classiques.  Dans  son 
Kitâb  al-Adouar,  il  donne  une  série  de  tableaux  re- 
présentant les  dix-sept  tabaqat  des  douze  gammes 
pnncipales.  ¥a  pour  ces  transpositions,  il  ne  suit 
pas  l'ordre  naturel  des  notes,  mais  procède  par 
quartes  ascendantes  et  par  quintes  descendantes.  De 
nos  jours,  ce  mot  UilxKjat  est  encore  parfois  em- 
ployé pour  désigner  une  gamme,  une  tonalité. 

La  tabaqat  ne  serait-elle  pas  l'équivalent  du  Tpéitos 
des  Grecs,  et  le  mot  tamdid''  «  tension  »,  qui  revient 

'  ^. —  '  JJel.  —  ^  j^.  Peut-être  ce  mol  bahr  ett-il  tiré  de 
la  terminologie  de  la  poésie  où  il  désigne  les  mètres.  —  *  Sx^,  — 
^  »  ï  ;  tfi  II  ^^..«w^  JJUJI  ^!  ajJl  ^^  L«yJU  J^l^  JS mJù  il*3y*>.   — 


ETUDE-  SUR  LA  MUSIQUE  ARABE.     171 

souvent  dans  Al-Farâbi  pour  désigner  «la  nature 
des  sons  dans  racuilé  ou  la  gravité ^  »,  et  qu'il  semble 
opposer  à  la  tabaqat,  ne  correspondrait-il  pas  au 
tÔvos? 

Quant  aux  noms  des  notes,  ils  sont  copiés  sur  les 
noms  grecs ,  et  ils  ne  changent  pas ,  quelles  que  soient 
les  transpositions  ;  on  se  contente  d'ajouter  les  mots  : 
bil  (jouât  2,  xaxà  Svvafxiv.  Il  y  a  par  exemple  une  mèse , 
absolument  parlant,  xàrà  ôécriv;  cest,  nous  l'avons 
vu,  la  sabbaba  de  la  mathna,  puis,  dans  chaque 
gamme ,  une  mèse  xarà  Svvaynv.  Dans  notre  musique 
européenne ,  il  y  a  de  même  une  tonique  et  une  do- 
minante, qui  sont  toujours  xa^à  Svva.[JLiv. 

Voici  les  tableaux  d'Al-Farâbi.  La  première  co- 
lonne renferme  la  traduction  arabe  du  grec,  la 
seconde  la  transcription  arabe.  Nous  avons  ajouté 
dans  la  troisième  les  noms  grecs  eux-mêmes ,  comme 
l'ont  fait  Kosegarten^  et  M.  le  baron  Carra  de 
Vaux''  : 

^  Cf.  Liber  Cantilenarum ,  p.  6i.  —  *  Cf.  Journal  asiatiffile ,  sepl.- 
oct.  1891,  p.  32  G. 


172  JUILLET-AOÛT    1906. 

VTTiT»;  fif(Tan» 

Xt)(avàs  fiéaeov 

wapifietTOç 
rpirrt  ittitvyfiévtûv 
vta.pavr'rn}  Sic^evyfi^wv 
vi'rxrj  iie^evyiiiptifP 
Tpérrf  ùvtp€o\aiù>v 
wapatnjT»}  imtpSoXaioav 
vrjrt}  ùirepSoXaldyv 

Cette  même  nomenclature  se  trouve  dans  W- 
Khowarezmi;  elle  se  rapporte  au  système  disjoint 
non  changé.  Voici  les  modifications  afférentes  aux 
systèmes  : 

CONJOINT  NON  CHANGÉ.  CONJOINT  CHANGÉ. 


ÉTUDE  SUR  LA  MUSIQUE  ARABE.     173 

Nous  serions  heureux  de  savoir  quels  étaient  les 
systèmes  usités  de  ce  temps-là.  Al-Farâbi  ne  satisfait 
qu'à  demi  notre  curiosité  sur  ce  point.  Il  donne  le 
tableau  suivant  des  tamdidat  ^  : 


^:^\ 

doux 

ïl^ 

ton 

^^I  ç^b 

hypodoux 

80w* 

ton 

dorien 

»OsA 

ton 

U>'?;i'*  tr'b 

liypodorien 

JÛJlj 

demi-ton 

Ui^.)9^  <^^ 

hyperdorien 

»:k» 

ton 

jîuLim 

déprimé 

90^ 

ton 

jîuLim^b- 

hypodéprimé 

■  *.j^ 

demi-toii 

uy^>if 

pJirygien 

»0v« 

ton 

'    Cf.  KOSEGARTEN,   p.  70. 


174  JUlLLET-AOtT  1906. 

tt         U!>«?->j*  ig^^  bypoplirygien 

ikx^  ton 

io  ^Jyt^)^  ^^^  byp«'r|>lirygw'n 

•Os4  ton 

1 1  «fi»^'  fortifiant 

*.JLi  demi-ton 

1 3  4>>^'  <a^  hypofortifiaiit 

ikx^  ton 

1 3  UX^P  lytiif  n 

iiow*  ton 

•  4  Ur^V  v"^  bypolydicD 

J^eiLj  (ieoii-ton 

I S  (#^P  (f^  byperlydien 

Puis  il  ajoute  qu'on  utilise  de  préférence  les  tani- 
(lidat  de  l'octave  moyenne ,  c'est-à-dire  distante  d'une 
quinte  de  la  note  la  plus  grave,  et  d'une  quarte  de 
la  plus  aiguë.  Le  mode  le  plus  aigu  est  l'hyperlydien. 
Sa  mèse,  bilqouat,  tombe  sur  la  nète  des  disjointes. 
Quant  au  mode  îe'plus  grave,  sa  mèse  tombe  sur 
l'bypate  des  moyennes. 

Plus  loin,  quand  il  parle  delà  composition,  Al- 
Faràbi  nous  donne  une  s«''rie  de  tableaux  de  systèmes. 
On  y  trouve  les  noms  des  potes ,  leurs  nombres  pro- 
portionnels, et  les  notes  consonnantes  et  dissonantes. 
Voici  le  premier  où  Ton  remarquera  des  expressions 
nouvelles  pour  la  paramèse,  la  trite,  la  para- 
nète  et  la  nète  des  disjointe^.  Pour  Iw»  tableaux 


ÉTUDE   SUR   LA   MUSIQUE   ARABE.  175 

suivants,  je  me   contente   de  donner  les  rapports 


musicaux  : 


i"  «  Système  disjoint  non  changé,  avec  intervalles 
du  genre  suivi  moyen.  Ce  genre  est  usité  pour  le 
luth ,  tenant  la  place  du  genre  fort  ditonique  ^  »  : 


«_> 

hr- 

(PF- 

t 

irA. 

t 

IfO 

t 

\.\. 

•t) 

S. 

41  • 

t 

Ai|e 

•^ 

A|. 

t 

vr. 

t 

Ml=. 

t 

*Vi 

t 

àf. 

t 

PA. 

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v«,bUl  jUau»t^ 

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^\i\A  ïSu. 

O" 

2°  «Système  disjoint  non  changé,  avec  genre 
redoublé  moyen,  qui  est  le  genre  ditonique,  em- 
ployé pour  le  luth  et  la  plupart  de  nos  instruments  »  : 

999256992569. 

8     8  8  243     8  8  2/|3     8 

*    Cf.  KOSEGARTEN,  J).    119. 


176  JUILLET.AOÛT   I90f». 

3*  «Système  disjoint  non  changé,  genre  suivi 
premier  qui  est  l'un  des  deux  employés  par  le 
«  tonbour  »  de  Bagdad  »  : 

8     7  8  av     7  8  «7     8  ^^^' 

k"  «Système  disjoint  non  chaiig»',  g»înre  fort  n-- 
douhlé  premier,  qui  est  Tautre  genre  du  •  tonbour  » 
de  Bagdad  >  : 

8     7  7  48     7  7  48     8 


5"  «  Système   disjoint   non    changé ,   genrt;  suivi 
troisième  appelé  fort  droit  »  : 


g     I01II9     lo. 1119     g 
o      g     lo   1 1       g     lo    1 1      H 


6°  «  Système   disjoint  non  changé ,   genre  fort , 
appelé  séparé  premier  »  : 


9    81031     8103 


y"  «Système  disjoint  non  changé,  genre  le  plus 
fort  des  chromatiques ,  appelé  continu  aigu  »  : 

Par  erreur  du  copiste,  les  chiffres  sont  les  mêmes 
que  pour  le  système  précédent.  On  pourrait  peut- 
être  supposer  : 


9     7  13  33     7  13  33     g 
8     61131     61131     8 


ÉTUDE   SUR  LA  MUSIQUE   ARABE.  177 

8"  «Système  disjoint  non  changé,  genre  médio- 
crement chromatique,  c'est-à-dire  l'ordonnateur 
appelé  continu  médiocre  (coloré  énergique)  »  : 

9     6   i5   28     6   i5   28     9 
8     51427     5i'|27     8 

y"  «Système  disjoint  non  changé,  genre  ordon- 
nateur, appelé  continu  lâche  (normal  énergique)  »  : 

q     5  ad  /i6     5   ad  46     9     ^ 

^      _   _  _    pfn 

8  d   23  d5     d   23  do    ^ 

10"  «  Système  disjoint  non  changé,  genre  le  plus 
fort  des  mous  médiocres,  appelé  chromatique  fort 
(ordonnateur  faible)  »  : 

9  ZiËi^     lll  il     9ptp 

8  6   id   i5     6   id   i5     8 

11"  «Système  disjoint  non  changé,  genre  chro- 
matique le  plus  mou  (coloré  faible)  »  : 

9  6^ao     6^20     9 

8     5   18   19     5   18   19     8^*^^^- 

1  2"  «  Système  disjoint  non  changé,  genre  le  plus 
mou  des  ordonnateurs  (normal  faible)  »  : 

q     53i32     53i32     q 
8     d  3o  3i     d  3o  3i     8^ 

Nous  voyons  que  les  deux  premiers  systèmes 
étaient  usités,  le  second  surtout,  que  les  gammes 

vm.  1 2 


ne  JUILLET-AOÛT  1006. 

du  «  tonbour  »  de  Bagdad  subsistaient;  pour  les 
autres,  il  n'y  a  pas  d'indications.  Je  soupçonne  que 
la  réforme  d'Al-Farâbi  n'a  pas  pënétrt^  profondément 
dans  la  pratique.  Safî  ed-Din  reproduit  la  théorie 
grecque,  comme  on  repro<luit  un  document  histo- 
rique, mais  il  ajoute  immédiatement  la  nomencla- 
ture persane  usitée  de  son  temps.  Nous  avons  cité  la 
note  de  son  manuscrit ,  où  il  est  dit  que  «  les  an- 
ciens »  désignaient  les  tonalités  piir  «  le  mélange  des 
doigts».  Qui  sont  ces  anciens?  Il  no  faudrait  peut- 
être  pas  remonter  bien  haut  pour  les  rencontrer. 
Al-Lâdhiqi  ^  au  xv*  siècle,  nous  décrit  encore  les 
«  six  mélanges  >  que  les  «  anciens  » ,  dit-il ,  appelaient 
des  ■  doigts  ».  I/expression  t  les  six  doigts  »  était  alors 
périmée,  la  chose  pourtant  n'était  pas  oubliée,  et  le 
style  de  l'auteur  pourrait  même  faire  croire  qu'elle 
n'avait  pas  disparu  complètement  de  la  pratique. 
Nous  retrouvons  également  ces  «  six  mélanges  »  dans 
'Abd  al-Qâdir.  Les  voici  d'après  le  manuscrit  d'AI- 
Lâdhiqi;  c'est  une  variante  des  «  majra  ». 

«  Sache  que  les  six  mélanges  particuliers  d'entre 
les  mélanges  d'un  son  et  d'un  autre  son  des  sept 
(Icssatin  s'appo lient  al  tnaoaajeb;  les  anciens  les 
appelaient  al  assabVis-sittat^  ». 

1°  Mouajeb.  «  C'est  le  mélange  du  destan  zaUl  avec 

1  iiiJJj\  iLlLyi  ^iOl  J.*^  o^. 


ÉTUDE  SUR  LA  MUSIQUE  ARABE.  179 

ia  wosta  ancienne.  »  D'après  le  doigté  donné,  les  in- 
tervalles sont  :  -73  II'  C'est  le  troisième  genre  des 
sept  genres  très  connus.  On  l'appelle  :  al  osba  al 
motlaq  \  «  le  doigt  libre  «. 

C'est  le  bousalik  de  Safî  ed-Din. 

2°  Mélange  de  la  moujannab  avec  la  wosta  an- 
cienne. C'est  le  cinquième  genre.  On  l'appelle  :  al 
osba  al  mazmoam^,  «  le  doigt  qui  a  un  frein  ». 

12  88  9    ,  > 

—  -5-0  [nonroiiz]. 
11010^  ' 

3°  Mélange  de  la  moujannab  avec  la  wosta  de 

Zalzal.    C'est   le  sixième  genre.    On    l'appelle  :    al 

osba''  al  mousarraj  ^,  «  le  doigt  embelli  (ou  peut-être 

qui  a  une  selle)  ». 

12  9  88  .«.       . 
.     -8  8T(^''^'/)- 

li°  Mélange  de  la  sabbaba  avec  la  wosta  ancienne. 
C'est  le  deuxième  genre.  On  l'appelle  :  al  osba  al 
moaallaq'\  «  le  doigt  suspendu,  attaché  ». 

6  266  9  ,  , 

8  03  8  ("«"^«)' 

5°  Mélange  delà  sabbaba  avec  la  wosta  de  Zalzal. 
C'est  le  quatrième  genre.  On  l'appelle  :  al  osba  al 
mahmoal^,  «  le  doigt  porté  ». 

9   12  88  /       ^> 


180  JUILLET-AOCT    1906. 

6°  Mélange  de  la  sabbaba  avec  la  bincir.  C/esl  lo 
premier  genre.  On  l'appell»»  :  al  osba  al  moujannab\ 
«  le  doigt  latéral  ou  tenu  en  laisse  ». 

I  8  S^  C'^H)- 

Ces  tétracordes  étaient  évidemment  combinés 
en  système  et  formaient  sans  doute,  avec  les 
gammes  de  Bagdad,  les  modes  les  plus  usuels  aux 
xi"  et  xii'  siècles. 

En  résumé,  l'inlluence  grecque  a  été  grande  chez 
les  Arabes,  dans  les  arts  comme  dans  les  sciences, 
mais  grande  surtout  sur  les  intellectuels.  Dans  la 
musique,  le  plus  populaire  des  arts,  elle  s'est  heurtée 
plus  d'une  fois  à  l'inertie  asiatique,  et  beaucoup  de 
traditions  purement  arabes  se  sont  consei'vées.  Au 
xiii"  siècle,  ou  peut-être  un  peu  avant,  l'influence 
persane  se  substitue  à  l'influence  grecque.  Le  fond 
de  la  musique  reste  A  peu  près  le  même,  mais  la 
nomenclature  devient  persane.  Les  documents  rela- 
tifs à  cette  époque  sont  concordants,  du  moins  dans 
les  grandes  lignes.  Les  plus  importants  de  ces  docu- 
ments sont  les  deux  ouvrages  de  Saf  i  ed-l)in  ;  il  faut 
y  joindre  des  Commentaires  sur  ces  deux  livres,  le 
traité  d"Abd  al-Qâdir,  celui  d'Al-Làdhiqi ,  l'opuscule 
de  Shams  ed-Din,  et  un  traité  anonyme,  probable- 
ment du  XV*  ou  du  XVI*  siècle. 

Les  systèmes,  à  cette  époque,  comprennent  une 


ÉTUDE   SUR  LA  MUSIQUE   ARABE.  181 

octave,  et  s'obtiennent  en  joignant  ensemble  deux 
genres,  identiques  ou  différents,  et  une  séparante. 
Les  notes  sont  désignées  par  les  noms  des  doigts  ou 
de  simples  lettres,  se  rapportant  à  la  tablature  du 
luth.  Si  l'on  place  au  premier  tétracorde  un  des  sept 
genres  suivants  :  '^ochâcj ,  nawa,  ahousalik,  rast,  nou- 


ronz,  "iraq ,  isfahan  ;  et  au  second  tétracorde  un  des 
douze  déjà  nommés ,  on  obtient  quatre-vingt-cpiatre 
gammes  ou  dairat,  pi.  daoua'ir^.  On  les  appelle 
da'irat  parce  qu'on  peut  les  mettre  sous  forme  de 
cercles.  Ces  cercles  peuvent  être  séparés  ou  concen- 
triques en  nombre  variable.  Voici  un  spécimen  ^  ren- 
fermant les  quatre  modes  :  'ochâq ,  nawa ,  rast&t  hajaz 

1  -5!j^  '-«•»çr  »j5!>>.  —  *  Manuscrit  (lu  British  Muséum. 


182  JUILLET-AOÛT    1900. 

Parmi  toutes  ces  flammes  possibles,  il  y  en  a  beau- 
coup (le  dissonnantes  (pii  sont  réjetées,  et  parmi 
les  consonnantes ,  il  y  en  a  dix-huit  qui  ont  des 
noms*:  ^ochâq,  nawa,  boasalik,  rast ,  Vrn^,  îsfa- 
han,  zirafkend,  hrmzmak,  zenkala,  rnhawi;  hosaïni, 
hajaz,  kawachl,  koardania,  nouronz,  salmak,  maia. 
shnhnaz.  Tous  ces  modes  portent  le  nom  générique 
de  dor,  pi.  adoaar,  ou  encore  de  maqainat^  ou  de 
shedoiid^.  On  réserve  aux  six  derniers  ie  nom  de 
âwazdt'*  mot  formé  sans  doute  du  pei'Sim  dvaz^, 
«  chant  »  et  d'une  désinence  arabe.  Certains  auteurs, 
comme  Shamsed-Din  et  l'auteur  anonyme  déjà  cité, 
choisissent  parmi  les  douze  premiers  modes  (juatrc 
types:  rast,  'ircuj,  zirafkend  et  isfahan,  et  en  font  dé- 
river les  autres  sous  le  nom  dv.  fourou'^,  «  branches  ». 
Du  rast  dériveraient  le  zenkala  et  Vochâq,  de  Viraq, 
le  hajaz  et  le  boasalik;  du  zirajkend,  le  boazrnak  et 
le  rahaivi;  de  Visfahan,  le  hosaïni  et  le  nawa.  L'auteur 
anonyme  ajoute  même  à  ces  «  branches  »  une  liste 
assez  longue  de  modes  secondaires,  c'est-à-dire  ne 
faisant  partie  ni  des  macjamat  principaux,  ni  des 
âioazai.  Cette  liste  présente  un  certain  intérêt  parce 
qu'on  y  trouve  plusieurs  noms  usités  encore  mainte- 

*^3>  <f>^';<  (df"^^  )^*  u>âp.  ^I<>^^.  )9)y^'  *^^^^  *J^t 
)U4*.  Fera.  jOÔ^  ou  tJjo- ,  LJb^oa  t^\>>^,  «^a/^.  —  *  *«Ul». 
'  jjOO.  Ce  mot  $hednnd  peut  venir  du  vorbe  aral>e  shndd 
«  fixer  •  ou  mieux  du  persan  sliad  «chanter  selon  les  règles».  — 


ÉTUDE   SUR  LA   MUSIQUE  ARABE.  183 

nant,  tels  que  :  jaharka  ^  awj^,  sikâh  ^  hoçaP'^,  '^ockài- 
ran^,  soha^',  '^ajam'^,  duka^,  mahor^.  Chacun  des  douze 
premiers  modes  donne  par  transposition  dix-sept 
tabaqat  Voici  un  exemple  tiré  du  KUdb  al-Aclouar^'^. 

TABLATURE  DU  LUTH. 


Bamm 

u 

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9i 

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Mithlath 

Mallina 

Zir 

Hadd 

TAI 

5LEAU  DES   «  DAOUA  IR  » 

DU  GENRE    «RVSTl. 

^   » 

->; 

^  b  (5  Ij  (^j  ^ 

«J^J 

*:>.    >:? 

j^^.   ^ 

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^. 

y-  ^ 

1  »15^14^.— 
isli  Muséum. 


Si' 


sLSjj.  —  »  p^L*.  —  >»  Manuscrit  du  Brit- 


184  JUILLET-AOÛT    iÔOÔ. 

I   •••>.>•  C   •  sf^  •      •    «Ni  *>«>«•     5 

\    ,    .    •>   .    y   .   ^    .     .    K^.  ^      •       •      >>  ^ 

TABLEAU  DES  •  TABAQAT  » 
DU  DA'iRAT  «  RàST». 

^     *,     Y    )^    ^^  ^   ^    ^ 

3     i»     ^t    ^    >.«    ^    '^    é 

G        5         C         Sf       ^       *-       r«       "^ 

Os,     j„.    k.     L5'    o^    j^     £      il 


On  remarquera  l'ordre  suivi  pour  les  tahaqat. 
Outre  ces  tableaux ,  Safî  ed-Din  nous  donne  encore 
le  doigté  de  chacun  des  dix-huit  modf s ,  avec  ifs  noms 
des  notes ,  écrits  en  toutes  lettres. 

En  voici  la  traduction  musicale  d'après  la  nota- 
tique  que  nous  avons  adoptée. 


ETUDE  SUR  LA  MUSIQUE  ARABE.     185 


ç»  c  *v  •  .*• 

Q        >J      -S,       c  «  c  "r.  ~ 

">,              TS            ^          1^  >fcj  ■•«.  ^*  .?• 

G           S           c  Ç  ç  '^  ^ 


mxthlath . 


i 


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a.         a.         iiO        «Jc 


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ochaq . 


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bousalik . 


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Iraq . 


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J         »       =^ 


xirajkçnd . 


J  <l 


J        J        J       J. 


nawa . 


186  JUILLET-AOÛT  1900. 

rast . 


fi     J     J      J      j     j    ^ 


isjahan  . 


bouzrouk 


j     j    J     I    ^ 


^ 


m 


zenfcala 


éi  T  J 


j  j  J 


fa=^M    I   I  '*''^*=^ 


I 


AcatvooAC . 


^ 


ra=i 


i    J     J     ^ 


Jiourouz 


^ 


mata 


TJ ^i- 


hajnz  . 


j      J     ^.1      J 


^ 


hnsdini. 


ÉTUDE  SUR  LA  MUSIQUE  ARABE.  187 

kurdmiia .  ,         , 


sahnak 


M 


^ J— ^ 


shah7iaz 


snan7taz . ,  i  i  i  . 


Presque  tous  ces  modes  sont  rapportés  à  la  même 
tonique  ;  elle  devait  cependant  varier,  comme  semblent 
l'indiquer  le  cercle  que  nous  avons  reproduit  et  la 
notation  des  dernières  âwazat.  li  aurait  été  instructif 
de  connaître  la  tonique  propre  à  chaque  chant. 

Plusieurs  des  gammes  de  Safî  ed-Din  nous  parais- 
sent étranges  ;  comme  les  documents  sont  clairs  et  suf- 
fisament  concordants,  on  ne  peut  pas  supposer  partout 
des  erreurs  de  copistes.  Du  reste  nous  allons  retrouA^er 
dans  la  musique  moderne  des  gammes  identiques  ou 
semblables ,  ce  qui  est  une  preuve  de  leur  authenti- 
cité. 

Les  ouvrages  anciens  de  musique  arabe  consacrent 
toujours  un  chapitre  «  au  transport  de  Ja  main  »  h 
Vintiqal  ^  c'est-à-dire  à  la  technique  de  l'exécution 
sur  le  luth.  Montées,  descentes,  retours,  répétitions, 
tout  est  classifié.  Al-Farâbi  présente  Vintiqal  sous 
forme  de  tableaux  synopticpies.  La  terminologie  est 


188  JUILLET-AOÛT   190(.. 

la  iiiênie  chez  Avicenne  et  Safî  ed-Din.  Je  ne  puis 
mieux  faire  pour  résumer  la  question,  que  de  citer 
le  passage  suivant  du  fravail  de  M.  !«'  baron  Carra  de 
Vaux  sur  Safi  ed-Din  '  :  «  f^  séne  des  notes  qui  ronipo- 
sent  une  modulation  p<mt  avoir  son  point  de  départ  ^ 
à  l'extrémité  aiguë  ou  à  l'extrémité  grave.  Qu'elle 
soit  ascendante'  ou  descendante*,  c'est-à-dire  qu'elle 
aille  du  son  aigu  au  son  grave  ou  du  son  grave  au 
son  aigu,  la  série  l'est  d'une  façon  continue  et 
s'appelle  «  série  directe  *  »,  ou  bien  elle  présente  des 
retours**,  soit  qu'elle  revienne  au  point  de  départ, 
auquel  cas  elle  est  dite  ■fennée''»,  soit  qu'elle  ne 
revienne  qu'au  voisinage  du  point  de  départ ,  on  la 
dit  alors  •  croissante^  ».  Le  retour  peut  n'avoir  lieu 
qu'une  seule  fois ,  c'est  «  le  retour  simple  *  »,  ou  être  ré- 
pété plusieurs  fois,  c'est  «  le  retour  répété'"  »;  il  peut 
ramener  la  série  toujours  au  même  point  de  départ  et 
l'on  dit  qu'elle  est  «  cyclique"  »,  ou  la  ramènera  des 
points  de  départ  différents,  on  l'appelle  alors  «  retour 
varié  '^  ».  Si  la  série  comprise  entre  deux  retours  suc- 
cessifs a  toujours  le  même  non  dire  de  sons,  on  dit  que 
le  retour  répété  est  «  à  rapports  égaux  "  »,  et  s'il  n'en 
est  pas  ainsi,  on  le  nomme  «  retour  avec  différences  '*  ». 
Que  la  série  soit  ascendante  ou  descendante,  si 
elle  reproduit  exactement  un  type  proposé,  elle  est 

'  Cf.  Journal  asiatique .  sept.-ocl.,  i8gi,  p.  34 1. 


ÉTUDE   SUR  LA  MUSIQUE  ARABE.  189 

la  «  série  directe  suivie  ^  »,  mais  si  eiie  ne  donne  les 
sons  de  cette  modulation  type  que  de  deux  en  deux , 
de  trois  en  trois  ou  à  de  plus  grands  intervalles,  elle 
est  dite  «  série  avec  sauts  ^  » ,  et  si  quelques  notes  sont 
touchées  ^  plusieurs  fois  de  suite ,  on  dit  qu'elle  pré- 
sente un  «  arrêt'*  ».  La  série  peut  être  composée  de 
deux  sons,  de  trois  sons  ou  plus.  Lorsque,  la  série 
étant  composée  de  deux  sons,  on  répète  successive- 
ment et  un  même  nombre  de  fois  chacun  d'eux,  elle 
est  «  à  battements  égaux ^  »,  sinon  elle  est  «  à  batte- 
ments inégaux  ''.  » 

Safi  ed-Din  donne  d'après  Al-Farâbi  un  tableau  de 
ces  différentes  séries  dont  nous  extrayons  quelques 
exemples.  Soit  ab  cd  efg  une  série  directe  suivie ,  les 
séries  avec  sauts  seront ,  en  sautant  un  son  :  ace  g; 
en  en  sautant  deux:  adg,  etc.  Le  retour  au  point  de 
départ  effectué  après  un  son,  après  deux  sons  sans 
repasser  par  les  notes  touchées,  donne  les  séries  que 
voici:  ahacadaeafaya;  ab cadeafga.  11  y  a 
dans  les  tableaux  suivants  quelques  expressions  nou- 
velles. La  série  ^  avec  inflexion  ^  est  celle  qui  a  des 
retours  et  qui  ne  passe  pas  d'une  espèce  de  modula- 
tion à  une  autre;  elle  passe,  en  revenant  en  arrière, 
par  des  notes  déjà  touchées  ou  sautées  :  abcb  ade 
dafgfa;  ou  bien:  acbaedagfa.  La  série  avec 
cycle  ^  présente  des  retours  au  point  de  départ  entre 
lesquels  se  placent  alternativement  deux  espèces  ^^  de 


1    J.n;-ll.   —  2  ^\h.  —  •'  yiS.    —    ''    JULSI.  —  = 

^^L^l  ^^1 

—  '^Udx^\^^^\.  —  '  *u-;ti.  —  «  <•■►l^,.>l  J^. 

—  »  J.C  JOJLl 

ï^loou-l.  —  '"   ^y. 

190  JUILLET-AOÛT   1900. 

modulations  dont  la  seconde  correspond  k  la  première 
de  l'autre  côté  du  point  de  départ.  Désignons  par 
a  y  c'  (V  c'  f  g'  cette  seconde  espèce ,  nous  obtenons 
ces  dispositions  suivant  que  un  ou  deux  sons  se 
trouvent  compris  entre  deux  retours  consécutU's  : 
abah'  acac  adad'  aeae  a.  .  ,  et  abc  a  b'  c  adea 
d' e' af  (j af  y' a.  La  série  à  inclination^  est  celle  que 
ses  retours  ne  ramènent  pas  au  {)oint  de  départ  et 
qui  a  été  appelée  «série  à  retour  varié»  :  abcbde 
c.  ,  .  ;  acbedgf. 

[Lu  »iulc  à  un  prucliaui  culucr.) 


NOUVELLES  ET  MÉLANGES.  191 


NOUVELLES  ET  MELANGES. 


DEUX.  TERMES  ARGOTIQUES  DE  PROVENANCE   ORIENTALE. 

1°  Carapateur.  C'est,  en  argot  parisien,  le  nom  de  l'indus- 
triel qvii  exploite  les  boues  de  la  Seine.  On  a  voulu  faire  de 
ce  mot  le  synonyme  de  «  oie  noire,  canard»,  et  le  considérer 
comme  un  composé  des  mots  turc  aJ»  qara,  «  noir»  et  arabe 
^3Ua^  bœtta,  «canard»  et  plus  spécialement  «oie». 

Toutefois,  le  caractère  hybride  de  cette  étymologie  porte- 
rait à  la  repousser  comme  peu  acceptable.  Avec  M.  Iluart, 
nous  préférons  voir  dans  carapateur,  le  turc  IsLLjsj»  qarahataq, 
«cormoran»,  de  nJi  qara,  «noir»,  ^IL^  batuq,  «mare,  maré- 
cage ,  fondrière  » ,  mais  aussi ,  par  extension ,  «  qui  s'enfonce , 
plongeur»,  du  verbe  j*L»;  hatmaq ,  «s'enfoncer,  plonger». 
Les  Osmanlis  ont  donc  très  judicieusement  qualifié  le  cor- 
moran de  «plongeur  noir».  11  est  assez  naturel  qu'on  lui  ait 
comparé  l'exploiteur  des  rives  de  la  Seine ,  souvent  sali  de 
la  boue  fluviatile. 

Ajoutons  que  le  Magyar  karabatchek ,  désignant  le  même 
oiseau  et  qui,  suivant  la  remarque  de  M.  Blochet,  apparaît 
parfois  comme  nom  patronymique,  constitue  un  emprunt 
évident  fait  par  les  Hongrois  aux  Turcs. 

On  n'oubliera  pas,  du  reste,  que  le  terme  argot  carapateur 
a  donné  naissance  à  un  verbe  se  carapater,  pour  «  s'esqpiiver, 
disparaître  »,  comme  si  l'on  plongeait  à  la  façon  du  cormoran , 
mais  qui  dans  la  langue  verte  actuelle  tend  à  être  remplacé 
par  se  trotter.  En  définitive  l'on  citerait  pas  mal  d'exemples 
de  verbes  de  mouvement  tirés  de  noms  d'animaux.  Rappelons 
p.  ex.  le  français  serpenter  et,  en  langage  populaire,  limacer, 
c'est-à-dire  «avancer  lentement  à  la  façon  des  limaces».  On 
peut  y  joindre  l'argotique  se  cavaler  pour  «  s'enfuir,  prendre 


192  JUILLET-AOÛT  1906. 

ses  jambes  à  son  cou  » ,  c'est-à-dire ,  sans  doute ,  •  détaler  aussi 
vite  qu'une  cavale  au  galop  ». 

a*  Zigae,  ou  mieux  zig,  synonyme  de  ■  gaillard,  luron  *, 
ne  Figure  pas,  bien  entendu,  dans  les  dictionnaires  de  la 
langue  classique. 

Suivant  toute  apparence,  il  convient  d'y  voir  siinplcmeiil 
le  nom  d'une  ancienne  tribu,  vivant  à  l'embouchure  du 
Cuphis  <»u  koaban ,  sur  les  bords  de  la  mer  Noire,  au  Nord- 
Ouest  de  la  Lazique,d'où  la  nation  Laxe  est  sortie  pour  se 
répandre  plus  au  Midi,  mais  toujours  sur  les  rives  de  la 
même  mer.  Nous  voulons  parler  des  Zyges  de  Stralion ,  les 
ï-VXPt  du  périple  de  l'Kuxin,  les  Ziges .  Zikhes  ou  Zekhes  des 
écrivains  Byzantins.  D'après  Danville ,  ils  auraient  succédé  à 
une  autre  population  du  uom  d'Achari.  Aussi  lisons-nous 
dans  V Atlas  du  Monde  ancien  accompagnant  sa  géographie , 
tAchaei,  posteà  Zychœ».  (]es  deux  noms  du  reste  se  ressem- 
blent beaucoup,  et  peut-être  désignent-ils  en  réalité  le  même 
peuple.  Ils  ne  différeraient  que  par  suite  d'une  erreur  de 
transcription. 

Quoi  qu'il  en  soit,  le  teiTitoire  habité  par  les  Zychet 
faisait  partie  de  la  Circassie  actuelle  ou  pays  des  Adighés. 
Aussi  plusieurs  ont-ils  voulu  identifier  les  termes  Zychte  et 
Adighc ,  qui  n'ont  entre  eux  qu'une  différence  d'orthographe. 

Cette  conjecture  doit-elle  être  reconnue  conforme  à  la 
réalité  des  faits  ?  Cela  se  peut ,  mais  nous  n'oserions  l'affirmer. 
En  tout  cas,  M.  Lœwe  [A  Dklionary  of  ihe  Circassian 
iMngaugc ,  préface,  p.  5,  London,  i84î>)  semblerait  d'un 
avis  diflérent;  il  tirerait  le  nom  même  des  Adigbés,  litt. 
«Montagnards»,  du  Tcherkesse  ou  Grcassien  il^LoJ  Attà- 
gluigli .  «  altitude ,  hauteur,  élévation  ». 

Quoi  (pi'il  en  soit,  l'introduction  de  ce  terme  en  arf,'ot  a 
bien  pu  être  inspirée  par  les  récits  de  la  guerre  de  Schamyl 
et  de  ses  Murides  contre  la  Russie.  Les  Zyclies,  c'est-à-dire, 
en  réalité,  les  Circasslens,  étaient  considérés  à  bon  droit 
comme  de  rudes  lutteurs.  Uappelons-nous  que  le  moment 


NOUVELLES  ET  MELANGES.  193 

où  le  terme  argotique  apparaît  pour  la  première  fois,  c'est 
l'année  1867,  dans  les  mémoires  de  Joseph  Prudhomme 
par  M.  Henri  Monnier,  alors  que  la  lutte  pour  l'indépen- 
dance du  Caucase  ne  venait  que  de  prendre  lin. 

Que  l'on  ne  s'étonne  pas  d'un  emprunt  fait  à  un  idiome 
si  lointain.  Il  est  tout  à  fait  conforme  aux  procédés  habituels 
des  créateurs  d'idiomes  d'un  emploi  restreint.  On  dirait  qu'ils 
cherchent  à  dépister  les  étymologistes ,  non  moins  que  la 
police.  N'est-ce  pas  ainsi  qu'ils  ont  été  prendre  le  terme 
môme,  synonyme  de  voyou,  au  serbo-croate  mômak,  «jeune 
garçon  ,  serviteur,  camarade  »  ?  Rappelons-nous  encore  que 
dans  les  Misémbles ,  Victor  Hugo  cite  le  terme  gahisto,  comme 
ayant  désigné  le  diable  dans  le  très  vieil  argot  parisien.  Or 
ce  terme  n'est  autre  chose  que  le  basque  gaisto,  gaichto , 
«I méchant,  mauvais». 

De  Chareîscey. 


BIBLIOGRAPHIE. 


Emile  Guimet.  CoNFÉHEyCES  faites  au  Musée  Guimet. 
tome  XVIL  Paris,  Ernest  Leroux ,  igoS  ,  in- 18  ,  279  pages,  avec 
planches.  Prix  :  3  fr.  5o. 

Ce  nouveavi  volume,  l'un  des  plus  intéressants  de  la  série 
des  Annales  du.  Musée  Guimet  dite  «  Bibliothèque  de  vulgari- 
sation», est,  en  entier,  l'œuvre  de  M.  Guimet.  Des  quatre 
conférences  qui  le  composent,  la  première  est  consacrée  à  la 
statue  vocale  de  Memnon  ;  elle  donne ,  sous  une  forme  spiri- 
tuelle ,  l'explication  d'un  phénomène  bizarre  qui ,  de  Strabon 
à  nos  jours,  avait  donné  lieu  aux  interprétations  les  plus  di- 
verses. 

Les  récentes  découvertes  archéologiques  faites  en  Egypte 
ont  servi  de  thème  à  la  seconde  conférence  qui ,  reproduite 
d'après  la  sténographie,  est  en  (juelque  sorte  la  continuation 
de  la  conférence  faite  il  y  a  quelques  années  par  M.  Guimet, 
à   son  retour  d'Egypte.  A    part  la  découverte  des  tombes 


194  JUILLET-AOOT    1906. 

royales  faite  par  M.  Loret  et  ies  essais  de  reconslitution  de 
Karnac  de  M,  Legraîn,  les  récentes  découvertes  nous  ap- 
prennent peu  de  chose  sur  l'Egypte  à  la  période  (jue  l'on 
pourrait  appeler  classique.  Les  monuments  exlmniés  sont, 
ou  antérieurs  aux  Pyramides,  ou  postérieurs  à  l'époque 
grecque.  Pour  cette  dernière  période,  M.  Guimet  a  donné  la 
traduction  de  documents  (contrat  de  vente,  certificat  médi- 
cal, etc.)  qui  nous  font  pénétrer  dans  la  vie  intime  de  l'an- 
cienne  Egypte. 

Avec  la  troisième  conférence,  nous  al>ordons  un  sujet  bien 
di(Térent  :  les  Musées  de  la  Grèce,  dont  M.  (îuimet  nous  re- 
trace l'histoire,  bien  récente  mais  non  sans  intérêt,  et  nous 
décrit  les  innombrables  richesses.  Signalons,  entre  autres,  les 
pages  consacrées  aux  fouilles  de  Delphes  et  d'OIympie  et 
la  description  si  humoristique  des  ex-voto  d'Epidaure. 

Un  voyage  à  Smyme  a  engagé  M.  Guimet  à  consacrer 
une  de  ses  conférences  aux  antiquités  de  la  Syrie  et  de  la 
Palestine,  c'est-à-dire  aux  fouilles  si  fnictueuses  de  Priène, 
Milet,  Pergame  et  Jérusalem. 

Le  Théâtre  en  Chine  au  xm'  siècle ,  tel  est  le  dernier  su- 
jet traité,  dans  tous  ses  détails,  par  M.  Guimet,  qui  a  joint 
à  son  exposé  de  nombreuses  citations  des  auteurs  chinois  et 
l'analyse  de  leurs  principales  pièces. 

Richement  illustré,  cet  intéressant  volume  ne  le  cède  en 
rien  à  ceux  qui  l'ont  précédé,  tant  ()our  la  forme  que  pour  le 
fond.  Déjà  longue,  la  série  des  Annales  du  Musée  Guimet  ne 
cesse  de  s'accroître,  chaque  année,  d'ouvrages  aussi  appré- 
ciés du  grand  public  que  des  érudits. 

Lucien  Bouvat. 


Raoul  DE  LA  Grasserie.  De  la  catégorie  du  oekre  [Etudes  de 
lin(juisti(fue  et  de  psychologie).  Paris,  Ernest  Leroux,  1906,  gr. 
in-i6,  a56-V  pages.  Prix  :  6  franc». 

M.  de  la  Grasserie  s'est  fait  connaitre,  il  y  a  longtemps 
déjà,  par  des  travaux  importants  de  linguistique  générale, 


NOUVELLES  ET  MELANGES.  195 

de' psychologie  linguistique  en  particulier,  et  d'américanisme. 
Ce  nouveau  volume  des  Etudes  de  linguistique  et  de 
psychologie  linguistique  n'est  pas  le  moins  important  de  la  sé- 
rie, il  est,  très  certainement,  un  de  ceux  qui  ont  coûté  à 
l'auteur  le  plus  de  recherches. 

Dans  son  Introduction,  M.  de  la  Grasserie  expose,  avec 
beaucoup  de  précision  et  de  clarté ,  ce  qui  est  le  genre  en 
tant  que  concept  grammatical  ;  il  montre  ses  relations  étroites 
avec  l'idée  de  nombre  et  son  emploi  comme  moyen  de  clas- 
sification, et  prouve  que  c'est  bien  dans  l'esprit  humain  et 
son  mode  de  classement  des  êtres  qu'il  faut  chercher  son  ori- 
gine. Le  concept  du  genre  en  lui-même ,  ses  différents  sys- 
tèmes d'expression  et  sa  fonction  grammaticale ,  tels  sont  les 
trois  points  de  vue  sous  lesquels  on  doit  envisager  la  question 
du  genre  dans  les  différentes  langues  ;  telles  sont  aussi  les^ 
trois  grandes  divisions  du  livre  de  M.  de  la  Grasserie. 

Des  deux  parties  de  ce  livre ,  la  première  est  théorique. 
Elle  s'ouvre  par  un  chapitre ,  assez  court ,  consacré  aux  prin- 
cipes généraux.  Le  second  chapitre  est  consacré  au  genre  na- 
turel,  qui  peut  être  objectif  ou  subjectif;  ces  deux  grandes 
divisions  se  subdivisent  à  leur  tour  en  plusieurs  branches. 
Signalons  d'ingénieuses  remarques  sur  les  noms  de  parenté 
et  les  noms  d'animaux.  Le  troisième  chapitre  traite  du  genre 
artificiel  et  des  lois  de  sa  formation  ;  le  quatrième ,  de  l'ex- 
pression et  de  la  fonction  du  genre. 

La  deuxième  partie  a  pour  titre  :  Observation  et  induc- 
tion. Elle  donne  d'abord  une  classification  des  langues 
d'après  l'emploi  qu'elles  font  du  genre;  ou  distingue  ainsi  les 
langues  à  genre  subjectif,  objectif,  mixte  et  artificiel.  Ana- 
lyser les  chapitres  consacrés  à  cette  classification  serait  chose 
difficile  et,  du  reste,  nous  entraînerait  trop  loin;  mais  nous 
devons  rendre  hommage ,  une  fois  de  plus ,  aux  patientes  et 
sagaces  recherches  de  M.  de  la  Grasserie.  Les  trois  derniers 
chapitres  de  cette  seconde  partie  abordent  successivement 
l'expression  du  genre ,  sa  réduction  hystérogène  et  sa  fonc- 
tion grammaticale. 


196  JUILLET-AOÛT   190r). 

A  la  lin  lie  l'ouvrage  ont  été  rejeiées,  sous  roriue  d'appen- 
dices, des  remaf^qnes  que  leur  nature  ne  permettait  \u\i  d'in- 
sérer dans  les  chapitres  précédents.  Nous  signalerons  la  der- 
nière, consacrée  n  l'avenir  du  genre  grammatical  et  dans 
laquelle  M.  de  la  Grasserie,  sans  se  faire  illusion  sur  les 
inconvénient»  que  pi^ésente  l'emploi,  ordinairement  arbi- 
traire, du  geni'e  dans  nos  langues  modernes,  fl<Mn<>n(i-«>  (|ue 
sa  suppression  serait  imprudente. 

Lucien  Uutv AT. 


RECUEIL  U'ARr>HÉOLO(ilK  ORIKNTALR 

PUBLIÉ  PAR  M.  CLBnMONT-<;ANNKAU. 
(paris,  B.  t.BllOITX.  ) 

TOME  VII,  LIVRAISONS   l3  l5. 
SOMMAIRB. 

S  23.  Les  comptevrendiis  de  l'Académie  des  InMrriptions  et  BeUw- 
Lettres.  {Suite  et  fin.)  —  S  24.  Fiches  et  notules  :  In- 
scription grectjue  Wadd.,  n*  aaio;  Le  dieu  Ëthaos;  Le 
(Prince  h<-rilier»  en  phénicien  et  en  hébreu;  kS6i6ot\  Le 
memorion:  Le  comte  Patricias;  Gérard,  de  l'Ordre  de 
i'IIôpital,  évèque  d*>  Balanée  de  Syrie;  Histoire  d'Egypte 
de  Maqrlzi  ;  Doux  projets  de  croisade  des  Jun'-xiv*  siècles 

—  S  25.  Le  sirr  sanctifié.  —  S  26.  La  province  d'Arabie. 

—  S  27.  Inscription  ^rrecque  de  Esdoâd.  —  S  28.  L'Expé 
dition  américaine  dans  la  Syrie  centrale.  —  S  29.  In 
scriptions  de  la  Haute-Syrie  et  de  Mésopotamie.  —  S  30 
Fiches  et  Notules  :  Le  comte  Antbimos,  gouverneur  d'Ara 
hic;  Inscription  byzantine  de  Sinope;  L'édit  d'Agrippa  11; 
Abilalgas  et  Olbanès;  OstraLon  araméen  Cowley. 


Le  gérant  : 

RtBENS  DUVAL. 


JOURNAL  ASIATIQUE. 

SEPTEMBRE-OCTOBRE  1906. 
NOTICE 

sur  l'ouvrage  intitule  : 
Der  vulgârarabische  Dialekt  von  Jérusalem  nebst 
Texten  und  Worterverzeighniss ,  dargestellt  von 
D.  D"^  Max.  Lôhr.  Gieszen,  igoS.  viii-|- 1  44  p. 

PAR 

M.  BARTHELEMY, 

VICE-CONSUL   DE  FRANCE  X  RECHT. 


Ce  précis  de  grammaire  du  dialecte  arabe  parlé 
à  Jérusalem  a  été  composé  ])ar  le  D"^  Lôhr  sur  les 
renseignements  oraux  et  écrits  qu'il  a  rassemblés  sur 
place  pendant  un  séjour  de  six  mois.  Un  travail  fait 
dans  ces  conditions  ne  pouvait  être  qu'une  œUvre 
hâtive  et  les  Arabisants  feront  bien  de  ne  s'en  servir 
qu'avec  précaution.  Le  plan  delà  grammaire,  surtout 
de  la  partie  morphologique ,  est  excellent  dans  son 
ensemble  ;  les  règles  et  les  listes  d'exemples  contiennent 
malheureusement  des  inexactitudes;  la  syntaxe  com- 
posée de  quelques  remarques  est  exacte  bien  que 
écourtée;  mais  la  partie  faible  est  la  phonétique,  et 
malheureusement  le  système  de  notation  employé 
par  fauteur  manque  de  clarté  et  de  précision;  le 
vague,  les  inexactitudes  et  quelques  naïvetés  sont  les 

vai.  i4 


198  SEPTEMBRE-OCTOBRE  1906. 

graves  défauts  que  j'aurai  à  i-elevcr  dans  ce  travail. 
On  peut  regrette!'  que  rellbi-t  de  lauteur  n'ait  pas 
réalisé  un  progrès  sur  les  travaux  de  ses  devanciers 
et  n'ait  apporté  aucune  vue  neuve  et  personnelle. 

Dans  sa  préface ,  l'uuteur  fiiit  une  allusion  vague  à 
l'existence  craffinités  importantes  entre  le  dialecte  de 
Jéiaisalem  et  celui  d'Kgyple,  et  aux  différences  plus 
ou  moins  grandes  que  présente  le  premier  avec 
certains  dialectes  de  Palestine  et  de  Syrie.  Au  lieu 
d'eflleurer  ain.si  une  question  ((ui  «»t  du  ressort  de  la 
grammaire  et  de  la  lexicographie  comparées  des  dia- 
lectes arabes,  il  aurait  pu  essayer,  par  une  démons- 
tration aussi  complète  que  le  permet  l'état  actuel  de 
nos  connaissances,  de  déterminer  la  place  qu'il  faut 
attribuer  à  son  dialecte  dans  le  groupe  des  dialectes 
syriens,  et  les  |K)ints  de  détail  sur  lesquels  il  se  sépare 
de  ceux-ci  pour  se  rapprocher  de  celui  d'JCgypte  :  le 
problème  ne  comporte  sans  doute  pas  enrx)re  de 
solution  défmitiie  à  caufte  des  lacunes  que  présente 
la  dialectologie  de  la  Syrie  sédentaire,  parce  que,eii 
outje,  l'histoire  ne  nous  renseigne  pas  sur  le  mode 
de  propagation  de  lu  lan«^ue  iirabedans  les  provinces 
conquises,  ni  sur  les  diulcctHs  que  jiariaieul  les 
U'ou|>es  d'occcu{i<itioii  après  la  conquête,  ni  même 
sui'  les  noms  de  leurs  tribus,  tît  que,  enfin,  nous 
ignorons  l'origine  res|)ective  des  di\ers  éléments  (jui 
vi\»'ijt  côte  à  cote  presque  sans  se  mêler  dans  les 
populations  des  villes,  des  monLignes  et  des  plaines. 
Mais  à  défaut  de  solution  définitive,  le  problème  com- 
porte déjà  des  solutions  partielles  ou  provisoires, 


LE  DIALECTE  ARABE  DE  JERUSALEM.       IQQ 

auxquelles  contribueront,  j'espère,  quelques  consta- 
tations d'une  généralité  suffisante,  que  j'exposerai  ici. 

1  "  La  conservation  des  diphtongues  et  la  vocalisa- 
tion en  i  des  syllabes  finales  sont  deux  faits  propres 
aux  dialectes  de  la  côte  et  du  Liban ,  taïadis  que  les 
villes  de  l'intérieur,  Damas,  Alep  et  Jérusalem,  ont 
contracté  les  diphtongues  en  \  oyelles  longues  et  voca- 
hsent  les  finales  en  e{e  fermé)  là  où,  bien  entendu, 
le  ^Ul  est  permis, 

a"  Les  villes  de  la  Syrie  centrale  (Beyrout,  Da- 
mas, plus  le  Liban)  traitent,  à  l'aoriste  avec  lj,  le 
préfixe  de  la  i™  pers.  sing. ,  et  celui  de  la  3"  pers. 
sing,  et  plur. ,  d'une  tout  autre  façon  que  Jérusalem 
et  Alep,  et  ajoutons  que  l'Egypte. 

3°  Au  point  de  vue  de  la  prononciation  du  ^ ,  il 
faut  établir  deux  groupes  :  d'abord  celui  de  la  Syrie 
qui  prononcej  {^  slave)  :  Jérusalem  (chrétiens) ,  Jaffa , 
Caïffa ,  Bey  rout,  Tripoli ,  une  partie  du  Liban ,  Damas  ? 
on  pourrait  y  joindre  une  paitie  de  l'Irae,  peut-être 
mêiu(;  de  la  Mésopotamie ,  Tripoli  de  Barbarie ,  etc.  ; 
puis  le  groupe  de  la  Syrie  qui  prononce  dj  :  Jéi'usalen» 
(musulmans) ,  Alep  et  environs.  L'existence  de  ces  dmix 
prononciations  du  ^  classique  dans  des  pays  si  diffé- 
rents ne  pose-telle  pas  la  question  de  savoir  si  le 
Jîedjâz  ne  les  possédait  pas  au  moment  de  la  conquête? 

k"  Beaucoup  de  mots  usuels  devraient  être  obser- 
vés soit  pour  le  genre ,  soit  pour  le  sens ,  soit  pour  la 
prononciation  :  badd-i  «je  veux  »  sur  la  c^te;  ù  Jéru- 
salem, Damas  et  Alep  (ot  en  Egypte)  :  bMdi.  Entre 
Jérusalem  et  la  Syrie  d'une  part,  et  l'Egypte  de  f  autre, 

a. 


200  SEPTEMBRE-OCTOBRE  1900. 

différence  dans  la  forme  des  démonstratifs,  desinter- 
rogatifs,  delà viii" forme  \'ulgaire.  On  pourrait  multi- 
plier utilement  les  comparaisons  pour  éclairer  la 
question ,  mais  on  peut  déjà  remarquer  (|ue  Jérusalem 
morphologiquement  appartient  au  même  groupe 
qu'Alep;  phonétiquement  au  point  de  vue  vocalique, 
au  groupe  d'Alep  et  de  Damas;  au  point  de  vueconso- 
nantique  en  ce  qui  concerne  les  lettres  ^îm  et  'à/ au 
groupe  de  la  Syrie  centrale,  mais  en  ce  qui  concerne 
le  (fdf  des  mots  éti'angers,  au  dialecte  d'Alrp;  que  là 
où  le  parler  de  Jérusalem  ressemble  à  celui  d'Kgypte, 
il  ressemble  aussi  à  celui  d'Alep,  à  part  quelques  par- 
ticularités d'accentuation  qui  demandent  xérifica- 
tion;quesur  les  points  essentiels  de  la  morphologie 
et  de  la  lexicographie  il  ressemble  à  celui  d'Alep, 
que  le  style  de  ses  contes  ressemble  à  celui  d'Alep , 
que  si  l'on  étudiait  plus  soigneusemt'ut  le  parlei-  des 
chrétiens  et  celui  des  nmsulmans,  et  les  dillérences 
qu'ils  doivent  présenter,  on  serait  peut-être  amené  à 
cette  conclusion  que  le  parler  des  chrétiens  de  Jéru- 
salem se  rapproche  de  celui  de  la  Syrie  centrale  (Li- 
ban etc.),  et  que  celui  des  musulmans  a  plus  de  res- 
semblance avec  celui  d'Alep;  qu'à  Alep  même  le 
parier  des  chrétiens  phonéti([uement  et  mor|)holo- 
giquenmnt  se  rapproche  de  celui  de  la  Syrie  centrale, 
sans  doute  parce  que  le  Liban  a  dû  être  un  centre 
chrétien  où  la  population  chrétienne  se  réfugiait  des 
différents  points  de  la  Syrie  dans  les  temps  trou- 
blés et  d'où  <;lle  r<;parlait  pour  rayonner  dans  les 
différentes  villes  dès  que  la  sécurité  renaissait. 


LE   DIALECTE  ARABE   DE   JERUSALEM.       201 

Les  traits  communs  au  dialecte  de  Jérusalem  et  à 
celui  d'Egypte,  s'il  y  en  a,  ne  devront  être  regardés 
comme  constituant  des  liens  de  parenté  qu'autant 
qu'ils  ne  se  retrouveront  pas  dans  les  autres  dialectes 
de  Syrie. 

Les  observations  critiques  qui  suivent  ne  sont  pas 
de  simples  errata  ajoutés  au  traité  du  D""  Lôhr;  mais, 
en  élargissant  l'horizon  de  l'arabe  parlé  à  Jérusalem 
par  quelques  incursions  sur  le  domaine  des  dialectes 
voisins,  elles  contribueront,  j'ose  le  penser,  à  intro- 
duire plus  de  rigueur  dans  ces  études  et  à  éclaircir 
par  la  méthode  comparative  les  faits  qui,  observés 
d'un  point  de  vue  étroit,  restent  forcément  obscurs. 

ALPfFABET    DE    NOTATION    EMPLOYE    DANS    CE    TRAVAIL 
POUR  RENDRE  LES   SONS  DE  L'ARABE  DE  SYRIE. 

VOYELLES. 
i"    Voyelles  brèves,  de  timbre  net  : 
n--^a  normal  ou  neutre,  dans  le  voisinage  do  l'une  des  con- 
sonnes neutres  -,  ^ ,  o ,  l. 
a'  =a  prononcé  avec  j^jj",  c'est-à-dire  a  ouvert,  prononcé 
sans  emphase  et  avec  «Jl«l  léger  dans  le  voisinage  immédiat 
de  fune  des  consonnes  ^,  o,  ^J* ,  v  :  on  peut  l'appeler  *ssaj 

a*  =  a  fermé,  grave,  emphatique,  placé  dans  le  voisinage 
médiat  ou  immédiat  de  l'une  des  consonnes  ^,  jb,  b,  lo 
et^   quand  celle-ci  est    emphatique  :  on  peut  l'appeler 

a"  =  a  teinté  de  o ,  devant  un  ^  redoublé. 

e  =  e  fermé,  dans  une  syllal)e  finale. 

I  =  i. 

0—0  fermé. 

u^oii  français. 


20a  SKPTKMBRE  OCTOBBK    1906. 

a'    Voyelles  brèves,  de  timbre  incertain  : 
9  ac  9  normal  ou  neutre,  r'esl  ie   son  e  du   Irancnis 'l'ournf- 
lort,  placé  dans  le  voi»iitage  Iniiiiodiat  de  l'une   des  con- 
sonne» f.,  ç,^.  ^• 

a' i^  a  clair,  entre  j  normal  ou  e  français  bref  et  e  ferme, 
dans  ie  voisinage  de  c» ,  ^ ,  ^  et  ^ . 

a*  =  a  sourd,  entre  j  normal  et  o  fermé,  son  voisin  de 
en  fermé  sourd,  ddlis  le  voisinage  de  ^,  js,  L»,  lé  et  ;  cm- 
phAtique. 

3*   Voyelles  longaes  : 
à  (avec  ses  irois  ntiances  à  normal  ou  neutre,  rï'  ou  fi  anem- 

phàtiqae  et  n*  ou  «  emphatique). 
0j  i(til,  au  contraire  de  1>  bref  qui   est   fermé,   peu»  n-unir 

les  sobs  de  Xe  ouvert  et  de  iV  ferme . 

r 

ô 

à 

Le  son  a  n'a  pas  de  longue. 

La  nasalisation  est   rendue   par  une  -  placée  sur  la  voyelle 

û.  (i,  ô ,  quand  il  n'>  a  pas  inipossibillté  ty|>ogi'apbique. 
L'àcrent  loHîque  est  rendu  par  _1. 

Dans  la  transcription  arabe,  les  signes  «  et  '  ont  été  empruntés 
à  l'alphabet  syriaque  pour  remire  les  sons  0  et  o  qu«  l'écriture 
arabe  est  impuissante  à  t'tprimer,  ainsi  Jlw  ntêl  «descenrU»,  Jp 
Aô/f  mange».  Otte  distinrtion  a  son  importance  dans  dt>s  mots 
comme  ^^  Ibàê  ivéleilienla  et  i^Lp  Ibis  ■caleçoo»;  J^  bâl 
*  timbre-poste  »  et  J|(  bol  ■  urine  ». 

CONSONNES. 

Les  signes  mis  entre  parenthèses  appartiennent  à  l'alplia- 
bet  cursif  de  notation. 


*  =  »  et  le  3  prononcé  comme 

le  hamze. 
b=^. 


t=CP. 

dj  =  -  de  l'arabe  classique  et 
du  dialecte  d'Alep. 


LE  DIALECTE  ARABE  DE  JÉRUSALEM. 


203 


j~r  ^^  Syrie ,  sauf  Alep ,  j 
français,  sk  russe,  z  slave. 
c  (ou  c)  =:g,  M  russe, 
A  (ou   5)^2.. 

ar(ou  Jr)  =  e- 

r=;. 

s  =  o^ . 

(u  =  ^  ,  m  russe ,  ch   chuin- 
tant français. 

z~lo,  de  la  langue  des  séden- 
taires. 


de    la    précé- 


5f(ou    }  =  ^. 

(j  =  ^  classique. 

cj  =  J  sonore 
dente, 

wi  =  -. 

/l  =  ». 

1]  (ou  m)=  «  guttural,  y  de- 
vant un  J  ou  un  J\ 


Alphabet.  —  Les  noms  qu'on  donne  aux  consonnes 

dans  les  écoles  sont  entrés  dans  la  langue  vivante;  il 

fi 
faut  en  signaler  quelques-uns.  D'abord  le  v^î  qui  se 

nomme  'alef:  ce  mot  que  je  noterais  volontiers  i^\ ,  a 
un  e  long  au  lieu  de  Ye  bref  qui  répond  d'ordinaire 
au  kasra  classique ,  soit  par  analogie  avec  les  autres 
noms  de  lettres  qui  ont  une  voyelle  longue,  soit  par 
une  réminiscence  du  nom  syriaque  de  cette  lettre; 
cette  dernière  raison  a  d'autant  moins  lieu  de  sur* 
prendre  que  le  ^  a  gardé  son  nom  syriaque  zén  au 
lieu  du  zây  classique. 

Le  i±>,  qui  en  Syrie  (sauf  chez  les  Fallâh  d'origine 
nomade)  n'est  plus  autre  chose  qu'une  lettre  savante 
et  qui  a  perdu  sa  valeur  classique ,  se  nomme  se, 
avec  la  prononciation  u*.  du  e>,  comme  en  turc  et  en 


204  SEPTEMBRE-OCTOBRE    1906. 

persan;  de  même  du  À  qui  se  nomme  zàl\  et  du  lô 
qui  se  nomme  :â.  Le  ^  se  nomme  jtm  au  lieu  de 
djtm;  le^  se  nomme  gé  au  lieu  de  gên  ou  i^nivii ,  ol 
le  d)  se  nomme  kéf  au  lieu  de  kdj. 

Phonétique.  —  La  ph<)n<^tique  du  D'  Fiôhr  d/'hute 
par  une  assertion  malheureuse  :  «  Le  ham/a  est  entiè- 
rement dispaioi ,  par  ex.  :  anim  «  mère  » ,  Inmmi  et  aussi 
lainmi  et  limmi  •  à  ma  mère  »,  de  même  yachi  (lire 
yaxi)  «  ô  mon  frère  •,  yabnt  «  ô  mon  fds  »,  etc.  ..  Il 
est  vrai  que  dans  ces  exemph's  le  hamze  s'est  élidé 
après  J  et  l> ,  et  dans  d'autres  cas  encore ,  mais  l'auteur 
aurait  pu  remarquer  que  cette  consonne  s'est  main- 
tenue :  i"  comme  initiale,   dans  des  mots  comme 

Il  'umm  «  mère  » ,  ^1  'eue  «  frère  ■  ;  dans  les  verbes  à 

i"   radicale  hamze,  ex.  :  J^\  *àkal;  dans  les  verbes 

et  les  noms  du  wazn  Juùl ,  ex.  :  ^uôl  'àsbah  «  il  s'est 

trouvé  au  matin»,  et  ^jM>all  'nhs(tn  «plus  bfau, 
meilleur,  mieux  »;  et  à  la  impers,  sing.  de  l'aoriste 

subordonné  ou  sans  c^,  ex.:  ^^^  'aréli,  S^l  'anidd, 

w-uSI  'àktub;  ti"  comme  médiale,  ex.  :  JL.  sa  al  «il 

a  interrogé  »,  ^j^,yies ,  aor.  ,j«uuk^  jf  os  «  désespérer  » , 
participe  passif  mf^'u5 ,  pour  j-^II*  ;  3"  comme  finale , 
mais  rarement,  comme  dans  ^  /a '«non!  ».  Fj'auteur 
a  omis  partout  la  notation  du  hamze,  alors  que  tout 
le  monde  s'accorde ,  et  à  bon  droit ,  à  écrire  Jo!  '\d 
«main»,  *JI  'àlo  «à  lui  »,  ,^\  'àuii  «cbose,  quelque 


LE  DIALECTE  ARABE  DE  JERUSALEM.  205 
chose  » ,  j^\  'djor  «  pied  » ,  exemples  où  le  hamze  a  le 
rôle  morphologique  essentiel  d'affirmer  le  principe 
de  trilittéralité.  Dans  les  cas  où  la  prononciation 
du  hamze  est  facultative,  sa  présence  est  révélée  par 
cpielque  particularité  phonétique;   ainsi   l'on   dit  à 

Alep  :  ^A.'^t  ^l 'dbdTi  'àxti,  mais  aussi  ^^^^î  (jj?t  'dbn-èxti 
«  fils  de  ma  s(rur  »  ;  dans  le  premier  exemple ,  le  deu- 
xième  mot  ^^jis^\  commence  par  un  hamze,  ce  qui 
donne  lieu  à  un  groupe  de  trois  consonnes  b,  n  et  ', 
pour  le  rompre  on  insère  une  voyelle  furtive  entre 
les  deux  consonnes  6  et  /i  du  premier  mot;  dans  le 
second  exemple,  cette  insertion  n'a  pas  lieu,  parce 
que  le  mot  àxti  «  ma  sœur  »  étant  prononcé  sans 
hamze,  la  prononciation  n'a  affaire  qu'à  un  groupe 
de  deux  consonnes  devant  une  voyelle,  ce  qui  ne 
présente  aucune  difficulté. 

C'est  surtout  au  milieu  et  à  la  fin  des  mots  que  le 
hamze  disparaît  en  s'assimilant  ou  en  se  convertissant 
en  une  consonne  de  prolongation ,  ex.  :  râs  «  tête  »  pour 
*ra^";  b'ir  «  puits  »  pour  *bir;  màdane  «  minaret  »  pour 

*mà'diiie;  hàyya  ihàyyi   «préparer»  pour    (xiû,  puis 

*hàyyâ;  'àri  yè'ra  «lire»  pour  Lï;  ma  biseyel  «cela 
n'importe  pas  »,  avec  un  (^  y  pour  le  hamze  étymo- 
logique. 

A  Jérusalem  comme  presque  dans  toute  la  Syrie 
sédentaire ,  le  (j  a  été  remplacé  par  un  hamze  :  'addeui 
pour  (jaddéui  ^jSo!  3o  «  combien.^  ».  A  Alep,  mqàdd  et 
inàdxl  *Xï  yik(j|) ,  avec  déplacement  de  l'accent  du  mot 


206  SEPTEMBRE-OCTOBRE   1000. 

iilterrogatif  sur  la  syllabe  finale,  prf*$tente  la  fomM 
renversée  du  même  mot. 

lies  lettres  biés/^es  o*,  ^,  lé  de  la  langue  clftàsique 
ont  subi  dans  la  langue  vivante  de  Syrie  deux  altéra- 
tions différentes,  Tune  régulière,  populaire,  naturelle, 
inconsciente,  par  le  changement  de  ces  lettres  respec- 
tivement en  t,  d,  </,  l'autre  savante,  incorrecte,  artifi- 
cidle,  soit  sous  l'influence  de  l'école  qui  en  Syrie  a 
perdu  la  prononciation  tfadilionnelle  de  la  langue 
du  Qorân  en  ce  qui  wjncerne  ces  lettres,  soit  sous 
l'inlluence  de  la  langue  administrative ,  étrangère  et 
turco-persane ,  par  le  changement  respectif  de  ces 
lettres  en5,  /,  t,  et  de  j»  classique  en  i.  Les  Fallâli . 
nomades  devenus  sédentaires,  ont  conservé  au  o  el 
au  b  leur  prononciation  qoraydiite.  Dans  la  phoné 
tique  histori(|ue ,  il  est  nécessaife  d'établir  une  distinc- 
tion entre  la  dérivation  populaire  et  la  dérivîltion 
savante,  absolument  comnrte  on  le  fait  en  français 
pour  des  mots  comme  maison  et  mansinn,  frêle  el 
fragile,  grief  el  grave. 

Le  ^  a ,  à  Jérusalem ,  la  prononciation jf  {j  finançais , 
i  slave  catholique,  mc  russe  et  slave  orthodoxe,  j  per- 
san) qui  est  commune  à  toute  la  Syrie  sédentaire  sauf 
Alep  el  environs.  —  Il  est  à  remarquer  que  le^,  quelle 
que  soit  sa  prononciation  est  traité  par  la  plupart 
des  dialectes  arabes  connus  comme  lettre  solaire, 
contrairement  à  l'usage  de  la  langue  classique.  — 
Le  mot  A^Ui-à  «  poule  »  a  perdu  en  Syrie  son  o,  sans 
doute  parce  que  dans  la  prononciation  syrienne 
d-jê-je  de  ce  mot ,  la  rencontr*e  du  :>  et  du  ^  en  don- 


LE   DIALECTE  ARABE   DE  JEKtlSALEM.       207 

nant  d-j  produisait  à  i'oreiiie  l'effet  d'un  ^  dj ,  groupe 
que  la  langue  a  perdu;  à  Alepoù  le  ^  a  conservé  m 
prononciation  classique  on  dit  djédje  avec  chute  du  à 
initial,  qui  s'explique  peut-être  par  la  difficulté  de 
faire  entendre  nettement  un  d  initial  devant  dj ,  et 
de  dire  ddjédje;  en  Irac  d'après  Meissner  on  dit  dezâie^ 
lire  dejàje,  ici  la  voyelle  du  à  a  conservé  cette  con- 
sonne. —  La  notation  du  ^  syrien  chez  les  arabisants 
est  des  plus  flottantes  :  g,  ^,  i,  ^;  la  meilleure  est 
certainement  i  puisqu'elle  existe  dans  les  alphabets 
slaves  dérivés  du  latin  ;  mais  l'alphabet  français  qui 
lui  aussi  dérive  du  latin  a  un  signe  plus  simple,  /, 
qu'on  devrait  continuer  à  employer  au  moins  en 
France.  Certains  alphabets  germaniques  ont  donné 
au  signe  j,  appelé  autrefois  i  de  Hollande,  la  valeur 
conventionnelle  et  arbitraire  de  i  Consonne  5  mais  les 
autres  alphabets  d'Europe  continuent  à  employer  le 
/  simple  pour  rendre  le  /  consonne.  Pour  la  notation 
de  Xi  consonne  dans  les  langues  orientales ,  on  éviterait 
toute  confusion  en  employant  le  y  anglais,  comme 
nous  faisons  depuis  longtemps  en  France  pour  le 
sanscrit ,  1  iranien  et  l'arabe ,  de  même  que  nous  em- 
ployons le  w  anglais  poUr  le  11  (=ou)  consonne;  à  re- 
marquer que  graphiquement  le  y  est  composé  de  deux 
i  comme  le  M)  est  composé  de  deux  vl.  PoUr  ma  part ,  j'ai 
trouvé  très  cotnmode  de  transcrire  ^  syrien  par  /  fran- 
çais, (^  ou  i  consonne  par  j  anglais  et^  ou  u  (lire  ou) 
consonne  par  w  anglais.  11  resterait  à  trancher  la  ques- 
tion de  la  transcription  de  ^  dj  et  de  ^  qui  existent 
dflhs  certâitis  dialectes  (à  Alep  et  en  Mésopotamie). 


208  SEPTEMBRE-OCTOBRE    1906. 

Le  ^  rendu  autrefois  par  hh  est  généralement  noté 
aujourd'hui  h.  Cette  notation,  très  claire  puisqu'elle 
est  universellement  comprise ,  a  cependant  l'inconvé- 
nient d'employer  le  point  souscrit  qui  est  le  signe 
diacritique  des  lettres  palatales  dites  emphatiques  s, 
d,  t,  z,  auxquelles  on  ajoute  parfois  /;  or  le  ^  n'est 
pas  une  palatale  et  encore  moins  une  emphatique; 
dans  l'alphahetcursifdontje  me  servais  en  pays  arabe 
pour  écrire  des  textes  vidgaires  sous  la  dictée ,  j'avais 
adopté  le  signe  }j  pour  rendre  le  ^,  de  même  que 
pour  le  ^j'employais  ^  :  de  la  sorte  je  supprimais  les 
point  diacritiques  qui  exigent  une  levée  de  ])luni(' 
et  font  perdre  du  temps,  et,  pouvant  être  facilement 
omis  dans  un  texte  écrit  rapidement,  donnent  lieu  à 
des  confusions.  —  Le  ^  est  transcrit  dans  le  traité  du 
D' Lôhr  par  le  double  caractère  ch  emprunté  à  l'alpha- 
bet latin  transcrivant  le  ^  grec;  le  signe  h  employé 
quelquefois  est  complexe  et  manque  de  clarté;  la 
notation  kh,  aussi  compliquée  que  cli  du  D'  Lohr, 
j>eut  prêter  à  de  la  confusion  ;  le  ;t  grec  a  l'inconvé- 
nient d'appartenir  à  un  autre  corps  typographique 
que  le  caractère  romain.  Seul  le  x  russe  (jui  est  la 
forme  latinisée  du  ;t  g''*'c  s'incorpore  parfaitement 
à  notre  alphabet,  tout  comme  notre  lettre  x  qui 
a  même  forme  et  sans  doute  même  origine  :  il  n'y  a 
pas  à  craindre  de  confusion  entre  le  x  russe  rendant 
le  ^  et  le  x  latin,  car  un  mot  comme  (j*XJU  «  au  con- 
traire »  s'écrira  toujours  hafaks  et  non  hdtax.  Pour 
l'écriture  cursive  on  peut  opter  entre  J)  et  x. 

Quand  les  deux  premières  syllabes  d'un  mot  com- 


LE  DIALECTE  AHABK  DE  JERUSALEM.       209 

mencent  la  première  par  j ,  et  la  deuxième  par  ^ , 
ces  cleux  lettres  permutent  à  Jérusalem  :  ainsi  janzir 
pour  _^^')  «  chaîne  »;  jôze  «  épouse  »  pour  *a.^3;  de 
même  dans  le  reste  de  la  Syrie  ;  le  même  fait  se  pro- 
duisant aussi  en  Egypte  où  le  ^  a  conservé  la  pro- 
nonciation (f ,  ex.  :  giiizîr,  gôze ,  on  se  demande  si  cette 
permutation  n'était  déjà  pas  un  fait  accompli  pour 
certains  dialectes  au  moment  de  la  conquête. 

La  prononciation  darb  du  mot  darh  cj^:>  peut  être 
un  fait  individuel  ou  limité  à  un  groupe  d'individus. 
L'existence  de  deux  prononciations  contradictoires 
se  vérifie  pour  le  mot^à  et  le  mot^j^'  :  les  illettrés 
ne  comprenant  pas  le  motj.A.i  «  temps,  siècle,  des- 
tinée » ,  qui  est  un  mot  savant  et  d'un  emploi  restreint , 
le  prononcent  comme ^^^  dah^r  «  dos»,  tandis  que 
les  gens  éclairés  distinguent  dah^r  de  dalwr;  yyi 
«  taureau  »  est  prononcé  \ôr  yjh  par  les  hommc^s 
vttôr^yp'dv  les  femmes.  Quand  on  se  trouve  on  pré- 
sence de  deux  prononciations  d'un  même  mot,  il  faut 
s'attacher  à  reconnaître  la  plus  usitée  des  deux; 
mais  cela  demande  un  séjour  prolongé  dans  le  pays. 

Dans  les  mots  comme  ^j^^,  *r^'  **^'  ^^  (J^ 
est  souvent  converti  en  ^j*.  pour  éviter  la  présence 
des  deux  chuintantes  (jiJ  et  ^  dans  le  même  mot. 
En  Egypte  où  on  a  sagara  (avec  trois  a^),  comme 
à  Jérusalem  sàjara,  à  côté  de  uintràng  et  magi;  la 
règle  n'est  pas  aussi  absolue  qu'en  Syrie.  —  La  no- 
tation du  jji  donne  lieu  aussi  à  quelques  remarques  : 
les  transcriptions    ch    (français),   sh    (anglais),    sch 


210  SEPTEMBRE-OCTOBRE  1906. 

(ail.),  se  (ital.)  ont  fait  leur  temps,  mais  on  voit 
encore  reparaître  >',  .v,  celle-ci  empruntée  aui 
alphabets  slaves-latins  a  le  iu«''nte  d'être  réelle,  mais 
clic  n'e»t  pas  cursive,  et  c'est  pourquoi  je  lui  pré- 
fère le  ui  russe,  qui  couune  on  le  sait  n'est  autn* 
qu'un  ^J^^i*  sénii tique.. 

Pour  ei^pliquer  le  passage  du  »j^  au  j,  point  n'était 
besoin  de  citera  propos  du  parler  de  Jérusalem,  tpii 
est  un  dialecte  de  sédentaires,  !«'  langage  des  lùtlluh 
qui  est  un  idiome  de  nomades  :  à  Beyrout ,  k  Alep , 
etc.,  on  dit  bàzaq ,  yhhzoq  «  cracher»,  infinitif  et  n. 
collectif  hzàq;  zgWj^M:^  «  petit  »  pour^^xjue;  en  arabe 
littéral  les  dictionnaires  donnent  les  trois  formes 
ycfij  et  JC*o,  puis  jjJtM*  «  thym  »  (dans  la  langue' 
vivante  zà^tar).  Dans  les  deux  premiers  exemples, 
j^Aâj  et  wuio  devenus  (jju  et  wJj,  on  peut  voir  l'at- 
traction de  la  consonne  douce  t_>  ou  ^  changeant  la 
sourde  ^js  en  la  douce ^,  question  d'emphase  à  part. 

D'après  le  D'  Lohr  on  dit  indifféremment  mabsûl 
«'I  iiKibsûf  «  bien  portant  »,  s'intyc  et  finiye  «  plateau  », 
On  n«'  pi'ut  admettre  pour  la  langue  classique  une 
forme  iajj^éju»  que  comme  une  orth()graj)he  conven- 
tionnelie,  comme  une  figuration  approximative  de  la 
prononciation  réelle;  mais  pour  la  langue  vivante ,  on 
peut  affirmer  que  la  transcription  mabsùt  ne  signifie 
rien  et  n'est  qu'un  calque  de  l'orthographe  classique, 
que  l'on  prononce  aujourd'hui  nui^bsàt  et  non 
ma^bsât;  il  est  certain  que  l'emphase  d'un  ^  final 
gagne  en  rétrogradant  toutes  les  voyelles  du  mot; 
c'est  poui-  cela  qu'un  mot  comme  kJb  annonce  l'em- 


LE  DIALECTE  ARABE  DE  JERUSALEM.       211 

phase  de  la  dentale  finale  dès  sa  première  voyelle 
par  la  prononciation  a^,  de  sorte  que  baHtf  «  polisson  » 
se  distingue  très  nettement  dès  sa  première  voyelle , 
du  mot  ha^lùl  <\jSf  «  nigaud  ».  La  prononciation  sljitye 
est  la  seule  usitée  en  Syrie,  celle  avec  j*.  est  aussi 
invraisemblable  qxie  la  prononciaion  Is>^m*j<a  avec  ^ . 
Le (jb  à  Jérusalem  a  la  prononciation  d  ((/  palatal) 
qui  est  courante  en  Syrie,  ex.  :  i^j^is^  luldrin  «  pré- 
sents, »  Chez  les  Fallâh  des  environs  de  Jérusalem  qui 
sont  des  nomades  devenus  sédentaires ,  cette  consonne 
se  prononcerait ,  d'après  le  D' Lôhr,  comme  un  "f  mou 
ou  doux,  «  wie  weiches  5  »,  et  à  l'appui  il  cite  comme 
exemple  mashûi  «  exact,  juste  »;  Bauer,  p.  281,  écrit 
ce  mot  mâsbùt  ce  qui  donne  après  transposition  ma^â- 
hùi,  le  signes?  représentant  l'emphatique  du  i;  or  c'est 
la  prononciation  de  Bauer  qui  est  la  vraie  ;  car  per- 
sonne ne  dit  mazbût,  tous  les  citadins  de  Syrie  disent 
ma^zhùt  avec  recul  de  l'emphase  de  la  fin  du  mot 
jusque  sur  l'avant ,  comme  pour  mubsâl  cité  plus  haut. 
Outre  l'erreur  de  fait,  le  ciioix  de  l'exemple  était  peu 
heureux:  il  est  dangereux  en  effet  d'étayer  une  règle 
sur  un  mot  emprunté  à  une  langue  étrangère,  car 
le  mot  la^j^MiA  est  entré  en  arabe  vulgaire  par  un  em- 
prunt au  langage  administratifdes  Turcs  qui ,  à  l'instar 
des  Persans,  prononcent  le  ijy  comme  un  z  j  ordi- 
naire. Les  Arabes  de  fEst  ('Oman  et  golfe  Persique) 
devaient  avoir  au  moment  de  la  conquête  la  pronon- 
ciation (î  (spirante  palatale  douce)  pour  le  ^jb  et  le  là  ; 
cela  expliquerait  comment  les  Persans  donunint  au 
(jb  le  son  de  3  2;. et  jwurquoi  ils  confondent  le  ^  et 


212  SEPTEMURE-OCTOUKK   1906. 

le  la  dans  la  prononciation.  Si  l'exemple  en  question 
n était  pas  tiré  du  turc,  les  hadar  de  Syrie  diraient 
tous  madbut  au  lieu  de  ma:bàt. 

il  est  faux  de  dire  que  lo  à  la  lin  des  mois  uv  >»• 
distingue  pas  de  ca;  que  l'on  compare  en  effet  la^iMu* 
«  peigne  »  et  *z^<As.  «  puisses-tu  vivre!  »,  Jûmo  pronon- 
cez )a*ai  bai^st  «  tapis  kurdes  »  (pi.  de  ioL^  prononcez 
ioLa^  bsâl)  et  owM»^  da^st  «  chaudron  » ,  Lj  /«d^//  «  saute  » 
et  ô^S'A'p'W»  verse  »;  que  si  l'explosion  de  la  consonne 
fniale  n'est  pas  assez  nette  pour  nous  renseigner  sur 
la  position  exacte  qu'occupait  la  langue  contre  les 
dents,  la  coloration  prise  par  la  voyelle  y  supplée  lar- 
gement. Dans  certains  mots  le  ci>  passe  au  lo  il  est 
vrai ,  mais  sous  l'influence  d'une  emphatique  ou  d'un 
^  prononcé  emphatiquement  :  ainsi  màttar  «  malheu- 
reux »  à  Jérusalem ,  à  Alep  m'aftor ^^JùM  «  dépravé, 
mauvais  sujet  »  proprement  :  «  qui  a  été  fait  tréhu- 

cher  »  de  vaam;  tôr  «  taureau  »•  à  côté  de  tOr  yy. 

Page  k ,  maalêh-iu  ^jn^A^l»  <«  cela  ne  fait  rim  »  se 
serait  raccourci  en  mdlês  (lire  mdléui)  avec  chute  totale 
du  t;  Bauer  donne,  p.  208,  malèsch  (lire  maléui 
jijJÎx*).  Le  D'  Lôhr  a  raison  de  faire  remarquer  que 
le  i  se  prononce  sans  bruit  de  roulement  et  de  gar- 
garisme. 

H  a  tort  d'affirmer  que  les  deux  prononciations 
qâf  et  'àf  peuvent  se  rencontrer  chez  la  même  per- 
sonne. Chez  les  pédants,  oui.  11  nous  cite  comme 
deux  prononciations  différentes  les  graphies  ;L?j*rt 
et  ;i^<yj  «  abat-jour  »  ;   il  faut  les  prononcer  'abajiir 


LE   DIALECTE   ARABE  DE  JERUSALExM.       213 

toutes  les  deux,  car  ce  sont  deux  orthographes  du 
même  mot,  différentes  pour  ceux  qui  distinguent  le 
homze  du  qâf  dans  la  prononciation,  et  identiques 
pour  une  personne  de  Jérusalem  qui  ne  les  distingue 
pas;  on  peut  supposer  que ,  dans  l'espèce,  un  indigène 
a  prononcé  d'abord  'ahajur,  puis ,  comme  pour  se  cor- 
riger, qabajûr;  je  pourrais  citer  à  l'appui  de  cette 
explication  le  cas  d'un  Libanais  lettré  qui ,  parlant  à  un 
Européen  du  'd^rd^n  (  prononcez  approximativement 
'ourâii) ,  et  s'avisant  que  la  prononciation  du  'df  dé- 
routait les  étrangers ,  eut  l'idée  singulière  de  répéter 
le  mot  en  disant  (jd'^rcfàhi  :  il  voulait  dire  qdr'ân  yUy»  ; 
ces  pseudo-corrections  sont  commises  même  par  des 
illettrés  voulant  imiter  la  prononciation  des  personnes 
prononçant  qclf.  On  voit  de  combien  de  pièges  est 
entouré  l'arabisant  novice  en  Orient  même.  —  Les 
FallâJiàe  Jérusalem  prononcent  le  ^  Aô/' c'est-k-dire 
comme  un  li) ,  tandis  qu'ils  transforment  le  d)  en  ^^  c 
comme  les  Bédouins  :  ainsi  t^^  devient  dans  leur 
prononciation  kalb  et  i-^JS'calb. 

Le  ciJ  chez  les  citadins  est  une  gutturale  forte ,  qui 
n'a  jamais  le  son  mouillé  ni  le  son  aspiré.  Chez  les 
nomades  et  les  Fallâh  d'origine  nomade  il  a  le  son  ^ , 
mais  il  conserve  exceptionnellement  sa  valeur  primi- 
tive h  quand  il  représente  le  suffixe  de  la  2""  pers, 

smg.  masc.  :  ainsi  cil^î  'axuk  «  ton  frère  »,  quand  on 

s'adresse  à  un  homme ,  par  opposition  à  ^y^^  'axîic , 

quand  on  s'adresse  à  une  femme  ;  mais  comme  dans  les 

villes  on  dit  'axék  au  masculin  et  'axàki  au  féminin ,  on 

vm.  1 5 


914  SEPTEMBRE-OCTOBRE   1906. 

peut  supposer  que  la  prononciation  primitive  d^t 

'aa&ki  conservée  dans  les  villes  n'a  passé  à  celle  de 

'curait  chez  les  Fallâli  que  par  celle  de  *^,^l  'a.ruâi, 

et  que  la  distinction  de  fc  et  de  d  a  précédé  la  chute 
des  voyelles  finales  de  ces  deux  sullixes;  on  com- 
prend d'ailleurs  que  pour  que  la  voyelle  a  ait  exercé 
son  rôle  conservateur  sui'leA'  du  suilixe  masculin,  et 
la  voyelle  i  son  influence  altérante  sur  le  A  du  sul- 
fixe  féminin,  il  ait  fallu  la  présence  des  deux  voyelles 
fuiales,  ce  qui  reporterait  à  une  époque  ancienne  la 
transformation  du  J  en  ^ . 

Certains  dialectes,  comme  celui  de  Jérusalem,  ce- 
lui d'Alep,  possèdent  la  douce  du  li)  k,  qu'on  pour- 
rait représenter  par  un  ^(j  et  appeler  <J({j  {ou.  yèf); 
c'est  un  (j  non  mouillé,  ni  grasseyé,  ni  explosant  à  ia 
manière  d'un  (^  sonore;  on  ne  le  rencontre  guère 
que  dans  des  mots  empruntés  aux  langues  étran- 
gères ou  aux  dialectes  bédouins  dont  il  représente 
sans  le  reproduire  le  (^  sonore  ;  il  provient  aussi  d'un 
d  devenu  sonore  par  le  voisinage  d'une  autre  con- 
sonne sonore  :  ainsi  hûcjzch  «  lu  mens  »,  à  Jérusalem , 
et  btàgdeb  à  Alep;  de  même  à  Alep  (jàllcn  un  boulet  », 
ràgad  o^  «  il  a  couru  »  pour  ^^ . 

Le  changement  du  J  en  ^  dans  yd  rêt  «  iiti- 
nam..  .!  »,  ar.  litt.  o4^,  est  dû  à  l'attraction  de  rêt 
•  j'ai  vu  »  qui  est  pour  raêt.  Dans  yàlla  ^  «  or  çà  ! 
courage!  allons!  »,  et  souvent  aussi  dans  'alla  il!  et 
'cUlâh  fMl,  les  deux  a  se  prononcent  avec  emphase, 


LE  DIALECTE  ARABE  DE  JERUSALEM.       215 

et  cette  emphase  n'est  pas  causée  par  le  J  qui  n'est 
emphatique  qu'accidentellement,  comme  le^  dans 
râs  et  ndr,  mais  par  l'idée  qu'on  a  ajoutée  au  nom 
de  Dieu.  Si  l'on  note  les  mots  jci//tt,  'alla  et  'allâh  avec 
un  /  à  point  souscrit,  il  faudra  écrire  de  même  râs 
«  tête  »,  nâret  même  riàr  «  feu  »,  Tnâyiia^  «  trêve,  répit  », 
kabbale  «  un  verre  à  boire  »;  dans  les  mots  ,j*.l^  et^li 
l'emphase  est  venue  du  j ,  dans  les  mots  UjU  et  *J^ 
elle  est  originaire  de  la  langue  même  à  laquelle  ils  ont 
été  empruntés.  Le  J  peut  se  teinter  accidentellement 
d'emphase  dans  le  voisinage  d'une  lettre  emphatique 
de  nature  :  ainsi  haHtt  «  polisson  » ,  mà^Uês  «  s'esqui- 
ver ».  Si  l'on  doit  faire  du  point  souscrit  le  signe  carac- 
téristique de  l'emphase ,  essentielle  ou  accidentelle ,  le 
caractère  /i  pour^  le  ^ ,  qui  est  une  lettre  neutre , 
devrait  être  remplacé,  et  les  caractères  a,  e,  etc.  ne 
devraient  servir  qu'à  noter  des  voyelles  emphatiques , 
ainsi  a  pour  a^. 

P.  6,  sahh  \i  'àfije,  lire  sàhh  vtàfye  «santé  et  vi- 
jiueur  !  »  ;  l'emploi  de  l'apostrophe  pour  indiquer  l'éli- 
sion  d'une  voyelle  finale  comme  celle  de  mhha  n'est 
pas  à  recommander,  d'abord  parce  qu'il  peut  amener 
une  confusion  de  signes  avec  l'esprit  doux  adopté  con- 
ventionnellement  pour  l'expression  du  liamze,  ensuite 
parce  qu'il  trahit  une  préoccupation  étymologique  et 
orthographique  tout  à  fait  déplacée  dans  un  système 
d'écriture  qui  doit  rester  exclusivement  phonétique 
comme  celui  de  la  notation  des  sons  d'une  langue 
vivante. 


216  SEPTEMBRE-OCTOBRE  1906. 

La  contraction  de  ayy  en  ê  et  quelquefois  en  i ,  et 
de  awwe  en  ô  et  quelquefois  en  û,  est  un  fait  rare ,  mais 

il  en  est  des  exemples  :  ainsi  héyi  ^  «  mon  petit  père  » 

à  côté  de  xàyyi  JÎÀ.  «  mon  frérot  »  et  de  xàyti  pour 

xàyyli  ^5aIâ.  •  ma  sœurette  >  ;  ^^u^  uiéti.  «  ma  chose , 
le  mien  >  est  pour  luéyti ,  qui  est  pour  meyyii  ou 
màyyti  ^gili^\  std-i  «mon  seigneur»  suppose  une 
forme  'séd-i  qui  est  contractée  de  *sêy(l-i  pour  *séyydi 

ou  'sàyydi  t^«xli-;  «XX  s'est  contracté  en  èy  (puis  'ty) 

dans  nivyet  ■  un  mort  »  pour  màyyel  ou  inéyyci  o^I* , 
ji  travers  l'intermédiaire  'méyet;  dans  *alèyi  pour 
alcyyi  qui  se  dit  aussi,  ar.  iitt.  ^JU,  et  dans  'lyâm 

pour  Xl  'ayyàm,  par  les  intermédiaires  'aiyàm, 
'éydm.  La  contraction  de  aww  en  6w  et  même  en  ûw 
est  assez  rare  :  citons  mûwâl  pour  môwàl,  mauwâl, 
mawwâl  «  romance  ».  —  Un  fait  très  ordinaire  est 
Timalé  léger  que  subit  le  falha  suivi  d'un  ^^,  et 
parallèlement  la  teinte  o  qu'il  prend  devant  un  ^  : 
aussi  dans  sàyyde  qu'on  peut  rendre  aussi  séyyde  et 
séiyde;  'àwwal  qu'on  peut  noter  aussi  'l'mwal,  'àwwuL 

La  réduction  du  ^  en  a  et  du  ^  en  i  n'entraîne 
pas  le  déplacement  de  l'accent  dans  des  mots  comme 
(fâhutak  A'ijQ'i  «  ton  café  »  pour  *qàhw9tak,  et  bliitak 
Juuyi  «  ta  barbe  »  pour  *bhy9tak,  ces  u  et  i  ne  sont 
pas  franchement  longs,  mais  entre  longs  et  brefs.  Lôhr 
cite,  p.  12,  une  forme  qahûtak  c'est-à-dire  (jaliàtak; 
or  comme  il  donne  aussi  n^riti,  saqfitak,  une  forme 
(johûtak  ne  peut  s'expliquer  que  par  la  position  de 


LE  DIALECTE   ARABE   DE  JERUSALEM.       217 

l'accent,  cependant  la  (orme  (jahïtna  (lire  sans  doute 
qaliivcttna  ou  même  qahwdtna)  «  notre  café  »  qu'il 
donne  aussi  n'a  pas  la  longue  nécessaire.  MaisBauer, 
p.  60 ,  donne  ûgrtak  «  dein  Lohn  »,  et  p.  fi  A ,  màratak 
et  siâdatak  (et  non  siâdàtak)  et  hadrtak.  surmàitak 
prend-il  à  Jérusalem  l'accent  sur  i?  Non  sans  doute, 
or  cet  i=yd  pour  ja,  comme  l'u  de  (jahutak  est  ipouv 
wd  =  wa.  Il  y  gi  contradiction  évidente  entre  l'accentua- 
tion de  l'auteur  et  les  formes  lêltak  saide ,  udti  «  ma 
chambre  »,farsti  «  mon  lit  » ,  où  la  syllabe  qu'il  accen- 
tue d'autre  part  est  ici  éliminée,  par  conséquent  atone. 

Même  inconséquence  dans  la  vocalisation  du  verbe 
uni  au  pronom  suffixe  2*  pers.  sing,  :  ainsi,  à  côté  de 
daràb-ak  «  il  t'a  frappé  » ,  daràb-ik  «  il  t'a  frappée  » , 
daràb-û  (sic)  «il  l'a  frappé»  (Lôhr,  p.  12),  on  lit 
(p.  2i)kish-ak,  ik,  û.  «il  t'a,  l'a  gagné»;  l'élision  de 
la  voyelle  de  la  2"  radicale  dans  ce  dernier  exemple, 
et  cette  élision  est  un  fait  confirmé  par  Bauer  qui 
donne  simak  «  il  t'a  entendu  »,  et  est  d'ailleurs  com- 
mune à  toute  la  Syrie  citadine,  prouve  que  la  voyelle 
de  la  2*  radicale  était  atone;  or,  si  elle  est  atone 
avec  les  verbes  du  wazn  Joo,  pourquoi  ne  le  serait- 

elle  pas  avec  les  verbes  du  wazn  Jx»?  C'est  donc  d(i- 
rabak,  dàrabek  et  dàrabo  qu'il  fallait  écrire,  car  l'ac- 
cent ne  recule  que  sur  la  syllabe  longue  ou  la  syllabe 
fermée  ;  et  si  daràba  «  il  l'a  frappée  »  a  l'accent  sur  la 
2*  syllabe,  c'est  que  cette  syllabe  n'est  ouverte  qu'en 
apparence,  et  que  le  a  du  suffixe  ha  Uû,  quoique  dis- 
paru dans  la  prononciation ,  compte  encore  avec  sa 


Î18  SEPTEMBRE-OCTOBRK  1006. 

valeur  prosodique  de  consonne.  Nous  avons  encore 
dansBauer  des  mots  comme  Sj^\  «je  te  remercie- 
(rai)  »,  Jk^tX»!  «je  te  louerai  »  accentut^  ainsi  :  Asch- 
kurik,  àmdaliik.  Ainsi,  k  Jérusalem  comme  en  Syrie, 
le  sufïixe  de  la  a*  pers.  sing.  ne  modifie  pas  l'accen- 
tuation du  verbe  auquel  il  s'accole;  et  si,  comme 
c'est  probable ,  il  se  comporte  de  mAme  avec  le  nom , 
nous  lirons  (fâhiitak,  sn(jfitak;  de  mêm^à  la  i"  pers. 
sing.  ûgriti,  ùdli  au  lieu  de  uditi,  et  léUak  au  lieu  de 
lèlitak  confirment  la  justesse  de  cette  correction.  S'il 
en  était  autrement,  il  faudrait  rattacher  le  parler  de 
Jérusalem ,  non  aux  dialectes  ajaben  de  Syrie ,  mais 
à  celui  d'Egypte,  qui  dit  hadrïiak  Aijti»*,  ■  ta  pré- 
sence »  et  'ismtii  (^iLt^Jt  n  mon  bonheiu*  »,  tandi.s  qu'on 
Syrie ,  l'on  dira ,  dans  le  dialecte  d'Alep  par  exemple , 
kâd9rtak  et  qjsamti. 

P.  6,  pour  l'assimilation  du  «  au  ^  dans  le  mot 
A^^ ,  il  serait  intéressant  de  comparer  les  altérations 
subies  par  ce  mot  dans  les  dialectes  de  Syrie,  Méso- 
potamie et  Egypte.  Damas  et  Jérusalem  ont  w*»//  j^, 
presque  wijj ;  le  Liban,  Beyroul  et,  chose  extra- 
ordinaire ,  l'Egypte  elle-même  ont  wauiiu  Jij ,  presque 

loiiuiu;  Alep  a  W9cc  ^3,  presque  wiéô  ou  wuèô;  la 
Mésopotamie,  wujg  (Socin,  Proverbes).  La  réparti- 
tion géographique  des  variantes  de  ce  mot  n'est  pas 
faite  pour  expliquer  la  manière  dont  elles  se  sont 
formées  ou  répandues  dans  les  provinces  conquises. 
Comment  en  effet  l'égyptien  qui  a  conservé  la  pronon- 
ciation dure  du  ^  peut-il  avoir  changé  M^y  et  probable- 


LE  DIALECTE  ARABE  DE  JÉRUSALEM.       219 

ment  même  *^^  en  ^^?  pourquoi  lebeyroutin  elle 

libanais  qiii  ont  la  prononciation  j  J  du  ^  se  sont-ils 
séparés  des  dialectes  de  Damas  et  de  Jérusalem  pour 
se  rapprocher  de  celui  d'Rgypte?  pourquoi  celui 
d'Alep  fait-il  bande  à  part ,  alors  que  celui  de  Mossoul 
paraît  être  d'accord  avec  celui  de  Damas  et  de  Jéru- 
salem ?  On  peut  risquer  l'hypothèse  suivante  :  les 
conquérants-arabes  auraient  importé  les  deux  formes  : 

^^  waddj  et  ^^  wotts    (ou   wdcc);    la  première,   la 

forme  J^ ,  aurait  gagné  Mossoul ,  Damas  et  Jérusalem , 
avec  changement  de  ^  clj  en  j  /  pour  ces  deux  der- 
nières villes;  la  forme  ^^  aurait  gagné  Alep,  la  côte 
de  Syrie  et  l'Egypte,  où  le  ^  des  mots  étrangers  est 
réguhèrement  remplacé  par  un  ^Ji.  Dans  la  forme 
^^,  l'assimilation  complexe  de  la  sonore  dj  en  la 
sourde  c  devant  la  sourde  h  est  facile  à  expliquer,  le 
dj  -\-h  donnant  d'abord  r  +  /i,  puis  c-|-c;  par  contre, 
celle  de  h  en  dj  est  une  assimilation  simple.  Une  reste 
plus  qu'à  retrouver  dans  les  dialectes  de  la  Syrie  no- 
made ,  du  Nadjd ,  du  Yaman  et  du  Hedjaz ,  les  formes 

^y  et  ^^ .  A  *^Omân  on  a  une  forme  très  spéciale  xdiuui 

jjkk ,  pi .  xiuûui  ^JiiyMÀ. ,  comme  en  Egypte  on  a  wamui 

(jùj,  pi.  wiiuiûui  ijiyi*^.  Beaucoup  de  dialectes  ont,  à 
côté  de  la  forme  vulgaire,  une  forme  savante  avec 
voyelle  u  ou  a  ;  Liban,  wdjh;hsic,  wujaJi,  wujh;  *0- 
mân,  wiigh,  etc. 

Dans  un  groupe  de  trois  consonnes  dont  les  deux 
premières  sont  une  consonne    redoublée,    comme 


220  SEPTEMBRE-OCTOBRE   1906. 

dans  dSZg^ ,  la  consonne  du  milieu  se  prononce  fai' 
blement;  on  pourrait  exprimer  ce  fait  dans  l'écriture 
ainsi  :  hihJhbkom  «  il  vous  aime  »  ;  quand  dans  la  pro- 
nonciation relâchée  la  consonne  redoublée  passe  du 
*>o  JUo  au  ouÀ^ ,  il  suffit  de  noter  cette  consonne 
non  redoublée ,  ainsi  bihèbkom;  remarquez  bi  et  non 
b'i,  ni  bï,  i  ayant  ici  une  quantité  intermédiaire  entre 
la  brève  et  la  longue  accentuée,  c'est  une  demi- 
longue. 

Des  voyelles.  —  L'auteur  a  négligé  de  nous  fixer 
sur  la  valeur  de  sa  notation  des  voyelles:  que  repré- 
sentent pour  lui  les  signes  à,  â,  i,  u?  Là  encore  la 
convention,  la  routine  et  la  préoccupation  orthogra- 
phique étouffent  l'esprit  critique.  Un  peu  de  défini- 
tion n'eût  pas  été  superflu  dans  la  phonétique  si 
importante  des  voyelles.  Lefatha  atteint  de  «)U!  com- 
porte deux  prononciations ,  celle  de  a  anglais  devant 
une  seule  consonne  et  celle  de  e  ouvert;  ces  deux  va- 
riétés de  *JUI,  l'une  légère  et  l'autre  forte,  sont  abso- 
lument distinctes,  et  sont  à  tort  confondues  sous  un 
signe  unique  à;  si  le  premier  a,  ou  fatha  avec  aIL*! 
léger,  seul  existe ,  et  que  ïe  ouvert ,  ou  fatha  avec  *iL»l 
fort ,  n'existe  pas ,  le  signe  â  est  mal  choisi  et  peut 
nous  égarer;  si  Ye  ouvert  existe,  nous  demandons 
pour  lui  un  signe  distinct;  pourquoi  écrire  bess 
«  assez  !  »  avec  le  signe  de  ïe  fermé,  alors  que  ce  mot 
se  prononce  avec  e  ouvert;  les  deux  voyelles  de  Lezkre 
représentent  certainement  deux  voyelles  différentes, 
confondues  à  tort  dans  l'écriture. 


LE  DIALECTE  ARABE   DE   JERUSALEM.       221 

Autour  de  l'a  normal ,  de  l'a  neutre ,  se  groupent 
un  a  grave,  emphatique,  a^  ou  a,  comme  dans  le 
français  jod^e,etun  a  clair,  a^  :  ce  dernier  comprend 
deux  nuances ,  l'une  voisine  du  a  du  mot  français 
patte  y  et  l'autre  celle  de  l'a  du  mot  anglais  man ,  ou 
fatha  avec*JUI  léger;  ces  deux  nuances  de  a^  sont  tel- 
lement voisines  que  ]'on  passe  aisément  de  l'une  à 
l'autre  et  qu'il  ne  paraît  pas  dans  l'usage  ordinaire  né- 
cessaire de  les  distinguer  dans  l'écriture.  On  a  donc  : 

a^  ou  a  mfàxxame,  comme  dans  battis,  lâb  oUo. 
a  ou  a  normal  ou  neutre,  comme  dans  'â/i  ^^, 

a^  ou  a  raqicfa,  comprenant  a  ouvert  du  français 
patte,  et  a  avec  aJUI  léger  de  l'anglais  man,  comme 

dans  sadd  »X*»,  tdb  c_>b\ 

enfin  le  fatha  avec  aJUI  fort  ou  e  ouvert ,  comme 

dans  dàj'b  et  nàm  (à  Beyrout),  pourrait  être  noté  à 
et  a;  et  e  qui  est  un  e  fermé  bref  à  la  fin  des  mots 
comme  hâdje  «  besoin,  assez  »,  satde  «  heureuse  w,  et 
long  dans  le  corps  des  mots  comme  dans  leltak  «  ta 
nuit  »,  où  é=  ay.  Mais  là  où  la  prononciation  passe 
aisément  de  Xe  ouvert  à  \e  fermé ,  la  notation  doit 
s'attacher  à  fixer  la  prononciation,  abstraction  faite 
de  l'étymologie  :  JLçt  se  prononcera  [djjmâH,  djmâl 
(avec  e  ouvert  long),  djmël  (avec  e  fermé  long), 
selon  les  dialectes,  et  les  deux  dernières  prononcia- 
tions seront  employées  par  le  même  individu. 

Les  trois  nuances  du  fatha,  a^,  a  neutre  et  a^ 
sont  encore  plus  faciles  à  saisir  dès  que  cette  voyelle 


222  SEPTEMBRE  OCTOBRE    lOOrt. 

est  nasalisée ,  comme  dans  hsà'^n  ij^t^^  «  cheval  »,  xâ'n 
iJà.  «  caravans«''rail,  hôtellerie»,  et '.wsâ'^n  ^jL^j! 
«  homme  »  ;  ces  trois  exemples  les  renferment  nasa- 
list'es  :  dans  le  premier  exemple  ô'  a  le  son  du  fran- 
çais an ,  dans  le  dernier  d*  a  le  son  du  français  in , 
n,  en,  (lin,  dans  le  deuxième  exemple  à  représente 
un  a  long  nasalisé  qui  n'est  ni  an  ni  in.  Un  système 
de  notation  de  l'arabe  devrait  noter  la  nasalisation 
qui  a  été  négligée  jusqu'ici  malgré  son  importance. 

De  m^^me  que  les  consonnes  de  ^tJ^sÀj,  de  jp**^  et 
les  consonnes  neutres  influencent  le  fatha  pour  le 
nuancer  en  a*,  a'  et  a  normal ,  de  même  les  deux 
consonnes  de  faiblesse ,  3  et  (^ ,  déteignent  sur  le  fa- 
tha et  le  nuancent  respectivement  en  0  et  en  r  (a -}^ 
u  =  0,  a-^i=e);  cette  dernière  modification  est 
connue  sous  le  nom   de  *IUI,   ainsi   appelée  parce 

cpi'elle  «  fait  pencher  »  le  'alef  y  ers  le  j'â,  c'est-à-dire  la 
voyelle  a  vers  le  son  i;  on  a  vu  que  le  *JUl  est  «  léger  » 

quand  l'a  prend  le  son  de  l'a  anglais  dans  man, 
comme  dans  lyâ^s  «  Élie  ■ ,  tel  qu'il  est  prononcé  par 
les  chrétiennes  d'Alep;  tandis  que  l'ds  «  le  myrte»  a 
l'a  nonnal ,  et  qu'il  est  «  fort  »  quand  il  prend  le  son 
de  Ve  ouvert  (comme  dans  le  français  mère  à  côté  de 
msitrem  )  et  dans  l'arabe  ktêb  «  livre  »  ;  il  devient  «  to- 
tal » ,  comme  à  Beyrout  dans  onydl  pour  iollà.  xay- 
yàt  {ay  devenu  i  par  les  intermédiaires  ey  ou  ei  et  ê), 
wàrdi  pour  wàrde  »:>^^  ;  l'a  atteint  de  *JUl  léger,  étant 

difïicile  à  rendre  à  cause  de  sa  ressemblance  avec  l'a 
oux'ert,  s'est  trouvé  confondu  dans  ma  notation  avec 


LE  DIALECTE  ARABE   DE  JÉRUSALEM.       223 
celui-ci  sous  le  siene  a^;  ïa  atteint  de  *JUî  fort  n'a 

pas  encore  de  signe  définitif  à  cause  de  l'incertitude 
qui  règne  dans  l'emploi  de  à  et  à;  quant  à  l'a  frappé 
de  *îLol  total,  il   n'y  a  aucune   difficulté    à  le  fixer 

dans  fécriture,  puisque  c'est  un  i.  —  L'a  teinté  de 
Il  dans  le  voisinage  d'un  ^  peut  être  rendu  par  un  o  : 

ainsi  ç;iy  peut  s'écrire  bowwâb,  sans  préjudice  des 
notations  hawwâb  et  baunâh,  selon  que  l'on  perçoit 
l'une  de  ces  trois  prononciations;  dans  certains  cas 
a^  devient  o  sans  la  présence  d'un  ^,  comme  dans 
mordd^n  à  côté  de  ma-rda^n.  L'emploi  du  signe  â 
pour  rendre  un  a  prononcé  o  n'aurait  qu'une  valeur 
étymologique,  et  pour  cette  raison  et  aussi  pour  la 
raison  que  ce  signe  est  composé ,  et  qu'un  signe  com^ 
posé  destiné  à  l'expression  d'un  son  simple  doit  être 
évité,  il  doit  être  rejeté;  de  même  pour  rendre  Ve 
ouvert,  un  signe  plus  simple  que  d  ou  a  devrait 
être  créé;  d  et  a  (ouâ)  pourraient  servir  à  rendre 
respectivement  un  a  teinté  d'o  et  un  a  teinté  d'e;  mais 
l'a  devenu  o  et  l'a  devenu  e  devront  toujours  être 
rendus  par  o  et  par  e. 

Le  dialecte  de  Jérusalem ,  comme  ceux  de  Damas 
et  d'Alep,  prononce  la  voyelle  de  la  terminaison  du 
féminin  singulier  comme  un  e  fermé  et  bref,  quand 
elle  n'est  pas  un  a;  par  contre  celui  de  la  Palestine 
du  Nord  a,  par  suite  de  «JUl  total,  converti  cette 

voyelle  finale  en  i,  comme  dans  le  dialecte  de  Bey- 
rout;  ainsi  à  Jérusalem,  Damas  et  Alep,  a^^  se  dit 
méke  «  une  épine  »,   à  Beyrout  màwki.  Cette  parti- 


224  SEPTEMBRE. OCTOBRE  1906. 

cularité  a  son  importance  dans  la  division  de  la  Sy- 
rie, sous  le  rapport  dialectologique ,  en  deux  groupes  : 
celui  de  l'intérieur,  et  celui  du  littoral. 

P.  8,  hàda  hàdi  «  hic,  haîc  »  sont  des  erreurs  pour 
hà^da  et  M^di;  ces  pronoms  ont  partout  la  longue, 
sauf  au  Liban  et  à  Beyrout,  où  elle  est  remplacée 
par  une  diphtongue  :  ainsi  hùyda  et  hûydi,  comme 
hayt  oy^  y  est  pour  hât  v=»L& ,  «  apporte  ■  et  hayk  Ju^ 
«  ainsi  »  pour  'hâk  JU  qui  est  dans  toute  la  Syrie 
changé  en  hêk.  —  Moi  et  maije  (à  corriger  sans 
doute  en  mway  et  mwayye  «de  l'eau,  eau  »)  sont  le 
diminutif  de  mâj<^U  pour  ma*  *L«  et  signifient  pro- 
prement «  un  peu  d'eau  >.  Dans  milah  (lire  màlt}i) 
M  sel  » ,  la  voyelle  furtive  n'est  là  que  par  euphonie  et 
pour  alléger  la  prononciation  du  groupe  des  deux 
consonnes  finales  que  la  chute  de  l' v];*'  ^  privées 

de  voyelle ,  elle  n'a  donc  rien  de  commun  avec  le 
son  qui  précède  le  A  ^  dans  n'A  «  vent  »,  (fahi'h  «  laid , 
vilain  ».  L'importance  donnée  par  l'auteur  à  la 
voyelle  euphonique  des  groupes  de  deux  consonnes 
à  la  fin  de  certains  mots  tels  quefunin,  tihin,  dénote 
pour  Jérusalem  une  prononciation  très  relâchée, 
tandis  que  pour  Alep  on  aurait  f9^r»n,  td^btn;  par 
contre ,  les  notations  il'nd's ,  chab'z ,  kàtdb't  des  mots 
jj-*>âJl ,  -yxÀ. ,  oyjc^ ,  qui  à  la  différence  des  deux  pre- 
miers exemples  ne  se  terminent  pas  par  n,  donnent 
lieu  de  douter  que  des  mots  comme  ^aj  ,  ^J»\ ,  JJL> , 

y^  soient  devenus  des  dissyllabes,  tibin,  'ibin,  na'al, 
bal}ar,  comme  on  les  trouve  à  tort  transcrits  dans 


LE  DIALECTE  ARABE   DE   JERUSALEM.       225 

divers  auteurs  :  Bauer  est  beaucoup  plus  dans  le 
vrai  (p.  5  de  son  Lehrbuch,  iSg'j)  en  écrivant  ib'n, 
tib'n,  chub's  «pain  »,  balfr. 

La  voyelle  de  ^i  «  le  pèlerin  »  s'est  abrégée ,  on 
dit  iflhajj  qui  signifie  aussi  «  le  pèlerinage  »  ;  de  même 

dans  (Iv^M  uiabb   pour   çiU.    «jeune    homme»;    par 

contre,  d'après  l'auteur,  celle  de  *5b  dàbbe  s'est 
maintenue   longue,    ce  même   mot  a  conservé  au 

pluriel  la  voyelle  longue  avec  le  tachdid  du  <_>  :  clî^i 

dawâbb,  tandis  qu'à  Alep  on  a  »ji>  dàbbe  au  singulier 
et  cjtjà  dawàb  au  pluriel.  H  y  a  quelques  autres 
exemples  de  l'abrègenient  de  la  voyelle  d'un  JcU  ^1  : 

liét  kxa.  qui  est  pour  laSL».  *haet,  par  les  intermé- 
diaires *liâyet  et  hayt  qui  se  dit  sur  la  côte;  térjAs 

«oiseau,  pigeon»  pour^jlb,  sur  la  côte  tayr;  "ele 
xUfi  «  famille  composée  de  la  femme  et  des  enfants  » 

pour  aXjIc,  parles  intermédiaires 'âj?e  et  '^ajle. 

Le  u  final  à  la  3'  et  2"  pers.  du  pluriel  des  verbes 
n'est  pas  long  :  liàtabu  yaktbu ,  ainsi  que  le  reconnaît 
le  D*"  Lôhr,  et  l'û  long  final  indique  la  présence  du 
suffixe  de  la  ^^  pers.  sing,  masc.  :  ainsi  bilau  (et 
non  bibiû)  «ils  le  vendent»,  qui  est  pour  bib'uih 
&^xjuui3 ,  avec  premier  i  entre  bref  et  long  ;  l'u  final 
du  pluriel  s'allonge  aussi  par  l'adjonction  d'un  encli- 
tique :  qàlulna  «  ils  nous  dirent  ».  On  aurait  pu  en 
dire  autant  de  la  désinence  i  du  féminin  :  ainsi  qàlti 
«  tu  as  dit  M ,  cfdlti  et  qdltih  «  tu  l'as  dit  » ,  (jdlttyon,  qdlti- 
hon  «  tu  les  as  dits  ».  De  même  avec  les  voyelles  fi- 


2S6  SEPTEMBRE-OCTOBRE   1006. 

nales  des  noms,  lorsque  ceux-ci  s'a  (Fixent  un  encli- 
tique ;  mJfa  \xi*  «  guérison  >»,  luêfà-yi,  -1i,-ki,  -k,  -ha, 
-na,  -kum ,  -hum  «  ma,  ta,  etc.  guérison  ». 

A  Jéru&aiem ,  d  devant  un  j  tend  à  s'abréger  en  a 
pour  former  la  diphtongue,  m  :  ainsi  v^U-  jauah, 
AÎjLb  louh'  [nuis  à  Alrp  djàwah  «il  a  répondu», 
làwlc  «  table  »). 

On  a  vu  que  aw  yL  devient  Ô  ^iivy  4^—  devient  ù 
comme  à  Damas,  Alep,  en  Kgypte  et  dans  les  dia- 
lectes de»  nomades;  mais  quand  le  ^  ou  le  ^  sont 
frappés  de  OoiXâmJ  lu  diphtongue  persiste  en  générid  ; 
exemple  :  jÇl  *awwal  ou  *aawal,  'owwal,  aI^  hàyye 

«  serpent  » ,  ocayyâi  ^11^  ;  à  la  syllabe  finale  le  ^,y^ 
se  fait  percevoir  difficilement  :  ainsi  naw  «  tempête  », 
daw  «  lumière  »,  jaû;  «  atmosphère  »,  fc^  «  ombre  », 
«^  «  crû  >' ,  qu'on  pourrait  aussi  bien  écrire  noir , 
dow,  jôw,  fey,  ney;  là  où  la  dernière  radicale  était 
primitivement  un  hamze ,  elle  s'est  aisimilée  au  5  ou 
au  (^  précédent ,  comme  on  le  voit  par  cet  exemples. 

A  Beyrout,  les  mots  du  type  IoIIl.  ont  changé  ayy 
«•n  /y  par  les  intermédiaires  âiy  et  iy  :  ainsi  xiy&i, 
siyâd,  b'tya. 

Morpholoffie.  —  Il  faut  rétablir  ainsi  la  série  des 
pronoms  personnels  isolés  :  Aô  «  il  »,  ht  «  elle  »,  'ànl 
«  tu  »  masc. ,  'ènti  «  tu  »  fém. ,  'àna  «  je,  moi  »  ;  pi. , 
'àhna  «  nous  » ,  'éntu  •  vous  » ,  kAm  «  ils ,  elles ,  eux  » , 
et  y  ajouter  les  formes  allongée*  employées  à  la 
pause  :  'ente  «  toi  »,  hàwe  «  lui  »,  hfye  «  elle  »,  hèmw 


LE  DIALECTE  ARABE   DE  JERUSALEM.       227 

«  eux  »  (et  aussi  hàmme  d'après  le  P.  Fourrière)  :  ainsi 
l'on  dit  mtii  'onte,  et  non  min  'dnt,  »  qui  es-tu?  »;  cf. 
aussi  la  formule  bien  connue  où  le  conteur  s'adresse 
à  son  auditeur  :  Ajciî  U«  lj.X<u»<  L  yà  stdna  mèUa  (=  ma 
'alla)  'ànte,  et  non  'ànt,  à  cause  de  la  pause. 

Le  pronom  sulïixe  de  la  3"  pers.  sing.  masc.  est 
généralement  -o  après  une  consonne ,  en  Syrie  :  mà'u 
«  avec  lui  »  ;  mais  à  Jérusalem  cet  o  s'obscurcit  en  un 
son  intermédiaire  entre  o  et  a;  après  une  voyelle  il 
est-/i  :  \ihuli  «  son  père  ».  Celui  du  fém.  est  -a  après 
une  consonne  :  jéza  «  son  mari  »  et  -ha  après  une 
voyelle  :  'ahùha.  —  Le  *  final  des  2*  et  3*  pers.  pi. 
ne  se  change  pas  en  (j ,  comme  c'est  généralement  le 
cas  en  Syrie. 

P.  12,  sur  l'accentuation  incorrecte  des  noms  et 
verbes  qui  s'adjoignent  les  pronoms  suffixes,  voir 
plus  haut ,  page  216. 

Le  mot  possessif  tàha  xjS  joue  en  Syrie  le  même 
rôle  que  ^U;  en  Egypte ,  ç-bo*  au  Maghreb ,  JU  et  (^ 
chez  les  Arabes  de  fEst;  à  Alep  on  cUt  oddjafpm 
tahdi  (^u3  u*«.'  «  l'âne  qui  est  à  moi  » ,  à  Jérusalem 
alhmcir  tabai.  M.  Lôhr  orthographie  à  tort  taba  ^Li", 
égaré  par  l'étyraologie  qui  dérive ,  sans  preuves  suffi- 
santes, ce  mot  de  f égyptien  ^U^ .  A  Alep,  à  Beyrout, 
on  dit  taba  ^,  à  Jérusalem  aussi,  voir  Modem 
arable  taies,  p.  vv,  1.  1 ,  et  p.  ir,  1.  2  1 .  —  Un  autre 
nom  possessif,  met-  o^-i ,  qui  est  pour  màyyet-  «  la 
chose  de,  le  bien  de,  appartenant  à  »,  a  un  pluriel 
qu'on  trouve  écrit  cy^-i*  et  ^ytt^  dans  ces  contes, 


228  SEPTEMBHE-OCTOURE  1906. 

p.  l'F ,  1.  1 7  :  IàS^a^  Jhh^^  «^  «  li^  (^6s  selles)  sur  les 
chevaux  nous  appartenant»;  p.  i,  1.  6  :  oJjS  l»! 
jLj'L>  o»^  wjdlyj)  «  c'est  moi  qui  ai  tué  les  gardiens 
(«=  eunuques)  de  tes  filles  »;  p.  «•  :  ^.yJt  cy^  U^b' 
«  ses  effets  de  sommeil ,  c'est-à-dire  son  costume  de 
nuit»;  p.  Il***,  1.  a 3  :  (j«*4î'  o»^  ^1^1  «des  effets 
d'habillement  ». 

P.  1 3,  hÂda  •  celui-ci  »  et  hàdi  «  celle-ci  »  doivent 
avoir  la  longue  sur  hd;  pour  le  pi.  hddél  «  ceux-ci  », 
que  l'auteur  écrit  hiidôl,  on  peut  expliquer  la  perte 
de  la  longue  par  l'allongement  de  la  dernière  syllabe 
et  le  déplacement  de  l'accent,  comme  cela  a  lieu 
dans  hadàk  «  celui-là  >• ,  hadtk  •<  celle-là  »,  et  à  plus 
forte  raison  dans  hadôlàk,  où  la  syllabe  ha  est 
plus  éloignée  encore  de  la  syllabe  accentuée. 

L'emploi  de  l'adjectif  démonstratif  ha  devant  un 
nom  précédé  de  l'article,  par  ex.  :  halbêl  «cette 
maison  »,  est  encore  une  preuve  que  le  dialecte  de 
Jérusalem  n'a  rien  de  commun  avec  celui  d'Egypte  : 
d'ailleurs  la  phonétique  et  la  morphologie  prouvent 
que  nous  avons  affaire  à  un  dialecte  syrien. 

P.  1 4,  'àyya  «  quel?  »  invariable  au  lieu  du  'éna, 
'âyna  Ls»l  du  reste  de  la  Syrie,  parait  être  une  com- 
binaison  du  <^l  arabe  et  du  'âyna  syriaque. 

m  (lire^  mu)  «  quoi.»^  »  n'a  pas  les  mêmes  emplois 
que  'ém  ji^l  ;  il  est  formé ,  comme  le  'àmuiû.  yi*\ 
d'Alep ,  de  *êwi  abrégé  en  'dm  et  de  /lû  yft  ;  ainsi  jS»jI 
^  sous  la   forme  abrégée  ^  jfcl  litt.  «  qu'est-ce  P  » 


LE   DIALECTE   ARABE   DE   JERUSALEM.      229 

a  assimilé  son  »  à  jji;  cf.  ^<^  wdéè  et  ^^  wdjj  et  qSsj 
wduiui  pour  »^^  «  visage  » ,  qui  ont  assimilé  aussi 
leur   i   après    une  chuintante;    mais,   tandis   qu'à 

Alep  l'accent  dans  ^1  pour  y^jïio'  est  resté  sur  la 
première  syllabe,  sur  la  particule  interrogative ,  à 
Beyrout ,  Jérusalem  et  Damas ,  au  contraire ,  l'accent 
s'est  reporté  sur  la  dernière  syllabe ,  qui  est  le  pro- 
nom yi>  à  sens  verbal.  Le-  sens  primitif  de  ce  mot  est 
«  qii'est-ce?  »  qu'il  a  conservé  à  Alep;  même  à  Bey- 
rout, Jérusalem  et  Damas,  le  motyi  mu  ne  signifie 
«  quoi?  ))  que  dans  les  cas  où  on  peut  le  traduire  par 
«qu'est-ce?  qu'est-ce  que?»;  dans  les  autres  cas, 
pai'  exemple  après  une  préposition ,  «  quoi  »  se  rend 

par  'éiu,  \iym  jijt;  exemples  :  JjXXiyî»  ma  batcjul 
«qu'est-ce  que  tu  dis?»,  *Ai_^  wii  fih  «qu'est-ce 
qu'il  y  a?  »,  viU^  ma  hak  «  qu'est-ce  que  tu  as?  », 
mu  hàda  «qu'est-ce  ceci?  qu'est-ce  que  c'est?»,  lad 
halhàki  «qu'est-ce  que  ce  langage?»,  mu  'àsmo 
«  qu'est-ce  que  son  nom,  c.-à-d.  quel  est  son  nom?  ». 
Mais  aux  cas  obliques,  y«  est  remplacé  par  ^jiio!  : 
ainsi  ^ala  'ém  olkalàm  «  de  quoi  s'agit-il?  »,  bi  'êm  ou 
'^an   'ém    htàftdker  (alias  ji  'ém  htdftdlier)    «à    quoi 

penses-tu?»;  on  dit  (jadd-êm  jûo^xi  pour  qadd  'ém 
jfcoî  *XJi  «  autant  que  quoi?  à  la  mesure  de  quoi?  » 
et  non  qadd  mû  ^  *>o  ;  on  dit  lém  et  laëm  «  pour- 
quoi? »  et  non  la-mû. 

On  sait  que  jioî  est  l'interrogatif  usité  dans  les 
pays  de  conquête ,  de  préférence  à  U  ce  quoi  ?  »  qui  est 


230  SEPTEMBRE-OCTOBRE   ItOÔ. 

dun  usage  plus  restreint  :  il  est  évidemment  formé 

fie  *^w^ï,  qui  devait  avoir  l'accent  sur  la  particule 
interrogative  :  *ây}'-chayy,  de  sorte  que  ^>^^it  est  deve- 
nu un  simple  enclitique  et  s'est  réduit  à  un  ^,  oornme 
dans  ji^  mnm  «  oe  n*est  pas  »  pour  '^J^^  oompoaé 
lui-Miéme  dùy^^jjfX*  et  de  la  particule  ^yi«*»*^w. 
'étu  «  quoiP  »  est  un  des  raines  exemples  de  -ayy  con- 
traclé  en  ê  par  rinlermédiaire  de  r{iiy  et  ^êy,  au 
même  titre  que  sèd  devenu  Jki- et  met  «  chose  de  ». 

Le  mot  itfll  ^  •—  'iw  -\-  hà  est  un  exemple  du 
d^ac-ement  de  laeoent  de  la  syllabe  interrogative 

sur  le  mot  déterminant;  ainsi  à  Alep  mcjadd  *xli# 
<«  combien  »  est  pour  'êiu  -f-  (jadd  qui  est  la  l'orme 
inverse  de  ifaddéw  jm,>«M  =»  </a<M4- ^^;  et  aussi 
mUm  (^^  «  comment  ■  mm  'èm  -f-  lùn,  litt.  ■  à  la  ma- 
nière de  quoi!*»;  niôpie  déplacement  de  l'açeent 
dans  le  français  combien?  comment?  et  le  persan 
mn  ^Jy^  «=  ci  -j-  gân,  litt,  «  à  la  manière  de  ({uoi?  ». 

Si  l'arabe  litéral  1^  «combien.^»  est  composé  de 
ha  -\^  ma  «comme  quoi?»,  on  remarquera  qtié 
l'accent  du  mot  n'occupe  pas  la  particule  interroga- 
tive. 

P.  i5,   isi  (lire  'àtui  (^l)  «  chose  »,  pour  *^,  est 

un  curieux  exemple  de  la  pmssance  du  principe  de 
tr^ittéraiité  de  la  iangue  vivar^. 

P.  16.  Conjugaison.  —  Les  verbes  sains  dont  le 
passé  ((5-3UI)  est  vocalise  d'après  le  wazr»  jfa'a/  J*i 
ont  kl  3*  pers,  fém.  sing.  entièrement  vocalisée  oJU*  : 


LE   DIALECTE   ARABE   1>E  JÉRI  SALEM.      231 

kàtàbàt  «  elle  écrivit  » ,  tandis  que  ceux  du  wazn  Jxi 

JiHl  [lire  fè^el)  suppriment  la  voyelle  de  la  2^  radicale 

et  font  oJJii  :  fihmit  «  elle  comprit  »,  Mtq  fàhmet. 

L'aoriste  (a^LaXI)  sans  t^,  est  l'aoriste  subjonctif 
de  la  langue  vivante ,  tandis  que  l'aoriste  avec  y  en 
est  l'aoriste  indicatif.  —  A  l'aoriste  sans  y,  la 
l'^'^pers.  sing,  a  pour  préformante  un  hamze  vocalisé 

en  a  :  ainsi  'àktob  <_^l  (  Lôhr  écrit  aktiih  )  ;  aux  autres 
personnes  la  voyelle  est  j.  Pourquoi?  la  conserva- 
tion de  la  voyelle  de  la  1"  père.  sing.  a  une  impor- 
tance morphologique,  le  hamze  étant  considéré 
comme  trop  fragile  ou  comme  insuffisant  pour 
caractériser  cette  personne,  tandis  que  les  autres 
personnes  sont  assez  caractérisées  par  la  consonnt', 
de  leur  préformante  sans  que  la  fixité  de  la  voyelle 
garde  une  réelle  importance.  A  Jérusalem,  à  Alep,  on 
dira  bèddi  'àktob  «je  veux  écrire,  il  faut  cpie  j'écrive  », 
mais  à  Beyrout  :  bàddi  oktob.  —  A  l'aoriste  avec  t->,  la 
rencontre  de  cette  consonne  b  et  des  préformantes 
des  personnes  a  amené  quelques  modifications  :  la 
chute  complète  du  ^^  dans  le  préf.  yd-  de  la  3°  pers. 
sing.  masc.  et  de  la  3"  pers  plur.  des  deux  genres , 
quand  ce  ye  serait  suivi  de  deux  consonnes  ;  ainsi  au 
lieu  de  b  -{-yaktob  au  sing.  et  de  b  -\-ydktbu  au  plur., 
on  dit  bJ)kt()b  «  il  écrira  »  et  bèktbu  «  ils  écriront  » ,  de 
même  à  Alep  ;  mais  à  Beyrout  et  Damas ,  les  formes 
byàktob  et  byàktbii  sont  usitées  sans  modifications.  A 
la  \'"'  pers.  sing.,  b  -\-  aktoh  donne  bdktnh  sans  kamze 
ti  j  écrirai  » ,   à  iérusalem  et  à   Vlep ,  mais  à  Beyrout 


232  SEPTEMBRE-OCTOBRE   1906. 

et  à  Damas  :  bàktnh  ;  d'autre  part  la  3*  pers.  masc.  étant 
hyôktnb  ii  Beyrout  et  non  hôktob,  on  comprend  que 
la  confusion  n'était  pas  possible  entre  la  3*  pers.  et  la 
i"  pers.  sing.  —  A  la  i"  pers.  plur.  la  rencontre 
du  préfixe  4_»  et  de  la  préformante  ^J  n'a  donné  lieu 
à  aucune  modification  :  biwhtab  «  nous  écrivons  >• , 
mais  à  Alep  à  côté  de  cette  forme  on  a  mniUtob  avec 
assimilation  partielle  de  c^  à  p  sous  l'influence  de  la 
nasale  ^;  et  à  Beyrout  on  n'emploie  que  mnJktob. 

L'impératif  a  au  sing.  :  'àkteb  et  'Jktob  pour  le 
masc.,  et  'oktohi  pour  le  fém.;  au  pi.  :  'okubu;  les 
autres  dialectes  de  Syrie  et  de  Palestine  ont  à  côté 
de  cette  forme  d'impératif  une  forme  sans  hamze  ini- 
tial et  avec  allongement  de  la  voyelle  radicale  au 
masc.  sing.  :  ktôb  «  écris  »,  ms'ik  (à  Alep  msék)  «  sai- 
sis »  ;  il  est  une  formule  qui  en  réunit  quatre ,  ainsi  : 
kôl  «  mange  »,  wràb  «  bois  »,  Ibés  «  habille-toi  »,  Jlês 
«  fais  faillite  » ,  qu'on  pourrait  orthographier  ainsi  : 

tjJiii    jjr-Û    t->\^    S^' 

Les  verbes  qui  sont  du  wazn  JJii  pour  le  passé, 
se  subdivisent  en  trois  wazn  différents  pour  l'aoriste  : 
x^fà'al  y;fol,  1^  fiUlyjfe],  3"  fà'al  yhfaL  Ceux 
du  premier  paraissent  être  les  plus  nombreux;  ceux 
du  deuxième  sont  surtout  des  verbes  de  la  forme 

J*i>  Ji»!   qui  ont  perdu  dans  la  langue  vivante  le 

hamze  caractéristique  de  la  IV  *  forme.  (Certains  verbes 
appartiennent  à  deux  wazn  différents.  D'autres  va- 
rient de  wazn  d'un  dialecte  à  l'autre.  L'aoriste  en  e 
(•=  ancien  kasra)  est  plus  fréquent  à  Alep  chez  les 


LR   DIALECTE   ARABE   DE  JERUSALEM.      233 

nomades  que  chez  les  hadar  :  ceux-ci  préfèrent  l'ao- 
riste en  o;  de  même  dans  les  noms  à  la  dernière 
syllabe  quand  elle  est  fermée  :  ainsi  hàsrom  «  verjus  » 
à  Alep,  hèsrem  chez  les  Arabes.  A  Jérusalem,  con- 
trairement à  l'usage  d'Alep,  on  paraît  préférer  la 
voyelle  e  fermé  que  malheureusement  l'auteur  per- 
siste à  rendre  par  i  :  ainsi  \ïzam  ydzem,  «  inviter  » , 
joàtam  yàxtem  «  sceller,  cacheter  » ,  %zar  ydzer  «  excu- 
ser » ,  liàsah  yèhseb  «  calculer  » ,  nàkar  yànker  «  nier  » , 
sàraq  yèsreq  «  voler  ». 

Les  verbes  dont  le  passé  est  vocalisé  avec  deux 
kasra  ont  soit  a  soit  i  (lisez  e  fermé)  à  l'aoriste,  d'où 
deux  wazn  :  i°  fè^el yàf^al ,  ceux-ci  sont  les  plus  nom- 
breux; 0.°  fdelyàfel.  La  vocalisation  systématique- 
ment uniforme  suivie  par  l'auteur  n'a  qu'un  intérêt 
théorique,  car  dans  la  pratique  personne  ne  pro- 
nonce mirid  siih  wisil  tili  dihik  hidir,  parce  que  :  i °  la 
présence  d'une  emphatique  sulfit  pour  assourdir 
toutes  les  voyelles  d'un  mot,  le  i  comme  le  a;  2°  une 
voyelle  intérieure  tend  à  s'abréger  et  par  conséquent 
à  perdre  la  netteté  de  son  timbre,  ainsi  le  hasra  se 
dégradera  en  a;  3°  un  i  bref  dans  une  syilabe  finale 
fermée  passera  à  Ye  fermé.  Conclusion  :  ces  verbes 
doivent  être  prononcés  :  mà^red,  sè^'^eb,  wè'^sel  et 
wàsel,  tdHe,  dèVicJî  et  hè^der. 

Les  verbes  ô^  et  Ji  seraient  à  Jérusalem  Hrif  et 
''imil  (lire  Mref  et  \îmel)  au  passé,  et  jirif  et  jimàl 
(lire  yd'ref  et  yè^maH)  à  l'aoriste;  mais  à  Beyrout, 
Alep ,  etc. ,  ils  ont  la  voyelle  a  au  préfixe  de  l'aoriste  : 
yaref,  yamel. 


SM  SKPTKMBRKOCTOBRE  1006. 

P.  a  a .  Quand  un  mot  est  procédé  de  la  négation 
iâ  ou  Wiô,  ce  serait  ce  mot  au  lieu  dv  ia  négation  qui 
porterait  l'accent  :  id  tisrit^  «  ne  voie  pas  »,  et  l'addition 
du  ^Ji,  qui  est  le  complément  de  la  négation  coiVinie 
pas  l'est  de  ne  en  français,  ne  modifierait  pas  l'accent 
du  >erbe  :  là  tish(j*i.  Ce»  règle»,  que  l'auteur  ne 
formule  pas  mais  qui  diVoulent  des  exemples  qu'il 
donne ,  sont  en  contradiction  avec  les  fiiits  :  il  amvit 
fallu  accentuer  ià  ti.sriq  et  là  tisrit^'i;  d'ailleurs  il 
accentue  md  katàbs  «  il  n  a  pas  écrit  »,  puis  par  une 
inconséquence  singulière  md  bàktnbs  «  je  n'écris  pas  » 
là  tnâmà.^  «  ne  dormcE  pas»  (p.  uS)  et  md  'indés  «il 
n'a  pas»,  mû  'indii,  ma  mâL*ti,  md-it^  «  je  n'ai  |>as  >• 
(p.  86 )«  et  md  daràbtnis  «  tu  ne  m'as  pas  frappé  ».  il 
règne  ici  un  véritable  chaos.  Peut-on  admettre  une 
forme  comme  md  clnmbùnis  «  ils  ne  m'ont  pas  frap- 
pé »?  De  deux  choses  l'une  :  ou  l'on  dit  md  darabinis 
avec  fi  long  et  accentué  et  i  atone  et  moins  long  que 
â,  ou  bien  ma  éarabànis  avec  î  long  et  accentué  et  û 
précédent  atone  et  un  peu  moins  long  que  i. 

La  voyelle  u  de  la  négation  miLs  [^matu  jSm»)  est 
généralement  considérée  comm»*  brève.  Cette  néga- 
tion n'est  pas  usitée  à  Alep  où  Ton  dit  mû  y  et  înàhii 
yftU  :  mais,  fait  curieux  à  noter,  un  hàlabi  qui  emploie 
le  mot  muiu  ^j*J  le  prononce  mûui  ^Jiy.  —  Lt'  y 
parasite  cpii  s'est  introduit  dans  les  formes  mânah 
mdnek  mânham,  qui  s'emploient  au  lieu  de  *md  -^  h, 
'md  -j-  ki,  *md  -\-  hum  ,  s'est  dégagé  de  la  forme  mdni 
jU  «  je  ne  suis  pas  » ,  sous  l'influence  d'une  fausse 


LE   DIALECTE  ARABE  DE  JERUSALEM.      235 

étymologie  :  en  entendant  mâni  on  l'a  divisé  par  la 
pensée,  non  pas  en  mâ-f-m,  mais  en  man-\-i,  en 
prenant  cet  -i  pour  le  suffixe  possessif  des  noms 
comme  dans  ktdb-i  a  mon  livre  » ,  tandis  qu'en  vérité 
mâni  est  composé  de  la  négation  U  et  du  suffixe 
personne]  régime  -ni  ^,  la  négation  s'étant  attribué 
la  force  verbale  ;  on  a  créé  ainsi  un  nouveau  radical 
mân,  d'où  sont  sorties  d'abord  les  formes  précitées 
mân-ak,  -ek,  -hum,  puis  les  formes  mân-nak,  etc., 
avec  n  redondant. 

Le  nom  auxiliaire  des  verbes  au  présent  '^ammâl 
s'annexe,  paraît-il,  les  pronoms  suffixes  :  ana'^ammâli 
aktub,  int  'ammâlak  tuktub  :  je  ne  pense  pas  que 
cette  bizarrerie  se  retrouve  dans  d'autres  dialectes. 

A  signaler  les  infinitifs  du  wazn  ^^!^  des  verbes 
ûy:^]  :  1°  dawabàn,  dawaxân,  rawahân,  des  verbes 
concaves  par  3  dâb  «  se  fondre  » ,  dâx  «  avoir  le  ver- 
tige »,  dàr  a  se  tourner  »,  râh  «  s'en  aller  »;  ?."  dayaàn, 
fayaqàn,  jayabdn,  tayarân,  gayabân,  des  verbes  con- 
caves par  i£  da  n  se  perdre  »,  fâq  «  s'éveiller  » ,  jàb 
«  apporter  »,  tàr  «  s'envoler  »,  gàb  «  s'absenter  ».  Ce 
type   d  infinitif  se  trouve  aussi  dans  les  verbes  dits 

|.5\)l  Juùco  ou  jjaSb  :  harayàn,  gafayàn,  galayân, 
sahayân,  mafayàn,  siwân,  de  hàra  «  user  »,  gàfi  «  s'en- 
dormir »,  gèli  «  faire  cuire  »,  sàlii  «  se  rassénérer  (le 
temps)  »,  uiàji  «  se  guérir  »,  sèwi  «  valoir  ». 

La  conjugaison  des  verbes  *UJ!  3><y«  présente  à 
l'aoriste  une  particularité  propre  au  dialecte  de  Jéru- 
salem :  le  changement   de  à  en  ô;  ainsi  'àkal  fait 


230  SEPTEMBRK-OCTOBKE    1900. 

yékal  «  il  mangera  »  et  à  l'aoriste  avec  i_»  bôkal;  'àxad 
fmt  yéccml  «il  pn>ndra»,  tandis  qu'aillpurs,  notam- 
ment à  Alep ,  on  «lit  plus  ré«j:ulièrempnt  yàkol  et  hyà- 
hol ,  yàxod  et  byàxod;  mais  à  la  impers,  sinp.  'ohil  et 
bûhil  {sic),  au  lieu  de  'àkol  et  hàkol. 

,  Les  deux  verbes  «  mediae  a  »  c'est-à-dire  (jx*Ji  j>«v^ 
sont  sa  al,  aoriste  yis*al  «  interroger  »,  et  ytes,  aoriste 
yfas  «  désespérer  ».  Le  ly  liôhr  les  ortho^rraphie  snnl 
jisaletjiisjias,  sans  hamzc! 

P.  ho.  C'est  une  faute  que  d'écriro  mratiayîn , 
mrattayât ,  car  si  Yà  du  singulier  m^attâyc  s'est 
abrégé  en  perdant  l'accent  au  pluriel,  il  n'est  pas 
devenu  entièrement  bref;  il  faut  «'crire  mgnUâyin 
«couverts»  et  mgaltàyàt  «couvertes»,  en  faisant 
remarquer  que  c^t  à  est  moins  long  que  le  t  ou  le  d 
qui  le  suit;  fabrègement  total  du  premier  a  du 
démonstratif  Mda  hàdi  dans  hadàh  et  hadtk  est  une 
exception  à  une  règle  qui  n'a  pas  encore  été  formulée. 

P.  4i.  La  forme  J*à3  conserve  la  voyelle  du  ca 
au  passé  :  taféTcd,  qu'on  élide  ailleurs,  à  Alep  et 
Beyrout  ifêTal.  A  relever  la  bizarrerie  de  fortho- 
graphe  tàmàssat  «  se  peigner  »  ;  si  â  =  a^  ,iet  doit  être 
devenu  t. 

P.  43.  Les  verbes  concaves  de  la  fonne  J*!*  et 

JxL*3  abrègent  la  voyelle  du  ô  :  ainsi  /aaafe,  tauab  et 
tàtauab,  saimr,  daian;  mais  à  Alep  elle  est  maintenue  : 
djâwab  v^'^  "  répondre  à  »,  sttâwab  v^Ia}  «  bâiller  », 
inàwar y^iit  «  consulter  »,  dAyan^^\dài<  durer  (étoile)  », 
ce  dernier  verbe  est  emprunté  au  turc. 


LE  DIAEÏCTE  ARABE  DE  JERUSALEM.     237 

P.  lih.  L'auteur  a  confondu  làqa  4^  «trouver» 
et  làcja  ^»y  «  aller  à  la  rencontre  de,  au-devant  de  », 
ces  deux  verbes  se  confondent  à  faoriste  seulement  ; 
le  verbe  signifiant  «  trouver  »  suit  la  I"  forme  au  passé 

et  la  IIP  à  l'aoriste  :  làqa  ^ ,  aoriste  ilàcji  ^U>. 

P.  48.   Dans   le   verbe   9ttâka1 ,    aoriste  yattdkal 

JS^Iaj  ,  participe  niditâkel  JSlx*  «  être  mangeable  » , 
l'allongement  de  la  voyelle  de  la  première  radicale  â 
paraît  être  dû  à  un  compromis  entre  le  syriacjue  et 
i'arabe;  ce  verbe  ne  s'emploie  qu'à  l'aoriste  et  au 
temps  qui  en  dérive,  le  participe  ;  de  même  de  ottdxad; 
on  dit  battàkal  «  c'est  mangeable  » ,  et  ma  bdttdxad  l» 

<>ji^uô  «il  n'est  pas  répréhensible  »  ;  si  ce  dernier 
mot  était  purement  arabe  on  aurait  dit  à  l'aoriste  hot- 

tèxed   et  jdttàxed    *><ics>  =  ar.    1.    «Xsjo.    Ces   deux 

verbes  sont  usités  en  Syrie  et  en  Egypte.  —  L'au- 
teur aurait  bien  dû  nous  renseigner  sur  la  position 
de  l'accent  dans  les  verbes  de  la  VHP  forme  de  son 
dialecte. 

P.  62.  A  signaler  les  deux  verbes  dstànna  «  at- 
tendre »  et  astràyyah  «  se  reposer  »  résultant  de  la 
combinaison  d'une  V*  et  d'une  X*  forme. 

Le  verbe  doublement  faible  'èdja  L».l  «  venir  » ,  à 

Jérusalem  'àja ,  s'est  reformé  sur  son  aoriste  ;  le  clas- 
sique *^j*-  y(^djV  devenant  régulièrement  en  arabe 
vulgaire  yidji  ^.  par  la  chute  du  hamze  final  et 
l'abrègement  de  la  voyelle  radicale  devenue  finale, 
ce  verbe  rentrait  dans  la  catégorie  de  yai  ^yq  aoriste 


ISS  SEPTEMBRE^OGTOBRE   1006. 

de  t»à^i  i^y,  à  première  radiciile  faibie  éliiuinabie  à 
i  aoriste ,  un  hamte  initiai  est  venu  jouei*  le  rôl«  de 
première  radicale  «  comme  dans  *id  «*v}  après  la 
contrârtion  de  Js»  yàd  on  yrf,  td.  Mëis  à  JrruAalem 
laoriste  est  plutôt  jj/j  tjue  yiji.  M»  liohr  écrit  ji^i 
(^^yiji);  igi  (=  tji)  serait  une  >ariante  de  agi  (— 'éj/i), 
ne  serait-ce  pas  plutôt  une  3*  pers.  sing.  masc. ,  et 
bigi  (lire  hiji)  non  une  i"  pers.  sing.  «je  viendrai  » 
mais  une  ^'  «  i!  viendra  »?  La  conservation  dil  hamzr 
aux  personnes  du  passé  h  désinence  consonantique 
est  étrange  :  igit,  igili,  igitu,  iyina,  lire  'ijU,  etc.;  on 
a  ordinairement  en  Syrie  djUt,  -fi,  -tu,  -na.  Le  par- 
ticipe est  j^,  ïem.  jéiye,  p\.  jêrrth  ei  jéiyàl.  ï/infinîti!" 
a  été  omis. 

Lfe  Y«rbe  wâfa  J,^  «  s'ftcquitter  de  »  fait  à  l'aortste 
yo^",  tifi,  'àji;  pi.  yéfu,  tàfu,  nùfi;  impératif  a*  pers. 
sing.,  a/î,  pi.  ûja. 

Le  verbe  wii  (lire  wàH)  «  i°  prendre  garde,  a" 
s'éveiller  »,  fait  à  la  3*  pers.  sing.  fém.  du  passé  wiit, 

lire  wèHt,  pour  wàyet  =  o4«^  avec  ye  réduit  à  i; 

)'  pers.  sing.  masc.  w^U,  ou  mieux  mtti  3'  pers.  pi. 

wftï   pour  wi*;)'/!  =*  l>i*^î  à  l'aoristè  yàt,  tâ'i  (tttt 

lieu  deyi*i,  tà*i,  à  cause  du  *  qui  a  une  prédilection 

pour  le  fathà),  et  i*"  pèrs.  sing.  ai,  lire  ^ài  j\;  pi. 

yâ\i,  têtu.,  nà^i;  à  Timpératif,  u*a  et  ^a,  fèm.  a*f, 
pi.  uu;  au  participe  m)4V,  fém.  wâ'yn,  pi.  «>ajirâ  et 
wâyàt;  à  remarquer  que  les  JxLi  ^)   en  df  aU  pi. 

sont  moins  des  participes  que  des  adjectifs. 


LE   DIALECTE   ARABE  DE   JÉRUSALEM.     239 

•P.  54.  Formes  tmminales.  —  La  distinction 
entre  les  tcazn  fil  et  Jiil  pour  la  langue  vivante  a 
quelque  chose  d'arbitraire ,  car  le  kàsva  et  le  dàmma 
n'y  ont  pas  conservé  leurs  valeurs  théoriques  i  et  u 
dans  une  syllabe  terminée  par  deux  consonnes.  Car 
si  Ion  ramenait  aux  trois  voyelks  de  1  arabe  classique 
tout  le  système  vocalique  de  la  langue  parlée,  on 
n'éprouverait  aucune  difficulté  à  identifier  le  fa- 
tha  et  ramener  le  mot  xall  «  vinaigre  »  avec  a  nor- 

mal  à  Jji- ,  talj  «  neige  »  avec  a^  k  ^ ,  sab  «  pé- 
nible »  avec  a^  à  <_JLw  ;  mais  l'identification  des 
voyelles  des  mots  suivants  serait  forcément  peu  sûre  : 
xdll  Js^  dans  mâl[h)a  xdU  "albhas  «  elle  ne  porte  pas 
bien  la  toilette  »  ;  cet  d  neutre  est  intermédiaire 
entre  i  et  u,  c'est  un  a  normal,  et  il  faudrait 
orthographier  J^  et  Jà.  ;  les  mots  comtae  fê^M 
«  peau  »,  p^tis  «  genre  »,  td^jl  «  marc  de  café  »^  qui  ont 
un  s^,  voyelle  plus  voisine  de  i  qUe  de  n,  pourraient 
être  ramenés  au  wazn  JotS;  les  mot*  éd^hdV  «  midi  », 
hHf»^  gentillesse  »,  p^mt  «  cuvette  »,  md^uit  «  peigne  », 
avec  leur  »'^  voisin  de  o  ou  de  u,  pourraient  être 
rangés  sous  le  wazn  J*» ,  par  à  peu  près  et  ave©  une 
augmentation  légère  de  la  durée  réelle  de  leur 
voyelle  ;  les  seuls  mots  fen  effet  qui  sans  contestatioti 
pourraient  être  ramenés  aux  wazn  jJt»  et  Ji*  sont 
ceux  qui  ont  comme  première  riadicale  une  consonne 
faible  tj  ou  3  mue  par  une  voyelle  autre  que  \e  fathà  : 


2'i0  SEPTEMBRE-OCTOBRE    1906. 

ainsi  wiild  jJ^  <>  enfant  »,  autre  forme  de  u^aW  dans 
la  formule  lawald  waldak  «  (je  t'enrichirai)  jusqu'à 
l'enfant  de  ton  enfant,  jusqu'à  tes  arrière-neveux  ». 

Les  mots  du  wazn  Jjo  à  a*  rad.  faible  ou  hamzp, 
la  remplacent  par  un  â  :  bâh  oU  et  kûs  jj-l^  avec  â'  ; 
jâr  «  voisin  »,  gâz  «  pétrole  »,  nâr  «  feu  »,/âr  «  souris  », 
collectif,  râs  «  tête  »  avec  d'. 

P.  55.   Hudû  «calme,  silence»  doit  être  corrigé 

en  hviàu  avec  Jî  -  final ,  comme  aàii  ]|»yx ,  avec  un 
deuxième  w  latont  qui  reparaît  devant  une  voyellf . 

^adiiwah  d^^J-x  pour  JJj»x  '^adawwak.  'inih  doit  être 
lu  ^èneb  cj-wift  «  raisin  »,  avec  e  fermé,  en  Kgypte  *aneb. 

P.  5*7.  Soraba  et  sorba  «soupe»  est  une  erreur 

p 
pour  màraba  et  môrba  ^)y^,  parce  qu'un  0  bref  et 

accentué  dans  le  corps  d'un  mot,  et  surtout  dans  une 

syllabe  fermée,  est  une  impossibilité. 

Les  mots  des  wazn  Jl*i  et  Jl*i  sont  deverms  Jl*», 
et  le  son  vocalique  que  prend  parfois  le  ô  est  pure- 
ment euphonique  et  n'est  pas  une  voyelle  entière 
comme  un  kasra  ou  un  damma,  mais  un  cheva  com- 
positum,  c'est-à-dire  un  son  furlif  de  timbre  incertain 
se  rapprochant  de  l'euphonie  générale  du  mot.  On 
ne  dit  pas  nixAm  J^^  (Lôhr  riic/i<îm),  mais  rxâm  et 
raxàm  ou  ruxàm,  de  même  rkâb  v^^»  hmâr  ^^. 
Quand  im  mot  comme  ^jLJ  a  deux  prononciations, 

l'une  est  populaire  comme  Ism  ou  Isâ^n,  quelquefois 
lisdn  ;  l'autre  est  savante  comme  tisân  yL*AÎ ,  avec  kasra 
allongé,  mais  il  n'y  a  pas  d'exemple  d'un  mot  Jl*»; 


LE   DIALECTE    ARABE   DE   JÉRUSALEM.     241 

c'est  à  tort  que  M.  Lôhr  écrit  lisân  ;  autre  exemple  : 
le  mot  savant  JLo^l ,  dans  les  chansons  d'amour  et 
les  mawwàl,  se  prononce  J^^i  Iwïsâl  ;  vulgaire- 
ment on  eût  dit  lusâl. 

Les  wazn  Jax*  et  Jyti  dont  le  J  ou  3^  rad.  est 
une  lettre  faible,  ou  bien  conservent  l'accent  sur  la 
finale  en  transformant  le  OsjJv-ciJ  en  un  allongement 
de  la  voyelle ,  comme  dans  Wé  pour  ^adùw  «  ennemi  » , 
de  j[»Xc;  wast  pour  wasty  «  tuteur  »,  de  ^y,  ou  bien, 
rejetant  le  *>o«>uiJ,  allègent  la  syllabe  finale  de  ma- 
nière à  reporter  l'accent  sur  la  pénultième,  comme 
dans  iiàbi  «  prophète  »,  de  1^^',  (jàwi  «  fort  »,  de  ,[^; 
ràdi  «  mauvais  » ,  de  ^^i;  pour  ^:>^  après  assimilation 
du  hamze  à  un  j  ^^  ;  au  fém.  de  ces  mots ,  l'accent  a  été 
conservé  sur  la  syllabe  du  OoJsjuio,  et  celui-ci  a 
été  transformé  en  un  allongement  compensatif  de 
la  voyelle  :  qawtye  «  forte  » ,  pour  (jawîyye. 

P.  6o.  Les  mots  savants  commençant  par  un  li 
l'ont  paraît-il  remplacé  à  Jérusalem  par  un  z  )  :  zalem 
«  oppresseur  »,  zaher  «  évident  »,  ^aztm  «  grandiose  », 
zarif  «  élégant  »,  nëzem  «  ordonnateur  ».  —  L'exemple 
de  tâse  «  coupe  de  métal  »  est  étrange  :  faut-il  pro- 
noncer tése?  Si  â  =  â\  le  t  n'est  pas  plus  possible 
que  dans  tàmdssàt  «  se  peigner  »  de  la  page  4 1  •  A 
Alep,  on  a  ta?se  xoUo  avec  extension  de  l'emphase 
de  lo  à  la  sifflante,  malgré  le  aJU]  de  la  voyelle  finale; 
il  est  bon  de  remarquer  que  l'emphase  n'est  pas  in- 
compatible avec  le  «JUl;  ainsi,  à  Alep,  on  dit  derçh 


3/ia  SEPTKMBHE^OCTOBRB   1906. 

t^)l^  «  ayant  frappé  »,  theç  j^moUo  «  ayant  vu  »,  de. 
même  que  lo  ^^^  n'engendre  pas  toujours  le  aIUI  . 
P.  6i.  Hn^gal  «  vip»  «'st  une  erroor  jjour  n.  .  . 
ou  ru.  .. ,  car  la  forme  JUL^  n'a  nuHo  part  \ejatka  : 
ainsi  à  Beyrout  on  a  r»j^L  à  Alep  vaddjàii  à  Damas 
ré*//Mi ,  av«e«  voiaiB  de  i ;  che«  le»  Fâllak  de  JérusaK^m , 
rjdjdjâi,  avec  <4  voisin  de  u;  en  Arabie  (à  'Oman), 
re^àlf  la  forme  Ji^\^  est  propre  à  l'Kgypte,  lAgel, 
avw  e  très  fermé,  et  à  la  Tripolitaiae,  rtj/c/. 

P.  6)1.  La  traduction  de  aï^II»  «eine  (einielne) 
Mùhle  »  est  erronnée,  cai'^>».ll9  taliuu  n'est  pa»  un 
collectif;  il  signifÀi"  «  moulin  »,  et  tâfiiàne  •<  moulin  de 
ménage,  moulin  à  main  »;  ici  le  >  -e  final  n'est  pas  \v 
suffixe  des  noms  d'unité,  mais  de  certains  diminutifs. 

p.  6a.  Les  moiSjOy^jôhar  «  pierres  précieuses  », 
collectif»  et  ^^j  zêbriq  «  mercure  »,  sont  des  emprunts 
faits  par  l'arabe  à  une  langue  sémitique  (probable^ 
ment  à  faraméen  à  cause  du  ,jj  du  dernier  mot  cor- 
respondant au  k  final  peblevi).  Le  3  deyby^  et  le  (^ 
de  (^Jj,  loin  d'être  épentbétiques ,  sont  primitifs, 
puisqu'ils  se  retrouvent  en  persan  et  en  pehievi.  Mais 
si  l'on  veut  trouver  en  arabe  des  mots  où  le  redou- 
blement de  la  1'  radicale  a  été  remplacé  par  fin- 
sertion  d'un  3  ou  d  un  t^  devant  elle ,  on  peut  citer 
les  verbes  libanais  'àwkar  pour  'àkkar  «  troublef 
(l'eau)»,  et  tàyla  pour  talta  «(aire  monter,  faire 
sortir  ». 

La  vocalisation  de  mots  comme  JiXi  «  poivre  »,  J^X? 
«  rossignol  » ,    et  ^J*.*^•    <-  abricots  »    n'est    certame- 


LE  DIALECTE  ARABE  DE  JERUSALEM.      243 

mentpas^i^i,  taiètt^,  mismu  ou  musmus,  mais  plutàt 
fôlfel  (avec  »  voisin  de  e  fermé ,  et  e  intermédiaire  entre 
e  fermé  et  i),  bèlbol  (avec  o  fermé ,  et  a  entre  u  et  eu 
français) ,  etc.  —  v'^-*^  "  patins  de  bois  pour  femme  » 
et  oLaJUo  «  saules  »,  coll.,  avec  voyelle  a~-  de  la  i  "  rad, , 
à  Alep  a  :  qabqà~b  et  sa~J§à'^J,  —  Rem^rquier  '^ms 
pour  'ûybas  «  piv^s  sec  »,  comparatif  de  yà^bes  «  sec  ». 

P.  6/».  Makqame  «  Gericht  »,  lapsus  pour  màlikaxne. 
-^  môsàm  «  Ernte  »  ne  serait-=il  pas  pour  mé$^m  avec 
e  fermé  ==  jmsra?  —  wjtâl}  et  mufWi  «  clé  »  sont 
pour  maflâli. 

p.  65.  Dans  michlqje,  mrâje,  miqldje^  musfâje,  a 
doit  être  pour  4  a>ec  le  son  e  ouvert  (fambiguité  du 
caractère  a,  qui  sert  à  rendre  â^  et  é,  est  déplorable) , 
car  md^sfâ^je  est  impossible;  lire  mdxleye  «  sac-musette 
de  mendiant  »,  mrêye  «  miroir  »,  maqleye  «  poêle  à 
fHre  »,  THd^ëye  «  passoire  ».  —  Qurân  est  pour  quràn 
«  Coran  »  et  mieux  qa'^râ^n,  ce  mot  qui  est  savant  se 
prononce  littérairement.  —  Qô'^ân  [=mâP-n  yls^j^) 
«  ayant  faim  »,  cf.  Beyrout  jâ'd/i,  Alep  djaàn. 

P.  66.  Qastar  «  Rôhre  »,  cf.  à  Alep  qdstal  Jk^a* 
K  fontaine  ou  abreuvoir  public  alimenté  par  un 
canal  d'eau  douoe  ».  ^— -  zarûv  «Weis^dorn  (aubé- 
pine) »,  à  Alep  zarnf  «  a^eroll6)^,  à  Beyrout  «  espèce 
de  nèifles».  •= —  qarafs  «  Gewiirz  (épices)  »  serait-il 
un  compromis  entre  karafs  ^^^p  «céleri»  et  qàrfa 
ou  qèrfe  «  caneHe  ».?  —  mantàr  vient  de  l'arabe  litt. 

P.   6 y.   ISdmùstye  «lit  de  fer,  à  moustiquaire  ou 


244  SEPTEMBRE-OCTOBRE    1006. 

non»  dérive  de  *nammûs,  altéré  en  nâmùs  «mous- 
tiques » ,  par  attiaction  de  son  homonyme  nâmùs 
«honneur,  vertu  (des  femmes)».  —  ;abtiye  a\ec  ; 
«  gendarme  »  est  de  formation  turque,  c'est  un  fém. 
sing.  à  sens  d'abstrait  ou  de  pluriel. 

P.  68.  Ràhbâni  «  Mônchsleben  »  (51c),  au  lieu  de 
ràhbane  Ai-j^j  —  hsén  ne  doit  pas  être  traduit  par 
son  sens  étymologique  de  «  petit  Hasan  » ,  mais  ôti'e 
rendu  par  Hsën  ou  Hoseyn.  —  zpaijir  »  petiot  »,  mais 
en  Syrie  et  en  Egypte  zgàyyar  Jiiè^ ,  est  le  diminutif 
de  zg'ir  j^j,  pour  j^J^o.  —  bayy  «  petit  père  »,  xayy 
«  frérot  »,  même  «  mèrette  »,  dayyât  «  petites  mains  », 
sont  des  diminutifs  qui  ont  perdu  leur  hamze  initial  : 

hayy  est  pour  **hayy  =  jiSi ,  xayy  pour  **xay  — _^xi.! , 
même  pour  *'iném£  —  ïmmI  dimin.  de  11,  dayyât 
v::iL»à ,  pi.  de  'dàyye  inusité ,  pour  "dàyye  «=>  à^Sl ,  dimi- 
nutif irrégulier  de  Jol  transformé  en  ^^àl  pour  la 

commodité  de  la  formation,  ou  peut-être  de  <^«>^l 
*iday-,  duel  à  l'état  construit  de  *id.  —  xàyye  aIâ.  «  sœu- 
rette ■  est  ie  fém.  de  ^^  xâyy,  et  non  le  diminutif  de 


^ .  —  dén  çjj^  «  oreille  »,  et  à  Beyrout  dâyne  *ju*  , 
sont  pour  ^JJi>\  et  XÀrf^L  —  La  chute  du  hamze  initial 
de  ces  diminutifs  a  été  entraînée  par  celle  du  damma. 
de  cette  lettre  (J4**  devenant  en  ar.  vulg.  Ja»»  ou 
^^  fayloxifèl),  qui  n'est  guère  prononçable  sans 
voyelle. 


LE   DIALECTE  ARABE  DE   JERUSALEM.      24f) 

P.  70.  Le  pluriel  en  -in  des  mots  JU»  n'a  pas  le 
'amdle  fort  qu'on  remarque  à  Alep  :  fd^'^éltn ,  à  côté 
du  pi.  en  -a  ou  -c  :  fatale  ou  fa  ^àla. 

Jo*Xa.  «  neuf»  fait  au  pi.  ^ddud  et  gdâd,  lire  pro- 
bablement jâc/odf  etjdéd,  de  même  à  Beyrout;  à  Alep 
djàdad,  en  Egypte  gadâd  et  (jiidad.  A  noter  que  0  dans 
une  syllabe  finale  fermée  par  une  seule  consonne  est 
clair  et  ouvert  à  Alep  et  sourd  à  Jérusalem;  paral- 
lèlement e  fermé  est  plus  ouvert  à  Alep  et  tire  sur  le 
e  ouvert ,  tandis  que  dans  le  Sud  il  tire  sur  le  i. 

Les  pluriels  JJei  n'ont  la  forme  monosyllabique 
qu'à  Alep  :  ktêb  pi.  kàtoh  et  kdtàb;  à  Jérusalem ,  Bey- 
rout, etc.,  kàtub;  lliêj  «couverture  de  lit  piquée», 
pi.  Idhf;  à  Jérusalem  et  Beyrout,  Ihâf,  pi.  luhuf;  de 
tarlq  (^^  «  route  »,  est  venu  tric^  (^yî  «  fois  »,  pi.  tô- 
raCj  (^jj;  rasûl  «  apôtre  »,  pi.  rdsl;  à  Jérusalem  et  Bey- 
rout, rûsuL 

Les  pluriels  J*»  et  Jxi  des  noms  sains  sont  deve- 
nus/âW,  ex.  :  qèhab,  'àbar,  mèqaf,  de  c^àbbe  «cou- 
pole», 'èhre  «aiguille»,  luàqfe,  à  Alep  môqfe  Ajui<i 
«morceau».  Avec  les  noms  de  racines  concaves,  a 
devient  i  bref  de\  ant  un  <^  et  li  bref  dev  ant  un  w; 
ex.  :  hiyal  Jua.,  xiyam  j^i^,  riyaui  jjis?;,  de  xlU:^, 
«  ruse  »,  x«yi^  «  tente  »,  *^^  «  plume  »;  avec  u  ;  dàwal 
Jjjà,  sàwar  ^^,  bàivam  *yi ,  fdwat  lo^i,  de  *]j):> 
«  puissance  » ,  Hjyo  «  image  » ,  xojj  «  hibou  » ,  aI^jj 
«  pagne  de  bain  ».  Dans  ces  noms ,  la  présence  de  la 
consonne  faible  a  contribué  au  maintien  delà  \oyelle 

MU.  1 7 


J46  SEPTEMBRE-OCTOBRE    1006. 

primitive  kasra  ou  damma ,  qui  s'est  altérée  au  con- 
traire  dans  les  pluriels  des  noms  sains. 

P.  yS.  Pourquoi  rendre  jlL  et  J^,  le  premier 
par  gehel  et  le  second  par  ^àmàl  ? 

Les  pluriels  *i«il  sont  devenus  *ijti\   'àf*le   avec 

une  voyelle  furtive  avant  ou  après  le  ^  :  le  pi.  de  I5* 

«  médicament  »  est  juj^ï  'à(lw{i)ye  c'est-à-dire  'hdwiye 
et  'âduje  ou  'àdnye;  le  pi.  de  h^ân  n'est  certainement 
pas  ahsinc  mais  'Àhssnfi,  qui  est  plus  conforme  à  la 
phonétique,  qui  dit  fohmel  «elle  comprit»,  'a/»/r 
•  iiâte  »,  sàm»ke  «  un  poisson  ». 

P.  7-7 .  Ba}ndûq  ^3«>J^,  pi.  6a'nd*<W^  (>:>^W,  qw  se 
retrouve  ;\  Jérusalem  comme  à  Beyrout,  Alep,  etc., 
est  peut-dtre  un  emprunt  nu  |>ehlvi  bandak  «  e«clav«  » 
par  le  syriaque  qui  transforme  le  k  final  en  ^3,  ex.  : 

Les  noms  de  nombre  composés  avec^^,;«i»,  c'est-à- 
dire  ceux  de  11  à  1  g,  perdent  la  finale  -ar  dès  qu'ils 
ne  sont  plus  suivis  d'un  substantif:  sabat  ^asar  sene 
«  1  7  ans  »,  mais  issene  sabafas  «  l'an  17»;  de  même 
à  Beyrout;  à  Alep,  la  forme  écourtée  e^t  la  seule 
usitée  dans  tous  les  cas. 

PP.  81  et  8i.  Bàlâ  «  ohne  »  ainsi  écrit  est  pour 
balà{h)  «  sans  lui ,  sans  cela  » ,  et  s'emploie  comme 
adverbe;  comme  préposition,  il  s'écrit  bàla;  on  sait 

que  ce  mot  est  pour  "ih  «  avec  ne  pas  de...  »,  il  avait 

donc  fallu  écrire  :  bàla  halib,  et  non  balâ  lialib  ou 
baJâ  hattb.  —  ibâ  et  Uâ  sont  certainement  des  faotés 


LE  DIALECTE  ARABE  DE  JERUSALEM.      24? 

grossières  ;  dans  toute  la  Syrie  on  dit  arec  le  hamze  : 
'ibi  et  même  'ôlo,  avec  i»  et  o  plus  ou  moins  fermé; 
s'il  existe  quelque  chose  qui  ressemble  à  ihû ,  ce  doit 
être  'àbo,  car  à  Alep  on  dit  nià  'àhni  lui  ^  i^U 
«  je  n'ai  rien  »,  à  la  i  "*  pers.  Ce  hamze  prosthétique  est 
de  même  nature  que  celui  de  isi  «  chose  »  (lire  ^^t 
'jiui),  et  peut-être  que  celui  de  'td  *>oi  «  main  ». 

'^ala  ^Js.  se  réduit  souvent  à  a  — fc  (et  non  'â  U), 
sauf  devant  les  suffixes  personnels  ;  râh  ^abcto,  rdli 
\i-lbët;  ce  *^a  se  retrouve  dans  toute  la  Syrie,  et 
même  dans  l'Arabie  du  Sud. 

Mail  0^,  préposition,  perd  sa  voyelle  devant 
l'article  :  mn-9lbêt;  mais  à  Alep  seulement,  il  se  réduit 
à  I*  m  :  m-dlbi't ,  et  dans  quelques  locutions  :  m-hàqqa 
«  au  fait!  à  propos!  »  pour  mdn  hàcjq-lia.  La  voyelle 
de  ^JA  se  conserve  devant  une  consonne  :  mdn  Mn 
«  d'ici  »,  à  Jérusalem,  à  Alep,  etc.,. 

B  règne  une  certaine  confusion  sur  la  quantité  et 
le  timbre  des  diverses  espèces  d'?.  \insi  Yi  de  farticle 
dans  lilmdîne  est  différent  de  celui  defi  dans  fi  qurne 
A3^^.  La  voyelle  des  prépositions  J    t_>    ^ ,  suivies 

de  l'article ,  est  très  brève  et  cesse  d'être  un  kasra ,  qui 
est  un  i  de  timbre  net ,  bref  de  quantité  et  de  nature 
théorique,  pour  devenir  un  9;  Yi  de  ces  mots  se  main- 
tient devant  un  mot  commençant  par  une  seule  con- 
sonne; ex.  :  bi-Hàlab  «à  Alep  »,  ^-(jTc^rne  «dans  un 
coin  »,  li  \d  almîldd  «  jusqu'à  la  fête  de  Noël  »,  car 
alors  il  devient  demi-long,  comme  dans  biqiim, 
bikdlteb,  et  dans  le  français  ///<?< ,  et  à  la  tin  des  mots 


848  SEPTEMBRE-OCTOBRE   1900. 

quand  il  n'est  pas  accentué  :  béti,  ràhi,  ràhti,  ma^ri , 
daràhni;  dans  lahitak  où  i-^ya,  xiyam ,  hiyal ,  où  î  »= 
9  à  cause  du  y  qui  suit.  Cïet  i  demi-long  peut  devenir 
franchement  long  quand  parfois  on  veut  insister  sur 
sa  durée,  en  disant  biqûin ,  biqtin,  bikiUteb.  L'i  est 
franchement  long  quand  il  est  accentué,  comme  dims 
fl pour Jlh  ,  etj^ha,  et  dans  le  français  bénir.  L'i  long, 
quand  la  syllabe  qui  le  renferme  vient  à  perdre 
l'accent,  peut  s'abréger  en  un  i  demi-long  :  comparez 
frandjtye  «  Européenne  »,  avec  i  long  et  accentué ,  et 
son  pluriel /ra;jr//iy(l/ ,  où  i  devient  atone  et  se  pro- 
nonce long  et  demi-long,  selon  les  dispositions  de 
la  personne  qui  parle;  l'î  de  m'itén  «deux  cents» 
est  moins  long  que  celui  de  miye  «  cent  ».  L'/  accen- 
tué de  mots  conmie  xiyam  m^,  ^iyal  Jua,  peut  être 

considéré  comme  bref  à  cause  de  l'étymologie ,  et 
comme  demi-long  à  cause  de  l'impression  nette  de 
son  timbre;  c'est  ainsi  qu'il  sera  souvent  diilicilc 
de  démêler  la  quantité  exacte  de  yidji  «  il  viendra  »  : 
que  l'i  soit  bref,  c'est  certain,  que  parfois  il  soit 
demi-long,  c'est  aussi  un  fait,  mais  ce  serait  une 
erreur  de.  le  considérer  comme  franrheinent  long  : 
les  faits  ont  une  latitude  pour  se  produire  qu'il  ne 
laut  pas  franchir  sous  peine  d'erreur. 

P.  83.  Locution  à  noter  'alyàni  yimhh-li  «  quel 
bonheur,  sijepouvai  avoir.  .  .  ■ 

P.  Sli-  bilarlab  «  meistens  »  sans  hamze  est  impos- 
sible. —  bàlâs  «  umsonst  » ,  formé  de  »(^^>  «  sans 
rien  »,  a\ec  »,^  devenu  enclitique  comme  celui  des 


LE   DIALECTE   ARABE   DE   JERUSALEM.      249 

négations  jji...Lo,  ^jiJ,  etc.  —  lialwa<jt  et  hallaq 
«  jetzt  »  sont  deux  lapsus  :  lialwàqt  (=  ha-\-lwa(it)  est 

devenu  hàllaq  (^  par  assimilation  du  ^  au  J  ;  halla- 
qtêniet  hallaqtén  usités  à  Alep  ont  conservé  le  t  qui 
a  disparti  entièrement  dans  hàllaq.  Quant  à  la  forme 
halqét  usitée  en  Palestine ,  elle  suppose  un  composé 
analogue  ha  démonstratif  -|-  l  article  -|-  qêt ,  qui  peut 
être  pour  o«4*5,  diminutif  de  cuSj,  ou  pour  cyUjî 
qët,  pour  'awqât ,  *uqdt  avec  *JUI  de  à. 

P.  85.  dâime  «  immer  »  est  un  adjectif  qui  veut 
dire  «  (que  votre  café  soit)  perpétuel  !  »  et  qualifie  le 
mot  qàhwe  sous-entendu.  Le  visiteur  qui  a  pris  le  café 
s'empresse  de  remercier  le  maître  de  la  maison  en 
lui  disant  sur  le  ton  de  souhait  :  dàyme  xcb.  Dans 
la  note  ,Jilbêta  est  un  lapsus. 

P.  86.  Iiônâk  «  dort  »  est  une  erreur  pour  lionâk 
JLuû  K  là  ».  Ce  mot  ne  dérive  pas  de  liôn  «  ici  »,  mais 

de  far.  litt.  dlXi . 

P.  87.  hék  est  pour  *hdk  JU  avec  *1UI,  peut- 
être  parce  que  ce  mot  répond  souvent  à  léiu  fj*^  par 
assonnance.  On  entend  souvent  ce  petit  dialogue  : 
léiu?  —  hêk,  comme  en  français  :  «  pourquoi?  —  parce 

que  ».  \ùSji  a  donné  *]idk,  kék  en  Syrie,  et  kide  en 
Egypte,  kiSè  à  'Oman.  —  masbut  «exactement»,  à 
corriger  en  ma^zbut,  est  emprunté  au  turc.  —  C'est 
l'accent  interrogatif  qui  a  allongé  des  mots  comme 
feâm  «  combien?  »,  bkâm  «  à  combien?  »,  mtn  «  qui?  ». 
■ —   L'auteur  a  tort  d'écrire  wain   «  quoique  »  sans 


250  SEPTEMBRE-OCTOBRE   1900. 

hamze,  oe  qui  fait  pensor  «î  l'adverbe  ^^^  «  où  ?  •;  il 
faut  wa'in  et  mieux  wa'an  Jij. 

Hayyàni  «  me  voici  »  est  formé  de  ^^7U,  hayyo  -f 
ni;  or  hayya ,  hayyo  «  le  voici  »  contient  déjà  le  suf- 
fixe personnel  et  est  pour  hayy+o\  ce  hayy  JJa  est  un 
démonstratif  qu'on  trouve  à  \lep  avec  le  sens  de  «  la 
voici  »  et  de  «  celle  que  voici  »';  je  le  crois  composé 

de  ha-\-hi  ^Ia  ,  comme  haùn ,  hôn  q^  «  ici  ■  Test  de 

ha^huna  Ual^ft.  —  hayyù-ni,  -k,-ha,  etc.,  est  com- 
posé de  deux  pronoms  suflîxes  agglutinés  comme  k6 
«le  voici»  lest  de  \è-k  -f  "  *^j  «^  toi  lui.  le 
voici  ». 

P.  90,  màlês  se  dit  malëut  «n'importe».  —  A 
propos  (le  sallem  dayyûUik  «  que  Dieu  conserve  tes 
menottes!  »,  il  eût  été  bon  de  faire  remnrquer  que  le 
préfixe  j  de  l'aoriste  a  été  retranché  par  l'usage  avec 
le  sujet  qui  est  'alla,  et  que  la  formule  complète 
serait  'alla  isùllem  dayyétak,  de  même  daav>  kâlter 
sérak,  mass'ikom  hobcêr.  — jalla*  en  avant  !  »,  se  pro- 
nonçant avec  emphase ,  devrait  être  noté  ainsi  :  yàH- 
la-  ;  il  se  dit  souvent  pour  commencer  l'ouvTage;  les 
chrétiens  disent  aussi  en  ce  sens  yâ  *adra  «  ô  Vierge 
immaculée  !  »,  et  les  Persans  ^J^  L?  «  ô  *Ali  !  ». 

Syntaxe.  —  A  Jérusalem,   un  substantif  déter- 
miné par  l'article  conserve  cet  article,  même  quand 
il  est  suivi  d'un  adjectif  qualificatif  :  attêjer  suiiuâter 
^LJI  ^bJl  «  le  marchand   habile»;  l'apposition  se 


LE   DIALECTE  ARABE  DE   JERUSALEM.      251 

maintient  là  où  les  autres  dialectes  emploient  le 
rapport  d'annexion  :  olmarra  jjâye  «  la  prochaine 
fois  »;  cf.  à  Alep  :  smt  sddjëye  «  f  année  prochaine  ». 

L'infinitif  des  langues  européennes  est  remplacé 
par  le  verbe  à  l'aoriste  subordonné,  ou  aoriste  sans 
LJ  :  btaref  tàktoh  «  sais-tu  écrire  ?  » ,  là  tansa  djib 
[<^<^jj^)  «  n'oublie  pas  d'apporter  »,  barîd  'àji  «je  veux 
venir  »  lit.  «  je  veux  que  je  vienne  »;  'àji  tout  seul  veut 
dire  «que  je  vienne»;  sur  le  ton  interrogatif,  avec 
hdddi  sous-entendu,  ^4/ï?  veut  dire  «  faut-ii  que  je 
vienne  .►^  »  ;  il  y  a  ellipse  de  la  proposition  principale 
représentée  par  hdddi,  lâzem,  etc.,  dans  cet  exemple 
et  dans  toutes  les  questions  de  ce  genre  posées  par 
un  domestique  à  son  maître  :  'ajtb  olgada  ?  'asAkker 
alhâb  ?  'ànzel  ^assii(^  ?  «  faut-il  que  j'apporte  ou  serve 
le  déjeûner,  que  je  ferme  la  porte,  que  j'aille  au  mar- 
ché.^ M.  Cet  aoriste  subordonné  est  aussi  de  règle 
après  la  négation  prohibitive,  ex.  :  là  tadrob  «ne 
frappe  pas  »,  et  toutes  les  locutions  verbales  qui  met- 
tent le  verbe  suivant  en  état  de  subordination  :  sâr 
iràh  uyiji  «  il  se  mit  à  aller  et  venir  » ,  ma  "ait  'auitar'ik 
«  je  ne  t'achèterai  plus  ». 

Le  D'  Lôhr  a  écourté  la  syntaxe  comme  la  pho- 
nétique. Ces  deux  parties  de  la  grammaire  de  la 
langue  vivante  sont  cependant  aussi  intéressantes 
l'une  que  l'autre  et  généralement  aussi  négligées. 

Pour  terminer  la  grammaire,  citons  un  fait  qui 
intéresse  à  la  fois  la  morphologie  et  la  syntaxe.  A 
Jérusalem,  au  lieu  de  wên  'axadt'ihom  «  où  les  as- tu 
emmenés?»,   on  peut   dire  :  wén   mdxadt'ihom  ^^y 


252  SEPTEMBRE  OCTOBRE    1900. 

*^j4X*.U,  et  à  Alep  :  lawëii  'êocêdltyon,  avec  o  nasa- 
lisé, le  participe  actif  du  fém.  sing.  en  annexion  avec 
un  pronom-suflixe  prend  la  terminaison  verbale  du 
verbe  au  passé.  De  même,  à  Alep,  ^(^  Juxà^L* 
iu{y9ftt(h), yàmo  «  l'as-lu  vu ,  maman?  »  est  distinct  de 
^Irf  jubU.  méyfe,  yàmo  «vois-tu,  maman?»  sans 
régime. 

Textes.  —  P.  94.  Dans  l'historiette  explicative 
du  proverbe  «  entre  Hâna  et  Mâna ,  tous  les  poils  de 
nos  barbes  s'en  sont  allés»,  le  verbe  nàqqa  inàqqi 
signifie  :  i°«  trier»,  1"  par  extension  :  «enlever  (le 
mauvais)  en  triant  ».  —  chari,  lire  xnri  (S)y^,  qu'on 
traduit  ordinairement  par  «curé»,  signifie  «  choré- 
v^que  »,  et  vient  en  effet  du  syriaque  xoraya,  dérivé 
lui-même  du  grec  •)(Ci>peTti<TxoTtos. 

P.  9-7.  ràdit  ^alêyi  udaat-U  «  (ma  grand'mère)  est  re 
devenue  bien  disposée  pour  moi  et  a  prié  le  bon  Dieu 
pour  moi  ».  Un  bon  fils  s'efforce  de  mériter  le  L^^  de 

ses  père  et  mère ,  parce  que  ie  ca^  de  ceux-ci  est 
aussi  le  courroux  de  Dieu.  Cf.  la  formule  respec- 
tueuse pour  prendre  congé  à  'Oman  :  kân  râdi  «  sois 
satisfait  de  moi!  ».  —  sdtti  signifia  •«  ma  grand-mère  », 
et  non  «  ma  femme  »  ;  dans  ce  dernier  sens  on  dirait 
chez  les  chrétiens  9ssàti  «  la  dame  »,  et  chez  les  musul- 
mans 'amm  slulâd;  d'ailleurs  on  ne  demande  le  Lô^  qu'à 
ses  ascendants;  les  épouses  au  contraire  baisent  la 
main  de  leurs  maris  qui  ne  se  dessaisissent  pas  de  leur 
autorité;  les  lilles  cèdent  le  pas  à  leurs  frères,  et  les  fils 


LE  DIALFXTE  ARABE  DE  JERUSALEM.  25.'^ 
sont  préférés  aux  filles,  La  phrase  finale  doit  être 
transcrite  ainsi  :  -jlU!^  jX«»«jj  iilo*x^u»i  cl*->*^'  cyà^lfi  ^^Li»  L> 
jLj~Li»i  ci>«X^  U ,  et  prononcée  ainsi  :  yà  maqi  (ou  peut- 
être  ludqqi)  '^âwàdat  tsabb  sdttak  utdskar?  waHla^h  ma  ^dtt 
'amtank  «  ô  gredin ,  tu  as  recommencé  à  insulter  ta 
grand'mère  et  à  t'enivrerP  Je  le  jure  par  Dieu,  je  ne 
t'achèterai  plus  ?  m.  La  traduction  de  Lôhr  est  un  non- 
sens  complet. 

P.  10 4,  le  prov.  y  est  le  contrepied  de  la  phrase 
bien  connue  de  Vadân  du  fidjar  :  dssalàt  xérun  man 
dnnôm. 

Prov.  g.  yà  dâxel  bén  Ibàsale  uqaiurètha,  yâ  taie 
bisannèiha  =  «  il  ne  faut  pas  mettre  le  doigt  entre 
l'arbre  et  l'écorce  ».  Il  eût  été  bon  de  faire  remarquer 
à  cette  occasion  que  nombre  de  proverbes  sont  com- 
posés de  deux  membres  qui  riment  ensemble,  comme 
(les  distiques  (owo)  de  la  langue  classique,  et  que  le 
besoin  de  ramener  les  proverbes  à  ce  modèle  amène 
souvent  le  remplissage  et  les  chevilles  [zôdât),  comme 
pour  le  premier  membre  du  proverbe  bien  connu  : 

l^^    OUJ!  A^ioX»     ^     l^  Jk£  6^  <1J0 

Renverse  la  jari'e  sur  son  orifice,  —  la  fille  se  révélera 
telle  qu'est  sa  mère. 

C'est  le  deuxième  membre  seul  ici  qui  constitue  le 
proverbe;  de  même  dans  celui-ci  : 

(jàl-lo  :  yà  mex,  màddon.  —  qal  :  'àlli  lyyàkol  ddsi 
mu  m3thlli  biàddon. 


254  SEPTEMBRE-OCTOBRE    1900. 

11  lui  dit  :  «O  rbeykh,  :illonge-les».  il  répondit  :  «Celui 
qui  reçoit  les  coups  de  bâton  n'est  pas  coin  nie  relui  qui  les 
compte.  » 

P.  1  o5.  Le5  hazâzir  ou  hazi'ât  «  énigmes ,  devi- 
nettes »  sont,  avec  les  contes  et  les  proverbes,  les 
principales  récr(^ations  des  veillées  d'hiver  de  la  so- 
ciété syrienne;  le  sing.  est  ^zzêra  dans  Bauer;  on 

dit  hazzùra  *)}'y^  J^  Alep,  et  hazzôra  »;uV^  en  Irac, 
ce  dernier  sur  le  watii  /«"ô/a,  qui  a  donné  zannOba, 
titre  dune  chanson  nomade  fameuse. 

P.  io6,  taqtàqi  nom  de  mépris  foi^é  et  dérivé  <le 
làqtaq  «  faire  du  bruit  à  la  manière  des  choses 
creuses  ».  L'énigme  5  a  cette  allure  ultra-grivoise  qui 
fait  la  joie  du  populaire  en  générai  et  des  Syriens  en 
particulier.  Le  bec  des  ^^^1  par  sa  forme  cylin- 
drique donne  souvent  lieu  à  des  allusions  de-  ce 
goi'it.  —  Les  énigmes  i3,  i4(,i6,  i'j  et  2I1  com- 
mencent par  ^!  'Juai  qui  est  relié  par  un  pronom 

personnel  sufUxe  à  la  phrase;  la  traduction  aurait 
dû  exprimer  le  pronom  relatif  qui  est  indiqué  par 
cette  construction  «  quelque  chose  que  tu  prends 
dans  ta  manche  »  au  lieu  de  h  quelque  chose,  tu  le 
prends ...  »,  —  Knigme  1 8  :  zammar  est  un  verbe 
au  passé,  comme  bail ,  unatt,  qui  sont  des  ^g*ol•  et  non 
des  infinitifs;  le  sens  est  :  «  cela  a  rampé,  a  sauté  et 
joué  du  chalumeau.  Qu'est-ce  que  c'est  .►^  »  Réponse  : 
«  des  pimaises ,  des  puces  et  des  moucherons  » ,  bàqq , 
ubrâgtt,  nbàrgam.  -r-  Enigme  19  :  '^àbde  jitd(^h»tha, 
\ô(fde  «  une  négresse  dans  le  trou  de  laqu*»He  est  un 


LE   DIALECTE   AKABE   DE  JERUSALEM.      255 

nœud  »  c'eatrà-dire  un  fuail  chargé ,  bârude  madkûke , 
dont  le  canon  renferme  une  charge  nouée  dans  du 
papier  ou  un  morceau  de  chiffon;  madqucie  est  un 
lapsus  singulier.  —  Enignie  2  3  :  corriger  guwwâha, 

par  jmvâhn  lAt^j^^. ,  au  Heu  de  lAlj^  «  au  dedans 
d'elle  » ,  à  Alep  on  dirait  djûwdta.  —  Enigme  2  5  : 
Jérusalem  emploie  le  mot  kduitbân,  écrit  kusfbân, 
pour  «  dé  à  coudre  »,  comme  le  reste  de  la  Syrie. 

P.  108,  la  locution  li,  ^attannûr  «au  four  à 
pain»,  pour  dire  «cela  m'est  égal»,  se  retrouve 
dans  ce  proverbe  usité  à  Alep  :  'an  habbàtni  sètti, 
'attannur,  wdn-mà  habbètni,  'attaiinûr  «  si  ma  maî- 
tresse m'aime  (c'est  une  esclave  qui  parle) ,  elle  m'en- 
voie au  four  (cuire  le  pain),  et  si  elle  ne  m'aime  pas, 
elle  m'envoie  aussi  au  four  ».  On  interpole  quelque- 
fois le  mot  bdtnayyàmni  devant  '^attannur  «  elle  me 
fait  coucher  sur  le  four  ».  Le  sens  de  ce  proverbe 
est  :  «  Que  ma  maîtresse  soit  bonne  ou  non  pour 
moi,  elle  ne  me  décharge  d'aucun  des  travaux  du 
ménage ,  mon  sort  n'en  est  pas  amélioré  ».  —  Locu- 
tion 6  :  rûh  ballet  olbahar  «  va-t'en  paver  la  mer  » ,  va 
faire  ce  que  tu  voudras ,  même  l'impossible ,  cela 
m'est  égal,  —  Locution  1  o ,  corriger  liliitu  «  sa 
barbe  »  en  liliita  xXasI  ,  car,  par  la  réduction  de  ya  en 
i,  l'accentuation  du  mot  ne  saurait  être  changée  : 
*Uhyat  -\-  0  devient  simplement  lïhit-o.  —  Locution 

2  1    :  les  Syriens   distinguent  souvent  les  mdtal  Jî* 

«  locutions  proverbiales  »  commençant  par  «  comme, 

pareil  à  »,  des  mMal  Jjj,   «  proverbes  ».  - —  Locu- 


2r)fi  SEPTEMBRE-OCTOBRE  1906. 

tion  a  7 ,  lire  man  dàbri  wubtasbjqni  «  tu  viens  de  sortir 
de  mon  fondement  et  déjà  tu  me  devances!  »;  à  rap- 
procher de  ce  proverbe  :  «  Le  morceau  de  crottin 
sortit  de  l'anus  du  chameau  (qui  traversait  une  ri- 
vière) et  se  mit  à  lui  apprendre  à  nager  (en  flottant 
devant  lui)».  —  Locution  34  :  ^  dzid  atttne  balle, 
littéralement  «  n'augmente  pas  le  mortier  d'un  mouil- 
lage »,  c'est-à-dire  n'envenimez  pas  le^  choses.  — 
Locution  4o  :  qàhutak  (et  non  ifahûtak,  même  ob- 
servation que  pour  bhito,  voir  plus  haut  loc.  lo) 
sàyde  «  ton  café  a  pris  quelque  gibier  »,  il  y  est  tombé 
quelque  chose  de  malpropre,  ou  bien  il  n'est  pas 
bon.  —  Le  n°  Aa  est  un  proverbe.  Le  P.  Fourrière 
l'a  cité  sous  cette  forme  :  'tui  yà  gdiiu  ta-yjlla  llia- 
miut  «vis,  ô  cheval  de  b{it,  jusqu'à  ce  que  l'herbe 
pousse»;  à  Alep  on  le  dit  ainsi  :  ^Uuu  yd  èhém 
(^iiLJ^  U)  taydjikon  arrabC  «  vivez,  ô  ânes,  jusqu'à  ce 
que  vienne  pour  vous  le  printemps  »,  c'est-à-dire 
attendez  si  vous  pouvez.  —  Locution  45  :  «Quand 
les  corbeaux  iront  en  pèlerinage  à  La  Mecque  et  en 
reviendront  sans  leurs  pattes  »  signifie  «  quand  les 
poules  auront  des  dents  »;  est  usité  à  Alep  aussi. 

Vocabulaire.  —  Vt*^'  afàha^  «  les  Arabes  no- 
mades »;  ulàd  \irab  «  fils  d'Arabes,  nés  des  conqué- 
rants et  de  femmes  des  provinces  conquises  ».  — 
ardtye  «  vase  de  nuit  »  a  de  nombreux  synonymes  : 
nùntye,  q'imêntye ,  xaddAme,  mastà'male ,  qa''âde;  en 
Kgypte  qasrtye.  —  bannd,  lapsus  pour  bùnna  «  ma- 
çon ».  —  Kcrire  bâràde  «  fusil  »,  et  non  barûde.  — 


LE    DIALECTE   ARABE   DE  JERUSALEM.      257 

bofjq  «  punaises  »  signifie  «  moustiques  »  à  Alep.  — 
dàmmar  «  mettre  dehors ,  chasser  »  vient  du  turc 
diiuard  «  dehors  »  ;  dénier  «  qui  est  dehors ,  qui  broute 
en  liberté  ».  — june  Ai^a.  «  panier  »  est  un  emprunt 
aux  Arabes  de  l'Est.  —  hémin  «  comme,  parce  que  » 
vient  de  ^jici^xa. ,  qui  est  hayui-dn ,  "aym-dii  en  Syrie.  — 

ammâm  -uJl  «  Damas  »,  et  non  «  la  Syrie  »;  ce  dernier 
sens  n'est  pas  vulgaire  en  Syrie.  —  qàrrat  ''éni  «  mon 
œil  s'est  rafraîchi  »,  c'est-à-dire  je  suis  content.  —  qzd: 
et  qzéz  ^iy»  «  du  verre  »  se  trouve  en  Syrie ,  en  Méso- 
potamie, etc.,  tandis  que  la  forme  classique  ^^3  y 
paraît  inconnue  ;  en  Egypte  on  a  qizàze  «  un  flacon  » 
et  zuqâq  «  du  verre  ».  jVjJ»,  qui  ^t  purement  vulgaire , 
paraît  être  une  métathèse  très  ancienne  de  ^U-j.  — 
sarbûse  [^marbume  «  la  houppe  du  tarbouche  »)  pa- 
raît être  le  prototype  du  mot  tarhàui, Wep  tarbéiu 
«  bonnet  rouge  des  citadins  »,  et  nous  ramener  à  un 
persan  saipôm  ou  sarpmu  (jijjjw  «  ce  qui  habille  la 

tête ,  coiffe ,  coiffure  »  ;  quant  à  ai^Çi.  ludrràbe  «  gland 
ou  flot  du  tarbouche  » ,  ne  serait-ce  pas  un  dérivé  de 

A.-i^^  ou  iji^j^  sur  le  wazn  *Jlx»  avec  le  sens  des 

wazn  ^Juxi,  ^Jyti? —  môb  Lj>y^  «chaleur  de  l'air», 
usité  à  Jérusalem ,  est  bien  un  mot  propre  à  la  Syrie  el 
inconnu  à  l'Egypte.  —  Lire  tdbat  nafsi  au  lieu  de  tabâl.. . 
—  tacht  ruwâm  «  lit  de  Grecs  »  est  corrompu  par  éty- 
mologie  populaire  de  ^jt^;oi.i*^  tcucUrwân  usité  à  Alop  ; 
l'original  persan  taxte  ravân  signifie  «  litière  mobile  »; 
c'est  un  palanquin  porté  par  deux  mules ,  l'une  en 
avant,  l'autre  derrière,  mais  ayant  la  tête  tournée 


258  SEPTEMBRE-OCTOBRE    1006. 

dans  le  même  sens.  On  connaissait  c«  genre  tit» 

litière  en  FVance  au  moyen  âge.  —  Pour  tanim  Is,  le 
sens  ordinaire  et  usuel  n'est  pas  t  ^tre  complété  », 
mais  «  continuer  »  ;  ex.  :  tamnuH  tjskar  «  t'enivres-tu 
toujours?»  —  Wlahi  «joli»  est  d'origine  turque; 
à  Mep  ^^Jb^  dàtabi  «  élt^gant  et  courtois,  raffiné» 
s'emploie  dans  ce  proverb<'  halabi  :  hàUihi  ^àlahi, 
uiàmi  màmi,  (f^lsi  'awàni,  niàsri  kiuàmi  «Alépiii, 
petit-maître;  Damanquin,  homme  funmte;  Hi^roso- 
iémitain.  mouchard;  Kgyptieii,  voleur!»,  qui  ]>'Ul 
faire  pendant  à  c«^lui-ci  :  ^Ja^\  Oj-il  Jy  (j»*^^  ^jékSaJI 
ehjads ,  'àndjas  (jôm ,  'âmraf  'ard  «  Jérusalem ,  la  plus 
im])ure  des  populations,  la  plus  noble  (sainte)  des 
terres  i». 


LITTERATURE  SYRIAQtlE.  250 

ÉCLAIRCISSEMENTS 

SUR  QUELQUES  POINTS 

DE  LA  LITTÉRATURE  SYRIAQUE, 

PAR 

M.  J.-B.  CHABOT. 


I.  Jean  d'Apamée. 

Il  est  fait  mention  à  plusieurs  reprises,  dans 
quelques  écrits  syriaques,  d'un  auteur  nommé  Jean 
d'Apamée.  Si  l'on  compare  les  passages  où  ce  nom 
se  rencontre,  on  s'aperçoit  qu'il  est  difficile  de 
coordonner  les-  indications,  en  apparence  contra- 
dictoires, qu'ils  contiennent.  Nous  allons  essayer  de 
démêler  ce  qu'il  peut  y  avoir  d'exact  dans  ces  ren- 
seignements. 

1°  Ebedjésus,  dans  son  Catalogue  des  écrivains 
syria/fues ,  mentionne  Jean  d'Apamée  parmi  les  «  au- 
teurs grecs  »,  à  la  suite  de  Palladius  et  de  saint 
Jérôme,  en  ces   termes  :  yx-ca  r<^  ».  "TX-^rcf  ^u^o* 

.  r^^o\»=ri^^^ A^o  .  vîCxm  \:^q  «  Jean  d'Apamée 
composa  trois  tomes,  des  lettres  sur  la  vie  spiri- 
tuelle, sur  les  passions  et  sur  la  perfection  i.  » 

'  BibLot:,  m  r,  p.  45,  5o. 


MO  SEPTEMBUË-OCTOBKE    1900. 

Assémani,  dans  ia  description  sommaire  des 
manuscrits  de  Nitrie  apportés  à  la  bibliothèque  vati- 
cane,  mentionne  les  œuvres  de  Jean  d'Apamée  : 
Johannis  Apameensis  monachi  Sermo  de  recta  in 
Deum  et  Christum  fide,  etc.  .  .  —  Johannis  Apa- 
meensis  monachi  Epistolae  \ .  —  Johannis  Apameen- 
sis  monachi  Capita  doctrinu;  XX,  de  re  ascetica 
(Cod.  Nitr.  xviii;  Bibl.  Or.,  1,  567). 

Johannes  Apameensis  monachi  Sermone.s  III.  — 
Joh.  Apameensis  Pfieceplu  ad  quenulain  Iratrem 
peregrinum  etc.  —  Johannes  Apameensis  de  animi 
affectibus,  ad  Eusebium  et  Ëutropium  (Cod  Nitr. 
MX,BibLOr.,],  568). 

Les  mêmes  indications  sont  répétées  dans  le  Cata- 
logus  Biblioth.  Clem.  Vaticanœ,  où  ces  deux  manu- 
scrits sont  décrits  sous  les  numéros  xciii  et  cxxiii 
(t.  II,  p.  499;  t.  III,  p.  lAo). 

0  n'est  pas  douteux  que  les  ouvrages  indiqués 
répondent  à  ceux  qui  sont  signalés  par  Fjbedjésus. 
Mais  ces  mêmes  ouvrages  existent  aussi  dans  plu- 
sieurs* manuscrits  du  British  Muséum ,  et  en  parti- 
culier dans  le  manuscrit  add.  i  7  1  69,  qui  est  daté  de 
l'an  58 1^  Dans  ces  manuscrits  l'auteur  est  simple- 
ment appelé  «  Jean  le  moine  »  (n^'\Axv*  ^..>»<u  y'S.so) 
et  quelquefois  surnomme  «  le  Voyant  de  ia  Thé- 
baïde  »  (oû^ji^raV-A  i^vw).  J'avais  donc  conçu  de 
graves  soupçons  sur  la  fidélité  des  descriptions  don- 


'  Cf.  Wright,  Cat.  of  tyr.  Mu.,  p.  45 1;  et  à  l'Index  général 
s.  V.  (John  the  Moiik  *. 


LITTERATURE   SYRIAQUE.  261 

nées  par  Assémani.  M.  Guidi ,  ayant  bien  voulu  exa- 
miner les  manuscrits  du  Vatican,  m'écrit  que 
le  qualificatif  d' Apaineensis  ne  se  trouve  dans  aucun 
des  passages  indiqués  par  Assémani,  mais  que  l'au- 
teur y  est  simplement  appelé  «Jean  le  moine», 
comme  dans  les  manuscrits  de  Londres.  Or,  nous 
savons  fort  bien  qui  était  ce  Jean ,  moine  de  la  Thé- 
baïde  ;  il  est  connu  sous  le  nom  de  Jean  de  Lyco- 
polis  ;  ses  ouvrages  existent  partiellement  en  grec ,  et 
la  confusion  faite  par  Assémani  a  été  signalée  il  y  a 
déjà  longtemps  par  Gureton^. 

Un  premier  point  est  donc  acquis,  c'est  que  la 
mention  de  Jean  d'Apamée  chez  Ebedjésus  et  Assé- 
mani est  le  résultat  d'une  confusion.  Assémani  a  été 
induit  en  erreur  par  Ebedjésus,  qui  avait  lui-même 
été  trompé  probablement  par  une  identification  ar- 
bitraire proposée  par  Michel  le  Syrien ,  comme  nous 
le  verrons  tout  à  l'heure. 

2°  Nous  rencontrons  un  Jean  d'Apamée  men- 
tionné par  Bar  Hébréus  dans  sa  Chronique  Ecclésias- 
tique ^  parmi  les  hérétiques  qui  vivaient  du  temps 
de  Justinien,  c'est-à-dire  au  vi"  siècle.  Bar  Hébréus 
ne  fait  que  résumer  en  ce  passage  la  Chronique  de 
Michel  le  Syrien ,  qui  est  un  peu  plus  explicite  sur  la 
doctrine  de  cet  hérétique^. 

Théodore  Bar  Khôni ,  dans  son  livre  des  Scholies  , 
consacre  aussi  un  chapitre  à  l'hérésie  de  Jean  d'Apa- 

'  Corpus  Ignatianuin ,  1849,  V-  35 1. 

^  Chr.  Eccl. ,  1 ,  222. 

'  Texte,  I».  3i3.  Trad.,  l.  11,  p.  25o. 

via.  18 


a02  SEPTliMBRE-OCTOBRK    1901.. 

inée^  Dans  ce  chapitre  il  cite,  plus  longuement 
que  Michel,  des  passages  de  la  docfrino  de  Jean.  Il 
termine  par  ces  mots  :  «  Cet  imposlciir  f-omposa  un 
livi-e  (pi'il  appela  Lesjhndcmeuls  (^^ûori^itvx).  >• 

Les  renseignements  fournis  par  Michel  et  par 
Théodore  viennent  incontestahlement  de  la  m<^m«' 
source.  Tous  deux  nicontent  qiw  Jean  naquit  à 
Aptmuie  ot  étudia  la  médecine  h  Alevandrir,  puis 
revint  dans  son  ]>ay8  d'origine  et  y  enseigna  ses  doc- 
tiines  étranges  et  incohérentes,  où  le  dualisme,  le 
panthéisme  et  le  plalonismr  se  confondctït  dans  un 
singulier  amalgam(\  Tous  les  deux-  citent  un  même 
passage  de  ses  écrits.  Théodore  ajoute  qu'il  vécut 
dans  le  couvent  dr  Mar  Siméon.  Michel  termine  par 
ces  mots  :  •«  liOiNqn'il  revint,  il  se  i*etira  au  désert; 
il  Ht  des  livres  sur  la  perfection  dans  lesquels  est 
trachée  son  hérésie.  On  les  appelle  de  «  Jean  le 
«  Moine  ».  Et  c'est  cette  identification ,  tout  à  fait  ar- 
hitraire,  qui  paraît  avoir  causé  l'erreur  d'Khedjésus, 
et  qui  a  peut  être  amené  l'auteur  a  placer  Jeaii 
d'Apamée  au  vi'  siècle. 

3"  Il  est  encore  question  de  Jean  d'Apamée  dans 
le  LiviT  de  ta  (Ihasfcté  de  Jésusdenah,  évoque  de 
Bassorah ,  qui  vivait  au  i\*  siècle.  La  notice  con- 
sacrée à  lh.aac  de  Niiiive  se  tennine  ainsi  :  «  Conune 
il  était  du  Beit  Qatarayê,  je  pense  que  la  jalousie 
excita  les  inoincs  contre  lui ,  de  même  que  Cotitre 
Joseph  Hazzaya,  Jean  d'Apamée,  et  Jean  de  Daiya- 

'  PoGKO?> ,  Insciiptions  mandaîtes  des  Coupes  de  khimahir,  p.  i  '»2  , 
207. 


LITTERATURE   SYRIAQUE.  263 

tha^.  »  —  Ces  paroles  de  Jésusdenali  contiennent 
une  allusion  manifeste  à  un  passage  du  patriarche 
Tiniothée  I"'  (ySo-SiS)  cité  par  Ebedjésus  dans 
son  Nomucanon'' .  Tiniothée  parle  de  Tobligation 
qu'avaient  les  auteurs  de  soumettre  leurs  ouvrages 
doctrinaux  à  la  censure  de  l'autorité  ecclésiastique 
avant  de  les  répandre  dans  le  public;  le  patriarche 
les  examinait  et  les  approuvait  s'il  les  en  jugeait 
dignes,  sinon  il  les  réprouvait  et  les  condamnait  : 
«  Sin  vero  approbatione  illas  (lucubrationes)  indignas 
patriarcha  censuisset,  reiiciobat  veluti  legibus  eccle- 
siasticis  contrarias,  damnabat(|ue,  quemadmodum 
Sabariesus  catholicus  Hanani  /Vdiabeni  scripta,  et 
lesuiabus  Sahadunae  tabulas,  commentaque  Esaiae 
Taholensis,  Nosque  similiter  blasphemias  illius 
Apameensis,  et  losephi,  atque  lohannis  Daliathen- 
sis  proscripsimus.  »  Ce  sont  les  trois  noms  cités  pai" 
Jésusdenah. 

H  ne  semble  guère  douteux ,  d'après  le  seul  con- 
texte^, que  Timothée  parle  de  trois  auteurs  à  peu 
près  contemporains,  cpii  devaient  vivre  de  son 
temps  ou  peu  auparavant.  Le  sens  paraît  bien  être  : 
l)e  même  que  Sabarjésus  et  Jésusyahb  ont  con- 
damné les  hérétiques  de  leur  temps,  de  même  j'ai 
condamné  ceux  de  notre  époque. 

La  dilhculté  consiste  donc   à  savoir  si  le  Jean 


'  Édit.  J.-B.  Chabot  (home,  1S96),  n"  134. 
-  Mai,  Script.  Vet.  nova  CoUect.,  t.  X,  p.  167. 
^  Nous  l'élablirons  plus  has,   d'après    les   sviiclu'ouisines,  ])uiir 
Joseph  lla/.za)a  el  Jean  de  Dalyallia. 

18. 


S64  SEPTEMBIIK-OCTOBKK   190f). 

d'Apamée  mentionné  .par  TluHxIore  Bar  Khôni  et 
Michel  le  Syrien  est  le  niémr  que  celui  dont  paient 
Tiniothée  et  Jésusdenah. 

Tt)iit  porte  à  croire  qu'il  s'agit  de  deux  person- 
nages distincts. 

Michel  pari»'  d'un  ««ciiNaiii  (|iii  aurait  nccu  au 
vr  sièci»-',  et  Tiniotliée  parle  dun  auteur  du  \  m'"  siècle. 
Toutefois,  comme  nous  sommes  porté  à  croire  que 
Michel  fait  vivre  son  Jean  d'Apamée  au  temps  de 
Justinien  par  simple  conjecture,  nous  n'insisterons 
pas  sur  cet  argument. 

Michel  pjirle  vraisemhlablement  d'un  auteur  ori- 
ginaire d'Apamée  de  Syrie,  (pji  étudia  les  livres  grecs 
à  Alexandrie.  —  Tiniothée  au  contraire  parle  très 
probal>h>nient  d'un  auteur  nestorien  (|ui  troublait 
l'Kglise  de  Séleucie  par  ses  doctrines  singulières.  Il 
est  difficile  à  croire  que  des  doctrines  aussi  extrava- 
gantes et  aussi  grossières  que  celles  énoncées  par  le 
Jean  d'Apamée  de  Michel  et  Thédore  fussent  capa 
bles  de  se  propager  dans  les  églises  de  Perse,  qui 
d'ailleurs  repoussaient  tout  r«  qui  venait  des  Syriens 
occidentaux,  .le  pense  donc  que  Timothée  con- 
danuiait  un  Jean  originaire  d' Apann'»'  de  Babylonic, 
et  qui  n  avait  rien  de  cunnnuii  avec  .Jean  (rXpairn'e 
de  Syrie. 

Objectera-t-on  que  le  monastère  de  Sainl-Siméon 
se  trouvait  dans  la  région  d'Apamée  de  Syrie  •  ?()n  peut 
répondre  qu'il  y  avait  de  nombreux   couvents   sous 

'  Quelques  chroni(|ueiii's   «lisent  que  le    khaiil'e  Omar    II   v    lui 
enseveli. 


LITTÉRATURE   SYRIAQUE.  265 

le  vocable  de  Saint-Siméon ,  que  nous  en  connais- 
sons plusieurs  en  Assyrie ,  et  qu'il  pouvait  s'en  trou- 
ver un  dans  les  environs  d'Apamée  de  Babylonie. 

Toutes  les  objections  tombent  devant  l'argument 
suivant  qui  nous  paraît  décisif. 

Jésudenab,  ou  sa  source ,  en  laissant  entendre  clai- 
rement que  le  patriarche  Timothée  avait  eu  tort  de 
condamner  les  écrits  de  Jean  d'Apamée,  indique 
manifestement  qu'il  ne  s'agissait  point  d'ouvrages 
tels  que  ceux  dont  Michel  et  Théodore  nous  ont  con- 
servé des  extraits,  ouvrages  dont  la  doctrine,  toute 
païenne,  n'était  nullement  toiérable  dans  aucune 
secte  chrétienne. 

En  résumé ,  il  paraît  certain  :  i  °  que  les  écrits 
ascétiques  attribués  par  Ebedjésus  et  Assémani  à 
Jean  d'Apamée  appartiennent  à  Jean  de  Lycopolis; 
—  2"  que  Jean  d'Apamée,  condamné  par  le  pa- 
triarche Timothée  I"  (-780-8 28),  était  à  peu  près 
contemporain  de  ce  patriarche;  —  3"  que  ce  Jean 
d'Apamée  (vraisemblablement  Apamée  de  Babylo- 
nie) est  autre  que  le  Jean  d'Apamée  (de  Syrie) 
mentionné  par  Théodore  Bar  Khôni  et  placé  par 
Michel  le  Syrien  à  l'époque  de  Justinien. 

II.  Joseph  Hazzaya  ^ 

La  notice  la  plus  complète  que  nous  ayons  sur 
cet  écrivain,   nous   est  fournie  par  le   Livre  de  la 

'  Je  ne  partage  point  l'opinion  qui  veut  voir  dans  ce  qualifi- 
catif un  ethnique  dérivé  de  Ijiazza  (Arbètes);  je  pense  que  ce  titre 


8M  SKPTEMBRE-OCTOBRE   lOOf.. 

(jhasteté^.  Nous  résumons  ici  les  données  chrono- 
logiques qui  y  sont  contenues.  H  «'«tait  persan  d'ori- 
gine, de  la  ville  de  iNeinrod'-*.  Quand  Omar  ibn 
Khattab  eut  prit  les  rênes  de  lempire  des  Arabes  et 
envoya  ses  troupes  livrer  bataille  «  aux  Turcs  »,  cette 
ville  n'ouvrit  pas  ses  portes.  .Joseph  hil  pris  à  l'âge  de 
sept  ans.  il  fut  >endu  à  un  arabe  de  Singar  qui,  au 
bout  de  trois  ans.  le  revendit  à  un  chr<*tien  du  pays 
de  Qardou.  H  se  convertit  au  christianisme  en  visi- 
tant le  monastère  de  Kamoul.  Son  ruaitre  l'ayant 
affranchi,  il  s'en  alla  an  monastère  d'Abba  Çeiiba, 
où  il  fut  reçu  jwi"  le  sup«'>rieur  Cyriacns,  qui  devint 
ensuite  évéque  de  Balad.  Plus  tard,  à  l'instigation 
de  Mar  Khoudawi,  évèque  de  Hiiia,  il  devint  supé- 
rieiu*  du  couvent  de  Rabban  Boktjésus.  Il  mrnirut 
dans  une  profonde  vieillesse  et  fut  enseveli  «liiiis  le 
couvent  de  Mar  Atqen. 

Or  Cyriacus  fut  fait  év<^que  de  Balad  par  (lypria- 
nws  de  Nisibe^,  qui  mourut  en  767'.  (l'est  donc 
avant  cette  date  qu'il  faut  placer  l'entrée  de  Joseph 
I  laz/.aya  au  couvent  d'Abba  Çeiiba  ;  et  comme  «  il 
vécut  de  longues  années  » ,  l'époque  de  sa  mort  ne 
peut  guère  être  antérieure  à  la   lin  du   vm"  siècle, 

fie  voyant,  le  rontempUteui' »  lui  a  été  donné,  comme  à  Jiir(|iH's 
IIazza)a,  ù  rause  de  su  réputation  de  sainteté  et  d'ascétisme. 

*  Ed.  J.-B.  CuABOT,  n"  125. 

'  'AaÂ.snb.l'A  l^oWiA.TTS .  Est-ce  le  nom  propri-  d'une  ville,  ou 
l'auteur  fait-il  allusion  h  l'une  des  villes  dont  In  frndition  nftribue 
la  Fondation  à  Nemrod  ?  Je  ne  saurais  le  dire. 

*  Le  litrt  dé  la  Ckatteté .  n"  lor». 

*  Elie  de  Nisibo,  apud  Bar  Hébr^os,  Chmn.  errl..  Il,  i(»!i.  n.  a. 


LITTERATURE   SYRIAQUE.  207 

c  est-à-dire,  couiuie  nous  ravons  conjecturé  plus  haut, 
sous  le  patriarcat  de  Timothée  P'  qui  condamna  ses 
écrits  «  eu  Tan  i  -yo  de  l'hégire  »^  (ySô-ySy).  Reste  à 
expliquer  la  mention  du  règne  d'Omar  ibn  Khattab 
(634-6^4)-  Nous  croyons  que  l'auteur  à  fait  ici  une 
confusion  et  qu'il  s'agit  en  réalité  du  khalifat 
d'Omar  II  (7  i  7-720).  La  guerre  «  contre  les  Turcs  » 
doit  faire  allusion  aux  événements  qui  se  passèrent 
dans  le  Khorasan  à  la  fin  du  règne  de  Soleiman  et 
au  commencement  de  celui  d'Omar  2.  La  naissance 
de  Joseph  tiazzaya  doit  donc  être  placée  vers  l'an 
7  1 G ,  et  sa  mort  à  la  fin  du  vm"  siècle. 

III.  Jean  de  Dalyatha. 

(k't  auteur  était  aussi  contemporain  de  Joseph 
Hazzaya  et  de  Timothée  l"\  Jésudenah  nous  apprend , 
en  effet,  qu'il  fit  son  noviciat  dans  la  vie  monastique 
sous  la  direction  d'Etienne,  «disciple  de  Jacques 
Hazzaya  et  de  Rabban  Afnimaran^  »,  Or,  nous  savons 
par  le  même  ouvrage  que  Jacques  Hazzaya  refusa  de 
se  laisser  consacrer  métropolitain  de  Nisibe  par  le 
catholicos  Henanjésus  (686-701),  et  qu'il  mourut 
supérieur  du  couvent  de  Mar  Jésusyahb ,  à  l'âge  de 

'  Le  livre  de  la  Chasteté,  n"  laS. 

*  «Praefecit  Chorasanae  Suleiman  f.  Abdulmelici  leiichini  f. 
Mahlebi  f.  Abusafrae,  qui  magnas  oblinuit  viclorias,  cepitque 
Taberistanam  et  Gjorgjanain,  innumeros  occidens  infidèles  atque 
spolians  et  imponens  reliquis  tributum.  »  El-Macin  ,  Historia  snrn- 
cenica,  trad.  Erpenius,  p.  88. 

^  Le  livre  de  la  Chasteté .  n"  i  a6. 


208  SEPTKMBRE-OCTOBRE    1906. 

quatre-vingt-dix  ans'.  Un  de  ses  disciples,  Aharon^, 
vivait  sous  l'épiscopat  de  Cyriacus  de  Balad  (vers  760). 
—  Afnimaran,  qui  vécut  cent  ans,  avait  reçu  l'habit 
monastique  de  Qainjésus,  .supérieur  du  couxeiil  de 
Beit  'Ahê^  (vers  63o*).  Toutes  c<'s  doiuiées  nous 
ramènent  donc  facilement,  pour  la  date  de  Jean  de 
Dalyatha,  plus  jeune  de  deux  générations,  à  la 
seconde  moitié  du  vin*  siècle,  et  nous  croyons  volon- 
tiers qu'il  fut  condamné  de  .son  vivant  ou  peu  après 
sa  mort,  par  le  patriarche  Timothée  1",  en  -786, 
commt'  It's  deux  écrivains  mentionnés  plus  haut. 

IV.  IjE  Livhb  de  l'Expolsion  de  la  Tristesse. 

Dans  le  catalogue  des  écrits  de  Bar  Hébréus 
dressé  par  son  frère ,  et  inséré  dans  la  continuation 
de  sa  Chronique  ecclésiasticiuc ,  on  lit  : 

her  narrationum  ludicrarum  et  hetarum ,  in  gratiam 
tristium*.  » 

.\insi  portent  les  manascrits  de  Londres  *'l  de 
Cambridge;  mais  le  manuscrit  de  Rome,  reproduit 
par  Assémani  (B.  0.,  II,  p.  aya),  ajoute  :  fw^K^t 
^oâ^  >k»?  ^^.JLd)^) ,  c'est-à-dire  :  «  qui  est  appelé  en 

'  Le  livre  de  la  Ckasteté .  n*  i^o. 

*  Op.  cit..  n"    ii-y. 
'  Op.  cit. .  n'  93. 

*  Thomas  dk  Marga,  The  Book  of  Governors.  éd.  Biiri<{e,  I, 
xcvii  ;  II ,  121. 

''  Ed.  \bbrloos  et  Lawv,  II,  479. 


LITTÉRATURE   SYRIAQUE.  200 

arabe  daj^  al-hamm»,  (l^^i  «i  expulsion  de  la  Tris- 
tesse). Wright^  croyait  voir  là  l'indication  d'une 
contre-partie  arabe  du  Livre  des  Récits  amusants,  et 
son  opinion  paraît  avoir  été  acceptée. 

Nous  croyons  que  l'addition  du  manuscrit  de 
Rome  doit  être  regardée  comme  une  glose  posté- 
rieure, et  qu'elle  n'est  pas  exacte. 

Egalement  erronée  est  la  notice  contenue  dans 
une  autre  liste  des  œuvres  de  Bar  Hébréus,  aussi 
publiée  par  Assémani  -,  et  qui  se  trouve  «  ad  calcem 
cod.  syr.  Medic.  Palatini  ZisS».  Cette  liste,  à  part 
l'ordre  des  ouvrages  ^,  est  la  même  que  celle  de  la 
Chronicjue  ecclésiastique.  On  y  lit,  presque  à  la  fin  : 

">  \^^  w>ô^^akS.  JLiJ»-â.^o  jLL.a.M,^o  jLuoLf  jL^N)  «"^ 

Or,  il  faut  remarquer  qu'en  dédoublant  ainsi  le 
Livre  des  Récits  amusants ,  la  liste  comprend  3  2  ar- 
ticles ,  tandis  que  le  frère  de  Bar  Hébréus  commence 
son  catalogue  en  disant  qu'il  renferme  3 1  ouvrages. 

Nous  connaissons  parfaitement  le  contenu  du 
Livre  des  Récits  amusants,  qui  a  été  édité  par 
M.  Budget 

Nous  connaissons  sommairement  le  Livre  de  l'Ex- 


'  Syriac  Literalur,  2*^  éd.,  p.  280. 

2  BM.  or.,  n,  268. 

■*  Le  Livre  des  Récits  amusants  se  trouve  sous  le  n"  3 1  dans 
la  liste  de  la  Chronique. 

''  The  laughable  Stories  coUected  by  Mar  Gre(jory  John  Bar- 
Hebrœus.  Londres,  1897. 


370  SEPTKMBRE-OOTOBRR    1006. 

pulsion  de  la  Tristesse  pai"  les  notices  des  inanuscrils 
qui  ie  renlernient.  Les  mss.  syr.  (cai-sonni)  a -7 a 
et  273  de  Paris,  et  ie  ms.  syr.  (carè.)  190  de  Berlin 
le  contiennent  sans  nom  d'auteur,  et  c'est  par  conjec- 
ture que  les  catalogues^  l'attribuent  ii  Bar  lli'bréus; 
conjecture  fondée  sur  les  listes  dont  nous  avons  parlé 
t't  appuyée  sur  l'autorité  fort  contestable  d'un  autre 
manuscrit  que  nous  citerons  plus  bas. 

Mais ,  d'après  te  titre  des  chapitres  donné  dans  ces 
catalogues,  ce  livre  n'a  aucun  rapport  avec  celui 
des  Hécits  uinusunts ,  ni  quant  a  la  manière  dont  il 
est  divisé,  ni  quant  aux  sujets  qui  y  .^ont  traités.  Les 
mots  contenus  dans  le  manuscrit  du  Vatican  «  qui  est 
appelé  en  arabe  daj^  al-hamm  »  ne  sauraient  donc 
être  attribués  au  frère  de  Bar  Hébréus,  incapable  de 
commettre  une  pareille  méprise.  D'autre  part,  il 
n'est  guère  vraisemblable,  si  Bar  Hébréus  çiait 
réellement  fauteur  d'un  ouvrage  intitulé  Expulsion 
de  la  Tristesse,  que  son  frère,  (jui  a  écrit  sa  vie  et 
dressé  si  soigneusement  la  liste  de  ses  œuvres,  ait 
négligé  de  mentionner  cet  écrit. 

Mais  alors  quel  serait  fauteur  du  Livre  de  l'Expul- 
sion de  la  Tristesse?  Nous  répondons  sans  hésiter  : 
Klias,  métropolitain  nestoriende  Nisibe(7c.  io5o). 
C'est ,  en  effet ,  à  cet  écrivain  que  l'ouvrage  est  attribué 
dans  la  plupart  des  manuscrits  arabes  qui  le  ren- 
ferment, et  dont  procède  sans  doute  la  transcription 
en  carsouni.  Ces  manuscrits  sont  les  mss.  ar.   lyS, 

'  ZoTBNBBRG,  Catal.  des  hu.i,  $yr.  tU  laBibl.  nat.,  p.  9  1 1;  Sachau, 
Verzeichnits  der  syr.  Handschr.  der  hnniyl.  Bihl.  za.  Berlin  .  p.  63 1 . 


LITTERATURE   SYRIAQUE,  271 

1  '76 ,  et  le  ms.  syr.  (carsoimi)  33 1  de  la  Bibliothèque 
nationale;  le  ms.  ar.  Orient,  A^Ao,  du  British  Mu- 
séum; le  ms.  ar.  Marsh  Ixk,  de  la  Bibliothèque 
Bodléienne  à  Oxford;  et  les  mss.  ar.  clviii,  clxxx  et 
CLXXxi  de  la  Bibliothèque  Vaticane.  Le  ms.  clviii  a 
été  copié  en  1  357,  sur  un  codex  daté  de  1  328.  V'^oici 
l'analyse  qu'en  donne  le  catalogue^  : 

4°  Sancli  pati'is  Eliae  metropolitae  Nisibis,  cognomento 
Bar-Sinaei ,  .  ,  .  .  liber  inscriptus  :  Praesidia  ad  expellendam 
aiiimi  inqaietudinein,  moralis,  in  praelationem  et  dviodecim 
portas  seu  capita,  quorum  séries  initio  praefigitur,  distri- 
butus.  Caput  I.  De  virtute  religionis  et  de  peccato  rebeliionis; 
II.  De  utilitate  gratiarum  actionis  et  vitio  ingrati  animi;  III. 
De  laude  castitatis  et  de  vituperatione  libidinis;  IV.  De 
praestantia  huniilitatis  et  opprobrio  superbiae  ;  V.  De  excel- 
lentia  misericordiae  et  turpitudine  inhumanitalis;  VJ.  De 
utilitate  poenitentiae  et  detrimento  animi  in  malo  oblirmati; 
VII,  De  virtute  adhaesionis  intellectui  et  vitio  adhaesionis 
cupidltati;  VIII.  De  utilitate  consijii  et  damne  eius  (jui  In 
sententia  sua  obiirmatur;  IX.  De  iaude  bonae  indoiis  et 
viluperatione  malae  indoiis;  X.  De  excellentia  liberalitatis 
et  condemnatione  avaritiae  ;  XI.  De  bonitate  iustitiae  et  pra- 
vitate  iniustitlae;  XII,  De  utilitate  cleuientiae  et  detrimento 
obtrectationis. 

C'est  cet  ouvrage  même  qui  est  mis  sous  le  nom 
de  Bar  Hébréus  dans  les  catalogues  de  Zotenberg  et 
de  Sachau.  On  voit  qu'il  n'a  aucun  rapport  avec  le 
Uvre  des  Récits  amusants.  Il  faut  donc  rejeter  comme 
apocryphe  l'attribution  expresse  de  l'ouvrage  à  Bar 
Hébréus  dans  le  titre  du  manuscrit  arabe  du  liritish 

'  Mai,  Script,  vet.  nova  coll.,  t.  V,  p.  298. 


272  SEPTEMBRE-OCTOBRE  1906. 

Muséum  Hari.  546 1 ,  qui  est  ainsi  libellé  :  yyu  (^«XJCxi 

Or,  d'après  la  description  donnée  dans  le  (jatti- 
loguc\  au  dire  de  la  pn'fîire.  rouvrairi'  devait  être 
divisé  en  trois  parties  ; 

Hic  tractatas  de  depulsione  mœroris  in  très  partes  divi- 
ditiir  :  I.  agit  de  virtutibus  quae  la>titiam  et  aniini  trnnquilli- 
tatera  créant,  et  de  vitiis  rontrariis  qua-  iiiœstitiara  in- 
duount;  II.  historias  jucundas  quae  ad  propositum  fariunt, 
narrât;  III.  de  raagnis  viris  qui  istis  virtutibus  ornall  fueninl 

(>t  de  iis   qui   vitiis  contrariis  iaborarunt Sed   piima 

(pars)  tantum,  in  qua  duixieciui  rapitibus  de  variis  virtutibus 
disseritur,  in  codice  nostro  continetur*. 

Si  la  préface  est  d'Klias  lui-même,  son  oiivragr 
est  sans  doute  demeuré  inachevé.  Si  au  contraire 
elle  est  l'œuvre  d'un  copiste ,  il  est  permis  de  croire 
que  celui-ci  avait  l'intention  de  fondre  ensemble 
l'ouvrage  d'Élie  de  Nisibe  et  celui  de  Bar  Hébréus, 
et  d'ajouter  comme  complément  des  exemples  tirés 
de  l'histoire  sacrée  et  profane.  Nous  ignorons  si  ce 
])rojet  a  été  mis  à  exécution  ;  mais  il  est  certain  que 
le  compilateur  a  supprimé  le  nom  d'Kiias  |K)ur  y 
substituer  celui  de  Bar  Hébréus,  soit  parce  qu'étant 
jacobite  il  ne  pouvait  décemment  proposer  à  ses 
coreligionnaires  le  traité  d'un  auteur  nestorien,  soit 
parce  qu'il  a  lui-même  cru  de  bonne  foi,  à  cause 

'  Catal.  cod.  orient..  Il,  cod.  arab.,  p.  5i. 

*  Il  en  est  de  même  dans  le  ms.  syr.  (carsouni)  272  «!•*  la  Bi- 
bliothèque nationale. 


LITTERATURE    SYRIAQUE.  27:i 

de  la  similitude  des  titres,  que  cet  ouvrage  était 
réeliement  de  Bar  Hébréus  et  faussement  attribué  à 
Elias. 

V.  Ahôb  du  Qatar. 

Le  nom  de  cet  écrivain  nestorien  est  écrit  tantôt 
jracuAr^  Ahôb,  tantôt  .racvy^  Hôb,  tantôt  .racur^Joi. 
I /usage,  introduit  par  Assémani,  avait  prévalu  de 
l'appeler  de  ce  dernier  nom.  Je  suis  aujourd'hui 
convaincu  que  la  première  leçon  est  la  véritable.  C'est 
celle  qu'on  trouve  dans  le  seul  manuscrit  du  Cata- 
logue d'Ebedjésus  que  j'ai  pu  consulter^  :  c'est  celle 
qui  est  donnée  dans  l'édition  d'Abraham  Echellensis  ^  ; 
et  il  semble  bien ,  d'après  la  manière  dont  s'exprime 
Assémani^,  qu'il  avait  cette  nême  forme  sous  les 
yeux  et  qu'il  lui  a  préféré  la  lecture  .tdoït^,  parce 
que  celle-ci  était  conforme  au  nom  biblique  bien 
connu  :  Joh.  On  doit  explique  ^  par  la  même  raison , 
la  même  leçon  dans  les  passa  es  du  lexique  de  Bar 
Bahloul  où  elle  se  rencontre;  rX  la  forme  .racoA  qui 
revient  un  certain  nombre  de  'ois''  dans  ce  même 
lexique,  doit  être  considérée  comme  le  résultat  d'une 
négligence  de  copiste  qui  a  laissé  tomber  1p  ts^ initial. 

On  conçoit  très  bien  qu'un  copiste  ai*  lu  le  nom 
si  fréquent  .racwirs^f ,  au  lieu  du  nom  pre  ,que  inconnu 
.racoAr^,  tandis  que  le  contraire  par^'.t  inexplicable. 

'  Bibl.  nat.,  ms.  syr. ,  n°  3i5. 

*  Rome,  i653,  p.  8a. 

•^  Bibl  or..  III,  I,  p.  175. 

'   Voir  l'édition  de  R.  Duval,  proiiiniuiu,  p.  xix 


274  SEPTKMBRK-OCTOBKE   1900. 

Or  c'est  précisément  la  forme  .racoAi^qui  se  trouve 
non  seulement  chez  Ébedjêsus,  mais  liaiis  les  dillé- 
rents  manuscrits  qui  contiennent  des  ouvrages  ou 
des  citations  de  notre  écrivain  '. 

Ahôb  du  Qatar  vivait  probablement  au  x"  siècle. 

VI.    Ii\  rnr.oMojK  DE  B\i'.  Hai>bksabb\. 

En  donnant  dans  le  Journal  ai>iiili(fiu-  la  traduc- 
tion des  fragm«'nts  de  la  Chronique  de  Har  Hadbe- 
sabba  publics  par  le  P.  Mingana,  dans  la  préface 
de  son  édition  des  Homélies  choisies  de  Narsai^, 
nous  avons  émis  sur  fauthenticité  de  cette,  chro- 
nique des  doutes  fondés  :  i"  sur  ce  que  l'auteur  con- 
londail  iNarsai,  compétileui*  d'Klisée  au  patriarcat 
(Ners  5a3),  avec  Narsai  ie  fondateur  de  TÉcole  de 
Msibe;  —  j"  sur  ce  qu'elle  faisait  mention  de  l'élé- 
\ati()n  au  patriarcat  de  Jésusyahb  I",  élévation  pos- 
térieure à  ia  date  supposée  de  la  Chronique. 

L'éditeur  a  bien  voulu   nous  apprendre^  que  ces 

'    \oir  enliv  autre»'  :  Orientulinlir  Stuilifti    Thcodin    \oldrL-  eti., 
p.  IgS;  Addai   Scher,  CntnI.  de$  mss.   nyr.  et  nrah.  de  In  hihi.  de 
Séert ,  Mossoui ,   1 906 ,  n"  1  a  1  ;  ut  iVotiVe  .fur  lr.%  mss.  syv.  dn  cou 
rent  de  ynlre-l)ame-det-Semences  [Jouin,  as..  1906  ),  n"' ••o,  ii.a'?. 

*  Journ.  as.,  juilk-t-aoùl ,  1  900. 

'  Nartui  Doclorii  iS'yri  Homilite  et  Cannina ,  Mossoui,   lyc"). 

*  Dans  une  petite  brochure  s.  L  n.  cl.  intitulée  :  liéi)onse  n 
M.  tabbc  J.-B.  Chabot  à  propos  de  la  Chionufue  de  linhudhbiabba 
(in-8°,  p.  19),  après  s'être  plaint  que  son  travail  n'ait  pas  été 
sulTisamment  loué,  l'auteur  relève  quelque»  inadvertances.  Voici 
re  qui  paraît  digne  d'étri'  signalé  et  corrige  :  j).  1  ().">,  n.  5, 
lire  Vo^  au  lieu  de  V\cA ; -— p.  166,  1.3  :«r^(\V.  est  traduit 


LITTEUÂTUHE   SYRIAQUE.  275 

deux  raisons  n'existent  pas  :  dans  le  premier  cas,  il 
a  malencontreusement  rapproché  deux  passages  qui 
se  trouvent  à  deux  endroits  différents  d'un  manuscrit; 
et  dans  le  second,  il  a  simplement  oublié  d'avertir 
qu'il  introduisait  dans  le  texte  une  note  marginale. 
Il  faudrait  donc  rendre  à  Bar  Hadbesabba  la 
paternité  de  la  chronique. 

Vif.   Lks  .ieuv  d'esprit  chez  les  Syrikn.h. 

Dans   une  note  lue  à  la  réunion  générale  de  la 
Société ^  nous  avons  essayé  de  grouper  ce  que  nous 

latissement,  dit-il,  par  compagnon,.,,  le  mot  n'a  jamais  signifié  com- 
jw'inon  mais  bien  jeune  enfant»;  ce  n'est  ])as  douteux,  mais  en 
t!-aduisant  littéralement  le  mot  qui  est  à  l'état  construit  (oxk\V-) 
on  aurait  ce  sens  équivoque  t  «Son  poste  fut  alors  occupé  par 
fVbrabaitl  iti  jeune  enj'ant  de  Mai-  Navmi».  li  était  donc  préléi-ablt; 
de  cboisir  une  [)éripbrase;  p.  167,  1.  8,  lire  :  «interprétant,  et 
parlant  de  la  composition  des  Livres  saints»   (terme  liturgique). 

—  p.  189,  1.  8 ,  il  faut  lire  :  «son  carquois  était  parfaitement  suffi- 
sant contre  le  troupeau  de  Satan  »  ;  j'ai  lu  à  tort  Y<râV»X~\a\  au 
lieu  de  X<fVvjk^n.33  que  porte  le  texte;  —  p.  17a,  1.  9.0,  lire  : 
«  môme  pendant  la  période  de  ses  études ,  lorsqu'il  était  encore  éco- 
lier». —  Je  ne  sais  où  l'auteur  a  pu  voir  que  j'identifiais  p.  178, 
n.  a  ,  «  Paid ,  évèque  de  Nisibe  avec  Paul  le  Perse  »  ;  la  note  «  Bihl. 
or.,  III,  I,  87»,  s'applique  parfaitement  à  Paul  de  Nisibe;  Paul  le 
Perse  est  mentionné  par  Assémani  dans  le  même  volume  àlaj).  ASg. 

—  r^es  ternies  T^»-\j3wrO ,  V^ij^X^COro ,  Y^.x:XJtSi.m  ,  que 
les  lexiques  n'expliquent  pas  avec  précision  pour  le  cas  particulier 
où  ils  sont  pris  ici,  sont  ainsi  expliqués  par  le  P.  Mingana  : 
(( r^l.»"H.x:xrr> ,  celui  qui  enseignait  à  bien  lire  la  Bible; 
^^V.Kl^»C7Xm ,  celui  qui  enseignait  le  sens  spirituel  delà  Bible; 
yt!'\  r>^'\nr>  ^  celui  qui  enseignait  le  sens  littéral  de  la  Bible»;  il 
ajoute  :  «Ces  termes  sont  employés  jusqu'à  présent  en  ce  sens. 
dans  plusieurs  églises  de  nos  campagnes.  » 

'  Séance  du  i/|  juin  itjoOi 


276  SEPTEMBRE-OCTOBRE   1906. 

savons  ou  ce  que  nous  possédons  encore  de  la  iitt<^- 
rdture  «récréative»  des  Syriens,  si  l'on  peut  ainsi 
s'exprimer.  Il  ne  semble  pas  utile  de  reproduire  ici 
ce  que  nous  avons  dit  d'ouvrages  bien  connus, 
comme  le  JJvre  des  RéciU  amiL^ants  de  Bar  lléhréus, 
ou  les  soi-disant  Roman  d'Alexandre  et  Roman  de 
Julien  l'Apostolat ,  ni  de  parler  des  tours  de  force  intel- 
lectuels accomplis  par  Kbedjésus  dans  la  versification 
du  Paradis  d'Eden.  On  trouvera  ces  notions  déve- 
loppées dans  les  préfaces  mises  par  les  éditeurs  en 
tête  de  ces  ouvrages,  déjà  publiés,  et  fort  bien  résu- 
mées dans  la  Littérature  syriaque  de  M.  R.  Duval. 
J'ai  voulu  montrer  en  terminant  comment  les  Syriens 
entendaient  la  maxime  :  Instruire  en  annisant;  et 
j'ai  cité  à  ce  propos  quelques  extraits  d'un  recueil 
d'énigmes  appliqué  à  l'enseignement  de  l'histoire 
sainte. 

Ce  recueil  est  renfermé  dans  un   manuscrit  du 
vin'  siècle,  aujourd'hui  conservé  an  Musée  hritan 
nique  :  add.  1215Ù  (fol.  175-177)'. 

Ce  recueil  porte  pour  titre  :  Autres  énigmes,  sar 
divers  sujets ,  daprè^  les  paroles  des  lAvres  saints ,  com- 
posées pour  t  instruction  des  écoliers  et  pour  la  récréation. 

Nous  en  donnons  ici  le  texte  d'après  une  copie 
très  soignée  que  M.  E.  W.  Brooks  a  bien  voulu  nous 
faire  parv  enir  ^  : 

'  Cf.  Wright,  Catal.  of  $yr.  nus.,  p.  986. 

*  Le  même  recueil,  à  en  juger  d'après  les  exemples  reproduits  par 
Sachac  [Verzeickniss  der  *yr.  Handschr.,  etc.,  p.  269),  se  trouve 
plus  ou  moins  mutilé,  dans  le  ms.  69  de  Berlin.  Dans  le  dernier 
exemple  cité  par  M.  Sachau ,  lire  l^u^nJ3  au  iieu  de  l^^^nj^ .  '^ 


LITTÉRATURE  SYRIAQUE.  277 

:\<fitv>A^r«;^r^if\t^lAii  raoitN  (fol.  lyS  v") 

^JN— »t^  wJA   »'"'KS,-A  •.  rwX_»^AJ3  r'ï^îfv^":\ 

A — ^ ma   •.  vÙJ^a  \  t'A  V'w-x.'HoaA'a 

r^_xAr^o  v\cv_v_k40   .^^.^mo  "^A-j^r^  T"^  -To-At^ 
T^^o   (ms.  ^(Vjoo)  ^Vvxmo  .oVvicn  t^Ao  onXj^rcf 

.:.  r<^roAax. 

.:.Y^Vvt<f  r^  rsl=rxAiCv_xAQ  .'T^^^vi  ^oib\   (176 

•:.  T^Lato-m-A  <w\J^i 
r^'A  \   %  —to  . ^n  y  »  ^  y,  y  *\   .^  \  Y>  "^  V-%-^ 
.:.  Vvj3\_^  r^rrx_Sw.o  ^  \  \^  r>  t«^\  \^  r>  ^nA_j-A 

.:.  T\_»o'A-A  ox.2Aja 

.•<T>A  A  s,.  T^A  T^^^.>jro"A  r^^raja  ^oso^ts^  r^ASO 
.:.  T^A_r73  r^^rtJiLso   cwAr^o  .oxvso  pAi  t^A  t<^q 

vm.  19 


IIB    lATlUAALS* 


S78  SEPTEMBRE-OCTOBRE   1900. 

wAo>   t^i»."KT^r3  i^lAo  ••  ysAcn  Vutt^tv  -^Vvra  ^mo 

<93cb  \^b>.o  ••  T^-vaxTa-A  r^"^^n  ,<7Jo^r^  T^!im 
.->%:*>  y^^   ,<TKVJj«.rrxjc.=no    ■•  i^  if  »A-o  i^^^on 

1-^  T^-i-j^nr^  ojçvAjo  •.  r^-i-i^A  <v.\  s.     r^VvAV 
.î.rï^T^Xmo   r^ïJAki  Vutd-a  t^AV   .:.  ^iâ^\ 

I^X'Vj'VJt—     1^Xo-A<7X_£»     0-AOV£ï)T^"A     .*  rC^SQ-A    I^A^A 

^^  VcoAO  i<lS.x.cv_x.o  *^^  "V  ^      .;.  A  \  ^-y  nVi^o 

^a.iir.o  .•  ^^  \^ r^A   M^vS^-A  o<n   >o3oVvjr^  r^vm 

.;.  ^"Â^mLra  Kjtom  'Â'vr3"5\  oœ 
.rCTaiLrD  <\N^\<\  r^Vvxrao  .r^^jL^aA  cA^..  r<^»\j  nx\ 

.:.  T^cvAO  r^=rx»o  ^^^aSk^miafA 
^-iLmLljo  rdA.:yxJê->.\jmo  .r^'-v  >>\^  -n  rs^Vvj^srxjoi 

•  •  •  A^ 


LITTÉRATURE   SYRIAQUE.  279 

\  \^   (xAr^o  ••  A.Jsi^   v^-\g   T^.-rv  j-a  a<n    oj-rn 

■;.  r^\^  v\    jJ^ûo  As^  l'wA-AO  ''v^acn  t^\^  ^^-^ 

.:.  ^.yaOw»   A.A_rr>    <^x-»AO"\<n 

\<jW X—    •%  .-."Tav^-A    f^ *    "^    V^  .    -^    ft *— ^ 

rcr'V^s4^"C>  rd-^^  on^-:\  Y<L\^A  ..^^«7x»^r^  ,j\»«^ 
.:.  .raVc»    r^Ao   yN-A<n  r^o  "7°^-*^  r-wA^  ocn  cv_v_ro 

T^ \    TS^ \cL_5w-A    V>^_Vi'\OT'S^_r3^    0<73    T^^S ~-^     V. 

tci^ra  onAoTCTo  .v^Sir^cv-A  vùy^vdo  T<^ûaiJ3-A  r^rarîf 

»9. 


280  SKPTEMBRE-OGTOBKE   1906. 

•^xA-jç.  .  rdjc-v^o  rÇlnrila  rd'v^i^o  .  i^L\\-v^a 
y<!l>^\r^ .v^\^\  r^^s^y^  .:.r^\a.i^  t^\t>  T^\^a\^v\ 
i^Vv.^i'V^-A  rd\.r3\o  . r^VvA>3.v*\   r^^xjjaA  (177  '") 

•*i^ià^  >^vr3Jo  r^ci<na  .•r^j^  r^oooA  rs^Vvx:T>  curra 
.•  i^jc.H_v»"A    ».^oxj'\  Vft  vv  \  ■\  \  ~-tQ  r^Ci-^x    r^am 


ov_iV\r^  .j.oi \ i^x =3  -À^tx—^o 

.;.  ^^T-k  -TTk^.  Vvf— >  r^^.'À  9<T3C)  .  ,<noH.so  Vva:3  ^^A^ 

.;•  oxvjVcvt^q  a  fV>CV 
i^^XA»A.r30    r^n^AO   .  t<^!k=3jc^  ^At>  K^Àr^  chA:^ 


LITTÉRATURE   SYRIAQUE.  281 

.:.  A-ûoa»  .^^i"^  T\x.^o  .^_cvi»-\Si 

r^.x  m  vv  — >  g  rv.^.  \q   •.r^V-îw.ov  ~i    5»=>  ft  \  n^o 
œ^.,.v    ~->o  œVvVv_»r^o   J^cvA   .... r<f\\.t\  \  «rr^  — 1  — > 

.•T^-3or^  00^  ».  ran  t^Ao  t^rar^  oxA  ^ivjA  a-t^-o 

et.   V^  ra    a    v  *v  fv^  «^^  .  \_x_rx_x3o  ••  ys_A<Jx.mo 
v^    tw    'S — \^    »    "n-A    ,<n    T^_!i — \o^   .:.  rryyj=na.  s, 

•••rcfVvj-ÂctrjAa 

.  i>K  r>o   . .  »\\\^-73  f^A  rwHJ^i^^  A>»^  ^jorxxÔA 

♦  i<la.T<^\.  'r>  rÇlAjAj;  rclA  v^A^    .:.r^.j-A-A   r^-A 

V_x_xia_i^is^  r^A-A  r^oxAr^  VaA_»  tsLxj-a-a  t<1\-a 


282  SFPTKMBRE-OrTOBRE  1906. 

"yyr^  n   rù.\.'T\  "->o  .rCzry\  s.,    ,"V.:3Vm^ 

•^ti^    r>   r^__=n — viH rao    .r^__=nL_\ — ii— 

.  ^^  »  t  y  \^Vv.m  ^^VvjH-td  ^jAoa-Ao  r^Vv-j^jciT^ 
••  A-^  A  s,'A  i^oaAi^-A  «TiV/\  ^  ^  V  ~'»'=^   i^-Kor^^o 

.:.  v^kucjQ-A  r^V\cu\r3A.mA 
.  »  \<n  x^  *->  V^   T^ox-mLjc.  »^^<n_»Vv_»rcr  r^  v.ts 

om  rcl_=3cv__^^ -_m  a »oa \  *<^    «    -^  cv_»Vv_»t^t\ 

•|.  >XAr3i^o  -Àv^jAr^o   ayin,^^ .:.  •^ayAX*r3,r3-A 
(178  /"")  -^  >-v^  •.  r^,fcV.>.v\  Vvjca^  ^Aos  r^A\^ 

I^XXU     ÂrS    *^PLiJC3aa>A    9<noJL=3    •••  OâOO    «....CKTXaVui^ 

*  .î.  ycnctrsi^A  i^ocn   ox-m^jt-  r^A-so  -v^AncvroiAO 
i^ox_=3rïLje.o  .:.  i<L»^vA_r^  r^  "^  V  rra  -\  ivi  \  '\ft  ^t.  \ 

•^^oi — *is^ »t^  n^   •s \ -en   xJ\t\ ^-a  joscicyx-rai^tv 

.  T^  \  tr%\^  c^x.mcv  ~-v  rrxja   ^_m   ^noo-iaw^A   ••  oaoa 
<n^"S TD  .•  ^^^[\ lAwTJo  rC  \-\-ayC  m  ^-a  <n_mr^A 

"^A     rCfoX.rrxJC.0    .j.r^AjfÔA    T^'wV-JO    'V'^S-N     «v^*<^-:i 


LITTÉRATURE   SYRIAQUE.  283 

y^  \    *    T\  *  ^_m"A  x-^  o<75^  •.  ootn  ,._^cn_»î(V_ii<r 

[sic)  .v^-y»^i^a\  »._S.=nA  TsSxmo-vrD  ,<r)L*yi.r3o^  om-A 
r^c73.r3rxx.a  .:.  r^xaja-KcvrD  •.  <nm"A  «jncw  ts^â-â-a   ,Ô3-Aa 

^A  T^ÂAArwAO  .  Q(x*"V^-..£»"\or^  ^m  aai-a  •.  ,.._S^a 
•TxA  cn-ro-X-.  .:.  c^xjlXiocut^  r^\>ir^-AO  .  (^oA\.\i^ 
câoAo3-A  oacTar^-A  v^znjca  .:.  joa^  a.joa'a  oocnrî^'A 
v^cTx\r^  VaAj-a  <f30,r3T^-A  00=00^-  .:.  t<!va^^^oAt^ 
,<730..r3r^'A  rdrrxjt-  .:.  T^Lwi  cpoor^-A  Avw  .  -Àas^oj 
.  yAj\si\o>  \  tt)OjjAjAT<^  \r3orwA  ys^r^  pAvxa\m-A 

^_3r>     -jY  \    ,._^C7X_»Vv_»r^O    .  A_»^VvAjC-    OIl-SOY^AO 

Au  fol.  i8o  r"  du  même  manuscrit,  on  lit  encore 
cette  énigme  : 

,~t  ^    .;.  rw.r>>.3e.o-^   .:.  ^oo3  r^-rri  'no   ^jarCf  r^v  "ao 

Une  autre  énigme  sur  ie  même  sujet  est  contenue 
dans  le  manuscrit  n"  9  de  Vlndia  office  ',  fol.  1 96  r"  ; 

<n-V?tA  •.  v^  ~->.  '\-\-m  A_iA  rc^X  x  —>  . 


»c^  <\.  t\/\  y  -^  ra^at-vaVvwm  T«dL\  ox\_»a  x^r^o_^_r73 
T<lAo  r^^^_»Vvje.o  T^»jCj.m.vio  r^^j^raSo  t^^VvjAV 
;r<^  •rx.  '^  M  '^n   v^L»j^j,jt.)s\.a  r^xvxm^o  t^x\»— >.»~^ 

'  L'unique  manuscrit  syriaque  que  possède  cette  institution. 


284  SEPTEMBRE-OCTOBRE  IQOfi. 

A/\  i\n  r^A"A  k1>cv  \  rv  \  oocO^ra   .y  ~-vv\o   .^ui  "7^^*- 
.  «^  «y   «y*  r^A-A   rÇ^axjry  y  \   A^q   •.  .  »  y  -7a    t^ao 

Ce  même  manuscrit  contient  aussi  (fol.  lok  /"- 
209  r")  un  poèm»'  énigmatique  de  Siméon  de  San- 
(|iabad,  commenté  par  Kbedjésus  de  Nisibe'. 

D'autres  énigmes,  portant  sur  divers  sujets,  se 
rencontrent  aussi,  isolées  ou  en  petit  nombre,  à  la 
marge  ou  à  la  fm  des  manuscrits.  Klles  sont  parfois 
fort  obscures,  et  à  peu  près  incompréhensibles  quand 
la  solution  n'est  pas  donnée^. 

'  Ce  poème  a  ^.té  signalé  par  Addai  Schbr  ,  Notice  sur  les  nus. 
syriatfVLes  du  couvent  de  NotreDame-det-Semences ,  n*  132.  Il  men- 
tionne encore  :  1  Les  questions  énigmaliques  de  Jean  Azraq  ■ ,  évéque 
(le  Hirta,  et  les  f  Énigmes  de  'Isè'yahb  bar  Maqdam  1  (cod.  gS). 

*  Quelques-uns  de  ces  textes  sont  puhli(^  dans  les  Catalogues. 
Voici  l'indication  des  manuscrits  syriaques  signalés  comme  rrn- 
fermant  des  énigmes  :  Add.  Ms.  1 47 1 3 ,  f.  1 G7  a  (éditée  par  Wright, 
datai.,  p.  35a);  Orient.  1017,  f*  109  o  (édiU'-c,  Catat..  p.  896); 
Add.  17913,  f  82  a  (éditée  par  Wright,  Catal. .  p.  998];  Add. 
5  1221,  f  43  b  [Catal..  p.  1181  -,  les  8  vers  de  la  seconde  énigme 
ne  forment  qu'une  question ,  les  \  derniers  indiquent  que  le  pre- 
mier mot  se  compose  de  4  lettres ,  le  second  de  7  et  le  troisième  de  4  )  ; 
Add.  i2i54f-  168  b,  et  f.  170-178,  i8o(édit.  ci-dessus).  A  Berlin, 
les  mss.  syr.  196  (cars.)  et  syr.  336  (ar.)  renferment  une  collec- 
tion de  63  questions  dont  la  solution  n'est  pas  donnée  (cf.  Ver- 
teiclinisti  ...  p.  633 <  909^  —  En  outre  t  Bibl.  nat.,  ms.  syr.  2^2  , 


LITTÉRATURE   SYRIAQUE.  285 

Des  auteurs  syriaques ,  plus  modernes ,  ont  essayé 
d'appliquer  la  méthode  «  récréative  »  à  l'enseigne- 
ment de  la  grammaire.  Deux  manuscrits  de  la  biblio- 
thèque de  Berlin  ^  renferment  une  sorte  de  poème 
lexicographique ,  en  vers  de  sept  syllabes ,  intitulé  : 

«  Knigme  qui  expose  le  Nom  avec  le  Verbe  ».  Il  dé- 
bute ainsi  : 

Ce  qui  signifie  :  «  D'un  père  célibataire  sont  en- 
gendrés 600  fils,  qui  accomplissent  tous  uniformé- 
ment une  même  fonction  infime.  Mais  quand  ce  père 
se  marie  avec  la  fille  née  de  lui ,  il  engendre  de  nou- 
veau 3 00 G  fils  qui  accomplissent  toute  chose.  » 

D'après  l'explication  qui  est  donnée  de  cette 
énigme,  le  père  célibataire  est  le  Nom,  ses  fils  sont 

r°  igS;  Oxford,  cod.  122  ,  cod.  i42  ,  cod.  169  (une  énigme  éditée, 
(Payne  Smith,  Catal..  p.  629,  et  un  recueil),  cod.  176  (recueil); 
Cambridge,  add.  ms.  aou  (éditée  Wright,  Catal.,  p.  523), 
add.  2o52  (cat.  p.  1189);  Addai  Scher,  Mss.  de  Notre-Dame-des- 
Semences,  cod.  i/ia. 

'  N*"  93  <  io8;  cft  le  Catalogue  de  Sachau,  p.  3^4,  373. 


286  SEPTEMBRE-OCTOBRE   1906. 

les  différentes  formes  nominales;  sa  fille  est  le 
Verbe  (^^XÎi.3o,  mot  qui  est  féminin  en  syriaque) 
et  de  leur  union  naissent  toutes  les  formes  gram- 
maticales. 

Il  est  fort  douteux  que  les  écoliers  aient  jamais 
témoigné  beaucoup  d'empressement  h  se  chaîner  la 
mémoire  de  cette  aride  nomenclatun\ 

VIII.  Contribution  X  l'Onomastique  syriaque. 

M.  Ed.  Blanc  a  rapporté  en  1 896 ,  de  son  voyage 
dans  le  Turkestan,  environ  4oo  estampages  des 
inscriptions  syriaques  découvertes  dans  les  cime- 
tières nestoriens  du  Sémirietschié.  Ayant  été  chargé 
d'examiner  ces  estampages,  j'ai  dû  constater  que 
toutes  les  inscriptions  avaient  déjà  été  publiées  par 
M.  D.  Chwolson.  Pour  établir  la  comparaison,  il 
m'a  fallu  dresser  une  table  des  noms  propres  con- 
tenus dans  les  inscriptions  éditées.  Cette  table  pou- 
vant être  de  quelque  utilité  aux  personnes  qui  vou- 
draient, ou  faire  des  recherches  dans  les  mémoires 
de  M.  Chwolson ,  ou  identifier  quelques-unes  de  ces 
pierres  tumulaires,  qui  ont  été  en  partie  dispersées  ^ , 
je  la  publie  ici  ^. 

'  En  1897,  M.  Chaffaujon  en  a  rapporté  6  au  Ministère  de 
l'Instruction  publique;  les  inscriptions  qu'elles  portaient  étaient 
aussi  du  nombre  de  celles  publiées  par  M.  Cbwolson. 

*  M.  Ciiwolson  a  publié  sur  ces  inscriptions  trois  études  dans  les 
Mrmoires  de  l'Acad.  imp.  des  sciences  de  Saint-Pétersbourg  :  1°  Syri- 
sche  Grabinschriften  aus  Semirjetschie ,  vil*  sér. ,  U  XXXIV,  1886 
(les  inscriptions  données  dans  ce  mémoire  sont  reprotluites  plus 


LITTÉRATURE   SYRIAQUE. 


287 


Dans  cette  table  les  chiffres  qui  ne  sont  précédés  d'aucun  signe 
renvoient  au  second  mémoire  ;  ceux  qui  sont  précédés  de  la  lettre 
B  renvoient  au  troisième  mémoire.  Il  a  été  tenu  compte  des  lectures 
rectifiées  dans  les  errata.  Dans  les  noms  turcs  composés,  comme 
Anis  Hâta,  Arslan  Toimya.  Kiz  Aki,  Koatlouh  Asa,  Tâà  Yoiuj .  etc., 
les  divers  éléments  ont  été  séparés  et  indiqués  à  leur  place  alpha- 
bétique respective. 


99';B8o  yx»^\\^v^ 

;   B   243,  x.x<^\%r^ 

B  i53  y^'^\»v^ 

XXV  o.\vrrxar^ 

81  cviOyvmL*rw 

B  298    y-iw  <v\.><^ 

B  27  \»v^\s:^y»r^ 

B  3i3  t<osiJt.K^ 

VII  .^.^^r^ 

45  vvr^ 

B  275  >OAt^ 

B46  \\a.Kr 

38;  B  i34  x-K^a^rcf 

35  vjcuar^i^ 

B  126  x.v^\j\y<: 

B  129  >-.AA«^ 

11  <i\cv.\.\rw 

B2,  IX    w^^Kf 

78  j<v\^t<r 

16^19^45»;  48*;  rsî^Kf 
97' 


16';  B  11  rd=»r^ 
B  2  1,  34,  83,  92,  yom\=^v^ 
i85,  3o6 
34   VVI^-O—X^ 

B  320   K^xV^.rcf 
B  35  yso^orcf 

B  2  4o  y^oKT 

B  82   v.arti' 

B  3  «..^V»\oi^ 

281  o^rw^o_\oi^ 

53^   vs_A^o«^ 

5o;Bio5  J^^-Soi^ 

B  144     ^«"SoKT 

\x,xxxii-,  B  173,  r^v,^jcaKf 

207,  276 ,  323 

B  239  Ay&r^ 

B  195  -SrDat^ 

B  65  po-A.»Kr 

B  47  p^cvjr^ 
B  242   UVCVJOOar^ 

vu  .^^^r^Yf*^ 
B  60  v^'S.T>..*\i>.ro  cv!L_»r^ 


exactement  dans  le  suivant);  —  2°  Sjrischc - Nestnrianischc  Grab- 
inschriften  aus  Scmirjetschic ,  vu"  sér. ,  t.  XXXVII,  1890  (les  in- 
scriptions sont  numérotées  60-99,  ï6oo,  i-56,  i-xlh);  —  3°  Sy- 
rische  Nestorianische  Grahinschriften  aus  Semirjetschie ,  Neue  Folge, 
1897  (les  inscriptions  sont  numérotées  i-328). 


288 


SEPTEMBRE. OCTOBRE   1906. 


B  74  r^Vv=oi^=3 
B  aaS  UN     ^*^— > 

III    ^1^=3 

B  a58  v\Srd=> 

B  83    ,^J^Ki=3 

174,  194  i^!^ce3 

B  i43  x^mAora 

^1 


\v. 


B137,  ai8  "ÂojckX^ 
XX vn,      19'  *^'V^^>k 

34'.  5o".  78;  B  3 

XXIX  ,11',     H*.    *^«V^/v«^>k^ 

73,  83,  98,  1600';  B  7,  59. 
75,  88,  91',  119,  176.  192, 
917, 3)8, 360, a 83, 307, 309 


44   r^-^ 

B 165,  336  ajA^ 

49»  .\^»\oA 

B.  339  .\^\q-a 

B  18  >JCtOç^o-^ 

H  »39  ^«■KoAj'A 

B  3o6  -ir*<^\    \^ 

3.  75»;  B  i5.  45,61.  r^izK 

74 ,  77,  133,  160,  a83.  390, 

3o5,  .3o8 

45    vvftj-H-A 

5o'  ,...^_t^m 

5o*;Bi45,  i46,  193  o'AJksos 

xu;  B  108',  934  T^vAos 

II,  B  ii4.  130  âA.&<n 


B  53  So.rr\fc\.Avcf 

B  64  r^-MfAr^ 

49*,  5i;  XVli;  B   A  ~-ky  At^ 

108 ,  161,  i7rt ,  j()7 

B4  .iwaxsAi^ 
B  3i6  KltArCT 

3»;  3\  11';  v:l»:^r<^=rAr<: 

II'.  B  aOi 

99  i^Vvik^A  r^^nSy^ 

(jH  ^\^  '^-^\*<^ 

R  i53    oAr^ 

B3i6  ^\y<^ 

B  9 1 3  .=3jaAi^ 

XTIl;  B  197,  367  .\^-ï.if\y^ 

B  193    .^.i^=njc\Kr 

66  r^=nr^ 

B  169  t^Sn^Kf 

B  3i5  .^^\^irc^ 

VII    X»SV^ 

B  3 1 7  <»oorï^\Aji<r 
B  lan  yyf<l^'r^ 

B  3o3  ^cw^i^^  r^ril 

B  3io  yf^aW^r^ 

53'  prdatJO^ 

li  74  "^xiSr^ 

B  57,  i3o,  3i4  r^lzry\v^ 

8,  9,    11*,  34  >^j<^\  rrt\r^ 

36,49'  48»,  75;  B  33,    45, 

58,  87,  93,  107,   i33,   166, 

B  157  atrCT 

i9';37»;38»;5o';5o«';   vCaLT^ 

B  11,  i4,  46',  5i,  86,  107, 
i34, 94o,  349,  959,  381,  391 

B  i38,  3i5  jjtr^ 
B54,  79,3i3{?)  r^i.ijtr^ 

B  391    T3£OT^!r3 


LITTÉRATURE   SYRIAQUE. 


289 


49,  49',  V;  B  22,  69,  3e.r^\. 
122,  i46,    i63,  243,  248, 
263. 
B4  tJ>3trd\^ 

48,  99  *ef\\.^^-t.\ 

3/1V10,     49^    B   25,  ^*iyj^ 
191,  193 
B  206  .i^^alî^,^^ 

80';  B  86,  94,  177,  239  \<vX, 

85    TdsKA(vV^ 

B  94  K^o\cO^ 

97^  B  44  «.^xo^ 

B  32   pxcO^ 

B  4  t<^cv^ 

B  235  ponnct!^ 

B  238  xcv^cO^ 

B  172  «^.^A^o^ 

XXV(  ..^^cv^ 

11»;  B  2,8,  17,  39,  r^S^o^ 

2o3,    246,    25l,    252 

42,  47'',  59I»  -Kcv^çy 

B  3i4  Ki'-\a\y 

3'  p^<v\^ 

28*;  B   28    Y^^CL=3.»-\y 

5o»;B  80,  i5o   ^»\».\^ 

B  129  ^cvl^ç^ 

B  42  ttxxi^^jk^^ 

17I,  29,  80';  B.  59,    "^TCXjÂj^ 

^\ 

\xxvii,  44;  B81,  147,  .  ^"^  \^ 

172 , 327 
XXII,  21, 4 1,47"; B 65,  y3^\^ 
B  65, 179,263, 285,  286 

B  n3  ^a^Â^ 

B  49  XAT-ao.» 

B  178    Ti^^OXCU 


B  27   r^-\m^\ 

B  326  x»ox 

B  27  r^i<I!^"\^x 

B  2  5o  rçf-Âcvxrov 

273  i^"\r^ 

B  277  ^^on.vi 

B  278  rcf  ^n^i 

B  118  u\coA 

TU    K^^—V^ 

B  5o   A«"-^'»-v^ 

B  2o3  >^^r^\v\ 

B  2o5  .^.cotAXAM 

B  139  AjT^  »r>.. v\ 

B  i8i  KiV^4<^ 

48«  >X^i^ 

Bigi  ^*Xt<% 

B  268  x<\r^ 

B69  yX<l\y 
vm  XjT^^^ 

34  us^^ 

B  i55  Aj^rS^ç, 
B  io3   ^x^T^^ 
B  2  83  -Kcvror^ii^ 
B71    Arï% 
B  i83  y^ï^Klî^ 
42I  r^x.v^r^\j 
B  i5o    \»V^«A^ 
47',  48',  49^  5o^  -7x.-Sr^ 
5o",   53*;   B    4i,  85,    102, 
i4i,    i42,   i55,  i56,   157, 
162,    169,   177,    186,  ao8, 

3l5,      218,     325,     23l 


290  SEPTEMBRE  OCTOBRE    1906. 

B  371    ,^1^\T^ 


13,  42,65;B93.  ,^^a\,i^a, 

i55,  34>.  3ia, 

53*  vvK-SOX^^ 

B  3a  1  Ta^mr^ 

B  igd  oocuT^^ 

9  54     yO-ACV^ 

B  16S  \a^ 

B  3i»  STCjftxevA 

34'  J^^Ci:^ 

75^8189  9y<\ci^ 

31',  \L;  B  i37   «.lO^CV^ 

37'  VvJt^^^OA 

13,  4b*,  97*.xxxv,  uso^OA 
xxxTi;  B  73,  79,  149,  380, 
336 
48'  Âo^OA. 
19',  31,  34.  39»  <Js<v\V.<%'% 

36,  4i.  48».  5o»,    5o".  53. 

75.  So.xix.xsn.xxH.xxun; 

B  58,  ii3,  139,  i38,  i49(>) 

i56;    179,  333.   33i,    385, 

386,  335 

37'  pSjc^oâ. 

B.95  k1\^ 

B  9G  AcL^ 

XXIV    X.0^73CC^ 

5o"  o"\mcw^ 

B  3 1 3    ^i^\y\ctjk. 

B  194    ^v\^»\cvrk 

B  i3  »>.^i<^^_û>cv^ 

34^  B  133,  338  r^cv^ 

B  34o  fn^a^ 

B  106  vv  o^o^ 

B  399  ^-»y<va. 

99*  rCn^oâ. 

B  i3'(?)  Qoao^Sev^ 


eu 


3',  3».  13»,  i4.  17.  18.  ^ 
33.  37»,  38».  38,  4i',  49". 
ôo*.  5i  97.  xin.  XXXI,  XXXIV; 
B  17,  31,  35,  33,  4o.  48», 

(10,68,79,     *^^<      lb\,     164. 
193,    353,    3oO,     333 

44.  53  w.a» 

'lu.  x\\iii;B  335  Ack» 

B  iQH  cAcu 

18  rdAcc> 

18:  B3iy  y<l.\^*\<\M 

U  13*1  oajAa.» 

^<>  '  ;  r>  jO  ,  ^y  .  3  I  8   ^^4\jAa.« 

B  116  y-H^^mo^ 

B  49  yzno^ 

48»  T^cs.» 

B  46  ^€u 

99'  (?)  ^cu 

B  i33  ^cu 

B  3o.  46  ^-A-Ka.» 

B33  i<^cv« 

8,  i6,49",5o'»,5o»,  -simisccu 

XII;  B  61,   61  ,    l33  ,  196,   333  , 

3  84 
73';  B  366,  367  njcnisco.* 

B   99    >><>\\;» 

B  5o    ^«~^*^ *« 

B3o3  .^_k1\* 

35  y<^» 

B  1  K^rA* 

97';B9i,  171,  'r^-!\\.% 

338 

B  379  KfVAj 

1 ,  93  ;  B  3  3  3  .*n<vrv^j 

5o">   ^AJb 

16',     18»,     19,     38»,  .:wo.x* 
xxxTiii;  B  9,  59,  33o,  369 


B33, 


>9 


.  o.  v^ 


LITTERATURE   SYRIAQUE. 


291 


99 


B  268  i<l\aKcv=»3 
B  2i3  90=73 

B  162  T«^V^<\m 

B  209  T^ïtaro 

B  273  ,\j=r% 

)9^  a\cr3>xr73 

B  283  usA^m 

97'  >*>=^ 

B  ii5  A»T^aj>.rra 

B  124  .^^Von 

B  3o5    -^/xv.^\.>r> 

B  220  9.r7>Am 

17  ..cv\vAm 

vin  o^^y^m 

B  60  r^-=\-\<\»"n 

B  198  ^»(v>-\Am 

B8  KjAIso 
8  .^^xm 

49,  56i«,  89,  HT;B  22,  cvi^vro 
69,    117,    122,    i46,    i63, 
280 
69,    84;  B  258  o^\v"r> 
B  2  4o  "\ojjm 

1600    A^OW-^KTO 

B  i53  p^»tYxm 

Bi53  y\i><V-n 

B  33,  109  "\TS»j.r73 

1 9\  38',  4 1^  44 ,  48»,  yx»\:n 
49*,  61,  65,  87,  XXX,  XLii; 
B  40',  5ii,  m,  134,  i35, 
i48,  170,  219,  24o,  24i, 
245 , 259,  291,  3^4 
B  77,  221,  936,  ^oja^so 
3i8 


42I,  61,  65,    ^r^  \j  y.cv.A 
85,  XXVI,  B5,  28,  io4,  i55, 
3io,  3i2 
B  3o4  VsCV^-JtciA, 
75^;  B  1x5  >^y.(\a, 
19,  19',  42^  80',    ^y\j y.OA 
VI;  B    32 ,  4o,  71,  195 

B  4     ■>\^  y.oA 

B  187    Q-KjCA^ 

34^  y\\\^ 

27-   3i,   38^;   B   11,    i4,  \ja 
107,   i34,    i42,    i55,   249 

B  3i4  Ar^>.\x=L 

B  187  oÂm^iA 

B  3i  T^Vrrxxa. 

3i  r^iA^ 

B  28  XaAXx^ 

5oi«  Kr-^\-> 

B    191  ^^f^ 

B  1    [i)  V^ySK\.£û,1\ 

38^  r^cuï>"\^ 
Bail  vs^-K'syN 

B  2o5  viLaoS 

XIV  "Hrsio^^X 

B  2  4oi  rù=yyt^ 

B  12,  274  "HvxA 

B  28  r^^..=n 

B  i3i   y^cwr^lm 

B  182,  207,  255  T^\^r^=r> 

16,  19,  27',  9a,  <n"\^»t<fr73 

XVI;  B   19,  76,  288,  3oi 

5o'*  ysrdro 

B  i43  K-rordm 

38'  v^w^m 

B  63  \y^vùyi 


292 


SEPTEMBRE-OCTOBRE    1906. 

5,  lo,  5o\  i;  B  i6.  l^V\m 

a3,  a6,  aog,  a47 

B  aSi  t^Vvm 


B  i3o  {i)r^x£o.»sio 

B  6  x^ajJTXûo 
B49'  r^-^-eo 
3»,  9,  38»,  4  a',  4  a*.  ooiX^ 
47.  5o",8i,  97»;  B  38,  56, 
369,  370,  187 
B  ao  . 


74;Baio,  876 


5o*  Td»Sv2*- 


84,89;  B  193  .i<3<^ 

B  i3a  yX»r^ 

Bi33  cAk^ 

3a,  44.   46,  5o*,  xss^y^ 

III,  IX,   xixTm;  B  67.    98. 
171,  190, ao8, 389 


B  300 


^^ 


r^rd:^ 


B  i36  .N<ccr>A 
5o«;  B  io4  Td»io\=3A 

B  53  uysi^cva 
53»;  B  i44.  a35  i^aS 

XVIU;  B  10,    73,95,    QOCOCk^ 

99 
B  119  r^rd\^oA 

B53  .^^r£f>^^oA 

B  196  Kjt-oA 

27,  5o».  B  66,78,  Qoa\\^ 

27a 

34»,  48»,  5a;  B  168  .i^ 

B  a6a  «^  a,».\.»^ 


B  137  \rd!i 

B  110  oicu 

97*  S^ea 

B3o6  ».r^\j^ 

B  127  »\o\yfc^ 

B165.    193     COaÀCW^^  fVVfci 

B  3 1 1  tCSjoa 

B  36  rf^oâ^ 

49,xx¥lii;Bn7  Oû*'Âô.jçy-CO^ 

B  }i4  oSi^n^ 


WIII 


B  i45,  i46  xts^w^Jiû 

B4i  ar^T<dco 

44.  45  ^i<li» 

Il  i5j  y<'\j%\v^i£û 

49"  Ta^mardxso 

\;B  70    VxûO^T^XÛ 

B  180  axAX^urfico 

B  85  Qor^lfio 

B  l'io,  "«o/i  r^\r^-ùû 

B  i36  .^sQ=*^ 

B  59,  3oa      ^^Ok=y.Dû 

B  i4i      ^-\»"->  w 

53*     ^*z=von 


V 


B  131  rdi^jA 
B8  ^o.a.A»>*\ 


XX 

B  373  i^S-nfv> 

B  52  «b^coù-xrxxio 

B  53  ,r^=3Ccoo 

B  73    y^CiXû 

B  103  .VQ.r3>.fY> 
B  80,  81  ^jKxrxkXio 

B  220   yZT\%{>n 

B  i3o  v^sizrxtjio 


LITTERATURE   S 
35  vscoa 

2  1;  B  i3'   (?),  37,    (^CV.CXa'HcvJO 

84,  166,  184,  i97\  297 

B  61,  120,  i85,  216  T^r73tAX3 
5o',  5o*»,  981  ;  B  67,  Kr^^.30.ja3 
112 ,  211,  261,  264,  294 
B  128  rCT^Krrxn 

i4  ..i«v*-\ja 

42=»  K^joA-H 

34-;  B  i5,  43,  95,  i58  >-AT^3e. 

B  i63,  208  "^r^îijnrwsc. 

78  T^A-moardae. 

B  29  »^_^^TCje. 

6  3o7  VN-A^CTaLiÉ. 

IV  .^^amrcf-Sjoc. 

49^  B  125,  188  ^\jje. 

60    T^.A.X. 

^l^   27,     5o^S    73^  l<lvA.ac 
Bi8,  ii5,2io,  265,  296 

49'',  xu  r^rrAjc 
ll^  4o'  ......0^.3000 

49'   9X^'is\ 

B  i54  rwmo^ 
B  24  -^XiÂ^ 


4o, 


YRIAQUE.  293 

B  44 ,  94  k1^^ 

10,  39   T^Vi-».^ 
XVIII    >jA 

B  55  r^oÀA 
17»  rî^s^x^ 

52    X.OT^^ 

5o^i  ^^ 

B  159  x.<\^^^ 

B  195  r^x^Xi^mT^^ 

B  256  v\0"\TSf^ 

B  2  5o  rS^-Âr^- 
i3,  i6\  274, 4o^  r^lmcy 
56,  83,  92;  B7,  19,  25, 
i3o,    201,    222,    23o, 
237,  243 
3^  A_\mr^^ 

753  r^t^ 

B  90  r<la\^ 

49s  VI,  XI  B  r^raA^ 

101,  167,  234 

38  «^oj\ 

75-;  B  3o5  r^wm^ 

B  1/19  x.^ 


vu  t. 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV^  SIECLE.  295 

îi     ii«i  I a  ;  1    1  I    '  Il  ■  ■  !  ,       I  '.      .1  m  .»  ,  i  ■  ■  : 

UN  SAINT  MUSULMAN 

AU   \y^   SIÈCLE, 
SÎDl   MHAMMED   EL-HAOUWÀRI, 

PAH 

Ë.  DE8TAING, 

TRDFKiiSBDR  À   L\  MËDEHSA   UE  ILEMOEIK. 

I.  NOTICE  BIBLIOGRAPHIQUE. 


A.  Auteurs  français. 

Le  nom  de  Sîdi  Mhammed  El-Haouwâri  se  ren- 
contre sous  la  plume  de  divers  auteurs  français.  Dès 
1 856 ,  Gorguos  écrivit  quelques  pages  concernant  ce 
saint  personnage  ' . 

Le  savant  directeur  de  l'Ecole  des  Lettres  d'Alger, 
M.  René  Basset,  au  cours  de  trois  de  ses  publications-, 
a  esquissé,  dans  ses  grandes  lignes,  la  biographie 

'  GoBGDOs,  Notice  sw  le  bey  d'Qran,  Revue  africaine,  i856, 
t.  I,  p,  458  et  46 1.  (Al>rév,  :  Gorguos,  Notice.) 

^  Rexé  Basset,  Les  dictons  satiriques  attribués  à  Sidi  Ahmed  Ben 
Youcef.  Paris,  1891.  (Abrév.  :  R,  Basset,  Dictons,)  —  Re\k Basset, 
Fastes  chronolocjKjnes  de  la  ville  d'Oran,  Bail.  Soc.  Géoqr,  d'Qran, 
1"  trimestre  1892.  (Aln-év.  :  R.  Basset,  Fastes.)  — ■  René  Basset, 
Nvdroinah  et  les  Tranis.  l'aris,  Leroux,  1901.  (Abrév.  :  R.  Basset, 
Nédromah.) 


296  SEPTEMBRE-OCTOBRK   1906. 

d'El-Haouwâri.  On  trouve,  en  outre,  dans  ces  ou- 
vrages de  M.  R.  Basset,  des  notices  bibliographiques 
où  figure,  à  côté  de  la  plupart  des  sources  arabes, 
la  liste  complète  des  autres  publications  (françaises) 
pouvant  fournir  quelques  indications  relatives  au 
saint  d'Oran;  travaux  dûs  à  VV  alsin  Esterhazy  ^  Fey  ^, 
Delpecb^,  Arnaud*,  Barges^,  Piesse*". 

Enfin,  M.  Edmond  Doutté,  professeur  à  l'EcoIr 
des  Lettres  d'Alger,  a  donné,  dans  sa  remarquable 
étude  sur  les  Marabouts ,  d'utiles  renseignements , 
concernant  Sîdi  'l-Haouwâri  ". 

'  Walsin  Estekhazy,  De  la  domination  tarifiu  dans  tancienne 
Itégence  et  Alger.  Paris,  i84o.  (Abrét.  :  Walsin  Estkrh\/,y.  Dont, 
turifue.  ] 

*  Fey,  Histoire  dOran  avant,  pendant  et  après  la  domination 
espagnole.  Oran,  i858.  (Abrév.  :  Fky,  U.dtOran.) 

*  A.  \)jf.\.vv.i:H ,  lU-sumé  da  *Bostânet  (le  jardin)  ou  Dictionnaire 
biographitfue  des  Saints  et  Savants  de  Tlemeen ,  Revue  africaine ,  1 883. 
(Abrév.  :  Delpkch,  liésumr.) 

*  Arnaud  (Irad.),  Voyages  extraordinaires  et  nouvelles  agréables 
par  Mohammed  .ihou  Ràs.  Alger,  i883.  (Abrév.  :  tr.  Arivaiid.) 

■■  BargÈs,  Cnmph'inent  de  l'Iiislnire  des  Béni  Zriyan,  rois  de 
Tlrmcrn.  Paris,  1887.  (Abn-v.  :  Bargks,  Complément. ) 

*  PiKSSK,  Itinéraire  de  VAlgérie.  Parit,  Haclielle,  éd.  190.'}, 
rédij»ce  par  MM.  Jacockton,  Augustin  Bkr>\kd  et  Stéphane 
GsELL.  (Abrév.  :  Guide  Piesse.) 

'  Edmond  Doutté,  Les  Marabouts .  in  Revue  de  C Histoire  des 
Ueligions .  tome  XL  et  XLI ,  1 900.  (Abrév.  :  DocrrK ,  Les  Marabouts.) 
Nous  citons  plus  loin,  au  cours  df  cette  étude,  les  noms  des 
personnes  obligeantes  qui  nous  ont  facilité  la  tàrlie,  soit  en 
nous  procurant  divers  manuscrits,  soit  en  nous  servant  d'infor- 
mateurs consciencieux.  Nous  leur  adressons  ici  nos  plus  vifs 
remerciements. 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  W^  SIÈCLE.  207 

B.  Auteurs  arabes. 

Ibn  Sa'ad  ^  —  Cet  auteur  qui  écrivait  dans  la  se- 
conde moitié  du  ix"  siècle  de  l'Hégire,  ne  connut  pas 
El-Haouwâri,  mort  en  843  H.  [ili^^-i  ll^o  deJ.-C). 
Mais  il  eut  entre  les  mains  les  ouvrages  composés 
par  le  saint  [Et-Tenbîh,  Et-Tcshil,  Et-Tebiân)^,  dans 
lesquels  le  chîkh  parle  fréquemment  de  sa  personne. 
Ibn  Sa'ad  a  également  utilisé  des  documents  écrits 
de  la  main  de  Sîdi  Ibrahim  Et-Tâzi,  élève  de  Sidi  '1- 
Haouvvâri^.  Enfm,  certains  faits  et  gestes  de  Sîdi 
Mhammed  ont  été  rapportés  au  biographe  par  des 
gens  sûrs  (cybUJI  ^  R^lsr)'^,  par  un  groupe  d'amis 
(c_>L^Pi)l  ^y>  iifil^T)^,  par  des  gens  de  bien  (^^  à^I^t 
j^  Jiûl)''.  Sîdi  Senoùsi  est  l'un  de  ces  informateurs 
et  ne  fait  que  citer  les  paroles  de  son  frère  Sîdi  'Ali 
t-Tàlloûti^.        . 

Le  quart  environ  de  la  Rawda^  d'ibn  Sa'ad  est 

•  .>ou*9  ^J^  o^-5_x-w  ^jj  JjiufJi  ^1  ^  Ov^l  fji  o^#,  né  en  84?  H. 
(i/j43-i444  de  J.-C),  mort  en  901  H.  (i/igS-iAgô  de  J.-C).  Voir  sa 
biographie  dans  Ahmed  BÂiîA,iV«V  El-Ibt. ,  p.  355.  —  Ibn  Meryem, 
Bostân,  fol.  2  63  r",  ms.  W.  Marçais.  —  Ibn  'Asker,  Doûliat  En- 
Nârhir,  p.  91.  —  Voir  aussi  Barges,  Complément,  p.  335. 

-  Cf.  Ibn  Sa'ad,  Rawda,  fol.  6  r°-2i  v° ,  35  v". 

^  Cf.  Ibn  Sa'ad,  Rawda.  fol.  2  r°-46  v°. 

'*  Cf.  Ibn  Sa'ad,  Rawda,  fol.  6  ¥"-36  r°. 

^  Cf.  Ibn  Sa'ad,  Rawda.  fol.  7  v°. 

"  Ibn  Sa'ad,  Rawda.  fol.  37  v". 

'  Ibn  Sa'ad,  Rawda,  fol.  46  v";  et  48  r". 

'  Un  manuscrit  de  cet  ouvrage  me  fut  confié  pendant  trois  mois, 
en  1903,  par  Si  Ahmed  Bel  Bachîr,  professeur  de  théologie  à  la 
Médersa  de  Tlemcen.  C'est  celui  qu'a  signalé  M.  A.  Bel  dans  son 
Histoire  des  Béni  'Ahd    El-Wâdi  rois  de  Tlemcen.  Alger,  Fontana, 


298  SEPTEMBRE-OCtOBKE   1900. 

consacré  à  Sîdi  'i-Haouwâri.  Cet  ouvrage  comprend , 
en  outre,  les  biographies  de  Sîdi  f^alisen  Aberkàn', 
Sîdi  Ibrahim  EtTâ«2,  Sidi  Ahm.d  Ben  Lahsen  El- 
Ghomàri  •.  Ainsi  que  le  déclare  Ibn  Sa'ad ,  la  Rauxia 


igoi  ,  page^  \,  36,  81.  —  Cette  copie,  d'un?  bonne  main  ina^hn'- 
bine,  comprend  1  33  feuillets  (om.  a3  tur  cm.  17).  Elle  date  d<> 
l'an  1 183  H.  (1769-1770  de  J.-C).  Le  copiste  l'appelait  EI-Mosiafa 
lien  "Na  Bpn  EI-Kbarnùbi  dTJ-Qal'a.  Quelques  lij^nes  d'une  écri- 
ture diRîl'rentr  indiquent,  à  ta  fin  de  l'ourrajje,  qu'il  fut  baboilw'' 
en  ia8i  H.  (i864i865  de  J.-C.)  au  profit  de  Sîdi  Rou  iMidieti.  — 
J'en  ai  pris  une  copie.  J'ai  utilisé  ici  la  partie  du  texte  (les  '17  pre- 
miers feuillets)  concernant  Sîdi  'l-IIaouwàri,  et  je  me  |iro|>ose  d'en 
donner  prochainement  une  traduction.  —  Le  manuscrit  porte  en 
téta  :  ^^^Lx4l  Ajmjjλ!  ^Lç-sïLi  ^»sJ\  ^  ^y-^»  ta,)  v^- 
Tous  les  ouvrages  où  ce  livre  est  cité  l'appollaot  ^-«^1  iLAy^ 
(cf.  Ahmed  BâbA,  Nil,  p.  9a.  355.  3 18.  —  Ib^  Mkryem, 
Bostàn.  fol.  38  V*.  Ms.  Mabçais.  • —  Rargrs,  ComjÀëment.  p.  335, 
473.  —  Mui^AMMEO  Ben  AçMKD,  Hisàt,  fol.  k). 

yL^I  ^J^^  i^Os»-«,  mort  en  807  H.  (1^53  de  J.-C.)  ;  son  tombe^iuesl 
i  TIemcen  dans  la  mosquée  qui  porte  son  nom  (  cf.  W.  et  G.  Marçais  , 
h's  Monuments  arabes  de  Tlemcen,  Paris,  Fontemoing,  1903,  pp. 
3ao-3a3).  Voir  la  biographie  du  saint  dans  :  Ih^  Sa'ad,  Hawda. 
fol.  47  r'  à  60  r*.  —  Ahmed  BAbA,  Nil  Hl-lbt..  p.  91  et  91.  ^ 
Ib«i  Mrrtkm,  Hostàn ,  ms.  Marçais,  fol.  70  et  suiv.  —  Ei>MblAu, 
El-Mawâhib  El-{foudsiya ,  fol.  sa,  ii,  5o  de  mon  ras.  —  BARoàs, 
Complément,  p.  Sa  1 -346.  —  BâOSSELARr),  Tnmlniin  1  <//■«  F.ni'nt  îles 
Béni  Zeiyàn.  p.  89. 

*  (3t_£t  ^_j1  tf;L.Z-J1  Jk'itf  (j-i  >>-^  iji  (0^~J'>  mori  en  ooti  H. 
(i46i-i.i6a  de  J.-C.);  il  est  enterré  A  El-Qnl'a.  Cf.  -«ur  ce  saint  les 
ouvrages  indiqués  dans  R.  Basset,  Faste»,  p.  6^.  —  Voir  atissi  : 
Iim  Sa'ad,  Ratvda.  fol.  60  v°  à  89  r*.  —  Ai.imrd  BAbA  ,  M  El-lbt. 
p.  2^.  El-Mklàli,  Mawâhib,  fol.  34  de  mon  m»,  et  manu>crits 
cités  plus  loin  au  sujet  de  El-HaouwAri  dont  il  fut  le  disciple.  — 
CoReuos,  Notice,  p.  46i. 

^^L|J!  (jy*«JI  ^^  >^l,  mort  en  874  H.  (1469-1470  de  J.-C.).  l'ne 


IN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV'  SIÈCLE.  î99 

n  est  qu'un  extrait ,  résumé  d'un  autre  de  ses  ouvrages 
plus  étendu  :  le  Nedjm  Et-Thâ(iih\  Cette  dernière 
œuvre  renferme,  en  outre,  plusieurs  autres  biogra- 
phies, parmi  lesquelles  celles  de  Sîdi  Bou  iMidien'^ 
de  Sidi  Ibrahim  El-Masmoùdi ,  de  Sa'id  Ben  Moham- 
med Kl-'Oqbâni,  de  Ahmed  Ibn  'Amer  El-Anda- 
loûsi. 

El-MelÂli ^,  EUMawâhib elqoudaiya'* .  —  En  897  H. 
(1^191-1/192  de  J.-C),  El-Melâli  composa  cet  ou- 
vrage, consacré  à  la  biographie  de  son  maître  le  chîkh 
Senoûsi  ^.  Le  premier  chapitre  concerne  les  maîtres 

mosquée  de  Tlemcen  où  il  est  enterré  porte  son  nom  ;  cf.  W.  et  G. 
Marçats,  Les  Monuments  de  Tlemcen,  p.  160-161.  —  Voir  sa  biogra- 
phie dans  :  Ahmed  Bâbâ,  NUEl-Ibt.f.  65.  —  Ibn  Meryem  ,  Bo*tdn . 
ms.  Marçais ,  p.  58  et  suiv.  —  Ibn  Sa'ad  ,  Rawda,  fol.  89  v"  à  i  a3  r°. 
Brosselahd  ,  Inscrijdions  arabes  de  Tlemcen ,  Revue  africaine ,  déc. 
i858  p.  93.  —  Tlemcen.  ancienne  capitale,  p.  44o.  —  R.  Basset, 
Nedromah.  p.  46. 

'  Je  n'ai  pas  encore  eu  la  bonne  fortune  de  découvrir  quelque 
manuscrit  du  Nedjm  Et-Thà(fih. 

2  Cf.  Ibn  Meryem,  Bostân.  fol.  108  v°.  —  Cf.  sur  Sîdi  Bou 
Midien  :  R.  Basset,  Nedromah  et  les  Traras.  app.  V,  p.  a  19, 
note  3. 

''  iU*«yL*Jl  <_*jLm  <^  2Lm,sJJ\  i^l^l .  Cet  ouvrage  a  été  signalé 
par  Barges,  dans  ses  Compléments.  M.  Luciani  s'est  servi,  pour 
ses  travaux  relatifs  à  Sîdi  Senoûsi,  d'un  manuscrit  se  trouvant  à  la 
Bib.  nat.  d'Alger ,  sous  le  n"  1706  (cat.  Fagnan).  Un  exemplaire,  d'une 
bonne  écriture  maghrébine,  comprenant  i54  feuillets  (o  m.  2.4  sur 
o  m.  32  )  a  été  mis  à  ma  disposition  par  M.  Bôursali,  de  Tlemcen. 
Je  l'ai  pu  copier  en  partie.  Voir  infra  :  textes,  app.  I,  p.  1-2. 

*  ^j-au^jl-^aJ!  uj^-ij-n^  ^J~>  yi  ^^  >-frî^.  {ji  ■^^-  Cfn  »ur  ce  saint  : 
LtJGiANl,  Petit  traité  de  théologie  musulmane,  Alger,  Fontana,  1896. 
—  W.  et  G.  Marcats,  Les  Monuments  arabes  de  Tlemcen.  loc,  cit., 


300  SEPTEMBRE-OCTOBRE    1906. 

du  saint.  El-Melàli  rapporte  que,  entre  les  mains  de 
l'un  d'eux,  Sîdi  'Ali  t-'^à^loûti^  il  vit  fréqueninient  le 
Kitàb  Et-Tenbih'  de  Sidi'l-Haouwàri;  l'auteur  donne, 
au  sujet  de  cette  œuvre,  d'utiles  renseignements 
qu  Ibn  Sa'ad  a  négligé  de  rapporter. 

Ahmed  Baba ^,  Nil  El-lbtihâdj  \  —  Ahmed  Bâhà  qui 
écrivait  vers  le  commencement  du  xi*  siècle  utilisa 
les  œuvres  d'ibn  Sa'ad  et  de  El-Melàli^  pour  com- 
poser, dans  son  NU ,  la  biographie  de  Sîdi  'l-Haou- 
wàri''.  Dans  cette  notice,  qui  tient  en  trente  lignes, 
tout,  nom  du  saint,  dates,  miracles,  tout  est  pré- 
senté sous  une  forme  abrégée,  mais  exacte. 

C'est  dans  le  Nedjm  Et-Thâqih  que   l'auteur  a 

p.  34  o  et  ma  note  dans  ;  Le  diaUctr  des  Béni  Snoûs ,  Paris ,  Leroux , 
1906  (publ.  de  l'Lcoip  des  L«Htres  d'Aller),  texte  XXXIII. 

'  ^y  LxJl  o^  j^  ^  ^JyJ  <^  ^^  ^  ^Jy-JI  yi\ ,  frère  de  Sîdi  Es- 
Senoûsi,  mort  en  893  H.  (i/iSg-i'igo  de  J.-C).  Voir  sa  hiograpliie 
dans  :  Ibm  Meryem,  Bostân ,  biog.  71.  —  El-Mki.Ali,  Mawâhib  El- 
(foiidsijra,  fol.  17  et  suiv.  de  mon  ms.  —  Ahmed  BAbâ,  NU  El-ïht, 
p.  îoa  et  2o3.  —  W.  et  G.  Mabçais,  Monuments  ur..  p.  3'io.  — 
Revue  africaine,  avril  iSSg,  p.  248.  —  et  un  ms.  intitulé  ^^jJI 
i  ..«.  ,;^>>^t  âJ^L.»^!  jl  i  -l  I  ^  Âe-'-*'^*  <  f"^'-  7'  v",  au  sujet  duquel 
M.  A.  Bel  a  donné  une  notice  dans  :  Recueil  des  travaux  du  xiv' 
Congrès  des  Orientalistes ,  Alger,  1906. 

*  *e-JjJl^  ^f....tl  t~>^^^;  cf.  infra .  p.  3 1 . 

(g:iiLjjJ\ ,  963-io36.  Voir  sa  biographie  dans  yiusj\  ^  *}4-^  <->lx^ 
yH^  S?'>'~^'  Uj^'  *Ij4.*3  ^L.À.1  ^jc,  par  ^lv»^l  «>^.  F.ÎS. 

'  ^L^oJl  jiiY^'^^  jr'^^^'  J^  cjUS'.  Fàs,  i3i7. 

»  Cf.  Ahmed  BAbA  ,  Nil  El-Iht .  p.  396 ,  1.  a. 

*  (^tte  biograpliie  *<■  lroii\e  |».  3i-  (voir  aussi  p.  aS,  a6,  iiii 
375). 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV"  SIECLE.  301 

puisé  ses  renseignements  '  et  non  dans  la  Rawdat 
En-Nesrin,  ouvrage  quii  ne  fait  que  signaler,  parfois 
même  sous  un  titre  sensiblement  différent  de  celui 
de  mon  manuscrit  ^.  Au  résumé  du  Nedjni ,  Ahmed 
Bâbâ  ajoute  une  anecdote  relative  au  Sehou  du  chîkh 
El-Haouwâri,  Suivent  quelques  lignes  prises  dans 
l'ouvrage  d'El-Melàli;  enfin  fauteur  complète  en 
rapportant  brièvement  l'un  des  miracles  du  saint  ^. 

IbnMeryem^,  El-Bostân^.  —  En  loi  i  H.  (1602- 
i6o3  de  J.-C),  Ibn  Meryem  acheva  son  important 
ouvrage  El-Bostân,  dans  lequel  il  est  longuement 
question^  du  chîkh  El-Haouwâri,  Ce  biographe 
connaissait  les  œuvres  d'ibn  Sa'ad^,  [Rawda  et 
ISeijm),  d'Ahmed  Bâbâ^  (M/),' d'El-Melàli^  (Ma- 

'  Cf.  Ahmed  BâbA,  Nil  El-Iht,  p.  20,  24,  25,  48,  Sgb. 

2  Cf.  Ahmed  Bàbâ,  Nil  El-Ibt,  p.  92,  .'hS,  355.  —  Et  page  3i8 
on  lit  :  ^w^LuaJl    Jùu.^l  ^oLl*  ^  ^~>«jJl  iii>»fi\ . 

^  Ce  miracle  (mort  d'Othmân),  résumé  du  Nedjm,  se  trouve 
dans  la  Rawda  sous  deux  formes,  l'une  abrégée,  l'autre  plus 
développée.  Cf.  Ibn  Sa' ad,  Rawdat  Enn..  fol,  45, 

''  *-j  v^  jj^j  u-oLUI  .>c5-I  ^  0^  f^  ov^,  Cf,  Barges,  Complément, 
p.  472. 

^  yL-toLj  *  L^oJlj  p  LJjill  j5i  (J-^  (jljj^\ .  J'ai  eu  à  ma  disposi- 
tion divers  manuscrits  du  Bostân  appartenant  l'un  (T)  au  qâdhi 
de  Tlemcen,  Si  Cho'ib;  un  autre  (N)  à  M.  Ben  Ralihal,  de  Nédro- 
mah;  un  troisième  (M)  à  Si  Menouer  de  Mostaganem.  Je  renvoie 
à  l'excellente  copie  (A)  que  possède  M.  W.  Marçais,  directeur  de 
la  Médersa  d'Alger.  Les  copies  du  Bostân  ne  sont  pas  très  rares  à 
Tlemcen,  11  s'en  trouve  deux  à  la  Bibl.  nat,  d'Alger  (n"'  1736  et 
1737  du  catalogue  Fagnan).  —  Si  Bel-Kacem  Ben  Et-Tiyeb  d'Oran 
possède  un  bon  exemplaire  du  Bostân  (copié  en  i3o5).  Cf,  infra  : 
textes  app.  Il,  p.  5,  27. 

"  Fol.  239  r°-248  v°  du  ms.  W.  Marçais. 

'  Cfi  Ibn  Mbryem^  Bostân,  dernier  folio* 


302  SEPTEMBRE-OCTOBRE  lOOG. 

wâhib);  il  a  reproduit  en  partie  le»  renseignements 
fournis  par  ces  auteurs.  Ibn  Meryem  rapporte  en  outre 
un  certain  nombre  de  légendes  concernant  El- 
Haouwâri ,  légendes  peut-ctre  puisées  dans  un  ouvrage 
concernant  les  Menâqib  Kl-Arba'a  ',  que  l'auteur  du 
Bnstân  a  eu  en  main  et  qu'il  attribue  à  Sîdi  Senoftsi*. 

Ks-Sebbâgh',  Bostân  El-Azhâr'^.  —  Dans  son  ou- 
vrage intitulé  Bostân  El-Azhâr,  consacré  à  Sîdi  Ahmed 
Ben  Yoûsef  *,  Es-Sebbagh ,  parmi  les  disciples  de  ce 
pieux  personnage,  cite  Sîdi  Mohammed  Ech-CherîP 
dont  il  donne  la  légende.  L'auteur,  contant  l'un  des 
miracles  produits  par  ce  saint ,  rapproche  ce  fait  mer- 
veilleux d'un  autre  plus  surprenant  encore  qu'il 
attribue  à  Sîdi  'l-Haouwâri  \ 

Viennent  ensuite  divers  ouvrage»  relatifs  à  l'histoire 
d'Oran;  ce  sont  : 

*  Cf.  JLjk^^^l  >y>«»Ll«  ^  y>iyJi...Jl  Js^  s^>N^^  .>»»/b  fj»y,  in  Ihn 
Mkrykm,  Bostân,  dernier  folio. 

*  Je  ne  connais  pas  cet  ouvrage;  BaroIw  ie  cite  [Cnmplémeiu 
p.  473),  et  attribue  par  erreur  la  RawdcU  En-Nesrin  au  chlkh 
Senoûsi. 

'  >...»^i.H  ^,jJjUI  aUmJI  (^  ^^  o^vt  ^^  Aé  ^J^  j>é  '»»^  Jy>£  ^t- 
(Cf.  Selouat,  II,  p.  13.) 

*  «X..9-I  ijfi^-ifM.  ;l^^t  ijA*J»)  ;(>»^^l  |*y*;  w«>(JU  ^  ;'^;^l  (J^Am^ 

^{•xJi^  t^MMuLJl  ^JwâlJl  v^fw^  ^^.  Je  possède  un  manuArrit  de  «>! 
ouvrage  (139  feuiHet^,  o  m.  1/1  sur  o  m.  18).  H  s'en  trouve  deux 
exemplaires  à  la  Bibl.  nal.  d'Alger  (n"  1707  et  170H  dn  catalogue 
Fagnan).  Cf.  inj'ra  :  textes,  app.  II,  p.  3,  4. 

*  Cf.  R.  Basset,  Dictons  satiriques. 

(Cf.  Es-Skbbàgh,  Bostân  El' izhâr.  mon  mu.  fol.   120  v". ) 
'  Cf.  infra  :  p.  70. 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIECLE.  30.T 

Boû  Ras,  'Adjaib  El-A.ifâr,  un  poème'  que  com- 
posa le  chîkh  Boû  Ra»^,  à  l'occasion  de  la  reprise 
d'Oran  par  le  bey  Mohammed  El-Kcbîr  (5  Radjeb 
1Q06  H.  ;  28  février  1791  de  J.-C).  L'auteur  fait 
suivre  chaque  vers  d'un  conimentaire^,  et  donne  sur 
Sîdi  i-Haouwâri  des  renseignements  puisés  en  partie 
dans  ïbn  Sa'ad.  Il  est  fait  allusion ,  dans  le  commen- 
taire, a  la  malédiction  que  El- Haouwari  lança  contro 
Oran\ 

El-DjAmi^i  ,  Commentaire  de  la  Halfâwiya.  —  C'est 
le  commentaire  par  El-Djàmi'i^  d'une  qasîda  en 
■72  vers,  composée  par  El-Halfâwi''  au  moment  de 

^  ^U^ill  v.Aj'.iaJ  ji^Ia*»^!  t-oLé.  La  partie  du  texte  concernant 
El-Haouvvârl  a  été  publiée  par  M.  René  Basset;  cf.  Fastes  chrono- 
logiques, p.  67.  Voir  aussi  la  traduction  de  l'ouvrage  :  Voyages 
extraordinaires  (p.  76  et  78),  par  Arnaud.  —  Un  bon  manuscrit 
de  'Adjaib  El-Asfâr  a  été  mis  à  ma  disposition  par  Si  Cho'ib  Ben 
Tâleb,  actuellement  bach'adel  à  la  mahakma  de  Sîdi-Bel-Abbès. 
Cf.  au  sujet  de  ce  manuscrit  :  A.  Bel  ,  Histoire  des  Béni  'Abd  El-Wâd. 
rois  de  Tlemcen.  Alger,  Fontana,  igo4,  introd. ,  p.  i3  et  sujv. 

*  Les  passages  concernant  El-Haouwâri  se  trouvent  fol.  87  v", 
1.  26,  et  fol.  88  r",  1.  10.  Nous  renvoyons  au  texte  publié  par 
M.  R.  Basset  [Fastes,  p.  67.) 

•*  i^fliJJl  J^^l  jjj  Js^  i«Ml  jy-c^l.  Un  exemplaire  du  Commen- 
taire de  la  Halfâwiya  m'a  été  prêté  par  Si  'Ali ,  mufti  d'Oran.  Ce 
manuscrit  comprend  127  feuillets  (0  m.  2/1  sur  o  m.  19)  d'une 
bonne  écriture  maghrébine.  L'ouvrage  est  souvent  cité  par  Gorguos 
[Reviie  africaine,  I,  p.  4o/|)  qui  ne  l'a  pas  consulté  et  ne  fait  que 
reproduire  les  citations  dont  Ahmed  Ben  Mohammed  Ben  'Ali 
émaille  le  texte  de  son  commentaire  :  Et-Theghr  El-Djoumâni.  — 
Il  est  question  dans  la  qnsltla  et  le  Commentaire  t  1°  Du  gouverne- 


30^  SEPTEMBRE-OCTOBRE  1906. 

l'expédition  que  dirigea,  contre  Oran,  Mohammed 
Ben  'Ali  Bakdach ,  dey  d'Alger. 

Ahmed  Ben  Mohammed  Ben  'Ai.i,  Et-lTieghr  El- 
Djoumâni.  —  L'ouvrage  dont  nous  senons  de  paHer 
se  trouve  fréquemment  cité  dans  le  commentaire 
d'une  qasîda  que  composa ,  en  i  20-7  H.  (1  ■79-2- 1  y 9 3 
de  J.-C.) ,  Aboû  'Othmàn  Mohammed  ^  à  l'occasion  de 
la  reprise  d'Oran  parle  bey  Mohammed^  (A  Radjeb 
1206  H.).  F^e  commentaire,  intitulé  Et-Theghr  El- 
Djoumâni^,  est  l'œuvre  de  Ahmed  Ben  Mohammed  Ben 
'Ali*.  A  la  suite  d'une  courte  notice  biographique^, 

ment  du  Sultan  Mohammed  Ben  'Ali,  dey  d'Alger,  connu  sous  le 
nom  de  Bakdàch  Khôdja;  —  a*  Des  préparatifs  de  IVxpëdition , 
du  commandement  des  troupes,  du  départ,  de  l'arrivée  à  Oran;  — 
3°  Du  siège  dt>  la  ville;  —  4*  Des  incidents  de  la  lutte  et  de  la 
réconciliation  des  deux  partis.  —  L'ouvrage  se  termine  par  la 
louange  à  Dieu  et  le  salut  sur  le  Prophète.  —  Cf.  infra:  textes, 
app.  IV,  p.  38-39. 

*  Mohammed  El-Kebir.  (Cf.  F^y,  Hist.  ctOran,  p.  ago.) 
'  ^lj<V'  7*^'  pi— j;jl  (^  ^^  yÀiJ\. 

^  (jfi^  i^  '>^  ,^  «J^l  • 

*  Cf.  le  ms.  de  Si  'Ali,  fol.  i53  v*  et  suiv.  —  Sur  cet  ouvrage, 
cf.  GoSGDOS,  Rei'ue  africaine.  I,  4o4.  —  Je  dois  à  l'obligeance  de 
Si  'Ali ,  mufti  d'Oran ,  d'avoir  pu  me  servir  d'un  excellent  exemplaire 
de  l'œuvre  de  Ahmed  Ben  Mohammed.  C'est  le  commentateur  lui- 
même  qui  a  transcrit  ce  manuscrit  en  apportant  quelques  modifica- 
tions au  texte  qu'il  avait  donné  antérieurement.  Voici  les  dernières 
lignes  du  manuscrit  de  Si  'Ali  :  ajJ^-»  L^Lâ  <u3L5'js»  J-^  c*4^' 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV°  SIECLE.  305 

Tauteur  rapporte  quelques  nouvelles  légendes  attri- 
buées à  Sîdi  ""l-Haouwàri.  Il  cite  Ibn  Sa'ad,  Es-Seb- 
bâgh,  ainsi  que  l'auteur  et  le  commentateur  d'une 
pièce  de  vers  intitulée  Hizb  El-Arifine^. 

Ibn  Zerfa  ,  Ralilat  El-Qamaria.  —  Dans  la  chro- 
nique d'Ibn  Zerfa ,  il  est  question ,  à  divers  reprises , 
de  la  malédiction  lancée  par  le  chîkh ,  contre  Oran , 
et  aussi  des  songes  et  prédictions  annonçant  la  prise 
de  la  ville,  des  invocations  que  les  troupes  d'inves- 
tissement adressent  à  Sîdi  ^1-Haouwàri^. 

El-Mazari,  Tonlou  Sa  ad  Es-Saoâd.  —  Le  deu- 
xième chapitre  de  l'ouvrage  d'El-Mazari^  relatif  à 
l'histoire  d'Oran'^  est  consacré  aux  saints  de  cette 

^■^-y..j|  Ljyjkw»  Jj  ^  T"^^.-  Le  manuscrit  (écriture  maglirébine) 
comprend  162  feuilles  (o  m.  3i  sur  o  m.  23).  —  Cf.  infra  :  te\tes, 
app.  V,  p.  3o-4o. 

'  Je  n'ai  pu  retrouver  cette  qasîda. 

^  Les  points  intéressants  que  présente  l'œuvre  d'Ibn  Zerfa  ont 
été  réunis  en  une  substantielle  notice  de  /i3  pages,  donnée  par 
M.  O.  HouDAS,  dans  le  Recueil  de  Mémoires  Orientaux.  Paris,  Imp. 
nat. ,  1905  (Notice  sur  un  document  arabe  ipédit). 

*  iyMi'iS  \^~sif  u't^^  i'-^-^I  iy*  ^j-«..«.H  Jot^  £>^'  Un  exemplaire 
de  cet  ouvrage  me  fut  signalé  par  Si  'Ali ,  mufti  d'Oran.  11  se 
trouve  au  musée  Dcmaeght  où  j'ai  pu  le  consulter  avec  l'aulori- 
saliou  de  M.  Mouliéras,  conservateur  du  Musée,  professeur  à  la 
chaire  de  langue  arabe  d'Oran.  Ce  manuscrit,  d'une  bonne  main 
maghrébine,  comprend  582  pages  (o  m.  26  suro  m.  20);  les  pages 
536  à  545  font  défaut.  L'ouvrage  est  relié  et  porte  au  dos  :  Mazari, 
Histoire  d'Oran.  —  L'auteur  a  divisé  son   travail  eu  cinq  parties 


306  SEPTEMBRE  OCTOBRE    1000. 

ville.  Pour  ce  qui  concerne  Kl-Haouwàri^  l'auteur, 
(jui  néglige  souvent  de  citer  les  sources,  a  puisé  à 
la  plupart  des  ouvrages  déjà  mentionnés,  ainsi  quu 
divers  autres  *  qu'il  indique  au  cours  de  la  biographie 
et  qui  lui  ont  fourni  de  nouveaux  détails. 

Nous  avons  eu  à  citer,  dans  l'annotation ,  divers 
ouvrages  de  ta>>awwouf;  les  principaux  sont  : 

Ben  'AdjIra,  MTrâdj  :  (^yajii\  \J^\À^  Ji  o^^jji  r^yH* 
4^LmJI  ^^aa:^  ^  «K^  ^^  «X^i  ^tX^^  ;  mon  ms. 

Ben  'Adjîba,  Jqâd:  ^.Xa^  a  C4!  rj-^  ijf  r*^^  1^^^ 
^  ■».<«»  M  A-H^^  ^  «X^  ^  «X^l  ;  mi.  de  M.  Mol.iamuied 
Nedjâr,  de  Tlemceo. 

El-Qochbiri,  Bitdla  :  Uyj^\  Ls.  ^^  io^x^âjUt  iiLM^\ 
(^wUiuJiil  (jSly^  ^  f^J^^  *^^^  f«wUJt  (^^-  Le  Caire,  i3i9. 

El-Giiazâm,  Ihya  :  «X^  «X«L^  ^^  (^«>^^  (•>'^  '>^^^=>>>^ 
^1^1  J^r  (j^-  Le  Caire,  i3i2.  4  v. 

Ibn  Ata-li.ah,  Le/ai/"  :  «X^i  jie^-«-J^  (>Ài<  vJitjUaJ  ç^U^ 
^^jJ»jLC>»oM  aMI  i>  tiap  ^Jf .  Le  Caire ,  1 3a  i .  a  v, 

(  ■>>  la  i  •).  Le  premier  chapitre  traite  de  la  fomlation  d'Oraii; 
l'auteur  fait  aussi  ia  description  <le  la  ville  (pp.  3-ii).  Daus  l<> 
deuxième  (pp,  i}-3o).  il  est  question  de  quelques  saints  d'Oran 
[ià  saints  sont  cités).  La  troisième  partie  est  consacrée  aux 
savants  orauais  [py.  3o-38].  Suivent  des  détails  sur  les  neuf 
gouvernements  qui  se  sont  succédé  à  Oran  [chap.  IV.  pp.  38-533). 
£n6n  l'auteur  a  réservé  aux  Magbzens  d'Oran  le#  Sg  dernières 
pages  de  son  oeuvre.  Cf.  infra  :  textes,  apj).  VI,  pp.  ii-i"]. 
'  La  biographie  se  trouve,  dans  le  ms. ,  pp.  12  et  suiv, 

*    ^LSJJJI    ^ytJJI    Jl    ityMj»    ^   ^Jy»„i)l    yJ^\yU.    t^\jS   —    )lt^^\      *il 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV'  SIÈCLE.  307 

.El-Baïdjoùri,  Tohfa  ;  *)s^c*-yJI  »j^y>^  Js-  «Xj^L!  Hj^' 
i^^y^\j^\  (»**'y'  j«?S>î*^-  ^^  Caire,  i3i4. 

Ech-Ghabuakhîti,  Fetoâliât   .   X-»-^^!  cuia^jJcO)  t_>bû 

i'3i8. 

'Allîch,  Hiddia  :  jit,j>S^  *>^  ^^^'  ZJ^  ♦N?;-^'  À^lj^ 
i^yMt  ^«XjumJ  Jwkak^yJI  J^l  ii«>uJu).  Le  Caire,  i3u6. 

El-Djordjàni,  Ta'arifat  :  ^Jx  v.jIl,îwûAJ  c»ljy*JtjJI  <_>lo 
^l^yi^  <X^  ^.  Le  Caire,  i3o6. 

El-Fechni,  Medjâlis  :  <Xj-l  .isvAJD  iuJuJI  jjJLsjJI  ç>U^ 
i5-*-*^'  t^î^  f^^'  (jï^^-  Le  Caire,  i3i5. 

Es-Sahrawerdi  ,  'Awârif  :  ^^:>^^J^,J,^JJ  OjUlt  Ojî^* .  Le 
Caire,  i3ia.  4^  v. 

Egu-Cha^arAni,  Yawâqît  :  <Xx*!  >-tf>!^-s.t^  oykiî^l  c->bo 
^j^-jt-ûJ\  oLdyJI .  Le  Caire ,  1317. 
"  Kachâf:  ^Jyi»i\  cyU^SUxwst  CiUi.  Calcutta,  1862. 

Egh-ChernoÛbi,  Cherh  Tâia  :  viUuo  Jl  JjX^aJÎ  Ajob  ^^ 
(^jiyéiJ\  *)n-s5SJ5  *5s^  ^'^y*^  til^AXl.  Le  Caire,  x3io. 

HamdoÙn,  Hachia  :  ^Li!  /o  y^«^*^  t^*\H*»  ****^^  •  ^^ 
Caire,  i3i6.  2  v. 

MUba,  Cherh  :  «Xç-I  ^^  Ov^  ^^^  -^^^^'^  (j*^'  )'^^ 
«jty*.  Le  Caire,  i3i3.  3  v. 

IL  BIOGRAPHIE   DU   SAINT. 

Le  saint  ^  musulman ,  qui  fait  l'objet  de  cette 
étude ,  est  actuellement  connu  dans  tout  le  nord  de 

*  criî'  Voir  sur  ce  mot  :  E.  Douttb,  Les  Marabouts ,  p.  343.  — 
L'Islam  algérien  (Alger,  1900),  p.  Sg  et  suiv.  ;Blochet,  Noies  sur 
iésotcritme  musulman  [J.as.,  mai-juiti  1903),  p.  /tgi.  Sur  la  déri- 
vatiou  et  i«  sens  tla  mol  ^yJ^,  on  trouve  les  cxplicatioiiii  suivantes  : 


308  SEPTEMliUE-OCTOliKE   1906. 

l'Afrique  sous  le  nom  de  Sîdi  Mhaiiiined  ^  El-Haou- 
wâri.  Mais  il  y  a  deux  siècles,  cette  appellation  n'eut 

1°  On  bien  ce  mut  est  de  la  forme  JsH>^<  ayant  le  sens  passif  de  la 
forme  J^jlju*.  Le  saint  (walij  serait  alors  celui  de  la  conduite  du- 
quel Dieu  se  charge  sans  lui  laisser  à  lui-même  un  seul  instant  le 
soin  de  son  existence  (Kl-Fechhi,  Mrdjàlis .  p.  2^0);  —  ce  serait 
aussi  celui  duquel  Dieu,  pour  le  mieux  protéger,  serait  tout  proche 
(CiiABRAKiiÎTi,  El-Fetoûhàt,  p.  a64];  —  ou  encore  l'individu  sur 
lequel  S4>  succèdent,  sans  interruption,  les  bienfaits  et  les  faveurs 
de  Dieu  (Djordjâm,  Taarijàt,  p.  11s.  —  Qooheiri,  Hisàla, 
p.  173.  —  Baidjoûri,  Tohfa.  p.  83).  —  a*  Ou  bien  le  mot  est 
de  la  forme  J^ol*,  forme  intensive  de  J^U  à  sens  actif.  Dans  ce  cas, 
le  saint  serait  l'homme  qui  se  charge  d'adorer  Dieu  et  de  lui  obéir 
(BaidjoAri,  Tohfa,  p.  83);  —  ou  bien  celui  qui  s'est  approché 
de  Dieu.  En  se  soumettant  à  Allah,  en  le  craignant,  en  ne  tom- 
bant pas  dans  le  péché,  le  saint,  en  effet,  se  rapproche  de  son 
Maître  et  se  trouve  ainsi  constamment  secouru  par  Lui  (Ber 
'Adjîba,  Mirâdj ,  m.  ms. ,  fol.  6  r").  Il  s'est  éloigné  du  monde 
pour  se  tenir  tout  près  de  Dieu  [Knchâf.  p.  iSag).  —  Le  saint 
serait  aussi  celui  qui  continue  l'œuvre  de  Dieu  et  de  son  Envoyé 
(Beh  'ÀDjisA,  Mirâdj ,  fol.  6  r"),  ou  encore  celui  dont  les  actes 
d'obéissance  à  Dieu  se  succèdent  sans  que  jamnis  viennent  s*y 
mêler  d'actes  d'insoumission  (cf.  DjuhdjA:ii,  TaariJat,  p.  113). 
Il  évite  de  pécher  et  de  s'adonner  aui  douceurs  de  la  vie  et  aux 
passions  ('Allîch,  Hidàia .  p.  178);  on  ne  veut  pas  dire  par  là 
qu'il  ne  commette  jamais  de  fautes,  il  n'est  pas  impeccable 
{^yaju»)  comme  le  prophète,  mais  seulement  Io^xj^  (gardé  par 
Dieu).  Cf.  QoçHEiBi,  Risâla,  p.  173;  Baidjoîri,  Tohfa,  p.  83.  — 
On  a  fait  aussi  dériver  ce  mot  de  la  racine  J^,  être  tami  secou- 
rable  de  quelqu'un.  Le  saint,  en  effet,  vient  au  secours  des  gens 
en  les  conseillant,  en  leur  ordonnant  de  faire  le  bien  et  en  leur 
défendant  le  mal  [Kachàf,  p.  i528).  —  Sur  les  cinq  sens  de  ce 
mot  dans  le  Qoran ,  cf.  CiiABRAKHiri ,  El-Fetoûhàt , p.  a  65.  —  D'autres 
ajoutent  :  Le  wali  est  celui  qui  connaît  Dieu  et  ses  attributs.  11  a 
fait  abandon  de  son  libre  arbitre  pour  s'en  remettre  à  la  volonté 
de  Dieu,  devenu  l'objet  unique  de  sa  pensée  (Ibn 'Ata-llah,  Le- 
tâif,  p.  27;  voir  aussi  p.  36  et  Aa  :  les  deux  sortes  de  iWj). 
'  C'est  la  lecture  du  Bisàt  E/-Mou/o«^  =  Laio  ,s^  i^^^-n--'  j^—'l 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIECLE.  309 

pas  toujours  suffi  à  distinguer  notre  chîkh  d'autres 
Musulmans  portant  ce  même  nom  et  jouissant  d'une 
certaine  célébrité.  El-Qâdiry  ^  rapporte  en  effet  qu'il 
connaît  22  personnages  s'appelant  Mhammed  Ei- 
HaouwAii.  Aussi  les  biographes  du  saint  l'ont  généra- 
lement désigné  sous  le  nom  de  Mhammed  Ben  'Omar 
El-Haouwâri ,  auquel  est  parfois  joint  le  surnom  de 
Aboû  ^Abdallah  2. 

La  forme  la  plus  complète  sous  larpielle  figure, 
dans  les  ouvrages,  le  nom  de  ce  pieux  personnage 
est  la  suivante  :  Mhammed  Ben  'Omar  Ben  'Othmân 
Ben  Seba'  Ben  'Ayâcha  Ben  'Okkâcha  Ben  Sîd  En- 
Nâs  Ben  Amîr  En-Nâs  El-Ghiâri  El-Maghrâvvi ,  connu 
sous  le  nom  de  El-Haouvvâri ^  :  «C'est  sous  cette 
forme,  ditlbn  Sa'ad,  que  j'ai  trouvé  la  généalogie  du 
saint,  tracée  de  la  main  de  son  élève  Sîdi  Ibrahim 
Et-Tâzi*.  Elle  est  assez  fidèlement  reproduite^  sur 

^^Ij^Jl;  c'est  d'ailleurs  ainsi  que  l'on  prononce  à  Oran  et  à  Tlem- 
cen. 

^  (^^jLâJI .  —  ç#^^'  r^  (^»  P-  9)'  2  ^'  Fâs,  i3io. 

^  Ahmed  B.\bA,  Nil,  p.  817.  —  Tbn  Merybm,  Bostàn,  fol.  aSg  r°; 
app.  III,  p.  5. 

'  Ahmed  ben  'Ali,  Et-Tlie(]hr,  foi.  id8;  app.  V,  p.  3o.  —  Ibn 
Sa'ad,  Rawdat  Enn..  fol.  1  v°;  Bou  RAs,  'Adjaîb,  éd.  R.  Basset, 
p.  70. 

*  Ibn  Sa'ad,  Rawdat  Enn. ,  fol.  3  r°. 

•'  Cette  épitaphe  est  tracée  sur  bois  (o  m.  70  X  o  m.  ou)  et  date 
de  i886.  Elle  est  la  reproduction  d'une  inscription  qui  figurait  à 
la  même  place  et  que  l'on  dut  remplacer.  Un  tronc  destiné  à  re- 
cevoir les  ofFrandes  des  visiteurs  est  cloué  sur  i'épilaphe  même  et 
la  masque  à  demi.  Voici  cette  inscription  :  xkï^jJ'  ;:r''r''  ^^  f^ 
ft-^J^  ^j'"  '  J.'.'tg^?-*!  J^-'jJ'  (^7^'  <^^  "^  Ljo^-5_w  J^  M\  Juoj 


310  SEPTEMBRE-OCTOBRE   1900. 

une  inscription  que  l'on  pouvait  Hp'  sur  !<'  tom- 
beau d'El-Haouwàri  à  Oran  K 

Origine  et  naissance  du  saint.  —  Ibn  Sa'ad  rap- 
poite  que,  en  771  de  l'Uégire,  Sidi  Mhanuned 
acheva  l'étude  de  la  Moudawwana'-.  il  avait  alors 
YÏiigtrcinq  ans  :  il  est  donc  né  en  781  H.  (i36o- 
I  35i  de  J.-C). 

Dans  le  nom  du  chikh  se  InjUMiil  Its  dvux  nioK 
Kl-Haouvvàri  el  El-Maghràwi.  Ainsi  que  l'explique 
Atinied  I3en  'Ali  dans  son  commentaire^,  le  mot 

\ù^  aHI  0^  l^eJU;  *^t^  M^  M\  J^  f>JL:^\  ^'^yi:»  Jl  ^A^ 
'  JPII  éU^^M  'yji  ,.'-111  ^1  U#;  Jl  U*V*,  UV  ,  •■  Ov-^l  ^1 
*  L^jlj_i_H  ;l*lJl  o-UJI  y^\  jji  ^J»^^  J^--.  ^^  ^  ^^  j^  S^**— 
fjfJ^-t!^   '  ^U»UaJI  <£>)JJ\  ^>Wj^l  *^JaU\    ^  ^Sio  lis^  ^^\y^fi^  <-tiy*i^ 

X^  L^  "  JUL^I  viLJU -  jjlj^  ^ 

ç^3UJl ^U  -«^l  ^'j,,^^ 

'   J^.    —     »    ^^IjAit   ^;LjJt.     —     ^   ^7*5.     —    '   (^UaJL-Jt     (ou 

^Vx^-oJI).  —  '  ^1,  (s-*^.  -  '  jx^l  (cf.  Qoran.  XXUI.  118). 

—  '   ^^\    —    "    lo^.    —    "    jUjil.    —    •    yUaJI.    —    f   wJ»*5'- 

'  Tai  pu  relever  cette  inscription  en  avril  igo4.  Elle  a  disparu 
depuis. 

'  Ib!»  S**ad,  'Raredat  Enn.,  fol.  6  r*. 

'  Aqhed  Bas  'Au,  Et-Thegkr,  fol.  i48  v*;  app.  V,  p.  3i,  — 


m  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIECLE.  311 

Haouwâri  vient  de  Howâia  qui  désigne  une  tribu 
berbère,  descendant  de  Howar  Ben  Aourîgb  Ben 
Bernes  Ben  Berber  ;  de  même  que  Mughràwi  est  d^ 
rivé  de  Maghrawa,  nom  d'une  tribu  zénète  qui  eut 
])our  an(36tre  El-Abter  j^en  Berber.  Les  Howâra  et 
les  Magbrâwa  sont  donc  des  Berbères  issus ,  les  pre- 
miers de  Bernes,  les  seconds  de  Ei-Abter,  Il  senibie 
donc,  fait  observer  le  commentateur,  que  Ibn  Sa  ad 
a  eu  tort  d'appliquer  ces  deux  ethniques  à  un  même 
individu.  On  peut  toutefois  expliquer  le  passage  en 
admettant,  dit-il,  que  l'un  des  noms  s'applique  au 
lieu  de  résidence  du  saint,  l'autre  indiquant  sa  tril)u 
d'origine. 

Les  noms  de  'Okkâcha,  Amîr  En-Nâs,  Seïd  En-Nâs, 
Seba' ,  qui  figurent  dans  la  généalogie  de  Sîdi  Mham- 
med  et  que  portèrent  certains  chefs  des  Howâra  ^ 
indiquent  que  les  ancêtres  du  saint  appartenaient 
sans  doute  à  cette  même  tribu.  El-Haouwâri  serait, 
par  conséquent,  né  chez  les  Maghrâvva^  et  probable- 
ment dans  le  voisinage  de  Kelmîtou ,  bourgade  oii  il 
s'arrêta  lorsque ,  à  l'âge  de  dix  ans ,  il  eut  quitté  pour 
la  première  fois  son  pays  natal  ^. 

En  dépit  de  son  origine  berbère ,  Sîdi  '1-Haouwâri 

Voir  aussi  Ibn  kBiM)OiJN,  Histoire  des  Berbères,  trftd,  ns  Bl^mk, 
I,  p.  X 78,  et  Bou  Ris,  '.idjaib,  77,  aog, 

'  Cf.  Ibn  Khaldoû»,  trad.  db  StAWB,  t.  I,  p.  74,  76,  178,  318; 

II,  178;  m,  297. 

^  C'est  l'opinion  de  Bou  lUs,  'Adjaib.  trad.  Arnaud,  p.  77. 

■'  Cf.  AijMED  Bm  'Ali,  Et-Theghr.  fol,  102;  app.  V,  p.  Sa,  — 
Ibn  Sa'ad,  Rawdal  lùin. .  fol.  3  r".  Sur  JCelmitou,  à  20  km.  Est  da 
MosUpaneui ,  cf,  Orte  lop.  de  l'Algt-rie ,  fitiiiHe  n"  io3.  Bosquet, 


312  SEPTEMBRE-OCTOBRE    1906. 

est  chérif.  El-Mazari  lui  donne  le  titre  de  Ech-rhérif 
el-Hasani*.  L'auteur  du  Bisât  El-Moulodk-  lui  attri- 
bue la  généalogie  suivante  : 

Sîdi  Mhammed  El-Haouwari  Ben  'Omar  Ben 
\hmed  Ben  Mohammed  Bon  'Ali  Ben  Boû  Zîd  Ben 
*Ali  Ben  El-Mahdi  Ben  Slîm.in  Ben  Isâr  Ben  Moûsa 
Ben  'Isa  Ben  Mohammed  Ben  Moûsa  Ben  'Isa  Ben 
ïdrîs  Ben  Idrîs  Ben  'Abdallah  El  Kâmil  Ben  El-Ha- 
san  El-Motbonna  Ben  El-Hasan  Es-Sobti  Ben  Fâ- 
tima  Bent  Rasoûl  Allah'. 

>  Cf.  El-Mazari  ,  Toalou,  fol.  6  v"  \  «pp.  VI ,  p.  191. 

'  Cf.  Mohammed  Brn  Ahmed,  BUât .  fol.  id.  Je  me  suis  servi 
d'uD  manuscrit  de  cet  oavra<|;t';  son  propriétaire,  M.  El-IIaoudri, 
commerçant  ù  Orléansville,  voulut  bien  me  le  confier  une  hcun* 
environ.  Le  manuscrit  est  ainsi  désigné,  foi.  i  :  ^  <iifXX\  '«sL^  (_jUj 

''  11  est  à  remarquer  que  l'auteur  du  Bisàt  néglige  totalement 
les  données  d'll>n  Sa'ad  (généalogie  écrite  de  la  main  de  Sidi  Ibra- 
him Et-Tàzi);  il  a  dû  cependant  connaître  la  Itawcla  qu'il  cite  au 
commencement  de  l'ouvrage  (fol.  4)  :  i^Ul*  ^  ^j»jJI  Hiê)^  -làil 
(^tï^UaJl .  L'autear  de  l'ouvrage  Jy-ji\  Jl*  ^  ^  <V-*-''  'r^>^  < 
Sîdi  'Ahd  er-Rahmàn  El-Fâsi ,  dit  au  sujet  de  notre  saint  :  ^  ^ 

Jl^ill   J  JL^L    ^    ->VI    ^l^ill   y    JLoL^^I    ^l^ilj    c-^*.U>    Ol^ill    ;L^I 

Cf\^ — ^i  ^— ^  } A  y  i:)\y^^  '-isj^^  sf;'>^'  **^  '^St^l  2^^'  'Sy^^^l 

jlj-A.  Cf.  inamiscrit  n*  95  de  la  Médersa  de  Tlemcen,  fol.  i46, 
ligne  II.  Voir  aussi  :  Ei.-Mazari,  Toulnu,  app.  VI,  1.  i5.  — 
Une  pièce,  dont  j'ai  une  copie,  atteste  la  qualité  du  chérif  de  Sîdi 
l-Haouwàri  et  de  ses  descendants.  Elles  comprend  divers  actes 
perlant  une  tr.'ntaine  de  signatures,  entre  autres  celle  du  naqib  el- 
aclirâf  d'Alger,  celle  de  Mohammed  Efendi,  qàdi  hanéfîte  à  Alger, 
celle  de  Mohammed  Aboû  Râs;  ces  attestations  sont  datées  des 
années   i3j5  et  1216  de  l'hégire.  —  Cf.  Rbnk  Basset,  Mélanges 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIECLE.  313 

Sa  première  éducaLion.  —  Le  père  du  jeune 
Mhamnied  était  l'un  des  notables  de  la  tribu.  En 
homme  d'intelligence,  il  sut  donner  à  son  fils  un 
précepteur  instruit  et  vertueux,  Sîdi  'Ali  Ben  'Isa,  et 
surveilla  son  éducation  ^ 

Mhammed  tut  un  détestable  élève;  par  son  inat- 
tention et  son  indifférence,  il  s'attiia  de  la  part  de 
Sîdi  "Ali  de  sévères  admonestations.  «  Ne  le  frappe 
pas ,  maître ,  disait  le  père ,  laisse-le  tel  qu'il  est.  Je 
l'abandonne ,  quant  à  moi ,  à  son  Créateur,  espérant 
qu'il  en  fera  un  homme  de  vertu.  »  Le  père  voyait, 
en  effet,  dans  cette  insouciance  même,  une  marque 
de  l'assistance  divine  et  le  présage,  pour  l'enfant,  de 
hautes  destinées.  D'ailleurs,  dès  son  âge  le  plus 
tendre,  le  jeune  Mhammed  se  distinguait  des  autres 
garçons  de  son  âge  :  il  ne  prenait  point  part  aux  jeux 
de  ses  camarades ,  se  préoccupait  peu  de  boire  et  de 
manger  et  jamais  ne  disait  de  mensonge.  Aussi  Dieu 
lui  fit  don  de  la  sagesse  dès  l'enfance.  A  dix  ans, 
notre  futur  saint  savait  par  cœur  tout  le  Qorân  '^. 

Voyages  de  Sîdi  Mhammed.  —  Sîdi  '1-Haouwâri  fit 
de  nombreux  voyages,  par  terre  et  par  mer,  en 
Orient  et  en  Occident^.  Vers  l'âge  de  dix  ans,  quit- 

d  histoire  et  de  littérature  orientale,  II,  p.  4.  Louvain,  1888,  et 
A.  Cour,  Etablissement  des  dynasties  des  chérijs  au  Maroc,  p.  18. 

^  Ibn  Sa'ad,  Bawda,  foi.  2. 

^  Ahmed  Be\  Mohammed,  Et-The(jh\  fol.  i52;  app.  V,  p.  Sa. 
—  Ibn  Sa'ad,  Rawda,  fol.  3. 

^  Ahmed  Bâkâ ,  Nil,  p.  317.  —  Ibn  Merïem  ,  Bostân,  fol.  aSg  r°  ; 
app.  III,  p.  5<  -^  El-Mazari,  Joulou>  fol.  7;  app.  VI,  p.  ^l. 


314  SRPTKMBHE-Or.TOBWE   H06. 

tant  son  pays  natal ,  il  rencontre ,  dans  le  pays  de 
Kelmltou,  un  rhîkh  qui  l'initie  k  la  vif»  des  mystiques. 
Puis,  de  nouveau,  il  part,  eiTe  en  tous  sens  dans 
les  régions  désertes ,  loin  des  lieux  habités  ou  sur  les 
rivages  de  la  mer.  Des  herbes,  des  feuilles  d'arbres 
suffisent  à  sa  siibsistanre  *  :  «  Dans  les  lieux  déserts, 
dit  le  saint,  j'habilais  quelque  grotte  que  j'avais  pu 
découvrir  et  ma  joue  n'avait  pour  oreiller  que  ma 
main  ou  des  branches  *.  » 

Au  cours  de  ses  excursions,  l'ascète  avait  choisi 
comme  asile  un  fourr»'*  touffii.  Des  lions,  des  ani- 
maux dangereux  y  vivaient  près  de  lui;  mais  il  n'étaii 
nullement  ému  à  l'approrhe  des  fauves'.  Car,  non 
seulement  les  bêtes  féroces  ne  lui  faisaient  aucun 
mal,  mais  elles  venaient  à  lui,  poussées  par  leurs 
appétits,  lesquels,  par  la  permission  de  Dieu,  se 
trouvaient  alors  satisfaits  *. 

Ses  études.  -^  Ëi-Haouwàri  fit  ses  premières 
études  à  Bougie,  où  il  entra  pendant  l'année  qui 
suivit  son  premier  jeune  ^.  11  assista  aux  leçons  de  Sîdi 
'Abderratimùn  El^Oughlîsi^  et  de  Sîdi  A|;imed  B<in 
Mris".  Ayant  meublé  sa  mémoire,  (jinl  ;ivait  excel- 

'  Ahmed  Bes  Momamm^d,  Et-Theghr.  fol.  i.^a;  apj).  V,  p. 33. 

*  Ib?i  Sa'ad,  Rawda,  foi.  3. 

'  lu"*  MERTItM,  BostAn  .  fol.  sSg  v'*,  «pp.  llî ,   p.  6»  —   Ahmkd 
BiBÂ.  iVf/.p.  317. 

*  El-Mazari,  Toidou.  fol.  7;  app.  VI,  p.  \\. 
'■'  C'est-à-dire  à  l'âge  de  douze  ou  treite  an». 

*  (^«(«^O!  <^--Jlêpi  j^\  ^  yl^Jl  ^*,  mort  en  788.  Cf.  Ah- 
me6  BAbA,  m.  p.  Us. 

'  ^^*UaJI  j-^;^I  ^^;  J^l   (Cf.  AÇMËD  BAbA,  nu,  p.  5(î  =  ^^ 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIÈCLE.  315 

lente,  d'une  grande  cfuantité  de  textes,  \\  commença 
l'étude  de  la  Mondaumana  d'Kl-Ber  ida'i.  Des  savants 
lui  décernèrent  divers  diplômes  et  il  partit  empor- 
tant, de  son  séjour  à  Bougie,  le  meilleur  souvenir ^ 
Et  traversant  tout  le  Moghreb,  il  vint  à  Fâs.  Il 
y  entra  sans  ressource  aucune,  venu  dans  l'unique 
intention  de  poursuivre  ses  études  auprès  des  maîtres 
de  cette  ville.  Peu  lui  importait  de  passer  les  nuits 
dans  quelque  minaret,  l'estomac  creux 2;  l'essentiel 
pour  notre  étudiant  était  d'entendre  la  parole  de  sa- 
vants tels  que  Sîdi  Moûsa  l 'Abdoûsi-*  et  Sîdi  Ahmed 
El-Qebâb  *.  Pendant  plusieurs  années ,  il  continua  de 

ii^LjL*.w  3  jj*:i«J!  >SJL}).  —  Cf.  Ibn  Sa'ad,  Rawda.  foi.  4  v°,  —  Ai^- 
MED  Ben  Mohammed,  Et-Theghr,  foL  102;  app.  V,  p.  33.  —  Les 
autres  auteurs  parlent  tout  d'abord  des  études  du  saint  à  Fâs.  — 
Cf.  Ahmed  BâbÂ,  Nil,  p.  317.  —  Ibn  Merïem,  Bostân,  fol.  aSg; 
app.  111,  p,  5.  —  El-Mazari,  Toulou,  fol.  7;  app.  VI,  p.  49. 

•  Ibn  Sa'ad,  Rawda,  fol.  4  v°.  —  Ahmed  BâbA,  Nil,  p.  317.  On 
lit  dans  la  Raivda,  f  4  *"  :  «Les  poésies  de  Sîdi  Mhammed 
abondent  en  termes  élogieux  à  l'adresse  des  gens  de  Bougie  et  en 
allusions  à  leur»  qualités  :  bienfaisance,  esprit  de  charité,  pré- 
venance pour  les  étrangers,  amour  des  pauvres,  soin  scrupuleux  à 
éviter  l'usure  dans  leurs  opérations  commerciales,  crainte  de  Dieu, 
délicatesse  de  conscience.  »  —  «  Je  n'ai  trouvé  leurs  pareils  dans 
aucune  autre  ville!  s'écrie  le  saint  dans  une  de  ses  poésies.  Si  je 
voulais  vous  décrire  ce  que  j'ai  vu  à  Bougie,  je  dirais  :  nEUe,  c'est 
«  elle  !  Ville  de  conscience  et  de  science  !  » 

'  Ibn  Sa'ad,  Rawda,  fol.  5  v".  «J'entrai  à  Fâs  eu  étranger,  dit  le 
saint.  Je  m'installai  dans  un  minarat.  Et  je  souhaitais  de  manger 
tout  mon  siioûl  du  pain  et  du  kesicsoii.» 

3  ^^j^^jJ!  ^L«^  (^  Os^  (j3  i5">^'  mort  en  796  H.  (1393-1394 
J.-C);  cf.  Ibn  El-QAdi,  Djed'wat,  p.  2  33. 

cjLjJG,  mort  en  778  H.  (1370-1377  de  J.-C);  cf.  Ibn  Kl-QAdi, 
Djed'wàt,  p.  60.  —  Açmed  Bâbâ,  Ntl.  p.  52. 


316  SEPTEMBRK-OCTOBRE    190G. 

s'instiuiro  sous  Jeur  direction 'et  acheva  l'étude  de  la 
Moudawwana.  li  avait  alors  vingt-cinq  ans. 

A  partir  de  cette  année  776  11.  (1376-1375  de 
J.-C),  la  célébrité  de  Ei-Maouwàri  va  grandissant. 
Malgré  son  jeune  âge ,  déjà  il  avait  acquis  dans  la 
>ille  une  réputation  telle  que  les  maîtres  de  l'époque 
donnaient  à  l'étudiant  le  titre  de  Sidi  '.  D'élève,  il 
devient  maitre,  et,  avec  succès,  enseigne  à  Fàs,  le 
Qoràn,  la  littérature  arabe  et  la  juiisprudence-.  C'est 
à  c^tte  époque  et  dans  cette  tille  que  Sîdi  Mhammed 
composa  son  ouvTage  intitulé  :  Es-Selion  w-ct-Tcnbili^. 

Ayant  satisfait  à  ce  devoir  qui  impose  à  tout  Mu- 
sulman la  recherche  de  la  science ,  Sîdi  'l-H.iouwàri 
résolut  de  s'acquitter  de  l'une  des  cinq  prescriptions 
obligatoires  :  celle  du  pèlerinage  *.  Il  se  dirigea  donc 
vers  La  MeUce.  Chemin  faisant,  il  s'arrêta  au  Caire 
où,  quelque  temps,  l'étude  le  retint  et  où  il  fit  la 
rencontre  de  savants  illustres  parmi  lesquels  El- 
Qarâfi\ 

Sîdi  Mhammed  séjourna  ensuite  plusieurs  années 
dans  le  voisinage  des  deux  villes  saintes  :  La  Mekke 

'  Ib!«  Sa.'ad,  Eawda,  fol.  5  v°. 

*  Ahmkd  Ben  Mohammed,  Et-Theghr.  fol.  iSa;  app.   V,  p.  33. 
^  Ib>-  Meryem,  Bostàn,  fol.  a39  v';  app.  III,  p.  7.  —  El-Ma- 

zARi ,  Toulou.  fol.  7  ;  app.  VI,  p.  4;».  —  Ibn  Sa'ad ,  Rawda ,  fol.  6  r". 
—  Ahmed  BIbI,  JVi7.  p.  317.  —  Ahmed  Ben  Mohammed,  Et- 
Tlieghr .  fol.   lâa-,  app.  V,   p.  34 i  voir  sur  le  Sehou  :  injra,  p.  3i. 

*  Ces  cinq  prescriptions  sont,  on  le  sait  :  i°  la  récitation  de  la 
formule  :  M\  Jym^  J.^  aWI  il  *Jl  il;  a*  la  prière  (ïX-aJl);  3°  le 
payement  de  la  zekât  (»l^);  k"  le  jeûne  ((.L<«);  5°  le  pèlerinage 
à  La  Mekke  (g). 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIIXLE.  317 

et  Médine.  Dans  la  première  de  ces  villes,  il  habitait 
le  quartier  de  Ribât-Ei-Feth.  Mais  pour  que  la  prière 
faite  dans  les  mosquées  saintes  porte  tous  ses  fruits, 
il  est  indispensable  que  ie  pèlerin  aille  faire  aussi 
ses  dévotions  dans  la  mosquée  de  Jérusalem  ^  Notre 
saint  se  rendit  dans  cette  ville.  De  là,  il  partit  en 
Syrie  et  logea ,  à  Damas ,  dans  la  mosquée  des  Ome- 
yades.  Puis,  reprenant  la  route  de  l'Occident,  Sîdi  '1- 
Haouwâri  s'arrêta  à  Oran,  y  établit  sa  demeure  et  y 
resta  jusqu'à  sa  mort^. 

Sidi  Mhammed  à  Oran.  —  Il  vécut  en  paix  dans 
sa  nouvelle  résidence,  répandant  la  science  autour 
de  lui  et  appelant  à  Dieu  ceux  qui  l'entouraient.  Les 
habitants  de  la  ville  s'aperçurent  bien  vite  que  Sîdi 
Mhammed  était  honoré  de  la  faveur  divine.  Ils  accou- 
raient en  foule  à  ses  audiences  pour  y  entendre  ses 
exhortations.  Le  saint  savait  frapper  leurs  esprits 
crédules.  «  Il  épouvantait  les  gens,  ditibn  Sa'ad^,  en 
leur  décrivant  le  feu  de  l'enfer,  le  carcan  et  les  tour- 

^  Ces  trois  mosquées  sont  celles  que  le  Prophète  distingue  entre 
toutes  dans  ce  hadîth:  j^L-^  Âiilà  J!  i)l  JU-^JI  J.-ÛJ  il  (Cf.  Cherh 
Ezzerqâni,  I,  355).  Le  Prophète  appelait  celle  de  Médine  «sa  mos- 
quée» ( i^o^jcs<« ) ;  celle  de  La  Mekke  est  «la  mosquée  sacrée»  {■><^f^ 
j.!-il)  et  celle  de  Jérusalem  «la  maison  sainte»  (|j»j>om  ciwo) , 
aussi  appelée  «la  mosquée  éloignée»  (^y»aji^!  .xar«^),  étant,  pour 
les  Arabes,  la  plus  lointaine  des  trois.  —  Sur  le  mérite  de  la 
prière  faite  dans  chacune  de  ces  trois  mosquées,  voir  une  assez 
longue  discussion  dans  Cherh  Echchifa,  II,  p.  lôg.  Voir  aussi  : 
Ghazali,  Ihya.  I,  p.  17A. 

^  Cf.  les  références  de  la  note  3,  page  8. 

^  Ibn  Sa'ad  ,  Rawda ,  fol.  7  r°i 


3lfi  SKPTËMRKE-OCTOBRE   190(.. 

iTients  de  toutes  sortes  qup  Dieu  a  prépai'^s  poiif  ies 
robelles  à  sa  loi.  Peu  sVn  fallait  alors  qu»'  les  coeurs 
ne  se  fendissent  «'t  ne  fussent  brisés  de  frayeur.  Aussi 
les  assistants  s'empressaient  de  s'amender  et  de  se 
repentir.  »  CVtait  surtout  aux  riches  et  aUX  puissants 
de  ce  mond»'  que  Sîdi  Mhammed ,  pour  les  amen«'r 
à  Dieu ,  tenait  ce  sévère  langage.  «  Mais  si  des  pauvres , 
des  malheureux  se  présentaient,  le  saint  faisait  appel 
à  leur  patience  ^  les  consolait  en  leur  parlant  de  l'im- 
mensité de  la  clémence  divine,  de  la  générosité  du 
pardon  de  Dieu.  Et,  les  entretenant  de  la  magnifi- 
cence des  faveurs  d'Allah ,  de  l'étendue  de  son  indul- 
gence ,  il  les  ramenait  k  l'espoir  et  leur  inspirait  le 
désir  des  tlombreuses  récompensés  qu'ils  pouvaient 
attendre  du  Créateur'.  * 

Bientôt  le  bruit  se  répandit  que  Cet  homme  si 
pieux  devinait  les  pensées  des  assistants,  répondait 
à  des  questions  mentalement  posées,  donnait  des 
conseils  qu'il  était  bon  de  suivre.  Aussi,  les  indécis, 
qui  avaient  en  tcte  quelque  projet,  par  exemple  un 
voyage,  Un  mariage,  etc.,  accouraietij  aux  audiences 
du  saint  personnage.  Sidi  Mltiamnied ,  qui  lisait  dans 
la  pensée  de  chacun,  prenait  la  parole,  s'exprimant 
en  termes  généraux ,  se  servant  do  paraboles ,  s'adres- 
sant  à  tous  et  non  à  une  personne  déterminée.  Chacmi 
des  assistants  trouvait  dan»  le  discours  du  saint 
(pielque  conseil  qui  faisait  cesser  soti  ittCertitUde. 

'  Ibw  Ça'ad,  Raw^a.  fol.  7  v'. 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV*  SIÈCLE.  319 

D'autres  fois  l'entretien  portait  sur  quelque  question 
(le  science,  de  littérature,  de  soufisme ^ 

Ou  bien  c'étaient  des  étudiants  d'Oran  ou  de 
Tlemcen  que  n'avaient  pas  entièrement  satisfaits  les 
réponses  de  leurs  maîtres  à  certaines  questions  diffi- 
ciles. Ils  venaient  trotiver  Sîdi  Mhammed ,  et  ce  sa- 
vant, en  quelques  mots,  avant  même  qu'ils  l'eussent 
interrogé,  calmait  leur  ardente  soif  de  savoir^. 

Souvent,  dans  la  zaouia,  les  foqûra  se  réunissaient 
pour  mentionner  le  nom  de  Dieu.  Et  h  les  entendre, 
Sîdi  Mhammed  tombait  en  extase  ^. 

Mais  si  les  visiteurs  étaient  de  riches  commer- 
çants ,  le  chîkh  leur  conseillait  tout  d'abord  de  ne 
traiter  aucune  affaire  avec  les  gens  se  permettant 
l'usage  des  choses  illicites  ;  puis ,  faisant  appel  à  leur 
reconnaissance  envers  la  Providence,  il  les  enga- 
geait à  payer  la"  zekât  qui  est ,  disait-il ,  une  sorte  de 
purification  de  la  fortune^. 

De  tous  les  pays  du  monde ,  continue  Ibn  Sa'ad , 
des  aumônes,  des  ex-voto  étaient  adressés  à  Sîdi 
Mhammed.  Les  voyageurs  lui  offraient  des  cadeaux. 
Il  était  rare  que ,  h  cette  époque ,  Uh  navire  abordât 
à  Oian,  sans  apporter  au  saint  nombre  de  présents. 
Toutes  ces  richesses  étaient  aussitôt  distribuées  aux 
pauvres ,  ou  bien  servaient  à  l'entretien  de  la  zaouia 
où,  toujours,  des  mets  étaient  servis  et  où  les  voya- 

*  Cf.  Ibx  Sa'ad,  Bawda,  fol.  7  v°. 

*  Cf.  Ibn  Sa'ad,  Rawda.  fol.  7  v'. 

»  Cf.  Ibn  Sa'ad,  Rawda.  fol.  57  r*. 
4  Cf.  Ibn  Sa'ad,  Bawila.  fol.  7  r\ 


320  SEPTEMÎBBE-OCTOBRE    1906. 

geiirs ,  les  chérifs  surtout ,  trou\  aient  parfait  accueil  * . 
«  Lorsqu'un  chérif ,  arrivant  à  la  z€U)ma ,  venait  c^  lui , 
le  saint  se  levait  pour  le  recevoir  et  prenait  devant 
lui  l'attitude  d'un  serviteur.  11  accueillait  son  arrivée 
avec  empressement  et  faisait  ressortir  aux  yeux  des 
assistants,  les  vertus  de  son  hôte.  Lorsque  le  chérif 
le  quittait,  El-Haouwàri  le  munissait,  pour  son 
voyage,  de  tout  ce  dont  il  disposait  en  fait  d'argent 
et  de  vêtements  *.  • 

Tout  autres  étaient  les  sentiments  qui  animaient 
le  chîkh  à  l'égard  des  princes  d'alors.  11  exigeait 
d'eux  le  respect  de  ses  prérogatives.  11  évitait  leur 
fréquentation.  «  Nous  n'avons  nul  besoin  d'avoir  des 
relations  avec  le  sultan  »,  disait,  un  jour,  le  saint  à 
un  envoyé  d'un  prince  tlemcenien  ^. 

Les  rois  d'alors  et  les  gens  fortunés  comprenaient 
l'étendue  de  sa  puissance  et  le  redoutaient  à  l'égal 
des  autres  chîkhs  de  l'époque  *. 

Quant  aux  grands  savants,  ils  lui  reconnaissaient 
la  parfaite  sainteté^;  et  Sîdi  Lahsen  Aberkàn,  lors- 

'  Cf.  Ibn  Sa'ad.  Rawda.  fol.  36  jr»  et  fol.  35  v°. 
-  Cf.  Ib>  .Sa'ad,  Rauda,  fol.  37  v*. 

*  Cf.  Ibn  Mebtem,  Bostàn.  fol.  a43  r*;  app.  III,  p.  i5. 

*  Cf.  Ibn' Sa'ad,  Rawda.  fol.  45  r». 

'  D'après  'Allîcu  [H idâial  el-Mourid.  p.  178),  la  qualité  de 
saint  implique  :  1°  la  connaissance  des  sources  de  la  religion  — 
le  saint  devant  pouvoir  distinguer  le  Créateur  des  créatures,  le 
Prophète  des  faux  prophètes;  2°  la  connaissance  des  lois  d'insti- 
tution divine  (lettre  et  esprit),  afin  que,  si  Dieu  venait  à  anéantir 
tous  les  savants  de  la  terre,  toute  la  science  qui  était  en  eux  puisse 
être  conservée  chez  le  saint;  3°  un  caractère  louable;  à"  In  crainte 
permanente  de  Dieu;  5'  les  miraclesi 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIÈCLE.  321 

qu'on  citait  devant  lui  Sîdi  '1-Haouwâri,  baissait  la 
tête  et  en  parlait  avec  le  plus  grand  éloge  ^. 

Connaissances  du  saint.  Ses  œuvres.  —  C'est  sur- 
tout parce  qu'ils  avaient  reconnu  chez  SîdiMhammed 
une  science  profonde  que  les  savants,  ses  contem- 
porains, lui  témoignaient  un  tel  respect.  Il  faut 
bien  convenir  que  les  faits  merveilleux,  contés  plus 
loin,  aidèrent  le  saint 2,  au  moins  autant  et  plus 
même  que  ses  qualités  morales,  à  prendre  sur  la 
foule  ignorante  un  ascendant  qu'à  l'heure  actuelle 
il  exerce  encore.  Mais  aussi  ses  connaissances  étendues 
—  et  il  aimait  à  en  faire  montre  —  expliquent, 
en  partie,  le  prestige  dont  il  jouissait  auprès  de  l'élite 
intellectuelle  de  l'époque  ^. 

Réellement  ses  connaissances  étaient  vastes.  Car, 
«  depuis  le  moment  011  Dieu  le  mit  au  monde  jusqu'au 
jour  011  II  le  fit  mourir,  Sîdi  Mhammed  se  livra, 
sans  trêve,  à  la  recherche  de  la  science,  avide  qu'il 
était  de  s'instruire  et  aussi  d'intruire  les  autres.  Il 
aimait  la  science  et  ceux  qui  s'y  adonnent.  Elle  lui 
tenait  lieu  de  société  dans  sa  solitude  et  il  en  avait 
fait  son  amie  dans  l'isolement*  ». 

Il  savait  par  cœur  la  Châtihiya  et  VAljiya.  Il 
avait  lu  et  compris  le  grand  commentaire  de  rimâm 


'  Ibn  Sa'ad,  Rawda,  fol.  45  r°. 
"  Cf.  infra  :  Miracles  du  saint. 

•''  Voir  A.  Cour  ,  L'établissement  des  dynasties  des  chérifs  au  Maroc , 
Paris ,  Leroux ,  1 904 ,  p.  6  et  suiv. 
*  Cf.  Ibn  Sa'ad,  Rawda,  fol.  16  v". 


332  SEPTEMBRE-OCTOBRE  1006. 

Fekhr  Ed-Dîn  Ibn  El-Khatîb'.  Vdeptc  fervent  do» 
doctrines  de  Malek,  il  connaissail  l'œu\re  de  celui- 
ci  mieux  qu'aucun  des  jurisconsultes  de  son 
temps  ■'^;  il  avait  également  acquis»  l'art  de  la  contro- 
verse. 

he  t>aiut  u  déclaré  à  maintins  reprisct»  quil  possé- 
dait parfaitement  la  Ruàla  d'Ibn  Abi  Zeid  et  son  com- 
mentaire par  le  qâdi  Abd  el-Wahbâb.  U  «avait  tout 
aust»!  bien  la  Moudawwana  d'ËUBeradl'i  appelée  Teh- 
d'ib  ainsi  que  YJrchdd,  U  avait  étudié  le  livre  du 
qàdi  'Abd  El-Wahbàb  intitulé  Et-Tel^in,  le  Djâmi'l- 
Ommaliât  d'ibn  KlHàdjib.  Sidi  Mliammed  était  égale- 
ment capable  de  citer  et  d'utdii»er  le  commentaire 
d'Ibn'Abd  Es-Seiàm(  il  connaissait  particulièrement 
l'ouvrage  d'Aboû  Dâwoud^.  Aus!»i  le  cbiUi  Boû  Râ** 

'  C'ett  un  comin«nlaire  du  Qorân  (^)l;.'l  yldti\ ,  La  Caire,  1 38g  ). 
La  Cliàtibiyu,  i'AlJiya.  U  Ritéda  d'Ibo  Abi  JSeid  sont  bien  connues» 
Au  sujet  (lu  Trlijin  du  qàdi  'AiiD  5L-W\hhAp  (fcJr!^'  ^j,(JLL"  ) ,  cf. 
HÂDji  Khâlv\,  l.  II,  p.  4 18;  l,  V,  p.  44i;  t.  VI.  p.  173;  t.  VU, 
p.  12,  33,  lao.  —  Sur  le  Djàmi  d*lB>  Ki.-TUnj!B  (cal^^îM  m'-j».}. 
cf.  HAdJI   KhAlPA,    t.   V,  p.   477;    BROCKELMAIfTt,    Grsch.    deT  (ivah. 

Lut..  1. 1,  p.  3o6.  Cflt  ouvrage  a  ét^  romment^  par  Ibn  'Abd  mut 
SalAm  (cf.  HAdji  KhAlka,  t.  VI,  p.  175).  —  Voir  à  propos  de  1* 
Tehdlb  d'KL'BKRAori  :  I^inji  KbKlva,  t.  V,  p.  477  (io^om  u-v.«X43); 
Ibn  Kiialdocn,  ProUg.,  tr.  de  Slane,  t.  UT,  p.  17;  Bro(:rf4.man!v. 
Gesch.  der  ai;  Litt. .  t.  I,  p.  178  (iU^Jstl  JoL»-»  w^jjjs^).  L7r- 
châd.  dont  il  est  ici  question,  est  l'un  des  ouvrages  d'ÀBOt  'i.- 
Ma'Ali  (cf.  HAdji  KhAlfa,  t.  I,  p.  a65),. 

'  Cf.  Ibn  Sa' ad,  Rawda.  fol.  44  v%  ï6  y",  39  r°, 

*  Cf.  Ibn  Sa'ad,  Raw4a .  fol.  39  r',  3o  r',  »4  vMl  »'agit  du  recueil 
de  hadiths  d'Aboù  Dâwoud. 

*  Cf.  liot  BAs.  Adjaib.  fol.  88,  Irgd.  AasAUP,  p.  399, 


UN  Si^T  1VIUSULMAN  AU  W  SIECLE.  323 

a-t-il  pu  comparer  la  science  du  saint  d'Oran  à  oelie 
du  savant  du  Caire ,  Ibn  Chas. 

En  l'an  776  H.  (1374-1375  de  J.^C),  El-Haou^ 
wâri  composa  à  Fâs,  eu  vers,  son  livre  intitulé  :  Es- 
Sehou  w-et-Tenhik.  «  C'est  un  des  livres  les  plus  com- 
plets parmi  ceux  qui  traitent  des  règles  relatives  à  la 
purification  et  à  la  prière  ;  un  ouvrage  dont  la  lecture 
est  des  plus  utiles  et  des  plus  fécondes  en  bénédic- 
tions. L'auteur  l'a  parfois  désigné  sous  le  nom  de 
Moânis,  le  Compagnon  intime  ^  « 

Voici  ce  que  dit  Sîdi  Senoûsi  au  sujet  de  cet 
ouvrage  :  «  Je  vis  souvent  Sîdi  'Ali  't-Tâlloûti  lire 
l'ouvrage  de  Sîdi  '1-Haouwâri ,  intitulé  Es-Sehou  w-et- 
Tenhih.  Il  ne  pouvait  se  passer  de  lire  chaque  jour 
ces  deux  traités.  Sîdi  Ibrahim  Et-Tâzi  affirme  le 
même  fait.  Peut-être  les  mots  qui  suivent  et  que  je 
trouvai  écrits  de  sa  main  à  la  fin  du  volume  sont-ils 
cause  de  l'assiduité  qu'apportait  Sîdi  ^Ali  à  cette  lec- 
ture :  «L'auteur  garantit,  pour  cette  vie  et  pour 
l'autre,  à  quiconque  se  livrera  assidûment  à  la  lec- 
ture de  son  Sehou,  qu'il  n'aura  rien  à  craindre  de 
la  faim ,  qu'il  aura  toujours  de  quoi  se  vêtir  et  ne 
souffrira  jamais  de  la  soif  ^.  » 

*  Cf.  Ibn  Sa" ad  ,  Raivda ,  fol.  6  r°. 

*  J'ai  trouvé  à  Oran ,  entre  les  maius  de  Si  Belkacem  Ben  Ejta- 
yeb,  un  manuscrit  intitulé  :  >^  ^^I  i^-*Jl  j^m  J^c  -jkisj^I  p^.».:^! 
yS  ^jj.  D'une  excellente  écriture  moglirrbine,  ce  manuscrit  com- 
prend Il  cahiers  (89  feuilles) ,  dim.  o  m.  27  X  o  m.  21.  L'ouvrage  se 
termine  ainsi  :  (^ — »  «i_>L_5^y — >  ^l — £  ^wj!  <,^.s>UH  ^Ji  -«-LiJlo  ju*5 

irrr 
Jlj,.  ....  ^.  Il  est  partagé  en  chapitres.  L'auteur  commente  l'œuvr« 

de  El-Haoïiwùri  vers  par  vers,  ou  par  portions  de  vers.  L'ouvrage 


324  SKPTEMBUE-OCTOBRE    1906. 

Sîdi  Mhammed  composa  cet  ouvrage  pour  les 
enfants  et  ne  se  préoccupa,  en  l'écrivant,  ni  de  la 
mesure  des  vers,  ni  de  la  grammaire  ^  Que  le  lec- 
teur se  garde  d'y  rien  corriger  !  Dieu  punit  les  auda- 
cieux qui  osent  changer  quelque  chose  au  Sehon 
de  El-Haouwàri.  Meqlàcli,  pour  ce  fait,  lut  châtié 
sévèrement'-'. 

On  trouve  également  mentionnés  dans  la  Rawda 
d'ibn  Sa'ad  d'autres  œuvres  du  saint.  Ce  sont  des 
poésies  intitulées  Et-Teshil^,  FJ  Trhiân'^,  Tebsirat 
Es-Sâil\ 

Caractère  du  saint^.  — Il  est  superflu  de  dire  que 
ce  grand  saint  était  d'une  pieté  ardente.  «  Personne, 
à  cette  époque,  dit  Ibn  Sa'ad",  ne  se  montra,  plus 
que  lui,  zélé  dans  l'accomplissement  de  ses  devoirs 

est  entièrement  consacré  k  la  prière.  Voiri  le  titre  de  quelques-uns 
des  chapitres  : 

v<o  —  .ïy^\  v>^^  (^  vW  —  .  J^iyJi  ïiU»  ^  vlo  —  .MiW» 

Je  n'ai  pu  retrouver  le  deuxième  volume  que  semble  comprendre 
l'œuvro  du  commentateur. 

'  Cf.  El-Melâli,  Mawâhib ,  mon  ms.,foi.  ai;  app.  I,  p.  iSa. 

*  Cf.  injra ,  p.  7 1  • 

'  Ibn  Sa' ad,  fol.  6  r*:  J^|m.jJ1  . 

*  Ibk  Sa'ad,  fol.  35  y":  yL-jJ» .  . 
'  Ibn  Sa'ad,  fol.  37  v*:  J^LJl  ïya^'. 

*  Ibn 'Ata-llau  (dans  Letâif  El-Minan,  p.  27)  indique  comme 
vertus  indispensables  aux  saints  :  l'acceptation  de  la  destinée,  la 
résignation  en  face  du  malheur,  la  parfaite  confiance  en  Dieu 
dans  les  cirronstances  difficiles,  le  retour  à  Dieu  dans  l'adversité. 

'  Ibn  Sa'ad,  Rawdat  Enn. .  fol.  6  v*. 


m  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIECLE.  325 

religieux,  ou  dans  l'application  à  jeûner  et  à  prier. 
Il  se  livrait  assidûment  à  la  prière  pendant  la  nuit  : 
«  On  ne  m'a  jamais  vu  sommeiller  pendant  la  nuit , 
«  dit  El-Haouwâri,  dans  son  livre  de  {'Avertissement  ', 
«  Les  gens  qui  dorment,  ajoute-t-il,  sont  comparables 
«  à  i'herbe  desséchée.  »  Lorsque,  les  ténèbres  venues, 
Sîdi  Mhammed  se  mettait  en  prières,  son  visage 
s'illuminait.  Et  à  le  voir  rayoïmant  au  lever  de  l'au- 
rore, on  comprenait  le  sens  caché  de  cette  parole 
du  Prophète-:  «  Celui,  dont  la  prière  souvent  s'élève 
«  pendant  la  nuit,  aura,  durant  le  jour,  un  brillant 
«  visage  ^.  » 

Ibn  Sa^ad  se  plaît  à  louer  chez  Sîdi  Mhammed 
diverses  autres  vertus.  C'est  tout  d'abord  la  parfaite 
confiance  en  Dieu  (J^)*,  dont  le  saint  donna  de 

'  ju.<jLxJ!  ^U'j.  Cf.  supra,  p.  17,  et  Ibn  Sa' ad,  Rawda,  loi.  18  v". 

^  Voir  ce  hadith  clans  (^L»^jU  wJLuaJI  ^-(r*^  ^>.xi,III,  p.  3g.  Le 
commentaire  expliqtie  ç^y»-.^  par  ^Uju«I  et  donne  aussi  au  mot  xsi.^ 
le  sens  de  y»\.  Ce  hadîth,  rapporté  par  Ibn  Mâdja,  d'après  Ibn 
Djâbir  est  faible  (v^-oué).  El-Haouli  (gl.  marginale)  le  qualifie  de 
forgé  (pj-w5j™*).  Cf.  sur  ces  appellations  :  W.  Marçais,  Le  Tacjrih 
de  En-Nawawi ,  p.  28  et  78. 

^  IB^  Sa'ad  ,  Rawdat  Enn.,  fol.  18  v°.  —  Voir  aussi  Es-Sahra- 
WERDI,  'Awârif  El-Ma'ùrif,  III,  p.  276,  2/17,  279.  —  El-Gha- 
zÀLi,  Ihya,  I,  2d6. 

''  J.5^"  Les  mystiques,  contrairement  à  leur  habitude  (cf.  Blo- 
CHET,  Etude  .inr  l'es otérisme  musulman,  [Jnurn,  as.,  mai-juin  1902], 
p.  491),  ne  détournèrent  pas  ce  mot  de  l'acception  générale  qui  lui 
est  donnée  dans  le  Qorân ,  dans  les  hadîths ,  celle  de  mettre  en  la 
Providence  une  absolue  confiance.  Ce  dernier  sentiment  fut  l'un 
de  ceux  que  les  .Soufites  exagérèrent  d'une  façon  inattendue  aux 
dépens  de  certains  autres  (cf.  Goldziheî\,  Malerialen  zur  Entivicke- 
lungs  Geschiclite  des  Sujismus ,  W.  Z.  K.  M. ,  t.  XIII,  1899 ,  fasc.  II) , 
et  le  terme  taivahkoul,  après  en   avoir  exprime  diverses   nuances. 


326  SEPTEMBRE-OCTOBRE    1906. 

nombreuses  preuves,  notamment  en  ne  redoutant 
aucimement  le  voisinage  d'animaux  dangereux  ^ 
C'est  ensuite  le  rcnoncctnenf  an  monde  (j^))'^.  Son 

fut  insuffisant  à  les  rendre  toutes.  Anssi  Ibn  DkqqAq  lui  adjoint 
ceia  de  teaUm  (|0^3  )  et  d«  têfouldh  [jt^yxs) ,  cf.  Ihyu  .  IV,  p.  188. 
On  trouve  de  ia  taicakkoul  diverses  déiinitions  (  voir  RachAp  , 
p.  i5ii.  —  GhazÀli  ,  Ihjra,  IV,  p.  187.  —  QocHEiRi,  Risâla, 
p.  8a.  —  Es-Sahrawerdi ,  'iwârif.  I,  p.  807.  —  etc.;  voir  en 
particulier  :  GoLDZiiiEa,  Matrrialen ,  p.  6  ).  Toates  ces  déiinitions 
présentent  un  |>oint  rommun  :  le  inmitawalikH ,  abandonnant  tota- 
lement son  libre  arbitre,  s'en  remet  à  la  volonté  divine.  fiK.'<i 
'Adjiba  dans  son  MCrâdj  i  mon  ms. ,  fol.  3  v*.  )  en  parle  en  termes 
suffisamment  clairs  et  précis  :  tLutawakkotd.  dit -il,  est  la  con- 
liance  que  1«-  cœur  mot  en  Dieu,  confiance  telle  que  l'homme  ne 
compte  plus  que  sur  la  Providence,  assuré  qu'il  est  de  l'omniscience 
divine.  (ïrâ<%  à  la  tnwakkmd ,  l'homme  est  plus  sur  de  ce  qui  se  trouve 
dans  les  mains  de  Dieu  que  de  ce  qui  est  entre  ses  propres  mains. 
Le  degré  inférieur,  proféré  par  le  vulgaire,  consiste  à  être  avec 
Dieu  dans  des  rapports  identiques  à  ceux  d'un  mandant  vis-à-vis  d'un 
fondé  de  pouvoirs  plein  de  sollicitude  et  de  bienveillance.  Dans  le 
degré  intermédiaire  (celui  des  hons)  l'homme  se  comporte  ù  l'égard 
de  Dieu  comme  l'enfant  envers  celle  à  qui  il  a  uniquement  recours 
dans  tous  ses  besoins,  envers  sa  mère.  Ënfm,  l'homme  arrivé  au 
degré  le  plus  élevé  de  la  taioakknul  (celui  des  excellents)  est  entre 
les  mains  de  son  Dieu  comme  un  cadavre  entre  celles  du  laveur  des 
morts.  (Cf.  DouTTÉ,  L'Islam,  p.  56;  G0I4DZIHIR,  Maierialen , 
p.  7  .)  Cette  comparaison,  chère  aux  mystiques,  est  exprimée  moins 
brièvement  dans  Qocheirj,  Itisàla,  p.  83. 

'   Dans  QocHEiRi,  Risùla,  p.  8a  ,  la  tawakkoul  est  ainsi  décrite  : 

J^  JJ,>J  t^^  ^  J;t-~s!  }  'i^-*^  (jA  J^^'  i  ^!''*>JI   u'  ^■ 

*  Zoukd,  au  sens  primitif  du  mut,  désigne  «  l'éloignement  que 
l'on  éprouve  pour  une  chose  (cf.  lAsàn,  •>-s^^)  par  mépris  pour  son 
peu  d'importance»  [Kachàf.  p.  610.  —  El-Fkchm,  j1/e«(/à/if  £«- 
ténia,  p.  iga).  Chez  les  Soùlitcs  on  l'a  détini  :  <  le  renoncement 
aux  richesses  de  ce  monde  :  argent,  vêtements,  demeures,  même 
la  vie  (Kaciiâf),  aux  satisfactions  des  sens,  même  licites  (Qochbiri, 
Risâla,  p.  Go),  aux  désirs  du  arurlKackâf,  p.  610) ,  à  ses  alfections 
(QoCHKUU,   Risâla,   p.   61),    même   aux    aspirations  de    iespcil 


LIN  SAINT  MUSUr.MAN  AU  XV  SIECLE.  327 

extrême  délicatesse  de  conscience ,  sa  crainte  inces- 
sante de  déplaire  à  Dieu,  avaient  conduit  notre  saint 
à  l'ascétisme  le  plus  rigoureux.  Sa  nourriture  était 
des  plus  frugales.  C'était ,  dans  les  lieux  inhabités ,  des 
herbes ,  des  feuilles  d'arbres.  A  Oran ,  il  se  nourrissait 
presque  exclusivement  de  pain.  Sidi  Mhammed 
a  déclaré  à  plusieurs  reprises  que  jamais  il  ne  s'était 
permis  de  manger  assez  pour  être  rassasié,  et  qu'il 
n'étendait  la  main  vers  les  mets  qu'aux  moments 
où ,  sentant  la  faim ,  il  éprouvait  réellement  le  besoin 
de  prendre  des  aliments  ^. 

L'ascétisme  du  saint  se  manifestait  aussi  dans  sa 
façon  de  se  vêtir  :  «  Je  marchais  pieds  nus ,  dit  Sîdi 


(IbnSa'ad,  Rawdat  Enn.,  fol.  8  v°)».  L'ascète  se  détache  de  ce 
monde  dans  l'espoir  des  récompenses  de  l'autre  vie  (  Djordjàni  , 
Ta'arifat,  p.  78.  —  G^iazali,  Ihya.  —  Ezzerqani  ,  Djami'  I,  1  aS  ); 
mais  pour  se  rapprocher  davantage  de  Dieu ,  il  abandonne  même 
le  Paradis  [Kachâf,  p.  610).  Le  zoiidh  consiste  alors  à  se  désinté- 
resser de  tout  sauf  de  Dieu  (Ben  Adjîba,  Iqâd  El-Imâm, 
fol.  46  v°.  — Chabrakhîti,  El-Fetoûliâte ,  p.  zSy).  Les  auteurs  ont 
distingué  diverses  sortes  d'ascétisme  (**:»-•  ^uw  chez  les  Persans, 
Kachâf ,  p.  6 1 1  et  6 1 2  ),  généralement  trois  (GhazAli,  Ih-ja,  IV, 
610),  et  établi  diverses  catégories  d'ascètes;  il  y  a  l'ascétisme  du 
ooûljx*,  du  0^!^,  des  (j«?j^,  des  ^^  yL«  .  —  Ben  'AdjÎba  [Mi'- 
râdj ,  mon  ms. ,  fol.  3  r°)  distingue  l'ascétisme  des  ordinaires 
(iULc)  qui  consiste  à  faire  en  toutes  choses  abandon  du  superflu;'' 
celui  des  bons  (JCoLi.),  c'est  le  renoncement  en  toutes  circonstances 
aux  choses  qui  pourraient  distraire  du  rapprochement  de  Dieu  ; 
enfln  les  excellents  (*olît  xoU.)  évitent  constamment  de  consi- 
dérer autre  chose  que  Dieu.  On  a  rapproché  le  sens  du  mot  zoiihd 
de  celui  de  divers  termes,  entre  autres  :  Jud\  (Sauraw,  'Airârif, 
IV,  2q3),2;>JI  [Kachâf,  p.  i48oet  6io) ,  J5^i  (IbnSa'ad,  Rawdat 
Enn.,  fol.  g). 

'  Ibn  Sa 'ad,  Rawda,  fol.  8  r". 


328  SEPTEMBRK-OCTOBRE    1900. 

Mhammed  dans  ses  poésies,  et  mon  vêtement  con- 
sistait en  une  pière  detoff»»'.»  (W  vêtement  était 
de  laine  selon  la  mode  soulit»'.  de  laine  usée  et  de 
nuance  altérée'^. 

'  Cl.  ïa:K  Saad.  Uawila..  fol.  8  v°. 

'  Voici  le  passag*'  de  la  Uawda .  mon  ms. .  loi.  8  v"  :  ._..*.„ ^  JU^ 

JuiUj  M  cal^  »W^'I  O-W  jj;*  f^^}  «-**;'  *J>^  HyaJl  j-^  t>* 
^^^JLe.  LVlymologif  qiit!  donne  ici  Il>n  Sa'iul  du  mot  ta.%a%ni>nn/ 
est  aussi  admise  par  \\k^  'Adjiba  [Mi'rAdj .  mon  ms. ,  fol  ;>).  C'est 
relie  qui  parait  la  plus  vraisemblable  à  M.  K.  Dot'TTB  {Islam  al' 
grrien,  p.  56)  qui  ajoute  :  •Peut-être  ce  mot  vient-il  du  grec 
ao^ô(\  on  a  été  jusqu'à  vouloir  le  tirer  du  berbère  ce  qui  semble 
audacieux.»  Voir  aussi  dans  koi-luif:  ^;p^^;^  <-*y-'o  *s^ki  .,>  <Jy^ 
«SM«I.  —  Le  mystique,  dit-on  aussi,  serait  entre  les  mains  de  Dieu 
comme  un  ilocon  de  laine  abandonné,  errant  sans  volonté  aucune 
(Bk>  'AdjÎba,  Iqàd ,  fol.  jô);  il  est  doux  et  souple  comme  cette 
laine  que  l'on  coupe  sur  la  nuque  des  moutons  (CuERNofiBi,  Chcrh 
Tdia .  p.  6).  Cependant  Qoc.hkiri  (Hisàla.  p.  137)  déclare,  cette 
étymologie  inacceptable  pour  cette  rai<:)n,  dil-il,  que  les  Soîifis  ne 
sont  pas  uniquement  iiabillés  de  laine.  Néanmoins  de  toutes  les 
explications  pro[)Osées  (cf.  ZkraoÎq,  (Jmva'id,  ms.  Nedjâr,  fol.  6) 
c'est  celle  qui  s«'  rencontre  le  plus  fré<piemment  dans  les  ouvrages 
de  Soufisme.  En  dépit  dT*x-QocHEini,  qui  déclare  ne  pouvoir  ni 
rapproclier  le  mot  (s^yo  d'aucune  forme  grammaticale,  ni  lui  don- 
ner une  étymologie  acceptable,  d'aulns  auteurs  le  font  dériver" 
de  la  racine  tf^,  cire  pur,  les  o<i>iirs  des  .Soùlis  étant  purs,  sans 
.tache  (cf.  IIasidoi"*,  Hachiu.  II,  p.  116),  ou  bien  purce  (|ue  les 
Soiifis  purifient  les  cœurs  (Cherh  de  Miàra .  I ,  p.  55}.  —  La  racine 
ui^  u ,  elle  aussi ,  été  proposée ,  le^  Soùfis  imitant  les  gens  de  la  Soffa 
(ÂfoJl  JlaIj.  Cf.  ZERRofi(),  Qawa'id ,  ms.  Nedjàr,  fol.  6.)  —  Enfin 
comme  les  adeptes  du  mysticisme  se  distinguent  par  de  belles 
qualités  et  sont  exempts  de  mauvaises,  ou  a  voulu  faire  dériver 
le  mot  soùji  de  la  racine  u^^  (ZerroCo,  Qawa'id,  fol.  0).  Cha- 
cune des  trois  lettres  qui  le  composent,  dit  llamdoùn,  désignent 
un  mot  au  sens  duquel  partirip-  le  \ocable  /yiyo  :  le  ij»  désigne  la 


m  SAINT  MUSULMAN  AU  XV'  SIÈCr.l'.  329 

Il  se  privait  volontairement  de  toutes  les  richesses 
qui  affluaient  à  sa  zaouia,  il  en  disposait  aussitôt  en 
en  faveur  des  pauvres;  mais  l'abandon  de  ces  biens 
périssables  coûtaient  peu  à  Ei-Haouwâri,  voué  à  la 
pauvreté  et  ami  delà  science.  El  il  nous  faut  voir  sans 
doute  en  la  réserve  qu'il  s'imposait  dans  fusage  des 
livres  un  sacrifice  autrement  pénible.  «  Sîdi  Mbain- 
med ,  écrit  Ibn  Sa'ad ,  malgré  la  passion  que  lui  inspi- 
rait la  science  et  en  dépit  de  l'assiduité  qu'il  apportait 
à  facquérir,  savait  se  priver  volontairement  des 
plaisirs  de  fétude.  » 

«L'esprit  du  saint,  continue  le  même  biographe, 
était  continuellement  préoccupé  à  distinguer  les 
choses  dont  fusage  est  permis  de  celles  qui  sont  dé- 
fendues ou  de  celles  qui  sont  simplement  de  nature 
douteuse.  11  apportait  à  cette  recherche  une  extrême 
délicatesse  de  conscience  [^^^)^.  ^^ 

pureté  (*Lf*5),  le^  indique  la  mort  (*L»})  et  le  l>  rappelle  l'anéan- 
tissement en  Dieu(*LjL»).  (HamdoÛn,  Hachia,  p.  ii6.) 

'  Le  sens  du  mot  g,^  a  été  rapproché  de  celui  c!u  mot  <^>ij'  (et 
même  confondu  avec  lui  ).  Ce  dernier  terme  désigne  (de  même  que 
*Lij|  )  le  fait  de  se  préserver  de  quelque  chose  (  Lisân).  11  est  employé 
avec  cette  acception  dans  le  Qorân  (  Beid. ,  XCII ,  17;.  Chez  les  Soûlis 
ce  mot  signifie  :  se  mettre  [lar  l'obéissance  à  Dieu  à  l'abri  de  ses 
châtiments  (DjordjÀm,  Taaiifat,  p.  45).  C'est  tout  d'abord  se  gar- 
der du  polythéisme  (a^Ix-J!  (^>-»j);  c'est  ensuite  éviter  d'enfreindre 
les  prescriptions  divines .  de  commettre  de  mauvaises  actions-,  puis 
on  renonce  aux  actes  de  moralité  simplement  douteuse;  enfin  on 
abandonne  tout  ce  qui  pourrait  encore  souiller  une  conscience 
scrupuleuse  (*^lil  (5>àj)-  L'ounra  ,  dit  Djordjâm,  consiste  à  éviter 
les  choses  de  moralité  douteuse  par  crainte  de  commettre  un  acte 
répréhensible  (Tdarijat.  p.  173,  et  Kdcliùf,  p.  i/i8o);  on  oppose 
ïouara  .  abandon    de  choses  défendues,  à   la   trifoua,   abandon  dp 


330  SEPTEMBRE-OCTOBRK  1900. 

ComniP  tous  les  mystiques,  Sîdi  '1-Haouwâri 
craignait  profond«''ment  son  Maître.  A  ce  sujet  Es- 
Sebbâgh  ^  rapporte  l'anecdote  suivante  :  «  Entn>  autres 
choses,  le  marabout*  Mohammed  bon  El-Haouwôri 
Rl-Mesrîîti^  nie  raconta  qu'un  jour,  il  dit  à  Sî<ii 
Ahmed  ben  ^oùseP  :  *Jv  voudrais,  ô  mon  niaitiv, 
«  que  tu  agisses  envers  moi  comme  le  fit  certain  wali 
«  à  l'égard  de  Sîdi  Mhammed  El-Haouwâri.  —  De 
«  quoi  s'agit-il!'  demarida  le  saint.  —  Sîdi  *l-HaouwAri, 
«  reprit  l'autre ,  dit  un  jour  à  son  maître  :  «  Jecrîiins  le 
■  feu ,  demande  donc  à  Dieu  de  m'en  préserver.  —  Je 
•  te  placerai  dans  mon  ventre,  répondit  le  saint ,  si  bien 
«  que  le  feu  ne  j)ourra  te  dévorer  et  que  tu  ne  le  verras 
M  pas.  »  Alors ,  le  chikh  Ahmed  b«'n  Yoûsef  observa  : 
«  Le  ventre  rejette  et  expulse  ce  qui  y  est  renfermé. 
«  Mais  moi ,  c'est  dans  mon  cœur  que  je  te  placerai  *.  » 

choses  douteases;  oo  donne  aussi  à  chacun  de  ces  termes  la  défi- 
nition attribuée  à  l'autre  et  on  ajouta  qu'on  leur  a  parfois  donné 
le  même  sens;  plus  loin,  on  oppose  Vouarn'  au  iouhd  qui  serait 
simplement  l'abandon  du  superflu  (  ( hn'.iiKiRi ,  p.  5H  de  la  hisàla. 
en  marge).  —  Qochkihi  (liisdla.  p.  58)  distingue  deux  degrés 
dans  Vouara.  Bsif  'AiuÎB%  dont  le  texte  est  ici  peu  clair  {Mfrâdj, 
mon  ms. ,  fol.  3  r*)  en  cite  trois.  On  en  trouve  quatre  variétés 
dans  ('iivzÀu  (Ihya  .  II,  p.  6a),  cinq  dans  Ezzerqâni  {Djami'.  1, 
48). 

'   Es-SlBBÂGH,  BostAn  El-A:kàr,  fol.  i5. 

*  Sur  lëtymologie  et  l'emploi  de  ce  mot,  cf.  E.  Doorré,  Les 
Marabouts,  pp.  97  et  33. 

'  Sur  ce  saint,  cf.  Es-Skbbâgh,  BostAn  El-Azhâr. 

*  Cf.  René  Basset,  Les  Dictons  satiriques  de  Sîdi  Ahmed  Ben 
Youcef. 

'  o^.  Pour  être  bon  croyant,  il  faut  craindre  AHah  (Qoràn, 
Beidaui.  XXXIT,  16).  Un  hadith  promet  le  Paradis  à  celui  que 
fait  pleurer  la  crainte  de  Dieu  (JL^&â.).  Il  faut  craindre  d'eoconrir 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV'  SIÈCLE.  331 

En  toutes  circonstances,  Sîdi  Mhammed  se  mon- 
trait parfaitement  sincère^.  Jamais  il  ne  mentit, 
même  dans  son  enfance;  ce  qui  permet  de  juger, 
dit  le  biographe ,  à  quel  point  il  était  en  faveur  au- 
près de  Dieu  ^. 

en  péchant  les  châtiments  préparés  par  Dieu  (Qocheiri,  RisMa, 
p.  65)  ou  d'être  privé  des  récompenses  promises  (Ben  'Adjiba, 
](]âd,  fol.  5v°);  craindre,  plus  que  Satan  lui-même,  notre  âme  in- 
spiratrice du  mal  (Qocheiri,  Risâla.  p.  65).  C'est  là,  dit  Ben 
'AmiBA ,  ce  que  craignent  les  gens  du  vulgaire  :  les  châtiments  et  la 
'  privation  des  récompenses.  Les  bons  redoutent  d'encourir  le  blâme 
de  Dieu  et  de  se  voir  interdire  son  approche.  Enfin,  ce  qu'ap- 
préhendent surtout  les  excellents,  c'est  qu'un  voile  ne  vienne 
dérober  Allah  à  leur  vue  [Mi'râdj .  fol.  2  v").  Cette  vive  frayeur, 
telle  la  crainte  qu'éprouve  la  souris  en  présence  du  lion  [Kachàf. 
p.  i/i4),  et  qui,  à  en  juger  par  certaines  poésies,  arracherait  tant 
de  larmes  aux  mystiques,  rendrait  à  ceux-ci  l'existence  intolérable, 
si,  à  côté  de  l'appréhension,  leur  âme  ne  trouvait  l'espoir  (*L^jJJ). 
Mais  il  importe  que  la  crainte  précède  l'espoir  [Icjàd  Kl-Hùnani,  de 
Ben  'Adjiba,  fol.  5  v°) ,  tout  au  moins  quand  on  est  en  pleine  santé. 
Si,  au  contraire,  l'on  est  malade,  il  faut  se  livrer  à  l'espoir.  Qo- 
cheiri [Risâla,  p.  65)  distingue  la  *^>,  appréhension  qui  fait 
fuir  l'objet  craint,  et  1^  J? .  A.-^.  qui  fait  que,  dans  sa  frayeur,  l'homme 
se  réfugie  auprès  de  Dieu.  Celui  qui,  en  effet,  craint  une  chose, 
s'en  éloigne;  celui  qui,  au  contraire,  craint  Allah  accourt  près  de 
lui.  —  Voir,  même  page ,  les  trois  degrés  de  la  crainte  d'après  Aboii 
Ali  Deqqâq  :  iu^l,  iUaiLl ,  0J.5ÎI  (ligne  8). 

'  Les  Soùfites,  dit  Ibn  Sa' ad  [Rawda,  fol.  i4  r"),  définissent  ainsi 
la  sincérité  :  Elle  consiste  à  dire  la  vérité  dans  une  circonstance 
telle,  que  seul,  un  mensonge  pourrait  te  sauver  (cf.  Kachàf, 
p.  85i;  Qocheiri,  Risâla,  p.  io5).  GhazAli,  qui  distingue  six 
sorles  àe  sidq ,  qualifie  de  véridique  (o^L»)  l'homme  qui  possède 
la  sincérité  sous  sa  forme  la  plus  connue  et  la  plus  extérieure  : 
la  franchise  en  paroles.  Celui  qui ,  en  outre ,  est  sincère  en  inten- 
tions, en  résolutions,  en  actes,  en  états,  est  vJbOuo,  «parfaitement 
sincère»  [Ihya,  IV,  277). 

*  Ibn  Sa'ad,  Rawda,  fol.  2  v",  i4  r°. 


332  SEPTEMBRE-OCTOBhE    1900. 

Ibn  Sa'ad  a  ])u  dire  que.  Sidi  Mhammed  témoi- 
gnait dans  ses  vêtements,  dans  lout  son  extérieui', 
d'un  remarquable  esprit  d'humilité^.  Il  n'en  est  pas 
moins  vrai  qu'un  trait  dominant  du  caractère  du 
rhîkh  est  la  complaisance  avec  laquelle  il  vante, 
dans  ses  poésies ,  et  s<»  personne ,  et  sa  science ,  et  ses 
vertus^. 

Il  «''tait  bien  loin  aussi  de  posséder  cet  esprit  de 
conciliation  que,  volontiers,  il  reconnaissait  à  son  dis- 
ciple Sîdi  LaKsen  Ab«>rkàn  '.  Les  textes  et  la  légende 
nous  présentent,  en  effet,  à  diverses  reprises,  un* 
saint  irascible  à  l'excès,  prompt  à  maudire  et  h.  de- 
mander vengeance  à  son  Maître  qui,  non  moins 
promptement,  exauçait  ses  vœux.  C'est  dans  un  de 
ces  violents  accès  de  colère,  auxquels  il  parait  sujet, 
qu'El-Haouwàri  maudit  Oran  et  la  livre  aux  Espa- 
gnols*; dans  un  instant  de  fureur  telle  tpie  le  visage 
du  saint  bomme  en  était  noir,  il  sollicit»*  et  obtient 
de  Dieu  la  mort  aifreuse  d"Otbmân  ^.  Pour  lui  avoir 
déplu,  fimprudent  Mecjlâch  est  pris  de  tremble- 
ments convulsifs  jusqu'à  sa  mort.  De  nos  jours  encore, 
le  saint  s'oppose  à  la  prospérité  des  bruyants  caba- 
rets qui  osent  s'établir  dans  le  voisinage  de  son  tom- 

'  Ibn  Sa'ad,  Rawdat  Enn. ,  fol.  17  v*. 

'  Ibn  Sa'ad,  Rawdat  Enn..  fol  3  r",  1.4  r°,  i5  v°,  16  v". 

^  Ibn  Meryeu,  Bostàn,  foi.  343 r°;  app.  III,  p.  i5.  —  Ibn  Sa'ad. 
Rawda,  fol.  45  r°. 

*  Ahmed  Be?i  'Ali,  Et-Theghr.  fol.  i53;  app.  V,  p.  36.  —  B06 
RAs,  'Adjaib.  éd.  R.  Basset,  p.  70.  — £l-Mazari,  Toulon  ,  fol.  8; 
app.  VI,  p.  44. 

'  Cif.  infra ,  p.  61. 


{  N  SAINT  MUSULMAN  AU  XV"  SIECLE.  33:^ 

beau;  et  pour  avoir  violé  ce  sanctuaire,  Boû  Chlà- 
ghem  perdit  tous  ses  États,  son  chaouch  tut  frappé 
de  mort  ^ 

Mort  de  Sidi  Mhammed.  —  El-Haouwari  mourut 
dans  la  matinée  du  samedi  2  Rebi'  Etthâni,  de  l'an- 
née 8/1 3  de  l'Hégire  (12  septembre  i/iSg)^,  à  l'âge 
de  quatre-vingt-douze  ans.  11  mourut,  raconte  El- 
Mazari^,  au  temps  du  prince  Ahmed  El  'Aqei  ben 
Abou  Hammou  Moûsa  ben  Yoûsof ,  h  l'époque  où  se 
levait  un  compétiteur  contre  ce  prince.  C'était  son 
propre  frère ,  Aboû  Yahia  Zakaria  Ben  Abou  Hammou 
Moûsa  Ben  Yoûsof  Ezziâni,  qui  s'érigeait  ainsi  en 
prétendant*. 

'  (]f.  infra,  p.  y  7. 

^  Le  NU  El-Ibt,  p.  3i8,  le  Bostân,  fol.  239,  indiquent  simple- 
ment l'année  843.  — -  La  date  complète  et  exacte  se  trouve  dans 
Ibn  Sa' ad,  Bawda,  fol.  46.  —  Boû  RÂs,  'Adjaîb,  éd.  R.  Basset, 
Fastes,  p.  70.  —  Ahmed  ben  'Ai.t,  Et-Thegbr,  fol.  i54  r°;  app.  V, 
p.  3g.  —  Mohammed  ben  Ahmed  ,  Bisât,  fol.  4.  —  Le  ms.  de 
'  AdjaU)  El-Asjâr,  que  j'ai  en  main  (fol.  88),  et  le  texte  du  Tou- 
loiV  (fol.  8]  portent  la  leçon  suivante  :  i»>.>.««Jl  -j.j  *«^*to  ^  cr?>^ 
il  .  .  .  JU-w  (W«  ^^LiJl   t^r  yi^A  is^^,  qui  est  fautive  :  le  12  Rebi' 

Etthâni  843  tombe  un  mardi,  tandis  que,  cette  même  année,  le 
2  du  même  mois  est  bien  un  samedi.  —  Walsin  Esterhazy  fixe  la 
mort  du  chîkh  en  84o  H.  (1 436- 1437)  [cf.  Domin.  tiir(fue,  p.  85, 
ap.  R.  Basset,  JSéd.  et  les  Traras,  p.  86]. 

^  El-M,\zari  ,  Toulon  ,  fol.   7  v°;  app.  VI,  p.  42. 

''  El-Mazari  [Toulou,  fol.  8;  app.  VI,  p.  42)  relève  ici  une 
erreur  du  cbikb  Boû  RAs  qu  i  écrivit  dans  'Adjaib  El-Asjâr  :  «  Ahmed 
El-'Âqil  qui  fit  d'Oran  le  siège  de  son  gouvernement  et  sa  résidence.  » 
Cf.  'Adjaib.  fol.  87;  tr.  Arnaud,  p.  75.  Ce  fut  le  prétendant  Aboû 
Yal^iia  Zakaria  qui  opéra  ce  changement  de  capitale. 


334  SEPTEMBRE-OCTOBRE  1906, 

Sîdi  Mhammed  fut  ent«'rré  à  Oran.  Son  tombeau 
V  est  l'objet  d'une  grande  vénération'. 

C'est  à  ce  tombeau  qu'il  est  fait  allusion  dans  les 
vers  suivants  : 

Oran  te  réctamé;  réponds  donc  à  sa  voix.  Cest  là  qu'il 
faut  te  rendre  et  non  aiMeors. 

Près  de  ces  lacs  et  de  ces  nx)ntagnes,  ordonne  de  faire 
halte  et  demande  secours  à  son  tombeau  '. 

El-Mazari  dit  à  ce  sujet  '  :  ■  Ne  prête  aucune  atten- 
tion à  ceux  qui  prétendent  que  Sîdi  '1-Haouwâri  est 

'  Ce  tombeau  se.  trouve  dans  la  rue  do  Vieui-Cbàteau,  à  Oran. 
n  n'oflFre  rien  de  particolier.  Une  porte  basse  donne  accès  dans  une 
construction  à  base  carrée  (5  m.  X  S  m.  )  sarmontée  d'une  coapele. 
Au  milieu  de  la  pièce,  sur  le  tombeau  dn  saint,  se  dresse  un  céno- 
taphe en  l>ois,  fabriqué  tout  récemment.  Quelques  drapeaux,  des 
gravures  représentant  Rourakh,  la  monture  du  Prophète,  garnissent 
les  murs  blanchis  à  la  chaux.  Des  lampes,  un  lustre,  des  l)ouIes 
de  verre  sont  suspendus  sous  la  coupole.  Çà  et  là  quelques  ex-voto 
(cierges,  œufs  d'autruche) ,  quelques  tapis,  des  pièces  d'étolTe  re- 
couvrant le  cénotaphe,  et  c'est  tout.  La  mosquée  d'El-IIaouwftri , 
voisine  de  la  qoubba ,  est  occupée  par  les  bureaux  de  l'intendance. 
Du  haut  de  son  minaret,  qui,  par  sa  forme,  rappelle  ceux  des 
mosquées  de  Tiemcen,  on  n'appelle  plus  les  ûdèles  à  la  prière; 
l'imAm  Si  Daoùd  la  rérite  dans  l'étroite  qoubba,  seule  partie  de 
tout  l'édifice  réservée  au  culte  musulman.  Voir  sur  la  mosquée  et 
la  qoubba  de  Stdi  '1-IIaouwâri,  Guide  Joanne ,  p.  90.  —  Wal8I?i 
EsTiKHAZY,  Dont.  tar^u«,  p.  998.  —  Fby,  Histoire  d'Oran.  p.  9gi. 

*  Ces  vers  sont  cités  dans  la  Halfàwijra  (fol.  i  5  ;  app.  IV,  p.  98). 
—  La  pièce,  rimée  en  Ltfl,  comprend  34  vers.  Elle  fut  composée 
par  le  savant  Aboû  'Abd  Allah  Mohammed  Ibn  'Abd  El-Moùmen , 
qàdi  malékite,  à  Alger,  pour  exciter  l'émir  de  l'époqoe,  Hassen 
Pâcha,  à  conquérir  Oran.  Ces  vers  sont  reproduits  par  Ahmkd 
BBi  'Ali  {Et-  Theghr.  fol.  i54  f*),  et  dans  El  Maïahi,  ToalotV. 
fol.  8. 

*  £i/-Ma£AKi,  Toidoû' .  fol.  8;  app.  VI,  44.  —  Les  localités  dont 
les  noms  suivent  sont  voisines  d'Oran. 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV'  SIECLE.  335 

enterré  à  Sîdi  "l-Mes'oudi ,  à  Thârga ,  ou  à  Sîdi  Sa.'id , 
à  Châfa'.  Ce  ne  sont  là  que  de  vulgaires  contes.  » 

La  légende  en  juge  autrement  :  Sîdi  '1-Haouwâri 
agonisait  et ,  avant  même  qu'il  eût  rendu  le  dernier 
soupir,  déjà  les  tribus  des  environs  d'Oran  se  dispu- 
taient l'honneur  de  posséder  son  tombeau  béni  sur 
leur  territoire.  Rappelé  à  la  vie  par  le  bruit  de  ia 
discussion,  le  saint  fit,  à  peu  près  en  ces  termes,  sa 
dernière  recommandation  :  «  Quand  Dieu  aura  pris 
mon  âme,  placez-moi  sur  un  mulet,  et  là  oii  il  s'ar- 
rêtera, là  sera  la  tombe  d'El-Haouwâri.  »  Lorsque  le 
saint  eut  cessé  de  vivre ,  on  fit  comme  il  l'avait  re- 
commandé. Suivie  par  la  foule,  la  monture  qui  por- 
tait la  dépouille  mortelle  du  chîkh,  marcha  jusqu'au 
tombeau  de  Sîdi  Sa^îd  El-Yahiawi.  Là,  elle  s'age- 
nouilla et,  bien  que  le  brouillard  fût  intense,  les  as- 
sistants purent  voir  la  qoubba,  primitivement  orien- 
tée vers  l'est,  faire  un  quart  de  tour  pour  recevoir 
Sîdi  '1-Haouwâri. 

Deux  tombes  se  trouvent,  par  suite,  sous  la 
qoubba  de  Sîdi  Sa'îd.  Mais ,  sous  peine  de  devenir 
aveugle  ou  de  mourir  sans  laisser  d'enfants ,  on  ne 
saurait  se  permettre  de  dire  que  l'une ,  plutôt  que 
l'autre ,  est  celle  où  repose  El-Haouwâri  On  raconte 
en  effet,  que  le  saint,  avant  de  mourir,  recommanda 
à  une  servante  de  ne  jamais  désigner  le  lieu  où  il 
serait  enterré.  Elle  oublia  cet  ordre,  et  se  trouva,  sur 
l'instant,  privée  de  la  vue^ 

'  Cette  légende  estbien  connue  à  Oran.  EHe  m'a  été  contée  par 


331)  SEPTEMBRE-OCTOBRE    1906. 

Gomme  Sîdi  'i-Haouwâri  est  mort  un  samedi, 
c'est  le  samedi  surtout  '  que  l'on  rend  visite  à  son 
tombeau"'^. 

Muslapha  ould  Stdi  Ibrahim  Kt-Tàzi  et  bi  i-Hadj  Alxtelqadcr  oiiid 
Sîdi  *I-Haouwàri. 

'  H  V  a  ce  jonr-là  an  ^and  nombre  de  visiteurs,  notamment 
des  femme»  d'Oran  et  des  environ»,  des  Marocains.  —  Les  pèlerins 

disent  en  entrant  duns  la  ville  :  ^.s-,aJ  ^  <.'JL'(.Viia»  ^;Ih^I  >f'^**^  ^ 
,  l.  ;  A  i  .  jt  ^»  Jj»  l>j«+J  J-^  *c.K-ai  «»L.ljÛI  ^^  <^)y»  J*X; 
iy*^^  3  (»V  '^JT^  Lo^^l  jiki-Mt  *(/  Sîdi  '1-Haouwàri,  je  suis  venu 
duns  ton  pays,  nuprès  de  t4>i.  Fais,  en  ma  faveur,  (juelque  miracle 
afin  que  je  rem|)orle  sur  celui  qui  nous  déteste,  mes  enliints  et  moi  ; 
plonge-le  dans  le  chagrin  et  l'aveuglement.  •  On  dit  sur  le  tombeau 
<lu  saint,  pour  obtenir  quelque  faveur  :  ^  (Jf  oJl  (^;l>4^l  ^f*>^^>-«'  'i» 
^^(Jfjsj\  ^-JJl  »L«-  JLs^Ul  «jsf?  ^7^1  ^1  oy^  Ijl  «O  Sîdi  l-lla- 
ouwàri ,  tu  es  un  saint  el  je  suis  un  serviteur  de  Dieu.  Accorde-moi 
cette  faveur,  par  considération  pour  le  Prophète,  notre  interces- 
seur. »  ^lf7  y  LjI,^>x  ^lk3  Ji,  L;  JoJLjJ  o>-h^  t>Jl  ^vt>4^i  Sf '*'^>^  ^ 
tji^L^.1  «  O  Sîdi  '1-Haouwàri ,  je  suis  venu  près  de  toi  pour  que 
tu  éprouves  nos  ennemis  et  (jue  tu  réjouisses  nos  amis.  »  ^^  ç  .é»  L,; 
1^  (g^-ù^  i  tf ■**•/!■''  J^W  >^t>J>.  *frJU  Ai\)y\  ÂtM  »^  oJl  tf;  W 
(j^-i-^l  (-»  ^i  •^■j^  y  LeJJ>.M  <->l  j>x  (  0  Sîdi   l-Haouwàri ,  tu  es   un 

arbre  élevé  et  tes  feuilles  ont  grand  prix.  Je  suis  venu  à  toi  pour 
que  tu  me  donnes  la  joie,  que  tn  me  dispenses  des  misères  de  ce 
monde  et  que  tu  me  fasses  miséricorde  dans  l'autre.  *  C'est  au.Hsi  à 
ce   moment   que  l'on  peut  entendre   la    hf(jhlet    cdderràza   (*LlJ) 

ikitjjf  )  au  voisinage  du  tombeau.  Elle  est  toute  couverte  d'or  et  de 
diamants,  et  quand  elle  marche  la  terre  tremble.  Les  uns  prétendent 
que  c'est  une  femme;  selon  d'autres,  c'est  la  jument  que  montait 
autrefois  Sldi  '1-Haouwàri. 

-  r^s  femmes  qui  rendent  visite  au  saint  le  samedi  passent  quel- 
(|uefois  la  nuit  auprès  du  tombeau.  Elles  en  emportent  de  la 
terre.  Les  malades  se  frottent  le  corps,  avec  cette  terre,  aux  points 
où  se  fait  .sentir  la  douleur  ;  ou   bien ,  ils  la  délaient  dans  l'eau  et 


UN.  SAINT  MUSULMAN  AU  XV'  SIECLE.  :537 

Chaque  année,  vers  le  mois  de  septembre,  a  lieu 
Youada  du  saint'. 


Descendants  du  saint.  —  i^e  prestige  dont  jouis- 
sait le  saint  lui  survécut  et  passa  en  partie  à  ses 
descendants.  L'auteur  de  Et-Theghr  El-Djoamâni 
s'exprime  ainsi  à  ce  sujet  :  «  Lorsque  le  chîkh  mourut, 
son  disciple,  Sîdi  Ibrahim  Et-Tâzi,  hérita  de  son 
caractère  sacré,  et  son  fds,  Sîdi  Abderrahmân  Boû 
Hamed,  hérita  de  son  nom.  Comme  l'on  savait  que 
Sîdi  l-Haouwàri  était  très  jaloux  de  la  renommée  de 
ses  enfants,  tous  ses  descendants  vécurent  entourés 
de  respect  et  de  considération  ^.  » 


avalent  telle  préparation.  Les  visiteuses  implorent  le  saint  avec 
l'ervcur.  Sidi  l-Haouwàri  entend  que  l'on  respecte  le  lieu  où  il  re- 
pose. Autrefois,  les  femmes  d'Oran,  rendant  visite  au  tombeau, 
passaient  là  de  longufes  heures  à  échanger  des  propos  de  toutes 
sortes.  La  gardienne  de  la  sainte  qoubba  laissait  faire.  Un  jour, 
elle  tomba  gravement  malade.  Et  voici  à  peu  près  ce  que,  au 
moment  d'expirer,  elle  conta  à  ceux  qui  l'entouraient  :  «Il  y  a 
quelque  temps,  une  négresse  que  je  ne  connais  pas,  sortit  du 
tombeau  du  saint  et  me  dit  :  «  Il  ne  convient  pas  que  les  femmes 
«bavardent  de  la  sorte  dans  ce  sanctuaire.  Sur  la  tombe  de  Sîdi  1- 
«Uaouwàri,  on  prie,  puis  l'on  se  relire.»  Malgré  cet  avis,  continua 
la  mourante,  j'ai  négligé  de  faire  respecter  la  tombe  sacrée  dont 
j'avais  la  garde,  et  aujourd'hui  le  saint  a  demandé  ma  mort.» 
Depuis  cette  époque  les  Oranaises  évitent  de  prolonger  l(;ur  visite 
outre  mesure  et  ne  tiennent,  sur  la  tombe,  que  les  propos  les  plus 
édifiants. 

'  Les  liabitants  d'Oran,  à  cette  occasion,  préparent  du  cous- 
cous et  l'apportenl  aux  étrangers  au  lieu  dit  Tahtaha.  Là,  une 
fantasia  est  organisée,  on  cliantc,  on  y  fait  de  k  musique,  on  joue 
à  la  rahha,  etc. 

'  Et-Thecjhr  El-Dj.,    fol.    i55.    —   On    peut    aussi    consulter 


338  SEPTEMBRE-OCTOBRE    190f). 

D'après  i'auteur  de  Bisât  El  -  Mouioûk ,  Sîdi 
Mhammed  laissa  quatre  enfants  :  Djilàli,  Ahmed, 
'Abderrahinàn  et  Mohammed.  Ce  dernier  fut  tue, 
condamné  à  mort  par  son  père*;  il  est  enterré  à 
Oran*.  On  dit  que  Djilàli  s'établit  dans  la  plains  du 
Chélif,  auprès  du  chikh  Sîdi  Bahloûl.  Quant  à  Ah- 
med, on  se  doute,  d'après  divers  bruits,  qu'il  fut 
«  mejdoiib  *  »  et  qu'il  voyagea;  peut-être  s'établit-il 
dans  les  montagnes  du  Dahra.  On  est  moins  bien 
renseigné  encore  au  sujet  de  'Abderrahmân  qui  se 
fixa  on  ne  sait  où  ^. 

à  ce  sajet  le  jpassage   saivaol  de  U   SifUn    (Ic««»>M)   du   cliikli 
Boû  Rà<i  : 

'M\ZAIU,  Tnalnû'.  fol.    la.) 

'  Dans  Touloû' .  c'est  Ahmed  et  non  Mohammed  qui  (ht  tnc 
par  l(>s  babitanta  d'Oran;  cf.  infra ,  p.  6\. 

*  On  m'a  assuré  que  le  tombeau  d'Ahmed  était  à  la  Senia.  Je 
l'y  ai  inutilement  cherché. 

'^  Le  sàlik  et  le  mejdoûb  ont  tous  deux  la  parfaite,  connaissance 
de  Dien.  Mais  celui-ci,  ravi  par  ce  qu'il  contemple,  trahit  en 
même  temps  par  son  extérieur  ce  qui  charme  sa  vue ,  et  il  exprime 
son  ravissement  soit  par  des  mouvements ,  soit  par  le  calme.  — 
Le  sAlik  est,  lui  aussi,  une  mer  débordante ,  mais  tranquille;  il  ne 
laisse  rien  paraître  de  ce  qu'il  p«'rroit.  El  comme  en  cela  il 
imite  le  Prophète,  il  est  plus  parfait  que  le  mejdoùh  dont  la  ré- 
compense auprès  de  Dieu  sera  inférieure  d'un  quart  à  celle  qui  est 
réservée  an  tàlik.  Le  $âlik  a  toute  sa  raison ,  alors  que  le  mejdnâh 
Va  perdue  en  partie.  (  Cf.  Ed-Debbâgu,  Ihriz.  p.  188.) 

>  BuAt  El-Mouloûk,  fol.  6. 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV*  SIECLE.  339 

Djilâli  eut  une  postérité  nombreuse;  il  en  est  lon- 
guement question  dans  le  Bisât  On  sait  que  les  des- 
cendants du  chîkh  sont  dispersés  «du  Soûs  à  Oran  , 
en  passant  par  Figuig  et  les  Angads  (Dhahra  maro- 
caine)^ ». 

L'une  des  mosquées  de  El-'Eubbad  Es-Sefli,  rui- 
née aujourd'hui,  était  placée  sous  le  patronage  de  Sîdi 
'1-Haouwâri^. 

Des  qoubbas  auraient  été  élevées  au  saint  d'Oran , 
en  divers  points  du  Moghreb ,  chez  les  Béni  Derdjîn , 
à  Bône,  etc. 

III.  MIRACLES  ATTRIBUÉS  AU   SAINT. 

Divers  faits  merveilleux^  sont  attribués  à  Sîdi  1- 
Haouwâri.  Les  uns  ont  été  recueillis  par  ses  contem- 
porains et  se  trouvent  rapportés  dans  divers  ouvrages. 

*  Cf.  Ed.  DouTTÉ,  Les  Marabouts,  p.  i3. 

*  Cf.  W.  et  G.  Marçais,  Les  Monuments  arabes  de  Tlenicen, 
p.  338-339. 

'  Les  faits  extraordinaires,  produits  par  des  hommes,  com- 
prennent six  catégories,  dont  les  deux  principales  sont  les  vioua- 
djizât  et  les  karâmàt.  La  knrâma  est  une  chose  extraordinaire  pro- 
duite par  un  homme  vertueux,  qui  n'est  pas  prophète  (Tkptazam, 
'Àqâid,  p.  139),  mais  qui  suit  assidûment  le  Prophète  et  aime  sa 
loi  (Baidjouri,  Tohfa.  p.  83).  Elle  est  l'œuvre  d'un  saint  et  appa- 
raît généralement  en  dehors  de  sa  volonté,  contre  tout  désir  de 
sa  part  ('AllÎgh,  Hidâia,  p.  IY7).  Au  contraire,  la  mouadjiza 
est  le  fait  d'un  prophète,  qui  doit  la  produire  comme  preuve  de 
sa  mission  (Cha'arani,  lawàqit ,  p.  i44).  «Alors  que  la  karànui  sort 
des  mains  d'une  personne  de  vertu,  le  sihr,  au  contraire,  ne  se 
rencontre  que  chei  des  infidèles,  des  menteurs,  des  libertins»  (cf. 
liachàf.  p.  1266). 


340  SEPTEMBRE-OCTOBRE    1900. 

La  plupart  de  ceux  qui  suivent  sont  traduits  du 
Boslân.  D'autres  se  trouvent  dans  la  mémoire  de 
beaucoup  de  Musulmans  de  la  région  ,  et  sont  tenus, 
par  tous,  (poui*  authentiques ^ 

Le  saint  devinait  les  pensées  des  assistants.  —  «  Une 
foule  de  personnes  dignes  de  foi,  dit  Ibn  Sa'ad,  m'ont 
raconté  que  Sîdi  Mhammed  devinait  les  pensées  des 
auditeurs,  venus  à  ses  séances.  Il  leur  révélait  alors 
les  choses  qui  les  concernaient;  il  les  instruisait  de 
ce  qui  était  caché  dans  leur  pensée  intime'-.  » 

Ces  paroles  d'ihn  Sa*ad  sont  confirmées  par  les 
faits  suivants  : 

Sidi  Mhammed  a  connaissance  du  contenu  d'une 
lettre  ifuil  n'a  pas  ouverte.  —  «  J'avais ,  raconte  Sîdi 
Slimùn  ',  écrit  au  chikh  un«'  lettre  d'environ  soixante- 
dix  iignes*  :  j'y  formulais  des  plaintes  au  sujet  de 

'  On  dit  à  Oran  :  ;(.|^l  ^  tj««^  <!^;'>4^'  sf*^'^^  £^'  c:*L*!^l 
^^1}  cLes  miracles  de  Sùli  'i-Haouwâri  sut  produisent  en  plein 
jour.»  On  sait  que  nombn-  de  gens  ont  ni»-  (|ue  les  saints  eussent 
des  c'(aU  (Jl^^l);  d'autres,  au  nombre  desquels  Abou  Ishàq  El- 
ÂsOràni,  Abou  'Abdallab  El-Hilmi,  parmi  les  gens  de  la  sounna, 
elles  Mo'tazililes,  n'ont  pas  ajouté  foi  aux  miracles  des  saints.  Si 
on  admet,  disaient-ils,  que  les  saints  puissent  produire  des  choses 
extraordinaires,  semblables  aux  miracles  du  Prophète,  rien  alors 
ne  saurait  distinguer  celui  qui  est  prophète  de  celui  qui  ne  l'est 
pas  (cf.  Mrlali,  Mauàkib.  fol.  3;  Badjouri,  Tohf'a.  p.  83;  Taf- 
TAZAiM,  'Aqdid,  p.  i35;  'AllÎCH  ,  U'idâia,  p.   177). 

'  Cf.  Ibx  Sa'ao,  Rauda.  fol.  7  r";  Ahmed  Baba,  Nil.  p.  3 18. 

^  Sidi  Slimân  Ben  'isa,  de  la  qal'a  des  Howàra.  Cf.  Ib>  Mi^ryem, 
Boston,  fol.  a4o  v°;  app.  III,  p.  8  et  suiv.  La  traduction  de  ce  pas- 
,suge  du  Bottàn  a  été  faite  par  Delpecu,  Résumé,  p.  i53. 

*  Je  lis  avec  T,  N  :  ;J«^x.-.M  ^  ^. 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV'  SIÈCLK.  341 

quelques  alïaires  et  me  renseignais,  près  de  Sîdi  1- 
Haouwàri,  sur  certains  autres  points.  Une  fois  mon 
messager  parti  avec  cette  lettre,  je  considérai,  après 
réflexion,  que,  peut-être,  cet  homme  ne  saurait 
exactement  se  rappeler  la  réponse  du  chîkh  aux 
questions  posées  dans  ma  lettre^.  Il  serait  bon,  pen- 
sai-je,  de  me  rendre  moi-même  auprès  de  Sîdi 
Mhammed  et  d'entendre  de  mes  propres  oreilles  ce 
qu'il  répondra.  Et  me  voilà  sur  les  traces  de  mon 
courrier.  Mais  déjà ,  celui-ci ,  m'ayant  précédé  auprès 
du  saint,  lui  avait  remis  ma  missive  :  «  Ceci,  lui 
dit-il,  a  été  écrit  par  Sîdi  Slimân  Ben  'Isa,  habitant 
aux  Howâra.  —  Est-ce  toi  qui  l'as  apportée ,  lui  de- 
manda le  chîkh ,  ou  bien  est-ce  celui  qui  l'a  rédigée  ?  » 
A  cette  question,  mon  messager  fut  saisi  d'étonne- 
ment,  ne  comprenant  rien  aux  paroles  du  chîkh  2. 
C'est  alors  que  j'entrai ,  tout  à  coup ,  auprès  de  Sîdi 
Mhammed  et  le  trouvai  en  train  de  demander  au 
commissionnaire  :  «  Est-ce  toi  qui  as  apporté  cette 
lettre,  ou  bien  est-ce  celui  qui  l'a  écrite?»  Et  mon 
courrier  de  répondre  :  «  0  mon  seigneur,  ceci  est 
une  lettre  de  Sîdi  Slimân.  »  Lorsque  j'eus  salué  le 
saint,  mon  homme  me  vit.  Les  paroles  de  Sîdi  'l- 
Haouwâri ,  ma  présence  en  ce  lieu ,  alors  qu'il  savait 
m'avoir  laissé  aux  Howàra,  remplirent  d'étonnement 
le  messager.  Il  se  tut  sur  le  champ  et  ma  lettre  resta 
par  terre  devant  le  chîkh.  Celui-ci,  sans  la  rama-sser 
ni  l'ouvrir,  sans  m'avoir  aucunement  interrogé  sur 

'  Je  suis  la  leçon  rlc  M. 
*  Cf.  T,  M,  N. 


342  SEPTEMBRE-OCTOBRE    190f). 

son  objet ,  se  mit  à  donner  réponse  à  toutes  les  ques- 
tions posées  dans  ma  lettre,  d'un  bout  h  l'autre,  ligne 
après  ligne  et  dans  l'ordre  m^me  que  j'rfVais  observé 
en  les  écrivant.  Il  traita  ensuite  de  diverses  questions 
se  présentant  à  l'esprit,  cela  sans  qu'il  lui  fut  néces- 
saire de  nous  entendre  dire  un  seul  mot.  Je  revins 
rempli  d'étonnement  '  de  ce  dont  j'avais  été  témoin , 
et  cela  m'incita  à  composer,  à  la  louange  du  chîkh , 
une  qftsida  relatant  la  chose  extraordinaire  qile  je 
lui  avais  vu  produire.  Cette  pièce  de  poésie  compre- 
nait plus  de  soixante  vers  (peut-^tre  Sidi  Sliniân 
m'a-t-il  dit  plus  de  soixnnte-dix^).  Il  nous  en  récita 
quelques  vers  à  cet  instant  môme.  Nous  lui  deman- 
dâmes cette  qaslda  *  il  la  chercha ,  mais  ne  la  trouva 
pas  à  ce  moment.  Après  sa  mort,  son  (ils  nous  la 
promit;  malheureusement  il  mourut  avant  de  l'avoir 
retrouxée.  » 

'  Gf.  T,  N .  M. 

*  C'est  Sîdi  Senoùsi  qni  parle. 

[La  suite  au  prochain  cahier.) 


NOTK^.E  SUn  UN  MS.  DU  V  SIKCLK  DE  I/HÉGIRE.     3/i3 

NOTICE 

SUR 

HIV  MArSUSCRlï  DU  V'  SIÈCLE  DE   L'HÉGIRE 

INtrTULÉ 

«KITÂB  TAB4QAT  'OL\MÂ  I  IFRÎQIYYA - 

PAR 

ABOÛ  L'ARAB  MOHAMMED  BEN  AHMED  BEN  TAMÎM 
ET-TAMÎMY  EL-QAÏRAWANY  EL-IFRÎQY, 

PAR  M.  BEN  GHENEB. 


t 

Me  trouvant  à  Médéa  pendant  les  vacances  de 
1  906,  j'ai  eu  le  plaisir  de  découvrir  chez  un  ancien 
Bachadel  un  manuscrit  de  l'ouvrage  d'Aboû  TArab, 
qui,  tout  d'abord,  ne  m'a  été  communiqué  que  pour 
quelques  jours.  Après  un  premier  examen ,  je  con- 
statai que  le  manuscrit  était  d'une  grande  valeur, 
tant  au  point  de  vue  historique  qu'au  point  de  vue 
paléog]*aphique ,  quoiqu'à  ce  moment  je  ne  possé- 
dasse aucun  instrument  pour  me  guider  dans  l'opi- 
nion que  j'émettais. 

Sur  mes  instances  réitérées  et  sur  celles  de  mes 
amis,  le  Bachadel,  après  d'interminables  pourpar- 
lers, de  pénibles  atermoiements  et  de  longues  hési- 


344  SEPTEMBRE-OCTOBKK   1906. 

tations,  finit  par  me  le  céder  en  échange  d'un  exeni 
plaire  du  Naïl  cl  Ibtihâdj  bi  Uitriz  ed  dibâdj  d'Ahmed 
Bàbà,  qui  a  été  édité  à  Fâs  en  i  3  i  7  H. 

En  réalité  le  manuscrit  contient  trois  ouvrages  : 
r  Kitâb  tabaifâl^olamâ  i  Ifrùjiyya:  a"  Kitdb  iabtujât 
'olaniâ  i  Ifriqiyya;  y  Kilâb  labdqât  *olnmâ  i  Ifrùjiyya, 
ayant  comme  sous-titre  :  Dhikr  %damâ  ahl  Toànis. 

Le  second  ouvrage  est  dû  à  la  plume  de  Moham- 
med ben  El  Hàrits  beii  Asad  El  khochany,  et  les  deux 
autres  ont  pour  auteur  \boû  l'Arab  Mohammed  ben 
Ahmed  ben  Taniin.  • 

Ce  dernier  est  cité  par  lladji  Khalfa ,  IV,  1  80,  Edh 
Dhahaby,  dans  sa  Tadhkiral  el  Hojfâdh,  ÏII,  io5 
(Haïdaràb<îd,  s.  d.),  Ibn  Farhoûn  dans  son  Ed  Ddmdj 
el  modhhab  fi  ma  ri  fat  aWàn  'olamâ  el  madhhah ,  p.  2  33 
(éd.  Fàs,  1  3 16),  et  Aboû  th-Thanâ  Mahmoud  ben 
Sa'îd  Maqdîch  eç-Çafàqosy  dans  sa  Nozhat  el  andhdrfi 
'adjâïb  et  tawârîkh  walakhbdr,  I,  126  (Tunis,  iSai), 
enfin  par  VA  Khochany:  Kitâb tabaifdt  'olanid  i ifritjiyya 
qui  fait  partie  du  manuscrit  en  question. 

il 

Aboù  l*Arab  Mohammed  ben  Ahmed  ben  l'amin 
ben  Tammàm  ben  Tamim  et-Tamîmy,  dont  l'arrière 
grand-père ,  Tammàm ,  fut  un  des  principaux  émirs 
de  rifrîqiyya,  el  dont  le  père,  Ahmed  ben  Tamîm, 
est,  d'après  les  biographes,  un  traditionniste  qui  mé- 
rite d'être  cité,  est  un  savant  jurisconsulte,  historien, 
poète  et  surtout  traditionniste. 


NOTICE  SUR  ÏIN  MS.  I)i;  V  SIÈf:i.K   DE  L'HRGIRE.     Vi^) 

Nous  ne  savons  ni  la  date  ni  même  ie  lieu  de  sa 
naissance,  quoiqu'il  paraisse  être  né  à  El  Qaïravvân. 
Jl  eut  plus  de  cent  vingt  maîtres  dont  la  plupart 
sont  Africains  et  disciples  du  célèbre  juriscon- 
sulte iSahnoûn,  et  parmi  lesquels  on  peut  citer 
\  ahyâ  ben  'Omar,  Aboû  Dâwoûd  el  'Attar,  Moham- 
med ben  Maskîn,  Ibn  'Ayyâch,  Sahl  el  Faryâby, 
Habib  ben  Naçr  et  Sa'îd  ben  Ishâq. 

Parmi  ses  disciples,  on  cite  son  fils,  Mohammed 
ben  Aboû  Zaïd  El  Qaïrawâny,  El  Hasan  ben  Ma- 
s'oûd  et  Ziyâd  es-Soûry. 

Ayant  prononcé  à  la  mosquée,  contre  les  parti- 
sans de  'Obaïd-Allah ,  le  Chiite ,  un  discours  dans 
lequel  il  cite ,  après  avoir  indiqué  un  isnâd ,  les  pa- 
roles du  Prophète  :  «  Il  sortira  dans  la  fin  des  temps 
des  gens  que  l'on  appellera  des  Râfidha;  si  vous 
les  atteignez,  tuez-les,  car  ce  sont  des  infidèles  »,  il 
fut  la  cause  de  la  sortie  des  habitants  de  El-Qaira- 
wân  à  la  tête  desquels  se  trouvait  Rabî'  el  Qattàn  pour 
aller  attaquer  El-Mahdyya.  On  sait  qu'un  combat  eut 
lieu  à  Wâdyl-Malh  et  que  les  habitants  d'El-Qaïra- 
wan  furent  mis  en  déroute,  par  suite  de  la  défection 
d'Aboû  Yazîd.  Ce  combat  eut  lieu  en  radjah  333 
(  1  y  février- 1 9  mars  9 4  5  ). 

n  est  à  croire  que  c'est  après  cet  événement 
qu'Aboû  l*Arab  ainsi  que  son  fils  furent  jetés  en 
prison ,  par  ordre  du  chiite  Aboû  "Abd  Allah. 

11  mourut  le  dimanche  22  dhoûl  qa'da  de 
Tannée  333  (7  juillet  g/io);  certains  auteurs  disent 
qu'il  est  mort  le  dimanche  2  oi  dhoûl  bidjdja  (  7  août) , 


3Af)  SEPTEMBRE-OOTOBRE    1906. 

OU  le  2 3  radjab  (i5  mars);  mais  comme  aucune  de 
oes  deux  dates  ne  correspond  au  dimanche,  il  est 
hors  de  doute  que  le  3  3  dhoùl  qa'da  est  la  date  réelle 
de  sa  mort. 

Malgré  ro|)inion  d'El  Khochany,  son  contempo- 
rain et  continuateur  de  n\s  tabaqât,  (pii  ne  voit  en 
lui  qu'un  collectionneur  d^  hadits  ei  de  questions  plus 
ou  moins  rares,  Aboù  TArab était  très  versé  dans  la 
connaissance  du  droit  selon  l'école  malékite,  résol- 
vait les  cas  les  plus  dilliciles,  connaissait  bien  les  ha- 
dits avec  leurs  rapporteurs  et  leurs  ditVérents  modes 
de  transmission,  et  savait  bien  l'histoire  et  surtout 
celle  de  son  pays. 

Il  copia  lui-même,  dit-on,  plus  de  3,5oo  ouvrage» 
suiiout  de  droit  et  de  haditi,  et  possrditit  un**  dos 
plus  liches  bibliothèques  de  l'époque. 

Il  se  distinguait  de  ses  contemporains  par  sa  gran- 
deur d  ame  et  par  son  bon  caractère. 

Parmi  les  nombreux  ouvrages  qu'il  a  composés, 
nous  ne  connaissons  que  les  suivants  :  i"  Kilâb  'Obbdd 
i/rî^r^a  (Hadji  Khalfa,  IV,  i8o);  3"  Kitdb  iabmiâl 
olamâ  i  Ifnqiyya;  3"  Mosnad  hadits  Mâlik;  li"  Kitâb  el- 
tdrilik  (y  djoz  et,  d'après  ?Mb-Dhabahy,  i  «  djoz'); 
b"  Kitdb  mandtjib  Bani  Tamim;  6"  Kitdb  J'i  muwt  el 
' Olamâ  {iÀ  djoz');  7"  Kilâb  el  mifian;  8°  Kitdb  fadkâïl 
Mâlik;  9°  Kitâb  fadhàil  Sahiwân;  10"  Kitâb  el  fFo- 
dhou'  wattahdra;  1  T  Kitdb  el  djanâiz  wa  dhihr  cl  nmwl 
waadkâb  el  (fabr;  1  2"  kildb  '^awdli  haditsih;  1  3°  KUnb 
fiççalât. 

Ibn  Bacbkowàl  (Aben  Pascualis,  Assila,  n"  j  198, 


NOTICE  SUR  UN  MS.  DU  V  SIECLE  DE  L'HEGIRE.     347 

éd.  Godera)  cite  un  Aboû  1  IVarb  (lire  'Arabj  Mo- 
liajnmed  ben  Tamîm  ben  Aboû  i  U'arb  (lire  'Arab), 
né  en  387  (  i  i  juillet  9/19-1""  juillet  9^0 )  à  El-Qaï- 
rawân ,  qui ,  après  avoir  étudié  dans  sa  ville  natale , 
accomplit  en  871  (7  juillet  981-26  juin  983)  le  pè- 
lerinage de  La  Mekke,  visita  le  Hidj^?,  la  Syrie  et 
l'Egypte,  en  Ai 6  (4  mars  lOsS-as  février  ioa6), 
se  rendit  pour  faire  du  commerce  en  Espagne,  sé- 
journa pendant  assez  longtemps  à  Cordoue,  où  il 
assista  aux  leçons  des  savants  de  l'époque  et  mourut 
dans  un  district  d'El  Qairawân  trois  ans  après  son 
retour  d'Espagne. 

A  moins  d'erreurs  de  la  part  des  manuscrits  dont 
s'est  servi  M.  F.  Codera  pour  donner  une  édition 
d'Ibn  Bachkowâl ,  on  peut  croire  que  cet  Aboû  el 
'Arab  est  ou  notre  auteur,  ou  son  fiis,  ou  même 
encore  son  petit-fils. 

Nous  avons  tenu  à  donner  ici  cette  indication 
quelque  peu  longue,  afin  d'éloigner  du  lecteur  toute 
méprise. 

III 

Le  second  auteur,  Aboû  'Abd  Allah  Mobammed 
ben  El  Hârits  ben  Asad  el  Khochany  est  également 
originaire  d'El  Qairawân,  oit,  en  3i  1  (21  qvril  9a3- 
9  avril  924),  il  étudiait  encore  sous  la  direction 
d'Ahmed  ben  Ziyâd ,  d'Ahmed  ben  Naçr  et  de  plu- 
sieurs savants  de  flfrîqiyya. 

Jeune  encore ,  il  fit  un  voyage  en  Espagne  et  arriva 
en  3 1  2  (9  avril  924-21  mars  9 2  5 )  ù  Cordoue ,  où  il 


348  SEPTEMBRE-UCTOHHE   lOOC. 

eut  pour  maîtres  Mohanmied  ben  'Abd  el  Màlik  ben 
Aïman,  Qâsim  Açbar,  Ahmed  ben  'Obàda,  Moham- 
med ben  Yahyà  ben  Lobâba,  Kl  llasan  ben  Sa'd, 
et  d'autres  savants  cordouans. 

11  était  très  vei'sé  dans  la  connaissance  du  droit , 
savait  bien  appliquer  la  méthode  analogique  et  ré- 
soudre par  suite  les  cas  les  plus  embarrassants. 

C'était  également  un  poète  assez  éloquent ,  quoi- 
qu'on lui  reprochât  de  faire  beaucoup  de  fautes  de 
grammaire. 

Il  était,  dit-on,  passionné  pour  l'alchimie,  et, 
tombé  dans  la  misère  après  la  mort  du  khalife,  il  fut 
obligé  d'ouvrir  une  boutique  pour  vendre  des  on- 
guents de  sa  composition. 

11  était  très  vif  et  l'on  dit  qu'il  ressemblait  dans 
les  discussions  à  une  brillante  étincelle. 

Après  avoir  parcouru  plusieurs  districts  de  la  capi- 
tale de  l'Espagne ,  il  fut  chargé  de  la  choûrâ  de  Cor- 
doue ,  puis  entra  au  service  du  khalife  El  Mostanrir 
Billah  El  Uakani  ben  'Abder  Rahmàn,  pour  lequel 
il  écrivit  de  nombreux  ouvrages,  entre  autres  cent 
diwans  et  un  livre  sur  les  savants  d'Espagne,  auxquei 
ihn  El  Faradhy  a  fait  maints  emprunts. 

Les  biographes  donnent  le  i3  çafar  36 1  (6  dé- 
cembre 971)  comme  date  de  sa  mort;  mais  c'est 
une  erreur,  car  nous  savons  qu'El  Hakam  est  mort 
le  3  çafar  366  (1"  octobre  976),  et  qu'il  est  certain 
qu'Kl  Khochany  est  décédé  à  Cordoue  bien  après  ce 
prince.  Edh  Dhahaby  dit  que  Je  3  çafar  371  (9  août 
981)  est  la  date  la  plus  probable; 


NOTICE  SUR  UN  MS.  DU  V  SIÈCLE  DM  T/HECIIÎi:.     340 

Il  composa  les  ouvrages  suivants  :  i  "  Kitâb  el  itti- 
fâfj  wa  l  ikhtUâf  fï  madhhah  Mâiik;  i°  Kitâb  cl  fotyâ; 
y  Kitâb  târikii  el  Andalosyyin;  /»"  Kitâb  târîkh  el  Ifrûjyyin 
(c'est  probablement  notre  Kitâb  iabaqât  ""olamâ  i  Ifii- 
(jiyya);  5"  Kitâb  en  nasab;  6°  Kitâb  akhbâr  cl  foqahâ 
wa  l  hoffâdh  el  Andalosyyin  ;  y"  Kitâh  akhbâr  el  fjndhât 
el  Qortobyyin  (d'après  Brockelmann,  1,  1 5o,  ces  trois 
derniers  paraissent  désigner  un  même  et  seul  ou- 
vrage )  ^. 

IV 

Le  Kitâb  tabaqât  '^olamâ  i  Ifrîqiyya  est  un  recueil 
(le  biographies  des  savants  et  des  hommes  les  plus 
célèbres  qui  ont  vécu  à  El  Qairawân  et  à  Tunis, 
depuis  la  conquête  musulmane  jusqu'à  la  première 
moitié  du  iv*  siècle  de  l'hégire. 

En  dehors  du  Riyâdh  in  nofoâs  d'Aboû  Bakr  'Abd 
Allah  ben  Mohammed,  et  le  Maâlim  el  Imân  d'Ibn 
Nàdjy,  qui  sont  bien  postérieurs  à  Aboû  TArab  et  à  El 
Khochany,  nous  ne  possédons  jusqu'à  présent  sur 
cette  époque  de  l'histoire  que  des  ouvrages  modernes , 
et  par  suite  ne  fournissant  que  des  renseignements 
de  minime  importance. 

En  lisant  le  Kitâb  tabaqât  "olamâ  i  Ifrîqiyyâ,  qui  est 
écrit  dans  un  style  simple  et  sans  prétention  malgré 
l'embarras  causé  par  la  multiplicité  des  isnâds,  on 

'  Cf.  sur  El  Khochany  :  Ibn  ei  Faradhy,  n°  iSgS,  éd.  Codera, 
Madrid,  1891;  Edh  Dhahaby,  Tadhkirnt  el  hoffâdh,  III,  209,  Haï- 
daràbàd,  s.  d.;  Brockelmann.  Arabùche  Litteratiir<}eschichtei  1,  i5o, 
NVeimar,  18971 


350  SEPTEMBRE-OCTOBRE   1906. 

acquiert  des  connaissances  bien  détaillées  sur  l'état 
troublé  de  cette  époque,  sur  le  mouvement  des  idées 
hétérodoxes  dans  ce  pays  qui  a  été  déjà  tant  déchiré 
par  les  luttes  des  traditeurf.  des  Donatistes  et  de»  cir- 
concellions,  sur  la  chute  des  Aghiabites  et  l'avène- 
ment du  Chiite  Aboû  'Ahd  Allah,  et  onlin  sur  l'état 
général  des  sciences  musulmanes. 

Le  manuscrit  du  Kitàb  Uibaijât  comprend ,  en  l'état 
actuel,  -j  djoz  ou  parties.  D'après  la  reliure  qui  est 
ancienne ,  il  manque  apparemment  un  cahier  de  6 
ou  8  feuillets,  mais  le  manuscrit  est  encore  en  assez 
bon  état. 

Le  premier  ouvrage  contient  4 7  feuillet»  en  3 
djoa,  le  secx)nd  kj  feuillets  en  3  djoz\  et  le  troi- 
sième 6  feuillets  en  1  djox'.  Les  cahiers  ont  6,  la, 
16,  1 5,  20  et  ai  feuillets  de  i85/aa5  millimètres. 

La  page  contient  i&,  16,  18,  i9,aoeta4  lijfQes , 
et  la  marge  est  quelquefois  remplie  d'annotations  en 
tous  genres. 

L'écriture,  sur  un  assez  fort  parchemin,  appar- 
tient au  genre  neskhy  africain,  qui,  on  le  sait,  tient 
quelque  peu  de  f  écriture  koufique. 

La  plupart  des  caractères  sont  nmnis  de  leurs 
points  diacritiques  qui,  en  certains  endroits,  pa- 
raissent avoir  été  ajoutés  après  coup. 

Sur  la  première  page  du  manuscrit,  et  au-dessous 
du  titre  et  du  nom  de  l'auteur,  on  trouve  écrit  en 
deux  lignes,  et  en  caractères  paraissant  plus  récents 
que  ceux  du  titre  : 

li  Ahmed  ben  Mohammed  et  Talamanky. 


NOTICE  SUR  UN  MS.  DU  V*  SIRCLE  DE  L'HÉGIRE.     351 
et  un  peu  plus  bas  : 

li  'Omar  ben  'Aly  ben  Ahmed  ben  'Atyya  ben  Yoùsof 
ben  Aboû  Bakr  el  Ançâry, 

Ces  noms  sont,  sans  aucun  doute,  ceux  de  deux 
propriétaires  de  notre  manuscrit. 

Malgré  nos  recherches  dans  les  divers  recueils 
biographiques  que  nous  avons  pu  consulter,  nous  ne 
savons  rien  sur  le  second  propriétaire ,  'Omar  ben 
*Aly  el  Ançâry. 

Quant  au  premier,  dont  le  nom  seul  est  écrit  sur 
la  première  page  de  chaque  djoz'  en  bas  du  titre  et 
du  nom  de  l'auteur,  c'est  Aboû  'Omar  Ahmed  ben 
Mohammed  ben  'Abd  Allah  ben  Aboû  Isa  Lobb  ben 
Yahyâ  ben  Mohammed  ben  'Omar  ben  Qarlomân 
el  Ma'âfiry  et  Talamanky,  célèbre  jurisconsulte,  tra- 
ditionniste  et  commentateur  du  Coran ,  qui  naquit  en 
34o/95i-5a  ou"  347/958-59  à  Salamanqne,  où  il 
mourut  en  dhoû  1  hidjdja  de  l'année  ^29  (^5  sep- 
tembre-2 5  octobre  io36)^. 

Comme  nous  savons  que,  d'une  part,  l'écriture 
du  manuscrit  est  bien  africaine,  et  que,  d'autre  part, 
Et  Talamanky  a  accompli  par  voie  de  terre  le  pèle- 
rinage de  La  Mekke ,  qu'il  a  séjourné  à  El-Qaïrawân 
oii  il  a  étudié  sous  la  direction  du  juriconsulte  Aboû 
Mohammed  ben  Aboû  Zaïd  et  sous  celle  d'Ahmed  ben 
Rahmoûn  (var.  Dalimoûn),  on  a  tout  lieu  de  croire 

'  Sur  ce  savant,  cf.  :  Tâdj  el  'Aroun,  s.  v.  Talamank;  Ahen  Pas- 
cualis,  Assila,  n°  90,  éd.  Codera,  Madrid,  i883;  Ibn  Farhoûn,  Ed- 
dibâdj.  p.  54,  Fâs  i3i6-,  Edh  Dhahaby,  Tadhkirat  el  HoffAdh.  III, 
396,  Haïdarâbâd,  s.  d, 


352  SEPTEMBRE-OCTOIIRE  190C. 

que  notre  manuscrit  date  au  moins  de  cette  époque, 
c'est-à-dire  de  ia  fin  du  iv*  siècle  de  l'hégire.  Mais, 
ainsi  que  nous  l'avons  déjà  dit,  d'après  l'état  paléogra- 
phique des  noms  des  deux  propriétaires ,  on  doit  re- 
culer nécessairement  quelque  peu  cette  date  et  la 
faire  .approcher  de  celle  de  la  mort  d'Rl  Khochany. 
Kn  un  mot,  nous  nous  trouvons  en  présence  d'un 
manuscrit  très  important,  tant  au  point  de  vue  de  la 
paléographie  qu'au  point  de  vue  de  l'histoire  ancienne 
«le  la  Tunisie. 

Voici  la  liste  des  chapitres  et  des  biographies. 


FoL  1  r*.  Tome  1  des  Tabaqât'olamâ  i  ïfrùfiyya. 

Fol.  1  V*.  Des  hadlts  se  rapportant  aux  mérites  de  l'Ifri- 
qiyya. 

Fol.  7  r*.  Des  compagnons  du  Prophète  et  des  Tâbiin  qui 
entrèrent  dans  i'Ifriqiyya.  (  Quelques  détails  sur  In  conquête 
de  cette  contrée.  ) 

Fol.  9  V*.  Supplément  au  chapitre  des  Compag^nons  du 
Prophète  qui  entrèrent  dans  l'Ifrîqiyya. 

Fol.  lo  V*.  Supplément  au  chapitre  des  Tâbi'ln. 

Fol.  1 1  v".  De  ceux  qui  entrèrent  dans  i'Ifriqiyya  et  de 
ceux  de  ses  habitants  qui  s'y  trouvaient  (*ir). 

Foi.  la  r*.   De  ceux  qui  étaient  dans  I'Ifriqiyya. 

Foi.  i3  V*.   Des  mérites  de  Ismail  Tàdjir  Allah. 

Fol.  i4  r*.  Des  Tâhiin  qui  entrèrent  dans  i'Ifriqiyya  et 
qui  étaient  moins  âgés  que  les  précédents. 

Fol.  i4  v°.  De  ceux  qui  étaient  âgés  et  qui  ont  rapporté 
des  hadits  d'après  les  plus  célèbres  Tâhiin  parmi  les  gens  de 
i'Ifriqiyya.  —  Biographie  d'Abd  er  Rahmàn  hen  Ziyâd 
ben  An'am  El  Ma'àfiryj 


NOTICK  SUR  UN  MS.  DU  V  SIECLE  DE  L'HEGIRE.     353 

Fol.  1 7  v°.  Yazîd  ben  El  Tof'aïi  et  ïodjîby. 

Fol.  i8  r".  'Abd  ben  Farroûkh  El  Fârisj. 

Fol.  19  v".   Yahyâ  ben  Salâm  (Sallàm?). 

Fol.  21  r".  Tome  II. 

Fol.  2  1  v".  'Aly  ben  Ziyâd  El  Himçy.  —  'Al)d  Allah  ben 
'Omar  ben  R'ànim  Er  Ro'aïny. 

Fol.  32  r°.  Aboù  Zaïd  Rabâl.i  ben  Yazîd  El  Lakhmy. 

Fol.  23  r".  El  Bahloùl  ben  Râchld. 

Fol.  24.  v°.  Choqràn  ben  'Aly. 

Fol.  2  5  r°.  Saqlâb  ben  Ziyâd  El  Hamadâny.  —  Aboù 
Ziyâd  ben  Zara  Er  Ro'aïny.  —  I  lafç  ben  'Omàra. 

Fol.  2  5  r".  Aboù  Rhâlid  'Abd  El  Khâliq. 

Fol.  26  r°.  Ismail  ben  Rabâh  EU  Djazary. 

Fol.  27  r°.  Aboù  'Otsmân  Hâtim  ben  'Otsnian  El  Ma'âfiry. 

Fol.  2  7  v°.  Mohammed  ben  El  Hakam. 

Fol.  28  r°.  Mohammed  et  'Abd  er  Rahmân  ben  Yasoûta.  — 
Marwàn  ben' Abd  er  Rahmân  d'après  lequel  rapporteIbnWahb. 

Fol.  28  y".  Aboù  1  Hadjdjâdj  Rabâh  ben  Abt  (?).  — 
Khalaf  ben  Djarîr. 

Fol.  29  r°.  Aboû  1  Haïtsam  El  Lou'lou'y  Khâlid  ben  Ya- 
zîd El  Fârisy.  —  El  Aqra'  ben  Bakkùr.  —  Aboù  1  Moslim 
'Abd  Er  Rahmân  ben  El  Djahm  El  Khawlàny.  —  Zorâra  ben 
'Abd  AUah. 

Fol.  29  v".  Aboù  Mohammed  'Abd  El  'Azîz  El  Madany 
El  Hàchimy.  —  'Aly  ben  Yoûnos  El  Laïtsy.  —  Sa'id  ben  Es 
Sary  (?).  —  Aboù  Nadjda  Yazîd  ben  Modjâlid. 

Fol.  3o  r°.  Mo'awyya  ben  Eç  Çomâdihy.  —  'Abd  Allah 
ben  El  Mor'aïra  El  Koùfy. 

Fol.  3o  v".  Aboù  'Abd  Er  Rahmân  'Abd  Allah  ben  Yazîd 
El  Moqry.  —  Asad  ben  El  Forât  [Aboù  'Abd  Allah]. 

Fol.  3i  v".  Aboù  Mohriz  Mohammed  ben 'Abd  Allah  El 
Kinàny. 

Fol.  32  r°.  Ahmed  ben  Aboù  Mohriz,  son  fils.  —  Yazid 
ben  Mohammed  El  Djomahy. 

Fol.  32  v°.  Zakaryyà  ben  El  Hakam.  —  Aboù  1  Khattâb 
El  Kindy. 


351  SKPtEMBRE-OCTOBRE    IQOfi. 

Fol.  33  t'.  Abbû  Mohammed  'Àtxi  Allah  ben  Aboù  fias 
sân  £1  Yahçoby. 

Fol.  34  r'.  Aboù  Zakaryjâ  Yahyà  ben  Solaïmàn  El  Haw.àr 
El  Hiry.  —  El  Bahloùl  ben  'Omar  ben  Çâiih  ben  'Obaïda 
El  Yohibby(?). 

Fol.  34  V.  Konoùbin  (?).  —  Mofassir  (?)  ben'Abd  Allah. 

—  Ilafcben  Sa'd. 

Kol.  35  r".  Kl  llasan  ben  Hàny.  —  Faroùn  (?)  AJboù 
Amr  El  Lakhm^.  —  Cho'aïb  ben  Yazid  El  Laïtsy.  —  Aboù 
Chibh  (Chaïkh?)  El  Mofassir. 

Foi.  36  r\  Tome  111. 

Fol.  36  v".  'Omar  l>en  Samak.  -  Ifabth  lien  Sa'td,  frère 
de  Sahnoùn  ben  Sa'id.  ('Ali)i  hen  llnd|ih,  fn're  de  Hi- 
rhAm  ben  Ifàdjib. 

Fol.  37  r°.  Djahdjar  bt*n  Khàlid  Ahoù  Kliàlid.  —  Aboù 
■Abd  El  Mâlik  [d'après  Tâdj  el  Aroùs,  Abd  Allah]  El 
Malchoùny,  et  son  frère  Ishàf|.  —  Mohammed  ben  'Aly  Ed 
Darchy,  et  mn  fils  'Abd  Allah. 

Fol.  37  V*.  Aboù  Dja'lar  Ahmed  ben  Yoûsof  El  liagh- 
dàdy.  —  Aboù  Yahyà  ZakaryyA  ben  VA  Waqâr  (El  Waqqftr?). 

—  Aboù  Tâlib  El  Abxâry  'Abd  \llah  ben  Otsmftn. 

Kol.  38  r*.  [En  marge]  Aboûl  Mondhir  No'màn.  — Bichr 
ben  Yazid  EJ  Azdy.  —  Sahnoùn  ben  Sa'id  ben  Habib  Et  Ta- 
noùkhy. 

Fol.  38  V.  [En  marge]  notes  sur  Sahnoùn. 

Fol    39  r'.  'Awn  ben  Yoùsof  Kl  Khoxâ'y. 

Fol.  39  V*.  Moùsà  ben  Mo'awyya. 

Fol.  4o  v*.  [En  marge]  notes  sur  Moùsâ  ben  Mo'awyya. 

—  Dàwoùd  ben  Yahvà.  —  Mohammed  ben  Rochaid  (xic). 
Fol.  4i  r     MoùsA  ben  Monir.  (Monayyiri') — AboùDja'far 

"Abd  Allah  ben  Mohammed  ben  'Aly  Ed  Dar'chy. 

Fol.  4i    V.    Abd  El  Mo'min  ben  Mostanh  (?)  El  Hidrv. 

—  Abd  Kr  Rahim  ben  'Abd  Rabbih.  —  Aboù  1  Hadjdjàdj 
Sakan  ben  Sa'id  Eç  Çâïr .  —  Mohammed  ben  'lyàdh  El 
tno'allim  El  Qaïsy. 

Fol.  4?-  i'".   Moa'nunar  ben  Mancour. 


NOTICE  SUR  UN  MS.  DU  V  SIHCLE  DE  L'HEGIRE.     355 

ti*ol.  /i2  v°.   Mohammed  ben  Qâdim 

Fol  .43  r".  Aboù  KMlid  ben  Salâm  (Sallâm?).  —  Da- 
hyoùn  ben  Râchid.  —  Marwâti  ben  Aboù  Chabma. 

Fol.  44  r°.  Khalaf  ben  Mohammed.  —  Aboù  Sinân  Zaïd 
ben  Sinàn.  —  Solaïmân  ben  Sabil  (?). 

Fol.  ii  v°.  Aboû  Solclïttiân,  père  d'Ahmed  ben  Aboù  So- 
laïmân. —  Aboù  Ahmed  Moùsâ  ben  Djarîr.  —  Aboù  Yâhyâ 
I  lammàd  beh  Yahyà.  —  'Abd  Allah  ben  Rabâh  ben  Yazîd 
El  Làkbmy. 

Fol.  45  r°.  Mohammed  ben  Razîn. 

Fol.  45  y".  Aboû  1  Fadhl  'Abbâs  Es  Sidry.  —  'Isa  ben 
Mohammed  ben  Solaïrtiân  ben  A.boû  1  Mohâdjir. 

Fol.  46  r".   Aboù  Hâtim  Yahyà  ben  Rhâlid  Es  Sahmy(?). 

—  Ahmed  ben  Yahyâ  ben  Mahrân.  —  Sa'îd  ben  Hassan  El 
Barnasy  (El  Bornosy,  El  Barîsy?).  —  Hàroùn  ben  El  Hâsib. 

—  Hâmid  ben  'Omar.  —  R'ânim  ben  Sa'îd.  —  Ismâ'îl  ben 
Nâfil 

Fol.  46  v°.  Ishâq  ben  Holwân.  —  Cho'aïb  ben  Rabâh,  — 
Mohammed  ben  Sa'îd.  —  Aboû  Mohammed  'Abd  Allah  ben 
'Abd  Allah. 

Fol.  47  r°.  Aboû  r  Rabf  El  Lihyâtty.  —  Ahmed  ben 
Moùsâ  Et  Tarsoùsy. 

Fol.  48  y".  Tome  fV  [Tabaqât  de  Mohammed  bett  El 
Hârits  ben  Asad  El  Khochany]. 

Fol.  48  v°.  Mohammed  ben  Sahndûri. 

Fol.  5o  v".  Mohammed  ben  Ibrahim  ben  'Abddûs  Bt 
Ishâq  ben  Ibrahim  ben  'Abdoûs.  —  'Abd  Allah  ben  Sahl  El 
Fbrryyâny(?). 

Fol.  5i  r°.  Yahyâ  ben  'Omar  El  Andalosy. 

Fol.  52  t".  Aboû  1  'Abbâs  'Abd  Allah  ben  Ahmed  ben 
TâUb. 

Fol.  53  v\  Mo'attib  ben  Aboû  l  Azhar.  —  Sort  fils, 
Ahmed  ben  Mo'attib. 

Fol.  53  v'.  Aboû  Dja'far  Ahmed  ben  Aboû  Solaïmân. 

Fbl.  54  r'.  'Abd  Er  Rahmân  ben  'Imrân  el  Molaqqab  bi 
lWarna(l  VVarqa?). 


356  SKPTEMBRE-OCTOliRE  1900. 

Fol.  5A  v".  Habib  Çàbib  madhàlim  Sahnoùn.  —  Aboù 
Sahl  Foràt  ben  Mohammed  El  'Abdy.  —  'Isa  ben  Miskîn. 

Foi.  55  v°.  Djabala  ben  Hammoùd  I*^  Çadaly. 

Fol.  56  r°.  Homaidls  (tic)  El  Qallàn.  —  Abd  El  Djabbàr 
[ben  Khalid]  Es  Sorty. 

Fol.  56  V*.  Aboù  1  Aliwac  [Ahmed  ben  Abd  Allah]  El 
Mota'abbid. 

Fol.  57  v°.  Aboù  'Ayyàch.  —  Solaïmàn  ben  Solaïmân, 
connu  sous  le  nom  d'Ibn  El  Kahhùla.  —  Sa'ld  ben  Moham- 
med El  ijaddàd. 

Fol.  58  v°.  Aboù  'Otsmàn  Sa'ld  ben  Mohammed. 

Fol.  59  r*.  Aboù  Dàwoùd  El  'Attàr  Ahmed  ben  Moù.sà 
ben  l>jaiir. 

Fol.  69  V*.  Ibrahim  ben  'Attàb  El  Khawlàny.  —  Ibrahim 
ben  Libda. 

Fol.  60  r°.  Ahmtid  connu  sous  le  nom  d'Eç  (^wwùi'.  — 
Sa'ld  ben  Ishàq.  —  Ihn  'Alàqa. 

Fol.  60  v'.  llimàs  ben  Marwàn.  —  Sa'ld  connu  sous  le  nom 
de  Mazr'alla. 

Fol.  61  r».  Aboù  Khàlid  VA  Hàly  (?).  —  Ez  Zawàwy.  — 
Mohammed  ben  Zarqoùn  ben  Aboù  Maryam.  —  Aboù  1  Ha- 
san  'Aly  ben  Mohatiimed  ben  Zarqoùn,  son  fils. 

Fol.  6a  r*.  Tome  V. 

Fol.  63  v".  Moùsà  ben  'Abd  Er  Rahmàn  Aboù  1  Aswad, 
connu  sous  le  nom  d'El  Qattân.  —  Abou  DjaTar  Ahmed 
ben  Naçr. 

Foi.  63  r°.  Hasan  ben  El  Bannà'. 

Fol.  6d  r".  Hamdoùn,  connu  sous  le  nom  d'Ibn  Et  Tina. 
—  Aboù  l 'Abbàs  ben  Batriqa  (?).  —  Dahmàn  bcii  Mo'àfà.  — 
'Abd  Allah  ben  EU  Hosain,  connu  sous  le  nom  d'Ibn  El'Abbâdy. 

Fol.  64  V.  Ibn  Er  Rakhma. 

Fol.  65  r°.  Aboù  1  Qâsim  Et  Toùry.  —  Aboù  Moham- 
med ben  Hakmoùn. 

Fol.  65*v*.  Ibn  Aboù  1  Walid  El  Khalib.  —  Aboù  Sa'id 
Mohammed  ben  Mohammed  ben  Sahnoùn.  —  Aboù 'Otsmàn 
El  Khawlànv. 


NOTICE  SUR  UN  MS.  DU  V  SIECLE  DE  L'HEGIRE.     357 

"Fol.  66.  Ahoù  1  R'oçn  el  n'aràbily. 

Fol.  66  v".  Mohammed  ben  Bistâm.  —  Aboù  Dja'far 
Ahmed  [ben  Ahmed]  ben  Ziyâd. 

Fol.  67  r".  Aboù  'Abd  Allah  El  Abrâry  (  Abzâry  ?) ,  connu 
sous  le  nom  d'Edh  Dharîr. 

Fol.  67  v°.  Aboù  'Bakr  Mohammed  ben  Mohammed  ben 
El  Tammàr  (?).  —  Aboù  Dja'far  Ahmed  ben  Mohammed 
ben  'Abd  Er  Rahmàn  El  Baçry.  —  Loqmân  ben  Yoùsof. 

Fol.  68  r".  Ahmed  ben  Moùsa  Et  Tammâr.  —  Aboù  Ishâq 
Ibn  Aboù  Hafç. 

Fol.  68  v°.  Ahmed  ben  Yazîd.  —  Aboù  'Abd  Allah  Mo- 
hammed ben  Aboù  Zahir.  —  Aboù  l  'Arab  Mohammed  ben 
Ahmed  ben  Tamîm.  —  Aboù  'Abd  Allah  Mohammed  ben 
Aboù  1  Mandhoùr  El  Andalosy. 

Fol.  69  r°.  Aboù  'Aly  El  Mançoury  Es  Siràfy  (51c).  — 
Mâlik  ben  '[sa  El  Qafcy. 

Fol.  69  v°.  Aboù  Sa'id,  connu  sous  le  nom  d'El  Wakîl.  — 
Aboù  Bakr,  connu  sous  le  nom  d'El  Wakîl.  —  Aboù  Habib 
Naçr  En  Nosoùry  (51c).  —  Aboù  Dja'far  ben  Khau'oùn. 

Fol.  70  r°.  El  Kabch.  —  Ibrahim  ben  El  Rhachchâb.  — 
Ibn  Aboù  Samdjân  i  sic). 

Fol.  70  v°.  'Abd  Allah  ben  Masroùr,  connu  sous  le  nom 
d'ibn  El  Hadjdjàm.  —  Aboù  Mohammed  El  R'anamy.  — 
Mohammed  ben  Masroùr  El  Bokhàry. 

Fol.  7 1  r".  Sàlim  ben  Himâs  ben  Marwân.  —  'Abd  Allah 
El  Barqy.  —  Mohammed  ben  'Abbâs  En  Nahhàs.  —  'Abbàs 
ben  'Isa ,  connu  sous  le  nom  d'El  Momsy. 

Fol.  7 1  v°.  Rabî'  ben  Solaïmàn  El  Qattân.  —  Des  gens 
de  l'Iraq.  —  Solaïmàn  ben  'Imràn,  surnommé  Kharoùfa. 

Fol.  74  r°.  Tome  VI. 

Fol.  74  v".  Aboù  l 'Abbâs  ben  'Abdoùn  El  Qâdhy. 

Fol.  76  r".  —  Aboù  1  'Abbâs  ben  Zorzor.  —  Hichâm  ben 
E^  'Iràqy. 

Fol.  76  v".  Aboù  1  Minhâl.  —  Qâsim  ben  Aboù  1  Minhâl. 
—  Ibn  'Omaïr.  —  Aboù  Iqâl  Ibn  Er  Ra'nâ. 

■  Fol.  77  r".  Haïtsam,  cadi  de  Tunis —  Aboù  'Iqàl  ben 

vin.  2.1 


358  SEPTEMBRE-OCTOBRE   I90("). 

Djardjar.  —  'Abd  Allah  ben  Hàroùn  l'J  Koùl'y  Es  Souràiy  (  ?  ). 
>->  Abmed  ben  Chaïb. 

Fol.  77  v°.  Mo'ammar  (sic).  —  'Abd  Allah  [ben  'Omar] 
ben  El  Asadjdj  (  Achadjdj  ?).  —  Ahmed  ben  Wahb. 

Fol.  78  r°.  Mohammed  ben  Aswar  (Aswad?),  connnsoui» 
le  nom  d'Eç  Çàdny  (Eç  ÇidnyP).  — •  Ibn  El  Kabr  (tic),  — 
Aboù  Amr  Maïmoùn. 

Fol.  78  v°.  Aboù  Habib,  connu  sous  le  nom  d'Ibn  Habib 
£a  8idry.  —  Aboù'Aly  ben  Ibn  Aboù  1  Minbàl,  neveu  du 
cadi  Ishàq.  —  Ibn  Djhnàl. 

Fol.  79  i*.  Ibn  El  Qalloûyâ  (51c),  —  Aboù  1  'Abbâ»  ben 
El  Qayy&r  (Qtyir).  —  Mol^ammed  ben  Abmed  El  Fàrity, 
connn  um$  le  nom  d'Es  Sailly  (  ?),  —  Yal.)y(i  ben  Mohammed 
hen  Qâdirii.  —  Nomination  dus  gpéuuLATBURS  ex  dks  com- 

TROVBRSISTU,  ORTHODOXBg  OU    NON,  PARMI    LRS  SAVANT!  b'El 

Qaïrawàn. 

Fol.  79  V*.  Moi^mmed  ben  .Naçr  ben  Hadhram.  —  Mo- 
hammed l>en  Sahnoi'in.  —  Aboù  1  Abbàs  Ahd  Allah  hen 
Ahmed  bed  ïàlih.  —  Aboù  'Olsuiàn  Sa'id  hen  Mfihaiiifnod 
ben  El  Haddàd  (qualn^  inadjUs  on  séances  dans  lesquelles 
Aboù  'Otsmàn  discuU;  sur  l'Islam  avec  Aboù  1  'Abb&s  El 
Maliroùm,  frère  d'Aboù  'Abd  Allah  Ech  Chi'y  ec  Çanany). 

FoL  87  r*.  Mohammed  ben  Mahboùb.  —  Aboù  'Abd 
Allah  El  Mahally  (?)  Mohammed  l>en  Aly.  —  Aboù  IbrA- 
hùn  Ishàq  ben  No'mân. 

Fol.  87  v".  Aboù  Bakr  l>en  El  'Amoùry.  —  Ibn  liç  Çab- 
bà'  (Eç  Çabbâr',  E^  Çafla'?).  —  Ibrahim  ben  Mohammed 
Ëç  Çaby,  connu  tous  le  nom  d'ibn  Er  Radoùn. 

Fol.  88  r*.  Aboù  Dja  Tar  Ahmed  ben  Ziyàd. 

Fol.  88  v°.  Aboù  Dja  iar  Ahmed  ben  Moùsâ  Et  Tammâr. 

—  Aboù  1  'Abbât  lien  E»  Sindy  (?).  —  'Aly  ben  Mançoùr. 

—  'Abd  El  Màlik  ben  Mohammed  Edh  Dhabby,  connu  sous 
le  nom  d'Ibn  El  Birdhawn. 

Fol.  89  r'.  'Abbàs  ben  'Isa  El  Momsy.  —  Aboù  Ibrahim 
ben  Aboù  Moslùn. 

Fol.  89  v°.  Nomination  dbs  «pscuLATSUiis  et  dks  contko- 


NOTICE  SUR  UN  MS.  DU  V°  SIÈCLE  DE  L'HÉGIRE.     350 

vÉRSiSTES  [originaires]  DE  l'Irâq.  —  Solaïmân  ben  Aboû 
'Açfoûr,  connu  sous  le  nom  d'Ël  Farrâ.  —  'Abd  Allah  ben 
El  Achadjdj.  —  El  Fazâry. 

Fol.  90  r".  El  'Amachâ  [sic)  Aboû  Ishâq.  —  Ibn  Tafr 
Aboû  1  Fadhl.  —  Mohammed  ben  El  Kola  y.  —  Moham- 
med, surnommé  Es  Sihy  (Ech  Chihh?). 

Fol.  go  v".  1^1  Qamoûdy.  —  Ibn  Aboù  Roûh ,  surnommé 
El  Bar'la.  —  Ahmed  ben  Mohammed,  ronnu  sous  le  nom 
d'Ibn  Chahr.  —  Des  savants  d'El  QaïpawAn  qui  se  ren- 
dirent EN  Orient.  —  Mohammed  ben  Hayyân.  —  Aboû 
Bakr  ben  El  Qamoùdy  (cité  plus  haut).  —  'Aly  ben  Man- 
çoùr  Eç  Çaffâr  (cité  plus  haut).  —  'Abd  El  Mâlik  ben  Mo- 
hammed Edh  Dhabby,  surnommé  El  Birdhawn  (cité  plus 
haut).  —  Ibn  Eç  Çaffà'  (cité  plus  haut). 

Fol.  gi  r°.  Rabî'  ben  Solaïmân  ben  Sâlim,  connu  sous  le 
nom  d'Ibn  El  Kahhâla  (cité  plus  haut.).  —  Des  gens  de 
i/Irâq.  —  Qâsim  ben  Rhallâd  El  Wâsily.  —  Aboù  Rabda  ben 
Khallâd,  cousin  du  précédent.  —  DjaTar  ben  Ahmed  ben 
Wahb.  —  Ahmed  ben  Bahr.  —  Ishâq  ben  Aboû  i  Minhâl.  — 
Ahmed  ben  Mohammed  ben  Chahrain  {sic,  voir  plus  haut). 

Fol.  91  v".  Aboû 'Abd  Allah  El  Kindy,  connu  sous  le  non. 
d'Ibn  El  Laqqâta.  —  Ibn  Salmân  Aboù  Bakr.  —  Moham- 
med, connu  sous  le  nom  d'Ibn  Ghahrâm.  —  Zoràra  ben 
Ahmed.  —  Des  savants  d'El  Qaïrawân  qui  ont  été  mis  à 

LA   TORTURE  PAR    ORDRE    DU    GOUVERNEMENT.    El    Balîloùl 

ben  Rachid.  —  Ibn  Aboù  1  Djawàd. 

Fol.  92  r°.  Sahnoùn  ben  Sa'id.  —  Mohammed  ben  Sah- 
noûn.  —  Forât  ben  Mohammed  El 'Idy.  — 'Abd  Allah  ben 
Ahmed  ben  ïâlib.  —  Yahyâ  ben  'Omar. 

Fol.  93  v".  Ahmed  ben  Mo'attib.  —  Ibrahim  Ed  Dama- 
ny  [sic).  —  Al^med  ben  'Abdoùn  El  Asady  El  Qaççâr.  — 
Ibn  El  Madàïny.  —  Aboù  1  Qâsim  ben  Yahrata  [sic).  — 
Hasan  ben  El  Bannâ.  —  Moùsà  ben  El  Qallàn.  —  Ibrahim 
ben  'Attâb.  —  Aboù  1  Qâsim  ben  El  'Poùry.  —  Ibràhimb  en  El 
Birdhawn.  —  Aboù  1  Qâsim  Mawlâ  Chahryva  et  'Aly  Es  Sidry . 

Fol.  90  r".  Ahmed  ben  Ziyàd.  —  Ahmed  ben  Naçr. 


360  SEPTEMBRE-OCTOBRE   1906. 

Fol  93  v°.  Ibn  El  Labbàd.  —  .llnued  ben  Moùsà  et 
Tainmàr,  et  son  frère  Mohainrned.  —  ' Aroùs.  —  Ibn  Mo'at- 
lib.  —  Aboù  1  Abbàs  ben  Et  Tastoûry.  —  Aboû  Dja'far  ben 
Kbaïroùn.  —  Ibn  Aly  ben  Ibn  Aboù  i  Minhàl. 

Fol,  94  1".  Noms  des  cadis  d'El  Qairawvn.  —  'Abd  Er 
Ral.imân  ben  Ràfi'.  —  Abd  .\llah  ben  El  Mor'aira  ben  Aboù 
Borda  El  Qorachv.  —  Ya/.id  ben  El  'rofaïl  yi^>-M  (sjc).  — 
'Abd  ErRabmànbenZijàd  ben  An'ani. —  Màti'  ben  'Abd  Er 
Habmàn  Er  Ho'ainy.  —  Aboù  Karib  AJmI  Er  Kal.imàn  ben 
Karib  El  Baçr).  —  'Alxi  Allali  ben  Farroùkb.  —  'Abd 
Allah  ben  'Omar  ben  R'àniin  Er  Ro'aïn) .  —  Asad  ben  El  Forât 
en  menu-  temps  ^u'Abuù  Mol.iri/.  —  Ahmed  ben  Aboù  Mohriz. 

Fol.  94  v".  Ibn  Aboù  1  Djawàd.  —  Sahnoùn  ben  Sa'ld. 

—  Solaïinàn  ben  'Imràn ,  surnommé  Kharoùfa.  —  'Abd  Allah 
ben  'lalib.  —  Ibrahim  ben  Ahmed.  —  Aboùl  'Abbàs  Mo- 
hammed ben  'Abdoùn  ben  Aboù  Tsawr. 

Fol.  96  r*.  'Abd  Allah  ben  Hàroùn  Es  Soùdàn>  [sic).  — 
'Isa  ben  Miskin.  —  Eç  Çadaqy  (  5ic-)  Mohammed  ben  Aswad. 

—  Himàs  (Khauim/is  sic)  ben  Marwnn.  —  Ibn  Djimàl.  — 
Ibrahim  ben  El  Khachchàb.  —  Mohammed  ben  'Omar  El 
Moroùry  (El  Marwazy  i*).  —  Mohammed  ben  El  Mal.ifoùdh.  — 
Ishàq  ben  Aboù  1  Mitihàl.  —  Mohammed  ben  'Imràn.  —  Uhàq 
ben  Aboù  l  Miiiliùl  (une  seconde  fois).  —  Ahmed  ben  Bahr. 

Fol.  95  v".   Blanc. 

Fol.  96  r*.  Tome  VII  (par  Aboù  l 'Arab  Mohammed  ben 
Ahmed  ben  Tamin  Et  Tamlmy). 

Fol.  96  v°.  Savants  de  Tunis. 

Fol.  98  r".  Khàlid  ben  Aboù  'Imràn  Et  Todjiby. 

Fol.  98  v°.  'Amr  ben  Râchid  El  Kinàn).  —  Ibn  Aboù 
Karlma. 

Fol.  99  r".   Aboù  Karib  El  Baçr\  {El  Micry?). 

Fol.    100  r*.  'Aly  ben  Ziyàd. 

Fol.  101  V*.  Aboù  Mas'oùd  ben  Achras.  —  'Abbàs  ben 
El  Walid  El  Fàrisy. 

Fol.  103  r*.  Hichàm  ben  El  Khalil. 

Fol.  10?  V*.  Zaïd  ben  Bichr. 


TRADITIONS  AH  ARES  AU  PAYS  DE  MOAFî  301 

TRADITIONS  ARABES 

AU  PAYS  DE  MOAB, 

PAR 

M.  CLERMONT-GANNEAU. 


Le  P.  Jaussen  a  entrepris  depuis  quelque  temps 
et  poursuit  avec  un  zèle  louable  d'intéressantes  études 
sur  le  folk-lore  des  Arabes,  tant  nomades  que  séden- 
taires, de  la  Balqâ,  l'ancien  pays  de  Moab.  Me 
sera-t-il  permis  de  rappeler  à  ce  propos  que  ce  nom 
même  de  la  Balqâ ,  JJXi ,  comme  je  l'ai  montré  il  y 
a  bien  des  années  ^  nous  offre  un  des  exemples  les 
plus  frappants  de  la  continuité  et  de  la  haute  anti- 
quité de  la  tradition  arabe  locale?  11  représente  en 
eflet,  par  choroprosopopée,  celui  du  fameux  Balaq 
biblique,  p'?3,  l'un  des  anciens  rois  de  Moab.  Rien 
donc  d'étonnant  si  les  habitants  de  cette  région ,  qui 
ont  si  fidèlement  gardé  ce  nom  révélateur,  ont  gardé 
en  même  temps  mainte  survivance  d'un  passé  dont 
ils  sont  en  grande  partie  les  héritiers  ethniques. 

Le  P.  Jaussen  s'occupe  spécialement  cette  fois  -  de 
leurs  curieuses  croyances  et  pratiques  relatives  à  la 

'    /?ei'(ie  archéolofjiffue ,   1877,   p.    193-199  :  Gomorrhe .   Si'fjor  et 
les  filles  de  Lot. 

'   llevue  Biblùfue ,  iQofi,  p.  ôyd-SSa; 


3«î  SEPTEMBRE-OCTOBRE  1906. 

pluie.  Il  a  noté  avec  beaucoup  de  soin  les  diverses 
app<'llations  sous  lesquelles,  dans  la  Balqà,  on  dé- 
signe les  pluies,  ielon  les  époqiJe»  de  l'année  où 
elles  tombent  assez  régulièrement.  Mais  il  ne  semble 
pas  s'être  aperçU  ^e  presque  toutes  ces  appellations 
sont  d'orijrine  astronomique  et  ont  des  significations 
beaucoup  plus  précises  que  celles  qu'il  essaie  de 
tirer  de  divers  rapprochements  philologiques  vagues 
et  contestables.  C'est  ce  qui  me  pafait  clairement 
ressortir  des  exemples  suivants  : 

El-malat  eth-theriâoui ,  traduit  pai*  «  la  pluie  abon- 
dante», est  en  réalité  la  pluie  des  Pléiades  (Çycii, 
Eth-Thouraiyâ). 

^*>Jt  »>jum,  nom  transcrit  et  traduit  d'une  façon 
quelque  peu  surprenante  par  «  le  secours  de  là  peste  » , 
n'est  autre  que  ^'«xJl  *Xju».  ,  Sad  edh-dhâheh ,  nom  des 
deux  étoiles  brillantes  sur  la  corne  gauche  du  Capri- 
corne. 

La  pluie  dite  el-djaazah  n'a  rien  k  voir  avec  le 
mot  à^jiA.  djaazii  «  coup  n  boire  »  du  proverbe  cité 
d'après  le  Lisân.  C«>  nom  nous  cache  celui,  soit  des 
Gémeaux,  soit  d'Ônon  (*'ji>4^,  El-Djauzâ). 

La  pluie  de  ech-charâ ,  c'est  tout  simplement  la 

pluie  de  Sirias  ou  du  Chien  (t^yfcû,  Chirâ). 

La  pluie  de  es-semâk  (prononcé  à  la  bédouine 
scmach,  ou  mieux  sémâtch),  c'est  la  pluie,  soit  des 
Poissons  yEs-Sémélié),  soit  plutôt  de  YÉpi  ou  bien 
d'Arcturas  (^yi  tiiUJt,  Es-Sémâk  er-raméh). 

Je  ne  me  charge  pas  de  rechercher  jusqu'à  quel 


TRADITIONS  ARABES  AU  PAYS  DE  MOAB.        363 

point  ces  dénominations,  dont  l'identité  absolue  est 
elle-même  sujette  à  caution ,  mais  dont  la  natute 
astronomique  n'est  pas  niable,  correspondent  aux 
aspects  réels  du  ciel  étoile  selon  les  divers  moments 
de  l'année.  Il  est  possible  qu'elles  aient  été  conser- 
vées ou  acquises  par  simple  tradition.  Nos  Bédouins 
actuels  ne  doivent  guère  se  livrer  aux  observations 
astronomiques,  si  rudimentaires  soient-elles \  que 
Ces  noms  supposent  à  l'origine.  Ils  ont  pu  oublier 
celles-ci,  peut-être  même  embrotiilier  les  données 
sur  lesquelles  elles  reposaient  ;  et  c'est  pourquoi ,  en 
ayant  perdu  eux-mêmes  la  trace,  ils  n'ont  pas  su 
mettre  le  P.  Jaussen  sur  la  bonne  voie  étymologique. 
Cette  oblitération  même  ne  rend  que  plus  inté- 

^  Je  crois  toutefois  me  rappeler,  en  consultant  des  souvenirs 
déjà  bien  lointains,  que  les  Bédouins,  ou  du  moins  certains  d'entre 
eux,  savent  encore  distinguer  et  dénommer  quelques  étoiles  ou 
groupes  d'étoiles.  Pour  les  fellahs  cis-jordaniens,  la  chose  est  hors 
de  doute;  cf.  la  liste  relevée  par  M.  Baldensperger  (Pal.  Expl.  F. 
Quart.  Stat..  iSgS,  p.  3ii).  Seulement  quelques  erreurs  se  sont 
glissées  dans  cette  liste,  d'ailleurs  fort  instructive.  Par  exemple, 
le  nom  de  la  Voie  Lactée  :  *3LjâJl  libys  tafeck  i-tabànèt.  doit  être 
corrigé  en  iULxJ)  ^a^  tarttj  ét-tabbânè  «le  chemin  des  marchauds 
de  paille».  Ce  curieux  nom,  équivalent  littéral  de  celui  que  les 
Persans  donnent  à  la  Voie  Lactée  :  rehi  keh-kechân ,  provient  d'une 
vieille  légende  très  répandue  dans  tout  l'Orient  (cf.  syriaque, 
hébi'eu  post-biblique ,  turc ,  arménien ,  etc.  ) ,  qui  a  son  écho  même 
en  Occident  [Mehlweif ,  Miihlenweg]. 

Je  note  dans  cette  même  liste  le  nom  de  Htirebf  èl  Thuteiyah , 
L;«±Jl  ub-jfc.,  donné  par  les  fellahs  au  Cocher  (?).  Le  premier  mot 
aurait-il  quelque  rapport  avfec  celui  de  la  pluie  de  èï-'aH/"  ( (Jl^yjJl  ) 
qui,  daris  l'exposé  dU  P.  Jaussen,  précède  la  pluie  Eth-therajâoui 
{=  des  Pléiades)?  On  sait  que,  dans  certains  dialectes  bëdotiidS  et 
fellahs,  le  lia  et  le  'ain  sont  susceptibles  de  s'échaùger. 


36/1  SEPTEMBRE-OCTOBRE    1906. 

ressaut  le  fait  que  je  signale.  Elle  nous  montre,  en 
effet ,  que  cette  conception  est  proprement  utie  sur- 
vivance ,  nous  reportant  à  une  époque  et  dans  un 
milieu  plus  anciens.  Je  ferai  remarquer,  à  fappui 
(le  cette  conclusion,  que  quelques-uns  de  ces  asté- 
rismes  (par  exemple  les  Pléiades  etSirius),  étaient, 
et  cela  sous  les  mêmes  noms  quils  portent  encore 
aujourd'hui,  l'objet  d'un  culte  chez  les  Arabes  anté- 
islamiques'.  D'ailleurs  nous  savons,  par  des  rensei- 
gnements formels,  que  ces  Arabes,  adonnés  aux 
croyances  dites  sabéennes,  attachaient  une  impor- 
tance particulière  à  la  position  de  certaines  étoiles, 
comme  annonçant  les  époques  des  pluies.  Témoin, 
par  exemple ,  le  passage  d'Aboul-Féda  ^  : 

Ils  attiilmaiont  aux  coïncidenres  d'«Hniles  [anoiiâ)  des 
mansions  [menâzU)  la  même  infliionce  que  celle  attribuée 
aux  planètes  par  les  astrologues,  y  subordonnant  tous  leurs 
actes  et  disant  :  notre  pluie  dépend  da  lever  ou  du  coucher  de 
telle  ou  telle  étoile  (t  JO  j,^  ^r^^)  *• 

Cette  préoccupation  spéciale  s'explique  sans  peine, 
car  la  pluie  a  toujours  été  et  est  encore  la  grande 
affaire  des  nomades  du  désert.  C'est  d'elle  que  dépend 
leur  vie  même. 

C'est  au  même  ordre  d'idées  que  doit,  je  pense,  se 
rapporter  la  notion  des  ■  jours  de  la  vieille  » ,  notion 

*  Cf.  entre  autres  KaEHL,  Leber  die  Religion  der  voritl.  Artiher. 
p.  a4,  3  5. 

'  Hist.  anteisL,  éd.  Fleischer,  p.  i8o. 

*  Cette  idée  est  teliement  entrée  dans  Tesprit  populaire  que  ce 
mot  »yj  a  Gni  par  se  fixer  au  sens  de  «orage*  qu'il  a  couramment 
sn  arabe  vulgairei 


TRADITIONS  ARABES  AU  PAYS  DE  MOAB.  :i05 

qu'on  retrouve ,  d'ailieurs ,  appliquée  à  une  autre  pé- 
^ode  de  l'année,  chez  plusieurs  peuples  du  bassin 
6e  la  Méditerranée.  La  «vieille»  [El-'^Adjouz),  c'est 
l'année  touchant  à  sa  fin.  Dans  la  singulière  légende 
rapportée  par  le  P.  Jaussen,  où  le  mois  de  Chebât 
demande  au  mois  de  Edâr  de  lui  prêter  trois  jours 
«  pour  aller  chercher  la  pluie  »,  il  y  a  une  allusion  évi- 
dente aux  vingt-huit  jours  de  Février  [Chehdt]  suivis 
des  trente  et  un  jours  de  Mars  [Edâr),  mois  de 
l'équinoxè  vernal  où  commençait  l'année  solaire  des 
anciens  Anbes  (3i  —28  =  3).  Elle  implique  l'usage 
du  calendrier  julien  et  semble  s'être  formée  dans 
un  milieu  clirétien.  Je  crois  bien,  du  reste,  favoir 
déjà  rencontrée  ailleurs,  mais  sans  pouvoir  pour  le 
moment  préciser  autrement  cette  réminiscence. 

Pour  provoqmr  la  chute  delà  pluie,  les  femmes 
bédouines  fabriquent  à  l'aide  de  deux  bâtons  en 
croix  une  sorte  de  mannequin ,  qu'elles  habillent  de 
liches  vêtements  de  f«mme,  et  promènent  procession- 
nellement  avec  accompagnement  de  chansons  appro- 
priées ;  le  tout  se  termiae  par  des  sacrifices  sanglants 
qui  marquent  bien  le  caractère  religieux  de  la  céré- 
monie et  partant  le  caractère  divin  de  l'effigie  qui 
en  est  l'objet. 

Le  P.  Jaussen  donne  le  texte  arabe  d'une  de  ces 
chansons.  Celui-ci  ne  manque  pas  d'intérêt;  mais  il  en 
aurait  davantage  s'il  était  accompagné  d'une  notation 
phonétique.  Dans  les  vers  cités  ^ ,  si  l'on  peut  appeler 

'  «Elle  est  partie,  la  mère  de  la  plaie,  pour  amener  les  zélâzel; 
quand  elle  revient <  les  semences  sont  hautes  comme  les  sénâseL» 


36C  SEPTEMBRE-OCTOBKi:   1900. 

ceia  des  vers,  je  soupçonne  zélâzel  et  sénâsel  d'être 
deux  altérations  divergentes  (5«=  2  et  /  ■**«  n) ,  d'origine 
vulgaire,  d'un  mémp  mot  sur  lequel  on  jolie,  le  mJt 
sélâsel ,  pluriel  de  selsélé ,  qui  a  les  deui  acceptio  is , 
parfaitement  en  situation  ici  :  1'  zigzag  de  l'éc/air; 
a"  réseau  des  petits  murs  séparant  les  champf>>  Ces 
arcoptions  dérivent,  par  unt'  évolution  s/'mî'nticjue 
facile  à  saisir,  du  sens  primitif  de  aJLJu,  piur. 
Jum^Lm,  «  chaîne  ». 

La  prononciation  du  qâf*^dj  dans  la  yhonétique 
bédouine,  prononciation  sur  laquelle  insiste  le 
P.  Jaussen  ^  n'est  pas  un  fait  nouveaii<  Elle  a  été 
observée  et  signalée  il  y  a  longtemps;  cf.  les  re»- 
marques  que  j'ai  faites  à  ce  sujet  dans  .'nés  Archaeolog. 
Researches,  t.  II,  p.  ^'6,  et  aussi  c&les  que  j'ai  con- 
signées dans  la  Berne  firiticfue  {22  juillet  i8'76, 
p.  5 1  )  sur  la  (juintiiple  prononciation  dont  cette  l^tre 
est  susceptible  dans  les  divers  dialectes  arabes  (9»  jf, 
djf  k,  '  [hamza]).  Si  l'on  y  ajoute  les  équivalences 
dûment  constatées  par  l'épigraphie  :  p  =  y  =  s  (*"(J^)  » 
à  un  stade  plus  ancien  des  langues  sémitiques 
(  branche  araméenne  ) ,  on  voit  que  cette  lettre  est  celle 
(jui  représente  les  plus  grtndes  variation»,  puisque, 
lout  compte  fait ,  elle  correspond ,  ou  a  correspondu 
à  8  articulations  ou  signfs  différents. 

On  donne  à  ce  mannequin  habillé  en  femme  le 
nom  de  Oumm  el-Gheiih  «  la  mère  de  la  pluie  » ,  ou 
encore,  paraît-il,  de  jj^jr*  Uu^.  Ce  dernier  nom 

■  A  propos  de  fA^  =  ji*Jv.  «coule  à  pleins  bords  »   (en   ravi- 
nant les  berges]. 


TRADITIONS  \RABES  AU  PAYS  DR  MOAH,         367 

est  bixaiTe,  s'il  a  réellement,  comme  le  dit  le 
P.  Jaussen,  la  signification  de  «moitié  de  fiancée». 
Je  me  demande  si  le  premier  mot  ne  devrait  pas  être 
plutôt  rattaché  à  certaines  acceptions  de  la  racine 
Uuaj  (ii%  v"  et  viii*  formes)  concernant  la  prise  de 
voile  de  la  jeune  fille  nubile.  Ce  voile  s'appelle  uju^ai. 
Ne  setait-ce  pas  ce  mot  même  qui  a  été  perçu  et 
transcrit  »,*À*a)?  lie  sens  serait  alors  «  voile  de  fiancée  », 
Ce  sens ,  en  soi  plus  compréhensible ,  serait  d'autant 
mieux  en  situation  que,  de  la  description,  un  peu 
llottante  il  est  vrai,  du  P.  Jaussen,  il  semble  résulter 
que  c'est  au  moment  oii  on  la  recouvre  d'un  «  grand 
voile  blanc  » ,  qu'on  donne  ce  nom  à  la  «  fiancée  »  ^ 
en  effigie ,  «  parce  que ,  disent  les  Bédouins ,  elle  en 
porte  les  habits  ». 

La  structure  tout  à  fait  élémentaire  de  ce  manne- 
quin rituel ,  affublé  d'un  costume  féminin ,  pourrait 
faire  songer  à  cette  maquette  informe  où  l'on  a  sou- 
vent proposé  de  reconnaître  l'image  primitive  de  la 
déesse  Tanit,  la  Caelestis  carthaginoise.  Or,  en  cette 
dernière  qualité ,  Tanit  devait  être ,  elle  aussi ,  la  mai- 


'  Le  P.  Jaussen  fait  à  ce  propos  bonne  justice  du  prétendu  rtom 
'Aroûs  Allah,  «la  fiancée  d'4//a/i»,  qui  serait  donné  à  cette  efiBgie 
sacrée,  et  autour  duquel  certains  exégètes  aventureux  ont  mené 
gratid  liruit.  C'est  Curtiss  qui  a  mis  en  circulatioil  ce  renseigne- 
ment absolument  fantaisiste,  dans  l'ouvrage  un  peu  surfait  (£/r- 
semitische  Religion ,  p.  1 1 9  ) ,  où  il  n'a  fait  que  suivre  une  Voie 
ouverte  autrefois  par  moi  [La  Palestine  inconnue  ,  1876) ,  mais  sans 
avoir  une  préparation  suffisante,  et  en  négligeant  trop  souvent  les 
précautions  qtie  j'avais  expressément  recommandées  à  ceux  qui 
voudraient  m'y  suivre. 


368  SEPTEMBRE-OCTOBUE   1906. 

tresse  de  la  pluie'.  Avec  un  peu  de  bonne  volonté, 
on  pourrait  y  voir  une  carcasse  du  même  genre, 
drapée  dans  le  voile  sacré.  Mais  je  n'insiste  pas  sur 
ces  analogies  lointaines,  d'autant  moins  que  nous 
sommes  encore  très  insuflisamment  renseignés  sur 
la  signification  réelle  du  dit  symbole  punique. 

Un  rapprochement  plus  topique  pourrait  êtn*  fait 
avec  une  édiliante  tradition  -  que  les  vieux  auteurs 
arabes  nous  ont  conservée  à  propos  de  Tidoie  du 
dieu  Hobal,  adorée  avant  l'Islamisme  justement  dans 
notre  pays  de  la  Balqà.  '.Amr,  fils  de  Loliayi,  roi  du 
Hedjàz  et  maître  de  J^a  Mecque  vers  le  m'  siècle  de 
notre  ère,  ayant  eu,  au  cours  d'un  voyage  dans  la 
Balqà,  l'occasion  de  voir  le  culte  que  les  habitants 
rendaient  à  leurs  idoles,  les  interrogea  à  ce  sujet.  Ils 
lui  répondirent  que  ces  idoles  étaient  celles  de  leurs 
dieux,  faites  à  l'image  des  corps  célestes  et  des  formes 
humaines,  et  qu'ils  les  invoquaient  avec  un  succès 
infaillible  pour  en  obtenir  l'assistance  et  la  pluir. 
Sur  la  prière  de  'Anir,  très  désireux  de  s'assurer 
pareil  avantage,  ils  lui  donnèrent  l'idole  du  dieu 
Hobal  ^.  'Amr  l'installa  dans  le  sanctuaire  de  la  Ka'aba 

'  lista    ipsa    Virgo   Caelestis   pluviaram    pollicitatriz. >    (Tbr- 

TDLLIS!i,  Apolog.  .    5  3.) 

*  On  en  trouvera  le  résumé ,  avec  référeDces  aux  sources ,  dans 
Frbytag,  Einleitung  in  dos  Sludium  der  Arab.  Spr. ,  p.  342-344; 
cP.  aussi  Krshl,  op.  cit..  p.  37,  et  particulièrement  la  relation 
crAboui-Féda  (op.  cit..  p.  i36),  d'après  Cliahreslàni. 

^  Des  auteurs  arabes  nous  ont  laissé  de  curieuses  descriptions 
de  cette  idole  en  pierre  rouge,  à  laquelle  il  manquait  un  bras, 
quelque  vieille  statue  anthropomorphe,  d'exécution  hellénique  pro- 
bablement. Les  païens  de  la  Balqù  ont  dû  céder  à  bon  compte  ce 


TRADITIONS  ARABES  AU  PAYS  DE  MOAB.         369 

OÙ  elle  demeura  jusqu'à  l'Islam,  aux  côtés  de  deux 
autres  idoles,  celle  de  Asâf  ou  Isâl  et  celle  de  Nâïla, 
rapportées  peut-être  de  la  même  région  ^  comme 
celle  de  Manât. 

On  voit  par  là  que  la  Oiimm  el-Gheitk ,  «  la  mère 
de  la  pluie  »  des  populations  actuelles  de  la  BalqA , 
a  de  qui  tenir.  Héritière  d'une  des  prérogatives  les 
plus  spécifiques  de  Hobal  et  consorts,  elle  nous 
a  peut-être  conservé  en  partie,  dans  les  pratiques 
populaires  dont  elle  est  encore  aujourd'hui  l'objet, 
quelques-uns  des  rites  antiques  et  solennels,  selon 
lesquels  on  invoquait  jadis  ces  tout  puissants  dis- 
pensateurs de  la  pluie,  source  de  l'abondance  et  de 
la  prospérité. 

(Jicu  d'occasion,  que  sa  mutilation  même  avait  peul-ètre  fait  mettre 
au  rancart. 

'  Ces  transferts  de  divinités,  c'est-à-dire  de  leurs  simulacres, 
d'un  pays  à  l'autre  étaient  chose  fréquente  dans  l'antiquité.  Pour 
m'en  tenir  à  la  région  qui  nous  occupe,  je  me  bornerai  à  rappeler 
l'instructive  inscription  grecque  de  Odrouh  [Rec.  d'Arcli.  orient., 
IV,  1 14),  oii  il  est  question  de  dieux  amenés  de  l'étranger  à  Pclra 
[Seoî;  tdïi  xaTayoyLévois  é|  yai'ns  àXXoSaitrjs  êvOa  eîs  YléTpav).  Or, 
celte  inscription  peut  parfaitement  être,  à  peu  de  clioseprès,  con- 
temporaine de  l'importateur  d'idoles,  le  Mecquois  'Amr,  fils  de 
Lohayi. 


NOUVELLES  ET  MÉLANGES.  371 


NOUVELLES  ET  MÉLANGES. 


NOTES  DE  LSMCOGRiPUIE  HEBRAÏQUE. 


L  Les  deux  termes  d'agriculture  :  'jy^  et  Vdid  • 

Le  mot  hébreu  ")y^  est  traduit  par  tous  les  leidcographes , 
commentateurs  et  traducteurs  modernes  que  j'ai  consultés 
ipar  forêt,  bois,  ou  autres  mots  analogues,  et  le  mot  7D")D 
par  plantation  d'arbres,  verger,  jardin.  Un  examen  attentif  des 
textes  bibliques  me  fait  croire  que  ces  traductions  doivent 
être  rectifiées.  Le  mot  karmel  ne  signifie  jamais,  dans  la 
Bible ,  jardin  ou  verger,  mais  bien  champs  cultivés  (  en  cé- 
réales), et  inversement  ya'ar,  qui  désigne  un  terrain  planté 
d'arbres  quelconques,  et  qui  désigne  souvent,  en  fait,  un 
bois,  une ^rè/,  s'emploie  aussi  dans  des  cas  assez  nombreux 
(au  moins  six) ,  pour  désigner  une  plantation  d'arbres  fruitiers, 
un  verger,  de  sorte  que,  dans  ces  cas,  la  traduction  courante 
forêt,  bois,  est  fautive  La  simple  comparaison  des  textes, 
traduits  en  donnant  aux  mots  en  question  la  nuance  que 
j'estime  exacte,  fera,  je  l'espère,  Ja  lumière  sur  ces  deux 
points  de  lexicographie  hébraïque. 

Examinons  d'abord  les  textes  qui ,  opposant  ya'ar  à  karmel, 
nous  renseigneront  à  la  fois  sur  le  sens  des  deu$  mots. 

Isaïe,  X,  18-19,  décrivant  la  riîine  des  campagnes  d'Assur, 
dit  : 

Et  la  gloire  de  ses  vergers  et  de  ses  champs 

sera  ruinée  de  fond  en  comble. . , 
Les  arbres  qui  resteront  des  vergers  seront  en  petit  nombre  ; 

un  enfant  pourra  les  compter  ' . 

^  Pour  les  textes  d'Isaïe,  j'ai  utilisé  la  remarquable  traduction  du 


372  SEPTEMBRE-OCTOBRE    1906. 

Les  terrains  cultivés  se  divisent  naturellement  en  deux  ca- 
tégories :  les  terrains  plantes  d'arbres  et  les  champs  ense- 
mencés. C'est  la  division  que  nous  avons  ici.  Etant  donné 
qu'il  s'agit  de  l'Assyrie,  le  ydar  pourrait  bien,  oonmie  dans 
1$.,  XXI,  i3  ',  désigner  surtout  les  palmeraies.  Le  mot  karmel 
désigne,  au  contraire,  les  champs  de  céréales. 

Dans  h. ,  XXXII ,  1 5 ,  nous  voyons  le  ydar  opposé  au  karmel, 
cl  celui-ci  au  IDlC.  Le  prophète  dit  les  changements  mer- 
veilleux que  Dieu  produira  dans  le  pays  de  Juda  : 

Jusqu'à  r*'  que  sur  nous  soit  répandu 

l'esprit  d'eu  haut; 
Et  alors,  la  sl(*p|te  se  changera  en  chanifu  [de  réréalus) 

et  les  champs  en  vergers. 

Comme  il  s'agit  d'une  bénédiction ,  il  faut  nécessairement 
adiuellre  que  le  ya'uv  l'emporte  sur  le  karmel,  conmie  le 
karmel  l'emporte  sur  la  steppe,  lacjuelle  peut  tout  au  plus  ser- 
vir de  pâturage.  Ydar  ne  peut  donc  pas  désigner  ici  une  fo- 
rêt. Au  contraire  le  sens  de  verger  est  excellent  :  un  verger 
rapporte  plus,  en  effet,  qu'un  terrain  planté  en  céréales. 
D'après  L.  Andehlind  {Zeitschrift  d.  deiilsch.  Pal.  Vereins,  IX, 
54),  en  i884,  aune  heure  environ  de  Damas,  le  feddan  de 
terre  planté  en  mischmisch  (abricotiers)  valait  environ 
i46o  marks,  le  feddan  planté  en  oliviers,  a  190  marks,  tan- 
dis que  le  terrain  sans  arbres  coûtait  seulement  ySo  marks. 

Le  passage  analogue  h.,  xxix,  17,  où  il  s'agit  également 
de  bénédictions  pour  le  pays  de  Juda ,  porte  ]123  7  au  lieu  de 

131!:. 

Oui,  encore  un  peu  de  temps, 

et  le  Liban  sera  changé  en  champs  (  de  céréales  ) , 
et  les  champs  en  rrrgers. 

Père  A.  Condamin  :  Le  Livre  ^ Isole,  traduction  critique  avec  notes 
et  commentaires.  Paris  (Lecoffire),  igo5. 

'  Dans  cet  «oracle  sur  l'Arabie»,  Isaïe  semble  bien  entendre  par 
ya'ar  les  oasis  dn  désert,  lesquelles  sont,  on  le  sait,  plantées  prin- 
cipalement de  palmiers.  Je  traduirais  donc  :  «Dans  une  palmeraie, 
an  milieu  du  désert,  passe/,  la  nuit,  caravanes  de  Dédan.  • 


NOUVELLES  ET  MÉLANGES.       373 

Comme  il  s'agit  de  Juda ,  le  Liban  ne  peut  pas ,  ici ,  désigner 
la  grande  chaîne  de  montagnes  qui,  au  Sud,  commence  à  la 
hauteur  de  Tyr  ' ,  L'auteur  vise  sans  doute  les  montagnes  de 
Juda  qui  fournissaient  des  pâturages  aux  troupeaux.  Nous 
avons  donc  ici  la  même  progression  que  dans  Is. .  xxix,  1 7  : 
pâturages,  champs  de  céréales,  vergers. 

Michéej  VII,  i4,  prie  pour  que  le  peuple,  figuré  par  un 
troupeau,  paisse  les  pâturages  d'autrefois.  L'allégorie,  comme 
il  arrive  souvent ,  n'est  pas  poussée  avec  une  logique  parfaite, 
et  le  poète  emploie  des  mots  qui  conviennent  à  un  peuple , 
mais  non  à  un  troupeau  :  tels  sont  les  mots  j«ar  et  karmel: 

Pais  ton  peuple  avec  ton  sceptre,  le  troupeau  ton  héritage; 

'  qu'ils  '  habitent  ^,  indépendants  ^,  dans  les  vergers  et  dans  les  champs  ; 

qu'ils  paissent  en  Basan  et  en  Galaad  comme  aux  jours  d'autrefois. 

Dans  II  Rois,  xix,  28  {—Is.,  xxxvii ,  ad),  le  génitif 
1 7D^D  ")y^ ,  quel  que  soit  le  sens  que  l'on  donne  à  chacun  des 
deux  mots,  est  étrange.  Je  croirais  volontiers  qu'il  faut  lire  : 
1?D1D1  ny,  exactement  comme  Is.,  x,  18  :  «ses  vergers  et 
ses  champs  v. 

Voici  maintenant  des  textes  concernant  le  seul  mot  karmel  : 
Is.,  XVI,  10.  — Le  prophète  prédit  un  désastre  pour  Moab; 

*  pj37  désigne  encore  les  montagnes  deChanaan,  probablement 
envisagées  aussi  comme  pâturages  dans  les  passages  suivants  :  Is. , 
xxxm,  9  (avec  Saron,  Basan,  Carmel);  xxxv,  2  (avec  Carmel  etSa- 
ron);  Nah..  I,  4  (avec  Basan  et  Carmel).  Is..  xl,  16  attribue  au 
Liban  à  la  fois  des  forêts  et  des  pâturages. 

^  Je  lis  1J32^^  au  futur  impératif,  comme  T2?")i.  Toute  la 
phrase ,  en  efifet ,  est  une  prière. 

^  T13  ou  ^^^7  ne  signifie  pas  en  sécurité,  comme  on  traduit  or- 
dinairement, mais  bien  en  ijoZement,  c'est-à-dire,  quand  il  s'agit  d'un 
peuple,  en  isolement  par  rapport  aux  nations  voisines,  en  indé- 
pendance. Tel  est  le  sens  dans  Dent.,  xxxni,  28  (Israël),  Nombres. 
XXIII,  9  (Israël),  P*.  iv,  9  (Israël),  Jer..  xlix,  3i  (le  peuple  de 
Cédar  vivant  dans  le  désert). 

VIII.  3  5 


374  SEPTEMBRE. OCTOBRE  1906. 

il  pleure  (v.  9)  sur  la  inoi&son  (V^)  et  sur  la  vendange',  et 
ii  ajoute  : 

10.  Plus  de  joie,  plus  d'allégresse  dans  les  ckampt: 

dans  les  vignes ,  plus  de  chants,  plus  de  cris  joyeux. 

Le  ÂrarmW répond  évidemment  à  y>p  (moisson  d'^té:  orge, 
blé  )  et  les  vignes  à  la  vendange. 

Dans  le  passage  parallèle  de  la  prophétie  contre  Moab 
{J&.,  xi.viii,  35),  karmel  a  natareliement  ce  même  sens  de 
champs  (de  céréales). 

Nous  trouvons  encore  l'opposition  entre  le  karmel  et  les 
vignobles  dans  11  ('hr.,  xxvi,  10  :  «(Ozias)  bâtit  des  tours 
dans  le  désert  et  il  creusa  beaucoup  de  citernes,  parce  qu'il 
avait  de  nombreux  troupeaux  dans  la  Sheféia  et  dans  le 
Mishor,  des  laboureurs  et  des  vignerons  dans  les  montagnes 
et  dans  les  champs.  ■  La  déposition  des  mots,  dans  le  dernier 
membre  de  phrase,  est  celle  de  la  figure  dite  chiasmus,  fré- 
quente en  hébreu;  les  deux  termes  extrêmes  vont  ensemble 
(laboureurs  et  champs),  et  les  deux  du  milieu  ensemble 
(vignerons  et  montagnes).  L'opposition  entre  karmel  ei  mon- 
tagnes est  justifiée  par  le  fait  qu'en  Palestine ,  les  plaines  sont 
plutôt  cultivées  en  céréales,  tandis  que  les  vignes  sont  plan- 
tées de  préférence  sur  les  hauteurs.  Voici  à  titre  de  curio- 
sité comment  karmel,  dans  ce  texte,  est  rendu  par  les  trois 
dictionnaires  les  plus  autorisés  :  Siegfkikd-Stadk  (1893)  : 
VVeinberg;  Gisenius-Buhi.'^(i899):  lemont  Carrnel;GKSE- 
mus-Brown  (1897)  :  garden-laud. 

Jér.,  IV,  26  : 

Je  regardai,  et  voici  que  les  champs  (cultivés)  étaient  une  steppe 

(-)31D). 

C'est,  on  le  voit,  l'inverse  du  texte  d'/$. .  xwii,  i5  :  «et la 
steppe  sera  changée  en  champs  (de  céréales)». 

^  Je  lis,  avec  lxx  {Tpvymdf) ,  1^33,  comme  dans  le  passage  pa- 
rallèle, Jér..  xLvui,  3a. 


fJOClVELi.ES  ET  MÉLANGES.  'Mh 

La  même  opposition  entre  le  karmel  et  le  désert  se  retrouve 
dans  Jér.,  ii,  7  : 

Je  vous  ai  fait  entrer  dans  uno  Irrir  de  céréales,  pour  (|ne  vous 
on  manj^n'ez  les  bons  produits. 

'?D*1Dn  Y")K  Tonne  antithèse  au  «  désert ,  terre  fju'on  ne  peut 
ensemencer»  du  v.  2. 

Il  ressort  assez  clairemonl,  soinble-t-il ,  de   l'ensemble  de» 
ces  textes  que  karmel  désigne  un  terrain  cultivé  en  céréales  : 
il  s'oppose  soit  au  désert  (steppe,  lande,  ")3~D)  qui  n'est  pas 
cultivé  et  ne  peut  servir  que  de  pâturage,  soit  aux   terrains 
plantés  d'arbres  fruitiers  ("ly^  )  ',  soit  aux  vignes  (  DTS). 

Dans  trois  textes  (pi'il  nous  reste  à  examiner,  karmel  a  une 
signification  notablement  différente ,  mais  qui  dérive  néan- 
moins de  la  première. 

On  lit  dans  II  Rois ,  iv,  4^ ,  qu'un  homme  de  Baal-Shalis- 
ha  apporta  à  Elisée  «  du  pain  de  prémices  ;  vingt  pains  d'orge 
et  du  karmeh).  Ce  karmel  est  évidemment  du  grain,  mais  le 
mot  n'a-t-il  pas  une  nuance  spéciale  qui  le  différencie  de 
?;j~  ?  Il  est  remarquable  que  dans  ce  texte,  ainsi  que  dans  les 
deux  autres  [Lév.,  11,  i/i;  xxiii,  1/1.),  il  s'agit  des  premières 
céréales  de  l'année,  des  D^")"1D3.  On  est  donc  amené  à  penser 
que  karmel  désigne  le  grain  nouveau ,  celui  qui  vient  directe- 
ment des  champs.  Et,  de  fait,  saint  Jérôme  traduit  11  Rois, 
IV,  A2  :friimentum  novum.  Les  Septante  [Lév.,  xxiii ,  là) 
ont  véa,  qui  suggère  la  même  idée.  Cette  nuance  a  été  ad- 
mise par  Gesenius  [Thésaurus ,  s.  v.  'jDTS)  et  à  sa  suite  par 
plusieurs  auteurs  modernes.  Mais,  comme  ils  donnent  à  kar- 
mel le  sens  premier  de  jardin ,  ils  pensent  à  un  blé  précoce 
cju'on  aurait  cultivé  en  jardin  ! 

Une  remarque,  en  finissant,  sur  le  nom  propre  Carme/.  Si 
la  chaîne  du  Carmel  a  été   ainsi   nommée,    ne   serait-ce  pas 

'  De  nos  jours,  les  plantations  les  plus  considérables  d'arbres 
fruitiers,  en  Palestine  et  en  Syrie,  sont  les  plantations  de  figuiers, 
d'oliviers  et  d'abricotiers  (cf.  Z.  D.  P.  V.,  IV,  81). 

35. 


3?6  SÈPtfiMBtlE-OCtOBftE  1906. 

parce  qu'elle  borde  deux  plaines  particulièrement  riches  en 
céréales,  ou  même  parce  qu'elle  était  elle-même  cultivée,  par- 
tiellement du  moins,  en  céréales  ?  Tristram  [Natural  history 
of  the  Bible*,  p.  à^o)  rapporte  qu'on  a  trouvé  des  silos  sur 
le  Garmel.  Certains  textes  bibliques  semblent  indiquer  que  le 
Carmel  ofFrait  aussi  de  bons  pâturages ,  par  ex.  :  Jer. .  l  ,  1 9; 
Amos,  i,a.  Par  contre,  aucun  texte  n'appuie  l'idée,  Ibrt  ré- 
jiandue  cependant ,  que  le  Carmel  était  couvert  de  forêts  à 
l'époque  biblique  '. 

II.  L'kxprbssio<i  ^iO  aiffidunsGen.,  \l,  t3,  19,  so,  ot  dans  Jér., 
un,  3i  (=  II  Rn'u,  x\T,  J7). 

L'expression  ^K"^  HVi  a  deux  sens  bien  usuels.  Elle  peut 
signifier  relever  In  télé ,  c'est-à-dire  n//fT  la  tète  haute,  être  fier. 
comme  en  français.  Tel  est  le  sens  dans  Jug. ,  vui ,  38  ;  Zach. , 
II,  4;  Job.,  X,  i5;  /*.<.  Lxxxiii,  3.  Un  autre  sens  fré(juent 
aussi  eii  faire  la  somme  d'individus  ou  d'objets ,  par  exemple  : 
Ex.yxxx,  11;  Nombres,  i ,  q  ,  iig;  iv,  a ,  etc.  Dans  ce  second 
cas,  tfNT  a  le  sens  de  total,  de  somme,  sens  (jui  se  retrouve 
encore  Lév..  v,  'ili;  Nombres ,  v,  7;  /V.  cxix ,  160.  Ce  sont 
là  les  deux  sens  admis  communément  par  les  modernes.  Suf- 
fisent-ils |)our  expliquer  les  textes  de  la  Genèse  et  de  Jérémie 
indiqués  ci-dessus?  Je  ne  le  crois  pas. 

Examinons  d'abord  les  textes  de  la  Genèse.  L'expression 
revenant  quatre  fois  dans  trois  passages  voisins  de  la  même 
histoire,  il  serait  invraisemblable  qu'elle  n'eût  pas  dans  les 

'  Amos,  u,  3,  lui-même,  ne  prouve  rien  en  ce  sens  : 

Iraient-ili  se  cacher  (jus<ju')au  sommet  du  Carmel, 

Jr  les  V  chercherais  et  les  y  prendrais; 
Voudraient-ils  se  dérr>ber  à  mes  yeux  (jusqa')au  Tond  de  la  mer. 
Je  commanderais  an  Serpent  de  les  monln-. 

LéC  parallélisme  avec  le  fond  (If  la  mer  montre  que  le  prophète 
considère  le  sonutœt  du  Carinel  comme  un  lieu  très  éloigné ,  mais 
rien  n'indique  des  forêts  ou  des  grottes. 


NOUVELLES  ET  MÉLANGES.  377 

quàtrcî  cas  la  même  signilication.  Le  texte  massorélique  du  ver- 
set 1  ()  semble  ajouter  un  troisième  sens  :  «  Pharaon  lèvera  ta 
tête  de  dessus  toi.  »  Cette  phraséologie  bizarre  signifierait  que 
Pharaon  décapitera  le  malheureux  panetier  avant  de  le  pendre. 
Mais  le  mot  "j'' 7i'D  est  un  ajoulage  fautif,  très  probablement 
une  dittographie  verticale  \  amenée  par  le  dernier  mot  du  ver- 
set, 1^?yt2.  Voyons  maintenant  si  le  sens  donné  à  C/N")  NtTJ 
par  la  plupart  des  auteurs  modernes,  à  savoir  relever  la  tête, 
c'est-à-dire,  d'après  eux,  rétablir  dans  les  honneurs,  est  accep- 
table. Il  semble  bien  que  non,  puisqu'au  verset  20,  l'expres- 
sion est  appliquée  à  la  l'ois  au  chef  des  panetiers,  lequel  est 
condamné  à  être  pendu,  et  au  chef  des  échansons,  qui,  lui, 
est  rétabli  dans  sa  dignité.  D'autre  part  le  sens  faire  le  total 
semble,  à  première  vue ,  absolument  inutilisable.  Et  cepen- 
dant c'est  une  nuance  dérivée  de  ce  dernier  sens  qu'ont  ad- 
mise le  Targam,  la  Pesitta,  V Arabe  et  aussi  les  LXX,  en  tra- 
duisant par  5e  souvenir.  La  traduction  se  souvenir  donne  dans 
les  quatre  cas  un  sens  très  convenable  ^.  Je  crois  cependant 
que  la  nuance  est  légèrement  différente  et  que  C^N")  H'Oj 
signifie  exactement. rem«r</Her  l'absence  de  quel(}a'un.  Je  tra- 
duis donc  : 

V.  i3.  Dans  trois  jours  Pharaon  remarqaera  ton  absence  et  il  te 
rétablira  dans  ton  office. 

1 9.  Dans  trois  jours  Pliaraon  remaniaera  ton  absence  ' .  .  .  '  et  il  to 
fera  suspendre  au  gibet. 

20.  Or,  le  troisième  jour, Pharaon  fit  un  festin   à   tous 

ses  serviteurs  et  il  remanjua  l'absence  du  chef  des  éciiansons,  et  il 
remarqua  l'absence  du  chef  des  panetiers  parmi  ses  serviteurs. 
21.  Et  il  rétablit  le  chef  des  écbansons  dans  son  office.. . .  22.  Et 
il  fit  suspendre  le  chef  des  panetiers. 

'  L'explication  est  duc  à  M.  Mayer-Lami)ert  [Rcviœ  des  Etudes 
Juives,  t.  XXXIII,  p.  3o5  [1896]). 

'  M.  May er- Lambert,  dans  l'article  indiqué,  traduit  :  «Dans  trois 
jours  Pharaon  lèvera  ta  tête,  c'est-à-dire  te  recensera,  pensera  à  toi 
(cf.  K:..  xxx,  12),  et  te  rétablira  dans  tes  fonctions.»  11  n'explique 
pas  comment  le  sens  recenser,  penser  à ,  peut  venir  du  sens  lever  la  tête. 


378  SEPTEMBRK-OCTOBRK  1906. 

Comment  l'expression  'C^N")  N^i  prendre  Lt  somme,  c'est-à- 
ilire faire  le  tulal ,  Jaire  le  cuniplc ,  a  telle  |)u  dunner  li*  sens 
remurqaer  l'abseiice  Je?  Par  un  processus séiuantli|ue  analogue 
à  celui  du  verbe  ~ps  dont  le  sens  premier  est  inspecter,  faire 
la  revue  de,  faire  le  compte  de,  d'où  constater,  remarquer  l'ab- 
sence de  quelqu'un,  et  au  Nifal  :  se  trouver  absent  ou  man- 
quant. De  même  pour  X^iO  N^j  :  le  résultat  du  compte  fait 
est  de  constater  les  personnes  absentes  ou  les  objets  man- 
(juants. 

Dans  Jér.,  lu,  u,  ainsi  que  daus  le  texte  parallèle  (nw- 
lilé)  Il  Hois,  XXV,  37,  C^NT  Nfc'j  a  également  le  sens  re- 
marquer l'absence  de.  Il  est  remarquable  que  la  situation  dé- 
critr  est  très  analogue  à  celle  de  Gen.,  xi. ,  i3  et  suiv.  De 
même  que  Pharaon ,  dans  un  iestin  donné  à  ses  serviteurs  le 
jour  anniversaire  de  sa  naissance,  remarque  l'absence  des 
deux  prisonniers;  ainsi  Evil  Merodacb,  au  drbutdeson  règne, 
remaix]ue  l'absence  dejoacliim,  roi  de  Juda,  dans  le  groupe 
des  rois  qui  composent  sa  cour.  Je  traduis  donc  :  «  3i.  Evil 
Merodacb.  •  .  remarqua  /'«^achcc  de  Joacbim ,  roi  de  Juda,  et 
il  le  lit  sortir  de  sn  prison;  32.  et  il  lui  parla  avec  bpnté, 
et  il  mit  son  Jron»'  iii-dcssus  des  rois  (pii  et  lî'-iii  :iv.'i'  lui  à 
Bab^lone.» 

Dans  le  texte  parallèle  (Il  Itois ,  xxv,  ^7],  il  laut  nécessai- 
rement rétablir  les  mots  irN  NS^I. 

Paul  Joio.N. 


BiBLiO(iii\PHlE. 


The  Treatite  of  Dionrsics  BAH  SaLïBBI  atjainsl  the  Jews  :  Part  I, 
ihe  syriac  tp\t  edilcd  from  a  mesopotamian  ms.  by  J.  de  Zwaa». 
Leycl»',  Brill,  igofi,  in-S",  p.  iv  et  56. 

Denys  bar  Salibi  est  l'écrivain  jacobite  le  plus  fécond  du 
Ml' siècle.  On  compte  parmi  ses  principaux  ouvrages  un  gros 
volume  (ju'il  composa  contre  les  hérésies  et  qui  se  trouve  en 
partie  au  Vatican,  à  la  Bibliothèque  nationale  et  à  la  Bod- 


NOUVELLES  ET  MÉLANGES.  379 

léienue.  M.  J.  de  Zwaan  vient  d'éditer  le  texte  syriaque  du 
traité  contre  les  Juii's  qui  liiit  suite  au  traité  contre  les  Arabes , 
en  utilisant  un  seul  manuscrit  fautil ,  actuellement  en  la 
possession  de  iVI.  Rendel  ilarris.  L'éditeur  se  propose  d'ajou- 
ter prochainement,  dans  un  second  volume,  une  traduction 
angliiise  avec  des  notes,  des  index,  une  préface  et  une  intro- 
duction cicrite  par  M.  Rendel  IlaiTis. 

Le  traité  contre  les  Juifs  a  été  rédigé  en  1 166 ,  année  dans 
laquelle  i3ar  Salibi  fut  élevé  au  siège  d'Amid  par  Michel  le 
Grand  qui  venait  d'être  élu  patriarche  d'Antioche.  En  1 15/|., 
Bar  Salibi  avait  été  fait  évéque  de  Marasch  par  le  patriarche 
Athanase  Vill;  il  mourut  en  1171.  La  date  de  1166  pour 
cet  écrit  est  indiquée  à  la  page  62 ,  ligne  6  :  «Depuis  Ana- 
slase,  qui  régna  en  l'année  801  (^90  de  J.-C),  jusqu'à  nos 
jours,  670  ans.  »  Une  note  marginale  ajoute  :  «Bar  Salibi 
devint  évê([ue  en  ]466  (ii55-ii54  de  notre  ère  :  •Sti.) 
^itsik.o  iLû.'^.silo,  ajouter  :  t*m.o  omis  par  le  copiste);  il  mourut 
en  l'année  i4.83  des  Grecs  (sous -entendre  «Si^J  devant 
liao;^i>3»l  et  corriger  yo-a  en  v»-;  à  la  ligne  suivante,  corriger 
jkd^  en  JLx:»:^). 

Ce  traité  est  divisé  en  neuf  chapitres.  Le  premier  chapitre 
est  consacré  aux  sectes  juives  et  à  la  dispersion  définitive  des 
Juifs,  qui  suivit  la  passion  du  Christ.  Dans  les  huit  autres  cha- 
pitres, l'auteur  démontre,  au  moyen  de  témoignages  tirés 
de  l'Ancien  Testament,  l'erreur  des  Juifs  qui  ne  conlèssent 
pas  la  vérité  de  la  doctrine  chrétienne.  Il  ne  présente  guère 
d'arguments  nouveaux,  mais  il  fait  œuvre  d'un  théologien 
intelligent  et  érudit;  il  résume  des  travaux  antérieurs,  pour 
la  plupart  perdus;  nous  avons  remarqué  en  particulier  ses 
dissertations  sur  les  prophéties  de  Daniel  et  sur  la  date  de  la 
naissance  et  de  ia  passion  du  Christ. 

L'éditeur  a  corrigé  quelques-unes  des  mauvaises  leçons  de 
son  manuscrit,  mais  il  en  a  laissé  passer  d'autres.  Des  fautes 
d'impression,  peu  de  précision  dans  la  ponctuation  (les  deux 
points  du  pluriel  et  le  point  du  féminin  manquent  souvent) , 
sont  des  signes  d'une  inexpérience  très  excusable  chez  un 


S80  SEPTEMBRE  OCTOBRE   1906. 

j«Hine  (»rieiilali5tp  qui  débulc  en  syria(|UP.  par  cHic  |)uhlicn- 
tion.  Le  texte  se  lit  l'aciloment  et  il  est  inutile  de  relever  les 
fautes  qui  sautent  aux  yeux;  nous  nous  bornerons  à  quelques 
observations,  qui  pourront  servir  pour  la  traduction  que 
M.  de  Zwaan  se  propose  de  donner  : 

P.  a ,  I.  8  :  Uiûwo  ne  doit  pas  porter  les  points  du  pluriel , 
il  s'agit  du  Temple:  1.  1 1,  lire  ^l»^;  I.  ult.,  ajouter  la  nt'- 
gation  V  devant  ^w^.  —  P.  3,  1.  6,  ajouter  ^.wi  après 
^Jl.  _  P.  4,  I.  I,  lire  II  au  lieu  de  o<»j|.  —  P.  7,  1.  8,  lire 
Uuâj  I;  1.9  et  note  i  :  ^«a.^  et  non  ^o.  —  P.  8,  1.  ult.  : 
I»!  et  non  ^«»l.  —  P.  i4,  note  i,  la  note  est  fausse  et  le 
texte  est  exact  :  «Ce  Juif  confessa  que  c'est  la  vérité»,  et 
non  :  «O  Juif,  confesse  que  c'est  la  vérité»;  dans  ce  sens,  il 
faudrait  encore  corriger  -îoI  en  bol.  —  P.  18, 1.  1  :  .o>a.kdl|; 
1.  'j  :  w>l£^a0«.  —  P.  'jo,  note  a,  le  texte  est  exact  :  «qui 
n'observe  pas  les  commandements  de  la  loi  ».  —  P.  "ja ,  1.  /| , 
lire  ^i«fc*>|  au  lieu  de  ^vtei .  —  P.  38 , 1.  4 ,  au  lieu  de  Ax» , 
il  faut  probablement  lire  v^a.au»  «  dans  la  rhair  »,  ou  peut-éirc 
IvAAd  «au  tombeau».  —  P.  \'i ,  1.  pénult.,  sans  doute 
bo.^}  au  lieu  de  ^>.lâr. 

M.  de  Zwaan  mérite  notre  reronnaissance  pour  celte  publi- 
cation (|ui  nous  fait  ronnaitre  une  cruvrc  théologiqtie  très 
intéressante. 

R.  DuvAi.. 


V.  Keksuasp,  Imlian  Civil  Service.  Sri  ums  in  ASCtByT  P^nsiAN 
HtSTonr.  London,  Kegan  Paul,  Trench,  Trûlmer  and  Co.  Lld , 
1905,  pet.  in-8*,  X-186  p. 

Le  but  de  cet  ouvrage  est  de  donner  un  exposé  succinct, 
mais  complet,  de  l'histoire  de  la  Perse  antique.  Toutefois, 
M.  Kcrsbasp  ne  s'adresse  pas  au  grand  public;  pour  lire  son 
livre  avec  fruit  il  faut  avoir  déjà  quelques  notions  de  l'his- 
toire ancienne  de  l'Orient,  sans  que  cependant  il  soit  néces- 
saire d'être  orientaliste  de  profession. 

Pour  écrire  ces  deux  cents  pages,  M.  Kershasp  a  utilisé 


NOUVELLES  ET  M^LAMOÈS.  38l 

tout  ce  que  les  auteurs  grecs,  latins  et  orientaux  nous  ont 
laissé  sur  l'ancienne  Perse,  ainsi  que  les  travaux  modernes 
des  Européens,  qu'il  apprécie  d'une  manière  assez  sévère 
dans  son  introduction.  Il  fait  cependant  une  exception  pour 
Julien  Mohl,dont  il  loue  hautement  la  tradxiction  et  l'édition 
du  texte  persan  du  Chah  Nâineh  de  Firdoùsî.  En  revanche, 
Gibbon,  Malcolm,  Rawlinson,  Browne  et  Richardson  sont 
l'objet  de  ses  critiques. 

Les  deux  premières  sections  des  Studies,  toutes  les  deux 
assez  courtes,  du  reste,  sont  consacrées  à  la  critique  des 
sources  :  d'abord  des  historiens  musulmans,  au  nombre  des- 
quels on  doit  admettre  Firdoùsî,  dont  le  poème  a  une  si 
grande  valeur  historique,  puis  des  auteurs  grecs  et  latins. 
A  propos  de  ceux-ci,  M.  Kershasp  signale,  les  défauts  des 
auteurs  anglais,  allemands  et  français  ayant  voulu  traiter  de 
l'iiistoire  orientale.  La  troisième,  sur  le  caractère  et  la  civili- 
sation des  anciens  Perses  comparés  à  ceux  des  autres  nations, 
est  un  chaud  panégyrique  de  l'esprit  persan,  dont  les  au- 
teurs grecs  et  latins  signalaient,  il  y  a  bien  des  siècles,  les 
nombreuses  qualités,  ainsi  que  de  cette  civilisation  sassanide 
qui  devait  plus  tard  devenir  la  civilisation  arabe,  transformer 
l'Orient  et  exercer  son  influence  jusqu'en  Espagne. 

C'est  avec  le  même  enthousiasme  pour  le  sujet  qu'il  avait 
choisi ,.  et  aussi  avec  la  même  sévérité  pour  les  auteurs  euro- 
péens ,  que  M.  Kershasp  a  traité  les  quatrième  et  cinquième 
sections  consacrées,  l'une  à  l'âge  héroïque  de  la  Perse, 
l'autre  à  la  chevalerie  persane  et  à  l'influence  qu'elle  exerça. 
L'authenticité  des  traditions  pehlevies,  la  supériorité  de 
l'histoire  persane  sur  l'histoire  grecque,  l'influence  de  la 
Perse  sur  ses  conquérants  arabes  et  l'influence  arabe-persane 
sur  l'Europe  et  en  particulier  sur  la  poésie  occidentale ,  les 
rapports  des  légendes  médiévales  avec  la  Perse,  voici 
quelques-unes  des  thèses  qui  y  sont  développées.  M.  Kershasp 
conclut  par  cette  affirmation  :  les  mœurs  et  la  religion  mu- 
sulmanes ne  sont  pas  favorables  aux  sentiments  chevale- 
resques. 


.^8Î  SfiPTEMBRE-OCTOBRE    1906. 

La  «xièmè  section,  !\ofichirvân  le  juste,  est  la  plus  ionjs^io 
de  l'ouvrage.  C'e^l  un  éloge  ininterrompu  du  célèbre  roi  de 
Perse,  que  M.  Kershasp  tient  k  cœur  de  venger  de  tontes  les 
attaques  dont  il  a  pu  être  l'objet.  On  a  dit  bien  des  choses 
hasardées  sur  le  despotisme  oriental;  NoùchirvAn,  comme 
législateur  et  comme  administrateur,  ne  mérite  que  des 
louanges;  il  ne  fut  pas  un  lvr;»n,  mérita  vraiment  le  litre  de 
•  juste»,  et  ne  persécuta  pas  les  chi-étiens,  tel  est.  en 
quelques  mots,  le  contenu  de  cette  partie  de  l'ouvrage.  La 
septième  et  dernière,  consacrée  h  la  chute  de  l'empire  sassa- 
nide,  résume,  en  quinze  pages,  les  grands  événements  qui 
suivirent  la  mort  de  NoùchirvAn  et  la  con(juête  de  son  em- 
pire par  les  Arabes.  En  définitive,  déclare  l'anteur,  les  per- 
sécutions religieuses  attribuées  aux  Sassanides  ne  sont  qu*ane 
légende. 

Plein  d'intérêt,  r«»snmant  en  quelques  chapitres  la  ma- 
lière  d'ouvrages  volumineux,  l'ouvrage  de  M.  Kershasp  est 
d'une  lecture  »  In  fois  agréable  et  instructive.  Toutefois  ses 
jugements  sur  les  savants  eunipéens  ne  devront  être  acceptés 
que  sous  réserves. 

Lucien  Bouvat. 


ht  LlvRM  Dliiyocii ,  Iratliiil  »ur  le  texte  éthiopien  par  Frant^ois 
Martin,  professfur  <le  langues  sémitiques  à  l'institut  cafliolique 
(le  Paris,  cl  par  L.  Dclaportc.  J.  Franron.  R.  I.K'gris,  J.  Pres- 
soir. Pari»,  I^louzey  cl  Ane,  1906,  gr.  ln-8°,  p.  CLI  <i  :'iii). 

Les  Apocryphes  de  l'Ancien  Testauient  ont  leur  impor- 
tance pour  l'histoire  Je  l'exégèse  biblique  et  des  origines  du 
christianisme.  Des  éludes  critiques,  échelonnées  sur  un  grand 
nombre  d'années,  ont  fait  la  lumière  sur  ces  documents 
énigmaliques,  et  le  temps  est  venu  de  les  réunir  dans  un 
recueil  et  d'exposer  les  résultats  acquis  de  côté  et  d'autre. 
Un  travail  de  ce  genre  a  déjà  été  entrepris  à  l'étranger,  mais 
il  reste  à  l'aire  chez  nous  '.  C'est  pour  répondre  à  un  tel  dé- 

*  M.   Basset  publie  une   traflnction    française  des  Apocryphes 


NOUVELLES  ET  MELANGES.       383 

sideratum  que  MM.  Letouzey  et  Ané,  éditeurs  à  Paris,  com- 
mencent, sous  la  direction  de  M.  l'abbé  François  Martin, 
une  collection  française  intitulée  Documents  pour  l'étude  de 
la  Bible. 

Pour  arriver  à  la  prompte  exécution  de  leur  programme , 
les  éditeurs  se  sont  assurés  du  concours  de  spécialistes  connus 
par  leurs  travaux  :  MM.  Boxler  [Livres  sybillins);  Cersoy 
(  Apocalypses  de  Baruch  )  ;  Labourt  (  ///'  et  IV'  Livres  d'Esdras , 
Iir  et  IV'  Livres  des  Machahées);  Martin  [Livre  d'Hénoch, 
Livre  des  Jubilés,  Martyre  d'haïe);  Nau  [Histoire  d'Ahikar, 
Vie  d'Adam  et  d'Eve);  Touzard  [Testament  de  Nephtali); 
Viteau  (Prière  de  Manassé ,  Lettre  d'Aristée ,  Psaumes  de  Salo- 
mon.  Testament  des  douze  patriarches).  Chaque  Apocryphe 
comprendra  une  traduction  française,  une  introduction  et 
des  tables  détaillées. 

La  collection  débute  par  le  Livre  d'Hénoch ,  que  M.  Martin 
a  traduit  de  l'éthiopien  avec  la  collaboration  de  ses  élèves  à 
l'Institut  catholique  de  Paris. 

L'Introduction,  divisée  en  trois  chapitres  et  comprenant 
1  35  pages,  est  très  développée;  elle  contient  :  une  analyse 
de  cet  Apocryphe  ;  l'exposé  des  doctrines  qu'il  renferme  ;  et 
l'histoire  du  livre  depuis  son  origine  jusqu'à  nos  jours.  Les 
nombreux  problèmes  que  soulèvent  sa  composition  primitive 
et  sa  teneur  actuelle  sont  examinés  et  discutés  avec  un  soin 
minutieux  ;  on  voit  que  l'auteur  de  cette  introduction  est  au 
courant  des  nombreuses  publications  qui  ont  paru  sur  cet 
Apocryphe  et  dont  la  liste  est  donnée  à  la  fin ,  dans  la  Biblio- 
graphie. 

La  traduction  mérite  les  mêmes  éloges  que  l'introduction. 
Les  nombreuses  notes  qui  occupent  la  moitié  des  pages, 
souvent  même  les  deux  tiers,  indiquent  les  variantes  des 
manuscrits  éthiopiens  et  les  leçons  des  fragments  conservés 
en  grec;  elles  fournissent  surtout  les  explications  nécessaires 

éthiopiens,  mais  jusqu'ici  il  n'a  paru  que  de  courts   documents, 
espacés  à  de  longs  intervaHes. 


384  SEPTEMBRE-OCTOBKE  1906. 

à  l'intelligence  du  texte  traduit.  M.  Martin  a  utilisé  et  dis- 
cuté les  recherches  de  ses  devanciers;  il  y  a  joint  ses  obser- 
vations personnelles.  Assyriologue  distingué,  il  a  relevé 
maints  passages  dans  lesquels  se  trahit  l'influence  de  la  lit- 
tératiire  assyno-babyionienne.  Il  aurait  pu  aussi  faire  quelques 
rapprochements  avec  les  talmuds,  les  targoums  et  les  mi- 
draschs'. 

Le  livre  se  termine  par  ane  table  alphabétique  des  ma- 
tières et  des  noms  propres ,  une  table  des  citations  bibliques , 
une  table  des  passages  des  Apocryphes,  et  une  table  analy- 
tique. 

Présenté  dans  un  ensemble  aussi  parfait ,  le  Livre  d'Hénock 
forme  une  publication  commode  et  utile  pour  les  théolo- 
giens. Il  mérile  de  servir  de  modèle  pour  les  autres  Apo- 
cryphes de  la  collection  de  MM.  Letouzey  et  Ané.  C'est  un 
heureux  début  pour  cette  collection. 

Au  point  de  vue  de  la  correction  et  de  l'exécution  typo- 
graphique, le  volume  est  irréprochable. 

Nous  souliaitous  que  les  Apocryphes  de  l'Ancien  Testa- 
ment soient  suivis,  dans  la  même  collection,  des  Apocryphes 
du  Nouveau  Testament. 

K.  DUVAL. 

'  Au  sujet  (le  Léviathao  et  de  Behéraotk ,  p.  i30,$  7,  le  taimud 
de  Babylone,  liàbâ  Bdthrà.  74  f> .  rapporte  une  tradition  juive 
suivant  laquelle  Léviathan  et  Behémoth  avaient  été  créés  mâle  et 
femelle,  comme  les  autres  animaux;  mais,  dès  la  Création,  le 
mâle  avait  été  rhàtré  et  la  femelle  fut  tuée  et  salée  pour  que  sa 
chair  servît  un  jour  à  venir  au  festin  du  Messie;  cf.  le  targoum 
lenualmi  1  sur  Gen.  1 ,  3 1 . 


Le  gérant  : 

RUBENS  DuVAL. 


JOURNAL  ASIATIQUE, 

NOVEMBRE-DÉCEMBRE   1906. 
UN  SAINT  MUSULMAN 

AU   XV^   SIÈCLE, 
SIDI   MHAMMED   EL-HAOUwArI, 

PAR 

E.  DESTAING, 

PROFESSEUR  À  LA  MÉDERSA  DE  TLEMGEIV. 

(suite  et  FIN^) 


Le  saint  répond  à  des  questions  posées  mentalement 
par  les  assistants.  —  Ibn  Sa'ad  rapporte  le  fait  sui- 
vant '^  :  Un  groupe  d'amis  m'ont  raconté  que  maintes 
fois  se  présentèrent,  à  des  étudiants  d'Oran  et  de 
'Ilemcen,  des  questions  difficiles  au  sujet  desquelles 
ils  demandaient  une  solution  aux  maîtres  de  f  époque. 
Mais  ils  ne  trouvaient  pas,  dans  les  réponses  qu'ils 
en  recevaient,  fapaisement  de  leur  ardente  soif  de 
savoir.  C'est  alors  qu'ils  se  rendaient  aux  audiences 
de  Sîdi  Mhammed.  Ils  se  présentaient  avec  la  foule 
qui  déjà  se  trouvait  devant  le  saint,  tout  en  ayant 

'  Voir  le  n"  de  septembre-octobre  1906,  p.  agS-S^a. 
*  Cf.  Ibn  Sa'ad,  Rawda,  fol.  7  v";  Ahmed  Ben  'Alt,  Et-Theglir, 
fol»  i53  v°,  app.  V,  p.  439. 

VIII.  5  G 


386  NOVBMBRE-DKCEMBRE    1906.  , 

i 

à  l'esprit  Ces  questions  difliciles  et,  d'ailleurs,  de 
nature  différente»  Lorsque,  selon  son  habitude,  le 
chîkh  prenait  la  parole,  il  atta(juait  ces  questions 
((jue  mentalement  on  lui  posiiit);  il  en  donnait  rapi- 
dement la  solution  et  exposait  clairement  les  points 
compliqués^  êds  explications  vtuient  présentées  sous 
fonne  d'exhortation. 

Le  saint  pouvait  même  prédire  l'avenir.  Voici  ce 
que,  à  œ  sojet,  itioontent  tes  biographes  : 

Le  saint  annonce  les  présents  que  des  navires  lui  ap- 
portent. —  Il  était  rare  qu'un  navire  j)ortant  des  Mu- 
sulmans abordât  à  Omn  sans  renfermer  nombre  de 
cadeaux  pourSîdi  Mhammed.  fl  arrivait  souvent  que 
le  saint  annonçait  l'arrivée  de  ces  présents  avant 
même  qu'ils  lui  fussent  apportés.  Et  los  rhosos  se 
pasMiient  comme  il  l'avait  prédit  '. 

Sitti  Mhâmmtd  prédit  (a  mort  dès  enfants  de  «  M«*/-- 
zoâq^».  •—  Le  chtkh,  le  saint,  le  très  savant,  celui 
qui,  par  sa  générosité,  sa  pitié  pour  tes  pauvres,  fut 
un  signe  de  ia  puissance  de  Dieu,  Sîdi  'Abd  vf 
Hamid  El  'Açnoûni ,  l'un  des  meilleurs  compagnons 
du  chîkh  Sîdi  liahseii  Aherkân ,  mo  raconta  dans  sa 
demeure  à  Wancherîs,  l'onecdote  que  Toici  :  «  Je  ren- 
dis visite,  À  Oran,  au  chikh  Sîdi  M-Haouwâri.  L'ayant 
sablé ^  je  m'assis.  Comme  un  individu  l'interrogeait 
sur  un  point  de  science,  Sîdi  Mhammed  lui  répondit  : 

'  Cf.  Ibîï  Sa'ad,  Rawda.  fol.  36  r». 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIECLE.  387 

«  Pour  cette  question ,  il  n'y  a  à  consulter  que  Ibn 
«  Merzoûq  qui  n'a  pas  d'enfants.  »  Je  fus  tout  étonné , 
dit  le  narrateur,  de  ces  paroles  du  chîkh,  car  j'étais 
certain  que  Sîdi  Merzoûq  avait  deux  fils^  Je  vins  à 
Tlemcen  et  me  rendis  chez  le  chîkh  Sîdi  Lahsen 
Aberkân,  Je  le  saluai  et  voulus  le  mettre  au  courant 
de  ce  qu'avait  dit  Sîdi  Mhammed  :  «  N'en  souffle 
«  mot ,  me  dit-il ,  avant  d'en  avoir  infomié  le  chîkh 
«Sîdi  Mohammed  Merzoûq.»  Je  partis;  c'était  au 
moment  de  la  chaleur.  Je  vins  alors  k  la  médersa 
Menchâr  El-Djeld,  me  disant  :  «  Il  ne  m'est  pas  pos- 
«  sîble  de  me  rendre  chez  le  saint  en  ce  moment , 
«  mais  je  vais  entrer  dans  cette  médersa  et  y  prendre 
«  le  frais  jusqu'à  la  prière  du  dohor;  alors  je  rencon- 
«  trerai  le  chîkh ,  s'il  plaît  à  Dieu.  »  J'étais  ainsi  à 
penser  quand,  tout  à  coup,  le  chîkh  Ibn  Merzoûq 
me  tira  par  derrière  et  m'amena  près  de  l'endroit  où 
passent  les  imâms^.  Arrivé  là,  il  me  dit  :  «  Raconte- 
«  moi  ce  que  tu  as  entendu  dire  au  chîkh  Sîdi  Mham- 
«  med  El-Haouwâri.  »  Comme  je  n'étais  que  depuis 
peu  de  temps  seulement  à  Tlemcen  et  que  je  n'avais 
averti  personne  de  ce  qui  s'était  passé,  je  demeurai 
tout  surpris  de  voir  que  Sîdi  Merroûq  avait  tout 
deviné.  Lorsque  je  lui  eus  raconté  ce  que  m'avait  dit 
Sîdi  l'Haouwâri ,  il  s'écria  :  «  Louange  à  Dieu  qui  me 
«  les  a  enlevés  »  (il  voulait  dire  ses  deux  enfants). 
Ainsi  le   chîkh  avait  déduit  des  paroles  du   saint 


1  Cf.  T,  N.  Au  lieu  de  u-^Ç  je  lis 
^  Cf.  T,  N,  M.  On  pourrait  peut-être  lire  dans  le  ms.   de  Si 
Bachir  :  *-»MÎ  **->>*'  iW^  **t^  J^  • 

26. 


388  NOVEMBRE-DECEMBRE    1906. 

d'Oran  que  celui-ci  avait  reçu,  à  ce  sujet',  une  révé- 
lation d'en  haut,  et  que  ses  deux  enfants  devaient 
prochainement  mourir'^. 

Le  saint  annonce  la  mort  du  sultan  «  Aboii  Fâres  ». 
—  Mon  frère,  Sîdi  *Ali  't-Tàlloûti,  raconte  le  chikh 
Senoùsi ,  me  fit  le  récit  suivant  :  «  Lr  sultan  de  Tu- 
nis, Aboù  FVires,  s'était  mis  en  marche  sur  Tlemcen, 
alors  gouvernée  par  le  sultan  Ahmed.  Ce  dernier,  qui 
avait  grand  peur  de  son  adversaire,  descendit  auprès 
du  chikh  Sidi  Lalisen  ben  Mekhloûf  et  lui  dit  :  «  Cet 
«homme,  tu  lésais,  s'avance  vers  nous.  Lequel  des 
«  trois  partis  suivants  me  conseilles-tu  de  prendre  : 
«  ou  bien  aller  à  mon  ennemi  et  l'attaquer  en  chemin  ; 

•  —  ou  bien  l'attendre  ici  ;  —  ou  bien  partir  pour 
«  Honeîn^  et  là  m'embarquer  pour  l'Andalousie?  — 

•  Je  ne  sais  que  te  dire,  répondit  le  chikh;  mais  il  y 
«  a  ici  quel((u'un  qui  pourra  apaiser  tes  craintes  dans 
«cette  affaire.  11  s'agit  du  chikh  Bokhli,  khedîm 
«  de  Sîdi  '1-llaouwàri.  Tu  pourrais  l'envoyer  auprès  de 
«  son  maître  avec  une  lettre  dans  laquelle  tu  lui  ex- 
«  poserais  ton  affaire.  •  Et  Sîdi  Lahsen  fit  venir  Sîdi 
Bokhti*.  Quand  le  khedîm  se  présenta,  le  sultan 

'  Je  lirais  :  L^IjoU.;. 

*  Cf.  Ibn  Mkrvem,  Bostàn,  fol.  adi  v"  et  suiv.,  app.  111,  p.  /|i/i. 
^  Cf.  N  et  M. 

*  Je  traduis  en  suivant  T,  N.  Je  n'ai  trouvé ,  sur  ce  saint  per- 
sonnage, que  le  passage  suivant,  que  je  résume  (leMAZAni,  Toitlou, 
fol.  i3  =  ^jw.  ijlSf  (?)  jyi  ^>L^  jj-fj,>  .>llr  ^^  i^  2?-*^'  ^^^9 
^  J^UJI  0^1   JJUI   yU;  ^  ^L^JI  oJajUl  ^  ^Ul  y^M   J^l 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIKCLE.  389 

était  assis  :  «  Je  veux ,  lui  dit-il ,  que  tu  in  apportes 
«  de  suite  la  réponse  du  chîkh.  »  L'autre  promit  de 
s'en  charger.  Le  sultan,  étant  remonté  à  Tlemcen, 
écrivit  une  lettre  qu'il  scella  et  remit  à  Sîdi  Bokhti. 
«  Lorsque  j'entrai  auprès  de  Sîdi  'i-Haouwàri ,  raconta 
«  le  messager,  il  s'écria  avant  d'avoir  vu  la  lettre  du 
«  sultan,  avant  même  que  j'eusse  parlé  du  prince,  et 
«  sans  me  laisser  l'informer  de  rien  :  «  0  Bokhti,  nous 
«  n'avons  nul  besoin  de  fréquenter  le  sultan  ;  qu'est-ce 
«  donc  qui  nous  a  conduits  vers  lui?»  Je  répondis  : 
«  Sîdi ,  toute  cette  affaire  s'est  passée  en  présence  de 
«  Sîdi  Lahsen ,  et  je  n'ai  pu  rester  neutre  ^  »  Le  chîkh , 
entendant  que  le  nom  de  Sîdi  Lahsen  était  mêlé  à 
cette  affaire,  ressentit,  sur  l'instant,  une  certaine 
joie,  qui  dilata  sa  poitrine.  Puis  il  me  dit  :  «  Tu  peux 
«  demander  la  hccliâra  à  celui  qui  t'envoie.  Dis  lui  : 
«  Tu  ne  verras  pa  le  sultan  Aboû  Fàres  et  lui  non 
«  plus  ne  te  verra  jamais.  »  Le  chîkh  Bokhti  revint , 
en  hâte,  près  de  nous.  Tout  d'abord,  il  se  présenta 
devant  Sîdi  Lahsen  et  voulut  l'informer  de  ce  que 
lui  avait  dit  Sîdi  '1-Haouwàri.  Mais  Sîdi  Lahsen 
l'en  empêcha ,  lui  disant  :  «  Tiens  secrète  la  chose 
«  qui  t'a  été  confiée  jusqu'à  l'arrivée  du  sultan.  »  Il 
envoya  chercher  ce  dernier,  qui  descendit  après  la 
prière  de  l'aser.  Le  chîkh  Bokhti,  avec  lequel  il  eut 
un  entretien  privé,  lui  fit  connaître  la  réponse  du 

^;'>-#-''  **^  j^-û-'W  fè^^^  tr^^ir^'  ^-^r^TÎ  {^i  ^y^  ^  ij^''  ^^J^ 
'  Leçon  de  T,  N ,  M. 


390  NOVKMBRE-OKCEMHRE    1906. 

chikU  W-Huouwàri.  U^  sultan  en  éprouva  une  grande 
joie  et  tloni)a  au  messager  ia  sontnie  de  vingt  dinars  en 
récompense  de  la  bonne  nouvelle  qu'il  a\  ait  apportée, 
ot  pour  la  peine  qu'il  avait  prise.  11  était  de  son  de- 
voir de  donner  au  seorviteur  ceint  dinars  et  même 
plu»,  en  raison  de  l'étendue*  du  malheur  que,  en 
cette  circonstance,  Dieu  détourna  de  lui.  Or,  voiri 
ce  que  Dieu  avait  décrété  et  décidé*  :  Le  sultan  Aboû 
Fàres,  étant  arrivé  au  Djebel  Wancherîs  et  en  ayant 
soumis  les  populations^  par  la  force,  mourut^  sans 
maladie  préalable*,  le  jour  de  la  fête,  au  moment 
où  les  jurisconsultes  attendaient^  qu'il  vînt  faire  la 
prière  de  ïid.  Son  petit-iils~  dut  revenir  à  Tunis 
en  toute  bâte*^  et  dans  de  mauvaises  conditions. 


'  Cf.  N. 

'  Syr  c»'l  rvéneinent ,  cf.  Zkrkechi,  Chronitfue  des  Almohadtt  et 
des  Hafsides .  trad.  E.  Pagjtaîi,  Conrtantine,  1895,  p.  a  10  et  suiv.  ; 
Babsis,  CompUmtnU.  p.  396;  BlioaSBLAllO ,  Mémoire  ipiynpkifne , 
p.  87;  Ibr  DÎkÀb,  Kl  Kitdb  El  Moines,  p.  i44  el  ^^là  <le  i  édition 
cl«»  Tunis,  p.  a6o  de  la  traduction  Pellissier  et  Bemusat,  donnée; 
flan»  \e  tomp  VU  de  VEiplnratinn  scientiftqnr  dt  ï Alqârie;  Ahmrd 
BAba,  Nil.  p.  3o3;  Ibn  Mjuibm.  liostàm.  fol.  y'\Tk  et  .suiv., 
app.  111,  p.  417;  £t>  Mazaiii,  TouIqû\  fol.  7,  «pp.  VI,  p.  434. 

»  (S.  T.M.  N. 

*  Je  lis  trec  T,  N  :  -^  ^  c»L. . 

»  a.  T.  N. 

•  Leçon  de  T,  N. 

'  Je  rétablis  ce  mol  avec  Zerlechî,  p.  a  10  ée  la  traduction. 
ErMaiari  dit  :  «son  fils»  {Tomloi'.  p.  191). 

^  L'événement  est  ainsi  rapporté  dans  Toulou  à  la  suite  de  la 
légende  résumée  (p.  435)  :  l  la  Gn  de  Ramdhân  de  l'année  832, 
Aboû  Kâres,  ayant  fait  halte  à  Fedj  Essedr  {^J<-JT  *),  en  face  dn 
I))eb€4  Wancberis,  mourut  subit<*menl  dans  la  matinée  de  Vid  el 
fitr  (rupture  du  jeûne).  On  attendaitla  venue  du  prince  pour  la  prière 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIKCLE.  391 

C'est  ainsi  que  la  prédiction   du  chikh  se  trouva 
réalisée  ^  » 

Sîdi  'l-Haoïiwâri  révèle  sa  vocation  à  Sîdi  't-Tâlloâii. 
—  Le  chîkh  Sîdi  'Ali  "t^Tâlioûti  m'a  raconté  cette 
anecdote  :  «  Mes  premières  occupations  consistèrent 
à  apprendre  le  Qorân  che*  les  Arabes  nomades  avec 
lesquels  je  chevauchais,  et  que  j'accompagnais  par- 
tout où  ils  allaient.  Une  fois,  nous  entrâmes  à  Oran. 
Les  chîkhs,  mes  compagnons,  allèrent  rendre  visite 
à  Sîdi  Mhanimed  El-Haouwâri.  Je  le$  y  suivis,  mais 
sans  grand  désir  de  ma  part,  tellement  j'étais  sot. 
Mes  camarades  ayant  quitté  le  saint,  je  m'avançai 
vers  lui  et  le  saluai.  Il  m'interrogea  sur  ma  profes- 
sion. Je  l'entretins  alors  de  ma  vie  en  compagnie  des 
Arabes  et  des  rapports  que  j'avais  avec  eux  ;  «  Cesse 
«  de  vivre  avec  ce.s  gens ,  me  dit  le  chîkh ,  tu  tireras 
«  un  énorme  profit  à  t'en  séparer.  »  Puis ,  élevant  ses 
regards  vers  le  ciel  et  les  reportant  sur  moi ,  il  disait  : 
«  Quelle  immense  fortune  t'arriverait  si  tu  les  quit- 
«  tais  !  »  Et  il  continuait  à  regarder,  tantôt  vers  le 
ciel  et  tantôt  vers  moi,  en  répétant  plusieurs  fois 
ces  paroles. 

(le  la  fête,  et  déjà  les  assistants  craignaient  d'en  voir  paasar  l'heure. 
Son  fils  vint  auprtîs  des  tontes  et  trouva  le  sultan  sans  vie.» 
Zerkechi  termine  ainsi  :  «Quand  son  petit-fils  et  héritier  pré- 
somptif, Ahoii  'Abdallah  Mohammed  El  Montacer,  connut  cette  mort 
subite,  il  défendit  de  la  divulguer  et  alla  lui-même  dire  la  prière 
du  sacrifice;  puis  il  reprit  avec  découragement  la  route  de  Tunis 
en  faisant  annoncer  que  le  sultan,  tomhé  malade,  était  porté  en 
litière.»  (P.  au,  trad.  Faqnan.) 

'  Cf.  Ibn  Meuïem,  Bostân,  fol.  242,  app.  111,  p.  .'117. 


3W  NOVKMBRE-DÉOEMBRK   190(>. 

«  Je  sortis  de  chez  lui  sans  intention  aucune  de 
me  séparer  de  mes  compagnons.  Mais  Dieu,  sans 
tenir  compte  de  ma  volonté,  se  chargea  de  m'éloi- 
gner  d'eux  en  me  frappant  de  maladie.  Or  il  arriva 
que  mes  compagnons,  s*étant  révoltés  contre  le 
sultan,  durent  partir  pour  le  Sahara;  leurs  ennemis 
héritèrent  d«»  leur  place.  Et  j'avais  tellement  peur  de 
ces  gens  qu'il  me  fut  dès  lors  impossible  de  rester 
dans  la  région  de  Tâlloût'.  La  destinée  m'oblig«'a  à 
entrer  k  Tlemcen ,  bien  que  cette  ville  ne  me  plût 
pas  et  que  je  n'eusse  pas  dessein  d'y  venir.  Puis  je  me 
rendis  dans  la  montagne  qui  domine  Tlemcen.  Pen- 
dant quelque  temps,  j'y  cherchai  des  trésors.  Car, 
dans  ma  pensée ,  et  confiant  dans  la  promesse  de  Sîdi 
Mhammed,  ces  biens  qui  devaient  être  miens  au  mo- 
ment où  je  me  séparerais  des  Arabes  n'étaient  autres 
que  les  biens  de  ce  bas  monde,  aveuglé  que  j'étais 
par  mon  ignorance,  par  le  profond  attachement  de 
mon  cœur  aux  trésors  terrestres  et  par  l'idée  qu'il 
n'existait  pas  d'autres  richesses  que  celles-là.  C'est 
alors  que  Dieu  me  prit  par  la  main ,  et  que  je  des- 
cendis chez  le  chîkh  Sîdi  Lahsen  Ben  Makhloûf. 

«  Telle  est  la  raison  cjui  ouvrit  mon  cœur  à  l'amour 
des  richesses  de  l'autre  vie ,  et  qui ,  me  faisant  aimer 
la  science  utile,  me  retint  au  service  du  chîkh  jus- 


'  H  s'agit  de  Tftiloût,  située  dans  le  voisinage  de  Tiharet.  L'au- 
teur du  manuscrit  intitule  iL.».,»^.»^!  â3^L^\  ;^-^I  cr»  Âjy^t  ))^^^ 
donne  quelques  détails  sur  relie  ville  (fol.  71  r°)  et  la  place  aux 
environs  de  l'Oued  Sonsellem  [Lm.^.  ^>>'^)  et  du  Nehar  Ouàsel  (-.fj 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIECLE.  393 

qu'à  la  mort.  Ce  saint  expliqua  plusieurs  fois  en  nui 
présence  toute  la  Risâla  de  Ibn  Abi  Zeîd,  en  ap- 
portant à  son  enseignement  un  talent  auquel  nul  n'a 
atteint.  Dieu  est  le  plus  savant.  Je  fis  ensuite  la 
connaissance  du  chîkh  Sîdi  Mohammed  Ibn  Mer- 
zoûq.  Ce  fut  seulement  lorsque  je  sus  ce  qu'étaient 
les  biens  de  l'autre  vie,  et  une  fois  que  l'abjection 
de  ce  monde  et  de  mes  passions  m'eut  clairement 
apparu  que  je  compris  nettement  ce  qu'avait  voulu 
dire  le  chîkh  Mhammed  El-Haouwâri^  » 

Le  saint  devine  dans  (fuelles  conditions  SUi  Lahsen, 
lui  rendant  visite,  a  accompli  son  voyage.  —  «  On  m'a 
raconté  ce  qui  suit,  dit  Ibn  Sa'ad.  Une  fois  Sîdi 
Lahsen  Aberkàn  vint,  pieds  nus,  à  Oran,  dans  le  but 
de  rendre  visite  à  Sîdi  Mhammed  El-Haouwâri.  Dès 
qu'il  fut  entré  près  du  saint ,  celui-ci  lui  dit  :  «  Tu  as 
«  accablé  ton  corps  de  fatigue  par  cette  course  faite 
«  à  pied  ^.  » 

Le  saint  était  tellement  en  faveur  auprès  de  Dieu 
qu'il  lui  suffisait  d'exprimer  un  vœu  pour  qu'aussitôt 
celui-ci  se  trouvât  exaucé^.  En  voici  des  exemples  : 

*  Cf.  Bostàn.  fol.  245  t",  app.  III,  p.  ^21. 

*  Cf.  Eawda,  p.  l^^;  Bostàn.  foL  a'io  v",  app.  III,  p.  4iâ. 

^  C'est  là  une  de  ces  karâmât  que  le  chîkh  Ibn  'Atallah  ap- 
pelle Â.-.^>.  ïjiâllà  :  «Les  karâmât,  dit-il,  se  divisent  en  deux  caté- 
gories. Les  unes  sont  apparentes,  sensibles,  par  exemple  :  allonger 
ou  raccourcir  les  distances,  marcher  sur  l'eau  ou  voler  dans  les 
airs,  obtenir  la  pluie  quand  ce  n'en  est  pas  le  moment,  faire 
jaillir  des  sources  sans  creuser  le  sol,  dompter  les  bétes  féroces, 
faire  produire  des  fruits  à  un  arbre  sec,  etc.  [Letâif  El-Minan). 
Mais  il  est  des  miracles  plus  curieux  encore  ;  ce  sont  ceux  que  les 


aM  NOVEMBRE-DECEMBRE   1006. 

Sur  le  v(£H  du  chikh.  Dieu  fait  mourir  «  'Otkmdn  ». 
—  »'Othmân*,  raconte  Ibn  Sa'ad'^,  était  pour  les 
Arabes  ud  oppresseur  semant  le  désordre,  m\  lyran 
diiapidateur.  H  s'erapara ,  dit-on ,  d'un  bien  apparte- 
nant à  l'un  des  compa<{nons  de  Sidi  Mhaïuuied.  Le 
saint  envoya  aussitôt  auprès  du  prince  un  de  ses 
serviteurs,  pour  défendre  le  droit  de  l'homme  spolié. 
Lorsque  le  khedim  arriva  devant  'Othmân,  il  tint  au 
prinoe  iin  langage  sévère.  'Otlnnàn  le  lit  aussitôt 
arrêter  et  ordonna  sa  mise  aux  fers*. 

s«rns  ne  sauraient  percevoir  (  j^^Jobt),  t<*is  que  :  connaître  parfaito- 
raent  Dieu,  le  craindre  profondément,  avoir  en  lui  une  parfaite 
confiance,  etc.»  (MilIlI,  Mawàkib .  (o\.  38  et  54  de  mon  manu- 
scrit) 

'  ^jyu«;i  ^^^  ^  (j^-^t  de  la  tribu  des  Béni  'Amer  (f^t  Thaghr. 
fol.  i53,  app.  V,  p.  Aag)- 

'  Ib!»  Sa'ab,  Rawda,  fot.  45  v*. 

'.Le  récit  est  quelque  j>eu  différent  dan»  ^i7  hU-fht .  p.  3i8  : 
Mon  frère  'Âli,  dit  te  chikb  Senoùsl,  m'a  raconté  que  'Othmân 
Ben  Moûsa  I-Mcs'oiîdi  El-'Amri  ^tait  un  grand  tyran.  Il  volait  et 
assassinait  sans  scrupule.  Une  fois,  comme  il  avait  dépouillé  une 
personne  que  protégeait  Sldi  Mliammed,  ce  cbikh  envoya  aussitôt 
tin  senitfeur  à  Stdi  Labsen  Ben  Makbloâf,  le  cbnrgeanl  de  lui 
dire  de  sa  part  :  tJe  ne  connais  pas  'OtbmÀn^toi,  tu  lo  connais; 
écris-lui  pour  qu'il  restitue  à  notre  ami  ce  qu'il  lui  a  dérobé.»  Le 
cliîkb  Sîdi  Labsen  écrivit  à  SItmàn  Ben  Moûsa,  frère  du  coupable, 
une  lettre  conçue  à  peu  près  en  ces  termes  :  «Je  te  prie  instam- 
ment d'aller,  toi-même,  trouver  ton  insensé  de  frère  et  de  lui 
dire  :  < N'as-tu  pu  trouver,  comme  victimes  de  tes  rapines,  que  des 
«personnes  qui  se  réclament  de  Sîdi  "l-Haouwàri.  Tu  verras  quel 
«sera  le  châtiment  de  la  mauvaise  action  si  tu  ne  rends  aussitôt, 
«  au  protégé  du  cbikb ,  ce  que  tu  lui  as  pris.  »  Le  cbikh  Mhammcd 
avait ,  lui  aussi ,  écrit  à  ce  voleur  de  'Othmàn  une  battre  dans  la- 
quelle il  lui  ordonnait  de  rendre  à  son  protégé  ce  qu'il  lui  avait 
dérobé.  'Otbmân  n'en  devint  que  plus  insolent.  Il  Gt  arrêter  et 
mettre  aux  fers  le  serviteur  qui  avait  apporté  la  lettre.  --  Voir  le 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIÈCLE.  395 

«  Les  gens  trouvèrent  le  procédé  excessif  de  ia  part 
du  prince  et  mirent  celui-ci  en  garde  contre  la  vio- 
lence de  caractère  de  Sîdi  Mhammed.  Il  ne  les  écouta 
pas  et  ne  répara  pas  son  injustice.  Lorsque  cette 
nouvelle  parvint  au  chikh  El-Haouwâri,  le  saint 
éclata  en  imprécations  contre  'Othmân ,  et  Dieu  en- 
tendit sa  malédiction.  Ce  même  jour  où  Sîdi  Mham- 
med demanda  à  Dieu  la  punition  d'Otlimân,  le 
cheval  que  montait  celui-ci  broncha  sous  son  cava- 
lier. On  accourut  et  on  trouva  'Othmân  mort.  Sa 
famille  aussitôt  mit  en  liberté  le  khedîm  du  chîkh 
et  lui  rendit  son  bien, 

«  Abou  'Abdallah  Es-Senoûsi  m  a  donné,  sur  celte 
aventure,  des  détails  complémentaires  provenant  de 
personnes  sûres,  qui,  elles-mêmes,  les  tenaient  de 
Sîdi  Ibrahim  Et-Tâzi.  «Le  chîkh  Sîdi  Mhammed, 
«  me  dit-il ,  était  assis  à  sa  place  habituelle ,  lorsque 
«  lui  parvint  la  nouvelle  que  'Othmân  avait  arrêté 
«  son  serviteur  et  l'avait  chargé  de  fers.  Le  saint  fut 
«  pris  d'une  colère  si  violente  que  son  visage  en  devint 
«  noir.  Puis,  se  levant  précipitamment,  il  entra  dans 

même  récit  dans  Bostân.  fol.  2^3 ,  app.  III,  p.  4i8;  Toulon  ,  fol.  8. 
On  lit  aussi  dans  le  Bostân  (fol.  2 4 5)  :  Le  lendemain,  le  chîkh  Sîdi 
Lahscn  entra  près  de  nous,  qui  l'attendions  dans  la  mosquée  où  il 
enseignait.  Un  large  sourire  s'épanouissait  sur  son  visage;  il  s'assit 
et  nous  dit  :  «Le  brigand  a  eu  hier  son  affaire  réglée.  Dieu  l'a  fait 
mourir  d'étrange  et  cruelle  façon;  le  chîkh  a  hâté  son  châtiment.» 
Cela  signillait  que  la  colère  du  saint  avait  été  telle  que  celui-ci  avait 
maudit  'Othmân  avant  que  la  lettre  du  chîkh  Sîdi  Lalisen  eût  pu 
être  remise  au  coupable  par  son  frère,  lequel  eût  désiré  an-anger 
l'affaire  par  la  douceur  et  la  persuasion.  Cette  légende  est  bien 
connue  à  Oran. 


3M  NOVEMBRE-DÉCEMBRK    1900. 

«  son  oratoire.  Et  je  IVntendis  qui  disait  :  «  Aplati  ! 
«  aplati  M  »  Or,  cp  iiiom»*  jour,  continua  Sîdi  Ibra 
«hîni,  il  se  trouva  que  c'était  fètt»  au  ramp  d'Oth- 
«  mân  Ben  Moûsa.  Cependant  que  le  prince  faisait 
«  courir  son  cheval  dans  l'arène ,  les  personnes  pré- 
«  sentes  au  camp,  hommes  et  femmes,  virent  tout  à 
«coup  un  personnage  tout  blanc  enlever 'Othmân 
«  de  son  cbeval  et  le  lancer  contre  terre.  On  vint  à 
«  lui  et  on  le  trouva  aplati ,  la  tête  ayant  pénétré 
■  dans  le  ventre.  Sa  mère  aussitôt  se  leva ,  donna  la 
«  liberté  au  sorviteui'  du  chiLh  et  rendit  le  bien  volé. 
«Puis,  revenant  \ers  son  fils  et  pleurant  sur  son 
«  sort  :  «  Je  t'avais  mis  en  garde  contre  la  puissance 
«  du  cbîkh ,  lui  disait-elle ,  et  tu  ne  m'as  pas  écoutée  ^  !  » 
■  Considère,  lecteur,  avec  quelle  violence  le  saint 
se  jeta  sur  ce  misérable  et  de  quelle  manière  l)i«Mi 
tira  vengeance  d'Othmàn  et  en  débarrassa  le  pays 
et  les  hommes.  ■ 

Le  saint  livre  Oran  aax  Chrétiens  *.  —  Les  Espa- 
gnols n'entrèrent  pas  à  Cran  du  vivant  de  Sîdi 
Mhammed,  mais  seulement  soixante-douze  ans  après 


'  Comme  s'il  avait  voulu  indiquer  à  quelqu'un,  (ju'il  rli:n^ruil 
Ae  faire  mourir  'Othmân,  te  genre  do  suppliro  qu'il  réservait  à 
retui-ri  [Boslân  ,  fol.  sH  v",  app.  III,  p.    ^5o). 

*  (^f.  Ibh  Sa'ad,  Hawda.  fol.  46  r°;  AiiMEn  BAnA,  Nil.  j).  3i8; 
et  aussi  la  variante  de  Ahmrd  Beîi  'Ali,  El-Thrghr.  fol.  i.S.l, 
app.  V,  p.  iag. 

*  Cf.  Boû  Râs,  'Adjaib.  trad.  Ar«(add,  p.  78,  texte  <^d.  Basset, 
p.  70;  et  Ren^  Basset,  Dictons,  p.  io-^i;  Fnstm  chrnnnloijiqnrs . 
p.  65. 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIECLE.  397 

sa  niort;  Us  nv  sVtablirent ,  en  eft'et,  dans  cette  ville, 
qu'en  Tannée 9 1  6  H.  (i  5o8-i5o9  de  J.-C.)  ou  gi  5  U. 
(i  Sog-i  5 1  o  de  J.-G.).  S'ils  purent  s'en  rendre  maîtres, 
c'est  grâce  à  ia  malédiction  que  le  chîkh  lança  contre 
Oran  et  ses  habitants.  En  effet,  les  gens  de  la  ville, 
agissant  contre  tout  droit ,  avaient  fait  mourir  injus- 
tement Ahmed  El-Haîdj S  fils  du  saint,  par  pure  ini- 
mitié. Le  meurtre  eut  heu  à  l'endroit  qui ,  actuelle- 
ment, est  désigné  sous  le  nom  de  la  victime  :  l'oued 
qui  y  coule  s'appelle  Oued  El  Haîdj  ^.  Les  Oranais 
prétendaient  faussement  que  le  fils  d'El-Haouvvâri 
était  un  danger  pour  leur  tranquillité^.  Le  chîkh, 
mis  au  courant  des  faits,  tout  d'abord  se  tut.  Mais 
sa  femme,  la  mère  d'Ahmed,  l'excitait  contre  les 
habitants  d'Oran,  à  tirer  vengeance  du  meurtre  de 
leur  fils.  Gomme  le  saint  ne  l'écoutait  pas,  un  jour 
elle  se  dirigea  vers  une  poule  qui  se  trouvait  là ,  con- 
duisant des  poussins.  Elle  en  prit  un ,  sous  les  yeux 
du  chîkh.  La  poule  aussitôt  accourut  et  se  mit  à  lui 
disputer  son  petit  qu'elle  voulait  sauver.  Comme 
la  poule  poussait  des  cris  :  «  0  El-Haouwâri ,  dit  la 
femme  du  saint,  vois  donc  à  quel  point  cette  poule 

'  L'auteur  de   Bisâ  El-Mouloûk  l'appelle   Mohammed  J^  Ulj 

*  A  quelques  kilomètres  au  sud-ouest  d'Oran.  Cet  endroit  est 
cité  à  diverses  reprises  par  Ibn  Zerfa  dans  sa  Bilda  (Cf.  0.  Houdas, 
Notice,  p.  Si,  70,  72);  il  le  place  à  l'est  de  l'Oued  Ifri. 

^  On  raconte  à  Oran,  à  Tlemcen,  que  Ahmed,  hls  d'El-Haou- 
wâri  était  ivrogne,  suivait  les  femmes,  détournait  les  épouses  de 
leurs  devoirs.  Un  jour,  dit-on,  il  était  assis  sur  la  Blansa  (place). 
Une  noce  vint  à  passer.  Au  grand  scandale  de  la' foule,  Ahmed  s'en 
vint  arracher  le  voile  de  la  jeune  mariée  pour  voir  son  visage. 


398  NOVEMBRE-DÉCEMBRE    1906. 

est  jalouse  de  sou  petit.  Et  toi,  tu  ne  vengerais  pas 
ton  ojifant,  victime  de  rinjustice  et  de  l'iniquité  P» 
Et  \x>ilii  que  le  chikh  entra  dans  une  violente  colère. 
S'adrehsant  aux  liahitiints  d'Oran  :  «  Poui*  quel  motif, 
leur  dit-il,  avex-vous  tué  uion  fils,  qui  (itait  la  joie 
de  mes  yeux,  le  Iniit  de  mon  coeur  et  comme  une 
{)artie  de  nioi-mêiiie  *  ? —  Parce  que,  n'pondirent 
cet  gens,  il  s'était  rendu  coupable  d'une  faute  dû- 
ment constatée  :  c'est  ia  loi  qui  Ta  lait  mourir.  — 
Qui  donc,  parmi  nos  savants,  repnt  \v  saint,  a  pix)- 
noncé  ne  ju'^emenli'  —  Mais,  n''pondit-on ,  nous 
n'a%ions  pas  besoin  de  jugement  en  cette  circons- 
tance. Seulement,  nous  avons  vu  dairement  que  Ja 
loi  condamnait  ton  (ils  à  mort,  et  par  suite  nous 
ra>ons  lait  mourir.  —  Et  vous  osey>  prétendi"e, 
s'écria  Sidi  Mhammed,  que  la  loi  a  ordonné  de  tuer 
mon  iîlsP  Mais  votre  accusation  est  si  peu  précise 
que  El-Haouwiu*i  ne  saurait  pardoruier  le  meui*tre 
de  son  enfant.  Et  si,  en  appan^nce,  vos  assertions 
sont  fondées,  en  allant  au  fond  des  choses,  ce  que 
vous  n'avez  pas  fait,  on  découvre  (pie  uiou  fils  était 
innocent  et  vos  calomnies  sont  réduites  à  néauL  » 
Alors  El-Haou\vàri  livra  Oran  aux  Chrétiens;  il 

'  D'après  la  légeudc  qui  e^l  (lam  tuulus  les  bouciics  à  Oran  et  aux 
enviroas,  les  habitants  Je  la  ville,  outrés  de  la  cuuduite  du  fils  d'Ël- 
llnoiiwâri,  allèreat  trouver  le  saint  :«  Un  individu,  lui  direot-ils, 
s'est  rendu  coupable  de  telle  faute.  Quelle  peine  doit-on  lui  inili- 
ger?  —  11  mérite  la  mort,  jugea  El-ILaouwâri.»  Or  c'était  son  lils 
qu'il  venait  de  condamner,  et  Alimed  fui  nus  à  mort.  (Xce  passage 
de  aUàt  El-Moalftûk  :  ^jl  (j^i  *^  U  Jut  j  ^iyV  ^<#^^4^  O^i 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIÈCLE.  399 

était ,  en  effet ,  k  sultan  de  la  ville ,  le  maître  de  ses 
destinées,  et  il  comptait  parmi  ceux  qui,  lorsqu'ils 
s'adressent  à  Dieu ,  obtiennent  l'exaucement  de  leurs 
vœuK^  Voici  les  termes  de  sa  malédiction  : 

«  Va ,  Oran ,  la  libertine  !  Toi ,  si  féconde  en  injus- 
tice ,  en  iniquités ,  en  calamités  ! 

«  Ô  toi  qui  es  peuplée  d'oppresseurs  et  de  voleurs, 
je  te  cède ,  par  la  seule  vente  qui  te  convienne ,  aux 
Chrétiens  de  Malaga  et  de  la  Galice  !  Jusqu'au  jour 
de  la  Résuri^ection  et  de  la  Rencontre ,  tant  que  tu 
reviendras,  tu  seras  répudiée^!  » 

Lorsqne  le  chîkh  eut  prononcé  ces  paroles,  l'un 
de  ses  disciples  assistant  à  cette  scène  (je  pense  que 
c'était  le  chîkh  Ibrahim  Et-Tàzi)  demanda  :  «  O  Sei- 
gneur, et  la  joie  suivra?  —  La  joie  reviendra  »,  répon- 
dit-il. Le  chikh  Aboû  1-Hasen  'Ah   El-Asfar^,  de 

'  Divers  biographes  'donnent  à  Ei-Haouwàri  le  titre  de  qolb 
(pôle);  sur  cette  appellation,  voir  Docttk,  l^s  MaraixmU,  p.  27; 
r/f/âm,  p.    39,  et  Blochet,  Esotérisme  musulman. 

^  JuULxJl  mis  sans  doute  pour  *liJ  ou  ciSÛJ!  (Cf.  Qor.  XL,  i5). 
On  dit  à  Oran  que,  dans  sa  colère,  le  chîkh  voulut  tout  d'abord 
jeter  la  ville  à  la  mer.  Ses  disciples  durent  intervenir  poar  le 
détourner  de  son  projet.  Cf.  Walsin-Esterhazy,  Dom.  tarqac , 
|).  102  :  «Sîdi  Mohamaied-ben-Awari  lança  à  cette  ville  (Oran) 
la  malédiction  suivante  :  «Oran,  ville  de  l'adultère,  voici  une 
«  prédiction  qui  s'accomplira  :  L'étranger  viendra  dans  tes  murs 
«jusqu'au  jour  dn  renvoi  et  de  la  rencontre.»  —  Ce  passage  est 
reproduit  par  Fev  ,  Histoire  d'Oran ,  p.  5 1 .  —  Nui  ne  songera  à 
reprocher  au  saint  sa  sévérité  à  l'égard  des  gens  d'Oran.  Voir  à  ce 
sujet  :  Ahmed  ben  'Ai.i,  FA-TImjhr,  fol.  i53  r",  app.  V. 

'  Ce  personnage  est  enterré  à  Agadir,  à  quelque  distance  du 
tombeau  de  Sîdî  'd-Daoudi ,  tout  près  de  celui  de  î>îdi  Menouer.  Je 
n'«i  relrowvé  aucune  inscription  dans  cette  hawita,  mal  ("entretenue 
et  qu'ombragent  un  olivier  et  un  inicocoidirr. 


400  NOVEMBRE-DECEMBRE    10U6. 

Tlemc«^ii ,   lut   Irnioiii   du  t'ait  qui  vient  il  etro   ra- 
conté'. 

L'un  des  disciples  du  saint,  Ibrahim  Et -Taxi, 
dans  une  qasida  riinée  en  »  [ta),  avertit  les  habitanb 
d'Oran  du  sort  qui  les  attendait'. 

Puissance  mystérieuse  du  saint.  —  Le  vertueux 
chikh,  le  pèlerin  béni,  Sidi  Mansoùr  Ben  'Amer  Ben 
Dilami  m'a  mconté  ce  qui  suit  :  «  Je  vins  une  fois  à 
Oran  et  je  rendis  visite  au  chikh  Sîdi  Vlhammed  El- 
Haouwàri.  Le  saint  m'interrogea  sur  l'état  de  ma 
santé.  Puis,  sachant  que  j'avais  une  zaouia  et  que  les 
gens,  en  vue  d'obtenir  la  sécurité  pour  leurs  per- 
sonnes et  pour  leurs  biens,  usaient  de  mon  nom  : 
«Il  n'est  convenable,  fit-il,  de  se  mettre  à  la  tête 
•  d'une,  zaouia  et  de  protéger  les  gens  que  pour  celui- 
4  là  seulement  qui  est  lui-même  protégé  par  Dieu^  et 
«  à  la  personne  duquel  nul  ne  saurait  nuire,  non  plus 
«  qu'à  tout  ce  qui  est  sous  sa  sauvegarde.  Et  le  moins 

'  Cette  «lecdote  se  trouve  dans  El-Maz\ri,  Toulon,  toi.  9, 
app.  VI,  |).  43().  —  Voir  aussi  Gorghos,  Notice,  p.  46o.  —  El- 
Djàmi'i,  Commentave ,  fol.  i5;  app.  IV,  p.  4a5;  Ahmed  Be>  'Ali, 
Et-Tlie(jhr.  loi.  i53,  app.  V,  p.  43o.  Lir»'  dans  ce  dernier  auteur 
une  longue  discussion  au  sujet  de  la  date  à  laquelle  Oran  devait 
rentrer  au  pouvoir  des  Musulmans  (fol.  iS^  r*,  app.  V). 

*  Cf.  B06  RAs,  'Adjaib.  trad.  Arnaud,  p.  78,  texte  R.  Basset, 
p.  70;  voir  aussi  :  Walsik  Esterh\7,y,  Dom.  tarqne ,  p.  191  et 
suiv.;  Fey,  Hist.  d'Oran ,  p.  îSs.  —  El-Maz\ri,  Tonlou,  fol,  61. 

•''  Cf.  ces  paroles  de  Aboû  'I-Mersi  [Letàif  El-Minan .  p.  27):  •  Le 
saint  est  avec  Dieu  comme  le  lionceau  près  du  sein  de  sa  mère; 
vis-tu  jamais  celle-ci  l'abandonner  à  ceux  qui  viennent  le  lui 
ravir?» 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIÈCLE.  401 

«  qu'il  pourrait  faire ,  ce  serait  de  causer  de  vives  souf- 
«  frances  aux  gens  qui  porteraient  préjudice ,  soit  à 
«  lui ,  soit  à  ceux  qu'il  protège ,  rien  qu'en  les  tou- 
«  chant  du  pan  de  son  vêtement  ;  sinon ,  il  trompe  le 
«  monde.  »  C'est  là  à  peu  près  ce  qu'il  me  dit. 

«  Le  chîkh  étant  parti ,  je  montai  en  haut  de  la 
zaouia  auprès  de  Sîdi  Ibrahim  Et-Tâzi,  pour  lui 
rendre  visite.  Lorsque  je  l'eus  salué,  comme  il  avait 
entendu  le  chîkh  El-Haouwâri  me  parler  de  douleurs 
vives ,  il  me  dit  :  «  Une  belle  occasion  t'a  été  offerte 
M  par  le  chîkh  et  tu  n'en  as  pas  su  profiter.  —  Quelle 
«  est  donc,  m'écriai-je,  cette  occasion  que  j'ai  laissé 
«  échapper  ?  »  Sîdi  Ibrahim  expliqua  :  «  Au  moment 
«  où  le  chîkh  prononçait  ces  mots  :  «  Le  moins  que 
«  puisse  faire  celui  à  qui  les  gens  se  confient  serait  de 
«  causer  des  souffrances  aiguës ,  avec  le  pan  de  son 
«  vêtement ,  à  tous  ceux  qui  se  permettent  de  lui  man- 
«  quer  de  respect  »,  à  ce  moment,  dis-je,  tu  aurais  dû 
«  lui  dire  :  «  0  Sîdi,  je  désire  cette  faveur  et  je  compte 
«  sur  toi  pour  me  la  faire  obtenir.  »  Je  répondis  :  «  Ma 
«  sottise  m'a  empêché  de  penser  à  cela.  —  L'occasion 
«  est  passée ,  dit  Sîdi  Ibrahim  ;  mais ,  s'il  plaît  à  Dieu , 
«  je  ferai  en  sorte  qu'elle  se  représente  pour  toi.  »  Mais 
telle  était  ma  sottise  et  si  grande  ma  stupidité ,  que  je 
partis  sans  avoir  demandé  au  chîkh  Ibrahim  de  tenir 
sa  promesse  ^ 

Sar  l'ordre  du  saint ,  une  chienne  délivre  un  Musul- 
man ,  captif  des  Chrétiens.  —  Une  femme  avait  son 

'  Cf.  In\  Meryem,  Bostân ,  fol.  246,  app.  111,  p.  421. 
VIII.  27 


403  NOVEMBRE-DECEMBRE    1006. 

fils  prisonnier  et  vint  auprès  d'El-Haouwnri  se 
plaindre  de  son  nialheui*  :«  Va,  lui  dit  le  suint,  pré- 
pare un  plat  de  thiid^  et  de  viande  et  apporte-rlo 
moi.»  Klle  obéit  et,  se  conformant  à  Tordre  du 
chikh ,  elle  apporta  à  celui-ci  un  plat  tel  qu'il  le  lui 
avait  commandé.  Sidi  Mliammed  le  donna  à  une 
chienne  qui  était  là,  allaitant  de  jeunes  lévriers. 
Lorsque  l'animal  eut  fini  de  iiiang(;r  :  <«  Cours ,  ordonna 
le  saint,  à  tel  endroit  do  telle  ville,  située  sur  le  rivage 
du  pays  des  Chrétiens  (que  Dieu  les  extermine!)  et 
amène-moi  le  fds  de  cette  l'enimc,  qui  est  prisonnier 
là-bas.  *  A  l'instant,  la  levrette  partit.  Par  le  pouvoir 
de  Celui  qui ,  à  la  puissance  de  ses  saints ,  soumit  les 
flots,  die  traversa  la  mer.  Elle  trouva,  dit-on,  le 
captif  venant  d'acheter  de  la  viande^  pour  la  Chré- 
tienne qu'il  servait,  La  chienne  lui  prit  la  viande  des 
mains.  Par  crainte  de  la  Chrétienne,  le  captif  piour- 
sui\it  la  levrette  jusqu  au  moment  où  une  rigole  se 
présenta  à  lui.  Il  la  franchit,  par  le  pouvoir  du  Tout- 
Puissant,  bien  que  ce  fût  la  mer.  11  suivit  la  chienne 
jusqu'à  ce  que  celle-ci  l'eut  rendu  à  sa  mère,  à  Oran. 
Un  fait  de  ce  genre  est  d'ailleurs,  pour  les  saints, 
chose  relativement  simple^. 

'  Sur  ce  meU,  c£  ma  brochure  iiirVEnnâjer  cket  lei  Ikni  Snoûs, 
dans  la  Rev.afr..  n'a56  (igoâ),  p.  6i. 

*  Du  foie  (Ahmed  Ben  *Ali  et  Es-Sebbâgh);  des  tripes  (Toidou). 

'  Cf.  Es-Skbbàgh,  f"  laS,  app.  II,  p.  4»o.  —  Le  même  récit  se 
trouve  avec  de  rares  variantes  dans  AhmeoBrn Mohammed,  Et-Theçjhr. 
f  ià3,  paaaage  traduit  par  Gorccos,  Notice .  p.  à6o.  Cf.  aussi  El- 
Mazari,  Tonlon.  C  S.  —  Es-Sehbâi;h  ajoute  :  «Les  miracles  de  Sîdi 
£l-Ilaouwàri  sont  nombmix.  mais  je  n'ea  ai  pas  cimnai séance.  » 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV'  SIÈCLE.  403 

Mcqlâch  tombe  malade  après  s'être  permis  de  contra- 
rier Sidi  Mhammed.  —  Aboû  'Abd  AUah  Ibn  El- 
Azraq  rapporte  l'anecdote  suivante  ^  : 

«  J'ai  lu  dans  l'ouvrage  d'un  auteur  contemporain 
que  le  cbîkh,  le  saint,  le  pieux,  le  célèbre  Aboû  'Abd 
Allah  El-Haouwâri ,  installé  à  Oran ,  composa  un  ou- 
vrage intitulé  Sehoâ,  accompagné  du  Tenhîh.  Le 
jurisconsulte  Aboû  Zeîd  'Abd  Er-Rahmân,  connu 
sous  le  nom  de  El-Meqlâch^,  prit  ce  livre,  retoucha 
certaines  parties  au  point  de  vue  de  la  mesure  ou  de 
la  correction  grammaticale ,  puis  l'apporta  au  chîkh 
en  lui  disant  :  «  Sîdi,  j'ai  corrigé  ton  Sehoa.  —  Ce 
Selwû ,  répondit  Sîdi  Mhammed ,  s'appellera  le  Sehoû 
de  Meqlâch  ;  quant  au  mien ,  c'est  le  Sehoâ  des  faqîrs  ; 
on  ne  doit  tenir  compte  que  du  sens.  Mhammed 
El-Haouwâri  n'a  que  faire  de  la  correction  et  de  la 
mesure.  J'entends  même  que  mon  Sehoâ  reste  tel 
qu'il  est.  » 

A  ce  sujet,  Ibn  El-Azraq  observe  :  IHusieurs  poètes 
ont  dit  (  Taivil)  : 

La  perfection  du  langage  ne  te  sera  d'aucune  utilité,  si 
tu  ne  crains  pas  Dieu\ 

Jamais  une  langue  incorrecte  n'a  déconsidéré  un  homme 
de  piété. 

'  EUe  se  trouve  clans  Ahmed BAuA,  Nil.  p.  317; — Ibn  Mbhyem, 
Bostân,  P  289  v",  app.  III,  p.  4i3;  —  El-Maïari,  Toulou,  f°  16. 
On  y  fait  allusion  dans  Eddourrat  El-Aniqa  ^  P  4  du  manuscrit  de 
Si  Bagbdudi. 

*  Ce  personnage  est  cité  dans  ël-Mazari,  Toulon,  f  16,  qui  se 
borne  à  dire  :  «^UJI  yy>-!t  ^J^  (J^i- 

^  Kl-Mazari,    Tonlou.    T'   16,   fait  précéder  ce  vers  de  drii.v 

a?. 


404  NOVEMBRE-DECEMBRE    1906. 

Pour  avoir  causé  au  saint  ce  désajjrômenl,  'Abd- 
Er-Rahmàn  ne  cessa  d'être  agité  d'un  tremblement 
nen  eux  jusqu'à  sa  mort. 

De  son  vivant,  Sîdi  Mhainmed  était  respecté  et 
craint  dans  toute  la  région  avoisinant  Oran.  A  cette 
époque  troublée,  le  pays  était  inlesté  de  brigands'. 
L'autorité  des  princes  étant  insuflisante  à  assurer  la 
sécurité,  les  babitants  plaçaient  leurs  personnes  et 
leurs  biens  sous  la  protection  de  Sîdi  Mliannned. 
C'est  ce  que  conlirnie  le  passage  suivant  du  Bostdn^: 

Le  saint  garantit  à  nn  individu  la  sécurité  pour  sa 
personne  et  pour  ses  biens.  —  Mon  frère ,  Sîdi  'Ali  't- 
Tàlloùti,  me  fit  également  le  récit  suivant^  :  «Un 
homme  vint,  un  jour,  de  la  ville  d'Oran  et  demanda 
à  être  admis  auprès  du  cbîkb  Sîdi  Labsen*.  Celui-ci 
le  lui  accorda  et  j'entrai  en  même  temps  que  lui. 
Cet  bomme  exhiba  un  document  appuyé  de  divers 
témoignages.  Il  me  le  tendit  et  je  le  lus  au  cbîkb.  En 
voici  la  teneur  :  Les  témoins  dont  les  noms  figurent 
à  la  suite  du  présent  acte,  attestent  que  le  saint,  le 
vertueux,  le  pôle  (suivaient  une  foule  de  qualités  à 

autres  :  «Ma  langue  est  éloquente  et  ne  laisse  échapper  que  des 
lerines  précis.  Puisse-t-elle  être  sauvée  au  jour  du  jugement  dernier  ! 
—  Car  si  en  ce  monde,  je  la  trouve  agile,  je  crains  de  la  voir 
bridée  au  jour  de  la  Rt-surrection.  » 

'  Voir  à  ce  sujet  l'anecdote  rapporU'c  par  Ibi»  Sa'ad,  Hawda, 
f*  75  ï°,  et  Ibi  Meryem,  Bostàn,  t°  2 '17  r". 

*  Cf.  Ibn  Merykm,  lioatân ,  P  346,  app.  111,  p.  .'122. 
'  C'est  le  cliîkh  Senoiisi  qui  parle. 

*  Sidi  Lahsen  Aberkàn,  cf.  supra,  p.  398. 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIfiCLE.  405 

l'adresso  de  Sîdi  Mhammod  Rl-llaouwâri)  garantit  à 
un  tel,  flis  d'un  tel  (c'est-à-dire  à  l'homme  en  ques- 
tion), la  sécurité  pour  sa  personne  et  pour  ses  biens. 
Au-dessous  de  ces  mots,  le  chîkh  El-Haouwâri  avait 
ajouté,  de  sa  main ,  qu'il  approuvait  le  contenu  de  cet 
acte.  Le  visiteur  étant  sorti ,  comme  je  me  trouvais 
seul  avec  Sîdi  Lahsen,  je  laissai  voir  mon  étonne- 
mcnt,  trouvant  étrange  la  possibilité  d'un  fait  de  ce 
genre.  Le  chîkh  me  répondit  :  «  Sîdi  Mhammed 
«  compte  évidemment  parmi  les  hommes  de  perfec- 
«  tion.  De  tels  faits  ne  doivent  pas  nous  surprendre 
«  de  sa  part.  Car  ils  lui  sont  permis ,  ce  qui  n'est 
«  pas  le  cas  pour  d'autres,  qui,  eux,  n'ont  pas  atteint 
u  au  même  degré  de  sainteté.  » 

Dieu  punissait  ceux  qui  ne  respectaient  pas  les  privi- 
lèges du  saint.  —  Le  nom  du  chîkh ,  un  écrit  de  la 
main  de  ce  pieux  personnage  ^  assuraient  la  sécurité 
aux  gens  qu'il  couvrait  de  sa  protection.  Les  environs 
de  sa  zaouia  étaient  pour  tous  ceux  qui  s'y  réfu- 
giaient un  asile  inviolable. 

«  C'est  de  cette  sévère  façon ,  dit  Ibn  Sa'ad  ^,  que 
Dieu  avait  coutume  de  traiter  et  ceux  qui  s'oppo- 
saient à  la  prospérité  de  la  zaouia  de  Sîdi  Mhammed 
et  ceux  qui  inquiétaient  les  criminels,  réfugiés  dans 
son   enceinte    sacrée^.    L'àme,  qui  incite   au   mal, 

'  Cf.  supra,  p.   /io/f. 

^  Ibn  Sa'ad,  Rawda,  f°  462.  Ce  passage  se  retrouve  dans  AnvRo 
BEN  Mohammed,  f°  i53,  app.  V,  p.  /i3o. 

'  Sur  les  zaouias  «horra»,  cf.  A.  Cour,  L'étahlissewent  des  dynas- 
iies  des  ckérifs  au  Maroc,  Paris,  190^  •  P-  ?• 


40ê  NOVEMBRE-DÉCEMBRE    1906. 

porta  beaucoup  de  gouverneurs  d'(3ran  et  nombre 
de  ses  chefs,  tombés  dans  l'abjection,  à  mépriser 
l'inviolabilité  de  la  zaouia  '  et  à  en  faire  sortir  ceux 
qui  y  avaient  cherché  asile.  Or.  nous  avons  constaté 
que  Dieu  tirait  vengeance  des  auteurs  de  ces  ùÀiA 
elles  punissait  (*n  les  frappant  là  où  ils  se  jugeaient 
le  mieux  garantis.  Les  marques  de  la  colère  divine 
apparaissaient  dans  leur  personne ,  dans  leur  fortune, 
dans  leurs  enfants,  à  tel  point  qu'il  ny  avait  plus 
pour  eux ,  ni  dans  le  présent ,  ni  dans  l'avenir,  un 
moment  de  bonheur.  » 

\je  fait  merveilleux  qui  suit,  rapporté  par  Ahmed 
Ben  Mohammed  Ben  *Ali,  vient  corroborer  les 
paroles  d'Ibn  Sa'ad*. 

Mort  du  chaouch  de  Bou  Chlâgheni.  —  Une  per- 
sonne ,  aux  paroles  de  laquelle  on  peut  se  fier,  m'a 
raconté  que  certain  criminel ,  poui*  échapper  à  Boû 
Ghlàghem',  se  réfugia  près  du  tombeau  de  Sîdi  '1- 
Haouwâri.  Le  gouverneur  ordonna  à  son  chaouch 
de  faire  sortir  le  fugitif;  le  serviteur  obéit. 

Mais  Boû  Ghlàgrhm  étant  endormi  vit  en  songe 
Sîdi  Mhammed.  •  Tu  violes  mon  sanctuaire,  lui  dit 
le  saint,  et  tu  en  fais  sortir  ceux  qui  y  cherchent 

'  La  horma  de  la  mosquée  de  Sîdi  1-Haouwâri  s'étendait,  dit-on, 
jusqu'à  l'entrée  de  la  rue  du  Vieux-Château,  et  même  jusqu'au  bu- 
reau actuddes  Mines. 

*  Cf.  Ahmed  Beîc  Mohammed,  f  i54.  app.  V,  p.  43a. 

'  CL  Wàlsin  ëstubazt,  Dam.  turque,  p.  171;  —  Fby,  Hist. 
d'Oian  ,  p.  m. 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIÈCLE.  407 

asilo;  mais  ]e.s  Chrétiens  arracheront,  tel  jour,  le 
pays  de  ta  main.  Et  quand  tu  te  réveilleras,  tu 
verras  ce  qui  est  arrivé  à  ton  chaouch.  » 

A  son  réveil,  Boû  Chlâghem  s'enquit  de  son  ser- 
viteur; il  le  trouva  gonflé  comme  une  outre,  si  bien 
qu'il  était  mort.  Et  au  jour  fixé  par  le  saint,  le  pays 
fut  enlevé  à  Boû  Chlâghem  ^ 

L'auteur  du  commentaire  de  la  Halfâwiya  rap- 
porte un  autre  fait  merveilleux,  produit  par  le  saint 
après  sa  mort  ^  : 

Sidi  Mhammed  annonce  la  prise  d'Oran  par  les  Mu- 
sulmans. —  La  nuit  où  eut  lieu  la  prise  d'Oran ,  un 
menuisier  d'Alger  vit  Sîdi  Mhammed  El-Haouwâri 
en  songe.  «  Construis-moi,  dit  le  saint,  un  cénotaphe 
qui  sera  placé  sur  mon  tombeau  à  Oran.  Je  suis  El- 
Haouwâri.  —  0  seigneur,  lui  répondit  le  menuisier, 
ce  sera  pour  quand  la  ville  sera  prise.  —  Elle  l'a 
été  cette  nuit,  dit  le  saint'.  » 

Sidi  Mhammed  et  Veau  à  Oran.  — -  Un  jour,  chez 
le  chîkh  Sîdi  Ahmed  où  s'étaient  réunies  diverses 
personnes,  parmi  lesquelles  le  jurisconsulte  béni 
Sîdi  'Abd  Er-Rahmân ,  petit-fds  de  Sîdi  Mhammed  El- 
Haouwâri  ,  l'entretien  portait  sur  l'eau  qu'amena ,  à 

1  En  1708. 

^  Celui  dont  les  miracles  n'apparaissent  pas  après  sa  mort  aussi 
bien  que  de  son  vivant  n'est  pas  un  vrai  saint  (El-Badjodri  , 
ToA/a,p.  83). 

•^  Cette  anecdote  se  trouve  dans  El-DjÂmi'i.  Commentaire ,  (°  9g  r°, 
app.  IV,  p.  426. 


408  NOVEMBRE  DÉCEMBRE    lOOfi. 

Oran,  Sîdi  Ibrahim  Et-Tàzi  '.  J'entendis  Sîdi  Lahsen 
(lire  à  Sidi  Abd  Er-RalinitTn  en  un  long  discours  : 
«  Si  ton  grand-père  voulait  faire  venir  l'eau  du  Tes- 
sala  à  Oran ,  assur<^ment  il  le  pourrait  faire  ^.  » 

Sidi  'l-Haouwâri  et  les  lions.  —  Un  jour,  à  Oran , 
dans  la  ({oubba  où  repose  Sidi  l-Haouwàri,  les  fidèles 
étaient  réunis  et  priaient.  C'était  au  moment  précis 
où  l'iniâm,  achevant  la  prière,  disait  aux  assistants  : 
«Que  le  salut  soit  sur  vous!  »  Un  rugissement  sorti 
du  tombeau  du  saint  lui  répondit.  Les  Musulmans 
et  l'imàm  lui-même  s'enfuirent  terrifiés.  Et  pendant 
plus  d'une  heure,  on  put  entendi'e  la  voix  du  lion 
mgissant  dans  le  tombeau  de  Sîdi 'l-Haouwâri*. 

Des  personnes  d'Aîn  Téniouchent  ont  vu  aussi 

•  Cf.  ElMazari,  Toulou.f*  i3. 

•  Cf.  Ibh  Sa'ad.  Rawda.  f*  45  r".  —  Le»  habitants  d'Oran  attri- 
buent au  chikh  Kl-Ilaouwàri  (|)<>iit-(Hre  confondu  ici  avec  Sidi 
Ibrahim  Et-Tàzi)  ia  production  de  diverses  sources  aux  environs 
de  la  ville.  Un  jour,  dit-on,  des  jeunes  gens  étudiaient,  dans 
une  montagne  \oisine  d'Oran,  sous  la  direrlion  de  Sidi 'l-Haou- 
wâri. Les  élèves  mouraient  <!*■  soif  et  l'eau  manquait  :  •  Prends  un 
bâton,  dit  le  saint  à  l'un  des  étudiants,  et  traîne-le  derrière 
lui;  mais  en  marchant,  garde-toi  de  te  retourner.!  L'élève  obéit 
et  marcha  dan»  la  direction  de  la  ville.  Arrivé  au  lieu  dit  liilal , 
il  s'arrêta;  et,  se  retournant,  il  vit,  derrière  lui,  l'eau  qui  sortait 
de  terre  et  coulait  sur  la  trace  de  son  bâton.  Survint  le  saint 
qui  se  mit  à  gronder  le  jeune  garron  :  «  Pourquoi  as-tu  tourné  la 
tête  malgré  ma  défense?  lui  dit-il;  si  tu  avais  continué  ta  marche 
Jusqu'au  milieu  d'Oran,  c'est  là  que  maintenant  jaillirait  cette 
eau!i  (Rapporté  par  M.  SouK  Gliaouti.) 

•'  Cette  légende  a  cours  à  Oran.  —  Contée  par  Si  1-liâdj  'Abd 
El-Qâder  ould  Sîdi  'l-Haouwâri.  A  Oran ,  on  donne  souvent  au 
saint  le  nom  de  Seba'  Sîdi  'l-Haouv»àri. 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV"  SIÈCLE.  409 

des  lions  dans  la  kheloua  du  chîkh  Kl-Haouvvàri ,  à 
Barkèche^ 

Lorsque  Sîdi  Mhamnied  venait  au  bord  de  la 
mer,  les  petits  poissons  ne  fuyaient  pas  au  bruit  de 
ses  pas;  ils  continuaient  leurs  jeux  en  sa  présence. 
Et  quand  le  saint  entrait  dans  la  mer,  les  gros  pois- 
sons voraces,  ceux  qui,  même  pour  l'homme,  sont 
un  danger,  accouraient  près  de  lui  et,  oubliant  leur 
férocité,  prenaient  leurs  ébats  en  sa  présence. 

IV.  TEXTES. 


APPENDICE  I. 

Extrait  de  l'ouvrage  de  El-Melâli  intitulé  :  El- 
Mawâhih  El-Qoudsiya,  fol.  2  i  demonms.;  cf.  supra, 
p.  299. 

^^*X.A.*M  ^(ÇVAwÀJ  Axxjijdî^  _^4*J!    Lj\ji£      (*î^  ^  'r^*-^     *^b^ 

-^  Jl^  ^  (jJuU53î     ^.^^  '  *ijJlla^  «-.^>-*  J*i^  od»  ^yJ 

'  Notamment  El-Haouwâri  Ahmed  Ben  Mohammed  Bon  Zehâr. 
On  raconte  que,  récemment,  une  Oranaise,  Bent  Ben  Aouali, 
entrant  dans  la  qoubha  de  Sîdi  '1-Haouuàri ,  vit  derrière  le  céno- 
taphe un  lion  couché  qui  la  fixait.  Elle  ferma  aussitôt  les  yeux  cl , 
de  saisissement,  tomba  é\anouie.  La  malheureuse  en  fit  une  ma- 
ladie et  perdit  la  vue.  Elle  passe  son  temps  à  chanter  les  louanges 
du  saint.  (Rapporté  par  M.  Belbachir  d'Oran). 

*  Cf.  Ibn  Meryem,  Bostân  [Biogr..  71).  -  ''  Cf.  Bost.  :  yL5^ 
J  ÂjJLkil  y^.  —  *  Ms.  Alger  (A)  :  ^1x5^  —  ^  A  :  iCijJlIa^  »^'. 
—  «  Ms.  :  ^^i^. 


410  NOVEMBRE-DÉCEMBRE    lOOfi. 

VI  Aj  i^îJCxl^  »^4-  y  (j*  JXJ  JUj  aMI  *5-j  «jp  (^y^-i* 
i^jhJllj  Lô-iJj!  ^  a-jL*Lw  AJI3  jîJU«rf  i)^  isy>^.  ^^  ^y^. 

'  iyjt  U  -A*  »J;-siiW  j._y  J^  ^  yàJU  _^4-*JI  |<>i^    »b  J^ 

•y 

)-i!^  Jutbj  ^JcuL*  iuMJo^    aaU  (>yt*3  iJi  A*^  s^y 

AÀft  -Oll  ^^^  (4)^^  f^7^^  iS^^t!^  {J*  UlCfx*  \ùS  ^*AAi3 

APPENDICE  II. 

Extrait  de  l'ouvrage  de  Es-Sebbâgh  intitui<^  :  Bostàn 
El-Azhâr,  fol.  123  de  mon  ms.;  cf.  supra,  p.  3o2. 

û^     «XjyUI  AJu<ai  *olkfti  ^  OfiJjiJ'  S^**^^^  (:^  ^^  ^9 

'  Tout  ce  passage  depuis  l»|;f  manque  dans  Bo*(.  —  *  Ms.  : 
^;  Ziojt.  ;  ^.  —  ■>  Ms.  et  A  :  JgA<;  BoJt.  ;  J-aJ.  —  *   Bost.  :  *sSl;  • 

—  ^  Boit.  ;  »j-  ytui.  —  «  Bost.  :  ^ûljiU,  —  '  Bost.  :  J>\f^^\»  <si^^i' 

—  »  A  :  JLOOJ. 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIÈCLE.  411 

xjt-Aa»  ^^Xicsw!^  c^^5  I4Î  JL«  »-«-l  n^SiitJ  }^<>>X\  <^;[jV^ 

C)  1  1% 

wol    o^AjiJUl^   "  oAxAd  14^   (sic)       /yJUr^j  (*^^^  «N?y^^  (^ 
x^o  8«XÀ£  eAil^  iui^L*J   li^lk£U  Uj^l  b»  iùuaiJU  XaJ! 

7  fi 

A  O 

18 


'  Le  texte  de  Dj  [Et-Theghr  El-Djoumâni,  f"  i53  r")  porte  ($U,>I-, 
de  même  dans  T  [Toulon  Sa'ad  Es-Sa'oûd,  f"  7).  —  *  Dj  aj.  :  JJi; 
T  :  L^  jujU.  —  '  Tout  ce  passage  depuis  ciJix^l  manque  dans  Dj 
et  dans  T.  —  ^  Ce  mot  est  supprimé  dans  Dj  et  dans  T.  - — 
5  A  :  ^>«r.  —  "  Les  mots  \jSïjJ^  ^^  manquent  dans  Dj  et 
dans  T.  —  '  Ces  deux  mots  manquent  dans  Dj  et  dans  T.  — 
»  Dj  et  T  :  ïIjiJ.  —  »  T  :  ca^Lj.;  —  "»  Dj  :  JLjO-  aMI  ï^oob.  — 
11  Dj  :  (ijx^!  o^i•,  T  J  <5jx^t  *3.>o.^.  —  "  T  :  S^lj^ .  —  w  pj  ,  ^(^ 
—  "A  :  M^^\ .  —  '5  Lgg  „jjQ^5  j  j^  J^  Jùyo^l  iC-JyUJI  manquent 
dans  Dj.  —  '«  Dj  ;  ULUiSj.  —  "  D  :  U^!  ^  (^^3,  —  "  Ce 
qui  suit  manque  dans  Djj,;  T  :  yljjij  ^<. 


411  NOVEMBRE-DÉCEMBRE   1900. 

4>^  ^«X-A.^  i^Ll*^  ^J.fUL:^^  A^  aMI  ^^ÀxAj  aMI  cLJ^I 
I4J*  oui  ^  43!  i)l  'ij*Ji^  iS)^y^^ 

APPENDICE  III. 
Extrait  du  Bostân  d'fbn  Meryem  ;  cf.  siipra,  p.  3o  1 . 

Fol.    aSg  r°  du  ms.  Marçais.  j_^^1^1j.$  ^  .x^ 

^^..MM^tX'SAJ'      iS*'^'^    iÙ^    (J**^     «XÀk.1        y><^3     Li«M«M    JLA.LA.MAji 

ÂJs>«xIt^  a5C*  ^^  il«X4  (fol.  qSq  v°)  vjii^j^l  |*j^l^  ^^'^^ 

Â4àA«J  iU^.Luw  ^  (^^1^  iLy«t  ^yL>  A<«Uw  ^  ^Oj  |*LMJt   ^^ 

'  T  et  N   «j.  :  1^.    —    '  T  :  ^^t.v.M ;  M.    \  :  ^.,,a...vM. 
^  M  :  X^yii  T.  N   :  iOil  k^^  iuL»^;  rf.  /{aWn  :  M\  S^.  **-,  ^Js^ 


UN  SAINT  VrUSLLVIAN  AU  XV"  SIÈC.LK.  413 

*-AjuJt  (fol.  2  4o  r")  »*Xi.l  aax^'  *«J^  J*  c^*>Ji,>4-JI 

*Lç-il  *-A-9  y^^      (jM-mU  0^-*il  (j'^7^'   ****^  *^)  ->^^ 

if^yii  u  Jx  J.AJ  t<:^^  Ji  t^;W  »x.«^  y3^i^  A-sy»^' 

(oU  (^w::*.        (jiw*j^  U^^'  *^^^  "^j"  ^-5  (S^^  1»^^  U^ 

/w*-J  cy-^-i!^         ^£yJjtM  jjtjJul    *jL»!o    0«Jtkj    «XÀ»    Ai    AMÎ 


p.  17,  et  Toidou  Sa  ad  Esm'ond,  p.  169  :  aWI  s^^la  iùuv  J^. 

'  ï ,  N  :  Jsjiljj;  M  :  i^^^ .  —  *  Ce  mot  se  rapporte  à  El-Haouwàri. 

-    3  M  :  Ov*,JuJl,    —   *  M  :  JulJ.    —  5  ^UjL«   dans    Ahmed 

liàbà,   NU.  p.    317;  Ei,-Mazari  ,    Touloâ,   fol.   3i    :    Ji5*jL».    — 

•i  T  :  o^;  N  :  ►L-il  *jo  vj^l .  -  -  '  M,  N  :  ^1  J! .  --  »  M  : 
csv^il  *^  ^.  --  »  N  :  ^^.1  L.^.  -  '«  T  :  J.;3  ,ji\.  -  "  T, 
M  :  iXjl  Jw*.  —  '2  T  t^yL'!^.         '•'  T  ajoute  »Owa?.  —  '*  M,  N 


414  NOVEMBRE-DÉCEMBRE   1006. 

(jy^  «T^jJ^I      à^Uj     »yo\s,  [^  jS  A^il^JÎ   ^  *J    *rf«XÀjJI 

(j^  i^-m-i  ^«>^-^^  ^"^^  y^  '^  (^*^^*   ^^^  ^°)  '^3^' 

^  Ji  â^LJt  (Jif  ^JJ^  ^(;  U*U.  ^L4^  ^^  X>;(^  o^^ 

5 

^  \L(fià  ^i^  (j^  /»^liul  »IaJ^^(  c>^  Ut)  A«j»  Ui>b  aàL 

7 
^y^  iUiw^   L^X^   <^;IM-^^    "^  <rF*^^^^  ^'^^"^      ^'^^  '^^ 

•Ux»l^  i^,Ajl  Jl  y ;-«-«.*«>-»  Jf«^^  c>JH**      ^^)  v!>^ 

1  9 

5I  CjLJJI  (foi.   24l    I^)  COUm  C^)  Jai>;iJ  JyM  Aj«Xs^^ 


^1.'  —  »  T,  N  :  »Ovi»ùnjy*  JS".  —  »  T  ->>*^  U;*;  M  :  oOLo; 
N2jJli(^.  — »  T.M.  N  :  L^ib.  —  •  N,  N  :  U^-^l.  —  '  Ce 
mot  manque  dans  M;  N  donne  jU:AjJ|  >«!LjJ)  .  —  *  M,  N  :  ifjj.  — • 

—  "  M  ajonte  Jilj  j-s*!  ^^i».  ^«».t;j  u.ui3t  ^^l  p^-^l-»  v*-^'  ^  *-* 
«-èJI  v'^»-  •  —  i^**"»  T ,  N  ,  au  lieu  de  w*A>'  u'  fy^^*-  •  ""  ^'^  T^^ 
.j^il  Ul.   -  '5  M  :  ÂjUÛt.  —  '^  T,  M,  N:  *^  >«3. 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIÈCLE.  415 

(^JvjU»»  tjUS   \ù^  (^«^^^   ^.   *J  JyS?^  **>|^  cM^'^   Xs*-U9 

iJliLe  ^  •r'^^  J=»7^'  ^y'*'^  ^^'  <-^  o-fc^  l^  (J"^^ 

L«  ^.jJSr  J^5  »;i»''  (J«fr  <j'  i^  ^-^j^^  (J^  l;^*-**  i;^'**" 
^^jja[Â  iu  il>J^-:6?  U  J^  J^     *i-  »^!  <ji  *J^t  (jy*  *A* 

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UbU.tAb  Jo^  L^Jue  bLu!  Osi^l  «^1^  U  j5i>  v>J)3  bjO  (^^AAAAW 
0«J>^î  ^^  LA*X-J«!?  ^U-?  l.fl  i  g  CM£i3  *juO  (fol.  2  4  1  V°.) 
c:^L«  ^^v:^   ^^<*>J^  ^  O^^  (^  A^^  «><^  fttXj^   l^         U«>xtji^ 

yj  (^*mA.  4^*>yy«M  ^?aII  oIsèp!    jjIjI  (jjj«  ^JOy  ^jN>jjMtJ^  ^J^• 

'  Ce  mot  manque  dans  T.  —  '  M  :  ^^^l .  —  ^  M  : .  . .  j*i.l  *J> 
J^ .  —  »   T.  M,  N  :  ^i  ^3.  ^    •'^   ï,  N  :  iJoi  tjl  Jl  ;  M  :  ^I  Ji. 

—  «  T,  N,'  M  :  «w^  jvi,.  —  '  T,  N  :  U,  --  »  T,  N  :  J>.fi  ^JJl:,-, 
yl  viUi.  —  »  T,  M  :  «J  l-iftLjL^JLk..  —  '«  T,  N  :  Ux*;^.  — 
"  T,  N  :;L5'.  —  '«  M  :  JU  *il. 


4M  NOVEMBRE- UKCEMBRE    lOUO. 

Jift  (51c)  tj-^  Lcl  4(v-iJI  *J  JIa*  ^^  (^  iX-^Mj*  ^^  joitf 

oy.^JC*  JU   jJ^  »«Xa£  (jmuJ  ç^OJt  M93r*  (J^^  *Jû«m   Vt^ift 

(Jl_»  ow«Jsjt»  ^Lm^  (JI  ow^'    (^«xJ^  fttXÀc    ^^)r*  {^^ 
(Ibi.a/iar-.)  '^uJJ^Joi^Lli^»wil  ^  JLo  ^1 

r         11        ,     10  .  I     ^  Il 

(^«XjyiM  ^çVâJI  0^  ovjb«sM  U  ^5Sl      JU     ^'^ULiCcl«4^     Jt 

^  15 

«X-4^  ^*X-A.4M  ^0umJI  aJU  U  03|w«  ^t  <y^  <^*^^"^^  é^''*^ 


'  T.N:JI.  — •  N  :  ,,y-X  j^  J^l  tfj.^;  M  :  ^Jy-^i»l .  —  '  T.M.N: 
^j^^^ufiJl  j5oat,5^.  —  »M:jjCil  i).  -»M,N:^I  JI.— 
'•  T,  M,  N  ajoutent  o.*.  -  "  T,  M,  \  :  ^iU..  —  "  T.  M, 
iN  :  ;l^  Â^a.  jl.  —  "  T,  N  :  JU*.  —  •♦  T.  M.  N  ajout.»nt  ^.  — 
»*  T,M,  N  :  «.wfj;. 


m  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIÈCLE.  417 

U  yLkJUJI  yl  (fol.  2/i2  V)  ^^bJI  Jl*  ^sô.^  ^t 

(^«X.AUM  ^"^i  (ji  liA-^^  |;-ajL^  «>^-7-^  ^Lk-LJt  /Oa  (j»li£.- 

•y 
^jlb.X  ^<...nj  j,*^**:      t^^i^^i   *X^  (^*Xx«*»  içViiJ^  (0J*3^-à*.  (<*^ 

\yjj  ^-ûJî  t_>'>^  tj'*^'^  u'  *-^^  ylioLJi  aj  JU5  (j^JUi. 

'  T,  N  :  p5»5:  —  2  T  U^^b  jolS;  N  U»^  b  oou;  M  a  laissé  le 
passage  en  blanc.  —  "^  Les  mots  dUJ^^ilJ  ylSi  manquent  dans  N. 
—  *  T,  N ,  M  ajoutent  jjjJuâ!  Jl .  Dans  T  on  a  ajouté  la  lecture 
^LLdkl.  —  ••  T,  M,  N  :  ^J!  ^.  —  «  T,  N  :  ^  ooill.  —  '  T,  N 
ajoutent  ici  :  JL»  J^I  x-s-*  Os'y»  wiL?U5^  «x>«  ii*x-jj  Jg«ûJ!  JI  *ix>J 
t^^lj^l  Os^  ç^^Nï-»'  ^***''  (^^^  i:^*^  tS-Nï—  ^— "  «i^^-  —  **  T'  M , 

N  :  dUi  *J  p^x-A-j .  —  »  N,  M  :  ajjIj:»  ju^U^j  ^j. 

VIII.  28 


418  NOVEMBKË-DÉCEMBRE   1906. 

^«rfîkit  ^jÀK^  «XAÀjOh.  k^*X«0  Tr**^'  ÀAAàÀJt  ^  ^i»».»  (^«Xjuw 

U  »j-M«?  yt  *|)l*  ^3!  tj-^  S?*^^***  tf^'  t>*  ^^3  ji>^' 
Jl  ^jiw»   ^^fcV  ft  ««I  4(!ui^i  C*.juJ  dLiL^ltf  «>^^Jf^     4^Ia.  AiLt) 

^k^l  JU  U;  A^l>  c^i^i  «x^  t^*^"^^  ^^'  A''^^^  c^^ 
i^U*i«JI  aJLo  Jlc  t^Lyd  C:)^^'^'^  C5^^  4'^''^  ^iS'^^  (^^^3 

rf>.ln  W  t^Joiy  t^U|(â  iuU  AaIoju  ^t  AXik.  ^^jj*j   l^A»   i<.My>««3j 
*7  fi 

'  T,  M:  »^.  —  »  T,  N.  M:  jOjl.^  Ij^;  lire:*U?  JyJ.  — 
*  T,  M,  N  :  (j:*.  juUill  (ft^i .  —  "  Ces  mots  depuis  aK*L»  manquent 
dans  T.  —  *  N  :  J«*J.  -^^  *  T,  M,  N  :  *iUl.  —  ^  T,  M,  N  :  c:.U. 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIECLE.  419 

<J^  ^j^  «Ns*^^  «Utal  ^jfjÂ.     {jjfj^^.  tX^*J(i^^     «Xa£  ^^. 

jjji  ^JA  JU^t  g-i^  Jl^l  j«;.b  J[j^.  il  |j^  LèUo  yl^ 

O^Ai^  (^  ^■^..■^  (^JsjuM  ^li-ji*^  ^^^^  ''i^'O^  c^)1^4^^  *^^ 

U  dJ  Jjju»  ^^1  yî  «J  (foi.  a/i/i  r°)  JU^  x«l*x^  ^jâ*? 
L«  aJ  Ji  Jukâ.!    Juy«^  iilMjÇo  4^i>l  x3  JU^  ^uU  «x^^^ 

(^;lj-4J;   Jv^  (^«Xju-  yl^  «X»^  !J«Ufc  (j^  Ix?^  U^  ^t  JUL 

*iUl*>J  «XÂ.t  L«  ^  *^L>  ;gk«j-j»  (^  yUlv*  (jaX]b     ÇAA^ 

9  .         .  8 

^jJlyOi  t^JJl  jc^l^  Î^JCft  àl^  &Jî    ^^.^  ^JJI  yL*iilt 


1  N,  M,  T  ajoutent  joj-.  ,.Jwi-3  5^_j.  —  «  T,  N  :  (iîjjii:^^.  — 

N  :  (^â^.  —  «  T.  M,  N  :  J,,^.  —  '•.  T.  M,  N  :  jojU  bUir^. 
—  "  M:t,4i;m.  —  '  M,N:^e..^l  pjO^i^.    -  ''  M:*;. 

28. 


4S0  NOVEMBRE-DÉCEMBRE    1906. 

iLx-n^  ^^  LmJLa.  :^!-Jitl\  ^l^  Jli  «il  (^)UJ!  fi>AjiS  <^«>vy>^ 

Wr 

àxLm  (fol.  a 45  v°)  *JîyXj^  J-*-*^  ji^AJI  Jut  -Lij  a^^ 

^  »j]nïi\  ^J^y  «^^L«  Jl>  (^i>Jt  p^jJi  JJIi>  s^«xé  ^ 
^t  UJ  JU  jmJLx  Us^  xw^I  ioU  xwM.AA>  i^l^xU  «Xdfi^l 

LfiOo  t^jj-ji^xÀ  JsjjSi]  Aj)  4^vj(.^  ^<vwJI  iuXfi  Jk^  iX*  L;.^l> 

iJ^\  y  0^,'i  t^Oyu»»  ^i^^mJ!  cjUS  &JI  Juâj  ^1  Jui  aJU 
AJL«  iLa^UI  ,Là3  ^  *ii^3  u^^  ^^'  (^ol.  245  r") 
l^uûJt  ^«XÀ.  pLmJ)  (^JLIdl  fja^\  <Odt  viU^t  U  (jmJU^3  (>|y 

>  T.  N  :  JyL^  *i*.fw,.  —  '  T,  M,  N  répètent  le  mot  ^y^f-^-  — 
»  T,  N  :  »5Xi»  jl  Àx^  *5SuIj  ;,-.U  y^s---,!  *it^ .  —  *  T:  (jA.  — 
»  t'M.N:  JUUI.  — •  T,N:*^I  ^-2  ^Js--.  — '  T.N,M:  J^ 
^1  J!  Uil  j^. 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIÈCLE.  421 

^]   J_0   A-aX^   ^oâJ  «je!   oOl^3  ^<^^  (,.»>.<»».>  ^1   aMI  aA^J 

3 

z».^-»-*  >-*->« i^  (0*4*^  'r*'^^!^  S-*;^'  *^^^^  îr*'  <4J^'  pltXJol  ^ 

5 

J!  ^L^l  ^Um  cxiftJo    (j|>^^  ïy  ljJLâ.«x»  ^^Lm  «•.••* »^ 
(fol.  2^5  v")  Lob  o»-{-AJo  t^;l>^î  ô^  tâ^Nu-  ^-iJ' 

,»  (}  y  ^;Lj  y!  dJ     juiAj  <^ JJ!  ^  Jâ&\  L.  ^  J_^3  31 
A-4-x-i^LA.^  ^Ji-£  |*y-^t  xô);  s«xJLfi  ^J.Jt  ovj^vïi-'  tf4Xj«>».£ 


'  T:  «Cl^.  —  ^  T  :  ^e-SiJl  v^^^'  (j*;  N,  M:  g-sJI  4_»^iii  ^. 
—  ^  T,  N  :  J^ .  —  *  T,  M ,  N  :  jSl .  —  ^  Le  ms.  orthographie 
constamment  uj^j ,  ot  M  «Jl-d»} .  —  "M  :  *4jI'*.  — ^  '  T  =  ri^  {j* 
J»j^  r^'  '^  '  r^'à^  ^  y--,  M  :  ^yi  j-^j^ji  y-.  —  «  M  : 
ï^\.  —  »  T  :  cU*-;  M  :  .iLJI  J-aj.  —  '"  T,  N  :  ^^U^IJ;^. 


M»  NOVEMBRE-DECEMBRE    1906. 

^«x-ft,  <^»>Jl  yJl  yt  cz-uilà^  jjù^  (foi.  a/i6  r")  ^JL4J 

U-i^l  iSfwkâ*  c^*><Ai>  ciLû^  AJl^^^M  aUI   «Nà.!  ^  l^t^AM  Lajw 
JJS  ^^   «^  AMI  UaA>  O^^  ^  C:^*^  «^^^"^^  ^^^   *^^^ 

«Xin?)  (^{  ij^\  ^J»S\  àJLi^  AaX»  <.::M>i&  ci^Uli  Jl  AxAtXckj 
(  fl  ^  ;  I^Ljl»  l^A»  !:>y(^A«  (fol.  2/16  v°)  iùLu^  ?7^^  ^'^^ 


'   T:*ypJI.  — »  M:  ^►♦Jyi..  —  »  M  :  yL^OI  J^i.  —  ♦  M: 
(s^  JM'.  —  '■"  Ce  mot  manque  dans  M.  —  •  N  :^»il;  M  :  ;<>>jL,t> 


ÏIN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIÈCLE.  423 

\yj5i>^  (.«.h.i.ti  ^LâJt     ^^t  Jk£  çji^j^.fl  .;>,;  Aâc';b  v'ift 

3 
b  K:j<^y  ^JU  ^d  Aj!^  iU^liM  (^     ^_^\  JJIà  (:2^^  C:P^ 

i)î  jj*»LjlJ!  (jjjytLd  ^joyiûb  i)j  iù^t^  «XaCV^  y!  ^jX»-iJ  i)  ^^' 
A  8  7 

^■*.iLiUU  ^^Âjt>  *?jj  c^jJô  ^  »i>j*    ^y    j^iJ'  ji>'j 


>  M  ajoute  gAJl .  —  «  M  :  c^Uo! .  —  »  Lire  J0.3JI .  —  *  N  : 
ooybu»! .  —  5  N  :  J^l^l ,  lire  JUÛI .  —  «  M,  N  :  ju^  J^  ïj. 
—  'M  :  -«ilt .  —  *  T,  M ,  N  ajoutent  y^  y!  avant  ce  mot.  — 
'  T,  M,  N  :  X^JàXi.  Tout  ce  qui  suit  manque  clans  N. 


424  NOVEMBRE-DÉCEMBRE    1906. 

yLS'jsJj  «aX»  c:4m«  U^  »;^ji)  is'p^^  f-^ji'*  <^*5yi^  ^^' 

j^  ^  JLjL»  ^yi  yLi  ^  ^wiiJt  (^  JU  U  aa*^  (j^  ^*^ 

Aa.4^  JLa^  (fol.   q47  V*)  ^J>yu4  ijA  jfi  Kiy  <j^  ,^ 

JuJLx^  y^\  Ijjfi  v^Jii»)  (^«>yyM«  l^  «iJlU  «x1jU3>.  aJ  JyL>  ^1 

«JJ JJ  AÂixlJi   /JJÙ(JU«   LS*i^  ^'^''^  ^  '^   cJLi»  JUJ  «X«s«l 

pLm  ^t  bU  d^'T^^  '*^  "^^  (O^/'  <!^*^^^^  ^^'  <;^  '^'^ 

APPENDICE  IV. 

Extrait  du  commentaire  de  la  Halfâwiya  de  Ei- 
Djâmi'i;  cf.  supra,  p.  3o5. 

Fol.  1 4  r".  ^^^.AJJLtfJI  AjJrLi.  iL«:iUJI  ^Ixll  Jy  aJL^ 

'  M  :  j^  J^.    —  «  M  :  I3U.  —  '  M:  Jlt>;>,  Hre  :  »Ju».  — 
M.  T  s  *•;*-•  —  '  T'M:ikS.ûJ.  —  "  J:  (O^- 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV'  SIÈCLE.  425 

il!^A^AâJt  AaÀ£   adj^^  J*^^  fid^'f:^  ^^  (>^)  ij'*'-^^  (jUoLmJI 

l   ^  y  ç^,-X-5  (jt>-^3  wiLj'^Li 

Suit  toute  la  pièce,  qui  a  34  vers. 

Fol.  1 .5  v".   Lg^  Uv-  ^»Xj  Lôl^ill     U^^  ^l^"^  »:>V^^ 

»—*i  Lc!^  *_J-fi  cy-»;^  <jL»_j  ^1  *^^  <^;'>«-^'  '^•^ 

Lftw«]  49«A^^    tjA^..MX«  ^jUoLwyà  Ai^        ii&àljb^  Aai.LAâAAwL 
kiUôo  ^(^A^g  5^Lfi^    (>N>^        uIS^XA^JÙmI  «^**r^    tf4>J^      (JmJU 


'  Le  texte  de  Dj  (fol.  i55  r°)  et  celui  de  T  (fol.  8  v°)  portent  : 
1^!j«J  4-Jj.  ■ —  *  Ce  mot  manque  dans  T.  • —  ^  Dj  :  viL^L^;  T  : 
kiUxj.  —  *  Dj  :  ^glslo^l .  —  '  Dj;  ce  qui  suit,  jusqu'aux  mots 
(£^\^S  ù^  ç^-N^-,  manque  dans  Dj.  —  *  Dj  :  s^t  Uj.  —  '  Dj  : 
LiiiUii).  —  *  Dj  :  tfOs».  —  '  Ce  mot  manque  dans  Dj.  —  '"  Dj  ; 


4»  NOVKMBRK-DKCEMRRE    IÇOfi, 

A«î  Jl*  t^.^u-^1  ^       (^«>Jt  ^j^  *JLfc  ^î  ^j  JS^  *«Wf^ 

A^^wA  JiM 

Fol.  99  r°.    Li>y  ».A,  »  Vi  t^Llfil  Jlxj  aMI  ^I  LuiXi  .Xi^ 

âJUUI  »«XA  ocsiy  «Xi  aI  JUb;^  ^1  Jl  (^«X^«w  L> 

APPENDICE  V. 

Extrait  de  l'ouvrage  <le  Ahmed  Ben  Mohammed 
Ben  *i\li  :  Ei-Theghr  El-Djonmâni ;  cf.  supra,  p.  3o4. 

Fol.  1  48  : 

^l^5U  o-*-^'  J>-^^  p>^ 

(^LmJI   c_>L^t  t^yà  ^yM 

Dj  :  jJI.  —  *  Dj  :  (^T?^-  Cf.  Goi.DziHER,  Zauberelem.  im  itlam. 
Gebet.  p.  5;  —  Selwet  el-Anfâs,  I,  p.  106,  171;  11,  p.  a 60,  258;  — 
Dauhet  Ennâchir,  p.  98.  —  '  Dans  son  ouvrage  intitulé  :  <-jyii\  jJH 
(cf.  G.  Fadre-Bigukt,  IjU  vêtements  de  soie  fine ,  Alger,  1908,  Intr. 
p.  vu-xui),  Boû  Ràs  donne  sur  notre  saint  divers  renseignements 
qui  ne  figorent  pas  dans  ^U^^t  ^^,  entre  autres  les  deux 
miracles  rapporté»  plus  haut  p.  388  et  p.  4oi.  (Renseignement 
fourni  par  M.  le  Général  Faure-Biguet). 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV«  SIÈCLE.           427 
(jj»  jLxJUt  ^5Ay<Jtl^ 

yt^^  ^]j^\  L^-i  ^]^i  ^]^^^y  ii]^^^^  zy^^^  ^^  ^^' 

^3*pi^  U;îooL*  çj^jiS  ^Ufiill  Jislix»^  U;l«>ol  «>oîydî 
(^  ^-*-*-«  (j)^  yUvfi  {^  ^  {^  ^^  ^♦^yy»^  lA^I*Xil  iuJL*!l 

0-fc  *.>.M«J  «Ka^  yjl  Jjj  IJsS'i^^îj-^b  j^A.li  (^^|;*i5 
(5)  A I*  ,M«,  j  <ir)'j  ■  0  ' 'j  x^Lc  aMi  ^^i^o^  c^j'^i  rfv^'r?'  c^'^yy**' 
y^-A  ^à^-:e.  \y.j9^  I^^^mJ  il«XJ^I^  jjyJi  oui^  «Xai.)  i(^ly& 

^^-a?  ^  UU.I  (jj->  ÀSb^  yj  *^{  Jbb  j^^l  (^  ^^3^  aj^; 

xJLoill  JuC  c|;i-i>t^ 

'   Ms.  :  j-^fJw». 


4^  NOVEMBRE-DËCEMBRi:    1900. 

jOII  ^;  <^;U^'  '^  *>yk*Jl^i  Jl  (fc^yJL*  (loi.  I  02  v") 
êiXjLf  Ki^  ^jJ»  »  .11  |.t  ^U  ^^  aWI  *5-;  ylS"^!  Jyii»  Ait 
ÇA^I^I  ^tix«i  A^«  ^^«MJUwt^  »li;3  ^(JC^j^  «JU^  ^  AjI^  (^\j 

^^  ikM33^  U;  aJ  Jj^l^  JjJ!^  ^t  ^  «J  ^  >bu»j  o^UXi^ 

j5  L^  \xjS'\:>\y^  Uly  Ul^  yl5j  >i'l3  »X-ai)l  Aisîil^ 
i{j.,j^.A.M  i^*X^  Ju6  UôL»LaBî  j^;l«>od  Loi;  ^fj^î  oyjJl 

(^l«>yL}|  Ah.>A    Jot->  AjJ<9^  (j^  ^^fe.  Ait  A^  AaXs  aXII  ^ 

(j^  AÀjtJB?  yl  aJ   lfc*X»   Jl*5   aMI   a)  _^^  ^jl   AJL*    JL*3  »;l^ 

U^  i^iLJî  oLix»  *J;L»  ^-  »*Lfti  aM!  J-Jb  iub>kJl  jAl 
A^L»J<95  JyM-l'  cyl^JuUl^  »«X**J1  iS)^^^  (^  <J>=^  ^3 

«x.*^  t^^^vs-^  i^lS'AJlil  L4jiA*i  (i*  ^  'jV  ^^^^ ^  **>^ 

Jl  w»L.  Os^y^aJl  <_^b  l^JU  ^  l^  A^càl^l  AijiXil  laAa^ 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIECLE.  429 

»^l.:*>  ^  U  (j^^lii  (j^    J^<jl  J'^S*^?^  (*^^  (tJ3o  ^jl5^ 

oiijt  ^»*V5  '5^**-^  uir''^^  r^y'^'  '"*^  (:>*  v=^^  jy^' 

^  <t-»-j  «^jX^^  p!^  ^'^^^  [Aja\  /e4^  (O*^'  (P^'  ^1>^ 

aJ  JLà^  ^Lft  4^  «oLxJd  «X:wl  J!  »}  '^'^^^  ^^^^'^  ^'  ^^^^ 
*Xoj  Uo  UJâ  «*xi.l  ^>^l  t_>Ls:p|  o^^  ^'^  ^r^  u^ 

Mr-^-^  4?-*='  ^<^  *4^^  ^î^*^'  (^-^  t-Màff  y!   «Xjç  *jjAii» 
tr*  u'-^  LTT*  çs*  ^r^  ij-^  '>-^y.  t-^;  y'  i^ajIj  ^jV 

(jbjil!   «-J  t_>^— «ôj  » *X_ài.î  O^'  Laàtf'  y^^UI  t^'r-?  *^ 
lAtXJj  (_^  o*XJL3  ooftli^  .HN^Î  (•:>*5^^  **'   ooULsli 


430  NOVEMBRE-DÉCEMBRE    1906. 

(Siiit  la  légende  rapportée  par  Ks-Sebbâgh;   cf. 
supra,  ap.  II,  p.  2)  : 

(Fol.  1  53  I*)  U  S^]   ^là^il   UlôU  *ift  JOll  ^;  J^y 

ill  ;  -Ç  iLtLa^l^  Aju^t  J  (ji^y>j'  (^^  ^^  *^^  «^v>  '^^3 
L^JL»^  ^\j^y  i^y  ^J*  1^  liOs^U  Job  iu^  tj:>«>^^' 

<^;l^»gJl  0^  ti«>yy-  c^^'  ^^'  til  '*M?  ;'-û'  *a^;U  Jli 

***  J>*t>  ti«>J'  <^)^' 

^3M-1  *^Lt^  cr^çy^  r^T-^'^ 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV*  SIÈCLE.  431 

yî  lJS>jî  lijS  Ju»Li  ^^  -^  JLi  y!^!3  «;JùJl  iOJ!  I^UI 

LfiJsJ  «JOj  I^-La-J  ^»-g-jl  i^iy»  *j|;**-3  *^^  ^  »>*ia*3 

iuU":^'  Hji^  I J^  003  Jl  JUi  ^i  \^  \y*èX^  {J^f^ 

y   YfMl  ;  ^3  ^Uàjl  J^   *U0Jî  ^l}^  l«X^  (j^  *>*^J^  **-** 

j^  ^i  4  *J1à-«  I^^  (jjj^iJI  (j*^y«M  ^  *^  'y^b  J^  J*^ 

ili^  Î3J60    l^ii^    IjjLfl  A^l*  tyUt^   |jA3:wjl*  ly-aâ-J  (jj^3 


4M  NOVEMBRE-DÉCEMBUE    l'JOG. 

xkij  l^J'o  l*  «J  JU»  ^Lod  ioUw^  JLi»  JyJt  x>:>  ^  JJU 
oul^  ovjLk.  U  Jli»  ^Ujâ  «^ 

Q^  JUm  ^L>t  14^  du^^U<  ^^  L*  ool;  o«4AÂ3l  ti)!^  15^ 

XJU*  tfMXÀ.13  (oLa  (^ii-2k.  ^l^  u«JUt  «XJ  ««X2wy   A^^l^k. 

jjj_Ajj;L»Ji  t_^  j^^Lû  Jy^  iJ  JU*»  4_^JJI  1*^)  jt  «xLJt 

A-SL^  ^ir>».t  «(^CmJI  ^  (-'«i  U^  ÂibMw  jA»  iLfU''^'  >»^t>ol> 
l^lSC*  ^^^a|^m<^  I4AJ  ^  ^  ..j*^l  i>!  AéUàJI  ^1  «Xa>  I^aj 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIÈCLE.  433 

^'y-^^  <<.    *-..;>XjC  >vO^   t«t&  ^^lyUiwJj  (J^'^  ^T%  XjU  ^Ut; 

(j<=^-^  y-t^-*'  *^*-^-^  t)?  «^*^  t^»^^"**"  4^  (^  («4^  Uvm*a. 

Suit  un  passage  de  la  Halfâwiya  et  de  son  com- 
mentaire, fol,  i4  et  i5;cf.  supra,  app.  VI,, p.  42  5. 

(Fol.  1 55 r")  »*>o*-«^  »*Nst^  »r*«  e^jj  ^^î  e»U  Uj 

(^«X-x-AM  S«XJ^  fa..»...w<^*jlj  X&Xj^  ^1?^  (^3^^^  (^T^^  OsA^t 

APPENDICE  VI. 

Extrait  de  l'ouvrage  d'El-Mazari  :  Toiiloii   Sa'ad 
Es-Sa'oâd;  cf.  snpra,  p.  3o5. 

(P.  l^fol.  6  v")  i^y^t  àULxJ!  ,^^,1^  uoyJI  ^^ 

C;X_^.L«fi.  *Li3^l  àlifcp!  (jwoij^  *^5^'  i-^lai  ^^  tâJr*^'  (►' 
vm.  29 

■■riiariin  «iTi.istii. 


434  NOVEMBRE-DÉCEMBRE    1906. 

^U,  <jyA*^!  (j^^b  j|,L?.3  »^3     ^yjl  (^^y-atf> 

Jl  J^l,  ^1  JL*  L^^  U^U-  '^sj^^  **i^'  *>J^  uVV 
AjuJuJI^  ^4^1  cAxi  v_j!J1j^AA^jdU  jO^t  yLs  joum  Jlfi  Jjo 
Ju»  jaJ  J^^  àbU?  JAI  Jx  ,UiJ1^^  yl^^  Jbl^l  |.y»jl 

Suit  la  légende  relative  à  la  mort  d'Othmàn;  cl. 
supra,  app.  111 ,  p.  4 1 9  ;  puis  celle  qu'a  rapporté»;  Us- 

Sebbâgh ,  app.  IL 

*'"  '■  - 

'  (Fol.  7  v")  ylkJLJI  ^J>  j^  ,j»j\*  Ul  ylLJuJl  ^^1  l^^ 

'     M».'  :   OlyJj  .    —   '    M».    !  yiy^iJi^. 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIÈCLE.  435 

(j^t  si^t^  jLi  <^Jsîl  J:>UJI  viUil  i^^ax^  Cy^\  U"^'  <^' 
(:^  >-4-o*j  Ovi  yUjJi  v^M.-:^  J->^t  tXAfi  ^^j-jS"«3l  A*jA 

L^JCL«  <9U£^  ^^«a^  .xa*  <)d  jjoM  ^Lm^  Jiôs^  ^y^  <j^y 

^..-iiwAJ  A-ÇO^-i*.  4i**0  yL4^  (J**^  j_^Os<iyi   45^ vil  0_j)i^ 

y-;»  yLv!i-«j  vi>.l  J^  «Ni^  iuXc  Ifcà  ^Li^î^  A>J^t  cy«>JUil 
4^0^  OsAxil  «U^âJ  ^Ujl  «J^UjIoOl  Os^  iy^  A^-  «oU» 

Suit  lin  passage  de  Es-Sebbâgh  relatif  au  feu  de 
l'enfer;  cf.  supra,  p.  33o. 

(Fol.  8  r°)  jM*£-  ^g)^  cuA^I  *^,  i*ti■^*î>  -^1  ^j  c^y^ 
»X«ç*î  jiXi^  okij  ^  aÎLcU>  (j*jw_;'^  Cî^Aj  aàm  ^UJt  ^j 
^UJ)  0^^  4f-*4P'  »-?^^  (cT?  (^y  ^  <^^  ^  *^^^ 

sLjCm^  *5Xo  ^b  xJijJ*^  CsJië\  (^*>J!  y&  ^^jUJI  ÎJufc^  V^'' 

29- 


436  NOVEMBRE-DÉCEMBRK    1906. 

u!;^^  5>^  t>  '^^  *5";  ^^  (j--^  *^^^r^*'  Li!r^  ;^'>^^ 

Suivent  les  deux  vers  cités  p.  4^5,  app.  IV. 

(Fol.  8  v")   (^cV  *  m,  >  ij^Oo#  *jl  Jyb  (j^  oofLxlji  i<^ 

^^  viUS  ^L>   XjLâo   «X-A-K.^  (_^tNjwO  ^i  mJjJ   ^jXmX\ 

^  ^1^.^^  ^j^Lm*^!  ^^La;]!  J^Osj  ^3  iuUJt  «^Ui^ 
^  L*Lft  ^j^.A.jt..ewM3  (j6<^  «3U3  .Xju  U^iwà  Ixl^  «3l^»> 

*x.5-l  <^.Xx-  »*xi^  J^  lyb  ^jlyft^  >»'  yi  JJi^  ^i  J^^ 

giL^JI  yfc^  y3H  A>  c-c^J  J^^  Ut^»NX5  UJo  »jXii^  g^UJ' 

(>-»•  j-*j«?  («^-iJ^  ^^  *»'  !>*^'^  ^W  t^^'^  *^  J^  *j*'35 

«>sÀ.I  Jl»  i>jyt   J    *^yj  ItiJàj^  oX«3   ^uûJI  dUS  ^4>f^ 


UN  SAINT  MUSULMAN  AU  XV  SIKCLE.  437 

UI5  ^  ji  dJi  ^  ^2:^^^  ^  *^  y^  *^'  ^''^^  (j* 

iU,^^!  ^1  (*^w  <<vU  /V\jl  Jli»  sLAjùb  êoôuii  »jujjiJ\  U>U 
^^.JLjo^   U^^»a-*  yLIaXw  *jii  ^^^LaiXÎ  aMI  Aç--^  l^^l» 

'  Ms.  :  I^^Uar.  —  *  Ms.  :  J^^Ju» ,  pour  rimer  avec  J^A*. 


438  NOVKMBRE-DÉCKMBRE   1906. 

JL3^..c«>J  (^vMbUl  àjS^myki  ^jàx>  «J  JU  JJi>  uAjiJ\  JU  Ito 

jLi  aJU^M   ^jUfJ\y   ç^«X.<x**'  ^  ç^j^'  (O^'  ^^V^t   AÂiôt^ 

ii^ib  ii>yyAà>  yl>^  JA<  <^;UÎ'  l^'^'  ^"^^^ 


NOTE  ADDITIONNELLE. 

Dans  la  première  partie  de  ce  mémoire  {Journal asiatique , 
•ept.-oct.  1906),  à  la  l'm  de  la  note  a,  p.  337-SS8,  ajoater 
la  reniarque  suivante  :  Le  texte  de  ces  deux  vers  a  été  rétabli 
et  traduit  par  G.  Faurk-Bigukt,  Les  vêlements  de  soiejine,  p.  V 
et  4.  Cf.  aussi  H-  Basset,  Fastes,  p.  69;  Arnaud,  Voyages 
extraordinaires,  p.  agg. 


L'ASSYRIOLOGIE  EN  1904.  439 


L'ASSYRIOLOGIE   KN   190^'^ 

GÉNÉRALITÉS.  EXPLORATIONS  ET  FOUILLES. 

ÉCRITURE.  LANGUES  SUMÉrIENNE  ET  ASSYRIENNE. 

LITTÉRATURE.  GÉOGRAPHIE. 

HISTOIRE.  RELIGION  ET  MYTHOLOGIE. 

DROIT  PUBLIC  ET  PRIVE.  NUMERATION  ET  METROLOGIE. 

ARCHÉOLOGIE. INFLUENCES  BABYLONIENNES. 

PAR  M    C.  FOSSEY. 


GENERALITES. 

C.  FossEY.  Manuel  d'assyriologie  :  fouilles,  écriture ,  langues, 
littérature,  (jéoyraphie,  histoire,  religion,  institutions,  art. 
Tome  premier  :  explorations  et  fouilles,  déchiffrement  des 
cunéiformes,  origine  et  histoire  de  l'écriture,  i  vol.  ^70  p. 
in-S",  3  plans  et  une  carte,  —  Paris,  Leroux. 

Le  Manuel  dont  j'ai  entrepris  la  publication  doit 
embrasser  dans  son  entier  le  domaine  de  l'assyrio- 
logie.  Le  titre  du  premier  volume  en  indique  le 
contenu  assez  clairement  pour  qu'il  soit  inutile 
d'en  donner  ici  l'analyse,  et,  d'autre  part,  il  m'est 
aussi  difficile  d'en  dire  du  mal  que  de  le  louer.  Je 
me  contenterai  donc  de  renvoyer  aux  comptes  ren- 
dus parus  dans  ïOrientalistische  Litteratiirzeitnng 
<le  janvier  1906  (Winckler),   dans  YAtlwnœam  de 

^  J'ai  omis  à  dessein  un  certain  nombre  d'articles  consacrés  à 
des  polémiques  personnelles. 


440  NOVEMBRE-DECEMBRE   1Q06. 

février  1905  (p.  1^1),  dans  le  Journal  nf  thc  Royal 
Asiaiic  Society  de  juillet  190/1  (Pinches),  et  dans  la 
Zeitschrift  der  Dcutschen  Monjenlàndischen  Gesctl- 
schafi:^:^  iQo6  (Weissbach). 

EXPLORATIONS  ET  FOUILLES. 

Fouilles  allemandes  à  Bab)lone  et  n  Kalaat-Sirgât  :  rapports 
de  W.  Andhae,  R.  Koi,deweï,  A.  Nôi.deke,  dans  Mittkei- 
lungen  der  Deutschen  Onent-GetelUchafi  zu  Berlin,  n"  ai- 
a5.  —  Fouilles  américaines,  à  Bùmya  :  R.-F.  Harpeh, 
Report from  Bismya ,  I,  II  :  Am.  Journ.  of  Sem.  Langungct 
and  Littératures,  vol.  XX,  p.  207-208,  260-267;  à  Miif- 
far  :  H.-V.  Hilprecht,  In  the  temple  of  Bel  at  Nippur, 
with  Jifty-seven  illustrations .  Phiiadelphia ,  63  p.  in-S",  re- 
print  front  Trans.  dept.  ofarch.  a.  of  Pn. ,  vol.  I,  —  Fouilles 
anglaises  à  Kuyanjik  :  A.  Jouanin  ,  Une  visite  aux  ruines  de 
Ninioe  :  Recueil  de  travaux,  vol.  XXVI,  p.  175-178.  — 
Fouilles  autrichiennes  à  Tell  Ta'annek  :  E.  Skli.in,  Bericht 
ûber  eine  mit  Unterslntzang  der  Kaiserlichen  Akademie  der 
Wissenschaften .  .  .  unternomnwne  Aiisyrabnng  in  Palàstina. 
Nebst  einem  Anhange  v.  F.  Hrozny  :  Die  Keilschrifttcxle  von 
Ta'unnt'k.  Mit  i3  Tafeln,  132  Abbildungen.  Il  Dctailplànen 
im  Texte  und  2  llauptplânen.  Wien,  Cari  Gerold's  Sohn, 
123  p.  in-4°.  —  Fouilles  françaises  à  Telloh  :  L.  H[euzet]  , 
Mission  française  de  Chaldée ,  reprise  des  fonilles  de  Telln  : 
Revue  d'assyiHologie  et  d'archéologie  orientale .  l.  VI ,  n"  1 , 
p.  1-4.  Ci.  Gros,  Campagne  de  1903,  compte  rendu  som- 
maire des  fouilles,  ibid.,  p.  5-17. 

Les  fouilles  entreprises  ;i  Babylone  par  fOrient- 
Gesellschaft  se  sont  poursuivies  en  1  90^  sans  amener 
de  découverte  bien  importante.  Dans  une  chambre 
du  Kasr,  on  a  trouvé  envii'on  deux  cents  tablettes 
d'argile  crue  portant  des  actes,  datés  des  années  1  o  à 


L'ASSYRIOLOGIE  EN    1904.  441 

26  cle  Nabâ-kudnrri-amr.  Au  Sud,  on  a  exhumé  un 
cylindre  d'Asar-bân-apai,  semblable  à  celui  qui  a  été 
trouvé  dans  le  temple  de  Nin-Mag  et  publié  dans  les 
Miscellen  de  Weissbach(i9o3).  Mais  au  lieu  de  Nin- 
MAG ,  c'est  Ea  qui  est  invoqué.  On  est  donc  en  droit 
de  supposer  qu'il  existait  à  Babylone  un  sanctuaire 
d'jBa  encore  inconnu.  M.  Lehmann  suggère  que  Ea 
sar  apsi  pourrait  bien  être  le  Sérapis  à  qui  l'on  de- 
manda s'il  permettait  qu'Alexandre  entrât  dans  son 
temple  (Arrien,  Vil,  26).  —  Les  fouilles  pratiquées 
dans  une  colline  du  groupe  appelé  Homcira  ont 
amené  la  découverte  d'un  théâtre  grec  dont  la  déco- 
ration (cimaises,  frises)  trahit  finlluence  romaine. 
Une  inscription  grecque  nous  a  gardé  le  nom  du 
fondateur  :  Aio(TXOvpi[Sr]s]  b  <ptkoS6^\ou\  1b  B-éarpolv] 
xaï  crx>7r[)7v].  , 

L'intérêt  s'est  reporté  sur  les  fouilles  commencées 
en  1908  à  Kalaat-Sirgât,  l'antique  Asur,  sur  la  rive 
droite  du  Tigre ,  en  amont  de  f  embouchure  du  Zâh 
inférieur.  Les  découvertes  faites  en  cet  endroit  ont 
permis  de  rétablir  presque  entièrement  la  liste  des 
patésis  et  des  rois  d'^,vur  jusqu'aux  plus  anciennes 
époques,  c'est-à-dire  jusqu'à  l'arrivée  de  la  colonie 
babylonienne  qui  fonda  la  ville. 

Nous  connaissons  actuellement  vingt-deux  noms  de 
souverains  pour  la  période  qui  va  d'Erisam  à  Salman- 
asaridr';  il  y  a  donc  très  peu  de  lacunes.  Voici  à  peu 
près  comment  se  répartissent  les  principaux  docu- 
ments. Asur-rim-nisé'sa  :  cliampignon  en  pierre  avec 
une  inscription  de  dix-sept  lignes.  —  Adad-nirâri  /'^• 


442  NOVEMBRK-DECEMBRi:    1906. 

tablette  d'argile  rappelant  la  construction  d'un  quai; 
inscription  de  vingt-neuf  lignes  sur  une  pierre  de 
seuil  ;  brique  trouvée  au  coin  sud-ouest  de  la  ziggu- 
ral;  tablette  d'argile  complétant  celle  qui  est  publiée 
dans  iV  R,  ^^-(^5;  fragments  de  tablettes  en  pierre. 
—  TukuUi-Nmib  r\- e&përe  de  champignon  ou  de.  phal- 
lus trouvé  au  coin  sud-est  du  mur  d'enceinte,  et  dont 
le  texte  rappelle  ia  reconstruction  de  ce  mui-  ;  le  do- 
cument, trouvé  in  situ,  n'était  pas  enfermé  dans  une 
niche.  — Salmnn-n.^nrid  /"",  fds  (VAdad-Nirdri  :  tablette 
rapj)elant  ses  travaux  à  I'E-garsag-iurkuha,  dont  le 
fondateur  serait  y4-ni-)5/-a;  iS'u/;mi/i-a.v(ind  raconte  en 
outre  son  expédition  dans  le  U-ru-al-ri  et  le  Hanùjal- 
/>«<,  contre  les  Hatti  et  les  AA/nnjM,  qu'il  repoussa 
jusqu'à  Ga/7/am/i.  Lne  tablette  rectangulaire,  en  al- 
bâtre, porte  une  inscriptioi|  de  quarante-huit  lignes, 
également  relative  à  la  reconstruction  de  l'E-éAHSAG- 
MiRKDhA.  —  Tuknlti-Ninib  :  trois  fragments  d'une 
tablette  d'albâtre  trouvés  au  sud-ouest  du  temple. — 
Tulailti-apal-rsarra  /""  ;  fragments  de  deux  prismes, 
duplicata  du  prisme  de  Rassam.  —  Salman-nsarid  II  : 
cinq  champignons  analogues  à  ceux  de  Tukalti-JSinib , 
datés  de  l'jmnée  de  lahalu,  lima,  soit  834  av,  J.-C; 
statue  en  basalte,  sans  tête,  haute  de  2  m.  5o,  avec 
une  longue  inscription  racontant  les  victoires  du  roi 
sur  Bir-Idri  de  Damas,  et  les  pays  de  Namri ,  Kiie  et 
Tabnl;  brique  émaillée.  —  Samsi-Adad  II  et  Adad- 
nirâr  II  :  soixante-douze  morceaux  de  lapis-lazuli  et 
d'albâtre  avec  dédicaces.  —  Sin-ahé-irba  :  prisme  de 
quatre-vingt-trois  lignes  se  rapportant  à  la  construc- 


LASSYRIOLOGIE  EN    1904.  443 

tion  du  te-mple  d'Asur.  —  Amr-ahê-iddin  :  cylindre 
avec  inscription  de  quarante  lignes.  —  Asur-bân- 
apal  :  deux  fragments  d'un  prisme  heptagonal  avec 
inscription  de  cent  soixante-dix  lignes.  —  En  dehors 
des  rois  d'Assyrie,  Kurùjalzu,  roi  de  Babylonie,  est 
représenté  par  un  morceau  d'onyx  dédié  à  Enlil. 

Au  point  de  vue  de  la  topographie  d'Asur,  il  semble 
établi  que  le  ptdais  découvert  à  l'ouest  de  la  ziggurat 
est  celui  âH Asur-nnsir-apal ,  car  on  y  trouve  des  dalles 
à  son  nom.  Un  vase  d'albâtre  et  une  bric{ue  au  nom 
de  Sin-ahê-irha ,  quatre  grands  vases  d'albâtre  et 
des  briques  d' Asw~ahé-iddin  marquent  le  passage  de 
ces  rois  dans  le  palais  d'Asur-nâsir-apal.  Vers  l'Ouest , 
on  a  trouvé  des  briques  d'un  palais  construit  pai* 
Sin-ahé-irba  ipour  son  fils  Asnr-du-miihallipu.  Près  de 
l'E-GARSAG-KURKURA  était  un  palais  de  Sulman-asa- 
rid  /"■,  auquel  Asiir-nâsir-apal,  Sarra-kiii  et  Sin-ahê-irha 
firent  des  réparations.  D'après  les  briques  de  Saiiûi- 
Adad  et  de  Sarru-kin ,  le  temple  découvert  à  Kala'at- 
Sirgât  est  le  temple  d'Asur,  nommé  Esara.  On  a  trou- 
vé en  outre  dans  ce  temple  cinquante-trois  tablettes 
de  fondation ,  en  pierre ,  mentionnant  I'E-garsag  kur- 
KURA.  —  Au  point  de  vue  de  la  nomenclature  royale, 
notons  une  tablette  d'argile  donnant  le  nom  du  père 
d' Adad-nirâri  1",  A-ri-ik-di-in-ilu ,  qu'il  faut  substi- 
tuer à  la  lecture  admise  jusqu'à  ce  jour  :  Pmli-ilii 
(i<^*~,/)U=  a/Au;  Br.  -ySia).  Un  autre  document 
confirme  que  Asixr-ahê-iddin  a  aussi  porté  le  nom  de 
Asiir-etil-ilâni-ukin-aplu  (cf.  111  R,   i6,  n"  3). 

Les  études  assyriennes  ne  seront  pas  seules  à  pro- 


444  NOVEMBRE-DECEMBRE    1906. 

fiter  des  foiiiHes  de  Kala'at-Sirfidt;  on  a  en  elFet  dé- 
couvert en  cet  endroit  quatre  stèles  en  calcaire  co- 
quillier,  avec  inscriptions  en  araniéen  :  deux  d'entre 
elles  sont  datées  de  Tannée  ia4  (des  Séleucides  == 
89-88  av.  J.-C?)». 

M.  Hilprecht  a  donné  une  édition  anglaise  de  la 
très  intéressante  brochure  :  Die  Ansyrabnmjen  im  Bêl- 
Tempel  zu  Nippur,  que  j'avais  signalée  l'an  dernier. 

L'Université  dé  Chicago,  suivant  l'exemple  fameux 
donné  par  l'Université  de  Pennsylvanie,  a  commencé 
des  fouilles  en  Chaldée.  Le  point  choisi  a  été  lii.fm- 
ya,  au  sud-est  de  Nujf'ar.  La  conduite  des  fouilles  a 
été  confiée  à. M.  Ë.-J.  Banks,  sous  la  direction  gé- 
nérale de  M.  R.-F.  Harper.  F^es  travaux  ont  com- 
mencé le  ib  décembre  icjoS.  Les  premiers  rapports 
de  M.  Banks  décrivent  le  site  comme  une  série  de 
monticules  s'élevant  jusqu'à  la  hauteur  de  1  a  mètres 
et  répartis  sur  un  espace  de  1  690  mètres  de  long  et 
84o  mètres  de  large;  l'endroit  ne  parait  pas  avoir  été 
habité  depuis  l'époque  babylonienne  ni  visité  par  les 
fouilleurs  clandestins;  il  s'annonce  comme  exception- 
nellement fertile.  On  a  déji»  découvert  une  statuette 
de  marbre,  une  tablette  portant  le  nom  de  Dungi, 
roi  d'Ur,  et ,  dans  une  chambre  d'un  to.mple  construit 
en  briques  ornées  de  rainures  longitudinales,  une 
inscription  de  JSarâniSin.  M.  Banks  croit  déjà  pou- 
voir distinguer  quatre  temples  superposés  au  même 
endroit  :  le  plus  ancien ,  construit  en  blocs  de  pierre 

'  M.  Peiser  regrette  comme  moi  que  les  fouilles  assyriennes  ne 
soient  pas  dirigées  par  des  assyriologues  :  0  L  Z ,  col.  i49> 


L'ASSYRIOLOGIE  EN    1904.  4/i5 

(6"  millénaire  av.  J.-C);  le  deuxième,  en  briques 
plano-convcxes  (  li'  mill.  )  ;  le  troisième  ,  peut-être  de 
l'époque  de  Narâm-Sin  (vers  SySo);  le  quatrième, 
dft  celle  de  Dungi  (sySo).  Parmi  les  objets  trouvés  en 
ce  lieu,  je  signalerai  une  lame  de  bronze  de  o  m.  48 
de  long ,  terminée  par  une  figure  de  lion  ;  elle  a  été 
découverte  à  2  m.  5o  sous  la  plate-forme  de  briques 
piano-convexes.  Un  grand  nombre  de  fragments  de 
vases  h  inscriptions  a  déjà  été  réuni.  Les  rapports 
publiés  en  190/1  vont  jusqu'au  18  juin. 

M.  Sellin  a  fouillé  le  tell  de  Taannek  [Taanak 
ÔRiis  Juges,  V.  19),  à  cinq  heures  de  Cdija,  sur  la 

V 

route  de  Jennin.  Les  recherches  ont  duré  du  1  o  mars 
1  902  au  3o  mars  i  908.  Elles  intéressent  l'assyriologie 
par  la  découverte  inespérée  d'un  cylindre-cachet  au 
nom  d' Atanah-ili ,  fils  de  Habsim,  serviteur  de  Nergal, 
et  surtout  de  quatre  tablettes  (deux  lettres  et  deux 
listes,  voir  p.  664)  couvertes  d'écriture  babylonienne 
et  provenant  d'une  collection  renfermée  dans  un 
coffre  en  terre  cuite. 

M.  Heuzey  a  réimprimé  dans  la  Revue  (rassyrio- 
tngie  ia  notice  sur  les  fouilles  de  Telloh  déjà  signalée 
l'an  dernier.  La  même  revue  donne  en  outre  un 
compte  rendu  sommaire,  mais  très  précis,  de  la 
campagne  de  1 908 ,  par  le  capitaine  Gros  (avec plan). 
J'y  note  les  découvertes  suivantes  :  dans  le  tell  des 
Tablettes,  une  pierre  de  seuil  en  diorite  portant  les 
noms  de  Gimil-Sin  et  Arad-Nannar  ;  une  statuette 
en  albâtre  représentant  une  femme  assise  ;  une  «  petite 
tête  de  femme  en  albâtre,  portant  un  double  chignon 


446  NOVEMBREDÉCEMBRE    1Q06. 

soutenu  par  un  bandeau  qui  est ,  ainsi  que  les  sour- 
cils, incrusté  d'une  pâle  bleue  de  lapis;  un  vase  de 
terre  portant  des  dessins  faits  en  petits  points  blancs  ». 
Dans  le  tell  de  la  Maison  des  Fruits,  une  tabietie 
d'albâtre  poiiant  une  inscription  au  nom  dEntemena; 
une  tablette  en  calcaire  blanc  portant  une  inscription 
de  Gadea;  un  fragment  de  pierre  noire  aNCc  quelques 
casej  d'une  inscription  très  arcliaïque;  une  petite 
figurine  en  coquille  mate ,  portant  sur  la  poitrine  le 
nom  de  (Jr-Nirui;  un  casque  en  cuivre.  Sur  les 
j)entes  du  même  tell,  un  bas-rcliel  en  albâtre  repré- 
sentant un  homme  tjui  porte  des  poissons. 

L'année  1 90/i  ne  nous  a  apporté  aucune  nouvelle 
des  fouilles  de  Suse. 

ÉCRITURE. 

Allotte  de  la  Fuye.  Quelques  purlicularités  de  l'écriture 
des  tablettes  de  l'époque  dUrukuijina ,  roi  de  Sirburla  : 
Recueil  de  travaux,  vol.  XXVI,  |).  i3()  i^3.  —  A.-H. 
GoDBEY.  The  chirography  of  the  Ifammnrahi  rode  :  A  J  S L  L , 
t.  XX,  p.  1.^7-1.48.  —  G.  HowARDT.  Clavis  caneoram,  sive 
lejcicon  signorum  assyriorani  linguis  latina ,  britaunica ,  ger- 
manica,  sumptibus  iastituti  Carslbcrgici  Hanniensis  composi- 
tam.  Pars  I  :  Ideograinmata  prœcipua.  Leipzig,  Harassowitz, 
y6  p.  in-8".  —  P.  Toscanne.  Etudes  sur  la  langue  sumé- 
rienne; première  série.  Paris ,  Leroux,  63  p.  in-4.*. 

IjC  premier  fascicule  du  syllabaire  de  M.  Howardy 
comprend  une  liste  des  signes  sous  leurs  formes  néo- 
assyrienne et  néo-babylonienne;  une  liste  des  signes 
néo-assyriens  avec  leurs  valeurs  phonétiques ,  sumé- 


L'ASSYRIOLOGIE   EN   1904.  447 

* 

rieiines  et  assyriennes;  une  liste  des  principales 
valeurs  phonétiques  rangées  alphabétiquement  avec 
leur  équivalent  cunéiforme  ;  une  liste  des  principaux 
phonogrammes;  une  liste  des  délerminatifs;  enfin 
une  hste  des  principaux  idéogrammes,  simples  ou 
composés.  Quelques  valeurs,  établies  depuis  la  publi- 
cation de  la  Classified  list  de  Brûnnov^^,  ont  été  enre- 
gistrées, telles  que  mas,  pour  le  signe  H ^,  et  kas- 
sapa  pour  le  signe  ""^Ir^T  -  Certaines  lacunes  qui 
étonnent,  dans  la  liste  des  idéogrammes  principaux, 
seront  sans  doute  comblées  par  la  liste  des  «  ideo- 
grammata  rariora  »,  qui  doit  suivre. 

M.  Toscanne  a  essayé  d'expliquer  l'origine  et  le 
sens  de  soixante  idéogrammes,  dont  la  plupart  lui 
paraissent  des  composés  de  quelques  signes  simples. 

M.  Allotte  de  la  Fuye  croit  reconnaître  dans  un 
signe  non  identifié ,  de  l'époque  d'Umkagina ,  le  proto- 
type du  signe  tu,  que  l'on  ti^ouve  dans  Gmlea  (Cyl. 
A,  éd.  Price,  p.  92  ,  n*  54).  Ce  signe  se  compose 
suivant  lui  du  signe  ^  et  des  deux  signes ,  accolés , 
de  la  main  droite  et  de  la  main  gauche.  Mais  si  »M 
est  primitivement  l'image  de  la  main  droite,  nous 
ne  connaissons  pas  de  signe  pour  la  main  gauche  ;  il 
n'est  nullement  sûr  que  le  signe  de  Gndea  soit  le 
même  que  celui  de  Tépoque  d'Unikagina;  enfin  je  ne 
sais  même  pas  sur  quoi  M.  A.  s'appuie  pour  dire  que 
*-^Él  signifie  r  apporter,  ofliVir,  consacrer  ».  Brûnnow 
ne  connaît  que  les  sens  de  «  renouveler,  engendrer, 
entrer,  vêtir,  malade ,  pigeon  ». 

L'écritm^e  du  code  de  Uammiirabi  n'est  pas  uni- 


448  NOVEMBRE-DÉCEMBRE    1906. 

• 

forme;  un  examen  attentif  montre  qu'il  existe  des 
raccords  entre  les  difTérentes  parties.  M.  Godbey,  qui 
a  soigneusement  étudié  ces  détails  de  gravure,  en  a 
conclu  que  la  stèle  du  Louvre  n'est  pas  un  original 
mais  une  copie,  et  que  le  travail  a  été  exécuté  simul- 
tanément par  plusieurs  scribes  entre  lesquels  la 
tâche  avait  été  répartie.  Il  croit  pouvoir  distinguer 
huit  mains  différentes.  Comme  le  bas  des  colonnes 
offre  des  particularités  (pii  ne  se  retrouvent  pas  dans 
le  haut  (l'écriture  y  est  plus  serrée,  les  fautes  plus 
nombreuses),  il  est  possible  que  les  graveurs  aient 
été  répartis  en  deux  équipes  travaillant  l'une  au- 
dessus  de  l'autre. 

LANGUES  SIMÉRÏENNE  ET  ASSYRIENNE. 

F.  Delitzsch.  Znr  assyrischen  Lexicographie  :  OLZ  ,\o\.  Vil , 
col.  93-3.  —  B.  Mbissner.  Bemerkiinfjen  zu  C  T  XIV  : 
MVAG,  vol.  IX,  p.  196-220.  —  Lexicographitches  : 
ibid.,f.  339-336.  —  D.-H.  Miller.  Der  Gebraach  der 
Modi  in  den  Gesetzen  Hammarabis  :  WZKM,  \o\.  XVIII, 
p.  97- 1 00.  —  W.  Mvss-AlRHOLUt.  Assyrisch-enylisch-deulsches 
Handtcôrterbuch .  livr.  i4  et  i5  (p.  833-960).  Berlin, 
Reuther  und  Reichani,  in-8'.  —  Snpar,  ""^  iuparsak{u), 
""''  Saksupp{bb)ar,  and  related  ternis  :  A  JSLL ,  vol.  XX, 
p.  186-193.  —  Leaaicographical  notes  :  ibid. ,  p.  3  33-a34. 
—  J.-D.  Prince.  The  vocabalary  of  Sanierian  :  JAOS, 
vol.  XXV,  p.  49-67.  —  C.  ViKOLLKAUD.  NoIes  lexico- 
graphiques  :  Z A,  vol,  XVIH,  p.  33 1-233.  —  A.  Ungnad. 
Zar  Syntax  der  Gesetze  Hammarabis  :  Z  A  ,  vol  XVIII, 
p.  1-67. 

La  variété  et  la  multiplicité  des  sens  rendus  par 
une  seule  et  même  syllabe  constituent  l'une  des  prin- 


L'ÀSSYRIOLOGIE   EN    1904.  W) 

cipales  difficultés  de  la  langue  sumérienne.  Gomme 
Amiaud,  M.  Prince  admet  que,  pour  les  Sumériens, 
des  différences  d'intonation  distinguaient  les  syllabes 
pour  nous  identiques,  et  il  remarque,  ce  qui  est 
d'un  grand  poids,  que  le  nombre  des  intonations 
sous  lesquelles  nous  sommes  amenés  à  grouper 
les  différentes  acceptions  d'une  même  syllabe  ne 
dépasse  jamais  le  nombre  des  huit  intonations  phy- 
siquement possibles.  Partant  de  ce  principe,  il  étu- 
die les  nombreuses  acceptions  du  signe  Jf,  qu'il 
range  sous  quatre  chefs,  et  montre  qu'elles  se 
déduisent  logiquement  et  linguistiquement  de  l'ac- 
ception primitive  «  eau  ».  Il  n'y  a  donc  pas  lieu  de 
recourir  à  l'hypothèse  idéographicpie  ou  idéopho- 
nique,  contre  laquelle  M.  Prince  fait  d'ailleurs 
valoir  les  variations  phonétiques  du  sumérien,  de 
dialecte  à  dialecte,. ou,  dans  un  même  dialecte,  l'har- 
monie et  la  dissimilation  vocaliques,  l'emploi  des 
postpositions  et  l'incorporation  verbale.  Les  trois  der- 
niers ordres  de  faits  sont  inconnus  aux  langues  sémi- 
tiques; or  dans  aucun  jargon  artificiel  «nous  ne 
trouvons  de  développement  grammatical  autre  que 
celui  du  langage  sur  lequel  est  fondé  le  jargon». 
Donc  si  le  sumérien  était  une  «  allographie  » ,  celle-ci 
ne  saurait  être  f  œuvre  des  Sémites. 

M.  Delitzsch  a  établi  que  igilti[Asiirb.  Sm.  i23), 
ikkUtci,  tcltekiltâ  [GiUj.,  xi,  2  i  5-229)  viennent  d'une 
racine  xri'^p,  qui  signifie  «s'éveiller».  Kadni  signifie 
«  fier,  orgueilleux  »,  plutôt  que  «  impétueux  »,  si  l'on 
se  reporte  à  Nab.  Grot.  m,  3o  :  kadrutim  nklannaki, 
viii.  3o 


450  NOVEMBKE-DÉCEMBRE   1906. 

et  au  nom  propre  Kunus-hadm  (IIl  R,  66  u,  a8) 
«  courbe-toi ,  fier  ». 

Le  verbe  hâku  signifie  primitivement  «  entourer  ». 
C'est  le  sens  qu'il  a  dans  II  H,  39  gh,  6o  :  «  le  grand 
pays  cernera  le  petit  pays  pour  le  piller»  {ihâknui). 
M.  B.  Meissner,  qui  rite  cet  exemj^e ,  en  donne  aussi 
d'autres  qui  confirment  le  sens  de  «  mêler,  se  mêler  » 
(en  parlant  de-s  liquides),  établi  autrefois  par  Jensen 
pour  ce  même  mot  (Emuna  efc,  i,  5;  Jobns,  Dccds, 
ioq3,  rev.  4;  BA,  n,  636,  K.  i64,  i3).  De 
même,  h  côté  de  la  racine  hamû  «  s';ibattre  »,  existe 
une  autre  racine  fiaimi  «observer»  (les  ordres)  ■«= 
(09^  «  défendre ,  protéger  »  ;  pour  la  filiation  des  sens  » 
cf,  "1S3  •  protéger  •  et  jJài  «  regarder,  observer  ».  L'ex- 
plication {|ue  Jensen  a  déjà  proposée  pour  mazûrn 
«  Waschpfahl  »  est  confirmée  par  la  définition  du 
IfojLao  donnée  par  Bar- Ali  et  ritéc  par  M.  Meissner. 
Le  vêtement  appelé  msuj)pu ,  scisuppu  est  Je  manteau 
ou  la  mantille  que  le  Tabnud  appelle  K5'*t?iU  et  le 
syriaque  i9>»f>>  ,  Enfin  M.  Meissnei*  voit  dans  l'in- 
strument appelé  sassaru,  qui  sei't,  avec  la  hacbe 
{p<isu),  à  abattre  les  arbi^s,  l'équivalent  de  l'hébreu 
i^iPD  «  la  scie  »;  sassaru  serait  une  forme  safal  de  la 
racine  masaru.  —  Le  fascicule  XIY  des  Cunciform 
Tcxts ,  qui  contient  des  textes  lexicographiques ,  a  été 
étudié  par  M.  Meissner.  Je  ne  puis  malheureusement 
pas  résumer  les  corrections,  rapprochements  et 
suggestions  qu'il  a  semés  à  pleines  mains,  et  dont 
les  assyriologues  ne  manqueront  pas  d'enrichir  les 
marges  de  leurs  dictionnaires. 


L'ASSYRIOLOGIE  EN    1904.  451 

M.  Viroileaud  a  relevé,  dans  les  textes  astro- 
logiques, une  trentaine  de  mots  qu'il  donne  avec  leur 
contexte.  Par  compaiaison  avec  le  nom  A-mar-ili 
(Harper,  Letters,  n°  179,  obv.  2  ) ,  il  suggère  pour  le 
nom  du  roi  Bur-sin  la  lecture  Amar-sin.  Le  titre  du 
grand  traité  d'astrologie  est  enuma  '^"Anu  '''Bel, 
«  Quand  Anu  et  Bel  >»  (cf.  déjà  Sayce,  The  Religions  of 
ancient  Egypt  and  Babylonia,  1  908 ,  p.  /ii  1 ,  n.  2). 

Les  racines  ")©«?  et  np»  ont  été  étudiées  par 
M.  Muss-Arnoldt.  Aux  dérivés  déjà  connus  de  la 
première  s'ajoutent  sipirtii  «message,  œuvre»,  et 
mpm.  Ce  dernier  mot,  sous  la  forme  de  l'état  con- 
truit  supar,  se  rencontre  dans  un  grand  nombre  de 
textes  où  l'on  a  lu  jusqu'à  présent  ki-iit.  Outre  le  sens 
de  «  dépêche  »,  qu'il  a  dans  Am,  92 ,  rev.  3o  :  m  sa- 
a-pa-a-ra  ildanas,  il  a  le  sens  de  «  à  la  tête  de», 
chargé  de».  Peut-être  dans  Gilgames,  x,  a,  29, 
faut-il  expliquer  supar  abnê  par  «  œuvre  de  pierre, 
idole  ».  Cela  jetterait  un  jour  tout  nouveau  sur  ce 
passage  difficile.  Le  titre  du  fonctionnaire  '^'  sak- 
hip-par,  s'il  est  bien  formé  des  mêmes  éléments  que 
le  titre  """'  su-par-sdky  confirmerait  la  lecture  sii-par, 
que  M.  Muss-Arnoldt  propose  de  substituer  à  la  lec- 
ture su-ut.  A  sêrtu  «  matin  »  et  sêrtn  •  péché,  colère  », 
M.  Muss-Arnoldt  ajoute  sértn  «  épée»  (IV  H,  aSb, 
5o,  5i  :  sértu  ittanaiihit  azkaru  ellis  sapu)  et  seiia 
«  germe ,  croissance  » ,  de  H")^ .  M.  Muss-Arnoldt 
expli(|ue  encore  inar  (Sarg.  Hors,  176-7)  abrévia- 
tion de  ammar{?);  tillinû  «  choisi  »;  télitu  «  sublime  »; 
UH{i)tu  «  taxe ,  tribut  » ,  de  la  même  racine  que  p'iltu 

3o. 


451  NOVEMBRE-DECEMBRE  1906. 

et  uiliii;  sanâ  «  teindre  »;  sanû  «  a  non  ■;  sipi  «  marche- 
pied »  ;  cresu  «  reine  »  ;  sarûrii  «  espèce  de  concombre  »  ; 
sâru  «favem"»;  saris  «chef»  (d'où  DnD"2"));  Iphiltii 
«  multitude  ».  Enfin  il  note  les  formes  satiita  et 
èainuta  pour  sanûtu  «  second  »  ;  Yifteal  de  sanû  qui 
signifie  «  répéter,  doubler  »;  tiltu  «  neuvième  »  (ordin. 
tisit),  et  étudie  longuement  les  terminaisons  ta-a-un, 
a-an ,  *a. 

Ces  études  sont  extraites  du  supplément  au  dic- 
tionnaire dont  j'ai  déjà  parlé  l'an  dernier,  et  dont 
M.  Muss-Arnoldt  annonce  fachèvement  prochain. 
Les  fascicules  XIV  et  XV,  parus  en  190/1,  nous 
mènent  jusqu'au  mot  rihsn.  Ils  contiennent  près  de 
deux  cents  mots  nouve^mx,  et,  pour  les  mots  déjà 
connus,  beaucoup  d'explications  nouvelles  :  il  suffit 
dv  comparer,  sur  le  mot  pisu,  le  dictionnaire  de 
J)elitzsch  et  celui  de  Muss-Arnoldt,  pour  mesurer  le 
chemin  parcouru  depuis  huit  ans  dans  la  reconsti- 
tution du  lexique  assyrien.  Le  nombre  des  références 
est  souvent  décuplé. 

M.  Ungnad  a  donné  en  1906  la  deuxième  et  der- 
nière partie  de  son  étude  sur  la  Syntaxe  du  Code  de 
IJanunurabi.  11  y  traite  :  1  "  du  régime  du  verbe  :  a.  ac- 
cusatif réfléchi  et  non  réfléchi;  b.  régime  introduit 
par  une  préposition  ;  r.  complément  adverbial;  2"  du 
nom  :  a.  les  cas;  b.  l'apposition;  c.  l'énumération ; 
d.  rapport  de  l'adjectif  au  substantif;  e.  le  nom  ver- 
bal (participe  et  infinitif);  3"  de  la  phrase  :  a.  en 
général;  b.  dans  ses  rapports  avec  d'autres  phrases 
(phrases  principales  et  phrases  secondaires);  c.  fen- 


L'ASSYRIOLOGIE   EN    1904.  ^«53 

chaînemeiit  des  phrases.  Cette  étude  très  complète 
et  très  approfondie,  dont  l'analyse  ne  peut  donner 
qu'une  idée  bien  imparfaite ,  a  permis  à  M.  Ungnad 
de  corriger  en  toute  sûreté  quelques  erreurs  des  tra- 
ducteurs. Par  exemple ,  des  données  qu'il  a  réunies 
sur  la  flexion  du  nom,  il  résulte  que,  au  lieu  de  ilu 
bel  kittu  (i ,  1  i] ,  il  faut  lire  béliil  et  traduire  :  «  A  Mar- 
diik,  fils  aîné  d'fîa,  la  souveraineté  sur  tous  les 
hommes  eurent  attribué  »,  au  lieu  de  :  «  A  Mardnh , 
fils  aîné  de  Eu,  divin  maître  du  Droit,  les  foules  dos 
hommes  eurent  attribué».  Col.  m,  ly,  au  lieu  do 
miidi  igi-gal-im ,  lire  mudi  bisit  iiznim  et  traduire  «  qui 
comprend  la  sagesse»,  au  lieu  de  «savant,  intelli- 
gent». Col.  IV,  4^.-^3,  Idrbiim  Bâbili  ne  signifie  pas 
«boulevard  de  Babel»,  mais  «dans  Babylonc»;  do 
même,  1.  5o-5 1 ,  «  dans  Agade  «^  et  non  «  boulevard 
d'Agane  ».  Col.  m,  54 ,  ammi  est  un  pluriel  et  ne  peut 
pas  désigner  le  Tigre.  Col.  v,  Sy  et  66 ,  la  lecture  ava 
sibuta ,  contraire  à  la  paléographie  et  à  la  grammairo , 
doit  être\;orrigée  en  ana  sibut,  le  mot  qui  suit,  sarra- 
tim,  étant  le  complément  de  sibnt  et  non  du  verbe 
nsiamma,  qui  est  intransitif.  En  conséquence  il  faut 
traduire  :  «  Si  dans  un  procès  un  homme  est  venu 
[nsiamma)  pour  témoigner  au  sujet  d'un  crime,  et 
n'a  pas  prouvé  (la  vérité  de)  les  paroles  qu'il  a  pro- 
noncées, si  ce  procès  est  un  procès  capital,  cet 
homme  sera  tué  »,  au  lieu  de  :  «  Si  quelqu'un ,  dans 
un  jugement  contre  les  témoins,  une  injure  a  proféré 
[nsiamma)  et  la  parole  qu'il  a  prononcée  n'a  pas  jus- 
tifié, si  cette  cause  est  une  cause  de  vie  ou  de  mort, 


454  NOVEMBRE-DECEMBRE    190(^. 

cet  homme  sera  tué  ».  Beaucoup  de  gens  avaient 
trouvé  excessive  et  étrange  la  loi  ainsi  libellée.  La 
grammaire  nous  contluit  à  une  interprétation  plus 
acceptable,  qui  s'applique  aussi  au  paragi-aphe  sui- 
vant. Au  lieu  de  :  «  Si  aux  témoins  du  blé  ou  de  l'ar- 
gent il  a  envoyé,  la  peine  de  ce  jugement  il  portera  », 
il  faut  entendre  :  «  S'il  est  venu  témoigner  sur  une 
affaire  de  blé  et  d'argent  (  sous-entendu  :  et  n'a  pas 
justifié  la  parole  qu'il  a  prononcée),  il  supportera  la 
condamnation  ».  Rev.,  col.  \xi,  M-A5,  au  lieu  de  :  «  Si 
un  bœuf  furieux  [zugam]  dans  sa  course  »,  traduisez  : 
«  Si  un  bœuf  allant  dans  une  laie  [sakam)  ».  Col.  xiv, 
6a,  les  signes  sal  zi  ik  m  um  ne  peuvent  être  lus 
zinnisti  zikriun  :  la  grammaire  exigerait  .lu  moins 
sinnisla  zikrim,  et  l'interprétation  «  femelle,  du  mâle, 
femme  publique  »,  que  d'autres  raisons  rendent  d'ail- 
leurs inacceptable,  doit  être  écartée.  Col.  xv,  5 à  ,  hêl 
eklétim  est  une  lecture  impossible  :  bel  est  à  l'état 
construit,  il  faut  un  substantif  régi;  lisez  bel  ekli 
ekilm  isseid ,  etc. 

Au  sujet  de  la  terminaison  a,  considérée  jusqu'à 
présent  comme  caractérisant  le  verbe  des  proposi- 
tions subordonnées ,  et  de  l'exception  relevée  et  expli- 
quée par  M.  Ungnad  dans  les  propositions  subor- 
données introduites  par  snmma  (cf.  Joarn.  as.,  i go^ , 
sept.-oct.,  p.  q54),  m.  D.-H.  Mùllerfait  remarquer 
que,  dans  le  code  de  Hammnrabi ,  la  terminaison  u 
manque,  non  seulement  dans  les  phrases  commen- 
çant par  summa,  mais  encore  dans  toutes  les  propo- 
sitions  conséquentes    des    phrases  conditionnelles. 


L'ASSYRIOLOGIE  EN   1904.  455 

dans  toutes  les  formes  du  jussif,  dans  les  formes 
narratives  [tempus  historicum).  11  formule  donc  la 
règle  suivante  :  u  se  trouve  dans  les  phrases  relatives 
attributives  ou  conjonctionnelles;  il  manque  dans 
les  propositions  antécédentes  et  conséquentes  des 
phrases  conditionnelles ,  au  jussif  et  au  temps  histo- 
rique. Vu  est  de  nature  indicative  et  non  conjonc- 
tive, et  correspond  à  l'a  de  l'indicatif  arabe.  Ainsi 
s'explique  sa  chute  au  jussif,  dans  les  phrases  condi- 
tionnelles et  le  temps  historique,  et  son  maintien 
dans  les  phrases  relatives  et  conjonctionnelles.  L'u  du 
permansif  est  une  formation  analogique  d'après  le 
présent  et  le  prétérit ,  ou  plutôt  une  terminaison 
adjectivale. 

LITTÉRATURE. 


a.    LEXIGOGRAPHIQUE. 

Canciform  Texts  from  Babylonian  Tablets  in  the  British 
Muséum ,  parts  XVII  et  XVIII.  London ,  Longnaans  et  C" , 
1  oo  pi.  in-4°. 

Le  Musée  britannique  a  publié  deux  fascicules  de 
textes  lexicographiques  copiés  par  M.  Thompson.  Ce 
sont  des  listes  de  synonymes  où  les  mots  sont  classés 
par  séries,  d'après  le  sens  :  une  de  ces  séries,  ap- 
pelée malkii  «  le  roi  » ,  comprenait  au  moins  huit  ta- 
blettes ;  cinq  fragments  sont  publiés  pour  la  première 
fois.  Ce  sont  aussi  des  lexiques  sumériens-assyriens 
appartenant,  pour  les  fragments  qui  ont  pu  être 
identifiés,  aux  séries  AN-TA-GAL=«.<faA'tt  «haut»;  alam 


4&6  NOVEMBHE-DECEMBRE    1906. 

=  lânu  «imago».  Do  nombreux  morceaux  étaient 
inédits  »'l  apportent  un  conjpiénient  précieux  aux 
matéiiaux  réunis  par  Biiinnow. 

/;.    HISTORIQUE. 

C.-H.-\\.  JoHNS.  An  overlooked  fragment  of  an  Eponyni  list  : 
PSBA.  t.  XXVI,  p.  a6o-a6i.  —  L.-W.  King.  Records  of 
Oie  reiyn  of  Tuhulti-yinib  I,  king  of  Assyria ,  nhout  B.C. 
1975,  edited  and  Iranslated  from  a  mémorial  tablet  in  the 
British  Mnteam.  London,  Luzac,  i  vol.  xin+i85  pages 
in-ia.  —  S.  Lanodon.  List  ofproper  names  in  theannals  of 
Asurbanipal :  AJSLL,  vol.  \\,  p.  2^li^^xb^y.  —  B.  Meiss- 
NER.  \ebnkadnezars  Dericht  ûher  die  Erhamintj  des  Beîtcm- 
pels  :  Asivriologischc  Studien ,  MVAG.  vol.  I\  ,  p.  184-196. 

—  Tn.-(¥  PiNCHES.  A  new  historicalfragmentfrom  Nineveh  : 
JBAS,  p.  4o7-4>8.  —  I.-M.  Prick.  Litlerary  remains  of 
liimSin  (Arioch),  king  of  Larsa  :  The  Decennial  Publica- 
tions of  the  University  of  Chicago,  vol.  V.  Chicago,  The 
University  of  Chicago  Press,  37  p.  et  5  pi.  in-4'.  —  A. -H. 
Sayce.  The  new  historical  fragment  from  .\ineveh  :  JHSA, 
p.  750-762.  —  V.  Scheil.  Notes  d'êpigraphie  et  d'archéo- 
logie assyriennes  :  Recueil  de  travaux ,  vol.  XXVI,  p.  3Q-a8. 

—  Miscelles  :  OLZ,  Vil,  col.  69-70;  216-317.  — 
M.  Streck.  Bemerhingen  zu  den  «  Annals  of  the  kings  of 
Assyria»,  I :  Z k,  WIII,  p.  i^a-aoï.  —  F.  Thureau-Dan- 
(;iN.  Nouvelle  inscription  de  Gudea  :  Revue  d'assyriologie , 
vol.  VI ,  p.  a3-24-  —  La  ruine  de  Shirponrla  [Lngash  )  sous  le 
règne  d'Ourou-kagina  :  ib.,  35-32.  —  Le  cylindre  A  de  Gu- 
dea :  ZA.  XVIU,  p.  1 19-141  '  —  p.  Toscanne.  Inscriptions 
cunéiformes  archaïques  du  Musée  du  Louvre  publiées  sous  la 
direction  de  E.  Ledrain.  Les  statues  de  Gudea,  statue  J. 
Paris,  Leroux,  87  p.  in-4*. 

Le  texte  de  Tukulti-Ninib ,  dont  M.  King  a  publié 
une  édition  très  soignée  à  tous  points  de  vue,  est  un 


LASSYKIOI.OGIE   EN   l'J04.  457 

document  destiné  à  conimémoier  la  construction 
des  murs  de  Kar-Tukulli-lSinib.  Gomme  tous  les 
textes  de  ce  genre,  il  débute  par  une  énuméraliou 
des  titres  du  roi  et  une  courte  généalogie  remontant 
à  son  grand  père.  Le  roi  rapelle  ensuite  ses  victoires 
sur  les  pays  de  Kuti,  Vlmmani,  Elhunia,  Sarnida, 
Mehri,  Kiirti,  Kummuh,  Pusse,  Miimme,  Alzi,  Ma- 
dani,  Nihani,  Alaia,  Tcarzi,  Pwukuzzi,  Subari  et 
ISàiri,  dont  il  défit  quarante  rois  coalisés.  Une  men- 
tion spéciale  est  faite  de  sa  campagne  contre  Bibcia- 
su,  roi  de  Kardimias  (Babylonie),  qu'il  fit  prisonnier, 
et  dont  il  annexa  le  royaume  à  l'Assyrie.  L'inscription 
rappelle  ensuite  que  Kar-Tuhilti-Ninib  a  été  fondée 
sur  Tordre  de  Bel,  que  le  roi  y  a  construit  des 
temples  à  Asur,  Adad,  Samas,  Ninib,  JSuzhi,  Nergal, 
Iminabi,  et  Istar,  et  a  creusé  un  canal  desservant 
ces  temples,  qu'il  a  élevé  un  tertre  sur  lequel  il  a 
bâti  son  palais,  et  qu'il  a  entouré  la  ville  de  murs. 
Enfin  viennent  les  malédictions  usuelles  contre  celui 
qui  détruirait  la  ville  ou  le  mur,  ou  mutilerait  la 
tablette. 

M.  King  a  joint  à  l'inscription  de  Tahilti-Ninib 
un  passage  de  la  «  Gbronique  babylonienne  »  rappe- 
lant la  défaite  de  Bibeiasu  et  la  domination  du  roi 
d'Assyrie  en  Babylonie  ;  un  passage  de  «  l'Histoire 
syncbronique  »  où  il  a  le  premier  rétabli  le  nom  de 
Bi[be]asa  ;  une  empreinte  du  sceau  de  Sagarakti-Surias 
rapporté  par  Tukulti-Ninib  en  Assyrie,  avec  le  butin 
de  Kardanias,  repris  plus  tard  par  les  Babyloniens, 
et  rapporté  de  nouveau  à  Ninive  par  Sin-ahèirba, 


458  NOVEMBREDÉCEMBRE    1906. 

six  cents  ans  plus  tard  (  III  R,  4  ,  n°  a  ;  la  lecture  du 
nom  de  Sagarakti-Sariait  avait  jusqu'à  ce  jour  résisté 
aux  efforts  drs  assyriologues);  le  récit  de  la  prise» 
de  Babyione  par  Sin-ahê-irba  d'aprrs  un  prisme  de 
Sin-ahé-irba  {{  ^ ,  3,  7),  et  rinscription  de  Bavian 
(III  R,  I  A),  à  laquelle  une  collation  faite  sur  les  ori- 
ginaux a  permis  d'apporter  plusieurs  corrections  im- 
|)ortantes;  en  appendice,  huit  fragments  de  coupes, 
portant  des  inscriptions  de  Sulman-aiarid  l". 

Dans  son  introduction,  M.  King  a  insisté  sur  le 
synchronisme,  établi  pour  la  première  fois,  des  règnes 
de  Tnkalti-Ninib  et  de  liibeiaia;  il  a  comparé  l'usage 
des  tablettes  de  fondation  en  Assyrie  et  en  Egypte 
et  opposé  la  destination  historique  des  premières 
ù  l'objet  purement  magique  des  secondes;  enfin,  il  a 
mis  en  ceiivre  les  données  historiques  fournies  par 
l'inscription  de  Tuhilli-Ninib  sur  les  campagnes  de 
ce  roi  et  les  relations  de  l'Assyrie  et  la  Babylonie. 

Le  P.  Scheil  a  publié  une  pierre  de  seuil  de  Lvoal- 
Mavrri{?)^  transcription  seule;  deux  briques  à  in- 
scriptions d' Adad-Nirâri ,  une  de  Salman-asarid  ;  une 
pierre  avec  une  inscription  do  sept  lignes  de  Sin-ahê- 
irba  (transcription  seule),  mentionnant  un  fils  du  roi  : 
Asur-iliya-balatsa  (lisez  '^'Asur-ilum.ii-baUit-sa  ou  ''" 
Asar-ila-nadin-balat-su).  Un  fragment  de  Sin-ahê-irba , 
mentionnant  la  campagne  contre  les  Arabes,  a  été 
traduit  par  le  P.  Scheil ,  qui  place  l'événement  après 
la  huitième  campagne  du  roi.  Signalons  encore  un 
fragment  du  ci-devant  Pudila  [=^  Arik-dln-ilu ;  tran- 
scription seule)  et  une  dédicace  à  Nimba. 


L'ASSYRIOLOGIE  E\    1904.  450 

L'histoire  des  rapports  de  LiKjas  et  de  Gisug,  qui 
commence  pour  nous  à  l'époque  de  Mesim  ' ,  roi  de 
Kis,  vers  /iooo  av.  J.-C,  s'est  enrichie  d'un  nouveau 
chapitre.  C'est  l'histoire  de  la  destruction  de  Lagiik , 
par  LuGALZAGGisi,  roi  de  Gisdg.  Une  tablette  décou- 
verte par  le  capitaine  Gros,  et  dont  M.  Thureau- 
Dangin  a  donné  la  traduction ,  énunière  les  temples 
détiniits  ou  pillés  par  les  habitants  de  Gisug.  Le  fait 
le  plus  important  qui  ressort  de  cette  tablette,  est 
que  Urukagina,  roi  de  Girsu,  est  contemporain  de 
LuGALZAGGisi,  patési  de  Gisug. 

M.  Thureau-Dangin  a  également  publié,  dans  la 
Revue  d'assyriologie ,  l'inscription  de  la  huitième 
statue  de  Gudea  dont  il  avait  déjà  donné  une  traduc- 
tion que  j'ai  signalée  l'an  dernier.  Cette  inscription 
a  fait  d'autre  part  l'objet  d'un  travail  de  M.  Toscanne 
qui  a  donné,  en  même  temps  qu'une  copie  fort  soi- 
gnée, des  variantes  empruntées  aux  autres  textes  de 
Gudea.  Enfin  les  dernières  colonnes  (\x-xxx)  du  cy- 
lindre A  de  Giidea  ont  été  traduites  par  M.  Thureau- 
Dangin.  Elles  racontent ,  suivant  lui ,  «  la  pose  des 
fondations  du  temple  ».  Aussitôt  après  sont  mention- 
nées sept  bénédictions  par  lesquelles  Gudea  salue 
f  édifice  dont  il  vient  d'entreprendre  la  construction. 
Puis  commence  la  longue  énumération  des  divers 


'  On  a  lu  jusqu'à  ce  jour  me-silim;  mais  silim  parait  unp 
valeur  sumérienne  de  basse  époque  refaite  sur  ie  sémitique  salamu. 
i]i^  a  la  valeur  sim  (G  T,  XI,  la,  4o8oi.  3),  qui  satisfait  aussi 
bien  au  complément  phonétique  ma  ,  qui  souvent  termine  le  nom 
(lu  roi. 


4C0  NOVEMBRE-DKCEMBRK    1006. 

travaux  «'xécuti'-s  par  le  pat«'si  :  les  multiples  parties 
du  temple  sont  successivement  passées  en  revue  avec 
les  emblèmes,  stèles,  ou  représentations  mythologi- 
ques qui  les  ornent.  L'inscription  se  termine  par  une 
prière  adressée  à  Nin-Girsu.  Je  reviendrai  l'an  pro- 
chain sur  cet  important  travail,  qui  doit  être  puhlié 
à  nouveau  avec  un  commentaire  <;ramniaticnl. 

Depuis  que  Lenormant  a  proposé  d'identifier 
Bim-Sin  avec  l'^rioc^  de  la  Genèse,  je  ne  crois  pas 
que  celte  hypothèse  ait  été  l'objet  d'une  discussion 
sérieuse.  Klle  soulève  pourtant  beaucoup  de  difficul- 
.  lés.  Il  n'est  pas  probable  que  le  même  roi  ait  porté 
deux  noms  équivalents,  l'un  sumérien,  l'autre  sémi- 
tique, et,  si  le  nom  écrit  Ri-im-  '*'"*''  Kn-zu  doit 
être  lu  Rim-Sin  en  sémitique ,  on  ne  voit  pas  pounjuoi 
il  apiKiraitrait  quelquefois,  dans  des  documents 
écrits  en  sumérien,  au  lieu  de  la  forme  ordinaire 
Kru-  '*'"*''  En-zl,  réputée  sumérienne,  ni  pourquoi 
les  S'mites  de  Palestine  auraient  retenu  de  |)réfé- 
rence  la  forme  sumérienne  prétendue  équi\atcnio, 
Arinch  («-  Ëri-ari  ).  D'autn;  paît,  le  l'ait  que  Sin  est 
quelquefois  appelé  ''"*'  a-ku,  en  sumérien  (Bi'. 
I  1680),  ne  prouve  pas  que  le  sumérien''"*"  Kn-/.i 
se  soit  prononcé  aku.  11  n'est  nullement  prouvé  non 
plus,  ni  même  vraisemblable,  que  lim  soit  la  tra- 
duction assyrienne  de  eru  [rim  signifie  en  assyrien 
«  bœuf  sauvage  »  tandis  que  eru  signifie  «  serviteur  »). 
Je  croirai  donc,  jusqu'à  preuve  du  contraire,  que 
Rim-  ''"  5m  et  Erd-  '''"»''  Ew-zu  {=>  Arad-  ^"  Sin)  sont 
deux  rois  différents.  Je  regrette  que  M.  Price,  qui 


L'ASSYRIOLOGIK   KN    190/|.  Mil 

vieiil  de  donner  une,  noiivoUt'  ('dition  d«'s  lexles  de 
ce  roi,  ait  adopté  l'opinion  de  Lenormant,  sans 
même  la  discuter.  Au  reste,  il  faut  le  remercier 
pour  les  copies  qu'il  a  publiées  de  deux  textes  iné- 
dits ,  conservés  au  Louvre ,  et  qui  sont  parmi  les  plus 
longs,  et  pour  les  deux  tables  où  il  a  donné  un 
dépouillement  des  noms  propres  et  du  vocabulaire 
de  Rim-Sin  et  Arad-Sin. 

L'onomastique  si  ricbe  du  cylindre  d' Asur-bâii-apal 
a  été  inventoriée  par  M.  S.  Langdon.  La  liste  des 
noms  propres  offre  plus  que  de  simples  références: 
elle  analyse  les  données  fournies  par  le  texte  sur 
chaque  individu  et  chaque  pays.  Je  souhaite  avec 
M.  Langdon  que  pareil  travail  soit  fait  pour  tous 
les  textes  historiques  assyro-babyloniens. 

Le  fragment  de  cylindre  de  JSabâ-kudurn-usur, 
trouvé  à  Suse,  et  traduit  en  1900  par  le  P.  Scheil 
(DP,  il,  12  3-125),  complète  sur  be.iucoup  de  points 
un  autre  cylindre,  également  mutilé,  publié  par 
Hilprecht  (OB,  I,  3/i-35).  M.  Meissner  s'est  aperçu 
le  premier  de  ce  fait  et  a  donné  une  traduction  du 
texte  ainsi  rétabli.  Il  suppose  cpi'il  n'y  a  plus  de 
lacune  entre  la  fin  de  la  colonne  11  et  le  commence- 
ment de  la  colonne  m;  mais  il  n'a  pu  en  acquérir 
la  certitude,  le  P.  Scheil  n'ayant  pas  publié  la  copie 
de  l'original,  mais  une  simple  transcription. 

La  publication  des  Aimais  of  the  Kings  of  Assyria 
(1902),  de  MM.  Budge  et  King,  a  été  l'objet  d'une 
revision  attentive  de  la  part  de  M.  Streck ,  qui  s'est 
proposé  de  rectifier  et  de  compléter  l'interprétation 


46S  NOVEMBRE-DÉCEMBRE    1906. 

en  s'aidant,  plus  (jue  ne  l'ont  fait  les  auteurs  anglais, 
des  travaux  parus  depuis  le  dictionnaire  de  Delit/sch. 
Parmi  ses  explications  et  ses  corrections,  je  retien- 
drai surtout  gunii  ou  gunwi  «  soldat»  [Adiid-NUwi , 
obv.  2a);  saUuiunu  «régisseur»  (Tig.  I,  col.  i,  36); 
Kili-  ^Temb,  Kali-  •'"TVàhiA,  Sadi-^''rfhé,  HaltivUir,  au 
lieu  de  Kîlianfrrn,  Knh'antcru,  Sndi'antern,  fJaUuhi 
[ibid.,  n,  ib)\gamarria  irhute  kurndia  sa  mifhiis  tapdc 
litamdn  «  mes  voltigeurs  (?)  rapides ,  mes  hoplites  ex- 
perts {litamdu)h  infliger  îa  di^faite  »  [ibid. ,  ii,  66-68); 
snmâtu  [ibid.,  m,  ^/i)  «être  cflfil<^»;  zirhn  {ibid.,  nr, 
9g)  «agneau»;  adi  snlnlti  âme  sa  '''  sainsi  napâhi 
[ibid.,  III,  100-1  Ci)  «en  un  tiers  de  jour,  celui  du 
lever  du  soleil»;  ummi  (ibid.,  iv,  68)  «platane»; 
Tnmmc  [ibid. ,  iv,  -y  i  )  et  non  Nimmè  ou  Nnmme;  knr- 
bani  sa  abari  [ibid. ,  v,  Sg)  «  morceaux  de  magnésite  »  ; 
birik  sipani  [ibid.,  vi ,  i  5)  «  éclair  de  bronze  »  ;  tunisuha 
(Ob.  brisé,  coi.  iv,  a  g)  «  crocodile  »,  au  lieu  de  nam- 
snha  (cf.  Tarabe  ^UL^j);  bit  abusâle  [ibid.,  col.  v,  i) 
■  étable  »  (lieu  des  mangeoires);  nuinarit  [Asum., 
n'  3 ,  i)  «  qui  fait  se  reposer  »;  hit  kili  (n"  4 ,  rev.  1 7) 
«  lieu  obscur  »;  asuha  «  platanus  orientalis  »  [Ahirn., 
Mon.  V,  16);  iiia  iski.su,  et  non  iita  (fis-ki-sa  [ibid., 
l.  5a),  «  en  sa  possession  ».  M.  Streck  attribue  à  Sai- 
inanazar  I"  f obélisque  brisé,  longtemps  attribué  à 
Asur-ndsir-apal  ou  à  Tukulti-itpal-esara  1"^  ;  il  se  fonde 
sur  la  mention  de  Kad(dnian-[Buri(is]  et  dune  colo- 
nie fondée  à  Halziluha ,  dans  la  montagne  de  Kasioj'i , 
région  où  nous  savons  que  Suhnnn-asarid  1"'  fit  une 


L'ASSYRIOLOGIE  EN   1904.  463 

expédition.  Son  étude  sur  le  nom  de  Pudi-ilii  a 
perdu  en  grande  partie  son  intérêt  depuis  la  décou- 
verte faite  à  Kala  at-Sirgât  (voir  p.  443). 

M.  Johns  signale  un  fragment  d'une  liste  des  épo- 
nymes  (K.  10.017)  transcrit  par  Smith  dans  son 
Canon  des  éponymes  (p.  55)  et  depuis  négligé.  Ce 
texte,  très  mutilé,  traite  de  l'année  y 00. 

Un  fragment  historique  rapporté  en  Europe  par 
Boutcher,  le  dessinateur  qui  accompagna  Loftus  en 
Assyrie,  a  été  publié  par  M.  Pinches  qui  semble 
avoir  raison  de  le  rapprochei'  du  fragment  IV  R ,  34, 
n"  2 .  Ce  texte  est  très  mutilé  ;  on  y  retrouve  cepen- 
dant les  noms  de  Asur-bêl-hudiu^-usur,  Ninib-tiikulti- 
Ahiv  et  de  Harbi-Hhu ,  le  Hahirite.  Si  le  Bêl-kudur-usw 
nommé  dans  ce  texte  est  le  i-oi  d'Assyrie  cpii  régna 
\  ers  1210,  nous  avons  là  un  élément  pom^  fixer 
la  date  des  événements  rapportés  dans  le  texte  de 
Rawlinson.  M.  Sayce  a  proposé  quelques  modifica- 
tions à  la  traduction ,  donnée  par  Pinches ,  du  texte 
de  Ravvlinson ,  et  en  a  rapproché  un  fragment  d'Aga- 
thias  (Il ,  a 5 ,  p,  1 1 9)  et  de  Ktésias ,  dont  il  a  essayé 
de  rétablir  les  noms  propres  fort  altérés.  J'admets 
avec  lui  que  les  noms  assyriens  très  longs  ont  été 
souvent  idarégés  et  que  Biletaras  peut  représenter  un 
nom  comme  [Tiikulti]-apal-esara  [pilesev),  mais  j'ai 
peine  à  croire  que  Amyntes  soit  une  traduction  de 
mur  ou  de  nasir  «  protège  ». 


404  NOVEMBRE-DECEMBRE    1000. 

C.    ÉIMSIOLAIHE. 

Fr.  IIrozw.  keiUchrifttexle  nus  Tn'unnek  (appendice  à  la 
publication  de  Sellin  [voir  p.  /|/io],  p.  ii3-r.rî).  — 
C.  JoHNSTON.  Samas-iam-nkin ,  the  eldest  non  ofEsarhathlon  : 
JA  OS.  t.  XVin,  p.  79-83.  —  F.  Martin.  Une  lettre  assy- 
rienne (Harper,  IV,  n*  a48)  :  ZA  ,  vol.  XVIII ,  p.  97-99.  — 
B.  Meiss.nkr.  Samassuinukin  and  Asurboitipal  :  Assyrio- 
logische  Studien ,  M  VA  G.  IX ,  p.  1 8 1  - 1 84. 

En  dehors  de  deux  listes  extrêmement  mutilées ,  et 
dont  il  n'y  a  guère  à  tirer  que  les  noms  propres ,  les 
fouilles  de  Taannck  (voir  p.  465)  ont  fourni  deux 
lettres  c[ue  M.  llrozny  a  traduites  et  commentées. 
L'une  est  de  Guli-Addi,  l'autre  de  Ahi-Jawi;  toutes 
deux  sont  adresst'es  à  Istar-warsur.  M.  Hrozny  rap- 
proche le  nom  ^4 /»/-/« M'/  de  l'hébreu  ^n^^nN  ^I  Rois, 
\iv,  II)  pour  lequel  il  suppose  une  tonne  plus  an- 
cienne nin^HK.  Comme  le  fait  remarquer  M.  Séllin 
(p.  98-99),  ces  lettres,  qui  sont  de  la  même  époque 
que  celles  d'El-Amania,  montrent  que  le  babylonien 
îi'était  pas  seulement,  ainsi  qu'on  l'a  prétendu,  la 
langue  diplomatique;  puisque  les  dynastes  de  Syrie 
se  servaient,  pour  correspondre  entre  eux,  de  l'écri- 
ture babylonienne,  cette  écriture  était  la  seule  qu'ils 
connu.ssent.  Ce  fait  est  encore  établi  par  les  listes 
trouvées  avec  les  lettres,  et  (jui  semblent  se  rappor- 
ter à  l'administration  de  la  principauté. 

M.  Martin  a  traduit  et  commenté  la  lettre  348  du 
recueil  de  Harper,  qui  contient  une  consultation  re- 
lative à  une  maladie  du  roi.  —  Une  lettre  ;i  A.mr-ahê- 
idWïn ,  publiée  par  Haqier  (n°  870),  et  traduite  par 


L'ASSVRIOLOGIE  EN    lUO'i.  465 

M.  Meissncr,  montre  que.  raccession  (ÏAku-bân-apal 
au  trône  d'Assyrie  fut  une  satisfaction  accordée  aux 
grands  qui  craignaient  la  prédominance  de  Babylone. 
Samas-snm-iikin  est  appelé  fils  aîné  [rabu)  du  roi;  il 
n'était  donc  pas,  comme  on  l'a  cru,  frère  jumeau 
d'A'sar-bân-apal,  h  moins  qu'il  ne  soit  l'aîné  des 
jumeaux,  ce  qui  n'est  pas  impossible.  M.  Johnston, 
qui  a  traduit  la  même  lettre  peu  de  temps  après 
M.  Meissner,  insiste  sur  l'impossibilité  d'une  traduc- 
tion «  jumeau  »  pour  talimu.  \\  montre  pour  quelles 
raisons  Akir-ahé-iddin  avait  donné  le  royaume  de 
Babylone  à  Samas-'sam-ukin ,  probablement  fils  d'une 
Babylonienne. 

(I.    MYTHOLOGIQUE. 

P.  Haupt.  ï'/ie  introdiictoiy  Unes  of  the  cnneij'orm  account  oj 
Ihe  Déluge  :  JAOS.  t.  XXV,  p.  G8-75. 

Les  premières  lignes  de  la  onzième  tablette  de  la 
légende  de  GiUjamcs  n'ont  pas  encore  été  traduites 
d'une  manière  satisfaisante  ;  plusieurs  traducteurs  du 
récit  du  déluge  ont  même  laissé  ce  début  de  côté. 
M.  Haupt  propose  de  traduii\>  : 

Ninrod  said  lo  him,  even  to  Ut-napisti,  the  translated  : 
1  gaze  at  thie  (with  ama/.ement) ,  o  Ut-napisti; 
Thy  appearance  is  unchanged,  like  me  artthou. 
And  thou  thyself  art  not  changed,  like  me  art  thou. 
Eager  is  the  de[sirc]  of  thy  heart  to  do  battle  ; 
[Arjnior  thou  hast  placed  on  thy  ])ody. 
[Tell  me]  how  didst  thon  settle  (hère)  and  ohfain  life  in 

the  assem])lv  of  gods.. 


4M  NOVEMBRE-DÉCKMBRE   1906. 

«  Appearance  »,  1.  3,  rend  minâli,  que  M.  Haupt 
rapproche  de  l'hébreu  pD  [Gcn. ,  i ,  i  i  ot  2  /j)  «  espère  » 
et  non  de  n3i2  «  compter  » ,  comme  les  auteurs  qui 
l'ont  rendu  paj'  •«  proportions  ».  L.  5 ,  il  faut  lire  gum- 
mvu-  ka[pad]  libbika,  et  non  gummurka  libbi;  kapadu 
■  avoir  l'intention  »,  est  bien  connu.  «  Arnior  »,  1.  6, 
rend  5ir/a-am  (Jensen  :  [u  in]  a  a-h  i).  Au  comnienctv 
uient  de  la  ligne  7,  M.  Haupt  restitue  [ki-ba-a-ma]. 

e.    UTUBGIQUB. 

J.  B«>M.BNRi  r.HKR.  CrtheU  nnd  liymnen  an  Nerrjdl  :  Leipziger 
>emitislische  Studien,  1,  6.  licipzi^,  llinrichs.  1  vol.  bi  p. 
in-S*. 

Des  huit  morceaux  étudiés  par  M.  BoUenrùcher, 
deux  seulement  (K.  83  10  et  9880)  étaient  inédits; 
il  est  regrettable  que  M.  BoUenrùcher  n'en  ait  pas 
donné  la  copie,  mais  seulement  la  transcription. 
L'auteur  a  dû  renoncer  à  copier  trois  autres  frag- 
ments signalés  par  le  catalogue  de  Bezold ,  et  même 
à  collationner  trois  texte»  déjà  publiés,  et  cependant 
réservés  parle  British  Muséum.  Il  a  pu  néanmoins, 
grâce  au  rapprochement  de  textes  similaires,  com- 
pléter sur  plus  d'un  point  les  deux  hymnes  autrefois 
publiés  par  King  [Magic,  n*'  2-7  et  /i6),  et  même 
corriger  en  toute  sûreté  une  copie  fautive  de  Craig 
(K.  69  =•  Z  A,  p.  2'76).  Son  interprétation  marque 
également  un  progrès  sur  celle  de  ses  devanciers.  Il 
n'est  pas  douteux,  par  exemple,  que,  dans  son  nu- 
méro 1 ,  il  ne  faille  lire  avec  lui  :  rabâla  ina  arallé 
mahira  Ui  iisii  (1.  6)  «  tu  es  grand,  dans  les  Enfers  tu 


L'ASSYRIOLOGIE  EN   1904.  467 

n'as  pas  de  rival  » ,  et  non  :  rabâta  ina  arallênia  asira 
[ra]  LA-TI-5U;  mtur  (1,  y)  «élevé»,  et  non  sutur 
«  écris  »  ;  Hbsat  (1.  i  2  )  «  colère  » ,  et  non  milat  «  ?  »  ; 
au  numéro  a  ,  1.  1 3 ,  maUamdiJi  «  qui  marche  » ,  et 
non  kakkab  Pisa  tik  «  étoile  Pisu  qui  est  proche  de  ». 
Il  semble  que  M.  Bôllenriïcher  aurait  été  en  mesure 
de  tenter  la  traduction  de  l'hymne  sumérien  publié 
dans  CT,  XV,  1  4,  et  il  est  regrettable  qu'il  ne  Tait 
pas  fait  :  il  faut  avoir  le  courage  de  se  tromper  et  de 
commettre  les  erreurs  inévitables. 

Dans  son  introduction ,  M.  BôUenrûcher  a  recueilli 
les  données  assez  maigres  que  nous  possédons  sur 
Nergal,  dieu  du  soleil  brûlant  et  meurtrier,  de  la 
fièvre  et  de  la  peste ,  seigneur  de  l'Enfer,  et  en  même 
temps  dieu  de  la  vie  et  de  la  fertilité.  Contre  Barton , 
qui  soutient  que  le  dieu  principal  de  Kutha  ne  pou- 
vait pas  être  à  forigine  une  divinité  malfaisante ,  qu'il 
a  dû  être  d'abord  un  dieu  chthonien,  un  dieu  de 
l'agriculture ,  et  que ,  dépossédé  par  le  Bel  de  JSippiir 
et  réduit  à  f  empire  des  morts ,  il  devint  un  dieu  de 
la  peste ,  et ,  finalement ,  du  soleil  destructeur,  M.  Bôl- 
lenriïcher admet  que  le  caractère  primitif  de  Nergal 
est  celui  d'une  divinité  solaire.  Mais  il  renonce  d'ail- 
leurs à  déduire  logiquement  tous  les  attributs  de  Ner- 
gai  de  sa  fonction  primitive  de  dieu  solaire.  Le  nom 
ée  Sitlamtaea,  fréquemment  donné  a  Nergal,  signifie, 
suivant  M.  BôUenrûcher,  «  celui  qui  a  grandi  dans  le 
Htlam  »,  ce  dernier  nom  désignant  une  partie  encore 
indéterminée  du  x6(7(xos  babylonien ,  peut-être  l'océan 
céleste. 

3i. 


4«|  NOVEMBRE  DECEMBRE    1000. 

/.    DlVINArOIltK. 

Ciineiform  Tejrts  from  Balvlomun  Tablels  in  llic  lirilish 
Mnseiun,  part   X\.  London.  I.ongnians  and  C',   5o   pi. 

.  iti'/i''  -—  C.  ViBOLLEAUO.  Eludes  sur  la  divination  chaldêenne. 
1"  partie;  extraits  des  séries  J  ala ,  |  marsn;  transcriptivn. 
Paris,  Welter,  69  p.  in-^".  —  Textes  divinatuires  :  lieu. 
sém.,  p.  271-275.  —  G.  Qlixche.  Zur  bubylonisclien 
Becherwahrsagang  :  Z  A  .  W'MI.  p.  223-227. 

Le  fascicule  XX  des  (junciform  Tc.rts  est  tout  »inlier 
consacrt"  aux  présiigos  :  il  comprend  des  lexttîs  des 
trois  séries  siunina  Gin,  sumina  sa-t.\u,  et  nmslabilUuii. 
Ijes  copies  sont  de  M.  Thompson.  Les  viogt  fasci- 
cules de  la  publication  du  British  Muséum  forment 
une  m.isse  déjà  très  importante  de  tablettes,  et  il  de- 
vient tiès  diiiicile  de  savoir  ce  que  chaque  fascicule 
contient,  quelles  sont  les  tablettes  publiées  et  en 
(juel  endroit  elles  le  sont.  Un  index  fournissant  toutes 
ces  indications  serait  le  bienvenu,  et  l'index  général 
que  le  Musée  Britannique  donnera  certainement  à  la 
lin  de  la  publication ,  c'est-à-dire  à  une  époque  qu'on 
lie  peut  prévoir,  serait  moins  impatiemment  attendu 
si  nous  avions  des  tables  pai'tielles.  Il  est  vrai  que  les 
onze  premiers  fascicules  ont  paru  sans  pagination, 
mais  il  serait  facile  à  chacun  de  numéroter  son  exem- 
plaire» et  on  ne  verrait  plus  de  références  comme 
Bu.  91-6-9,  364,  CT,  VI,  qui  imposent  un  quart 
d'heure  de  recherches  à  qui  veut  les  vérifier.  Enfin, 
sans  ignorer  tous  les  obstacles  qui  peuvent  s'opposer 
à  la  publication  méthodicpie  d'une  aussi  \aste  collée- 


L'ASSYRIOLOniE   EN    1904.  469 

lion,  je  souhaite  que  les  documents  grammaticaux 
et  îexicographiques,  qui  sont  indispensables  à  i'into]- 
ligence  de  tous  les  autres,  paraissent  avant  tous  les 
autres. 

M.  Quinche  a  étudié  expérimentalement  les  textes 
relatifs  à  la  iékanomancie  publiés  par  M.  Hunger 
(voir  J  A,  1904,  p.  '^61);  les  faits  l'ont  amené 
à  modifier  sur  quelques  points  la  traduction  de 
M.  Hunger  :  criHii  «  bourrelet  »  ;  hurbuhatiim  «  trous 
ronds  »  ;  '  nikimta  «  gonflement  »  ;  snlmii  «  gouttes  se- 
condaires»; mrsarrn  «rond»;  tahaltn  «queue».  11 
signale  en  outre  dans  ce  texte  la  plus  ancienne  men- 
tion du  phénomène  de  l'interférence  :  jusqu'à  pré- 
sent les  peintures  murales  de  Pompéi ,  où  l'on  voit 
des  bulles  de  savon  au  bout  d'un  chalumeau  de 
paille,  étaient  le  plus  ancien  document  sur  ce  phéno- 
mène. 

Un  des  textes  divinatoires  publies  par  M.  Virol- 
leaud  traite  des  présages  tirés  des  apparitions  d(» 
morts;  le  précédent  donne  des  présages  tirés  de  la 
maison  et  de  ses  parties.  M.  Virolleaud  a  donné  en 
outre  une  seconde  édition ,  améliorée  sur  plusieurs 
points,  de  sa  transcription  des  séries  aln  et  marsu. 

fj.    MAGIQUE   ET   MEDICALE. 

C.  FossEY.  Textes  magiques  assyriens  :  Recueil  de  travathv. 
vol.  XXVI,  p.  89-128;  179-218.  —  F.  KicHi.Eu.  Dei- 
trâfje  zur  Kennlniss  dcr  AssYi'iscJi- linbYlonischeii  Mediziii  ; 
Texte  mit  Umschrift,  Uebersetznng  and  Kommentar  :  Assy- 
rinlofiiscke  Bibîiothek,  vol.  XVIII.  Leipzig,  ITinrirhs, 
1  vol,  in-Zj'",  VI  +  i5/i  p.  'm-\"  et  20  pi.  en  nutop;rapl)ir».  — 


470  NOVEMBRE-DÉCEMBRE   1906. 

B.  Mbissnër.  ZaUnschmerz  :  Assyriologiiche  Studien,  XU  : 
MVAG,  l\,  p.  aao-aaS.  —  F.  von  QEfele.  Zur 
AssYrischen  Medizin  and  NatarwissenschaJÏ  :  ZA,  XVIII, 
a34.  —  R.-C  Thompson.  The  deviii  and  evil  spirits  of  Ba- 
bylonia,  being  liubYlonian  and  Assyiian  incantations  arf ainsi 
the  démons,  . .  .translated  front  the  original  cuneifurm  te.rts 
in  the  liritish  Muséum,  with  the  translitérations ,  vocabulary. 
notes,  etc.,  with  two  plates;  vol.  II.  *Fever  sivkness»  and 
tHeadache»,  etc.  I^ndon,  Luzac,  Liv  +  79  p.  in-8'.  — 

C.  VtnoLLBAUD.  Tea-te  magiqae  :  Rev.  sém.,  p.  269. 

Le  fascicule  XVII  des  Cuneifonn  Texts  a  été  tra- 
duit par  M.  Thompson  dans  le  second  volume  de 
ses  Devils  and  evil  spiriU.  H  contient  les  dél)n8  con- 
servés des  «  Alakka  douloureux  »  et  du  «  Mn\  de 
|$lt  f  n  ^^  }&  "  Poupée  d'argile  »  et  de  séries  analogues. 
Ces  incantations  magiques  sont  suivies  de  descriptions 
de  dieux  et  de  la  «  Légende  du  ver  ».  Parmi  les  descri|> 
tions  de  dieux,  celle  de  nin-tu  paraît  se  rapporter  à 
un  type  de  statuette  bien  connu  par  les  fouilles  et 
qui  représente  une  déesse  allaitant  son  enfant.  La 
«  légende  du  ver  »  explique  l'origine  du  mal  de  dent, 
en  remontant  plus  haut  que  le  déluge,  jusqu'à  la 
création,  et  donne  ensuite  la  formule  du  calmant  à 
appliquer  sur  la  dent.  Les  cosmogonies  que  l'on 
trouve  dans  d'autres  textes  magiques  mutilés,  et  dont 
la  raison  d'être  n'apparaissait  pas  clairement  jusqu'à 
présent,  étaient  probablement  destinées,  comme  la 
«  légende  du  ver  » ,  à  expliquer  la  cause  du  mal ,  que 
la  magie  devait  s'appliquer  à  connaître ,  avant  de  le 
guérir.  Dans  sa  préface,  M.  Thompson  a  étudié  les 
paroles  magiques,  la  connaissance  de  l'ennemi  sur- 


L'ASSYRIOLOGIE  EN    1904.  471 

naturel ,  le  rituel  et  les  cérémonies ,  le  tabou  et  l'ex- 
piation. 11  admet  avec  moi,  contre  M.  Prince,  que 
nous  ne  connaissons  pas  encore ,  dans  le  rituel  baby- 
lonien, de  cérémonie  comparable  à  celle  du  bouc 
émissaire  chez  les  Hébreux, 

J'ai  publié,  presque  en  môme  temps  queM.  Thomp- 
son, une  traduction  des  textes  magiques  contenus 
dans  les  fascicules  XVI  et  XVII  des  Cuneiform  Texts. 
Mon  interprétation  difïere  de  la  sienne  sur  un  certain 
nombre  de  points  que  j'ai  pu  discuter  dans  mes 
notes ,  au  moins  en  ce  qui  concerne  le  fascicule  XVI , 
pour  lequel  j'ai  été  devancé. 

M.  Meissner  a  donné  également  une  traduction  de 
la  «légende  du  ver»  et  d'un  fragment  (K.  ^Sg) 
de  mémento  médical  relatif  au  traitement  du  mal  de 
dent.  Son  explication  de  la  ligne  20  de  la  «  légende 
du  ver  »  me  païaît  la  meilleure  qui  ait  été  proposée 
pour  ce  passage  difficile.  J'avais  supposé  que  *^^ 
était  une  faute  de  copie  pour  a^,  mais  la  lecture 
sêpa  sabat  est  plus  satisfaisante,  pour  la  grammaire 
et  le  sens,  que  celle  que  j'avais  proposée.  En  re- 
vanche, je  continue  à  croire  que  munzuki  (1.  10) 
n'est  pas  une  variante  de  miinzikii  et  ne  signifie  pas 
«  vin  » ,  mais  se  rattache  à  la  même  racine  que  an- 
zuka  (dans  hinzuha,  1.  17),  que  M.  Meissner  traduit 
comme  moi  «  sucer».  L.  26,  j'ai  vu  dans  "-E^-  une 
forme  de  ^*^.  MM.  Thompson  et  Meissner  lisent 
*"It^|",  mais  ils  me  paraissent  conduits  par  le  sens 
plutôt  que  par  la  paléographie  :  ""IHEj-  aurait  été 
écrit  »-F^T*-,   tandis  que  l'on  trouve  pour  Y'*^  la 


kli  NOVEMBRE-DÉCEMBRE    1900. 

forme  «-t**,  beaucoup  plus  voisine  de  celle  que  (Con- 
tient notre  texte  (cf.  lîr. ,  Indices,  3  i  a  a). 

Un  texte  magique,  malheureusement  mutilé,  a  été 
traduit  par  M.  Virolleaud.  Il  nous  apporte  un  nouvel 
exemple  de  rite  transmetteur  :  on  doit  appliquer  ' 
sur  le  sanglier  la  bouche  «le  l'homme  ensorcelé.  Ce 
texte  confirme  l'intei'prétation  que  j'avais  donnée 
d'un  rituel  relatif  à  la  transmission  des  maléfices 
dans  le  corps  d'un  cochon  2.  Cette  interprétation 
avait  été  contestée  bien  légèrement;  elle  est  désor- 
mais hors  de  doute,  ainsi  que  la  restitution  que 
j'avais  proposée  pour  la  première  ligne.  Noter  dans 
les  deux  textes  l'importance  attachée  à  l'orientation , 
pour  l'accomplissement  du  rite. 

La  médecine  s'est  lentement  dégagée  de  la  magie. 
Dans  les  textes  publiés  et  étudiés  jwrM.  kiichler,  les 
prescriptions  médicales  sont  encore  mêlées  d'incan- 
tations et  de  pratiques  purement  magiques  :  par 
exemple  une  incantation  célèbre  l'origine  de  la  plante 
du  «  cœur  » ,  c[ui  figurait  dans  plusieurs  recettes 
(p.  8-1  1);  une  certaine  potion  doit  être  bue  de  la 
main  gauche  (p.  10-11);  la  potion  faite  du  suc 
de  onze  plantes,  d'huile  et  de  boisson  fennentée,  qui 
dissipe  les  fumées  du  vin ,  doit  être  administrée  avant 
que  le  soleil  se  lève  et  que  personne  ait  embrassé 
l'homme  ivre  (p.  32-33).  Pourtant  la  prédominance 

'  Cf.  BoissiKK,  Docninents  (usyr.  rci.  awv  prés.,  p.  /i"?,  I.  8,  tu, 
iali-da-as. 

'  JoiiriKil  itsiatique ,  1901,  t.  I,  j).  364,  »'t  Mcyir  rtT.ïyr/Vnne, 
•p.  86  et  459. 


r;A.ssvi\iOL()(;iK  en  loo'i.  473 

des  formules  pli;irmaceuti((ues  est  très  marquée,  et 
l'aveu  que  dans  certains  cas  le  médecin  est  impuis- 
sant (p.  62-63)  a  déjà  quelque  chose  de  scientifique  : 
je  ne  crois  pas  que  la  magie  ait  jamais  reconnu  de 
bornes  à  sa  puissance.  Quelle  que  soit  donc  la  part  qu'il 
faille  faire  au  principe  magique  de  sympathie  dans 
la  rédaction  des  formules  étudiées  par  M.  Kûchler, 
on  peut  dire  qu'avec  son  travail  commence  la  publi- 
cation de  la  littérature  médicale  assyro-babylonienne. 
Depuis  plusieurs  années  déjà,  l'attention  avait  été 
attirée  sur  cette  série  de  documents,  une  des  plus 
importantes  de  ia  bibliothèque  de  Kiiyiinjik,  par  le 
docteur  von  OEfele\  qui  avait  remarqué  le  nombre 
considérable  de  prescriptions  pour  malades  relevées 
dans  le  catalogue  de  M-  Bezold.  M.  von  Œfele  avait 
déjà  pu,  grâce  à  une  connaissance  très  étendue  de 
l'histoire  de  la  médecine,  préciser  un  certain  nombre 
de  points.  Mais  les  textes  publiés  étaient  fort  rares ,  et 
l'interprétation,  fort  difficile  à  cause  des  nombreux 
idéogrammes  et  des  termes  techniques,  avait  rebuté 

^  Einc  Uroskopic  ans  altmesopotarnischev  Medicin  :  Allg.  Med. 
Ccntr.  ZUj.,  1898,  n"  96.  -  Ziir  Gcscinchte  der  Alliumnrten  [All- 
iiiesopotnmischc  Medicin)  :  Phavinac.  RnndscJiuu ,  1899.  --  Ans 
elnei-  assyrischrn  Pharniacopuc  :  Pliarin.  Centr.  Blntt  f.  Deutscidand , 
1900,  n"  6.  —  Litternturnucliweise  :,  GcscliiclUc  d.  Medicin  in  d. 
Kcilschrift-Cultiir  :  Deutsclie-Med.  Presse,  1901,  n"  2/1.  —  Diatc- 
tischcs  Hnndbuch  d.  Bildiotheh  Sardanaptds  :  Zellschv.  f.  diât.  Thé- 
rapie,  1901.  —  Ein  Handbiich  d.  Proçjnostih  in  Keilsclnift  :  Dent. 
Med.  Presse,  1901,  n"  3.  —  Prolcg.  z,  Keilschrijtnwdicin  :  OLZ . 
V,  157-9,  1902.  —  Abliandliingcn  s.  Gescli.  d.  Medicin.  Hef(  IV  : 
Keilscliriftmedizin .  Einleitendes  z.  Mcdizin  d.  KmiYnndjih-Collc  tion . 
—  Materialien   :.   Bearb.  hahyl.   Medicin:  M  V A  G  ,    1905;  olc. 


4?A  NOVEMBRK-DECEMBRE    190Ô. 

les  assyriologues.  L'honneur  de  l'avoir  abordée  le 
premier  revient  à  M.  Kiichier,  qui  a  pu,  avec  l'aide 
de  son  maître,  M.  Jensen,  et  de  M.  von  OËfelo,  ré- 
soudre une  bonne  partie  des  iimombrablos  problèmes 
suscités  par  les  textes  médicaux. 

Los  trois  morceaux  (|u'il  a  étudiés  appartiennent 
à  la  série  amélu  saaluni  iiuiris,  lablcltt's  i-a,  «'t  à  la 
série  améla  ud  da  ki;r  m  zi  sk%.  ki  matis.  Ils  traitent 
principalement  des  troubles  de  Tappan'il  digestif,  co- 
liques, vomissements,  flatuosilés,  de  la  rétention 
d'urine,  de  l'ivn^ssi',  de  la  jaunisse,  qui  est  déjà  rap- 
portée à  sa  véritable  caus4',  l'action  de  la  bile.  L(> 
nom  assyrien  de  la  fièvre  bilieus<'  est  très  clairement 
donné  (p.  60-6  1 , 1.  a6)  :  «  Si  le  corps  d'un  homme  est 
jaune,  sa  face  noire  et  jaune,  la  racine  de  sa  langue 
noire,  le  nom  (de  cette  maladie)  est  ahhazu.  »  On  a 
traduit  jusqu'à  présent ,  mais  sans  preuve  suillsante , 
(ûihaza  par  «  fièvre  »,  et  M.  Kùchler  s'appuie  sur  cette 
explication  pour  suggérer  que,  peut-être ,  il  s'agit  de  la 
fièvre  jaune.  Mais  il  objecte  lui-même  que  la  lièvre 
jaune  est  inconnue  en  Asie.  S'il  faut  vraiment  main- 
tenir que  Y  ahhazu  est  une  espèce  de  fièvre ,  je  pense- 
rais plutôt  à  la  fièvre  bilieuse ,  qui  est  souvent  incu- 
rable et  mortelle ,  comme  le  dit  le  texte ,  et  que  l'on 
ne  s'étonnera  pas  de  voir  nommée  après  la  jaunisse 
simple  [amurrikâmi).  J'ai  noté  en  passant  quelques 
erreurs  de  détail.  Planche  II,  l.  8 ,  le  texte  porte  miris 
ina  himéti;  M.  Kûchler  a  lu  miris  himêti  et  traduit  en 
conséquence  «  Buttersalbe  »  ;  ihid. .  l.  9 ,  le  texte  porte 
isati  «  il  boira  » ,  et  non  ikkal  «  il  mangera  »  ;  ibid. , 


L'ASSYRIOLOGIE   EN    1904.  475 

1.  3i,  t^U  l*""**"  £^  "Vff  me  paraît  une  graphie  bien 
bizarre  pour  ivtanahas  :  si  cette  lecture  était  aussi 
solidement  établie  que  M.  Kûchler  le  croit,  par  le 
rapprochement  avec  pi.  IV,  1.  6o,  je  supposerais 
alors  une  faute  de  copie  :  EHZlï  ï**'*"^,  pour  ^^îl 
-4*5Îîfs  (i^r.  6373).  P.  37,  1.  32  ,  «  gutes  »  pour  iâba 
me  paraît  une  traduction  faible,  quoique  littérale; 
tâhii ,  fréquemment  opposé  à  marra  «  amer  » ,  doit 
signifier  «  sucré  »  ou  «  doux  m. 

x\I.  von  Œfele  propose  de  reconnaître  dans  la 
plante  sa-kil-bir  ,  employée  dans  la  recette  contre  le 
mal  de  dent  (voir  p.  ^7 1) ,  ïhyposcyamus  albus. 

h.    JURIDIQUE. 

H.  d'Arbois  de  Jubainvxlle.  La  famille  celtique;  étude  de 
droit  comparé.  Paris,  Bouillon,  1  vol.  aai  p,  in- 16.  — 
S.  Daiches,  Zur  Erklàrung  des  Hammurahi-Codex  :  Z  A , 
XVni,  p.  302-222.  —  R.-F.  Harper.  The  code  of  Ham- 
murabi.  Ring  of  Bahylon,  aboat  2250  B.  C,  autographed 
teûct,  translitération,  translation,  glossary,  index  of  subjecis , 
lists  of  proper  naines,  signs,  numerals,  corrections  and  era~ 
sures .  .  .  Chicago ,  The  University  of  Chicago  Press ,  1  vol. 
192  p.  in*8°  et  io3  pi.  —  J.  Kohler  et  F.-E.  Peiseh. 
Tlammiirabi's  Gesetz ,  Band  I  :  Ubersetznng ,  Juristische 
Wiedergabe ,  Erlûaterung.  Leipzig,  Pfeifler,  1  vol.  i46  p. 
in -8'.  —  C.-F.  Lehmann.  Ein  missvertandenes  Gesetz 
Hammnrabis  :  BAG,  t.  IV,  p.  33-4i.  —  D.  G. -Lyon. 
Structure  of  the  Hammurabi  Code.  Notes  on  the  Hammurabi 
Monument  :  JAOS.  t.  \XV,  p.  2^8-278.  —  D.-H.  Mùller. 
Meine  Hammurabi  Glossen  :  WZKM,  t.  XVIIl ,  p.  34o- 
3/i2.  —  liber  die  Gesetze  Hammurabis ,  Vortrag  gehalten  in 
der  Wiener  Juristischen  Gesellschaft.  Wien,  A.  Hôlder, 
1   vol.  45  p.  in-H".  —   Die  Kohler-Peisersche  Hammurabi 


476  NOVEMBRE-DECEMliRK    1000. 

Vbersetzang  :  Zeilschrift  f.  d.  priv.  u.  dff.  Ilccht.  â.  Vtvijcn- 
wart,  t.  \X\I.  —  F. -K.  Peiser.  Ein  missverslandenes 
Gesetz  Hammarabi's  :  OLZ,  vol.  VU,  col.  236- aSy.  — 
M.  S<".HORR.  Die  Kohler-Peisersche  HammuruhiUehersetzun^: 
WZKM.  t.  XVin.  p.  ao8-Q4o.  —  H.  VVixcki.er.  Div 
Gesetze  Hammarabis  in  Umschrift  uitd  ibcrsetzang ;  data 
Einleitung ,  Wôrter- Eigennamcn  -  Vevzeichnis ,  die  sog.  $u- 
merischen  Familiengesetze  und  die  Geselzlafel  lirit.  Mus. 
82-7  U,  988.  Leipzig,  Hinrichs,  i  vol.  ii6  p.  in-8*. 

L'interprétation  du  code  de  IJaminurabi ,  dont  le 
P.  Scheil  a  donné  la  première  traduction,  pro- 
gn«sse  de  jour  en  jour,  grâce  à  de  nombreux  travaux 
<r»'nsemble  ou  de  détail.  (Certains  termes  techniques 
font  l'objet  d'études  spéciales,  tandis  que  des  traduc- 
tions nouvelles  s'efforcent  de  rectifier  et  de  préciser 
le  sens  d'articles  encore  obscurs,  et  que  des  com- 
mentaires juridicjues  en  font  comprendre  la  portée. 

M.  Daiches  s'est  attaqué  à  l'expression  rid  sâbé,  pré- 
cédennnent  traduite  par  «  officier  ».  Il  a  réuni  les 
passag«'S  du  code  et  des  lettres  de  lïamimirabi  où 
cette  catégorie  de  personnes  est  nommée,  et  a  com 
mente  avec  beaucoup  de  pénétration  un  t<»xte  relatif 
à  un  rid  sâbê  (Bu.,  91 -5- g,  ^ii9  =  CT,  VI,  29). 
Il  conclut  que  le  rid  sâbé  devait  à  l'État  certains  ser- 
vices pour  lesquels  il  était  sujet  à  des  levées  d'office  ; 
que  certaines  classes  étaient  exemptes  de  ce  service; 
que  le  rid  sâbê  recevait  en  retour  des  terres  et ,  à  l'oc- 
casion, des  troupeaux.  Quand  il  essayait  de  se  sous- 
traire au  service  en  envoyant  un  remplaçant,  il  était 
puni  de  mort;  quand  il  ne  pouvait  remplir  son  ser- 
vice, d'autres  prenaient  possession  de  son  fief,  avec 


L'ASSYRIOLOGIE   EN    1904.  477 

les  charges  afféientes;  il  pouvait  rentrer  en  posses- 
sion après  un  an,  mais  non  après  trois;  captif,  il  de- 
vait être  racheté  ;  il  ne  devait  pas  être  maltraité  par 
ses  supérieurs  ;  les  biens  qu'il  tenait  de  l'Etat  étaient 
inaliénables  ;  son  fils  pouvait  lui  succéder  dans  son 
(lef  et  dans  ses  obligations.  Quand  il  était  prisonnier, 
sa  femme  recevait  pour  élever  son  fils  le  tiers  du  fief; 
il  y  avait  des  entrepreneurs  qui  vendaient  ou  livraient 
à  l'Etat  des  rid  sâbê;  ceux-ci  n'étaient  donc  pas  seu- 
lement levés,  mais  aussi  achetés;  leur  service  n'était 
pas  agréable;  ils  étaient  marqués;  des  fonctionnaires 
étaient  chargés  de  saisir  les  fugitifs  ;  le  nd  sâbê  n'avait 
que  des  droits  limités  à  l'héritage  de  son  père;  il 
était  (tout  au  moins  celui  qui  était  acheté)  de  basse 
extraction.  M.  Daiches  ne  propose  pas  de  traduction 
pour  le  terme  rid  salé. 

Il  semble  ressortir  de  ce  qui  précède  que  «  homme 
d'armes  «  rendrait  assez  bien  l'assyrien.  Mais  faut-il 
lire  les  signes  ï=IIIS  ^^]--  rid  sâbê ,  comme  l'ont  fait 
les  difïérents  traducteurs ,  et  après  eux  M.  Daiches  ? 
Cette  lecture  repose  sur  Br.  6960,  où  on  lit  en  re- 
gard de  ces  signes  :  ridû  sa  sâbê.  Mais  c'est  une  erreur 
de  croire  que  l'on  puisse  tirer  de  là  un  substantif  rid 
sâbê.  Rida  sa  sâbê  signifie  «conduire»  (en  parlant 
des  soldats);  5a  sâbê  est  une  explication,  une  glose 
qui  limite  et  précise  le  sens  de  rida.  On  trouve  de 
même  rida  sa  alpê  «  conduire  »  (en  parlant  des  bœufs). 
Il  faudrait  donc  transcrire  simplement  rida  ^ ,  si  tou- 

^  3v,  vois  qu'en  effet  M.  Dditzscli   a   admis  cctic  franscriptinn  : 
Irad.  (le  Winckler,  p.  i4,  note. 


478  NOVEMBRE-DECEMBRE    1906. 

tefois  le  substantif  assyrien  a  bien  été  tiré  de  la  racine 
ridû,  car  il  est  très  possible  que  l'individu  sujet  ou 
objet  de  l'action  exprin)(»e  en  assyrien  par  rùln  ait  été 
désigné  par  un  mot  tiré  d'une  tout  autre  racine.  Knfin 
M.  Daiches  conteste  la  lecture  H'M  S5^|-  mir-u*  ,  et 
prétend  (pi'il  faut  lire^lS-  *-^\-  bara-hs.  U  s'appuie 
sur  Delitxscb  (BA,  IV,  p.  /|85)  et  l.»  t.'xt.-  Bu.,  88- 
5-1 'j,  jib  («=CT,  IV,  àg),  1.  i,  où  il  croit  recon- 
naîtr»'  la  forme  cursive  ordinaire  du  signe  ^I^. 
C'est  bien  plutôt  le  signe  mM,  tel  qu'on  le  trouve 
dans  Amiaud  et  Méchineau,  n'  i  afi,  av«'c  cett»»  s<>ul«' 
dilVén'nce  que  nous  avons  h  l'intérieur  •—  au  lieu  de 
&.  I>ie  signe  ^!^^,  dans  les  lettres  de  IJammurabi 
éditées  par  King,  a  une  tout  autre  forme  {voir  n°g/i, 
1.  36).  D'ailleurs  la  lecture  aku,  donné<'  par  une 
glose ,  ne  peut  s'appliquer  qu'au  signe  mS . 

Accessoirement ,  M.  Daicbes  a  encore  expliqué  les 
locutions  ilkam  alâhi  et  ilkam  ni  alâhi(Schv\\  :  «  gérer 
une  gestion,  ne  pas  gérer  une  gestion»).  Il  a  fort 
bien  montré  que  la  première  signifie  «  s'ac^piitter 
d'un  service»,  puis  «s'acquitter  d'un  service  et  en 
recevoir  le  prix,  c'est-à-dire  un  fief»,  et  simplement 
«recevoir  un  fief».  Donc,  au  paragraphe  182,  il 
faut  entendre  que  la  femme  prêtresse  de  Marduk ,  en 
faveur  de  laquelle  son  père  n'aura  pas  testé,  aura 
droit  à  un  tiers  de  part  d'enfant  mâle,  mais  n'aura 
aucun  droit  sur  le  fief  (ilkam  ul  illak). 

Quelques  expressions  du  code  ont  fait  l'objet  d'une 
étude  de  M.  Lyon,  qui  en  a  précisé  ou  rectifié  le 
sens.  Col.  XL,  y6,  salmu  ne  désigne  pas  l'image  du 


L'ASSYRIOLOGIE   EN    1904.  479 

roi  gravée  sur  la  stèle ,  mais  une  statue  en  laco  de  la- 
quelle la  stèle  était  placée.  Col.   xli,  ko,  llkbi  ne 
signifie  pas  «qu'il  épèle»,    mais   «qu'il  dise»,  et, 
suivant  la  construction  ordinaire  de  IJammitrahi ,  se 
rapporte  au  petit  discours  qui  précède.  Col.  v,  22, 
ina  ka-nia-tim ,  que  l'on  a  traduit  «  dans  la  contrée  »,  et 
qui  pourrait  tout  au  plus  signifier  «  dans  l'enceinte  » 
(il  faudrait  alors  un  nom  de  ville  après  kamatim), 
doit  se  lire  ina  pi  matim,  comme  Winckler  fa  reconnu. 
Mais  la  traduction  de  celui-ci  «  in  dem  Mund  der 
I^eute  ')  est  trop  peu  précise  ;  il  faut  entendre  «  dans 
la  langue  du  pays  » ,  et  le  passage  signifie  que  Ham- 
murabi  a  rédigé  en  sémitique  les  lois  primitivement 
écrites  en  sumérien.  Col.   xli,  97,  kinâtim  sarâkii 
signifie  «  donner  les  lois  »  :  IJammnrahi  a  reçu  les  lois 
de  Sama's.  Col.  xiii,  ào,  48,  imtahar  a  été  traduit 
«  recevoir  »  (le  prix  de  location).  M.  Lyon  fait  observer 
que  cette  traduction  n'est  guère  plausible ,  parce  que 
le  payement  par  avance  n'était  pas  en  usage  à  fépoque 
de  IJammiirabi ;  parce  c[ue ,  le  fermage  étant  payé  en 
nature,  le  payement  ne  peut  que  suivre  la  récolte; 
parce  qu'enfin  il  semble  injuste  que  le  fermier  supporte 
les  conséquences  d'un  orage ,  simplement  pour  avoir 
payé  par  avance  son  fermage.   H  propose  donc  de 
traduire  «  convenir  »  (du  prix).  Les  articles  45  et  46 
traitent  alors,  le  premier  du  fermage,  et  le  second 
du  métayage;  le  fermier  doit  en  tout  cas  payer  la  re- 
devance fixée;   le  métayer  partage  la   récolte  telle 
qu'elle  est,  suivant  la  proportion  convenue. 

L'article  186  de  la  loi  de  Uammurabi,  relatif  à 


480  NOVEMBUEDECEMBRË    lUOC. 

IVnf'aMl  tidoptil,  a  «Hé  discuté  par  MM.  Lohnuinii, 
Pcisor  vi  SclioiT.  M.  Pfisrr  traduit  :  «  W«'iim  cin 
Mann  einen  Unerwachsrncn  zur  Sohnschaft  ango- 
nomnien  hat  [ilkûsu),  \^enn  der  von  ihin  angononi- 
mene  widor  seinen  Valer  oder  seine  Mutter  sich  ver- 
geht ,  soi!  di«'ser  aufgezogene  zum  Mans  soines  Vaters 
zurûckkehrun.  »  Avant  lui,  le  P.  Scheil  avait  traduit  : 
«  Si  quelqu'un ,  ayant  adopté  un  enfant  en  bas  âge ,  au 
moment  où  il  1  adopte  [ilkùisu)  a  violenté  ses  père  et 
uière,  cet  élève  retournera  chez  son  père.»  VVinckler  : 
«  Wenn  jemand  cin  Kind  als  Solin  anniuimt  uiid 
wenn  er  ilin  genomnien  liât  [ilkùsu),  er  sich  g«'g«'n 
seinen  (Plleg«î-)  Vater  und  Mutter  vergeht,  so  soi! 
dieser  Grossgezogene  in  sein  Vaterhaus  zurûck- 
kehren.  »  D.  H.  MCiller  :  «  W  enn  oin  Mann  ein  kleines 
[Kind]  in  Adoption  gcnoinnien  hat  und  sobald  sie 
es  genommen  hahen  [ilkûsu),  es  sich  an  Vater  und 
Mutter  versùndigt,  kchrt  di«'S('sZi«'hkind  in  das  Maus 
seines  Vaters  zurûck.  »  Ainsi  Scheil  entendait  que 
Tadoption  laite  contre  la  volonté  des  parents  natu- 
rels était  nulle,  ce  qui  était  trop  clair,  puisque  dans 
ce  cas  il  n'y  avait  pas  adoption,  mais  rapt.  VVinckler, 
Mûller  et  Peiser  voyaient  dans  l'article  une  révocation 
d'adoption  pour  cause  d'ingratitudf ,  mais  diffé- 
raient d'ailh'urs  sur  la  manière  d'«'nt<*ndre  l'assyrien 
ilktmi. 

Contre  eux  M.  Lehmann  a  fait  valoir  qu'il  était  dif- 
ficile d'admettre  qu'un  changement  de  sujet  ne  fût 
pas  expressément  indiqué  [ilkù,  sujet  :  le  ouïes  pa- 
rents adoptifs;  ihial.  sujet  :  le  llls  adoptif)  et  que  les 


L'ASSYRIOLOGIE  EN    1904.  481 

parents  adoptifs  fussent  désignés  par  les  mêmes 
termes  [ahii,  iimmii)  que  les  parents  naturels,  11  fai- 
sait aussi  remarquer  qu'au  point  de  vue  juridique 
cette  interprétation  déliait  bien  facilement  l'adopté 
de  ses  devoirs  envers  ses  parents  adoptifs.  Il  propo- 
sait donc  de  traduire  :  «  Nimm  an  :  ein  Mann  hat 
einen  Unmûndigen  adoptiert  und  als  er  es  adoptierte , 
dessen  Vater  und  Mutter  vergewaltigt  :  dièses  Adoptiv- 
kind  soll  zum  Hause  seines  Vaters  zurùckkehren.  »  Il 
revenait  donc  à  la  traduction  du  P.  Scheil ,  que  les 
traducteurs  suivants  avaient  écartée  pour  son  invrai- 
semblance juridique. 

M.  Peiser,  reprenant  la  question ,  fit  observer  que 
l'assyrien  ihiat,  traduit  par  le  P.  Scheil  «  a  violenté  », 
par  Winckler  et  lui-même  «  sich  vergeht  » ,  pouvait 
signifier  aussi  «  chercher,  vérifier  »  et  proposa  une 
traduction  toute  nouvelle  :  «  Wenn  ein  Mann  einen 
Unmûndigen  zur  Sohnschaft  angenommen  hat,  so- 
bald  der  von  ihm  angenommene  seinen  Vater  oder 
seine  Mutter  wàhlt  [ihint),  mag  dieser  Aufgezogene 
zum  Hause  seines  Vaters  zuriickkehren.  »  Cette  tra- 
duction faisait  disparaître  les  difficultés  grammati- 
cales, en  supposant  avant  illîâsii  la  disparition  acci- 
dentelle  du   relatif  sa. 

Presque  en  même  temps,  M.  Schorr  (voir  plus 
bas)  donnait  au  verbe  ihiat  un  sens  tout  voisin  de 
celui  que  venait  de  suggérer  M.  Peiser,  mais ,  reje- 
tant l'hypothèse  de  la  chute  de  sa ,  traduisait  lité- 
ralement  :  «  Wenn  jemand  ein  kleines  Kind  in 
Adoption  genommen  hat  (und  wenn)  zur  Zeit,  da 

VIII.  .  33 


482  NOVEMBRF.-DÉCEMBRE    1900. 

er  es  gonommen  hat,  or^  seinen  Vater  und  seinr 
Muttrr  findet,  darf  es  ins  Valo.rhaiis  «uiiickkohren.  » 
G'eat-à-dii'e  :  l'enfant  trouve  et  adopté  qui  dtîcouvrt' 
»e»  paronU  natureU  rentre  cher  eux.  GetU'  tra- 
duction échappe  aux  objections  gramiuaticides  el 
juridiques  auxquelles  se  heurtaient  les  traductions 
antérieures-,  et  l'article  186  ainsi  compris  t'orni»' 
av««  le  précédent  et  le  suivant  un  ensemble  pariail»'- 
ment  logique  :  l'enfant  n'»'(ulièrenient  adopté  ne  peut 
otro  i*érlamé  par  ses  paivnts;  l'^'nfant  trouvé  |>ejjl 
rentrer  dans  la  maison  de  se,s  pajvjils  naUireis  s'il  les 
découvre;  l'enfanl  d'une  femme  pid3li(|iie  ne  peut 
être  réclamé.  JJ  noterait  cependant  i»  établir  que  l'ar- 
ticle i85  e«t  bien  relatif  à  l'adoption  régulière;  or  il 
y  a  dans  cet  article  luie  expression  obscure,  iiui 
nw-r-su,  pour  laquelle  je  ne  connais  pas  mcon'  de 
tiaduction  satisfaisante. 

Cette  discussion  autour  de  l'article  1 86  n'a  pas 
eu  seulement  le  mérite  de  faire  progresser  l'intelli- 
gence d'un  passage  difficile;  elle  montre  aussi  eom- 
bien  il  reste  à  faire  pour  établir  le  sens  du  code  de 
IJoinmurabi  et  combien  certaines  théories ,  bàtiès  uu 
lendemain  de  la  publication,  sont  mal  assises.  Poin- 
tant les  progrès  accomplis  sont  déjà  considérables. 
J'ai  signalé  l'an  dernier  la  traduction  de  M.  1).  II.  Mill- 
ier. L'année  1904  en  a  apporté  trois  autres,  de  va- 
leur inégale,  mais  qui  toutes  ont  leur  utilité. 

'  Der  Âdoptivvater,  also  kein  Subjeklwi'clisel.  (  Note  de  M.  Schorr.) 
-  Noter  encore  dans  l'article  de  M.  Schorr  les  su<ïgest?o<is  rnla- 
lives  aux  «rtides  2Ô,  /ti,  66,  iiG. 


L'ASSYRIOLOGIE  EN    1904.  485 

La  première  en  date  est  celle  de  M.  Peiser,  avec 
une  interprétation  juridique  de  M.  kohler.  Le  pre- 
mier volume ,  seul  paru ,  contient  la  traduction  et  la 
paraphrase  juridique  sur  deux  colonnes ,  le  code  for- 
mulé suivant  les  habitudes  modernes,  un  exposé 
systématique  du  droit  à  l'époque  de  Hammurabi, 
deux  appendices  sur  Hammurabi  et  les  lois  de  famille 
sumériennes ,  et  sur  la  loi  de  ffammiirabi  et  la  civili- 
sation qu'elle  révèle.  Les  deux  volumes  smvants  con- 
tiendront la  transcription  et  un  commentaire  lexico- 
graphique  et  grammatical,  un  recueil  des  documents 
jm-idiques  de  l'époque  de  Hammurabi.  Peut-être  eût- 
il  été  plus  logique  d'achever  le  travail  philologique 
avant  d'aborder  l'étude  juridique  :  M.  Kohler  a  tra- 
vaillé sur  des  traductions  que  M.  Peiser  modifiera  * 
quand  il  écrira  le  commentaire  grammatical ,  et ,  forcé 
d'attendre  le  travail  de  son  collaborateur,  M.  Peiser 
a  donné  une  traduction  qui  aurait  été  beaucoup  plus 
appréciée  si  elle  avait  paru  un  an  plus  tôt.  M.  Schorr, 
qui  l'a  critiquée  sans  indulgence ,  y  a  relevé  une  cen- 
taine de  fautes.  Il  y  a  d'ailleurs  quelque  exagération 
dans  cette  critique.  Si  par  exemple  la  lecture  ina  sib- 
i-su  pour  ina  me-e-sii  (S  i85)  n'est  pas  très  heureuse, 
il  est  certain  que  la  lecture  ina  me-e-su  et  la  traduc- 
tion «  avec  son  propre  nom  »  ne  sont  pas  non  plus 
très  satisfaisantes  et  qu'il  valait  mieux  chercher  une 
route  nouvelle  que  suivre  aveuglément  l'ornière.  La 

'  Par  exemple  muskinu  «minisleriale»  ;  ba'iru  «Fiscli Ruiner». 
Le  muSkinu,  opposé  à  amélu  {vir.  pnfririiix) ,  no  peut  être  que  le 
plélM'-ien,  le  rolnrior,  on  le  manant. 

32. 


4M  NOVEMBRKDECEMBRE   190G. 

paitie  la  plus  originale  du  tnivaii  de  \I.  Peiser  sera 
««vidciuinent  son  commentaire  philologique,  car,  si 
nous  avons  un  nombre  déjii  considi'-rable  de  tiaduo- 
tions  du  code  de  Hamimirabi ,  nous  nen  avons  pas 
encore  une  où  le  sens  des  mots  obscurs  soit  discuté 
à  fond,  où  les  difficultés  de  toute  nature  soient  réso- 
lues par  la  méthode  philologique.  Jusqu'il  présent  on 
a  deviné  plutôt  que  traduit  les  endroits  difiiciles. 

L'édition  très  élégante  de  M.  Harper  comprend 
une  transcription  et  une  traduction,  un  index  des 
matières,  une  liste  des  noms  propres  et  un  lexique, 
un  texte  magnifiquement  autographié  et  plus  com- 
mode à  consulter  que  les  photographies  de  l'édition 
originale;  quatre  listes  des  signes,  des  chiffres,  des 
fautes  de  gravure  et  des  signes  effacés.  La  transcrip- 
tion est  la  première  (|ui  ait  été  correctement  faite,  sui- 
vant les  principes  grammaticaux  établis  par  M.  Un- 
gnad  (voir  p.  45a).  Toutefois  on  voit  mal  pourquoi 
M.  Hai"])er  transcrit  en-lil,  ka-dingir-ha-ki,  et  non 
Béliini,  Bâhilum,  etc.,  puisqu'il  transcrit  zinnûtum, 
maram,  et  non  sal,  tur,  etc.  La  traduction  est  en 
plusieurs  points  en  progrès  sur  les  précédentes.  Par 
exemple,  M.  Harper  me  paraît  avoir  donné  le  pre- 
mier le  sens  exact  du  premier  article  de  la  loi.  Son 
lexique  est  également  le  premier  qui  ait  été  établi , 
et  l'on  s'étonne  qu'il  ait  fallu  l'attendre  si  longtemps. 
Mais  il  est  regrettable  que  M.  Harper,  dans  sa  tra- 
duction, ait  «  fait  effort  pour  éviter  le  langage  tech- 
nique et  juridique  [Intr.,  p.  xiii).  C'est  le  seul  qui, 
dans  les  matières  juridiques,  ait  la  précision  néces- 


L'ASSYRIOLOGIE   EN   1904.  485 

saire.  D'autre  part,  M.  Harper  ne  donne  ni  n'an- 
nonce de  commentaire  philologique,  de  sorte  (|u'il 
est  difficile  de  se  rendre  compte  des  raisons  qui  l'ont 
déterminé  à  traduire  baim  par  «  constable  »  et  ilkii 
par  «  business  » ,  qui  est  en  tout  cas  un  mot  trop 
vague  (cf.  p.  478). 

La  dernière  en  date  des  trois  traductions  parues 
en  190A  est  aussi  la  meilleure  qui  ait  été  publiée 
jusqu'à  présent;  c'est  celle  de  M.  Winckler;  elle  est 
accompagnée  d'une  transcription  et  suivie  d'un 
lexique. 

M.  d'Arbois  de  Jubainville,  sans  être  assyrio- 
logue,  parla  seule  force  du  bon  sens  et  de  l'évidence 
juridique ,  a  établi  le  sens  des  mots  biblu  «  cadeaux  » , 
tirhatn  «  prix  d'achat  de  la  femme  » ,  seriktu  «  dot  » , 
imdiinnii  «  douaire  »,  dans  une  étude  des  plus  inté- 
ressantes où  il  a  comparé  la  condition  de  la  femme 
et  le  droit  matrimonial  chez  les  Celtes  et  les  Baby- 
loniens. 

Le  texte  du  code  de  Uammiirabi  forme  une  masse 
compacte  sans  division  aucune  en  paragraphes  ou 
en  sections.  Les  divisions  que  les  traducteurs  ont 
introduites  ont  donc  quelque  chose  d'arbitraire,  qui 
peut  même  dissimuler  au  lecteur  le  principe  suivant 
lequel  les  lois  ont  été  coordonnées.  C'est  ainsi  que 
M.  Œttli  a  écrit  que  les  articles  n'étaient  pas  classés 
par  ordre  de  matière.  M.  Lyon  estime  au  contraire 
que  l'ordonnance  du  code  est  absolument  régulière, 
allant  toujours  du  général  au  particulier  (homme  et 
femme;   enfants;   enfants   de   père   libre,   de  père 


480  NOVEMBREDt'CËMBRE    1906. 

esciave  et  de  mère  libre,  etc.),  du  supérieur  à  l'in- 
férieur (homme  libre,  affranchi,  esclave;  hommes, 
femmes).  Les  exceptions  ne  sont  qu'apparentes;  par 
exemple  la  mention  de  l'esclave  en  douze  endroits 
vient  de  ce  que  Hammarahi  ne  traite  pas  de  f  escla- 
vage, mais  de  l'esclave  dans  ses  rapports  avec  ie» 
différentes  personnes  auxquelles  le  code  est  consa- 
cré. Une  analyse  très  détaillée  du  code  termine  la 
démonstration. 


I.    VARIEE. 

A.-T.  Claï.  The  Babylonian  ejcpedition  of  the  University  of 
Pennsyhania.  Senes  A  :  Cuneifonn  Texts,  vol.  X  :  liasiness 
Documents  of  Murashâ  tons  of  Nippiir,  dnted  in  the  reign 
of  Darius  II.  Philadelphia ,  Department  of  .Axchjpology 
and  Palaeontology  ot  the  Liniversity  of  Pennsylvaiua, 
XIX  +  87  p.  vork' t  7a  pi'  en  autog.  et  17  pi.  en  sÎMili.  — 
—  B.  Mkissker.  Pafjsatis  :  0  L  Z.  Vil,  col.  384-385. 
F.-E.  Peiser,   Aas  Rom  :OLZ,  VII,  col.  8-1  o;  37-45, 

Le  dixième  volume  de  ia  publication  de  f  Univer- 
sité de  Pennsylvanie  est,  comme  les  précédents  (t.  1 
et  IX  seuls  parus),  un  modèle  de  travail  paléogra- 
phique. Les  copies  ne  sont  pas,  ainsi  qu'il  arrive  trop 
souvent,  des  interprétations  arbitraires,  ramenées  à 
un  type  conventionnel,  mais  des  fac-similés  irrépro- 
chables et  qui  valent  presque  des  originaux  pour 
l'étude  de  f  écriture  ou  ia  préparation  à  la  lecture 
des  tablettes.  Si  l'on  pouvait  souhaiter  une  perfection 
plus  grande  pour  les  volumes  à  venir,  c'est  seulement 
à  la  substitution  de  planches  en  photo-gravure  aux 


L'ASSYRIOLOGIE  EN   1904.  487 

planches  on  simili  qu'il  faudrait  la  demander;  le 
quadrillé  donne  en  ellet  des  traits  mous,  ut  même 
illisibles  partout  où  le  texte  n'est  pas  très  net ,  et  un 
texte  publié  uniquement  par  ce  procédé  serait  le  plus 
souvent  indéchiffrable.  Les  cent  trente-deux  docu- 
ments copiés  par  M.  Clay  sont,  comme  ceux  du 
volume  IX,  des  actes  provenant  de  la  maison  des 
fils  Mwcdn ,  notables  commerçants  établis  à  Nippur 
sous  les  Achéménides.  Cette  seconde  série  est  datée 
des  années  du  règne  de  Darius  II ,  depuis  l'année  de 
l'accession  [li^d)  jusqu'à  l'année  xm.  M.  Clay  a 
transcrit  et  traduit  une  douzaine  de  spécimens  seu- 
lement, l'interprétation  de  l'ensemble  étant  réservée 
pour  une  autre  série  des  publications  de  l'Université 
de  Pennsylvanie;  mais  il  nous  a  donné  déjà  dans 
ce  volume  une  concordance  des  noms  propres 
d'hommes ,  de  localités  et  de  dieux ,  et  une  liste  des 
signes  avec  leurs  variantes  et  les  valeurs  dans  les 
textes  copiés  par  lui.  Cette  statistique  trop  négligée 
—  je  ne  sais  pas  si  elle  a  été  faite  pour  aucune  des 
publications  de  textes  antérieurs  —  est  du  plus  haut 
intérêt  pour  l'histoire  de  l'écriture. 

Quelques  questions  de  chronologie  et  de  paléo- 
graphie ont  été  traitées  par  M.  Clay  dans  son  intro- 
duction. H  semble  que  l'on  puisse  dater  l'accession  de 
Darius  II  du  troisième  ou  du  quatrième  jour  du  mois 
de  Sahàt,  car  une  tablette  de  la  quarante  et  unième  et 
dernière  année  d'Artaxerxès  I"  est  datée  du  3  Sahât , 
et  la  première  tablette  du  règne  de  Dariuç  est  datée 
du  k  Sabât  de  l'année  de  f  accession.  Une  tablette  qui , 


^U  NOVEMBRE-DECEMBRE   1006. 

dans  le  voiumo  IX  .  avait  été  attribuée  au  règiio  d'Ar- 
taxerxès  I",  parait  devoir  ètr«'  reportée  au  règne 
d'Artaxerxès  II.  Le  signe  •^TTT  auquel  on  avait  attri- 
bué la  valeur  ad  dans  le  volume  IX,  par  confusion 
avec  le  signe  -^Jlf,  semble  plutôt  avoir  les  valeurs  lad, 
tat,  dut;  ces  valeurs  sont  les  seules  satisfaisantes  dans 
des  noms  comme  Bél-tad-dan-nu-bul-lit-su ,  Nabù-iad- 
dcui-nn-usur,  Su-u-bal-iat  (var.  Su-u-bal-ta-at)  et  dans 
le.  mot  nian-dat-ii  (var.  man-dii-at-ti-su).  La  seule  va- 
leur connue  jusqu'à  présent  pour  ►^TTT  est  kad,  mais  il 
est  r(>marquuble  que  dans  les  textes  de  M.  Clay  cette 
valeur  est  exprimée  uniquement  par  le  signe  *iT,  et  il 
est  possible  que  le  signe  ►^UT,  devenu  sans  emploi, 
ait  été  affecté  à  l'expression  de  la  syllabe  tad ,  qiii 
n'était  pas  représentée  dans  le  syllabaire.  Un  signe 
tt=.  identifié  avec  l'assyrien  tf ,  dans  de  nombreux 
ouvrages,  n'est  pas  autre  chose  que  •-^T. 

Les  noms  propres  donnent  souvent  lieu  à  de  déli- 
cats problèmes  de  transcription.  M.  Clay  estime  que 
les  noms  du  type  su-a  sont  des  hypokorislika  qui 
doivent  être  lus  erba-a ,  erbâ ,  et  non  erba-aplu.  Dans 
les  noms  du  type  Nergal-ri-sn-u-a ,  a  (  toujours  rendu 
partjîï^)  "^  marque  pas  une  voyelle  longue,  mais 
w  [risnwa,  cf.  ardiia)  ou  une  prononciation  o[risoa, 
forme  parallèle  à  nûrea).  Dans  les  noms  hébreux  qui 
apparaissent  en  grand  nombre  dans  ces  actes,  la- 
a-ma  [  =  lâwa)  est  l'équivalent  de  in\  M.  Clay  est 
d'acxîord  avec  M.  Hilprecht  sui'  TafTIuence  dés  étran- 
gers en  Babylonie  dont  témoignent  les  noms  propres. 
M.  Hilprecht,  qui  a  beaucoup  contribué  à  élucider 


L'ASSYRIOLOGIE  EN   1904.  489 

ces  noms,  relève  la  présence  do  Cassites,  de  Perses, 
de  Mèdos,  et  même  d'Indiens,  de  Tiharéniens,  de 
Hittites ,  de  Syriens  de  Hamat ,  Ascaion ,  Gaza ,  Tyr  (?), 
d'Ammonites,  de  Moabites,  de  Juifs,  d'PMomites, 
d'Egyptiens,  de  Mandiréens  et  deCimmériens.  Sur  les 
noms  propres  étrangers  du  type  Sikin-Uii-mes ,  MM.  Hil- 
precht  et  Clay  n'ont  pu  se  mettre  d'accord.  Le  pre- 
mier voit  dans  mes  une  représentation  du  suffixe 
de  la  première  personne  [Un'""  =  ''ba);  le  second 
objecte  qu'aucun  des  noms  de  cette  catégorie  tran- 
scrits en  araméen  ne  présente  la  forme  ''bu,  mais  que 
Ra-hi-mi-Uu'""  est  rendu  par  '?ND''m.  H  propose  donc 
de  voir  dans  le  signe  du  pluriel  [mes)  un  effort  pour 
rendre    le   pluriel    hébreu    D"'n'?N*.    ^ 

Trente-cinq  des  tablettes  publiées  par  M.  Cl.iy 
portent  des  mentions  en  araméen;  de  trois  d'entre 
elles  on  pourrait  peut-être  tirer  la  vraie  lecture  du 
nom  de  dieu  lu  provisoirement  Nin-ib;  malheureu- 
sement leur  mauvais  état  de  conservation  fait  que  la 
lecture  reste  douteuse.  M.  Hilprecht  lit  nt^iiN,  et 
M.  Clay  —  avec  raison ,  d'après  son  fac-similé  — 
nc?n:N.  En  tout  cas  la  lecture  Ninrag ,  proposée  par 
M.  Hrozny,  et  au  sujet  de  laquelle  j'avais  élevé  des 
doutes  l'an  dernier,,  est  définitivement  écartée. 

M.  Peiser  a  donné  une  description  des  antiquités 
assyriennes  du  Musée  du  Vatican ,  parmi  lesquelles 
un  acte  d'adoption  qu'il  a  transcrit  et  traduit  (cf. 
Zi,XVin,p.  100-J03). 

Dans  les  textes  publiés  par  M.  Clay,  M.  Meissner 
a  relevé  les  noms  de  Gubnru ,  gouverneur  dWkkMl, 


490  NOVEMRREDKCEMRRE   1906. 

et  de  Pnrussatn  qu'il  rapproche  do  ceux  de  (iôbrya», 
général  d'Artaxerxès,  qui  prit  part  à  la  bataille  do 
Gunaxa,  et  de  Parysatis,  femme  de  Darius  Notho». 
Puraiiabi  n'a  pas  le  titre  de  reine  :  mais  une  femme 
qui  a  une  cour,  des  juges  à  elle,  des  serviteurs  de 
race  libre ,  ne  peut  ^.tre  que  la  reine. 

[La  saite  aa  prochain  cahier.) 


LE  CULTE   IMPERIAL  EN  CHINE.  /i91 

LE  CULTE  IMPÉRL/VL 

EN   CHINE, 

TRADUIT  DU  CHINOTS 

PAR 

M.  FERNAND  FARJENEL. 


On  ne  connaît  bien  un  peuple  que  lorsqu'on 
connaît  sa  religion.  C'est  là  une  vérité  que  les  pro- 
grès de  la  sociologie  mettent  chaque  jour  de  plus 
en  plus  en  lumière. 

Or,  dans  le  vaste  champ  que  présentent  au  sino- 
logue les  études'  chinoises,  la  partie  proprement 
religieuse  a  été  fort  peu  travaillée  et  l'on  en  est  en- 
core à  discuter  et  même  à  connaître  avec  exactitude 
les  principaux  dogmes  de  la  religion  (Ainoise  pro- 
prement dite. 

Mais  il  nous  faut  d'abord  définir  ce  que  nous  en- 
tendons par  ces  mots  «  religion  chinoise  » ,  car  il  y  a 
en  Chine  plusieurs  grandes  religions  nationales, 
dont  l'une ,  le  bouddhisme ,  est  d'importation  étran- 
gère. 

La  religion  d'un  peuple  étant  celle  qui  a  donné 
sa  forme  à  la  société ,  nous  appelons  «  religion  chi- 
noise »  l'ensemble  des  croyances  et  des  pratiques  qui 
se  manifestent  dans  le  culte  impérial   et  dans   le 


49S  NOVKMBRË-DECEMKUE    IU06. 

culte  domestique  de  chaque  tamiile ,  car  ce  sont  les 
croyances  animant  ce  culte  qui  inspirent  tout  le 
droit  familial  et  social  et  qui,  dans  la  suite  des 
siècles,  l'ont  toujours  inspiré,  du  moins  en  ce  qu'il 
a  d'essentiel. 

Il  en  résulte  que  le  bouddhisme,  bien  qu'officiel- 
lemenl  reconnu  en  Chine,  ne  peut  être  véritable- 
ment considéré  comme  une  religion  proprement  chi- 
noise. D'autre  part,  le  culte  du  Tao,  la  troisième  des 
religions  de  i'Ktat,  se  mêle  dans  la  théorie  dognia- 
ti(jue  et  dans  la  pratique  cultuelle  modernes  à  la 
religion  oPIîcielle  et  à  sa  liturgie.  La  distinction  que 
les  sinologu&s  européens  ont  coutume  de  faire  entre 
la  religion  du  Tao  et  celle  dite  des  lettrés  ne  peut 
guèn»  porter  sur  le  fond  même  de  ces  religions. 

Ije  sacrifice  dont  nous  donnons  ci-après  la  tra- 
duction est  le  plus  grand  acte  de  toute  la  liturgie 
chinoise.  Cest  le  sacrifice  au  grand  Dieu  du  ciel, 
premier  principe  des  choses,  tel  qu'il  nous  est  pré- 
.senté  dans  le  Hituel  de  la  dynastie  actuelle. 

Les  formes  de  cet  acte  liturgique  se  retrouvent 
dans  tous  les  sacrifices  du  culte  impérial  et  mî^me 
du  culte  domestique. 

Klles  se  résument,  comme  la  messe  catholique, 
en  plusieurs  parties  principales  :  des  prières  et  des 
olfrandes  préalables,  une  élévation  consécratoire, 
une  communion  sous  les  deux  espèces,  plus  un  ho- 
locauste qui  constitue  la  dernière  partie. 

Lorequ'on  étudie  le  culte  chinois,  on  «'st  frappé 
de  sa  ressemblance  avec  celui  des  religions  de  TOcci- 


LE   CULTE   IMPERIAL  EN   CHINE.  493 

dent,  antiques  et  modernes;  et  les  analogies  que  l'on 
découvre  ne  sont  pas  de  celles  qui  peuvent  provenir 
de  l'identité  de  la  nature  humaine  chez  des  peuples 
divers;  elles  portent  sur  nombre  de  points  de  détail 
qui  n'ont  rien  de  naturel. 

Dans  notre  ouvrage  Le  Peuple  chinois  ' ,  nous 
avons  émis  l'hypothèse  d'une  origine  chaldéenne  de 
la  civilisation  chinoise;  l'étude  de  la  religion  ne 
peut  que  nous  confirmer  dans  cette  opinion,  déjà 
soutenue  d'ailleurs  par  plusieurs  autres  sinologues, 
se  plaçant  à  différents  points  de  vue. 

La  traduction  du  Rituel  de  la  dynastie  actuelle 
est  bien  propre  à  fournir  à  cet  égard  de  précieux 
éléments  de  comparaison ,  car  le  peuple  chinois ,  le 
plus  conservateur  de  tous ,  a  gardé  dans  ses  institu- 
tions religieuses  des  formes  rituelles  qui  remontent 
à  la  plus  haute  antiquité. 

On  peut  s'en  convaincre  en  lisant,  dans  la  pré- 
cieuse encyclopédie  de  Ma  Touanlinn,  les  critiques 
des  canonistes  chinois  des  différents  siècles,  et  le 
tableau  de  la  religion  qu'on  y  trouve,  lequel  est 
présenté  depuis  les  origines  de  la  nation  chinoise 
jusqu'à  l'époque  oii  Ma  Touanlinn  acheva  son  œuvre , 
et  qui  demeure  le  même  dans  les  grandes  lignes. 

Sans  doute  les  auteurs  chinois  font  remarquer 
que  la  religion  officielle  a  subi ,  au  cours  des  temps , 
diverses  altérations  passagères;  mais  le  travail  de^ 
canonistes  a  eu  pour  effet  de  faire  rentrer  les  pra- 

'   Paris,  Clicvalifi-  cl  Hivii'iv,    igo'i. 


4f*  NOVEMBRE-DÉCEMBRE    1000. 

tiques  liturgiques  dans  la  ligne  traditionnelle  et  de 
les  rendre  aussi  conformes  que  possible  à  celles 
de  l'antiquité. 

Us  f  ont  vraisemblablement  réussi  en  grande 
partie ,  et  c'est  là  ce  qui  donne  un  intérêt  historique 
de  premier  ordre  k  l'exposé  du  culte  moderne. 

Cet  exposé  nous  parait  de  nature  à  dissiper  plus 
dune  erreur,  à  permettre  de  préciser  le^  dogmes 
de  la  religion,  car  il  nous  apporte  des  fait»  et  non 
pas  seulement  des  opinions  émises  piu*  des  lettrés 
dépounus  trop  souvent  d'ejjprit  critique. 

Autrefois  le  sacrifice  au  Ciel,  ou  pour  mieux 
dire ,  au  grand  Dieu  du  ciel ,  se  célébrait  avec  celui 
<le  la  Déesse  de  la  terre,  sorte  d'épouse  mystiqu<' 
du  premier  principe  fonnateur  du  monde. 

Maintejumt  les  deax  cultes  se  rendent  à  des 
•'poques  différentes  et  dans  des  lieux  séparés. 

Nous  devions  commencer  par  donner  la  traduc- 
tion du  sacrifice  au  Ciel,  le  premier  de  tous,  puisque 
tous  les  autj'es  sacrifices,  tous  ceux  offerts  aux  demi- 
divinités  en  lesquelles  on  retrouve,  sous  des  noms 
chinois,  les  dieux  de  notre  mytliologie  classique, 
sont  célébrés  selon  des  rites  identiques  '. 


'  La  tradnction  a  éHé  failt;  sur  Tëdilion  du  Ta  Tii$ig  hoei  tien , 
(le  la  Bibliodièque  oationale  (nouveau  fund»  riiiuois,  n"  55g),  qui 
remonte  à  1 764.  Le  sacrifice  au  Ciel  s«>  trouve  dans  le  livre  XXXVU 
des  règlements  concernant  les  Rites,  Ifl  jf^  ^.  On  en  a  fait  de- 
puis des  réinnprBMions.  ' 


LE  CULTE  IMPÉRIAL  EN  CHINE.  495 

nu  GRAND  SACRIFICE  AU  CIEL 

AU  JOUR  DU  SOLSTICE  D'HIVER. 


DES  GRANDS  SACRIFICES. 

Toutes  les  fois  qu'on  pratique  le  rite  du  sacrifice 
suburbain  au  Ciel  \  le  siège  du  Principe  actif"  de 
tous  les  l)iens  se  trouve  dans  le  faubourg  du  Sud.  (Ce 
siège  est)  rond  pour  figurer  le  Ciel;  on  l'appelle  : 
Elévation  circulaire. 

Il  est  fait  de  trois  plates-formes. 

Dans  l'année,  au  solstice  d'hiver,  on  y  sacrifie 
à  TAuguste,  Céleste,  Souverain  Seigneur^,  et  Ton 


'  M.  de  Harlci  a  publié,  sous  le  titre  La  religion  et  les  cérénio- 
iiiet  impériales  de  In  Chine  moderne  (extrait  dos  Mémoire!  de  l'Aca- 
démie de  Belgitfue.  i8g3),  une  sorte  de  description  en  plus  de 
5oo  pages  du  culte  impérial.  Ce  travail,  comme  les  autres  du 
même  auteur  que  nous  avons  rapprochés  des  sources,  est  des  plus 
défectueux.  Il  est  erroné  sur  les  points  capitaux  aussi  bien  que 
sur  les  points  secondaires.  Ce  n'est  pas  d'ailleurs,  dit  lui-même 
l'auteur,  une  traduction,  bien  que  M.  de  Harlez  se  soit  eflForci'  de 
suivre  le  texte.  Dans  tous  les  c«s,  cette  œuvre  ne  méi-ile  aucun 
crédit  scientifique,  et  les  personnes  qui  ne  peuvent  suHisammcnt 
lire  le  chinois  pour  relever  les  fautes  de  ce  travail  ne  doivent  y 
rechercher  qu'une  vue  d'ensemble  du  culte  et  se  bien  garder  de 
se  référer  «u  texte,  si  elles  ne  vevdcnt  être  induites  en  erreur,  sur- 
tout en  ce  qui  concerne  les  hymnes  sacrés  dont  la  traduction 
semble  être  eu  certains  endroits  une  simple  invention,  n'ayant 
qu'un  rapport  Corl  lointain  avec  le  texte  chinois. 

*  Ce  jHU'sonnaçîe  céleste  est  le  Dieu  suprême  de  la  nation  chi- 
noise; dans  l'esprit  des  CJiinois,  c<^  ^  5C  _t  ^  Hoanij  Tien 
Cluing  Ti  est  le  Souverain   Seigneur   auquel   les  |)rcmiei's  empe- 


406  NOVEMBRE-DÉCEMBRE    1900. 

vénère  les  empereurs  :  T'aitsou ,  le  noble  ;  T'aitsong , 
le   savant;   Cheutsou,   le   glorieux;    Chengtsou,   le 

reun  rendaient  un  culte ,  ainsi  qu'il  est  dit  au  Choa  King.  Les  si- 
nologues français  et  anglais  traduisent  d'ordinaire  le  mot  A 
/i oan^  par  tiin|)érial>,  car  on  s'en  sert  constainmenl  pour  désigner 
l'Kmpereur.  Cette  traduction  ne  donue  qu'une  partie  du  sens  ex- 
primé en  chinois  par  le  caractère  ^  honng ,  dont  rétyraologie 
exprime  la  source  des  pouvoirs  du  roi-pontife.  Ce  mot  a  le  sens 
du  diras  latin,  c'est  un  qualificatif  de  la  divinitt'^;  il  s'applique 
tantM  à  elle-même,  tantôt  à  un  homme  :  l'Emjiereur.  C'est  donc 
le  mot  «Auguste»  qui,  dans  notre  langue,  est  le  plus  conforme 
à  l'idée  chinois**.  11  faut  faire  une  remarque  analogue  pour  le 
mol  »fc  ti  •  Seigneur».  Du  reste  l'emploi  de  re  mot  était  primi- 
tivement réservé  au  Ciel.  L'expression  ^  ^  hoanfj  ti .  que  nous 
traduisons  d'ordinaire  par  «Empereur»,  puisque  le  persoonage 
possède  un  caractère  politique,  exprime  bien  plutôt  le  caractère 
de  flemi-dieu  du  souverain.  Elle  devrait  se  traduire  littéralement 
par  «Auguste  Seigneur»,  si  le  terme  «Empereur»  n'était  pas, 
pour  nous,  plus  expressif.  Faute  de  faire  cette  distinction  sur  le 
sens  du  mot  ^ ,  on  »"ex|M)s<'  à  lomln-r  dans  les  plus  regrettables 
confusions  lorsqu'il  s'agit  de  comprendre  et  de  traduire  les  idées 
des  Oiinois  sur  leur  Dieu  suprême,  'c  _t  ^  Chang  Ti,  confu- 
sion qui  s'augmente  encore  lorsqu'on  n'a  pas  débrouillé  l'échevenu 
emmêlé  des  opinions  des  auteurs  chinois  sur  ce  Dieu. 

Mais  il  faut  ici  définir  la  personne  divine  dite  dans  le  culte 
moderne  :  «Auguste,  Céleste,  .Souverain  Seigneur».  .Selon  les 
thi'-ologiens  citt^  par  Ma  Touanlinn  dans  son  encyclop«';die  ^  JÊ^ 
j|S  ^  (li>re  G8),  dès  le  temps  des  llan  on  donnait  au  .Souverain 
Seigneur  le  nom  de  ^  — •  Tai  i  «Unité  su|n*éme  ou  infiniet. 
Or  le  Chonô-wenn  .   composé  à    la    même   époque,    définit   l'Unité 

^  ^  o  '(Ell*^  est)  au  commencement  le  principe  absolu,  la 
Raison  suprême  posée  dans  l'Unité;  elle  a  créé  le  Ciel  et  la  Terre, 
formé  tous  les  êtres.»  [Chouô-wenn .  édition  de  i8o8,  K.  i,p.  t 
[Bib.  de  l'Ecole  des  langues  orientales].)  On  doit  noter  que  les  mots 
5^  ^  Uao  fenn ,  que  nous  traduisons  par  «créer»,  ont  le  sens 
exact  d'«  aboutir  à  une  division  en  faisant  pour  la  première  fois»; 


LE  CULTE  IMPERIAL  EN  CHINE.  497 

charitable;  Cheutsong,  le  modèle;  qui  sont  associés 
(au  Seigneur  dans  le  sacrifice). 

On  sacrifie  ensuite  au  Grand  Luminaire  ^  au  Lu- 
minaire nocturne ,  aux  Constellations ,  aux  nuages ,  à 
la  pluie,  au  vent,  au  tonnerre. 

ii  nous  semble  dès  lors  qu'on  doit  les  entendre  au  sens  relatif 
et  considérer  l'acte  de  cette  Unité,  Raison  suprême,  non  comme 
celui  d'un  créateur  tirant  la  matière  du  néant,  mais  comme  celui 
d'un  démiurge  débrouillant  le  cbaos.  Malgré  la  diversité  des  écoles 
pbilosopbiques  qu'il  y  a  eu  en  Chine  depuis  deux  mille  ans,  cette 
conception  du  Dieu  primordial  est  toujours  celle  que  manifeste 
le  culte;  de  plus,  ce  Dieu  est  bien  une  personne  douée  de  con- 
science et  de  volonté,  puisqu'on  invoque  sa  puissance  par  des 
prières.  Nous  ajouterons  que  la  théologie  chinoise  ne  diffère  dans 
son  principe  de  celle  des  déistes  spiritualistes  occidentaux  que 
parce  qu'elle  ne  comporte  pas  la  conception  de  la  création  ex  niliiln 
par  un  acte  de  la  volonté  divine.  Cela  ressort  de  toute  la  philosophie 
classique.  Cette  différence  est  néanmoins  capitale  et  c'est  elle  qui 
paraît  avoir  eu  pour  conséquence  d'empêcher  l'esprit  chinois  de 
se  dégager  des  croyances  animistes  qu'il  possède  encore  aujourd'hui. 
*  Le  plan  qui  figure  dans  l'édition  précitée  montre  l'autel  cir- 
culaire; sur  la  plate-forme  la  plus  élevée  de  ce  vaste  monument  st; 
trouve  placé,  au  Nord,  comme  il  est  dit  dans  le  texte,  le  siège  du 
Souverain  Seigneur;  de  chaque  côté  sont  les  ancêtres  du  prince 
qui  pontifie  :  ce  sont  les  Saints  assistants,  ^Ij  ^.  Les  tablettes 
des'  Esprits  du  soleil,  de  la  lune,  des  forces  naturelles  et  dos 
constellations  forment,  sur  la  partie  postérieure  du  pourtour  de  la 
deuxième  plate-forme,  quatre  groupes,  dits  ^  ;^ .  Sur  la  pre- 
mière plate-forme,  vers  le  milieu,  à  gauche,  se  trouve  la  table  des 
prières,  jW  ^;  de  chaque  coté  sont  disposés  les  cérémoniaires , 
les  thuriféraires,  les  porteurs  d'offrandes.  On  accède  à  ces  plates- 
formes  par  quatre  escaliers,  placés  aux  quatre  points  cardinaux. 
Devant  l'escalier  du  Midi  se  trouve  le  siège,  ou  plutôt  la  place  de 
prière  et  de  communion ,  ^  f^  "fjiC  $S  "fô  .  où  l'officiant  va  se 
placer  à  certains  moments  du  sacrifice;  sur  la  deuxième  plate-forme 
se  trouve  le  siège  où  se  tient  l'EmjMîreur  :  |^  ^  ^  «la  place 
pontificale  de  prosternation  ». 

VIII.  33 


né  NOVEMBIlEDhïr.RMBHE    lOOC. 

Le  iiège  du  Souverain  Soigneur  est  sur  J«  pre- 
mière plateforme ,  tournée  vers  le  Sud. 

Les  Stiints  qui  l'assistent  sont  tournés  à  TËi^t  et  à 

rOuQBt. 

Les  sièges  des  quatre  Suivants  sont  placés  sur  la 
deuxième  plate-forme. 

Le  Grand  Luminaire  est  tourné  h  l'Ouest,  les 
COhstelîations  -tont  à  sa  suite. 

Le  Luminaire  nocturne  est  tourné  à  l'Kst;  lu 
pluie,  le  vent,  le  tonnerre  sont  à  s&  suite. 

A  tous  également ,  on  dresse  des  tabernacles  bleus. 
(On  dispose  devant)  le  Souverain  St*igneur  uno  ta- 
blette de  jade  vert  aeuré,  doute  pièces  de  soie,  un 
veau ,  un  vase  à  sauce ,  deux  vases  à  riz ,  deux  vases 
à  millet,  doute  vases  à  saumure  et  douse  vases  à 
graines,  une  cruche  À  vin  pour  les  libations,  trois 
calices,  un  réchaud,  six  tjscabeaux,  un  bœuf  rôti. 

Les  Saints  ont  tous  égalem(int  :  une  pièce  de  soie, 
Un  veau,  un  vase  à  sauce,  deux  vases  à  rit,  deux 
vases  à  millet,  chacun  douze  vases  à  saumure  et 
douce  vases  à  graines ,  une  cruche  à  vin ,  trois  calices, 
un  réchaud,  quatre  escabeaux. 

Le  Grand  Luminaire  et  le  Luminaire  nocturne 
ont  égnlemejit  une  pièce  de  Soie ,  un  bœuf,  Un  vase 
h  sauce,  deux  vases  à  riz,  deux  vases  à  millet,  trois 
calices,  vingt  bols,  deux  escabeaux. 

Les  Constellations  (ont)  onze  pièces  de  soie. 

Les  nuages ,  la  pluie ,  le  vent ,  le  tonnerre  :  quatre 
pièces  de  soie  ;  tous  :  un  bœuf,  un  mouton ,  un  porc , 
un  vase  à  sauce,  deux  vases  à  anse,  chacun  deux 


LE  CULTE  IMPÉRIAL  EN   CHINE.  499 

vases  a  rh  et  deux  à  millet ,  cliacun  dix  vasei>  à  sau- 
mure et  dix  vases  à  graines,  une  cruche,  deux  ca- 
lices ,  vingt  bols ,  un  réchaud ,  deux  escabeaux. 

Le  jade  et  la  soie  sont  dans  des  paniers;  (la  chair 
des)  victimes  est  contenue  dans  les  récipients  tsou. 

Les  cruches  sont  remplies  de  liqueur;  on  étend 
les  voiles  d  étoffe ,  les  cuillers  sont  préparées  K 


*  La  description  de  tous  ces  récipients  se  trouve  au  livre  XVI , 
p.  g,  de  la  même  édition;  mais  il  y  en  a  une  plus  complète,  illus- 
trée, dans  la  grande  édition  du  Tats'ing  Iloeitien  qui  se  trouve  à 
la  Bibliothèque  nationale  (nouveau  fonds  chinois,  a6  A,  vol.  2). 
Plus  le  personnage  spirituel  que  l'on  veut  servir  par  te  sacrifice 
est  élevé  dans  la  hiérarchie  divine,  plus  les  ustensiles  sont  dé- 
pourvus d'ornement.  C'est  ainsi  que  le  calice  qui  sert  dans  le 
sacrifice  au  Ghana;  Tî  est  fait  de  la  moitié  d'une  noix  de  coco 
garnie  d'or  intérieurement.  Ce  vase  est  posé  sur  un  trépied  en  bois 
de  santaL  Les  calices  à  trépied  de  jade,  d'oi*,  de  porcelaine,  de 
cuivre,  sont  réservés  aux  autres  sacrifices.  Les  bols  sont  en  porce- 
laine bleue.  Le  vase  à  sauces  est  un  ciboire  à  couvercle  identique 
à  celui  du  culte  catholique,  en  faïence  biene  pour  les  grands  sa- 
crifices, eo  cuivre  dans  les  autres  cas.  Les  récipients  à  riz  et  à 
millet,  en  faïence,  sont  faits  de  manière  à  symboliser  la  forme 
ronde  du  Ciel  et  la  forme  carrée  de  la  Terre;  ils  ont  des  cou- 
verctes.  I^es  récipients  à  graines  sont  des  ciboires  en  iMini)ou 
tressé  et  laqué.  Les  vases  à  saumure  sont  de  forme  analogue. 
Enfin  les  récipients  à  viande  sont  des  sortes  de  caisses  rectangu- 
laires sur  quatre  pieds,  de  deux  pieds  deux  pouces  de  long;  ils 
sont  en  bois  laqué  et  doublés  întiTieurement  d'étain,  car  on  v 
verse  les  sauces  sur  la  viande  à  un  eei'taiu  moment  du  sacrifice. 
Dans  la  description  qu'il  a  faite  du  grand  sacrifice  au  Ciel  [An- 
nales du  Musée  Guimet,  t.  IV,  p.  98),  le  docteur  Edkins  parle 
d'une  génisse  qui  se  trouverait  derrière  l'Empereur  et  qu'on  ai'ro- 
serait  de  sauce.  On  voit  que  le  texte  ne  dit  rien  de  pareil.  D'ail- 
leurs les  victimes  sont  tuées,  dépecées  et  cuites  avant  le  sacrifice;  il 
en  était  déjà  ainsi  du  temps  des  Song.  Ma  Touanlinn  donne  à  cet 
égard  do  minutieux   détails   (liv.  LXXll).  M.   «!<•   Ilarle/.  a  «lonné 

33. 


50e  NOVëMBRKDÉCEMBRË    1U0(). 

Un  jour  avant  le  sacrifice,  le  bureau  de  la  mu- 
sique dispose  rharmonie  sacrée  au  bas  de  l'autel; 
les  sections  de  droite  et  de  gauche  du  département 
des  équipages  impériaux  disposent  le  cortège  d««s 
cbars  en  dehors  de  la  porte  du  Midi',  le  char  de 
jade  au  bas  de  l'escalier  du  Vaihomenn. 

A  la  sixième  heure  ^,  le  directeur  de  la  Cour  des 
sacrifices  va  se  placer  à  la  porte  de  la  Pureté;  il 
prie  l'Empereur  d'aller  dans  le  pavillon  de  l'Absti- 
nence. 

L'Empereur,  revêtu  de  la  robe  pontificale  à  dra- 
gons, monte  dans  la  chaise  rituelle  et  sort  du  pavillon  ; 
en  avant  marchent  dix  chambellans  de  l'avant-garde  ; 
en  arrière  marchent  deux  chambellans  de  l'arrière- 
garde;  >ingt  gardes  du  corps  aimés  de  lances  et  de 
sabres,  vingt  gardes  armés  d'arcs  et  de  flèches  sont 
disposés  de  chaque  côté,  conformément  aux  rites; 
tous  arrivent  au  bas  de  l'escalier  du  Taihomenn. 

(L'Empereur)  descend  de  la  chaise  et  monte  dans 
le  char. 

Le  cortège  s'avance,  puis,  respectueusement, 
s'arrête.  A  la  porte  du  Midi ,  on  sonne  la  cloche  ;  le 
cortège  marche  en  avant;  les  princes,  les  nobles  et 
tous  les  officiers  civils  et  militaires  qui  n'assistent 
pas  au  sacrifice,  revêtus  de  la  robe  de  cour,  sont 


des  ustensiles  du  sacrifice  une  description  des  plus  fantaisistes, 
confondant  les  ciboires  avec  des  plats,  les  récipients  à  viande  avec 
des  bancs,  etc. 

'  Dans  la  ville,  au  palais  impérial. 

*  De  9  à  II  heures  du  matin. 


LE   CULTE  IMPERIAL  EN  CHINE.  501 

agenouillés;  les  tambours  envoyés  en  avant  réson- 
nent ^ 

(Arrivés  au  temple  du  Ciel),  les  tambours  s'ar- 
rêtent et  ne  jouent  plus;  des  gardes  de  l'équipage 
impérial  sonnent  la  cloche  du  pavillon  de  l'Absti- 
nence ^. 

L'Empereur  entre  par  la  porte  de  l'Ouest  du 
temple  du  Ciel  ;  arrivé  en  dehors  de  la  porte  Tchao 
heiKj  BS  ^  ^,  il  descend  de  char.  Deux  acolytes  cé- 
rémoniaires,  directeurs  de  la  Cour  des  sacrifices, 
conduisent  respectueusement  l'Empereur,  qui,  pas- 
sant par  la  porte  de  gauche,  entre  et  va  se  placer  à 
l'Auguste  Espace*. 

Devant  le  Souverain  Seigneur  et  les  Saints,  il  fait 
monter  l'encens.  Lorsqu'il  a  fini ,  il  pratique  le  rite 
des  trois  agenouillements  et  des  neuf  prosterna- 
tions^. 

Aux  Suivants    des    deux  pavillons  latéraux,  les 

'  Le  texte  de  cette  édition  abrégée  ne  parie  pas  de  ce  qui  se 
i)asse  pendant  que  la  procession  se  déroule  entre  le  palais  impé- 
rial et  le  temple  situé  dans  le  faubourg  du  Sud.  A  partir  df  col 
endroit,  le  texte  traite  de  ce  qui  a  lieu  dans  le  faubourg. 

*  Le  palais  ou  pavillon  de  l'Abstinence  se  trouve  dans  la  partie 
postérieure  du  temple  du  Ciel;  on  y  accède  par  la  porte  de  la  Cour- 
bure correspondant  très  exactement  à  celle  de  la  cbapelle  de  la 
Vierge  dans  les  églises  caliioliques,  et  qui  porte  d'ailleurs  le  nom 
d»'  rit    ê   P^  «porte  de  la  Parfaite  Cbasteté». 

^  C'est  la  porte  du  Sud  du  temple,  au  milieu;  elle  a  les  trois 
ouvertures  classiques. 

''  C'est  le  pavillon  qui  se  trouve  derrière  l'autel  circulaire,  et 
o«i  sont  conservées  les  tablettes,  sièges  des  Esprits. 

'  Ce  rite  consiste  à  s'agenouiller  trois  fois  et  à  cbaque  fois  se 
prosterner  trois  fois. 


501  NOVEMBRE-DÉCEMBRE    lOOft. 

officiera  délégués  aiix  offrandes  font  des  encense- 
ments et  pratiquent  le  rite  (dos  prosternations). 

L'Empereur  va  à  l'élévation  circulaire;  il  inspecte 
les  sièges  de  l'autel;  il  va  au  magasin  des  Esprits ^  il 
inspecte  les  vases  ainsi  que  les  victimes. 

Puis,  passant  par  la  porte  méridionale  de  gauche 
du  sanctuaire-,  il  sort  par  la  porte  méridionale  de 
gauche  du  chceur;  arrivé  à  droite  du  chemin  des 
Esprits,  il  monte  en  char,  et-  va  au  pavillon  de 
l'Abstinence. 

Les  princes,  les  ducs  et  tous  les  officiers  qui 
assistent  au  sacrifice,  revêtus  de  la  robe  multicolore, 
se  tiennent  rassemblés,  en  deux  bandes,  en  dehors  de 
la  porte  du  pavillon  de  l'Vbstinence;  respectueuse- 
ment, ils  attendent  quo  TEmpercur  soit  rentré, 
puis  ils  se  retirent'. 

*  L'enceinte  de  la  sacritlic,  qui  se  trouve  à  droite  du  temple 
et  où  sont  placés  les  étables  des  victimes  «>t  )•■  inn^nsin  des  vhsch 
•acrét. 

'  L'autd  à  trois  étages  est  entouré  d'une  enreinlo  circulaire  uu 
se  tiennent  ceux  des  assistants  servant  l'ofliriant  :  censeurs,  oflirier» 
ilu  ministère  des  rites,  chantres,  mimes  ou  danseurs.  i]c  sanctuaire 
est  au  milieu  d'une  enceinte  carrée  munie  de  portes  et  qui  corres- 
pond assez  bien  au  chœur  des  églises  catholiques,  ("csl  dans  cette 
partie  que  se  trouvent  les  fourneaux  d'holocaustes.  Les  assistants, 
magistrats  de  divers  dejçrés  qui  assistent  au  sacriiice,  se  tiennent 
en  dehors  du  chœur,  à  ia  place  correspondant  à  la  grande  nef  des 
églises  catholiques.  Il  importe  de  remarquer  que  celte  analogie  ne 
vise  que  le  plan,  relie  partie  du  temple  itant  en  plein  air. 

^  L'Empereur  passe  là  une  partie  de  ia  nuit  dans  le  recueille- 
ment; il  a  dû  déjà  jeûner  deux  jours  dans  son  palais.  L'abstinence 
consiste,  selon  le  rite  ancien  rappelé  par  le  Canon,  à  ne  pas  pro- 
noncer de  jugement,  à  ne  pas  festoyer,  à  ne  pas  entendre  de  mu- 


LE   CULTE  IMPERIAL  EN   CHINE.  508 

On  observe  le  soleil.  Sept  quarts  d'heure  avant 
son  lever,  un  directeur  de  la  Cour  des  sacrifices  va 
au  pavillon  de  l'Abstinence  faire  connaître  que  le 
moment  (de  la  cérémonie)  est  arrivé. 

L'Empereur,  revêtu  de  la  robe  sacrificielle  ponti- 
ficale, monte  dans  la  chaise  rituelle,  sort,  descend 
de  la  chaise  et  monte  dans  le  char. 

Leç  gardes  de  l'équipage  font  retentir  la  doche 
du  pavillon  de  fAbstinenoe. 

L'Empereur  arrive  en  dehors  de  la  porte  méri- 
dionale du  chœur  ;  à  droite  du  chemin  des  Esprits ,  il 
descend  de  char;  deux  cérémoniaires ,  directeurs  de 
Ja  Cour  des  sacrifices,  le  précèdent  respectueuse- 
ment et  entrent  sous  le  grand  baldaquin. 

Le  ministre  des  Rites,  conduisant  les  officiers  de 
la  Cour  des  sacrifices,  va  (au  pavillon  de)  l'Auguste 
Espace;  avec  révérence,  il  fait  une  invitation  res- 
pectueuse aux  sièges  des  Esprits,  les  porte  et  les 
dispose  dans  les  baldaquins  bleus. 

Les  directeurs  de  la  Cour  des  sacrifices  invitent 
l'Empereur  à  accomplir  le  rite. 

L'Empereur  sort  de  dessous  le  grand  baldaquin  ; 
il  se  lave  les  mains. 

Les  cérémoniaires ,  directeurs  de  la  Cour  des  sa- 
crifices, précédant  respectueusement  f Empereur, 
sortent  par  la  porte  méridionale  de  gauche  du  chœur 

sique,  à  n«  pas  avoir  de  rapports  charnels,  à  ne  pas  s'entretenir 
avec  des  gens  malades  ou  en  deuil,  à  ne  pas  boire  de  vin,  ni  manger 
de  légumes  forts,  à  ne  pas  sacrifier  aux  esprits,  à  ne  pas  balayer 
les  tombeaux  {livre  XXXVI,  p.  4). 


504  NOVEMBRE-DÉCEMBRE    1006. 

et  entrent  par  la  porte  méridionale  de  gauche  du 
sanctuaire;  ils  montent,  par  l'escalier  du  Midi,  jus- 
qu'à la  deuxième  plate-fomie ,  au  baldaquin  jaune , 
puis  ils  se  tiennent  debout  devant  le  siège  de  proster- 
nation. 

Quatre  officiers  assistants  de  la  Cour  des  sacrifices , 
chargés  du  partage  des  otfrandes,  entrent  en  passant 
par  la  porte  méridionale  de  gauche;  ils  vont  se  placer 
dans  lallée  principale,  devant  Tescalier. 

Des  officiers  de  la  Cour  du  rérémonial,  condui- 
sant les  princes  du  premier  rang  et  les  princes  du 
second  rang,  le^  placent  sur  l'escalier  de  la  troisième 
plate-forme;  les  princes  du  troisième  ordre,  les  ducs, 
sont  plar«''s  au  bas  de  l'escalier;  tous  les  officiers  sont 
placés  en  dehors  de  la  porte  du  chœur,  à  droite  et  à 
gauche;  ils  se  tiennent  en  ordre.  Ils  ont  tous  le 
visage  tourné  vers  le  Nord. 

IjCs  officiers  des  cérémonies  canoniques,  les  mu- 
siciens, les  mimes  chantent  des  hymnes.  Les  officiers 
servants  remplissent  tous  leur  office. 

Nota.  Par  la  suite,  depuis  le  moment  où  on  brûle  le  com- 
bustible jusqu'à  celui  on  l'on  emp)rte  les  mets  aux  fourneaux 
d'holocauste,  tous  les  officiers  des  cérémonies  canoniques 
chantent  en  chœur. 

Les  mimes  militaires  s'avancent,  disposés  par  huit. 

Les  cérémoniaires  invitent  l'Empereur  à  prendre 
place.  L'Empereur  se  place  debout  à  son  siège  de 
prosternation  ;  ensuite ,  on  fait  brûler  le  combustible 
(dont  la  fumée)  va  au-devant  de  l'Esprit  du  Seigneur. 

Les  thuriféraires  s'avancent  en  portant  respectueu- 


LE   CULTE   IMIM'IRIAL   EN   CHINE.  505 

sèment  les  plateaux  à  encens.  Les  musiciens  font,  en- 
semble, monter  la  musique  au-devant  de  l'Esprit  du 
Seigneur. 

On  chante  le  morceau  de  la  Paix  initiale. 

Nota.  Toutes  les  fois  qu'on  joue  de  la  musique,  tous  les 
musiciens  chantent  en  chœur.  lien  est  de  même  par  la  suite. 

Les  cérémoniaires  invitent  l'Empereur  à  monter  à 
l'autel. 

Ils  conduisent  respectueusement  l'Empereur  et 
vont  se  placer  sur  la  première  plate-forme  devant  le 
siège  du  Souverain  Seigneur. 

Les  thuriféraires  s'agenouillent ,  avancent  l'encens  ; 
les  cérémoniaires  invitent  l'Empereur  à  s'agenouiller. 
L'Empereur  s'agenouille.  On  l'invite  à  encenser. 
L'Empereur  pose  l'encens  sur  l'encensoir,  puis  use 
trois  morceaux  d'encens.  H  se  relève;  ensuite  il  va  se 
placer  devant  les  sièges  des  Saints  assistants  (le  Sei- 
gneur) et  les  encense.  Le  rite  est  le  même. 

Les  cérémoniaires  invitent  l'Empereur  à  retourner 
h  sa  place. 

L'Empereur  retourne  à  sa  place  ;  les  cérémoniaires 
l'invitent  à  s'agenouiller;  il  se  prosterne  et  se  relève. 

Nota.  Toutes  les  fois  qu'il  monte  à  l'autel  et  retourne  à 
sa  place ,  il  accomplit  ce  rite  ;  à  chaque  fois ,  il  y  est  de  même 
invité.  Il  en  est  ainsi  par  la  suite. 

L'Empereur  accomplit  le  rite  des  trois  agenouille- 
ments et  des  neuf  prosternations;  les  princes,  les 
ducs  et  tous  les  officiers  l'accomplissent  également 
à  sa  suite. 


500  NOVEMBRE.DÉCEMRRR    1006. 

Fies  ofliciers  (port«nii^)  du  judo  et  dt»  la  soie 
^avancent  en  portant  respectueusement  les  pa- 
niers. 

On  chante  le  morceau  de  h  Spïendide  Pair. 

L'Kinpereur  monte  à  1  autel  ;  il  va  se  placer  devant 
le  siège  du  Seigneur. 

Les  oiliciers  porteurs  du  jade  et  de  la  soie  s'age- 
nouillent, ils  avancent  les  paniers.  L'Empereur 
s'agenouille;  reçoit  les  paniers,  offre  le  jade  et  la 
soie  et  se  relève;  ensuite  il  va  se  placer  devant  les 
si^es  des  Saints  assistants,  offre  la  soie.  Le  rite  est 
identique. 

L'Empereur  retourne  à  sa  place;  alors  on  avance 
les  récipients  à  viande. 

L'Empereur  se  tient  debout,  à  côtf^  de  son  siège, 
tourné  du  côté  de  l'Ouest. 

Des  ofiBciers  subalternes  mettent  de  la  sauce  dans 
des  pots  qu'ils  prennent  respectueusement;  du  bas 
de  l'autel  ils  montent  par  l'escalier  du  Midi  ;  ils  vont 
devant  les  sièges  du  Souverain  Seigneur  et  devant 
ceux  des  Saints  assistants;  tous,  ils  s'agenouillent  et 
élèvent  les  vases  h  deux  mains;  puis  ils  se  relèvent, 
arrosent  de  sauce  par  trois  fois  les  récipients  à 
viande,  ils  se  retirent,  et  ils  descendent  en  passant 
par  l'escalier  de  l'Ouest. 

L'Empereur  se  remet  en  place ,  on  chante  le  mor- 
ceau de  la  Paix  à  tous. 

L'Empereur  monte  à  l'autel ,  il  va  se  placer  devant 
le  siège  du  Souverain  Seigneur  et  devant  ceux  des 
(Saints)  associés.  A  genoux,  il  avance  les  récipients  à 


LE  CULTE  IMPERIAL  EN   CHINE.  507 

viande,  se  relève,  retourne  à  sa  place  accomplir  le 
rite  de  la  première  offrande. 

Les  officiers  porteurs  de  calices  s'avancent  en  les 
tenant  respectueusement  ;  on  chante  le  morceau  Paix 
et  longévité;  les  mimes  figurent  le  pas  du  bouclier  et 
de  la  hache. 

L'Empereur  monte  à  l'autel  ;  il  va  se  placer  devant 
le  siège  du  Souverain  Seigneur  ;  les  officiers  porteurs 
de  calices,  agenouillés,  avancent  les  calices;  l'Em- 
pereur, agenouillé ,  offre  les  calices  et  fait  une  liba- 
tion ,  juste  au  milieu.  Il  se  lève ,  recule  et  va  se  placer 
debout  au  siège  de  prière  et  de  prosternation. 

Le  lecteur  va  s'agenouiller  devant  la  table  des 
prières ,  il  fait  trois  prosternations  ;  tenant  respectueu- 
sement la  tablette  des  prières ,  il  s'agenouille  à  gauche 
de  la  table  ;  la  musique ,  pendant  ce  temps-là ,  s'arrête. 

L'Empereur  s'agenouille ,  tous  les  grands  officiers 
s'agenouillent  aussi. 

Le  lecteur  lit  la  prière  ^  ;  quand  il  a  fini ,  prenant 

'  Voici  cette  invocation.  Elle  figure  avec  celles  de  presque  tous  les 
autres  sacrifices  dans  le  livre  LXXXIII,  p.  à.  «Votre  descendant, 
fils  du  Ciel ,  du  nom  pontifical  X ,  ose  s'adresser  à  l'Auguste ,  Céleste , 
Souverain  Seigneur  et  lui  dit  :  «En  ce  solstice  d'hiver,  au  moment 
«où  l'on  commence  à  jouir  des  bienfaits  de  six  effluves  ( c'est-à-dir^ 
«le  principe  actif,  le  principe  passif,  la  pluie  et  le  vent,  li's 
«ténèbres  et  la  lumière),  en  observant  avec  respect  les  rites  cano- 
«  niques  et  en  conduisant  avec  empressement  mes  ministres  et  com- 
«pagnon»,  j'ai  préparé  pour  l'holocauste  de  l'intention  pure,  le» 
«jade,  la  soie,  les  victimes  et  toutes  les  catégories  de  grains,  pour 
«sacrifier  humblement  au  Souverain  Seigneur.  Et  je  présente  res- 
«  pectueusement  aux  Saints  Empereurs  associés  ces  insignes 
«  offrandes  d'aliments.  » 

Chaque  ancêtre  impérial  est  désigné  par  son  nom  de  temple 


508  NOVEMBRE-DECEMBRE    1900. 

respectueusement  la  tablette,  il  va  devant  le  siège 
du  Souverain  Seigneur,  s'agenouille  et  la  pose  sur 
la  table,  il  fait  trois  prosternations  et  se  retire.  La 
musique  joue. 

L'Empereur,  conduisant  tous  les  grands  officiers , 
accomplit  le  rite  des  trois  prosternations  et  se  relève. 
Il  va  devant  les  sièges  des  (Saints)  associés;  puis  il 
lem'  fait  l'offrande  du  calice;  la  cérémonie  est  iden- 
tique (à  celle  qu'il  a  accomplie  pour  le  Souverain 
Seigneur). 

Les  officiers  acolytes  porteurs  d'offrandes ,  passant 
par  les  escaliers  de  l'Est  et  de  l'Ouest,  montent  à 
l'autel;  ils  vont,  devant  les  sièges  des  Suivants,  faiie 
des  encensements,  offrir  de  la  soie;  ensuite  ils  font 
rofl'rande  des  calices  ;  quand  ils  ont  terminé ,  ils  des- 
cendent les  escaliers  et  retournent  se  mettre  debout 
à  leur  place  primitive;  la  musique  s'arrête;  les 
mimes  de  la  vertu  militaire  se  retirent;  les  mimes 
de  la  vertu  civile  s'avancent  en  disposition  de  huit. 
On  accomplit  le  rite  de  la  deuxième  offrande.  On 
chante  le  morceau  de  Pair  excellente.  On  mime  le 
pas  Yuyo^. 

prérétlé  d'unr  litanie  de  qualificatifs  louangeurs.  Dans  [m  nelifjion 
en  Chine,  ouvrage  précité,  le  D'  Edkins  dit,  p.  loi,  quo  rKm|)«-- 
reur  lui-même  lit  la  prière.  Le  texte  dit  formellement  le  contraire. 
'  La  danse,  ou  le  pas  rythmé,  parait  avoir  été  cher,  tous  les 
'peuples  anciens  un  moyen  d'exercer  quelque  influence  sur  les  esprits 
divins.  Ici,  les  danseurs  portent  au  bras  gauche  un  bouclier  de 
bois  sur  lequel  sont  écrits  quatre  caractères,  et  à  la  main  droite 
une  hache  en  bois;  les  danseurs  civils  portent  une  plume  d<'  fuisan 
sauvage  emmanchée  dans  une  tête  de  dragon  doré  xiir  une  poisnéo 
en  bois  laqué  rouge  de  près  de  cinq  pouces. 


LE   CULTE   IMPERIAL   EN   CHINE.  509 

L'empereur  monte  à  l'autel;  ensuite  il  offre  les 
calices,  il  fait  une  libation  à  gauche.  Le  rite  est 
semblable  à  celui  de  la  première  offrande;  puis  il 
retourne  à  sa  place. 

On  accomplit  le  rite  de  la  dernière  offrande.  On 
chante  le  morceau  de  la  Paix  sansjin. 

Nota.  Les  mimes  font  comme  à  la  deuxième  ofiFrande. 

L'Empereur  monte  à  l'autel  pour  ensuite  offrir  les 
calices ,  il  fait  une  libation  à  droite.  Le  rite  est  comme 
celui  de  la  deuxième  offrande.  11  retourne  à  sa  place. 

Les  officiers  porteurs  d'offrandes  offrent  les  calices. 
Comme  au  commencement,  la  musique  s'arrête.  Les 
mimes  de  la  vertu  civile  se  retirent. 

Les  officiers  de  la  Cour  des  sacrifices  aident  à 
donner  le  vin  et  les  chairs  sacrés. 

Deux  officiers  de  la  Cour  des  banquets  sacrés,  à 
la  table  de  l'Est,  prennent  la  liqueur  et  les  viandes 
sacrées,  s'avancent  devant  le  siège  du  Souverain 
Seigneur,  les  élèvent  à  deux  mains  en  offrande. 

L'Empereur  va  se  placer  au  siège  de  communion  ' . 

'  L'expression  •^  ^  yin  fou  signifie  littéralement  «  boire  et 
manger  la  félicité  qui  vient  du  Ciel».  Le  mot  '^ ,  qui  ordinaire- 
ment a  le  sens  de  «boire»  seulement,  signifie  dans  le  langage  litur- 
gique :  «  boire  et  manger  » ,  de  sorte  que  le  mot  constitué  par  la  réu- 
nion des  deux  syllabes  exprime  à  lui  seul  l'idée  de  communion  sous 
les  deux  espèces.  Selon  un  des  vice-présidents  de  la  Cour  des  sacri- 
fices, qui  nous  l'a  dit  à  nous-mème,  il  a  la  même  signification  que 
l'expression  «  recevoir  la  sainte  substance  »  par  laquelle  les  catho- 
liques chinois  expriment  l'idée  de  la  communion. 

On  remarquera  néanmoins  que,  au  moment  de  la  communion, 
le  texte  dil  «  re(;oil  »  »^,  et  non  pas  «  boit  »  ;  de  mi^me  il  dit  «  reçoit  »  la 


510  NOVEMBRE-DÉCEMBRE    1906. 

J)oux  gardes  du  coqis  avancent  et  se  placent  ;i 
gaucho,  lies  ofTiciers  cjui  portent  les  mets  consacrés 
descendent  se  placer  à  droite. 

L'Empereur  s'agenouiHe;  les  ofiîciers  servants  de 
droite  et  de  gauche  s'agenouiHent  tous.  L'officier 
de  droite  avance  le  vin  consacré;  l'Empereur  reçoit 
le  calice,  l'élève  à  deux  mains  en  ollraiide,  le  passe  à 
l'officier  de  gauche.  On  avance  les  chairs  consacrées , 
(empereur)  les  reçoit  et  fait  de  même.  (Puis  il  fait) 
trois  prosternations ,  se  relève  et  retoui-ne  à  sa  place. 

Tons  les  ministres  accomplissent  le  rite  des  trois 
agenouillements  et  des  neuf  prosternations. 

On  emporte  les  vases,  on  chante  le  morceau  de 
la  Paix  glorieuse. 

Un  oflicier  subalterne  va  devant  le  siège  du  Sou- 

\iau(le  aacré(\  cl  non  pas  «nuingei  la  viande  »acréc.  O^pciidanl, 
dan»  l'esprit  du  cultp,  le  pontife  doit  cominunior  le  |)remier.  H  rA\ 
Mail  ainsi  depuis  la  haute  antiquiti'  selon  Ma  Touanlinn,  dt^rivant 
(toI.  LXXn.  p.  a  3  v*)  la  rommnnion  t«llr  qu'elle  avait  Itea  de 
son  temps.  D'apn'-s  le  Tat'ÙH^  l'oHtfli.  plus  dtttaiilt-  que  l'édition  sur 
laquelle  est  faite  notre  tradurlion,  l'EnijM'reur  est  inutt'  à  boire  la 
liqueur  ronsacrj'e;  on  n'v  voit  pas  qu'il  mant;e  un  peu  d'aliments 
solides  comme  le  fait  le  pontife  dans  le  Sacrifice  domestique.  Sous 
les  Hong  également  il  huTait  au  calice.  H  résulte  de  Ut  que  la  rom- 
munion  chinoise  panJt  être ,  comme  cdie  du  cuite  catholique ,  tenue 
j»our  parfaite,  même  si  elle  est  accomplie  sous  une  seule  espèce. 
Dans  le  sacrifice  domestique  accompli  par  les  ma^strats,  la  com- 
munion a  lien  réaUament  aous  les  doux  espèces  pour  i'oifidant  et 
pour  tous  les  siens. 

M.  de  HaHlei  a  DaturcUement  expliqué  de  travers  ce  passage  si 
important  du  Rituel  auquel  il  n'a  rien  compris;  il  confond  à  plaisir 
les  deux  espèces  qu'il  appelle  tantôt  viande  r6tie,  tantôt  triande 
d'abondance.  Il  désigne  aussi  la  place  de  commmiion  sons  le  nom 
«le  lieu  du  sacrifice  pour  la  prosp'>rité. 


LE  CULTE  IMPERIAL  EN   CHINE.  511 

vt^rain  Seignour;  prenant  respectueusement  la  ta- 
blolle  de  jado  vert  attiré,  il  se  retire  pour  l'envoyer 
k  l'Esprit  du  Seigneur. 

On  chante  le  morceau  de  la  Paix  pure, 

L'Empereur,  suivi  de  tous  les  grands  personnages, 
pratique  le  rite  des  trois  agenouillements  et  des  neuf 
jjrosternations. 

Des  officiers  portant  la  tablette  des  prières,  la 
soie,  les  mets,  l'encens,  avec  révérence  vont  aux 
lieux  d'holocauste. 

L'Empeieur  se  retourne  et  se  tient  debout  à  côté 
de  son  siège,  tourné  vers  l'Ouest.  11  attend  (ainsi) 
que  la  tnbiette  des  prières  et  la  soie  soient  passées; 
puis  il  se  remet  en  place. 

L'encens  et  la  soie  des  Suivants,  passant  par  les 
escaliers  de  l'Est  et  de  l'Ouest ,  sont  portés  aux  divers 
brûleurs  ^  On  chante  le  morceau  de  ïimmense  Paix. 
Quand  la  tablette  des  prières  et  la  soie  sont  à  demi 
consumées,  on  invite  l'Empereur  à  aller  vers  le  brûleur. 

Conduit  respectueusement,  l'Empereur,  passant 
par  ia  porte  méridionale  de  gauche  du  sanctuaire, 
sort;  il  va  vers  le  fourneau  d'holocauste,  se  place 
tourné  vers  le  fourneau. 

Les  cérémoniaires ,  porteurs  d'offrandes,  se  pla- 
cent en  dehors  des  portes  de  droite  et  de  gauche, 
(tournés)  vers  les  fourneaux. 

*  Dans  !e  chœur,  de  cliaquc  côté  àess  portes  Est  et  Ouest,  il  y 
en  a  deux  ;  un  cinquième  est  dans  Vaiigîe  Sud-Ksl  ;  !e  principal , 
celui  devant  lequel  l'Empereur  assiste  à  la  conilnislion  du  jude  et 
de  la  soie,  est  dans  le  même  angle. 


512  NOVEMBRE-DÉCEMBUE    190G. 

On  avertit  l'Empereur  que  le  rite  est  achevé. 
Conduit  respectueusement ,  l'Empereur,  passant  par 
la  porte  méridionale  de  gauche  du  chœur,  sort  et 
rentre  sous  le  grand  baldaquin. 

Il  change  d'habits. 

IjCs  ministres  des  rites  conduisent  les  officiers  de 
la  Cour  des  sacrifices. 

Avec  révérence,  ils  invitent  les  Esprits  à  s'en  re- 
tourner et  les  convoient  (au  pavillon  de)  l'Auguste 
Espace  '. 

L'Empereui'  va,  en  dehors  de  la  porte  Tchao  henij, 
monter  dans  la  chaise  rituelle. 

Le  cortège  marche  en  avant.  En  marchant  en 
avant,  la  musique  joue.  On  chante  le  morceau  de  la 
Paix  auxiliatrice. 

Ij'Emperem*  retourne  en  char.  Les  princes,  les 
ducs  et  tous  les  ofTiciers  ensuite  se  retirent. 

Les  princes,  les  ducs  et  tous  les  oHiciers  qui 
n'assistent  pas  au  sacrifice,  comme  auparavant,  re- 
vêtus de  la  robe  de  cour,  attendent  agenouillés  hors 
de  la  porte  du  Midi  *. 

A  la  porte  du  Midi  on  sonne  la  cloche  ;  les  princes , 
les  ducs,  suivant  le  char,  entrent  jusqu'au  pont 
intérieur  Kinchoei;  respectueusement,  ils  attendent 
que  l'Empereur  soit  rentré  dans  ses  appartements , 
puis  tous  se  retirent. 

'  Cest-à-dire  qu'ils  remportent  les  tablettes  où  les  Esprits  sont 
censés  se  poser  pendant  la  cérômonie. 

*  Du  palais  impérial  dans  la  ville  même. 


1.E  CULTE  IMPERIAL  EN   CHINE.  513 

DU   CULTE  AU  CIEL. 
SACRIFICE  PAR  DÉLÉGUÉ. 

En  raison  des  choses  (qu'on  doit)  annoncer  avec 
respect,  on  délègue  un  officier  pour  servir. 

\u  cinquième  coup  de  tambour,  la  Cour  des 
sacrifices  dresse  le  tabernacle  bleu  sur  l'élévation  cir- 
culaire; au  premier  chant  du  coq,  l'officier  délé- 
gué attend  en  dehors  de  la  porte  Tchao  hcng; 
les  directeurs  de  la  Cour  des  sacrifices,  conduisant 
les  personnages  voulus,  portent  avec  révérence  le 
siège  spirituel  de  l'Auguste  et  Céleste  Souverain 
Seigneur,  et  le  posent  dans  le  tabernacle.  Ils  placent 
une  pièce  de  soie ,  une  cruche  à  vin ,  trois  gardes , 
un  réchaud,  deux  escabeaux,  de  la  viande  de  cerf 
séchée  aux  herbes  comestibles ,  du  cerf  et  du  lièvre 
confits ,  cinq  espèces  de  fruits. 

On  ne  met  pas  de  récipients  à  viande  de  victimes , 
on  ne  joue  pas  de  musique. 

Deux  ministres  assistants  de  la  Cour  des  sacrifices , 
agissant  en  qualité  d'acolytes  cérémoniaires ,  condui- 
sant fofficiant  délégué,  entrent  par  la  porte  de 
droite  de  la  porte  Tchao  heng  ^  ;  passant  par  la  porte 
méridionale  de  droite  du  chœur,  ils  entrent  par  la 
porte  méridionale  de  droite  du  sanctuaire  et  vont 
se  placer  à  l'élévation  circulaire;  ils  montent  par 
l'escalier  de  l'Ouest  et  vont  jusqu'à  la  troisième  plate- 

'  Une  porte  monumentale  se  compose  de  trois  entn'ps. 
vm.  ■  .1'» 


514  NOVËMBRE-DKCËMKHK   1906. 

ibrmo ,  devant  le  siège  de  prosternation  qui  est  sur 
l'escaïier  du  Midi  ;  ils  se  placent  debout ,  tournés  au 
Nord. 

Le^  olTiciers  des  cérémonies  canoniques,  les  ofli- 
ciers  servants,  remplissent  chacun  leur  oflice. 

Nota.  Par  la  suite,  à  partir  du  moment  où  l'on  va  au- 
devant  de»  Esjirit^  jusqu'à  celui  où  l'on  va  yen  les  four- 
neaux, tous  les  odlci»'!-»;  Hf-  rprt*moni(";  rnnonique»  chantent 
en  chfL'ur. 

Les  cérémoniaires  conduisent  l'oHiciant  délégué, 
se  placent  au  siège  de  prosternation;  alors,  allant 
devant  les  Esprits,  le  thuriféraire,  portant  le  plateau 
d'encens,  s'avance;  les  cérémoniaires  montent  en- 
semble à  l'autel;  conduisant  l'olliciant  délégué,  ils 
passent  par  l'escalier  de  l'Ouest,  montent  jusque 
devant  la  table  à  encens  de  la  première  plate-lbrme. 

Le  thuriféraire  s'agenouille  et  porte  l'encens;  les 
cérémoniaires  s'agenouillent ,  l'oiliciant  délégué  s'age- 
nouille; ensemble,  ils  encensent.  L'oflicier  délégué 
met  l'encens  sur  l'encensoir,  puis  il  consomme  trois 
morceaux  d'encens;  ils  se  relèvent  et  retournent 
ensemble  à  leur  place.  Conduisant  l'oiliciant  délégué , 
ils  descendent  par  l'escalier  de  l'Ouest. 

Une  fois  retournés  à  leur  place,  ils  s'agenouillenl 
et  font  ensemble  une  prosternation,  puis  ils  se  re- 
lèvent. 

Nota.  Par  la  suite ,  poor  monter  à  l'autel ,  retourner  h  leur 
place,  accomplir  le  rite  (de  la  prosternation),  ils  le  font  en- 
semble. 


LE  CULTE  IMPERIAL  EN  CHINE.  515 

L'officiant  délégué  accomplit  le  rite  des  trois  age- 
nouillements et  des  neuf  prosternations:  alors  il 
offre  la  soie  et  accomplit  le  rite  de  la  première 
offrande. 

L'officier  porteur  de  la  soie  porte  le  panier;  l'of- 
ficier porteur  de  calice,  porte  de  la  même  manière 
le  calice,  puis  ils  s'avancent. 

L'officiant  délégué  monte  à  l'autel  et  va  se.  placer 
devant  le  siège  du  Souverain  Seigneur. 

L'ollicier  de  la  soie,  agenouillé,  tient  le  pani(;r. 
L'officiant  délégué  s'agenouille,  reçoit  le  panier, 
l'offre  en  le  posant  sur  la  table. 

L'officier  du  calice,  agenouillé,  offre  le  calice; 
l'officiant  délégué  reçoit  le  calice,  foffre  avec  révé- 
rence, fait  une  libation  juste  au  milieu  et  se  relève. 

Le  lecteur  des  prières  va  se  placer  devant  la  table 
des  prières,  s'agenouille  et  fait  trois  prosternations; 
il  prend  la  planche  des  prières,  s'agenouille  à  gauche 
de  la  tîible. 

Les  cérémoniaires ,  conduisant  l'officiant  délégué , 
passent  à  droite  de  f  escalier  du  Midi  de  la  première 
plate-forme  ;  ils  descendent  jusqu'au  siège  des  prières 
de  la  deuxième  plate-forme;  ils  s'agenouillent,  face 
au  Nord. 

Le  lecteur  lit  la  prière. 

Quand  il  a  fini ,  il  va  s'agenouiller  devant  le  siège 
de  l'Esprit,  pose  (la  planche  à  prière)  sur  la  table, 
fait  une  prosternation  comme  au  commencement 
et  se  retire. 

L'officiant  délégué  accomplit  le  rite  des  trois  pro- 


516  NOVEMBKE-UKCEMBRK    190G. 

sternations;  comme  auparavant,  il  descend  l'escalitT 
de  l'Ouest  et  retourne  à  sa  place. 

Ensuite  a  lieu  la  seconde  offrande,  on  faitla  liba- 
tion à  gauche;  ensuite  a  lieu  la  dernière  oilrande,  la 
libation  est  faite  h  droite. 

\jA  cérémonie  est  identique. 

Puis  a  lieu  l'envoi  aux  Ksprits. 

L'officiant  délégué  accomplit  le  rite  des  trois 
agenouillements ,  des  neuf  prosternations. 

Des  officiers,  portant  avec  révérence  la  planche 
d<'s  prières,  puis  la  soie,  puis  l'encens,  vont  au  lieu 
de  l'holocauste. 

L'officiant  délégué  s«"  tourne,  placé  debout  à 
l'ouest  de  son -siège,  le  visage  vers  l'Est,  il  attend 
(|ue  (prière,  soie,  encens)  soient  passés  et  se  remet 
en  place.  Conduit,  il  va  se  placer  en  dehors  de  la 
porte  méridionale  de  gauche  du  sanctuaire,  au  four- 
neau ,  et  se  place  tourné  vers  l'holocauste. 

On  l'avertit  que  le  rite  est  accx)mpli.  Il  sort  (alors) 
par  la  porte  méridionale  de  droite  du  chœur. 

Les  directeurs  de  la  Cour  des  sacrifices,  condui- 
sant les  personnes  sous  leur  direction ,  prient  respec- 
tueusement les  sièges  des  Esprits  et  les  remportent 
processioimellement. 

Tous  se  retirent. 


NUMISMATIQUE   DE   LA   PERSIDE.  517 


OBSERVATIONS 

SUR 

LA  NUMISMATIQUE  DE  LA  PERSIDE, 

PAR 

M.  ALLOUE  DE  LA  FUYE. 


L'histoire  de  la  Perse,  pendant  la  période  de  plus 
de  cinq  cents  ans  qui  est  comprise  entre  la  mort 
d'iVlexandre  et  l'avènement  de  la  dynastie  Sassanide , 
nous  est  presque  entièrement  inconnue  ;  nous  savons 
toutefois ,  par  le  témoignage  de  Strabon  ' ,  que  les 
Perses  ont  conservé  leur  autonomie  avec  des  rois 
d'abord  soumis  aux  Séleucides ,  ensuite  aux  Parthes  ; 
la  puissance  de  ces  rois  ne  s'étendait  d'ailleurs  que 
sur  un  territoire  restreint,  dont  les  limites  ne  dépas- 
saient guère  celles  de  la  Perside. 

Dès  le  siècle  dernier,  Pellerin,  suivi  par  Eckhel, 
a  pensé  que  ces  souverains  ont  eu  un  monnayage 
propre,  dont  il  a  cru  retrouver  quelques  spécimens; 
ses  attributions  étaient  erronées;  c'est  en  i83y  que 
Miilingen  a  fait  connaître  le  premier  une  monnaie 
de  la  Perside  de  l'époque  Arsacide,  et,  en  iSây,  que 
le  duc  de  Luynes  a  publié  dans  sa  Numismatique  des 

'  Straiîon,  1.  XV,  cliap.  m,  3  et  a/|. 


M6  NOVKMBBKDÉCEMBME   lOon. 

satrapies  une  tétradrachme Hii  même  pays,  frapp<^«'  \ 
l'époque  Séleucide  :  ii  l'attribuait  d'ailleurs,  non  sans 
quelque  hésitation,  à  un  satrape  de  Bartriane  anté- 
rieur h  Alexandre. 

Depuis  cette  époque  les  monnaies  de  la  Perside 
ont  donné  lieu  à  un  ^rand  nombre  de  travaux  dont 
je  donne  l'énumération  dans  l'élude  que  je  présente 
aujourd'hui  à  la  Société*. 

Dans  cette  longue  énumération ,  E.  Thomas  mé- 
rite une  mention  spéciale  :  dès  i85o,  il  attribue  à 
la  Perside  les  monnaies  de  l'époque  Paithe,  et  lit 
correctement  sur  l'une  d'elles  le  nom  d'Vrtaxercès; 
pour  les  monnaies  de  l'époque  Séleucide ,  H  est  moins 
heureux  et,  k  l'exemple  de  M.  Vaux,  il  méconnaît 
complètement  la  rontexture  de  la  légende;  du  nom 
du  souxerain  Bacnai,  il  lait  une  épithéte  Bacm  «le 
divin  » ,  et  dans  le  titre  PRaranaRA  zi  ALaïux ,  il  voit  un 
nom  de  roi,  cnraDaRAshio ,  qu'il  place  en  Arménie. 
Cette  lecture  malencontreuse  a  pesé  lourdement  sur 
les  études  qui  ont  suivi  :  c'est  le  \y  Lévy  qui  a  eu  le 
mérite  de  la  faire  disparaître;  son  mémoire  très  com- 
plet*, accompagné  d'excellentes  planches  pour  les- 
quelles il  a  pu  utiliser  les  richesses  de  la  collection 
de  JjUynes,  peut  être  considéré  comme  l'ouvrage 
fondamental  auquel  devront  se  reporter  les  numis- 
mates   désireux    d'approfondir    celte     intéressante 

'  Ktnde  sur  la  numismatKjiu  de  la  Perside  (reprinted  from  Co- 
rolla  numismatica .  Oiford,  1906). 

'  LÉVY,  Z.D,  M.  G.,  vol.  XXI  :  Beitrârje  zur  aramâiscken  M&nz- 
ka,nde  Eran't. 


NUMISMATIQUE   DK   LA   PERSIDE.  519 

numisiTiatiqup  :  ils  y  trouveront,  sinon  une  classi- 
fication complète,  tout  au  moins  une  discussion 
méthodique  des  propositions  antérieures  et  des 
modifications  apportées  par  l'auteur. 

Ces  modifications  sont  importantes  : 

Il  formule  nettement  fattiibution  à  la  Perse  des 
monnaies  des  deux  époques,  Parthe  et  Séleucide;  il 
reconnaît  que  l'écriture  des  monnaies  les  plus  an- 
ciennes est  araméenne,  et  rétablit  la  véritable  con- 
texture  de  la  légende  composée  du  nom  du  roi  suivi 
d'une  épithète  :  PRTKaRA  zi  alahia;  mais  l'interpréta- 
tion «  image  »  qu'il  donne  du  mot  PRTnaBA  en  le 
rapprochant  du  mot  araméen  patkara,  emprunté  au 
perse  achéménide  patikara,  n'est  pas  à  conserver. 
Pour  les  noms  de  roi,  il  propose  les  lectures  paTU- 
oanaT,  naRTaKhshaxR ,  paiiuBcRz  ;  la  première  est  mau- 
vaise, la  secondé  correcte,  et  la  dernière  ne  diffère 
que  bien  peu  de  la  véritable  lecture  vaHUBCRz. 

Les  derniers  travaux  d'ensemble  relatifs  à  ces 
monnaies  sont  ceux  deBlau  et  de  Mordtmann.  Ce  der- 
nier, dans  un  mémoire  de  iS-yô,  attribue  comme 
Lévy  les  deux  catégories  de  monnaies  à  la  Perside  et 
pense  qu'elles  ont  été  frappées  par  les  souverains 
d'une  même  dynastie  qui  aurait  régné  à  Istakhr  (  Per- 
sépolis).  Plus  hardi  que  Lévy,  il  établit  un  classe- 
ment chronologique  dans  lequel  il  fait  rentrer  toutes 
les  monnaies  qui  lui  sont  connues. 

Le  principe  même  du  système  de  Mordtmann  a 
été  vivement  attaqué  par  Blau ,  qui  se  refuse  à  ad- 
mettre qu'il  y  ait  eu  en  Perse  à  l'époque  Séleucide 


530  NOVEMBRK-DÉCEMBRE   190n. 

une  dynastie  assez  indépendante  pour  émettre  un 
monnayage  autonome;  dans  un  premier  mémoire, il 
propos»'  d'attribuer  les  monnaies  persépolitaines  de 
Mordtmann  À  des  souverains  de  l'EUymaïde  qui  au- 
raient réuni  les  pouvoirs  religieux  et  civils.  A  ces 
critiques,  Mordtmann  oppose  une  longue  réponse 
qui  lui  attire  une  réplique  des  plus  acerbes,  dans 
laquelle  Blau  qualifie  le  système  de  son  adversaire 
de  pure  invention  historique,  Geschicbtsnmcherei. 

Mjdgré  le»  critiques  parfois  justifiées  de  Blau,  le 
système  de  Mordtmann  a  été  généralement  admis, 
(*t  maintenant  encore  il  est  adopté  {K)ur  le  classe- 
ment des  collections  publiques  et  privées  :  il  est  donc 
nécessaire  de  le  faire  connaître;  nous  indiquerons 
ensuite  quels  sont  les  points  qui  nous  paraissent 
devoir  être  modifiés. 

Mordtmann  a  suivi  la  plupart  des  interprétations 
de  Lévy,  mais  il  voit  dans  fépithète  prtkra  un  titre 
auquel  il  attribue  un  sens  tel  que  •  créateur,  souve- 
rain »  ;  pour  la  fin  de  la  légende ,  au  lieu  de  zi  alahia  , 
il  lit  ZAG  ALAHIA ,  qu'il  traduit  par  «  de  race  divine  » , 
donnant  ainsi,  à  tort  suivant  nous,  à  zag  le  sens  de 
•  fils  »,  comme  il  fa  fait  précédemment  pour  zak  dans 
la  légende  des  monnaies  de  l'Elyniaïde,  qu'il  lit   : 

MaLkA  PeRHAD  ZAK   URLD. 

En  ce  qui  concerne  le  classement  chronologique , 
il  distingue  trois  périodes  : 

i"  Période  :  Monnaies  à  légendes  araméennes 
avec  le  titre  de  prtkra,  et  monnaies  anépigraphes; 


NUMISMATIQUE   DE   LA   PEUSIDE.  521 

—  sept  souverains  :  Bagakerl  T",  Bagoiaz  son  fils, 
Bagakert  II,  Artaxercrs  I",  Zalurdat  1"^  fils  de  Va- 
krad,  Narsès  fils  de  Zaturdat  I"  et  un  inconnu  X. 

2' Période  :  Monnaies  avec  le  titre  de  Malka,  pré- 
sentant au  revers  :  le  roi ,  le  temple  et  un  oiseau  sur 
une  colonne;  —  trois  souverains  :  Manavaz  I", 
Tiridat  I",  Zaturdat  IL 

3*  Période  :  Monnaies  de  types  variés,  les  revei's 
se  distinguant  des  monnaies  des  périodes  précé- 
dentes en  ce  que  l'on  n'y  voit  plus  figurer  le  temple; 

—  onze  souverains  :  Darius  I",  Artaxercès  II ,  Yezde- 
gerd  I",  Darius  II,  Y,  Z,  Minutscheher  I",  Minut- 
scheher  II,  Artaxercès  ïll,  Tiridat  II,  Papek. 

Entre  la  deuxième  et  la  troisième  période, 
Mordtmann  admet  une  lancune  dans  le  monnayage 
autonome  de  la  Perside ,  et  y  intercale  les  monnaies 
de  bronze  au  nom  d'Orode  et  de  Phraate ,  qui  auraient 
été  frappées  pour  cette  province  par  les  grands  rois 
Arsacides.  Il  suppose  que  la  première  période  com- 
'  mence  à  l'époque,  qu'il  ne  précise  pas,  où  les  Perses 
s'affranchirent  du  joug  des  Macédoniens,  et  qu'elle 
s'étend  jusque  vers  la  fin  du  règne  du  roi  des 
Parthes,  Mithridate  I",  i4o  av.  J.-C.  La  deuxième 
irait  de  cette  date  jusqu'à  l'année  3o  av.  J.-C.  La 
lacune  dans  le  monnayage  autonome  aurait  duré  de 
cette  dernière  année  jusqu'à  l'année  20  de  l'ère  chré- 
tienne. La  dernière  période  suivrait  et  s'étendrait 
jusqu'à  l'avènement  des  Sassanides,  en  2  2  3. 


5Î2  NOVEMBREDKCEMBRE    1906. 

Le  classement  de  Mordtinaiin  exige  de  très  nom- 
breuses modifications;  Giitschmid,  Jiisti  et  Drouin 
en  ont  fait  connaître  quelques-unes.  Mettant  à  profit 
leurs  travaux  et  m'appuyant  d'autre  part  sur  l'étude 
de  quelques  pièces  nouvelles  ou  mal  décrites,  j'ai 
pu,  dans  mon  Essai  sur  la  numisniatiifiic  de  la  Persùle, 
proposer  une  classification  très  dilTt-rente  de  celle 
de  Mordtmann  :  elle  concerne  principalement  les 
monnaies  de  ses  première  et  deuxième  périodes; 
quant  à  la  troisième ,  je  me  suis  borné  !\  l'effleurer, 
estimant  que  le^  documents  monétaires  qui  se  rap- 
portent à  la  fin  de  cette  période  sont  trop  peu  nom- 
breux pour  permettre  un  classement  complet. 

Voici  très  sunoinctement  la  classification  proposée 
et  les  principales  considérations  qui  me  paraissent 
de  nature  à  la  justifier. 

Dans  la  première  période  nous  rangeons  quatre 
souverains  :  Bagadate  I*,  Oborze,  Artaxercès  I", 
Autophradate  I*;  nous  laissons  parmi  les  incertaines 
plusieurs  monnaies  de  cette  période,  entre  autres 
celles  qui  ont  été  attribuées  à  Narsès. 

La  deuxième  période  comprend  trois  souverains  : 
un  inconnu,  puis  Darius  ï"  et  Autophnulate  IL 

Dans  la  troisième  période  je  mentionne  seule- 
n^nt  les  premiers  souverains ,  Darius  II ,  Artaxercès  II, 
Oxathrès,  dont  l'ordre  de  succession  paraît  assez 
bien  établi. 

Les  monnaies  de  la  première  période  se  distin- 
guent de  celles  des  deux  autres  par  trois  caractères  : 


NUMISMATIQUE    DK   LA    PERSIDE.  523 

i"  La  coiffure  da  souverain,  sorte  dn  mitre,  avec 
ou  sans  mentonnière,  analogue  à  celles  qui  se  voient 
sur  les  monnaies  de  certains  satrapes  d'Asie  Mineure 
et  d'Arménie;  nous  la  désignerons  sous  le  nom  de 
«  coiffure  satrapale  ».  Dans  la  deuxième  période  nous 
trouvons,  avec  Darius  l"^,  un  casque  plat  surmonté 
d'un  croissant  ou  d'un  aigle  et  prolongé  en  arrière 
par  une  sorte  de  couvre-nuque.  Le  dernier  souverain 
de  la  deuxième  période,  Autophradate  II ,  a  la  tête 
nue  ceinte  d'un  diadème  et  paraît  vêtu  du  costume 
parthe ,  comme  le  sont  d'ailleurs  la  plupart  des  sou- 
verains de  la  période  suivante. 

2°  L'écriture  des  légendes  :  d'abord  très  régulière , 
presque  identique  à  l'écriture  araméenne  des  satrapes 
d'Asie  Mineure ,  elle  s'altère  progressivement  et  de- 
vient parfois  inintelligible  sur  les  monnaies  des  der- 
niers souverains  de  la  première  période.  Celles  des 
.premiers]  de  la  deuxième  période  sont  souvent  anépi- 
grapbes  ;  ensuite  on  voit  reparaître  de  courtes  légendes 
aux  noms  de  Darius  P""  et  d' Autophradate  II;  l'écri- 
ture en  est  très  négligée ,  un  grand  nombre  de  lettres 
sont  confondues  et  réduites  à  un  seul  jambage  ver- 
tical. Au  commencement  de  la  période  suivante, 
sous  Darius  II  et  Artaxercès  II,  l'écriture  reprend 
une  certaine  régularité  et  présente  des  formes  inter- 
médiaires entre  celles  du  chalda^o-peblvi  et  du  peblvi- 
sassanide  :  c'est  cette  écriture  de  transition  que  Ton 
peut  avec  quelque  raison  appeler  proto-pehlvie. 

3°  Le  titre  porté  par  le  souverain.  Les  souverains 


524  NOVEMBRE-DECEMBRE    lOOfi. 

des  deuxième  et  troisième  périodes  prennent  le 
titre  de  Mar.RA,  «roi»;  ceux  de  la  première  ne  le 
portent  jamais  et  s'intitulent  prtdra  zi  ALaiiiA,  déno- 
mination dont  la  lecture  et  l'interprétation  sont  très 
controversées;  dans  l'écriture  araméenne  de  la  Per- 
side  comme  dans  celle  des  satrapes  d'Asie  Mineure, 
les  lettres  n,  k,  r  sont  presque  identiques,  le  mot 
PRTDRA  est  donc  susceptible  d'un  grand  nombre  de 
lectures,  .lusti  le  lit  KRaTakahA  ou  KHaTaDanA  «  qui 
produit  la  llamme  »  ou  «  qui  conserve  la  flamme  », 
d'une  racine  fra  qui  entrerait  aussi  dans  la  composi- 
tion des  noms  perses  lùatapherne ,  Fratagunc.  J'avais 
pensé  de  mon  côté  au  zend  perctu  «  chemin ,  pont  » , 
qui ,  combiné  avec  la  racine  kar  «  faire  »,  reproduit 
exactement  la  composition  du  n\ol  pontifex ; ^v  n'avais 
pas  attaché  d'abord  grande  importance  à  ce  rappro- 
ehement,  je  dois  noter  néanmoins,  d'après  M.  Victor 
Henry,  que  l'on  trouve  dans  les  Védas  une  épithète 
pathikrt  «  qui  fait  le  chemin  »,  spécifiquement  appli- 
quée aux  grands  sages  mythiques,  aux  prêtres  qui 
inventèrent  le  sacrifice. 

Qu'on  admette  cette  interprétation  ou  celle  de 
Justi,  on  peut  s'étonner  de  voir  ces  dynastes  perses 
prendre  un  titre  purement  religieux ,  alors  que  leurs 
successeurs  portent  celui  de  malka,  et  que  les  Sassa- 
nides  ne  manquent  jamais  de  joindre  à  l'épithète 
religieuse  de  Mazdayasn,  celle  de  Malkan  malka.  ïl 
semble  donc  assez  naturel  de  chercher  dans  prtdra, 
comme  l'a  fait  Mordtmann ,  un  titre  faisant  allusion 
là  l'autorité  du  souverain.   Dans  cet  ordre  d'idées 


NUMISMATIQLE   J)K    LA    PKIIS I  l)i:.  525 

M.BIocliet  m'a  suggéré  qu'on  pourrait  v  chercher I  a 
racine  PRih ,  qui  a  donné  en  sanscrit  prikivi  «  terre  >»  ; 
en  lisant  PRaraDaR  et  en  donnant  à  PRaia  le  sens 
de  «  terre ,  monde  » ,  on  aurait  un  mol  :  «  possesseur, 
conservateur  du  monde  » ,  présentant  un  sens  très 
admissible;  les  rois  Achéménides  se  disent  Khsha- 
yathiya  aliyaya  hiimiya  vazrakaya  «  roi  de  cette  vaste 
terre  » ,  et  bien  des  souverains  orientaux  ont  adopté 
des  titres  analogues  à  diverses  époques.  L'hypothèse 
de  M.  Blochet  n'a  donc  rien  que  de  très  plausible , 
et  l'on  peut ,  sans  donner  la  traduction  définitive  du 
mot,  adopter  la  transcription  PRaïaDaR;  le  zi  ALauiA 
qui  suit  serait  l'analogue  du  bagi  «  divin  »  qui ,  appa- 
raît constamment  sur  les  monnaies  Sassanides. 

Les  trois  caractères  que  nous  venons  d'examiner 
nous  permettent  de  répartir  les  souverains  en  trois 
périodes  qui  coïncident  à  peu  près  avec  celles  de 
Mordtmann  ;  mais  l'intercalation  qu'il  veut  faire ,  entre 
la  deuxième  et  la  troisième ,  de  monnaies  de  bronze 
aux  noms  d'Orode  et  de  Phraate  est  à  rejeter  catégo- 
riquement :  ces  monnaies ,  qui  n'ont  aucun  rapport 
avec  celles  de  la  Perside,  appartiennent  à  l'Elymaïde. 

11  nous  reste  à  justifier  la  substitution  des  noms 
deBagadate,  Autophradate ,  Darius  1",  à  ceux  de  Ba- 
goraz,  Zatourdat,  Manavaz,  de  Mordtmann  ;  l'intro- 
duction de  ceux  d'Oborze,  et  d'Oxathrès  et  la  suppres- 
sion de  ceux  de  Bagakert  de  Narsès ,  et  de  Tiridat  I". 

Bagadate.  —  Nous  lisons  BacDar  et  non  bbooraz  , 
sur  notre  drachme  n"  i ,  d'une  conservation  parfaite; 


52fl  xNOVEMbHt-DKtiiiMBUE    1900. 

le  T  Hnal,  qui  sur  d'autres  exemplaires  est  réduit  h 
un  jambage  unique  et  peut  être  confondu  ave<*  un  i, 
est  purfaitement  formé  et  sa  valeui'  est  iodiscutabie; 
on  ne  peut  donc  hésiter  pour  le  nom  du  souverain 
qu'entre  les  deux  lectures  eacRaT  et  Baouai.  Ce  der- 
nier n«)m  est  excessivement  répandu  en  Persi;  à 
l'époque  Achéménide;  nous  n'hésitons  pas  à  l'adop- 
ter et  nous  faisons  de  Bagadate  le  premier  roi  de  la 
série  persépotitaine ,  auquel  nous  attribuons  notiT 
drachme  n°  i  »'t  celle,  de  la  collection  V\  addington , 
ainsi  que  trois  tétradrachnies  du  Hrilisb  Muséum  que 
Mordtmann  répartit  ejitre  Baf2;oraz  et  Bagakert  11. 
De  toutes  ces  pièces ,  notre  drachme  porte  seule  la 
légende  complète  : 

à  droite  :  bgdt  prtura      Bagadate  praiadar 

â  gauche  :  zi  ai.ria  le  divin 

en    bas    :  imîkrt(?)  {(Hs  de)  Bagokerf 

Le  nom  de  Biigakert  est  d'une  lectui'e  ambiguë  ; 
on  pourrait  tout  aussi  bien  lire  BaGODar,  dans  lequel 
se  retrouverait  peut-être  le  nom  si  répandu  de 
tiaifoas,  bayâasy  qui  d'après  M.  Nôldeke  ne  serait 
qu'une  forme  contractée.  Bagakert  n'a  pas  encore 
été  rencontré  parmi  les  noms  de  la  période  Aché- 
ménide,  c'est  pourquoi  nous  ne  l'enregistrons 
(pi'avec  une  certaine  hésitation  parmi  les  noms 
d'Autophradate ,  Darius,  Artaxercès,  Oxathrès.  On 
doit  remarquer,  dans  tous  les  cas,  sa  position  à  la 
fin  delà  légende;  si,  comme  on  le  fait  généralement, 
on  traduit  «  (fils  de)  Bagakert  ».  c'est  là,  au  poinl  (!<• 


NUMISMATIQUE    DE   LA   PERSIDE.  527 

vue  de  la  grammaire  araméenne,  qui  exigerait  l'emploi 
du  mot  bar,  une  anomalie  (|ui  semble  indiquer  une 
inlluence  heiiénique. 

Tout  en  admettant  dubitativement  l'existence 
d'un  Bagakert  père  de  Bagadate,  nous  ne  lui  recon- 
naissons aucune  monnaie  certaine;  la  drachme  mal 
conservée  et  de  légende  incomplète ,  que  lui  attribue 
Mordtmann,  est  pour  nous  une  drachme  de  Baga- 
date plus  ou  moins  défigurée  ;  nous  supprimons  donc 
de  la  suite  des  souverains  de  la  Perside  Bagakert  I" 
aussi  bien  que  Bagakert  IL 

Autophradate.  —  MM.  Justi  et  Drouin  se  sont 
rencontrés  pour  substituer  au  nom  de  Zaturdat  celui 
d'Autophradate.  La  lecture  vaiaFRauar  au  lieu  de 
zaruBDai:  est  épigraphiquement  parfaitement  justi- 
fiée :  la  première. lettre  a  exactement  la  forme  du 
vav  araméen  des  satrapes  d'Asie  Mineure;  par 
contre  la  troisième  se  distingue  nettement  du  vav  par 
la  forme  recourbée  de  sa  tête ,  c'est  un  phé.  Le  nom 
bien  connu  d'Autophradate  vient  donc  très  avanta- 
geusement remplacer  cel  ui  de  Zatourdat. 

Ohorze.  —  Mordtmaim  a  confondu,  dans  la 
même  lecture  zaïURoar,  deux  noms  différents  : 
vaiaFRaDaT  et  vanuBURz.  C'est  encore  à  M.  Justi  que 
revient  le  mérite  de  la  lecture  vaHUBURz,  oii  il 
retrouve  le  nom  du  satrape  de  la  Perside,  Oborze, 
Ù^ép^os,  cité  par  Polyen^;  il  croit  pouvoir,  en  com- 

'  StrateçjenKitnn  lihri  VllI,  éd.  E.  Wôltlîin.  liv.  VII,  S  \o. 


518  NOVEMBRE-DÉCEMBRE    1906. 

binant  les  textes  des  p.iragraphes  Sg  et  Ao  <le  cet 
auteur,  conclure  qu'Obor/e  /«tait  rontemj)()rain  H'An- 
tiochus  1";  mais  le  fait  ne  nous  paraît  nullement 
démontré,  et  nous  pensons  que  ce  satrape  a  vécu  à 
une  époque  où  l'autorité  des  rois  Séieucides  était 
considérablement  affaiblie. 

Darius  P',  Manavaz.  —  Dans  la  deuxième  pé- 
riode ,  à  la  lecture  MaNavaz  de  Mordtmann ,  nous 
substituons  DARiav.  A  cette  époque  pres(|ue  toutes 
le^  lettres  se  confondent  ;  a  et  m  font  exception  et  ont 
rtmservé  h  peu  près  leurs  formes  araméennes;  assez 
analogues  entre  elles ,  elles  sont  distinctes  néanmoins  : 
l'extrémité  gauche  de  la  lettre  est  relevée  dans  !<• 
«j/m,  elle  est  au  contraire  recourbée  vers  le  bas  dans 
Valeph.  Le  m  de  Mordtmann  est  en  réalité  un  a, 
quant  aux  trois  lettres  m  ,  n  ,  z  réduites  à  un  jambage 
unique,  elles  se  lis<»nt  aussi  bien  r  ,  i ,  v,  ce  qui  donne 
la  fin  du  mot  DARiav.  Le  d  initial,  qui  manquait  sur 
les  exemplaires  étudiés  par  Mordtmann,  existe 
réduit  à  un  seul  trait  vertical  sur  les  n"*  A  4  et  65  de 
notre  description.  La  lecture  DARiav,  Darius,  nous 
paraît  certaine;  il  suffit  pour  s'en  convaincre  de  com- 
parer les  légendes  des  n"  A  4  et  A  5  à  celle  de  la 
drachme  n"  6o  de  Darius  II,  dans  laquelle  le  d  initial 
affecte  une  forme  allongée  ondulée,  caractéristique 
de  la  forme  bien  connue  du  d  pehlvi. 

Tiridat,  Narsès.  —  Le  Tiridat  1*'  de  Mordtmann 
n'existe  pas  plus  que  son  Manavaz;  la  légende  qui 


NUMISMATIQUE  DE  LA  PERSIDE.  â29 

lui  a  donné  naissance  est  une  légende  corrompue  et 
tronquée  d'Autophradate  II.  Quant  à  Narsès  qui  clôt 
sa  première  période,  son  existence  est  très  problé- 
matique :  sur  les  onze  monnaies  que  Mordtmann  lui 
attribue,  il  ne  donne  en  fac-similé  que  deux  légendes. 
La  première,  celle  de  notre  n"  23,  est  le  résultat 
d'une  erreur  manifeste  :  le  savant  numismate  ne  s'est 
pas  aperçu  que  la  monnaie  portait  des  traces  d'une 
légende  antérieure ,  et  il  a  amalgamé  les  légendes  ap- 
partenant à  deux  pièces  différentes,  lisant  NaRsaii  la 
lin  laoaRA  du  titre  PRToaRA.  Quant  à  la  deuxième, 
notre  n°  26,  la  légende  est  barbare  et  la  lecture 
plus  que  douteuse.  En  voilà  plus  qu'il  n'en  faut 
pour  faire  suspecter  le  nom  de  Narsès.  Je  laisse  parmi 
les  incertaines  une  partie  des  pièces  qui  lui  étaient 
données;  je  serais  tenté  de  lire  sur  quelques-unes 
le  nom  d'un  Bagadate  II,  qui  aurait  été  fds  d'Auto- 
phradate I";  je  place  également  dans  cette  catégorie 
deux  tétradrachmes  de  ma  collection ,  sur  l'une  des- 
quelles je  crois  lire  le  nom  d'ALTsaNT  qui  pourrait 
peut-être  se  rapporter  au  satrape  de  Perside, 
Alexandre-,  frère  du  puissant  satrape  de  Médie, 
Molon ,  qui  se  révolta  contre  Antiochus  III. 

Oxathrès.  —  Dans  la  troisième  période  on  attri- 
bue généralement  à  Artaxercès  II ,  fds  de  Darius  II , 
des  drachmes  qui  présentent  des  effigies  assez  diffé- 
rentes. Les  légendes  me  paraissent  distinctes ,  et  sur 
le  n°  69  je  lis  vaHUKhshaTR  qui  correspond  à  Oxa- 
thrès. Ce  prince  s'intitule  fds  de  Darius,  et  doit 
VIII.  35 


530  NOVEMBREDÉCEMBRE    1906. 

être  frère  d'Artaxercès  II,  dont  l'pffîgie  présente  avec 
la  sienne  des  rapports  assez  frappants  pour  (ju'on 
les  ait  confondus. 

J'an^te  ici  ma  discussion,  renvoyant  pour  pius  de 
détails  à  mon  Essai  sar  la  numismatique  de  la  Persidr. 
Je  me  bornerai  en  terminant  à  insister  sur  les  points 
suivants  : 

1°  Toutes  les  monnaies  décrites  par  Mordtniann , 
h  l'exception  des  bronzes  de  l'Elymaïde,  appartiennent 
bien  à  une  mAme  dynastie  qui  a  régné  en  l^erside  : 
la  persistance  des  noms  Arhéménides,  tels  (jue  Baga- 
date,  Autophradate ,  Darius,  Artaxercès,  tout  aussi 
bien  que  la  continuité  dans  les  types  de  revers,  où 
l'on  voit  le  temple,  qui  figure  dès  f origine  du 
monnayage,  se  modifier  petit  à  petit  et  persister  jus- 
qu'à la  fm  de  la  deuxième  période ,  suffisent  à  faire 
présumer  des  traditions  dynastiques.  Cette  dynastie, 
que  Ton  pourrait  appeler  la  dynastie  des  Baqdutides, 
a  régné,  sinon  à  Persépolis  (Istakbr),  du  moins 
en  Perside  :  le  fait  que  les  monnaies  des  deuxième 
et  troisième  périodes  se  trouvent  constamment  à 
Chiraz,  est  un  renseignement  positif  à  cet  égard. 

2"  A  quelle  époque  faut-il  placer  les  monnaies 
de  la  première  période.^  Souvent  elles  sont  frappées 
sur  des  monnaies  dVVlexandre  ou  des  premiers  rois 
Séleucides;  c'est  là  une  première  indication. 
J'ajoute  qu'il  n'est  pas  probable ,  malgré  fanaiogie  de 
récriture  avec  celle  des  satrapes  contemporains 
d'Alexandre,  que  le  premier  souverain,  Bagadate,  ail 


NUMISMATIQUE  DE   LA   PERSIDE.  531 

frappé  monnaie  immédiatement  après  la  mort  du 
conquérant  macédonien ,  car  son  nom  ne  figure  pas 
parmi  ceux  des  satrapes  qui  ont  gouverné  ia  Perside 
à  cette  époque.  Il  est  plus  probable  que  le  commen- 
cement des  émissions  des  monnaies  de  la  Perside  est 
postérieur  au  règne  d'Antiochus  II;  peut-être  même 
faut-il  le  fixer  à  la  lin  du  règne  d'Antiochus  III. 
C'est  vraisemblablement  vers  le  milieu  du  règne  de 
Mithridate  ?',  roi  des  Parthes,  que  finit  la  première 
période,  dont  la  durée  assez  courte  expliquerait  la 
rareté  des  monnaies  correspondantes.  La  conquête 
de  la  Perside  par  Mithridate  P""  aurait  eu  lieu  sous  le 
règne  de  Darius  P'.  Ce  qu'il  y  a  de  certain  c'est  que 
sous  son  successeur  Autophradate  II,  l'influence 
Arsacide  est  indéniable,  puisque  l'effigie  ou  tout  au 
moins  le  costume  est  visiblement  inspiré  des  mon- 
naies attribuées  par  Gardner  à  Mithridate  I",  par 
Warwich  Wroth  à  Mithridate  II. 

A  Autophradate  II  succéda  son  fils  Darius  II;  à 
celui-ci,  Artaxercès  II.  On  admet  généralement,  et 
c'est  l'opinion  de  Gutschmid,  que  le  souverain  est 
celui  dont  parle  Lucien  dans  ses  Macrohioi.  D'après 
le  texte  de  Lucien,  Isidore  de  Charax,  qui  vivait 
vers  l'origine  de  fère  chrétienne,  parle  d'un  roi  de 
Perse,  Artaxercès,  qu'ont  connu  ses  parents  et  qui 
pourrait  avoir  vécu  vers  le  milieu  du  siècle  qui  a 
précédé  notre  ère.  C'est  là  un  point  de  repère,  un 
peu  vague  il  est  vrai,  dans  cette  chronologie  encore 
si  incertaine  de  ces  souverains  qui  sont  restés 
presque  inconnus  à  l'histoire. 

35. 


NOTICE  SUR  UN  MANUSCRIT  SIAMOIS.      533 

NOTICE 

SUR  UN  MANUSCRIT  SIAMOIS 

CONTENATSÏ  LA    RELATION  DE  DEUX  MISSIONS  RELIGIEUSES 

ENVOYÉES 

DE  SIAM  A  CEYLAN  AU  MILIEU  DU  XVIII»  SIECLE, 

PAR 

M.  E.  LORGEOU. 


On  m'a  communiqué  récemment  trois  manu- 
scrits siamois  qui  se  trouvaient  depuis  longtemps  en 
France,  mais  qui  n'avaient  pas  encore  été  étudiés'. 
L'un  d'entre  eux,  celui  qui  sera  l'objet  de  cette 
notice ,  me  paraît  présenter  un  intérêt  particulier. 

11  porte  en  tête  de  la  première  page  la  mention 
suivante  : 

1     II  — 

Le  mercredi,  cinquième  jour  de  la  lune  croissante  du  cin- 
quième mois,  l'an  1 176  de  la  Petite  Ere,  année  du  Chien, 
sixième  de  la   période  décadaire  (mai  i8i4),  cette   rela- 

^  Ces  manuscrits  appartiennent  à  M.  le  Docteur  Bottentuil  ; 
c'est  à  son  obligeance  que  j'en  dois  la  couimunication. 

Ils  sont  tous  les  trois,  suivant  l'usage  traditionnel  siamois,  en 
grands  caractères,  sur  un  papier  carton  qui  forme  une  longue 
bande  continue  repli«'e  en  feuillets. 


534  NOVEMBRK-DÉGKMBRE   1906. 

tion  de  Ceylan  a  été  ropiée  sur  un  exemplaire  en  l'euillcs  de 
palmier  appartenant  à  Sa  Grâce  le  Chef  du  corps  des  reli- 
gieux, de  la  pagode  Ràxa})ànnârâm  (Royale  retraite  de 
l'abondance),  exemplaire  d'ailleurs  extrêmement  incorrect. 
La  copie  a  été  terminée  le  samedi,  neuvième  jour  de  la 
même  période  da  même  mois. 

Ce  n*e8t  donc  pas  une  grande  ancienneté  qui 
rend  ce  manuscrit  remarquable  ;  on  ne  peut  dire 
non  plus  qu'il  le  soit  par  sa  corn'ction,  car,  bien  que 
le  copiste  fasse  preuve  d'habileté  dans  la  connais- 
sance de  sa  langue,  et  cpi'en  signalant  les  fautes  de 
l'original  il  ait,  pour  ainsi  dire,  pris  l'engagement 
de  les  faire  disparaître ,  il  faut  avouer  qu'il  en  a  laissé 
passer  un  assez  grand  nombre ,  surtout  sans  l'ortho- 
graphe des  mots  d'origine  étrangèi'e. 

Mais  îe  texte  encore  inédit,  et  probablement  peu 
connu  même  à  Siam,  fournit  des  renseignements 
nouveaux  sur  la  situation  religieuse  de  Ceyian  au 
XVIII*  siècle;  il  se  recommande  donc  à  ce  point  de 
vue  à  l'attention  des  Orientalistes  qui  s'occupent 
de  l'histoire  moderne  du  Bouddhisme.  A  un  autre 
point  de  vue,  il  |X)ssède  des  qualités  de  narration, 
la  netteté,  avec  une  grande  abondance  de  détails 
d'ur)e  physionomie  animé,  qui  en  rendent  la  lec- 
turé  très  attrayante,  et  qui  font,  si  je  ne  m'abuse, 
honneur  au  talent  d'écrivain  de  l'auteur.  Il  est  aisé 
de  reconnaître  que  celui-ci  a  vu  lui-même  la  plupart 
des  choses  qu'il  raconte  ou  qu'il  a  pu  du  moins  s'en 
instruire  par  des  témoignages  directs.  Afin  de 
donner  une  idée  de  sa  manière ^  j'ai  traduit  littéra- 


NOTICE   SUR   UN   MANUSCRIT  SIAMOIS.      535 

lement  la  description  d'un  naufrage  sur  la  côte,  de 
Ceyian;  on  trouvera  ce  fragment  inséré  à  sa  place 
dans  l'analyse  du  reste  de  la  composition. 

Le  sujet  de  l'ouvrage  est  insuffisamment  indiqué 
dans  la  note  que  j'ai  citée  ci-dessus;  c'est  en  réalité 
l'histoire  de  deux  missions  siamoises  envoyées  à  Cey- 
ian  dans  le  but  d'y  restaurer  la  religion  bouddhique, 
et  plus  spécialement  celle  de  la  seconde  mission 
jusqu'à  son  arrivée  dans  file. 

L'auteur  rattach(^  son  récit  à  l'éloge  du  roi  de 
Siam,  qu'il  appelle  Phra:  Soiig  tbam  (le  soutien  de  la 
loi  sacrée),  mais  qui  est  plus  connu  sous  son  nom 
olFiciei  de  Phra:  Boromaraxâthirat  (le  suprême  roi 
des  rois),  ou  par  le  surnom  populaire  qui  lui  fut 
donné  après  sa  mort  de  Phra: Boromakôt  (le  roi  dans 
l'urne  ou  le  feu  roi). 

Ce  prince  régna  de  171 3  à  lySS.  Ses  deux  pré- 
décesseurs immédiats  (l'un  était  son  père,  l'autre  son 
frère  aîné)  s'étaient  fait  remarquer  par  un  caractère 
violent  et  par  des  pratiques  que  la  religion  con- 
damne, notamment  la  chasse  et  la  pêche.  Le  nou- 
veau roi  suivit  des  voies  toutes  différentes;  en  même 
temps  cpi'il  travaillait  à  assurer  le  bonheur  de  son 
peuple,  il  se  montrait  le  zélé  protecteur  de  la  reli- 
gion et  le  scrupuleux  observateur  de  tout  ce  qu'elle 
prescrit.  Une  anecdote  que  le  narrateur  place  au 
début  de  son  règne  et  que  les  autres  historiens  ne 
mentionnent  pas,  montre  de  quel  esprit  ce  prince 
était  animé.  A  la  mort  de  son  frère,  le  trône  lui  fut 


33G  NOVEMBRE-DECEMBRE    1006. 

disputé  par  son  noveu,  fils  du  feu  roi,  le  (jhao  Aphai 
(prince  à  l'abri  des  revers),  qui  avait  même  réussi  à 
s'emparer  du  trône,  malgré  lopposition  du  peuple 
et  des  mandarins.  Pour  lui,  il  se  refusait  à  engager 
une  lutte  meurtrière,  quoique,  ayant  sous  la  main 
des  forces  importantes,  il  eût  pu  se  promettre  de  le 
faire  avec  avantage,  et  qu'il  fût  d'ailleurs  certain  de 
ses  droits,  il  se  retira  donc  dans  une  pagode,  avec 
l'intention  d'y  vivre  en  paix  et  de  consacrer  ses  jours 
aux  soins  du  culte.  Mais,  dans  le  cours  de  la  nuit, 
voici  qu'il  se  voit  en  songe  prosterné  devant  les 
images  du  Bouddha ,  et  toutes  ces  images  ouvraient 
«loucenient  la  bouche  comme  pour  lui  sourire.  Celle 
qui  occupait  la  place  principale  lui  dit  alors  :  «  C}ue 
désires-lu?»  11  répond  :  «Le  pouvoir  royal»,  et  le 
Bouddha  reprend  :  ■  Que  ton  vœu  s'accomplisse  !  » 
Sur  cette  assurance,  il  retourne  à  son  palais,  le  met 
en  état  de  défense,  et,  vainqueur  après  ([uelques 
journées  de  guerre  ci>ile,  il  monte  sur  le  trône  aux 
applaudissements  de  la  population  entière. 

Parmi  les  preuves  que  le  roi  Phra:  Soriff  tham 
donna  de  sa  piété,  on  doit  signaler  en  première  ligne 
le  concours  qu'il  apporta  au  rétablissement  de  j:i 
religion  bouddhique  à  Oylan. 

A  la  suite  de  l'occupation  de  l'ile  par  les  Farniuf 
ou  Fluropéens,  c'est-à-dire  ici  par  les  Portugais,  les 
institutions  religieuses  y  avaient  été  ruinées  de  fond 
en  comble.  Les  temples  et  les  stùpa  avaient  été 
détruits;  le  corps  monastique  n'existait  plus.  C'est  à 
peine  si  les  Singhalais  avaient  pu  mettre  en  sûreté. 


NOTICE   SUR   UN   MANUSCRIT   SIAMOIS.      537 

eu  ia  cachant  dans  les  lieux  les  plus  déserts,  leur 
précieuse  relique,  la  dent  du  Bouddha. 

Cependant,  après  plusieurs  années  de  misère  et 
d'abjection,  les  peuples  de  l'île  soutenus  par  les 
Hollandais  parviennent  à  reconquérir  leur  indépen- 
dance, et  tuent  jusqu'au  dernier  de  leurs  envahis- 
seurs. A  ces  événements  succède  une  longue  période 
de  prospérité  ;  quatre  générations  de  rois  se  suivent 
sur  le  trône  qui  est  enfin  occupé  par  Narai  Singitô. 
Ce  prince  entreprend  de  reconstituer  l'ordre  monas- 
tique ;  il  fait  venir  de  La:  Kho'iig,  Ktat  du  Xomplm 
thawip,  un  groupe  de  vingt  religieux  qui  donnent 
l'habit  à  une  foule  de  Siiighalais,  mais  sans  se  con- 
former aux  rites  du  Kammawâchâ;  ils  recevaient  les 
postulants  par  masses,  deux  ou  trois  cents  à  la  fois, 
et  se  contentaient  de  leur  faire  réciter  les  trois  snra- 
nang  gachshami,  ce  qui  rendait  l'ordination  nulle. 
D'ailleurs,  ces  premiers  missionnaires  furent  bienlôt 
décimés  parla  maladie;  les  uns  moururent,  les  autres 
retournèrent  dans  leur  pays.  Lorsqu'ils  eurent  dis- 
paru, leur  œuvre  se  trouva  anéantie. 

Peu  de  temps  après,  un  étranger  était  déposé  sur 
la  côte  de  Ceylan  par  un  navire  hollandais;  il  déclaia 
qu'il  appartenait  au  corps  des  religieux  bouddhistes  : 
on  le  crut,  quoique  dépouillé  de  la  plupart  des 
insignes  de  sa  profession,  et  en  effet  il  disait  la 
vérité.  C'était  un  prince  péguan  qui  s'était  trouvé 
enveloppé  dans  une  conspiration,  et  qui,  pour 
échapper  à  la  mort,  s'était  réfugié  dans  un  monas- 
tère où  il  avait  pris  l'habit  religieux.  Banni  par  ordre 


r)3.S  NOVEMBRE-DÉCEMBRE    1906. 

du  roi,  et  jeté  de  force  sur  un  navire  hollandais,  il 
avait  demandé  qu'on  le  débarquât  à  Ceylan,  ce  qui 
lui  fut  accordé.  Plusieurs  habitants  se  présentèrent 
à  lui  pour  être  ordonnés  :  il  leur  déclara  qu'il  ne 
pouvait  à  lui  seul  accomplir  la  cérémonie  de  l'ordi- 
nation ,  et  il  conseilla  au  roi  Nanti  Sinqhô  de  deman- 
der au  Pégou  une  dizaine  tl'aulres  religieux.  Portée 
ù  Hongsawadi,  cette  demande  fut  repoussée.  Alors 
le  roi  se  tourna  de  nouveau  du  côté  de  La:  KliO'ng, 
où  il  n'eut  pas  plus  de  succès.  Sur  ces  entrelaites, 
des  navigateui-s  hollandais  qui  se  trouvaient  dans  la 
capitale  informèrent  le  roi  qu'ils  avaient  vu  à  Siam 
une  grande  quantité  de  ces  hommes  vêtus  de  jaune , 
et  portant  la  marmite  en  bandoulière;  Narai  Siinj- 
hà,  qui  tenait  à  son  projet,  prit  immédiatement  le 
parti  d'envoyer  une  ambassade  au  roi  de  Siam. 
Mais  ce  prince  refusa  d'abord  de  reconnaître  la 
qualité  des  envoyés  singhalais;  il  fallait  que  le  roi  de 
Ceylan  lui  adressât  une  lettre  oHicielle ,  accompagnée 
de  présents  d'un  canictère  royal  :  c'était  à  cette 
époque  et  dans  ces  pays  la  seule  manière  admise 
d'accréditer  des  ambassadeurs.  Enfm,  les  difficultés 
s'aplanissent;  le  roi  Phra:  Snnff  tham  désigne  dix 
religieux  et  vingt  novices  qui  consentent  à  répondre 
à  l'appel  des  Singhalais.  La  mission  s'embarque  sur 
un  navire  hollandais,  et  le  départ  a  lieu  en  lySa, 
au  mois  d'août  ou  de  septembre. 

Cependant,  ce  voyage  heureusement  commencé 
fut  bientôt  interrompu  par  un  accident  de  mer;  le 
navire  faisant  eau  et  près  de  couler  fiit  obligé  de 


NOTICE   SDR    UN   MANUSCRIT   SIAMOIS.      539 

relâcher  à  Liffor  pour  se  réparer,  et  le  roi  de  Siam 
rappela  ses  sujets  à  Ayiitkaya.  Ils  se  remirent  en 
route  l'année  suivante,  et  cette  fois,  après  un  trans- 
bordement k  Yaikatra,  arrivèrent  heureusement  à 
Kutanomali ,  port  de  Ceylan,  d'où  on  les  conduisit 
à  la  capitale.  Cette  petite  troupe  de  religieux  siamois 
fut  reçue  avec  une  joie  incroyable  par  la  population 
singhalaise ,  et  le  roi  invita  ses  sujets  à  se  faire  ordon- 
ner. Mais  le  système  des  castes  était  alors  en  vigueur 
à  Ceylan,  et,  par  un  oubli  extraordinaire  des  prin- 
cipes essentiels  de  la  doctrine  du  Bouddhisme,  cer- 
taines classes  et  professions  furent  exclues  de  l'hon- 
neur de  la  profession  monastique  :  tels  étaient  les 
tisserands ,  les  orfèvres ,  les  forgerons ,  les  chaudron- 
niers, les  tailleurs,  les  faiseurs  de  nattes,  les  blan- 
chisseurs, les  sonneurs  de  caisse,  les  joueurs  de  flûte 
et  les  joueurs  de  tambourin.  Le  narrateur  siamois, 
étonné  de  mœurs  si  extraordinaires  pour  lui,  entre 
dans  une  grande  abondance  de  détails  à  ce  sujet. 

Cependant,  il  avait  été  convenu  que  celte  pre- 
mière mission  ne  resterait  que  trois  ans  à  Ceylan; 
à  l'expiration  de  ce  terme,  elle  devait  être  relevée 
par  une  autre,  et  celle-ci  par  une  troisième;  on 
espérait  qu'après  neuf  ans  les  religieux  indigènes 
seraient  en  état  de  se  maintenir  et  de  se  perpétuer 
par  eux-mêmes.  En  conséquence  de  ces  arrange- 
ments, le  roi  de  Siam  organisa  en  i  -yBS  une  nouvelle 
mission  composée  de  deux  chefs  choisis  parmi  les 
docteurs  les  plus  habiles  dans  les  sciences  sacrées  et 
profanes,  de  vingt  religieux  subordonnés  et  de  vingt 


540  NOVEMBRE-DÉCEMBRE    lUOO. 

novices;  on  leur  adjoignit  des  serviteurs  laïques  en 
grand  nombre,  des  magiciens  pour  conjurer  les 
dangers  de  la  mer,  et  quatre  m«*decins,  deux  qui 
soignaient  par  le  massage  et  deux  qui  traitaient  les 
maladies  par  l'usage  des  remèdes.  Avant  son  départ, 
cette  mission  fut  comblée  d'honneurs  par  les  princes, 
les  mandarins  et  le  })euple,  et  lorsqu'elle  se  fut  em- 
barquée, le  navire  qui  devait  la  porter  à  sa  desti- 
nation fut  remorqué  jusqu'en  pleine  mer  par  un 
concours  enthousiaste  de  rameurs  volontaires. 

Cette  fois  encore,  ce  fut  un  navire  hollandais  qui 
fut  requis  pour  ce  service.  On  le  pourvut  abondam- 
ment de  vivre»  et  de  tout  ce  qui  pouvait  contribuer 
à  la  sûreté  et  à  l'agrément  du  voyage,  et  il  prit  le 
large  au  milieu  des  applaudissements  (;t  des  vœux 
d'une  foule  immense.  L'auteur  de  la  narration  trace 
exactement  son  itinéraire. 

Il  suivit  d'abord  la  cote  orientale  du  golfe,  puis 
gagna  la  côte  malaise  près  de  laquelle  il  essuya  une 
violente  tempête.  Il  continua  sa  route  dans  la  direc- 
tion du  Sud,  s'engagea  entre  les  îles  du  détroit,  et, 
après  en  être  sorti ,  gagna  la  haute  mer,  sans  doute 
pour  chercher  le  vent;  il  arriva  enfin  h  Malncca  où 
il  lit  relâche.  Deux  incidents  sont  signalés  pendant 
cette  première  partie  de  la  traversée;  c'est  d'abord 
la  rencontre  d'un  croiseur  hollandais  avec  lequel  on 
communiqua  au  moyen  du  porte-voix;  ce  furent 
ensuite  des  barques  de  Malais,  pécheurs-pirates,  qui 
vinrent  accoster  pour  vendre  du  poisson  frais. 

Le  séjour  dans  le  port  de  Malacca  se  prolongea 


NOTICE   SLR   UN  MANUSCRIT  SIAMOIS.      .Vil 

pendant  huit  jours,  par  la  faute  du  capitaine,  que 
la  passion  du  jeu  retenait  à  terre.  Cependant,  les 
ennuis  de  l'attente  furent  adoucis  par  les  libéralités 
du  gouverneur  de  la  ville  qui  fit  porter  à  bord  des 
vivres  frais,  des  cannes  à  sucre,  de  farec,  du  bétel, 
et  même  de  feau  douce  pour  le  bain.  A  ce  sujet, 
l'auteur,  qui  avait  appris  à  connaître  les  hommes  en 
voyageant ,  fait  cette  remarque  judicieuse  :  «  En 
agissant  ainsi ,  les  Hollandais  ne  se  proposaient  pas 
de  favoriser  la  religion  ni  d'acquérir  des  mérites 
spirituels;  ils  avaient  uniquement  en  vue  d'entretenir 
leurs  relations  d'amitié  politique,  et  de  soutenir  la 
bonne  renommée  de  leur  pays.  » 

Enfin,  on  remet  à  la  voile;  on  remonte  d'abord 
jusqu'à  la  hauteur  de  l'archipel  de  Mergui,  dont  les 
oiseaux  sont  si  familiers  qu'ils  se  laissent  prendre  à 
la  main  ;  puis  on  met  le  cap  droit  à  l'Ouest  dans  la 
direction  de  Ceylan ,  avec  un  fort  vent  arrière  et  une 
mer  houleuse.  Les  passagers  observent  les  évolutions 
des  poissons ,  particulièrement  des  poissons  volants  ; 
plus  loin,  ils  voient  arriver  une  flottille  de  barques 
montées  par  des  nains  :  ce  sont  des  habitants  des 
îles  Nicobar  qui  viennent  prendre  la  remorque  du 
navire  pour  faire  des  échanges  ;  on  recueille  des  ren- 
seignements intéressants  sur  les  mœurs  de  ces  insu- 
laires. Cependant,  à  mesure  qu'on  approche  de  Cey- 
lan, le  vent  ne  cesse  de  fraîchir;  la  mer  devient 
énorme  ;  et  cette  longue  navigation  se  termine  par 
un  naufrage.  Ici,  je  traduis  l'émouvant  récit  du 
narrateur  siamois. 


348  NOVEMBRE-DÉCEMBRE   1906. 

•w»» Comme  la  nuit  approchait  de  son  terme,  vers 
cinq  heures  du  matin,  par  un  temps  pluvieux  et 
une  obscurité  profonde,  le  navire  vint  donner  sur 
un  écueil  et  y  resta  échoué.  De  grandes  vagues  le 
soulevaient,  puis  le  laissaient  retomber  sur  la  roche 
avec  un  bruit  de  tonnerre.  Le»  religieux,  les  no- 
vices, les  laïques,  Siamois  et  Hollandais,  réveillés 
en  sursaut,  se  levèrent  tremblants  d'épouvante  et 
la  figure  blême.  Quelques-uns  priaient  en  invo- 
quant la  vertu  des  trois  joyaux:  quelques-uns  pi  (au- 
raient h  la  vue  de  la  mort  qui  les  menaçait;  tous 
couraient,  se  poussaient,  s'embarrassaient  les  uns 
dans  les  autres,  cherchant  des  planches,  des  mate- 
las, des  |nèces  de  bois  qui  pussent  les  aider  à  se 
soutenir  sur  l'eau.  Ije  capitaine  fit  appeler  l'inter- 
prète, et  vint  avec  lui  rejoindre  les  deux  chef»  de  la 
mission  siamoise;  il  les  salua  en  levant  son  chapeau, 
baissa  la  t<^te,  pleura  et  simglota;  puis,  relevant  le 
visage,  il  leur  adressa  ces  paroles  qui  furent  traduites 
en  pâli  par  l'interprète  :  «  Depuis  que  je  navigue, 

■  c'est-à-dire  depuis  mon  enfance,  j'ai  couru  toutes 

■  les  mers,  et  je  n'ai  jamais  fait  naufrage;  ce  qui 
«  m'arrive  en  oc  moment  me  déshonore.  ■  Puis  il 
ajouta  :  «  I^a  terre  sur  laquelle  nous  sommes  échoués 
«  n'est  autre  que  Ceylan ,  il  n'y  a  pas  à  en  douter. 
«  C'est  ici  l'emplacement  de  la  ville  du  Yakslia 
«  Dasakantha ,  que  Râma  fit  submerger  par  Hanaman; 
«  notre  navire  est  entré  dans  l'enceinte  de  ses  murs , 

■  et  il  est  perdu.  Il  va  se  briser  pièce  par  pièce  et 
«périr  dans  cet  endroit;  c'est  inévitable,  car  il  est 


NOTICE   StJR   [JN  MANUSCRIT  SIAMOIS.      543 

«  impossible  de  le  dégager.  Il  faut  donc  que  tout  le 
«monde  se  tienne  prêt;  dès  que  le  jour  sera  venu, 
«  nous  débarquerons  sur  la  plage.  »  Le  Phra:  fVisut- 
thachan,  l'un  des  deux  cbefs  de  la  mission,. lui  ré- 
pondit par  ces  paroles  que  l'interprète  traduisit  : 
«  C'est  peut-être  que  nous  avons  les  uns  et  les  autres 
«  commis  des  péchés  dont  le  poids  a  attiré  ce  mal- 
«  heur  sur  nous.  11  ne  nous  reste  plus  qu'à  prier  jus- 
«  qu'à  ce  que  nous  périssions  engloutis  dans  les  eaux. 
«  —  Que  parlez-vous,  reprit  le  capitaine,  de  reli- 
«  gion ,  de  mérites  et  de  péchés  P 11  n'y  a  rien  de  sem- 
«  blable  ;  la  vérité  est  que  nous  avons  tous  manqué 
«  de  vigilance  et  d'attention ,  et  c'est  ce  qui  nous  a 
«  perdus.  » 

«Après  avoir  prononcé  ces  paroles,  il  fit  tirer  le 
canon,  quatre  coups,  deux  par  deux,  afin  de  pré- 
venir les  habitants,  si  le  bruit  du  canon  parvenait  à 
leurs  oreilles ,  qu'un  navire  était  en  perdition  sur  la 
côte;  car,  dans  les  habitudes  de  la  navigation,  les 
coups  tirés  en  nombre  pair  annoncent  un  sinistre. 
Ce  malheureux  capitaine  était  en  proie  au  désespoir; 
il  semblait  se  dire  :  «Que  me  servirait -il  de  vivre 
«  désormais  P  » ,  et  il  se  mit  à  boire  de  l'eau-de-vie  à 
l'excès  et  plus  qu'il  n'en  pouvait  porter,  comme  s'il 
eût  désiré  d'être  englouti  dans  les  eaux  et  d'y  périr. 
Il  s'enivra  donc  au  point  de  perdre  toute  connaissance. 

«  Dans  les  terres ,  à  deux  cents  toises  environ  du 
rivage,  se  trouve  le  village  d'Aranakliam  (village 
du  soleil  levant),  qui  n'est  qu'un  misérable  groupe 
de  cabanes.   Les  habitants,  ayant  entendu   quatre 


544  NOVEMBREDÉCKMBRE  1906. 

coups  de  canon  tirés  deux  par  deux,  comprirent  qu'un 
navire  était  en  détresse,  car  celui  qui  arrive  heureu- 
sement s'annonce  par  des  coups  tirés  en  nombre 
impair.  Onze  d'entre  eux  descendirent  pour  voir  ce 
qui  était  arrivé,  et  s'approchèrent  en  marchant  sur 
la  grève,  le  long  du  ri\age;  ensuite,  plaçant  un 
morceau  d'étoiïe  blanche  au  bout  d'une  perche,  ils 
relevèrent  ce  manière  de  drapeau.  De  leur  côté,  les 
I  lollandais  du  navire  prirt^nt  une  lunette  d'appro<^he 
«>t  la  braquèrent  dans  la  direction  de  la  côte;  les 
pei-sonnes  y  paraissaient  de  la  (aille  d'un  enfant  de 
sept  ans ,  et  le  drapeau  comme  une  petite  fumée  in- 
distincte, parce  qu'on  se  trouvait  à  une  distance 
d'environ  trois  mille  toises  du  rivage. 

«  Vers  midi ,  le  capitaine ,  qui  s'était  remis  de  son 
ivresse,  fit  descendre  dans  les  canots  du  bord  des 
caisses  contenant  ce  qu'il  y  avait  sur  le  navire  d'ar- 
gent, d'or,  de  bijoux  et  d'objets  précieux;  il  y  lit  en- 
suite embarquer  les  deux  chefs  de  la  mission  et  les 
envoyés  du  roi,  puis  s'embarqua  lui-même  avec  tous 
les  Hollandais  de  son  équipage;  et,  comme  il  n'y 
restait  plus  de  place,  il  promit  aux  religieux,  novices 
et  laïques  qu'il  laissait  sur  le  navire ,  de  revenir  les 
|)rendre,  et  enfin  il  donna  l'ordre  de  voguer  vers  le 
rivage.  Les  embarcations  en  approchaient,  lorsqu'une 
grande  vague  le^  souleva  et  les  jeta  contre  la  grève 
où  elles  se  brisèrent.  Les  hommes  prirent  leur  élan 
et  purent  se  sauver;  mais  ils  n'avaient  plus  de  barques 
pour  venir  prendre  leurs  compagnons,  et  ne  purent 
en  trouver  chez  les  indigènes,  car  ceux-ci,  habitant 


.     NOTICE   SUR   UN   MANUSCRIT  SIAMOIS.      5/i5 

une  côte  déserte  où  les  navires  n'abordent  jamais , 
ne  vont  pas  à  la  mer. 

«  Cependant,  les  religieux,  novices  et  laïques  qui 
étaient  restés  à  bord,  ignoraient  que  les  embarca- 
tions du  navire  eussent  été  mises  hors  d'usage,  et 
attendirent,  souffrant  de  la  faim ,  pendant  trois  jours. 
Montés  dans  les  agrès ,  ils  voyaient  des  hommes  aller 
et  venir  sur  la  plage,  et  se  disaient  les  uns  aux 
autres  :  «  Sûr  que  cette  terre  est  encore  habitée  par 
«  les  Yakshas ,  et  que  ceux  de  nos  compagnons  qui 
«  ont  débarqué  ont  été  dévorés;  c'est  pour  cela  qu'ils 
«  ne  sont  pas  revenus  nous  prendre  comme  ils  avaient 
«promis  de  le  faire.  Quoi  qu'il  en  soit,  il  faut  que 
«  nous  essayions  nous-mêmes  de  gagner  la  terre  ; 
«autrement,  les  vagues  vont  démolir  le  navire,  et 
«  nous  périrons  noyés ,  pour  servir  de  pâture  aux 
«  poissons.  Jl  vaut  mieux  courir  le  risque  de  mourir 
«  à  terre.  » 

«  Cette  résolution  prise ,  chacun  travailla  à  déta- 
cher des  planches  du  navire,  et  à  les  lier  avec  des 
cordages  pour  en  former  des  radeaux.  Puis,  on  des- 
cendit sur  ces  radeaux,  trois  hommes  sur  les  uns, 
quatre  ou  cinq  sur  les  autres ,  dans  l'espérance  de 
parvenir  au  rivage,  en  s'y  laissant  porter  par  les  flots. 
Mais  la  violence  des  vagues  ballottait  les  radeaux  et 
les  retournait  dans  tous  les  sens ,  de  sorte  qu'il  était 
impossible  de  se  tenir  dessus.  On  imagina  alors  de 
s'y  attacher  solidement  au  moyen  de  cordes  qu'on  se 
lia  autour  des  reins  et  qu'on  se  croisa  sous  les 
cuisses;  ceci  fait,  chacun  se  mil  à  l'eau  en  se  tenant 
VIII.  *  3C 


5/|6  NOVEMBRE-DKCEMBRE  1006. 

à  son  radeau  ayec  ies  mains.  Cependant,  on  avait 
encore  à  craindre  d'être  dévora  par  les  requins,  et, 
dans  cette  angoisse,  tous  ces  bonmv's  aNiiimt  s;ni^ 
cesse  une  prière  à  la  buu('he. 

«  Aiors,  il  arriva  que  ceux  qui  n'étaient  pH-s  >«us 
l'influence  du  péctié  furent  |M)rl<'\s  par  U>  llol  juMin'à 
terre;  quant  aux  uutres,  lesrttrdes  (pii  irs  uttiiehaienl 
s'étant  d«''li«'M's  ou  ix>iup»ies,  ou  l«'s  radeauv  eu\- 
uit^ines  s'étant  brisés,  ils  tombèrent  au  fond  de  la 
luer  et  périrent;  quatre  religieux  et  deux  novices 
disparurent  ainsi  dans  les  oau\. 

«  CiMpendant,  ceux  qui  atteignaient  la  live,  y  abor- 
daient presque  morts;  quelques-uns  n'avaient  plus 
un  lambeau  de  vêtement  sur  eux;  leur  corps  était 
verdi  par  le  froid  et  l<>urs  membres  raidis  par  l'eau 
salé<'.  Les  indigènes  apportèrent  du  bois  et  allu- 
mèrent des  feux  pour  les  recevoir.  I^orsquils  voyaient 
un  homme  jeté  sur  la  plage,  ils  le  tiraient  hors  do 
l'eau,  le  réchaulTaient  avec  du  rh  passé  au  feu,  jus- 
qu'à ce  qu'il  fût  en  état  de  marcher,  et  le  condui- 
saient alors  dans  leurs  cabanes,  l'outes  les  gens  du 
\  uisijiage  venaient  voir  ces  infortunés  et  causer  avec 
eux  en  s'apitoyant  sur  leur  sort,  en  pleurant,  en  té- 
moignant de  la  plus  tendre  affection  pour  les  reli- 
j;ieux  et  les  novices  :  c'étaii'nl  dos  scènes  à  liivr  les 
larmes  des  yeux. 

«  Le  chef  du  village  envoya  de  tous  les  côtés,  jus- 
qu'à une  distance  de  trois  à  quatre  kilomètres,  re- 
cueillir des  vivres.  Cependant,  à  cause  de  la  pauvreté 
du  pays,  on  n'en  put  ran^asser  qu'une  très  petite 


NOTICE   SUR   UN  MANUSCRIT  SIAMOIS.      547 

quantité;  le  matin  on  distribuait  aux  naufrages  deux 
tasses  de  gruau  de  riz ,  et  à  onze  heures  une  tasse  de 
riz  avec  une  tasse  de  lait  par  personne  ;  cela  n'était 
pas  suffisant  pour  apaiser  leur  fainj,  de  sorte  que  les 
religieux  durent  envoyer  les  novices  et  les  laïques 
cueillir  des  convolvulus  d'eau ,  des  tiges  de  lotus  el 
des  feuilles  d'arbres  que  Ton  faisait  cuii'e  et  que  l'on 
mangeait  tels  quels , 

«Depuis  le  moment  où  le  navire  s'était  échoué, 
le  ciel  était  resté  sombre,  la  pluie  n'avait  cessé  de 
tomber  pendant  sept  jours  et  sept  nuits,  et  l'on 
n'avait  aperçu  ni  le  soleil  ni  la  lune  :  la  forêt  était 
inondée ,  et  l'eau  en  certains  endroits  atteignait  une 
telle  profondeur  qu'on  n'eût  pu  y  passer  qu'à  do» 
d'éléphant.  Le  navire  lui-même  résista  pendant  cinq 
jours  aux  assauts  de  la  mer;  enfin,  il  s'en  alla  pièce 
par  pièce,  et  les  vagues  roulèrent  ses  débris  sur  ia 
grève,  On  chercha  parmi  les  épaves  les  corps  de»  re^ 
ligieux  et  des  novices  que  l'on  avait  perdu»  3  on  ne 
découvrit  que  celui  d'un  novice  qui  fut  brûlé  sur  le 
lieu  même.  On  parcourut  enopre  la  plage  l'espace 
d'une  demi-journée  ou  d'une  journée  entière  de 
marche  :  on  ne  vit  rien  que  les  coquillages  de  toute 
espèce  dont  le  sable  était  jonché.  » 

Dans  cet  intervalle ,  les  envoyés  singhalais  avaient 
rédigé  un  rapport  pour  le  ministre  ;  les  chefs  de  la 
mission  siamoise  avaient  de  leur  côté  écrit  aux  con- 
frères qu'ils  venaient  remplacer,  et  le  chef  du  >illage 
cVAranakham  s'était  chargé   de   faire  parvenir  ces 

36. 


548  NOVEMBRKDÉCEMBRE    1006. 

lettres.  Instruit  du  désastre ,  le  roi  s'empressa  d'en- 
voyer des  secours;  les  Moiiandais  furent  rapatriés 
sur  l'un  des  établissements  de  leur  nation  ;  les  Sia- 
mois et  les  Singhaiais  furent  conduits  par  terre  jus- 
qu'à la  capitale  de  l'île.  Ces  derniers  rencontrèrent 
encore  bien  des  fatigues  et  des  dangers  dans  ce  par- 
cours; ce  n'était  partout  que  des  forêts  sauvages,  des 
rivières  à  traverser,  de  bizarres  enchevêtrements  de 
montagnes  escarpées  îi  franchir.  Toutefois,  comme 
ils  approchaient  de  leur  destination,  ils  entrèrent 
dans  une  région  plus  peuplée ,  et  trouvèrent  tout  le 
pays  en  fête  pour  les  recevoir. 

A  leur  arrivée,  les  missionnaires  siamois  furent 
comblés  d'attentions;  les  ministres,  le  roi  lui-même, 
vinrent  les  voir  et  leur  dire  combien  ils  avaient  été 
touchés  de  leurs  souttirances,  combien  ils  leur  étaient 
reconnaissants  de  leur  dévouement.  Ces  conversa- 
tions se  faisaient  en  pâli  :  fauteur  de  la  relation  les 
rapporte,  ou  du  moins  en  rapporte  des  fragments 
dans  cette  langue,  et  les  traduit  ♦•nsuitf  en  siamois. 

Cependant,  les  membres  de  la  précédente  mission 
attendaient  avec  impatience  le  moment  de  leur  dé- 
part; éprouvés  par  un  climat  d'une  humidité  ex- 
trême, et  froid  pour  des  Siamois,  ils  sollicitaient 
leur  congé  depuis  longtemps;  mais  le  roi  ne  leur 
avait  pas  permis  de  quitter  Ceylan  avant  l'arrivée  de 
leurs  successeurs.  Us  purent  enfin  se  mettre  en  route; 
malheureusement,  le  Phra  :  LJbali,  leur  vénérable 
directeur,  n'arriva  pas  jusqu'au  port  où  ils  devaient 
s'embarquer  :  il  mourut  pendant  le  trajet. 


NOUVELLES   ET  MÉLANGES.  bh9 


NOUVELLES  ET  MÉLANGES. 


SEANCE  DU  9  NOVEMBRE  1906. 

La  séance  est  ouverte  à  /i  heures  et  demie  sous  ia  prési- 
dence de  M.  Barbier  de  Meynard. 

Etaient  présents  : 

MM.  Senart,  vice-président ,  Allotte  de  la  Fuye,  Bar- 
thélémy, Général  de  Beymé,  Bouvat,  Cabaton,  Carra  de 
Vaux,  Farjenel,  Fevret,  Finot,  Grenard,  Guimet,  Ha- 
LÉVY,  V.  Henry,  Cl.  Huart,  Ismaél  Hamet,  Labourt,  Sylvain 

LÉVI,    LuNET    de    LA    JONQUIÈRE,    MaYER-LaMBERT,   MeILLET, 

Schwab,  membres;  Chavannes,  secrétaire. 

Le  procès-verbal  de  la  séance  du  1 1  mai  est  lu.  La  rédac- 
tion en  est  adoptée. 

M.  Barbier  de  Meynard  rappelle  les  services  rendus  à  la 
science  par  M.  Salmon,  mort  à  Tanger  à  l'âge  de  trente  ans; 
il  exprime  les  profonds  regrets  de  la  Société  en  présence  de 
cette  mort  prématurée. 

Lecture  est  donnée  d'une  lettre  par  laquelle  M.  Cl.  Huart 
sollicite  une  subvention  de  1,200  francs  pour  la  publication 
d'une  Histoire  des  calligraphes  et  des  miniaturistes  de  l'Orient 
musulman.  De  même,  M.  Ferrand  a  écrit  pour  savoir  qu'elle 
suite  a  été  donnée  à  la  demande  de  subvention  qu'il  a  adres- 
sée à  la  Société  le  9  février  dernier.  M.  V.  Chai  vin  a  expri- 
mé le  désir  d'obtenir  l'appui  de  la  Société  pour  la  suite  de 
sa  Bibliographie  arabe.  Ces  diverses  lettres  sont  renvoyées  à 
l'examen  du  Bureau  et  de  la  Commission  des  fonds. 

Les  ouvrages  suivants  sont  présentés  à  la  Société  : 

Par  M.  Guimet,  les  quatre  derniers  volumes  de  sa  Biblio- 


550  NOVh.MBKK-DKCKMBRK   1900. 

Ihèqtie  de  luihjarisation  contenant  les  conrôrences  faites  par 
divers  savants  au  Musée  Guiniet; 

Par  M>  CiuVAKNRS,  tin  volume  de  M.  Christovhm  AyKb!«, 
intitulé  Fernâo  Mendes  Pinto  e  o  Japâo; 

Par  M.  Allote  de  la  FiVk,  son  Etade  sur  la  numismatique 
de  la  Perside; 

Par  M.  Bahbieh  de  Mey.nard,  un  volume  «le  Mélanges  qui 
constitue  le  premier  volume  des  publications  do  la  Faculté 
Orientale  de  Beyrouth  ; 

Par  M.  Cabra  de  Vaux,  son  volume  sur  Leibniz; 

P«r  II.  Schwab,  s«6  broclmrea  intitulées  Impretsiont  de 
voyuge  en  Alférie  ei  De  la  paléographie  sémitique. 

Sont  rertts  membres  île  In  Sori<Hé  : 

MM.  le  commandant   BosiricY,   à    Valréfts   (VaUclnse), 

présenté  par  MM.  Finot  et  Chavannes; 
F.  W.  Thomas,  de  l'India  OITice  Library,  Lorldon, 

présenté  par  MM.  Rapson  et  de  la  Vallée  Pnusêin. 

Par  suite  de  l'absence  de  M.  FEBRANr>,  la  communication 
qti'il  devait  faire  est  ajournée  à  une  séance  ultérieure. 

M.  ViMsoN  étudie  une  légende  relative  à  une  sainte  de 
Karikal  et  montre  que  le  mouvement  artuel  de  réformation 
qui  tend  à  purifier  le  çivaïsme  de  tout  élément  anthropo- 
morphique  est  contraire  h  l'essence  de  cette  religion. 

M.  Schwab  décrit  des  objets  d'orfèvrerie  de  style  mau- 
resque qui  sont  conservés  à  Palma  dans  la  sacristie  de  la 
catbédrale;  il  donne  l'explication  des  inscriptions  qui  y  sont 
gravées  à  jour. 

M.  Allottf.  de  f,A  Fut R  traite  quelques  points  intéressant 
la  numismatique  de  la  Perside. 

Après  tme  observation  préserttéf  pftr  M.  Hali^vt,  la 
séance  est  levée  à  6  heures  moins  i  o. 


iNOUVELLES  ET  MÉLANGES.  551 

OUVRAGES  OFFERTS  X  LA  SOCIÉTÉ. 

Par  lbs  Autbdrs  i 

Mohammed  ben  Chenëb.  Proverbes  arabe»  de  l'Algérie  et  da 
Maghreb ,  tome  II.  —  Paris,  1906;  in-8". 

Eduard  Glaseh.  Altjemenische  Nachricliten ,  I,  1.  —  Miin- 
chen,  1906;  in-S". 

V.  DiNGELSTEDT.  A  Uttle-kiiowii  Russiaii  People  :  The  Seta 
kèied  ofEsihi  ofPikov  (extrait).  —  S.  1.  n.  d. ;  in-8". 

D^  Emîl  Gratzl.  Die  altarabischen  Frattennamen.  —  Leipzig , 
1 906  ;  in-8°. 

Dr.  A.  WiEDEMANN.  Die  Zeichenkttmt  im  alten  Àgypten 
(dans  la  revue  Die  Umschau,  40-4 1)-  ' — Frankfurt  a.  M., 
1906;  in-8'. 

—  5.  Àgyptische  Religion  (1904- 1906)  [Extrait].  •— 
Leipzig,  1906$  iti-8'. 

—  Altâgyptische  Sagen  and  M^^hen.  —Leipzig,  1906; 
in- 18. 

Das  iûdliche  Paûcatantra .  .  . ,  herausgegebeti  von  Johannes 
HeRïel.  —  Leipzig,  1906;  gr.  in-8°. 

Paul  Garus.  Amitabha.  —  Chicago,  1906;  pet.  in-S*. 

—  Yin  Chih  Wéti.  —  Chicago,  1906;  pet.  ÎA-S". 

—  T'ai-Shang  Kan-Ying  P'ien.  —  Chicago,  1906;  pôt. 
in-8". 

A.  Barth.  L'Inscription  du  reliffuairt  de  Piprauxi  (Extrait). 
—  Paris ,  1 906  ;  in-8*. 

Ch.  Clermont-Ganneau.  Recueil  d'arch^ohgie  orientale, 
VII,  16-25.  —  Paris,  1905*,  in-8°. 

Carra  de  Vaux.  Philosophes  et  Penseurs .  Leibniz,  —  Paris , 
1907;  in-8°. 

M.  Sr.HWAB.  De  la  paléographie  sémitigne  (Extrait).  —  Ma- 
drid ,  s.  d.  ;  in-8''. 

-*-  Impressions  de  voyage  en  Algérie.  —  Paris,  s.  d. ; 
in-8°. 

Sepher  ha  KxAar.  .  .,  traduit  pour  la  première   fois  par 


bbi  NOVKMBRË-DhlCKMBRË  1906. 

Jean  de  Pault.  Otluvre  posthume  publiée  par  le*  soins  de 
M.  Emile  Lafuma.  —  Paris,  1906;  in-8*. 

Ai.LOTTE  DE  I.A  FuYK.  Etude  sur  la  numismatique  de  la 
Perside  (Extrait).  —  Oxford,  1906;  in-8*. 

Chr.  Ayrbs.  Fernâo  Mendes  Pinto  e  0  Japâo.  —  Liabôa, 
1 906  ;  ^r.  in-8*. 

Par  lis  Éoitium  i 

R.  GuiMBT.  Coi^érences  faites  au  Musée  Guimel ,  t.  WII. 

—  Paris,  1906;  in-8*. 

Zeitschriji fur  hebrœische  Bibliographie,  X,  1-4.  —  Fraok- 
furt  a.  M. ,  1 906  ;  in-8*. 

hetsarione .  fasc.  89.  —  Roma,  1906;  in-8*. 

Revue  biblique,  juillet -octobre  1906.  —  Pari»,  1906; 
in-8*. 

The  Korea  Review ,  VI,  H-S.  —  Séoul,  1906;  in-8*. 

The  Indian  Antiquury.  May  1906  and  April  1906.  — 
Bombay,  1905-1906;  in-/l*. 

Fli.-M ÀWERDÎ.  Kl-Ahkam  es-Soalthnniya.  Traité  de  droit  pu- 
blic musulman ,  traduit . . .  par  le  comte  Léon  Ostrurog ,  II ,  3. 

—  Paris,  1906;  in-8°. 

Knri  V0LI.ERS.  Volkssprache  und  Schrijlspruche  im  allen 
Arabien.  —  Strasaburg,  1906;  in-8*. 

M.  Ettinghausen.  Harsu  Vardhana,  empereur  et  poète  de 
l'Inde  septentrionale  {606-6^8  A.  1).).  —  Londres  et  Paris, 
1 906  ;  in-8*. 

S.  W.  BusHBLL.  Chine$e  Art,  Volume  II.  —  London, 
1 906  ;  in-8*. 

G*  E.  Lunet  de  I.A  JoNQUlÉRE.  Le  Siam  et  les  Siamois.  — 
Paris,  1906;  in- 18. 

Polrbiblion ,  juillet  -  octobre  1 906  (  parties  littéraire  et 
technique).  — Paris,  1906;  in-8*. 

Revue  urchéologiqae ,  mai-août  1906.  —  Paris,  1906; 
in-8*. 

The    Babylonian    Expédition..  .    Vol.    XIV  -  XV  :  Albert 


NOUVELLES  ET  MÉLANGES.       553 

T.  Clay.  Dociimenls  from  the  Temple  Archives  of  Nippar.  — 
Philadelphia ,  1906;  2  vol.  gr.  in-4'. 

LuNBT  DE  i,A  JoNQUiÈHK.  Ethnographie  du  Tonkin  septen- 
trional. —  Paris,  1906;  in-8". 

Këene.  History  of  India,  new  and  revised  édition.  — 
Edinburgh,  1906;  2  vol.  in-8°. 

Louis  Bréhier.  L'Eglise  et  l'Orient  au  moyen  âge.  Les  Croi- 
sades. —  Paris,  1907  ;  in-12. 

Ibn  Zakarîyà.  Das  Kilahu-l-itbâ'i  wa-l-muzawagati.  .  ., 
herausgegeben  von  R.  Brunnow.  —  Gieszen,  1906;  in-S". 

C.  Beccari.  Rerum  JEthiopicarum  Scriptores.  .  .  Vol.  IV  : 
P.  Emm.  Barradas,  S.  J.  Tractatiis  ires  historico-geographici. 

—  Romae,  1906;  in-d". 

Ibn  Gubayr.  Viaggio.  .  .  compiato  nel  secolo  xii ,  prima 
traduzione  da  Gelestino  Schiaparelm.  —  Roma,  1906; 
in-8". 

D.  H,  MûLLER.  Semitica.  MI.  —  Wien,  1906;  3  fasc. 
in.8'. 

Tattvasarayana .  an  ancient  Vedantic  Itihasa.  —  Madras, 
IQ06;  in-8°. 

Pârijâtamanjarî.'.  .   by  Maduna,  edited  by  E.  Hultïsch. 

—  Leipzig,  1906;  in- 18. 

Keleti  Szemle ,  VII,  i.  —  Leipzig,  1906;  in-8°. 

Orientalische  Bibliographie,  XIX,  1.  —  Berlin,  1906, 
in-8°. 

Al-Moktahas,  I,  2  et  7.  —  Le  Caire,  1906;  in-8'. 

The  Nakaid  of  Jarïr  and  Al-Farazdak.  edited  by  Anthony 
Ashley  Bevan,  M.  A.,  I,  2.  —  Leiden,  1906;  in-/i°. 

The  American  Journal  ofSemitic  Languages  and  Literatnrex , 
XXIII,  1.  —  Chicago,  1906;  in-8'. 

The  American  Journal  of  Philology,  XVII,  2.  —  Baltimore, 
1906;  in-8». 

Anthropos,  1,3.  —  Salzburg,  1906;  in-8°. 

Revue  critique,  4o'  année,  n"  23-44-  —  Paris,  igo6; 
in-8°. 


554  N0VEMBRK.DÉ(;KMIUU-,   lOOfl. 

Pak  la  Société  : 

Halletin  th»  séancê$  dl»  ki  Société  phihlotjîqne ,  tome  IIT.  — 
Paris.  i()o5;  in-8*. 

Th*  à^grapkicùl  Jêtimnl.  XXVIII,  i>-M-5.  —  liOiition, 
1906;  in-8*. 

Acttiémi»  en  iMcHptkms  et  Belle»- L^itt-es ,  Comple»  t^mlns 
des  séances,  inan-aoùt  1906.  — -  Ptris,  iQoGi  iti-^*. 

ÀHëktHl  Bolliutiinnà .  XXV,  1.  — >  Bruiellis,  1906; 
in-8\ 

ZeHsehrifi  der  Dtattthen  MorgênlâtifUichcn  (ie»fUscka/'t , 
LX,  a.  — L«ipxi;.  191*6;  Ih-S*. 

The  Impérial  and  Asiatic  Quarterly  Aet>iVt9,  thifd  Séries, 
XXII,  n*  43.  —  London,  19065  in-êV 

Àtrneo.  ntista  meHSMtl.  rt"  1,  3 ,  ^  f>,  6.  —  Madrid, 
1906;  gr.  in-8*. 

The  Joomal  af  the  Royal  Asiaîie  Socielj  of  Great  liritain 
and  Ireland,  July   and  October   1906.  —   London      ">o(>; 

Rerue  des  êlades  juives ,  n*  io3.  —  Paris,  1906;  in-S". 

Trahsattiotts  and  Pfoceedinp  (f  the  Japan  Society.  VU.  — 
London ,  1 906  ;  in-8*. 

Journal  asiatique ,  lliars-aoï'kt  1906.  —  Pari»,  1906;  ln-8*. 

linlletin  de  littérature  ecdésiaftiqae ,  jiiin-no\r«»mbrp  1906. 
—  Paris,  1906;  in-8*. 

AmeriintH  Jontyial  rf  Artkteohgy,  X,  a-3.  —  Norwood, 
1906;  in-8*. 

Atti  deUà  R.  Aûcaêentia  dei  Lincei.  Rendiconto  délia  gdn-^ 
nanta  sohnne  del  3  giagnio  1906.  —  Roma ,  1 906  ;  in-A*. 

Le  Globe  {Bulletin),  XLV,  a,  et  Mémoire».  —  G«nèv«, 
1906;  in-8*. 

Mémoires  de  la  Société  de  Linguistique,  XIV,  1.  —  Paris, 
1906;  in-8*. 

Mitteilnngèn  der  Ùêntachen  Gestilsthaft  f^f  Natnr-  und 
Vnlkerkunde  Ostasiens,  X,  3.  —  Tokyo,  1906;  in-8°. 

O  Oriente  Porlugues ,  III,  b'j.  — -'Nova  Goa,  1906;  in-8*. 


NOUVELLES  ET  MÉLANGES.  939 

Thè  Journal  of  the  Siam  Smcidyi  îï.  —  London,  igoS, 
in-8". 

Ateneo,  revistà  mensaal,  I,  7-9.  —  Madrid,  1906^  gr. 
in8". 

Journal  (^  the  Straits  Branch  bf  thé  Royal  Asiatif,  Society, 
n° /45.  — Singapore,  1906,  in-S". 

Batdviausck  Geriootschttp  vaii  Kûtisten  eti  Wetetiichapen.  — 
Tijdschrift,  XL VIII.  5.  —  Noldén.  XLlII,  k.  —  Rap- 
porten.  .  ;,  1904.  —  Batavia,  1906;  in-S*. 

Journal  of  ihe  American  Oriental  Society,  XXVII}  i;  — 
Baltimore ,  1 906  ;  in-8*. 

The  Impérial  and  Asiatic  Qaarterly  Review,  XXII,  44.  — 
London,  1906;  in-8°. 

Journal  of  the  NoHh-Chinà  Branch  ofthe  Royal  Asiatic  So- 
ciety, vol.  XXXVII.  —  Shdnghaï,  igo6;  in-8°. 

Journal  of  the  Slraits  Branch  of  the  Royal  Asidtic  Society, 
n"  4-6.  —  Singapore,  1906;  in-8*. 

La  Geo^rap^ie,  juillet-septembre  1906.  —  Paris,  1906; 
gr.  in-8". 

Atti  délia  R.  Accademia  dei  Linciei.  Notizie;  III,  1-3.  -^ 
Rendiconti,  XV,  i-A-  —  Roma,  1906;  in-4.°  et  in-8°. 

Pau  le  Ministère  bfe  L'I^ôT»ufcTtol«  t>tëLiQtÎE  fei  bth  fi^Aux-Afets  : 

Alfred  MerLin.  L'Aventin  dans  l'antiquité.  —  Paris,  1906; 
in-8'. 

Journal  des  Savants i  juin-septertibre  igo6.  —  Paris,  1906, 
in-8". 

Mémoires  de  V Institut  français  d'archéologie  orientale.  T.  IH  ! 
Le  Monastère  et  la  néciropole  de  Baouit,  par  M.  Jean  Gi.liDAT. 
—  T.  111,  fasc.  2  :  Makrizi.  .  .,  traduit  par  M.  Paul  Casa- 
nova. —  Le  Caire,  1906?  2  vol.  gr.  in-4°. 

BuUetiii  archéologiqut i  annëe  1906,  1"  livraison.  ^ — •  Paris, 
1906;  in-8". 

Bulletin  de  correspondance  hellénique,  XXXI,  7-81  -^^  Paris, 
1906  ;  ln-8°. 


55ft  NOVEMBRE-DECKMBRK  1900. 

Ei.-BoKllAni.  Let  Traditions  islamiques...,  Iradaites  par 
O.  HouDAS  et  W.  Marcais,  toino  II.  —  Paris,  ujof);  in-8". 

Revue  de  l'histoire  des  religions,  fasc.  i58-i()0.  —  Paris, 
1 906  ;  in-8*. 

L.  DE  MiLLOUÉ.  Bod-Youlou  Tibet  (Le  Paradis  des  Moines). 
—  Paris,  1906;  in-8*. 

Cot^éremces  faites  aa  Mutée  Guimet,  t.  XVIII-\IX.  — 
Paris,  1906;  a  vol.  in- 18. 

Nouvelles  Archives  des  Missions  scientijiqaes  et  littéraires, 
XIII,  3.  —  Paris,  1906;  in-8*. 

PaK  LB  GoiTTBKflBlia^T  noiBR  : 

H.  R.  Nevii.i..  District  Gazetteers  of  the  United  Provinces 
of  Agra  and  Oadh.  Volume  VIII  :  Atfra.  —  Allnhnhad, 
1 906  ;  in-8*. 

Coorg  District  Gazetteers.  B.  Volaroo.  —  S.  1.  n.  d.;  gr. 
in-8*. 

Judicial  and  administrative  Statistics  of  British  India  for 
190i'i905  and  preceding  years.  —  Calcutta,  1906;  gr. 
in-8". 

District  Gazetteers.  Statistics,  1901-1902  (Jessore,  llaza- 
ribagh,  Sikkiin  State,  Orissa  Tributary  States,  Cooch  Bihar 
State,  Champaran,  AnguI,  Gava,  Piiri,  Shahnbad,  Kliulna, 
Murshidabad,  Balasore,  Muzaflarpur,  Cuttack,  Darjeeiing, 
Cbota  Nagpur  Tributarv  States,  Burdwan,  Birhhum,  l'a 
laniau ,  Manblium,  Huwrah,  Saran,  Bhagalpur,  Darbhanga, 
Singhbum,  Hooghiy,  Flill  Tippera  State,  Purnea,  Mongbvr, 
Nadia,  Midnapore,  Bancbi,  a/|-Parganas,  Patna,  (Calcutta, 
Sontbal  Parganas,  Bankara).  —  (Calcutta,  1906;  38  vol. 
in-8*. 

Linguistic  Sarvey  of  India.  Vol.  H.  .  .  Spécimens  oj  the 
Marathi  Langaage.. . ,  by  G.  A.  Grierson.  —  Calcutta ,  190.5 , 
gr.  in-4*. 

Impérial  Library.  Catalogue  of  Books  in  the  Reading  Room. 
Second  édition.  —  Calcutta,  1906;  in-4*. 


NOUVELLES  ET  MÉLANGES.       557 

Aiuinal  Report  of  tlie  Direclor  General  of  Archœolo<jy  fur 
tlie year  190^1905,  part  1.  —  Calcutta,  1906;  gr.  in-8'. 

M.  Rangachauya.  a  descriptive  Catalogue  of  Sanskrit  Manu- 
scripts  in  the  Governmenl  Oriental  Manuscripts  Library,  Ma- 
dras, ]I.  —  Madras,  1906;  in-S". 

Syamsundar  Das.  Annaal  Report  on  the  Scarcli  for  Hindi 
Manuscripts  for  the  year  1902.  —  AUahabad,  1906;  gr. 
in-8°. 

Par  le  Gouvernement  de  Mysohe  : 

B.  Lewis  RicE.  Epig raphia  Carnatica,  vol.  IX.  —  Banga- 
lore,  1906;  ln-d°. 

Par  la  Société  asiatique  du  Bengale  : 

Bibliotheca  Indica,  New  Séries,  n°'  1017,  1106,  iii5, 
1 137,  1 138,  1 139,  1  i<4o,  1  i/u,  n44, 1 145 , 1 146,  1 147, 
1 148.  —  Calcutta,  1905-1906;  in-8°. 

Par  le  Gouvernement  de  l'Indo-Chine  : 

Bulletin  de  T Ecole  française  d'Extrême-Orient ,  V,  3-4.  — 
Hanoï,  1906;  gr.  in-8°. 

Par  le  Gouvernement  japonais  : 

Mouvement  de  la  population  de  l'Empire  du  Japon  pendant 
l'an  XXXVI  de  Meiji  {1903)  [tableaux].  —  Tokio,  1906; 
10-4". 

Par  l'Académie  impériale  des  sciences  de  Saint-Pétersbourg  s 

Bulletin  de  l'Académie  impériale  des  sciences  de  Saint-Pé- 
tersbourg,  Classe  hislorico-philologique ,  3°  série,  t.  XVII-XXI. 
—  Saint-Pétersbourg,  1903-1906;  gr.  in-8°. 

Oscar  von  Lemm.  Iberica.  —  Saint-Pétersbourg,  1906;  gr. 
in-8°.  **=- 

W.  RadloI'F.  Versuch  cines  Wôrterbuches  der  Tiirk-Dia- 
lecte,  18°  und  19°  Lief.  —  Saint-Pétersbourg,  1906;  gr. 
in-8". 


558  NOVEMBRE-DECEMBRE   1000. 

W.  RADLorr.  Einleilende  Getlenken  zur  Uanlellung  der  Mor- 
phologie dtr  TàrkspracheH.  —  Saint-Pélei-sbour^,  1906  ;  in-8*. 

P.  Ko&ovxori'.  Mquvmux  fragmeiUs  syro-paletùniens  île  la 
BiblioUtè^ae  impériale  publitiue  de  Saint-Pêler$boiiiff.  —  Saiiit- 
Péterabourg,  1906;  gr.  in-A*. 

Z.  Z.  OuKUTOMSKi.  JuvttUtirts  dniit  coHection  dobjels  ur- 
vaui  mu  cuit»  ktmaique  (en  raMe).  -•—  iiainl-Pëiursbuurg, 
i()o5;  a  vol.  in-8*. 

Pas  ls  Cuaatboii  db  l'arruihoisakhent  scoLAïaB  do  Caucase  : 

1\ecueU  de  matériaux  relatifs  au  Caucase  (ep  nuse), 
l.  XXXVI.  —  Tiflis,  1906;  in-8*. 

Par  I.A  flBiBUoTKcA  ;<axio^alr  cb!<itralri  dk  Florkncr  : 

liollettino  dette  pabblieeuioiii  ilaliane  ricevute  pir  diritlo  di 
stainpa,  nuin.  66-70.  —  Firent,  1906;  in-8*. 

Par  1,'llNiTnsrn  D'UnAt  : 
Sphinx,  IX,  à;  X,  i-a.  —  Upsal,  1906;  in-8'. 

Par  l'Uritirsitr  Sairt-Joskpu  ,  X  Brtrooth  : 

Al-Machri<f,  IX*  {Uiipé«,  n"  ia-30.  —  Beyrouth,  ujoG; 
in-8*. 

Mélanges  de  la  Faculté  Oripninlr  I,  —  BevronOi  ninfi; 
in-8r 


SEANCE  DU   14  DECEMBRE  1906. 

•  La  séance  est  onverte  k  4  heure»  et  demie  par  M.  Rchens 
DuvAL  ;  la  présidence  a  été  prise  un  peu  plus  tard  par  M.  B.\R- 
birr  db  Mbtnard. 

Etaient  présents  : 

.  MM.  Sen.\iit,  nice-président .  Ali^otte  pv  (4  Fcfs,  Baa* 
madjian,  Bovrdais,   BotvAT,  Cabaton,  Carrv   de   Vwx. 


NOUVELLES  ET  MÉLANGES.  559 

Chabot,  Dbmiau,  Dussaud,  Fawenbl,  Fbrbaivd,  Fevbkt, 
FiNOT,  Gaudkfroy-Demombïnes ,  Guimiît,Huapp,Labo«rt, 
Leroux,  Sylvain  Lévj,  Isidore  Lévy,  Maçler,  Mauss, 
Meillet,  Vinson,  membres;  Chavannes,  secrpia/rç. 

Les  ouvrages  suivants  sont  présentés  à  la  Société  i 

Par  M.  RuBENS  Duval,  un  exemplaire  de  la  troisième  édi- 
tion de  sa  Littérature  syriaque; 

Au  nom  de  M.  Le  Chatblier,  la  Revae  du  mçade  musul- 
man j  tome  1,  n°  i  ; 

Par  M-  GviMET,  un  nouveau  volume  des  Cq^féremei  iaite» 
au  musée  Guimet  ; 

Au  nom  de  S.  E.  Meptahol-Molk  ,  ministre  d'Etat  de 
Perse,  des  ouvrages  sur  l'enseignement,  en  particulier  l'en- 
seignement de  l'écriture  et  la  cryptographie. 

M.  Fehrand  établit  qu'un  certain  nombre  de  mots  mal- 
gaches s'expliquent  par  le  sanscrit;  il  en  conclut  que  la 
migration  malaise  qui  s'est  transportée  à  Madagascar  devait 
élre  hindouisée.  M.  Ferrand  rappelle  qu'il  avait  déjà  exposé 
cette  thèse  dans  un  article  sur  le  Dieu  malgache  Zanahari , 
article  dont  il  offre  un  exemplaire  à  la  Société. 

Quelques  observations  sont  présentées  par  MM.  {îylvain 
liQvi  et  Vinson. 

Lecture  est  donnée  du  procès-verbal  de  la  séance  du  9  no- 
vembre. La  rédaction  en  est  adoptée. 

Est  reçu  membre  de  la  Société  : 

M.    Emile    Lafuma,    à    Voiron    (Isère),    présenté    par 
MM.  Schwab  et  Leroux; 

Sur  la  proposition  de  M.  Barbibr  de  Meymard,  l'allo- 
cation annuelle  attribuée  à  M-  Couvât  est  portée  de  1,300 
à  i,5oo  francs.  M.  Bouvat  est  chargé,  en  collaboration  avec 
MM.  Fevret  et  Cabaton ,  de  Fefaire  le  catalc^e  de  la  Biblio- 
thèque appartenant  h  la  Société  «  mais  il  devra  au  préalable 


MO  NOVEMRRE-Dh'CEMBRE    lOOft. 

soumettre  au  (iornité  un  projet  écrit  où  il  exposera  suivant 
quelle  niéihmle  ce  travail  sera  exécuté. 

Les  subventions  suivantes  sont  votées  :  à  M.  Huart,  une 
somme  de  800  francs  pour  l'impression  de  son  Histoire  des 
calligraphes  et  des  miniaturistes  de  COrient  musalman  ;  n  M.  de 
(^astries,  une  somme  de  âoo  francs  pour  son  recueil  de  do- 
cuments diplomatiques  concernant  le  Maroc;  à  M.  Ferrand, 
une  somme  de  r>oo  francs  j)our  l'impression  de  sa  Phonétique 
comparée  du  malais  et  du  malgache. 

M.  Demiau  soutient  que  les  mots  hirri-berri  signifient  •  ville 
neuve»  en  basque  et  que  des  mots  semblables  ont  la  même 
valeur  en  copte  ;  il  en  conclut  (]ue  ce  sont  des  peuples  cha- 
miliques  du  nord  de  l'Afrique  qui  se  sont  étendus  à  travers 
l'Espagne  jusqu'aux  Pyrénées. 

M.  ViNSON  présente  quelques  observations. 

M.  Isidore  LtvT  montre  sur  quels  calculs  se  sont  fondées 
les  prophéties  annonçant  répo<|ue  où  devait  apparaître  le 
Mvsaie;  il  cherche  à  déterminer  à  quel  moment  il  faut  re- 
porter la  rédaction  de  ces  prophéties.  Cette  communication 
est  suivie  d'un  échange  de  vues  entre  M.  l'abbé  Labourt  et 
M.  Isidore  Lévy. 

M.  Senaxt  donne  à  la  Société  des  nouvelles  de  M.  Pelliot 
qui  vient  de  lui  envoyer  de  kachgar  trois  mémoires;  l'un 
d'eux,  intitulé  Aperçu  sur  les  Abdàl  de  Painùp,  sera  inséré 
dans  le  Journal. 

La  séance  est  levée  à  6  heures  1  o. 

OUVRAGES  OFFERTS  À  LA  SOCIETE. 

Par  m.  a.  Le  Chatkliek,  Professeur  au  Collège  de  France  : 
Revue  du  monde  musulman,  I,  i.  —  Paris,  1906;  in-8'. 

Par  So.>  ëxckllbkcb  Meftauol-Molk,  Ministre  d'£tat  de  Perse  : 
Collection  du  journal  Me'ârif.  —  Téhéran,  i3i6;  in-fol. 


NOUVELLES   ET  MÉLANGES.  561 

Ta'lhii  oî-etfâl,  t.  I.  —  Téhéran,  iSad;  in-ia. 
Kachf  ol-esrâr  Nâsei'î.  Téhéran,  i3i6;  in-4°. 
Nâsekh  or-romoûz  ou  reziné  MahmoAdî ,  3*  édition.  —  Té- 
héran, iSiQ;  in-/|.". 

Kilâb  Mèffâh  ov-romnnz.  —  Téhéran,  \'6io;  in-4". 

Par  m.  Emile  Goimbt  : 

Ch.  Renel.  Les  Religions  de  la  Gaule.  —  Paris,  «906, 
in-i8. 

Par  m.  André  Fevret  : 

■I.  Deniker  et  E.  Deshayës.  Collection  G.  .  .  Première 
partie  :  Œuvres  dart  et  de  hante  curiosité  du  Tibet.  — 
Deuxième  partie  :  Œuvres  d'art  et  de  haute  curiosité  de  la 
Chine  et  da  Japon.  —  Paris,  1904;  2  vol.  gr.  in-8°. 

Par  les  Autedrs  : 

D'  Renward  Brandstetter,  Ein  Prodromas  zu  einem 
vergleichenden   Wôrterbuch  der  malaio-polynesischen  Sprachen. 

—  Luzern ,  1 906  ;  in-8°. 

Mohammed  ben  Cheneb.  Traité  de  prosodie  (en  arabe).  — 
Alger,  1906;  in-8°. 

Rhalil  Hammam  Faïez.  Abou  Samra  Ghanem  (en  arabe). 

—  Le  Caire,  igo5;  petit  in-S". 

Charles  A.  Sherring.  Western  Tibet  and  the  British  Bor- 
derland.  —  London ,  1 906  ;  in-S". 

Ch.  Clermonï-Ganneau.  Recueil  d'archéologie  orientale, 
VI U,  1.  —  Paris,  1906;  in-8°. 

P.  W.  Schmidt.  Bach  der  Rdjawdn,  der  Kôniggeschichle. 

—  Wien,  1906;  in-8°. 

Mahamahopadhyaya  Harai'Rasad  Shastri.  Report  on  the 
Searchfor  Sanskrit  Manuscripts  {1901-1902  to  1905-1906). 

—  Calcutta,  1905;  petit in^". 

A.-J.  Gemayel.  La  Méditerranée  centre  de  la  cirilisation 
dans  le  passé  et  l'avenir  (en  arabo).  —  Beyrouth,  igoG;  in-8" 

VIII.  37 


5ftf  NOVHIWE-t>KCEMBKE   lOOfl. 

Raben»  DlîVAL.  Littéralart  tyrUque.  3'  édition.  —  Paris, 

H)o6;in-ia. 
'  Gabriel  Fbrband.  Le  dkm  malgache  /anahari  (extrait).  — 

Paris,  1906;  in-8*. 

Par  LKS  KniTKi  rs  : 
L$  Mnim,  nouv.   série,    VH,   ?».    —   Louvnin,   1906; 

in-8'. 

neiiie  crihtiue.  ho'  anm'-e,  n      ,7    ...    l'i""^.  ") '•'    ".  ^ 
Tke  korea  Heciew,  M ,  9.  —  Séoul,  1906,  in-8\ 
PofykiUion.  nov.  1906.  —  Paris,  1906;  in  8*. 
Bmmione.  fnsc.  91-93.  —  Homa.  J90(i;  in-8'. 
K.  AVMONIM  et  A.  C\1ATIW.  DiciionMtire  Cum'/rançait.  — 

Paria,  1906:  in.8". 

M.  Kkrbahu».  La  Morte  di  Vaca. .  .  racconto  del  MMhéhhti- 
rata.  —  Napoli ,  1 906  ;  in-8*. 

Al-Moktabas .  n'  9.  —  Le  Caire ,  1 906  ;  in-8*. 

Zeitschri/tfar  hebrœische  Bibliographie,  X,  5.  —  Frank- 
fart  a.  M.,  1906;  in-8*. 

Vf  P.  Deussex.  VTct-  phîlinnphlsche  Texte  des  Mnhtîhhdraln. 

—  Leipzig,  1906;  in-8". 

The  American  Journal  of  Phiblogy,   \\VII,3.  —  Balli- 

more ,  1 906  ;  in-8'. 

Anthropos  .\,\—  vSalzburg ,  1 906  ;  in  8*. 

Hevue   archéologique,   sept.oct.   1906.    —   Paris,    l'i 

in-8* 

Conférences  faites   au    Musée  Guimet,  t.   XXI.  —   Pans, 

1906;  in- 18. 

Par  i^  Socrfri  : 

Journal  asiatique,  sept.-oct.  1906.—  Pari»,  1906;  in-8'. 

Académie  des  Inscriptions  et  liellesLeltres,  Comptes-rendus 
des  séances,  sept.  1906.  —  Paris,  1906;  in-8'. 

î-fce  Geographical  Journal,  Ocl,  1906.  —  Undon,  190O: 
in  8'. 


NOUVELLES  ET  MELANGES.  563 

Analecta  BoUandiana ,  XXV,  3.  —  Bruxellis,  1906;  in-8*. 

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J.  Wabneck.  Tobabaia/isch-Deutsches  Wôrterbuck.  —  Ba- 
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in-8°. 

Departmental  Publications .  .  .  Supplément  Lisl  for  Jane 
and  July,  1906.  —  Galcutta,  1906;  in-8°. 

Par  l'Uwvmsité  d'Oxporo  : 

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vol.  III.  —  Oxford,  1906;  in-8°. 

R.  H.  Gharles.  The  Ethiopie  Version  of  the  liook  of  Enoch. 

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b6\  NOVEMBRE-DECRMBRE    1906. 

Par  Là.  *  BiBLlOTICA  <«  UIORALK  centrale  •  UB  FUIRKACB  i 

Bollettino  délie  pablicazioni  ilaliane  ricevate  per  diriito  di 
stampa,nmn.  7«.  —  Firenxe,  i9o6;in-8". 

Pab  L'UmvKasrrÉ  SàuiTsIuKra ,  à  Beyrodth  : 

Al-Maehriii,  XI*  année,  n**  aa-33.  —  Beyroutli,  1906; 
inS*. 


BIBLIOGRXPHIK. 


Tbm  NAkÂ'iD  or  Jaêû»   amù   4L-FA»AXDAt .  edïted  by    Antbony 
Ashlcy  Bbvan.  Vol.  I,  part  9;  late  E.-J.  Brill ,  Leideu  1906. 

M.  Bevan  continue  sa  laborieuse  publiration  des  NaqAi^, 
qui  nous  donnent  les  pièces  du  procès  |)endanl  entre  E)j^iir 
et  Farazdaq ,  et  poursuivi  des  deux  parts  à  coups  d'injures 
grossières,  mais  exprimées  dans  une  belle  langue,  celle  des 
Bédouins  d'alors,  (j'ouvrage  complet  devant  former  trois 
volumes,  deux  de  texte,  divisés  chacun  en  trois  fascicules,  et 
un  troisième  comprenant  les  index  et  le  glossaire ,  il  s'ensuit 
que  ne  nous  sommes  encore  qu'au  début  de  l'œuNre  considé- 
rable entreprise  par  le  savant  professeur  du  Trinity  Collège, 
à  Cambridge.  Le  fascicule  que  j'ai  sous  les  yeux ,  le  second 
du  premier  volume,  contient  la  fm  de  la  pièce  numéro  3a 
et  la  suite  des  autres  jusqu'au  numéro  5o  ;  on  y  trouve ,  avec 
leur  commentaire,  huit  qaçîdu  de  Djérir,  sept  de  Farazdaq, 
et  trois  courts  fragments  d'el-Ba'îth,  qui  s'intercalent  entre 
les  autres  poésies. 

Comme  dans  la  partie  précédente,  ce  qu'il  y  a  de  plus 
intéressant  dans  le  commentaire  sont  les  récits  des  grandes 
batailles  entre  tribus  du  désert,  à  comparer  utilement  avec 
les  renseignements  que  nous  |)oss('>dons  déjà  dans  Ibn-el-Athir 


NOUVELLES  ET   MÉLANGES.  565 

et  ï'Iqd  el-férid  d'Ibn-'Abd-Rabbihi;  par  exemple,  p.  190,  la 
bataille  de  Naqâ  'l-llasan,  appelée  aussi  ecb-Chaqîqa;  ce 
nom  d'el-liasan  lui  vient,  soit  de  celui  d'un  arbre,  soit  de  la 
dénomination  d'une  plage  de  sable  (comparez  p.  333  et  sui- 
vantes); p.  193,  le  récit  de  la  mort  d"Omàra  ben  Ziyàd  ol- 
'Absî,  surnommé  Dâliq,  tué  par  Chirbàf  ben  el-Mothallam 
à  la  journée  dite  d'A'yàr  ou  de  Naqî'a;  p.  198,  le  récit  très 
abrégé  de  la  mort  du  Ghassanide  Mobarriq,  fait  prisonnier  à 
la  bataille  de  Rozâkha  par  Zéïd  el-Fawâris  et  mis  à  mort  par 
les  Banou-Dabba  qu'il  avait  tenté  de  razzier,  ainsi  que  le 
récit  de  l'attaque  de  ceux  ci  par  Ibn-Mozaïqiyâ  à  la  journée 
d'Idam;  p.  211,  l'bistoire  des  Barâdjim,  où  l'on  voit  Dabi' 
ben  el-Hârith,  surnommé  ibn  el-Ilodhàqiyya ,  chasseur  de 
bêtes  sauvages,  emprunter  aux  Banou-'Abdallah  un  chien 
appelé  Qorhàn  ;  il  ne  voulut  pas  le  rendre  et  fut  emprisonné 
sur  l'ordre  du  Khalife  'Othmàn  (Ibnel-Athîr,  III,  147); 
p,  226,  le  combat  de  Rahrahàn,  et  p.  238,  celui  d'En-Nisâr 
(cf.  aussi  p.  358)  sont  racontés  en  détail.  P.  3o5 ,  à  propos 
de  la  bataille  de  Waqil,  où  les  Lahàzim,  c'est-à-dire  la  con- 
fédération des  tribus  de  Qaïs,  de  Téïm  el-Lât,  de  'Idjl  et 
d"Anaza ,  razzient  les  Témimites ,  on  voit  un  prisonnie;'  pré- 
venir ses  compatriotes ,  par  le  moyen  d'une  de  ces  devinettes 
dont  on  trouve  déjà  des  exemples  dans  Hérodote,  qu'on  va 
les  attaquer.  On  passe  encore  en  revue  la  bataille  de  (ibabit , 
autrement  dite  Çahrâ  Faldj  (p.  3i3),  celle  de  Djadoûd 
(p.  336),  déjà  racontée  dans  le  premier  fascicule  (p.  i/i/|) 
mais  sous  une  forme  différente,  et  celle  de  Çarâïm  (p.  336) 
où  les  Banou-'Al)s,  la  tribu  du  poète  'Antara,  attaquent  celle 
de  Rabî'a  ben  Mâlik  ben  IJanzhala. 

A  côté  de  ces  faits  historiques,  dont  la  mémoire  serait 
complètement  perdue  s'il  ne  s'était  trouvé  des  poètes  pour  y 
faire  allusion  et  des  commentateurs  pour  éclaircir  ces  allu- 
sions, on  trouvera  de  ci,  de  là,  dans  le  fatras  d'un  fastidieux 
commentaire  grammatical,  des  détails  de  mœurs  ou  d'his- 
toire naturelle  intéressants.  On  lira  avec  intérêt,  p.  ifii,  la 
description  de  dix  espèces  ou  variétés  de  la  truffe  blanche  du 


5M  NOVEMBREDECKMHRR    \90(\. 

désert  (que  les  l>»tani»t«>s  appellent  terfasia  d'npivs  !«'  ma- 
ghi'ébin  ^Uo  inconnu  en  Orient  et  qu'lhn  Béïlar  croit  tl'ori- 
jfine  lïerbère)  :  lefruf',  ic  djab',  les  bandi  Aubnr  (expreMion 
qui  manque  à  Frevta{(,  mai*  que  donne  le  Lisàn ,  \  Il ,  i  H3) , 
le  Jko'Inàq ,  le  bimtq,  le  mo^rodd  (le  texte  |iorte  mafjhroiid; 
c'eut  probablement  la  vocalÎMtion  vulgaire,  non  (léfomièe 
par  la  lo^(|iie  impitoyable  des  grammairiens  et  des  lexico- 
graphes, comme  c'eit  arrive  pour  çomdoàq  '»  çandoùq ,  dottôàr 
'miattBàr,  et  tant  d'antres),  le  dko'nnûn,  le  torthoiith  (an  lieu 
du  tatte  famoitfA),  le  'tuqal,  et  le  (ja'hal  ou  tfîbil  (le  texte  ne 
donne  que  le  pluriel  fa'tfii/).  On  verra,  p.  179,  les  rurieoses 
paroles  de  l'incantation  qui  sert  i  prendre  vive  l'hyène 
dans  sa  tanière.  On  trouvera,  p.  18a,  un  exemple  du  dia- 
lecte du  Yémen,  rapporté  par  el>Açma'l  ;  smok  Ji'r-réîm 
•  monte  les  degrés»  (expliqué  |Mir  o'io  jid-daradja).  Dans  la 
même  page,  l'atprewion  kakam  e%'témà  (arbitre  du  ciel) 
pour  désigner  Diea  ast  plntAt  rare ,  et  l'on  comprend  que  les 
variantes  malik  et  rwftî  sa  soient  fuit  Jour.  MAlik  ben  et- 
llontafiq,  chef  des  Banoo-I)abl)a ,  crève  l'œil  du  chameau 
étalon  poor  que  le  maoYais  uni  n'atteigne  pas  les  chamelles 
da  troopaan  (p.  190, 1.  5). 

P.  199, 1.  6.  Un  vers  corieiu  fait  allusion  au  geste  de 
saisir  on  poa  entre  le  ponce  et  l'index,  geste  qui,  en 
dactylunomie,  signifie  le  nombre  3o;  c'est  exactement  ce 
que  dit  le  t'arhantji  Djèhiin^iri  dans  son  chapitre  de  la  pré- 
face où  il  traite  de  cet  art,  et  qui  a  été  publié  et  traduit  par 
Stanislas  Guyard  dans  le  Journal  asiatique  de  1871,  p.  i3  du 
tirage  à  part.  M.  Bevan  semble  n'avoir  pas  connaissance  de 
ce  travail;  du  moins,  il  ne  le  cite  pas. 

A  la  page  106,  l'histoire  de  Nabtal,  esclave  d'Abou- 
SowâdJ  (cf.  Aghânî,  VII,  181)  montre  les  moeurs  des  Arabes 
IMtïens  sons  un  jour  fâcheux. 

P.  167,  vers  àà-  Il  s'agit  de  choisir  entre  Jy^k  et  J^hi  dans 
l'expression  à   tournure  proverbiale   Ju^iJI  ^  y^o-Jl  yt.  Le 


NOUVELLES   KT  Ml^LANGKS.  9ft7 

vers  signifie  :  «  Dis  à  ce  vil  Djérîr  :  Qu'est-ce  que  tu  vas  faire 
(pour  sortir  do  ce  mauvnis  pas)?  Dis-nous-le  :  l'explication 
est  une  solution.  »  Si  on  lit  J*ii,  le  dernier  memiire  de  phrase 
signifiera  :  «L'explication  est  un  mérite  »,  qui  pourrait  être 
une  allusion  au  liadifh  \Çs^  ij W  (^  û'  •  I^^  glossateur  du 
manuscrit  de  Strasbourg  (collection  de  Spitta-bey)  donne 
justement  la  leçon  Juai  et  l'explique  comme  si  c'était  Jua* 
d'où  l'on  doit  conclure  que  le  point  est  de  trop.  Quoique  Jji^ 
semble  offrir  un  sens  plus  satisfaisant ,  on  doit  s'en  tenir,  en 
saine  critique ,  à  la  leçon  des  manuscrits ,  et  c'est  ce  qu'a 
fait  M.  Bevan. 

P.  162.  <i>jj>t?  est  une  erreur  ;  il  faut  ^t^Jo ,  mot  que 
donnent  tous  les  dictionnaires ,  depuis  Golius  jusqu'au  Lisân 
(II,  471)  et  au  Tâdj  el-'aroâs  (I,  63i).  —  P.  aaS,  1.  10.  Au 
lieu  de  » JLi  ^i ,  lisez  ^\ ,  comme  p.  34 1 ,  1.  4. 

Cij.  Hua  ht. 


Er.-AiiKAM  ES-SovLTHÂNÎYA ,  traita  de  droit  public  musulman, 
d'Abou '1-Hassan.  .  .  el-Mâwerdî,  traduit  de  l'arabe  et  annof(< 
par  le  comte  Léon  Ostrorog.  T.  Il,  i"  partie  :  le  droit  de  la 
guerre.  1  vol.  grand  in-8°,  vum6i  pages.  Paris,  E.  Leroux, 
1906. 

Le  droit  de  la  guerre  !  Les  peuples  qui  ont  été  en  contact 
avec  l'islamisme,  à  toute»  les  époques  de  son  histoire,  les  na- 
tions subjuguées  au  début  du  mouvement  qui  a  lancé  les 
Arabes,  citadins  ou  Bédouins,  à  la  conquête  du  monde, 
celles  qui  ont  lutté  avec  succès  contre  les  incursions  de  pil- 
lards, telles  que  les  Francs  nu  sud  de  la  T^oire  et  daus  le  bas- 
sin du  Uhône,  les  Romains  de  l'époque  byzantine  en  Asie 
Mineure  (avant  les  Turcs  Seldjouqides),  les  fondateurs 
d'Etats  chrétiens  en  Terre  Sainte,  les  combaltauts  de» 
marches  hongroises  de  l'empire  d'AUemogue,  les  riverains 
de  la  Méditerranée  soumis  aux  courses  des  Régencj's  barba- 


568  NOVEMBHEUECEMKRE   1900. 

resques,  les  Nègres  l'elichistes  de  l'Afrique  centrale,  savent 
ce  que  cela  veut  dire.  Adoertus  hottem  œterna  aucloritas.  Cet 
axiome  de  droit  romain,  pris  au  pied  de  la  lettre,  i>st  la 
règle  de  tout  bon  musulman.  L't'tat  de  guerre ,  dont  l'es- 
•ence  est  de  droit  divin ,  ne  pourra  cesser,  sur  la  surface  de 
la  terre,  que  quand  tous  les  hommes  se  seront  .soumis  à  la 
nation  musulmane  constituée  en  Etat  autocratique,  auront 
embrasse  la  n-ligion  de  l'Islam  (à  l'exception  des  juifs  et  des 
chrétiens  autorisés  a  pratiquer  leur  culte  dans  des  conditions 
de  sécurité  pnk:aires  et  |)ea  enviables),  et  rt^steront  souinin  à 
un  Imàm  unique  :  car  une  compétition  entre  deux  Imùms 
nmiènerait  incontinent  l'état  de  guerre,  chat  un  désirant 
réduire  son  rival  h  Tiropuissance. 

(!et  idéal  théocratique  est  naturellement  irnalis^thie.  Mais 
il  a  engendré  certaines  règles  de  droit  publie  dont  la  eon- 
naissance  est  indispensable  pour  se  rendre  compte  de  phéno- 
mènes historiques  dont  la  véritable  raison,  sans  cela,  nous 
échapperait.  Il  faut  donc  savoir  le  plus  grand  gré  à  M.  le 
comte'  Léon  Ostrorog  de  continuer  ses  savantes  études  sur 
le  droit  musulman  qui  ont  pour  base  le  texte  d'Kl-Màwerdi; 
je  considère ,  en  effet ,  que  le  principal  intérêt  de  la  traduction 
entreprise  aver  talent  par  l'érudit  juriste,  que  l'attrait  de  ses 
études  tout  autant  que  l'exercice  de  sa  profession  maintient  à 
Constantinople .  réside  dans  les  notes  dont  il  accompagne 
ion  travail  et  (|ui  jettent  parfois  d«'s  rlartés  sur  des  points 
l'Mtes  obscurs  pour  l'arabisant  philologue  le  plus  exerrc. 
Nombre  de  nos  confrères  en  orientalitme  liront  avec  profit 
les  petites  mon<^^phies  juridiques  que  forment  quelques- 
unes  de  ces  notes. 

La  guerre  sainte  est  un  droit  de  CXeu ,  de  la  catégorie  des 
Adorations  {'ibàdâî  .j'aimerai»  mieux  «  œuvres  pies  »),  et  forme 
pour  le  musulman  un  devoir  catégorique  [fard).  Il  n'y  a  pas 
à  sortir  de  là  :  les  textes  sont  dans  le  Qorân  ,  qui  est  la  parole 
de  Dieu  même.  Combatif  par  tempérament,  Mahomet  ne 
rêvait  qu'à  la  guerre,  qui  devait,  depuis  l'hégire,  con- 
traindre tous  les  Arabes  de  la  péninsule  à  renoncer  à  leurs 


NOUVELLES  ET  MÉLANGES.  569 

idoles  pour  n'adorer  que  le  seul  vrai  Dieu  dont  Gabriel  lui 
transmettait  les  ordres.  Mais  les  choses  changèrent  quand  les 
conquérants  se  trouvèrent  aux  prises  avec  des  civiHsalions 
plus  avancées.  Devenus  maîtres  de  vastes  provinces  par  des 
coups  de  force  et  d'heureuse  audace,  fatigués  de  la  guerre, 
possesseurs  de  richesses  considérables  et  surtout  de  proprié- 
tés immobilières  pour  l'exploitation  desquelles  il  fallait  bien 
recourir  à  la  main-d'œuvre  locale,  libre  ou  servile,  entourés 
de  femmes  et  d'esclaves  appartenant  aux  races  soumises, 
pères  d'enfants  dont  l'éducation  se  faisait  dans  un  milieu  de 
populations  hétérogènes ,  les  Arabes  ne  mirent  pas  plusieurs 
générations  à  se  sentir  obligés  de  se  départir  de  leurs  règles 
cruelles.  Kt  c'est  ainsi  que  la  raison  reprit  ses  droits.  Les 
théoriciens  lurent  obligés  d'admettre  que  la  guerre  sainte 
n'est  point  bonne  par  essence,  puisqu'elle  entraîne  fatale- 
ment deux  conséquences  blâmables,  la  destruction  du  corps 
immain,  œuvre  de  Dieu,  et  la  dévastation  de  contrées  habi- 
tées par  des  hommes  ;  non  seulement  ces  actes  «  ne  com- 
portent rien  de  bon,  mais  ils  font  encourir  aux  agents  la 
réprobation  divine  et  la  malédiction  du  Prophète  »  ;  elle  ne 
peut  être  considérée  comme  bonne  qu'en  raison  de  sa  fin, 
qui  est  l'exaltation  de  la  foi  et  la  répression  de  l'iniquité  des 
mécréants.  Cette  lin  étant  le  véritable  but,  on  ne  peut  que 
déplorer  les  voies  et  moyens  nécessaires  pour  y  parvenir. 

La  délégation  des  pouvoirs  de  l'autorité  suprême  [Viniàin) 
au  général  chargé  de  commander  les  troupes  entraîne  pour 
celui-ci  sept  obligations,  qui  sont  celles-ci  :  conserver  une 
allure  modérée  pendant  la  marche  (ces  théologiens  n'étaient 
pas  des  stratégistes ) ,  inspecter  les  chevaux  de  la  cavalerie  et 
les  bêtes  de  somme,  veiller  à  la  solde  des  troupes  régulières, 
rétribuées  sur  le  produit  de  l'aubaine  ijéï\  contribution  de 
guerre  pei'çue  des  infidèles  après  leur  soumission  ) ,  et  à  celle 
des  volontaires,  stipendiés  sur  le  produit  de  la  dîme  aumô- 
nière  (contribution  volontaire  des  musulmans),  nommer  à 
ces  deux  catégories  de  troupes  des  officiers  «  qui  le  tiennent 
au  courant  de  ce  qui  se  passe  dans  l'armée»  (ce  qui  veut 


570  NOVEMBRE-DÉCEMBRE   1906. 

dire  dairement  inspection  technique  et  espionnage  moral), 
instituer  un  cri  de  ralliement ,  surveiller  étroitement  l'armée 
et  en  expulser  ceu»  «jui  poussent  à  la  défection .  sèment 
l'alarme  et  espioiment  pour  le  compte  de  l'ennemi,  et  ciiliu 
ne  pai  favoriter  des  parents  ou  alliés  (condamnation  du  népo- 
tisme), ni  celai  qui  partage  son  avis  ou  suit  sa  doctrine,  H<< 
préférence  à  celai  qui  émettrait  un  h\U  opposé. 

Voyons  maintenant  ce  qoi  est  réserve  à  l'ennemi.  Quand 
les  inikléies  ont  pu  entendre  la  prédication  de  l'islamisme  et 
l'oot  dédaignée,  le  général  a  la  liberté  de  les  traiter  de  la 
manière  la  pins  nuisible  pour  eu\  ;  il  peut  dévaster  «  li*  terri- 
toire ennemi  par  le  fer  et  le  feu  en  des  courses  soudaines  de 
nuit  et  de  joun,  il  peut  aussi  déclarer  formellement  la 
guerre  et  combattre  en  bataiUe  rangée.  Mais  quand  l'isla- 
misme n'a  pas  été  prêché,  le  premier  devoir  du  général  est 
alors  de  les  appeler  à  la  vraie  foi,  et  ce  n'est  que  quand  ils 
peraittent  dans  leur  erreur  qu'on  peut  leur  appliquer  les 
règles  précédentes.  C'est  la  d«M:lrine  d'^xib-C^hàiel;  Màlik 
tient  pour  informés  les  infidèles  dont  le  territoire  est  voisin, 
Aboa-Hanifii  tn>uve  louable  one  sommation  préalable  même 
quand  les  récalcitrant.*»  avaient  été  appelés  à  se  convertir  et 
s'y  étaient  refusc^s. 

■Qaid  si  le  général  n'obéit  pas  à  ces  règles?  11  devra  alors 
payer  le  prix  du  sang  Idiya),  qui  parait  se  réduire  à  nne 
amende  de  mille  dinars,  et  encore  d'après  l'>h-(]hAfè'l  seul, 
car  Màlik  et  Abou-llantfa  ne  l'admettent  point.  On  peut  en- 
core se  poser  la  question  suivante  :  quelle  est  la  partie 
demanderesse  (en  l'absence  de  t<iute  action  publique)  qui 
pourrait  faire  triompher  cette  thèse  devant  un  cadi?  La 
sanction  de  la  pénalité  risque  bien  de  rester  lettre  morte. 

Le  massacre  a-t-il  des  bornes  légales?  «Il  est  permis  au 
musulman  de  tuer  les  mécréants,  habiles  à  combattre,  tom- 
bés en  sa  puissance,  qu'ils  soient  actuellement  combattants, 
ou  qu'ils  ne  le  soient  point  (p.  37)»-  C'est  la  règle.  Il  y  a 
controverse  sur  le  point  de  savoir  si  l'on  peut  mettre  à  mort 
les  vieillards  et  les  moines.  11  n'est  pas  permis  de  tuer  les 


NOUVELLES  ET  MÉLANGES.  571 

femmes  et  les  enfants  tant  qu'ils  ne  noml);i  lient  pas  eux- 
mêmes,  ni  les  serviteurs  et  les  esclaves. 

Un  passage  intéressant  est  également  celui  où  sont  énu- 
mérés  les  devoirs  du  général  en  matière  de  stratégie  et  de 
tactique  (p.  46  et  suivantes).  Il  doit  veiller  à  ne  pas  tomber 
dans  une  embuscade  et  à  ce  que  les  sentinelles  accomplissent 
leur  service ,  choisir  pour  la  bataille  un  terrain  plat ,  facile  à 
défendre,  bien  muni  de  pâturages  et  d'eau,  avoir  des  appro- 
visionnements abondants,  se  procurer  des  informations  sûres 
à  l'égard  des  dispositions  de  l'ennemi ,  ranger  son  armée  en 
bataille,  enflammer  l'ardeur  des  soldats  par  des  discours, 
tenir  conseil  de  guerre  afin  de  se  décider  en  connaissance 
de  cause  (sans  être  obligé  de  suivre  les  avis  émis;  c'était 
l'opinion  de  Napoléon  I"),  imposer  l'observance  des  pra- 
tiques rituelles  et  des  obligations  morales,  et  ne  permettre 
à  aucun  soldat  de  s'occuper  de  commerce  ni  d'agriculture , 
(I  le  souci  de  pareilles  occupations  ayant  pour  effet  de  détruire 
l'esprit  de  résistance  à  l'ennemi  et  de  franche  application 
à  la  guerre»  (p.  52). 

Ech-Châfè'î  avait  eu  l'impirudence  d'admettre  que  le  mu- 
sulman peut  fuir  quand  les  forces  ennemies  sont  supérieures 
de  plus  du  double.  Abou-lfanîfa  s'est  mieux  rendu  compte 
des  nécessités  de  la  guerre  en  établissant  «  que  le  devoir  du 
soldat  est  de  se  battre  tant  qu'il  le  peut ,  puis  de  fuir  quand 
il  ne  se  sent  plus  de  forces  et  qu'il  craint  d'être  tué».  Voilà 
pourquoi  les  annales  de  l'Islam  ne  citent  point,  en  rase  cam- 
pagne, de  faits  comparables  à  ceux  de  Léonidas  aux  Thermo- 
pyles  ou  des  grenadiers  de  Waterloo;  derrière  les  murs  d'une 
forteresse,  au  contraire,  les  exemples  de  courage  héroïque 
sont  fréquents. 

Cette  sèche  analyse  n'indique  que  faiblement  l'intérêt  qui 
s'attache  à  fcet  ordre  de  recherches.  M.  Ostrorog.  qui  est 
docteur  utinusque  jiiris  en  même  temps  que  docteur  en  droit 
musulman,  manie  admirablement  la  précise  et  claire  langue 
juridique ,  à  laquelle ,  sous  sa  plume ,  un  cachet  d'archaïsme 
ne  messied  pas  (par  exemple.  Mécréant,  Commandeur  de 


57S  NOVEMRREDKCEMBRE   1UU6. 

Guerre  Sainte,  Kcriture  au  lieu  de  Qor&n,  •  persuasion  •  ponr 
•  croyance  ■.  etc.).  H  faut  reconnaître  qu'un  grand  nombre  de 
ces  expressions,  qui  {>ourraient  au  premier  olnird  surprendre 
et  dérouter  le  lecteur,  traduisent  en  ^'encrai  heureusement 
les  expressions  arabes  équivalentes.  On  consultiM-n  avec  pro- 
fit les  notes  relatives  à  l'acception  juridique  des  mots  laqiir, 
'aqara  ,  ilirâz  .  gholoàl ,  ribdt ,  kajfiira  ,  najl .  làzir.  ghaçb. 

L'érudition  très  réelle  de  M.  Ostrorojj  |)arnit  repoM'r 
presque  uniquement  sur  les  sources  orientales;  je  crois  bien 
que  l'bisloire  de  Mahomet  de  Spren^er,  la  grammaire  arabe 
et  l'antholi^ie  de  S.  cU  Sacy  sont  les  seules  autorités  euro- 
pëeaDes  citeea.  Aussi  Vûpparmtas  criticus  semble-til  insuill- 
Mnt  ;  l'auteur  n'a  pas  tenu  aasex  compte  de  ses  devanciers. 
Cest  ainsi  qu'à  propos  des  ximiiqt  (p.  106,  n.  1).  il  parait 
ne  pasconnaitri'  une  cooinmincation  sur  les  tindiqt  en  <lroit 
musulman  qui  a  été  faite  au  Congrès  des  Orientalistes  de 
Paris  en  1897.  Le  Keckf  ezhZhonoùn  est  plus  connu  sous  le 
nom  de  son  auteur,  iladji-Kbali'a:  l'édition  de  Fluegel  est 
plus  commode  pour  les  recherches  que  celle  de  G)nsti)nti- 
nople.  Au  lieu  des  SèbHk  edk-Dhahab.  il  vaut  mieux  se  ser- 
vir des  GmtdÊgiêdiê  TtàMm  de  Witstenfeld;  on  évite  ainsi 
des  transcriptions  fautives  telles  que  Azad ,  MâKÏqiya ,  M o'ad 
pour  Axd,  Mouïqiyi,  Ma'add.  Ouweimar  doit  être  lu  'Owéi- 
mir.  11  y  a  mieux,  pour  la  biographie,  que  VEsnid  er-liiHjfU, 
travail  de  troisième  ou  de  quatrième  main. 

Je  reprocherai  également  à  l'auteur  d'avoir  adopte  la 
transcription  défectueuse  de  ^  par  A;  cela  tient  à  la  pronon- 
ciation turque,  qui  est  la  cause  d'une  erreur  commise  fré- 
quemment par  les  Turcs,  copistes  ou  typographf's,  dans  la 
transcription  des  mots  arabes;  l'exemple  le  plus  eiïravant  est 
))*.  j«F  buhr-i  liazaz  devenu  courant  aujourd'hui  pour  dési- 
gner la  mer  Caspienne  y^^  _jf!  Ainsi  nous  avonsf  Omar  il)n  el- 
Hattàb,  Fahred-EXn,  Hazradj,  haràdj.  La  seule  lettre  h  rend 
.,j.eté. 

«Ommiades*  est  courant,  mais  un  arabisant  n'écrit  plus 
aujoui-d'hui  que  «Oméyyades».  —  P.  77.  La  sourate  ix  n'est 


NOUVELLES  ET  MÉLANGES.  573 

pas  la  dernière  qui  ait  été  révélée;  c'est  ravanl-derniére.  — 
P.  io6,  n.  1.  Si  le  Mazdéisme  était  «  un  pur  dualisme  »,  on 
ne  voit  pas  bien  comment  il  se  différencierait  des  Thana- 
wiyya,  qui  dans  Chahrestàni  sont  classés  à  part,  à  juste 
titre;  le  manichéisme  est,  pour  les  Mazdéens  de  l'époque 
sassanide  comme  pour  les  chrétiens  orthodoxes,  une  pure 
hérésie. 

Cl.  HUART. 


TABLE  DES  MATIÈRES 

CONTENUES  DANS  LE  TOME  Vlll.   \     sÉUlE. 


MÉMUiKKS   ET  TRVULUTlUAh. 

Pagw. 

Nolicr  4iir  le<  maniurrits  syriaques  con^tni't  clans  la  biblio- 
Uit'ique  ilii  cuuveot  des  Chald^s  de  No(re-Dain<Mlc<< 
S-menc»"»  (M*'  Addai  Sciita) 

I^>  papynis  moral  de  Lcide  (M.  E.  Rivillovt)  [Suite]. . . .       K.'S 

Elude  «ur  la  musique  arabe  (M.  Cou.Ai«oiTTtt)  [Saita].. .      i4g 

Notai  sur  le  dialecte  arabe  «le  Jérusalem  (M.  BARTUÉLBiiy].      197 

Rdaircisaemenb  sur  quelques  poinU  du  la  littérature  syriaque 
(M.  J.-B.  Chabot) aSg 

Un  saint  musulman  au  x?*  tiède  (M.  E.  DuTAim) sgS 

Notice  sur  un  manuscrit  du  ▼*  siède  de  lliégire  (M.  Bki 

Canm) 343 

Traditions  arabes  au  paya  de  Moab  (M.  CLnuoirr-GAnif eao ].     36 1 

Lin  saint  musulman  au  it*  siècle  (M.  E.  Db8Tai?ig]  [Fin].. .     385 

L'assyriologie  en  1 90^  ( M,  («  Fomby] iSg 

IjK  culte  impérial  en  Cbine  (  M.  F.  FAUnsL) .^i 

Observations  sar  la  numismatique  de  la  Perside  [M.  Allottb 

Di  LA  Fort) 5 1 7 

.Notice  snr  on  manuscrit  siamois  ^M.  E.  Lobceou, 533 

NOUVELLES  ET  MÉLANGES. 

Procès-verbal  de  la  séance  générale  du  i4  juin  1906 o 

Rapport  de  la  Commission  des  censeurs  sur  les  comptes  de 
l'exercice  1 903 ,  lu  dans  la  séance  générale  du  1 4  juin  1  <)o().  S 


TABLK   DES  MATIERES.  075 

Rapport  (le  M.  Cl.  Huart,  au  nom  de  la  Giminission  des 
fonds,  et  comptes  de  l'année  1906 , 10 

Ouvrages  offerts  à  la  Société i4 

Tableau  du  Conseil  d'administration  conformément  aux  no- 
minations faites  dans  l'assemblée  générale  du  1 4  juin  1906.        17 

Liste  des  membres  souscripteurs  par  ordre  alphabétique. .  .         19 

Liste  des  membres  associés  étrangers  admis  par  la  Société 
asiatique '10 

Liste  des  Sociétés  savantes  et  des  Revues  avec  lesquelles  la 

Société  asiatique  échange  ses  publications 43 

Liste  des  bibliothèques  et  autres  établissements  recevant  le 
Journal  asiatique  par  l'intermédiaire  du  Ministère  de 
linstruction  publique '17 

Ijiste  des  ouvrages  publiés  par  la  Société  asiatique  —  Au- 
teurs orientaux . 5o 

Deux  termes  argotiques  de  provenance  orientale  (M.  de  Cha- 
RENCEY  ) 191 

Bil)liographie  (juillet-août) 1  gS 

Conférences  faites  au  Musée  Guimet,  par  M.  E.  Guimet 
(M.  L.  BoDvAï).  —  De  la  calcgorie  du  gfcnre,  par  R.  de  la 
Grasseric  (M.  L.  Bodvat).  —  Recueil  d'archéologie  orientale , 
sommaire  du  tome  VII,  Hvr.   i3-i5. 

Notes  de  lexicographie  hébraïque  (M.  Paul  Joûon) ; .  .      071 

Bibliographie  (septembre-octobre) 378 

The  trealise  of  Dionysius  bar  Salibi  against  ihe  Jews,  by 
J.  de  Zwaan  (M.  R.  Doval).  —  Studics  in  ancient  Pcrsian 
Hlstory,  by  P.  Kershasp  (M.  L.  Bouvat).  —  Le  livre  d'Hé- 
noch  traduit  par  Fr.  Martin  (M.  R.  Ddval). 

Procès-verbal  de  la  séance  du  9  novembre  1906 549 

Ouvrages  offerts  à  ia  Société 55i 

Procès-verbal  de  la  séance  du  i4  décembre  1906 589 

Ouvrages  offerts  à  ia  Société 56o 


570                NOVEMHRE-DKCEMBRE    190C. 
Bibliographie  (noveinbre-dt'ceinhre] 564 

'Ike  Naki'ifl  of  Jarir  and  al-FaraadaJk,  edited   by    Antboiu 
Ashle)   Boan  (M.    Cl.    lititKTJ.  —   Kl-Abkim  c^SÔttilhâniva. 

traité  de  droit  pablic  miuolaMn  d'Abo«  I-IIumii 

d-MAwerdJ,    traduit    et     anaotr  par   le   c«aM«    L.    Ottrorog  % 

(M.  r.l.  H»*«T,.  ' 


Le  gérant  : 
RUBENS    DOVAL 


PJ 

ser.lO 
t,8 


Journal  asiatique 


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